00:00On sera dans un instant avec Martine qui souhaite réagir aux accusations en racisme, en violence de la police
00:08avec ses nouvelles déclarations incendiaires de Bali Bagayoko, le maire de Saint-Denis
00:13qui fait la tournée des médias internationaux et qui était avec nos confrères d'El País, quotidien espagnol, ce matin
00:21pour expliquer que les interventions policières lors de ces manifestations étudiantes ces deux dernières semaines
00:29étaient frappées du sceau du racisme.
00:32Bien sûr, c'est très clair, répond le maire de Saint-Denis, il y a une manière de faire dans
00:37les quartiers aisés
00:38et une autre dans les quartiers populaires, c'est une discrimination que nous devons condamner, dit Bali Bagayoko.
00:46Peut-être que les syndicats d'ailleurs de police vont répondre et peut-être déposer une plainte contre Bali Bagayoko
00:54après les signalements la semaine dernière lorsqu'il parlait des violences légitimes.
01:00Mais il n'est pas tout seul Bali Bagayoko, c'est un climat de lâcher la police et c'est
01:05un climat qui va jusqu'au sommet de l'État.
01:07Écoutez cette chronique cette semaine de Laurent Tessier, l'exceptionnel est de Laurent Tessier
01:11qui revenait sur un président de la République qui avait pour habitude de lâcher les forces de l'ordre.
01:18Il y a les éternelles contradictions d'Emmanuel Macron pour tenter de plaire à tout le monde
01:22lors d'un grand débat en mars 2019 pendant la crise des Gilets jaunes.
01:25Ne parlez pas de répression ou de violence policière, ces mots sont inacceptables dans un État de droit.
01:30Et quand Emmanuel Macron était candidat à l'élection présidentielle en mars 2017 pour plaire à la gauche, l'extrême
01:34gauche, il disait quoi ?
01:35C'est pas possible quand il y a une violence policière qu'il n'y ait aucune sanction dans la
01:39hiérarchie policière, il y en a.
01:41Moi je suis tolérance zéro pour la délinquance comme les violences policières.
01:44On adapte le discours et aujourd'hui hormis des propos rapportés, aucun message de soutien direct d'Emmanuel Macron à
01:49nos policiers.
01:49Pourtant en mars 2019, toujours lors de la crise des Gilets jaunes, le chef de l'État affichait publiquement son
01:54soutien aux forces de l'ordre.
01:55J'assume totalement que les forces de l'ordre soient en situation d'une part de se protéger, d'autre
02:01part de maintenir l'ordre public.
02:02Et aujourd'hui le gouvernement suspend les grenades assourdissantes.
02:05Une victoire pour l'extrême gauche, la France insoumise, des années de contradictions avec les forces de l'ordre, un
02:09coup un soutien, un coup une attaque.
02:11Et on apprenait dans les colonnes du Parisien cette semaine que le président de la République avait, je cite, beaucoup
02:16gueulé, considérant que les policiers manquaient d'empathie.
02:19Sébastien Ligné.
02:20C'est vrai qu'Emmanuel Macron a souvent soufflé le chaud et le froid sur ses déclarations à la police.
02:26Mais j'ai envie de dire, il souffle le chaud et le froid sur absolument tous les sujets depuis dix
02:29ans.
02:29En revanche, il y a quand même un tournant dans sa relation avec les policiers.
02:33Et c'est évidemment le 28 juin 2023, quand au lendemain de la mort de Naël, il explique que le
02:39geste du policier qui a tiré sur Naël est inexplicable et inexcusable.
02:43Et à partir de ce moment-là, quand il bafoue éhontement la présomption d'innocence de ce policier, il y
02:52a un point de vinscule.
02:53Et je parle sur votre contrôle, j'ai l'impression aussi que dans le rapport des policiers au chef de
02:57l'État, il y a eu une fracture.
02:59C'est-à-dire qu'à partir de ce moment-là, le président de la République, devant des caméras, a
03:03lâché un policier et donc par conséquence tous les policiers avec la fère Naël.
03:08Et que depuis ce moment-là, depuis ce mois de juin 2023, il y a eu une bascule.
03:12Alors vous dites, je parle sous votre contrôle parce que vous parlez à côté d'Éric Couvras, secrétaire départemental adjoint
03:17du syndicat police, unité Seine-Saint-Denis, inqualifiable, inexcusable.
03:22Voilà les propos qui avaient été prononcés depuis Marseille et les quartiers nord de Marseille par Emmanuel Macron au lendemain
03:29du drame provoquant la mort de Naël.
03:33Et on connaît la suite des jours d'émeute et un milliard de dégâts causés pendant ces émeutes.
03:38Oui, je suis assez d'accord avec vous Sébastien.
03:40Un milliard d'euros.
03:40Depuis cette période-là, il y a eu une fracture.
03:42Ça c'est vrai, on n'a jamais accepté les propos qui ont été prononcés à ce moment-là.
03:47Comme on avait eu du mal un peu plus tôt avec M. Hollande qui avait pris parti sur une autre
03:51affaire.
03:51L'affaire Théo.
03:52L'affaire Théo, exactement.
03:55Moi je pense que les propos du président de la République, ils sont déconnectés et sont blessants pour notre profession.
04:02Est-ce que vous pensez qu'on peut faire preuve d'empathie lorsqu'on reçoit des pierres, lorsque mes collègues
04:07reçoivent des cocktails Molotov ?
04:08Ou lorsqu'ils sont visés par des mortiers d'artifice qui sont des fois tir en rafale ?
04:13Je vous laisse imaginer les dégâts que ça peut faire.
04:15Non, jamais. À ce moment-là, on ne peut pas faire preuve d'empathie, c'est impossible.
04:18Et on ne le fera jamais.
04:20Par contre, quand une manifestation se passe bien, quand elle est encadrée et quand elle se fait dans le respect
04:25des règles,
04:25il n'y a pas de souci, on peut faire preuve d'empathie, on respecte le message qui est passé.