00:00Et à présent direction Narbonne avec cette nouvelle marche blanche pour lui et notre envoyée spéciale Laura Legault qui est
00:05sur place.
00:06Tout à fait, dénoncer les faillites de l'Etat, de l'aide sociale à l'enfance, lutter contre l'ensauvagement
00:11de la société même si Laurent Nunez n'est pas d'accord avec ce terme.
00:15Voici les objectifs de cette marche aujourd'hui à Narbonne, rassemblement en mémoire de Louis, 17 ans, passé à tabac
00:21par 5 jeunes et décédé quelques jours plus tard à l'hôpital.
00:24Alors il y a eu un rassemblement hier à Carcassonne, la ville voisine. Le rendez-vous de ce matin est
00:29bien plus politique. Bonjour Laura Legault.
00:32Bonjour Charles, bonjour à tous.
00:33En direct de Narbonne, alors beaucoup de monde déjà sur place, hein Laura ?
00:38Oui, plusieurs milliers de personnes sont réunies aujourd'hui à Narbonne pour marcher à la mémoire de Louis, assassiné, sauvagement
00:46assassiné il y a quelques jours.
00:48Bonjour, nous sommes partis donc de la place de l'hôtel de ville, en tête de cortège, la maman de
00:55Louis, visiblement très émue, soutenue par sa tante qui s'est exprimée à plusieurs reprises.
01:00Nous avons ensuite marché jusqu'au lieu où Louis a été victime d'un guet-apens, où il a été
01:07lynché par ses 5 jeunes.
01:08Nous sommes actuellement devant ce chantier où Louis a été assassiné. La maman de Louis s'est exprimée. Elle a
01:16dit ses mots, je vais me battre jusqu'au bout pour que justice te soit rendue, pour que leur peine
01:20soit à la hauteur de ce qu'ils t'ont fait.
01:23Ensuite a suivi une minute de silence actuellement. Tous se recueillent devant la famille, devant les amis de Louis sur
01:30ce lieu.
01:30J'ai pu parler avec beaucoup de personnes présentes, beaucoup de personnes qui viennent de Narbonne, mais qui ont aussi
01:35fait de la route pour venir jusqu'ici, jusqu'à deux heures de route parfois.
01:39Et le mot qu'ils ont tous à la bouche, c'est la colère, la colère contre la justice, contre
01:43les politiques.
01:45Voilà, plusieurs fois, des personnes ont appelé à la démission de Nunez et de Darmanin.
01:50Et aussi beaucoup de tristesse. Certains hommes politiques sont présents, notamment Marion Maréchal, Louis Alliot ou encore Julien Audoul, venus
02:00pour soutenir la famille.
02:02Et vous l'aviez dit, Charles, c'est un moment très politique. La tante et la mère de Louis avaient
02:07par ailleurs appelé à la récupération politique de cette marche.
02:11Voilà, pour que ce soit la dernière, pour que plus aucune marche blanche ne soit organisée pour des enfants assassinés.
02:17Très bien, vous êtes notre fil rouge, Laura Legault, durant ces quelques dizaines de minutes durant lesquelles nous allons parler
02:26de cette marche, Laura Legault.
02:28Et vous vous baladerez, si je puis dire, même si le moment est extrêmement solennel et que je le dis
02:33avec beaucoup de pudeur,
02:33vous irez recueillir les déclarations de chacun des protagonistes et nous vous retrouverons très rapidement durant cette émission.
02:44Alors, Laura Legault, parce que je le rappelle, nous sommes avec Eliott Maman et Éric Revelle à mes côtés.
02:49Laura Legault a évoqué Louis Alliot, Marion Maréchal, des personnalités politiques de droite.
02:55Bon, pour l'instant, la France insoumise, les personnalités de gauche, personne en tout cas du camp présidentiel.
03:02Je ne sais pas si ce serait bienvenu forcément, parce que je pense qu'il y aurait quelques colibés qui,
03:07en tout cas, s'entendraient depuis la foule.
03:11Éric Revelle, récupération politique, c'est ce que n'a pas voulu Laurent Nunez.
03:17Laurent Nunez qui a dénoncé un ensauvagement, ou le terme ensauvagement de la société.
03:22Voilà, Laurent Nunez qui a dénoncé le terme ensauvagement de la société.
03:25Est-ce que vous comprenez que les politiques s'emparent quand même un minimum de ce qu'il s'est
03:30passé,
03:30s'en parlent dans le bon sens du terme, de ce drame qu'a vécu Louis à Narbonne ?
03:36Évidemment, d'abord, la première récupération qui a eu lieu, elle a eu lieu au niveau national.
03:43C'est une récupération émotionnelle de l'assassinat de Louis.
03:47C'est tout à fait normal.
03:48Voilà, c'est une récupération émotionnelle, parce que l'émotion a traversé tout le pays
03:53après l'assassinat par des barbares de Louis, qui avait été placé à l'aide sociale à l'enfance.
04:00Donc, il y aurait beaucoup de choses à dire aussi.
04:02On va y venir.
04:03Mais pardonnez-moi, monsieur Nunez, qui ne veut pas parler d'ensauvagement,
04:08je rappelle quand même que l'un de ses illustres prédécesseurs, il y a des décennies,
04:12qui s'appelait Jean-Pierre Chevènement, avait parlé de sauvagement.
04:17Donc, vous voyez, sauvagement, c'est presque un terme...
04:18C'était il y a 30 ans.
04:20C'est presque un terme affectueux, mais pour décrire une réalité qui va crescendo.
04:24C'est-à-dire qu'on est passé de sauvageons à des barbares.
04:28Voilà.
04:29Donc ça, si monsieur Nunez ne veut pas l'admettre et le regarder pour des raisons évidemment politiques,
04:35c'est son sujet.
04:36Comment vous expliquez que la gauche soit aussi silencieuse, quand même ?
04:40Alors, on les a entendues, on les a entendues, mais pas assez ou pas assez bien ?
04:46Parce que je pense que dans l'idéologie qui sous-tend une partie de la gauche,
04:51il y a l'idée que l'insécurité, même si du côté de la gauche républicaine, les choses changent,
04:58l'insécurité n'est pas un sujet premier, vous comprenez.
05:03Mais là, ce qui est très nouveau, Charles, ce qui est infiniment nouveau,
05:07c'est que par rapport à des...
05:09il y a quelques années, les familles de victimes prennent la parole et montent au créneau
05:15pour dire à la fois leur souffrance et pour pointer les responsabilités.
05:19Moi, ce qui m'a frappé dans les déclarations du père de Louis,
05:22c'est qu'il a dit, un, je veux me battre pour que la mémoire de Louis soit respectée
05:27et qu'on fasse toute la lumière sur ce crime odieux.
05:30Et deux, ensuite, mon deuxième combat, ce sera celui contre l'aide sociale à l'enfance.
05:36Mais avant, vous n'entendiez pas les victimes, vous n'entendiez pas les familles de victimes.
05:40Les pouvoirs remplacent leur conseiller même, pour pas qu'il y ait de récupération politique.
05:44– D'éviter de parler un maximum.
05:46– Au média, vous voyez, bon.
05:47Eh bien, tout ça a changé, et en réalité, je pense que,
05:50comme souvent sur des questions régaliennes, la gauche a un, voire deux trains de retard.
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