00:00Avec des audiences qui suivent, des spectateurs, des auditeurs, des mélomanes qui nous suivent,
00:06qui nous plébiscitent, pourquoi le gouvernement veut-il, n'entend-il pas aussi tous ces auditeurs
00:12et ces spectateurs qui nous plébiscitent et qui nous écoutent, c'est les mépriser d'une certaine manière.
00:16La type de la loi, on n'en veut pas !
00:23Oui, dans la même manière qu'on ferme des usines qui fonctionnent très bien,
00:27maintenant c'est à notre tour, c'est le même rouleau compresseur.
00:31La gestion purement économique, sauf que c'est de l'information,
00:34et donc ça touche quand même quelque chose qui est grave pour la démocratie.
00:40Comment les gens vont pouvoir s'informer de façon un peu objective ?
00:44Nous on essaie tous les jours de ramener de l'information qui vient du terrain et qu'elle soit quand
00:48même vérifiée.
00:49Et alors ça, ça devient quoi maintenant ? On ne sait pas, c'est le gros point d'interrogation.
00:53Et elle ne nous garantit aucun modèle là-dessus.
01:03Moi je crois à une pluralité de programmes, une indépendance de l'information, une diversité de l'offre,
01:10avec des personnes engagées, indépendantes, qui se demandent toujours comment on peut traiter au mieux l'information,
01:18apporter des savoirs, de la connaissance, de la culture aux auditeurs et auditrices.
01:24Et pour l'instant, on ne m'a pas expliqué en quoi une holding permettrait de faire ça.
01:28J'étais dans des instances de CE au moment où BFM s'est beaucoup développé.
01:34Tout de suite, notre direction, la première chose qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont regardé comment ils
01:37bossent,
01:37et ils nous ont dit que ce serait bien de bosser comme eux.
01:39Alors qu'on n'a pas les mêmes pyramides des âges, on n'a pas la même finalité, les mêmes
01:45téléspectateurs non plus.
01:46Et d'ailleurs, ce qui est rigolo, c'est que nous, des fois, on récupère des enseignes de BFM
01:49et qu'ils sont contents de pouvoir enfin faire leur métier.
01:52Ils respirent un petit peu, c'est-à-dire qu'ils partent tourner à deux,
01:54et puis ils ont un peu plus de temps, ils ont un monteur, un preleur de son après pour mixer,
01:58ce qui fait que le sujet, à la toute fin, il est plus proche de la réalité qu'il pouvait
02:03l'être s'il l'avait fait tout seul.
02:04On n'en veut pas !
02:07En tout cas, on est très fiers de ce qu'on fait, nous, sur les réseaux sociaux de l'INA,
02:10en tant que journaliste, ou sur le site, ou ailleurs, avec des partenariats qui fonctionnent bien aussi
02:14avec d'autres entreprises de l'audiovisuel public, comme France Info notamment.
02:19On a une émission, et tout ça, ça se passe bien, et c'est plutôt chouette,
02:22donc on avait un peu envie de continuer ça, je pense.
02:26Et donc, voilà, c'est plutôt l'incertitude de ce qui va nous arriver qui nous inquiète.
02:35Très inquiétant aussi, c'est un directeur de l'information pour la télé et la radio,
02:41et puis même une seule personne pour diriger tout l'audiovisuel public,
02:45qui peut prétendre diriger seul autant de gens.
02:49Un directeur ou une directrice qui sera nommée par l'Arcom,
02:52l'Arcom qui est lui-même nommé par l'Elysée,
02:54pourquoi est-ce qu'on nomme pas directement l'Elysée dans ces cas-là ?
02:57C'est sûr qu'aussi, une seule direction de l'information pour la radio et la télé,
03:02ça pose un problème, c'est la question de l'indépendance qui est posée.
03:06Donc on est là pour la question de l'indépendance de l'audiovisuel public,
03:11qui est quand même un poumon de la démocratie.
03:13Sous-titrage Société Radio-Canada