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  • il y a 10 minutes
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Transcription
00:00C'est une coïncidence parce que je ne m'imaginais pas vous faire réagir à la toute dernière information que
00:06je viens de lire.
00:07Je rappelle que vous êtes secrétaire départemental adjoint du syndicat de police unité Seine-Saint-Denis.
00:13Il y a une nouvelle figure politique en Seine-Saint-Denis qui émerge depuis les élections municipales.
00:18C'est un certain Bali Bagayoko.
00:20La semaine dernière, il parlait de violences légitimes.
00:24Et d'ailleurs, il y a un article 40 qui a été fait contre Bali Bagayoko.
00:28Peut-être qu'il répondra de cette déclaration devant la justice.
00:32Et il y aura peut-être une nouvelle action en justice après les propos qu'il vient de tenir à
00:37la presse espagnole.
00:39Du racisme dans les interventions policières contre les lycéens, c'est la question qu'on lui pose.
00:43Et sa réponse, c'est bien sûr.
00:46Bali Bagayoko, et je lis l'article du Figaro, n'a pas mâché ses mots.
00:51Interrogé par nos confrères du quotidien espagnol El País dans une interview parue ce samedi matin,
00:55le maire de Seine-Saint-Denis, livre son analyse de l'action des forces de l'ordre.
00:59L'édile, qui se considère comme un père ou un grand frère de ces jeunes manifestants,
01:05estime que la police a usé, je cite, d'une violence disproportionnée
01:09contre des lycéens qui, dans leur immense majorité, manifestent pacifiquement.
01:15Bali Bagayoko ne s'explique pas qu'un policier ait pu étrangler un garçon de 14 ans
01:21ou que les armes utilisées puissent fracturer la mâchoire d'un mineur.
01:26Et il dit, c'est surréaliste, car ce sont les enfants de la France,
01:30sauf que la République les considère comme des étrangers.
01:34Il dit à la question, donc, en lui demandant s'il considère qu'il y a eu du racisme
01:39de la part des forces de l'ordre, et bien il dit, bien sûr.
01:43C'est très clair, répond le maire de Saint-Denis, il va un peu plus loin.
01:46Il y a une manière de faire dans les quartiers aisés, et une autre dans les quartiers populaires.
01:51C'est une discrimination que nous devons condamner.
01:55Monsieur Eric Kouvra, vous répondez quoi, donc, à Bali Bagayoko,
01:59qu'il considère que, dans les interventions qu'on a pu avoir ces deux dernières semaines,
02:05il y avait du racisme dans la police ?
02:07Alors, c'est des propos qui sont dangereux, qui sont très réducteurs,
02:10et je m'étonne un petit peu, parce que moi j'étais présent à Saint-Denis les dernières semaines,
02:14lui y était aussi, il a vu ce qui s'est passé, il a vu un petit peu le déchaînement
02:18de violence
02:18qu'ont subi mes collègues, et en fait, les actions de police,
02:22toutes les actions qui ont été faites, c'est en réponse aux actions violentes,
02:26aux tirs de mortiers d'artifice, aux tirs de cocktails Molotov,
02:31et toutes les dégradations qui ont pu avoir lieu sur Saint-Denis ou Aubervilliers,
02:35la commune qui était à proximité.
02:37À quel point ce type de discours met en difficulté votre action sur le terrain ?
02:44Ce qui est, dans le cas de Bali Bakayoko, il a une très grande visibilité,
02:49il est très suivi sur les réseaux sociaux,
02:52et ses propos, ce n'est pas la première fois,
02:54mais ils sont dangereux, ils sont très réducteurs,
02:56et en fait, ils nous mettent la police dans le rôle du méchant policier
03:00qui est foncièrement raciste et foncièrement violent.
03:03Or, la police, c'est une police républicaine,
03:06elle est là simplement pour faire régner l'ordre,
03:08et si tout se passe bien, la police n'intervient pas,
03:13et tout se passe bien dans le meilleur des mondes.
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