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  • il y a 2 semaines
Les salariés de l’audiovisuel public sont en grève ce mardi 28 juin, perturbant pour la journée les antennes radio et les chaînes de télévision, dans un élan de forte mobilisation contre la suppression de la redevance audiovisuelle souhaitée par l’exécutif. L’Humanité était aux côtés des manifestants dans le cortège parisien, qui craignent pour leur avenir et l’indépendance de leur modèle.

L’inquiétude est forte chez les salariés de l’audiovisuel public, qui manifestaient ce mardi 28 juin dans plusieurs villes de France, dont Paris. Pour preuve, des taux de grévistes significatifs: les trois quarts des journalistes de Radio France du mardi en grève d’après le SNJ, 45% de grévistes au sein du réseau France 3 d’après des sources internes à France Télévisions… « Du jamais vu » rapporte l’AFP.

Plus de 3 milliards d'euros à remplacer
Sur les pancartes du rassemblement parisien, on retrouve des « Touche pas aux médias publics », tandis que d’autres dépeignent le président de la République en « redevance Killer ». Tous redoutent la suppression de la redevance audiovisuelle annoncée par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle, qui amputerait ce service public de plus de 3 milliards d’euros de ressources.

Une somme que l’État promet de compenser, mais comment ? « Est-ce à euro constant ? Combien de temps cela va-t-il durer ? Que se passera-t-il si les politiques changent d’avis ? Tout cela nous inquiète beaucoup », questionne la journaliste Cécile Descubes, montée sur Paris pour protester contre cette mise en péril de la stabilité et de la pérennité du financement de l’audiovisuel public. Dans son antenne à France 3 Limousin, presque toute l’équipe s’est mise en grève pour s’opposer à la suppression de la taxe portée par l’exécutif assure la journaliste, également déléguée syndicale SNJ.

« Tout ça n’est qu’un marché de dupes », accuse Jean-Hervé Guilcher, secrétaire du CSE du réseau régional de France 3. Présentée par le candidat Macron comme une façon de redistribuer aux Français du pouvoir d’achat, « la redevance va passer dans le budget de l’État, et donc, dans les impôts des Français. Ce qui revient à prendre dans la poche de gauche ce que l’on a rendu dans la poche de droite», raille-t-il.

Quant aux promesses de compensation par l’Etat, il les chasse avec un mauvais souvenir en tête : « Nous avons déjà fait l’expérience de la suppression de la publicité après 20h sous Sarkozy, où l’on nous avait assuré qu’on compenserait à l’euro près les 450 millions d’euros annuels de manque à gagner », souligne-t-il. « Or, ces 450 millions d’euros n’ont jamais été compensés. La première année, le compte n’y était pas, puis en quelques années, la compensation a tout simplement disparu », avertit Jean-Hervé Guilcher, qui craint que le même schéma se reproduise, et s’interroge sur le poids que pèsera le secteur dans les arbitrages budgétaires d’Etat. « Face à des postes tels que la santé, l’enseignement, ou encore la justice, quelle place restera-t-

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Transcription
00:00On dit qu'on va rendre du pouvoir d'achat aux Français tout en disant qu'on va compenser cette
00:04suppression de la redevance dans le budget de l'État.
00:06Donc ce sera dans les impôts des gens.
00:08Donc on reprend dans la poche gauche ce qu'on a rendu dans la poche droite.
00:12Ensuite, évidemment, le budget de l'État, c'est un risque très important parce qu'on sait que lors de
00:17la discussion budgétaire tous les ans,
00:20le financement est en concurrence avec d'autres financements.
00:23Quel poids on ferait face à la santé, aux besoins de financement de la santé,
00:27dont on voit les difficultés énormes qui traversent ?
00:30Quel poids on fait face à la nécessité de financer l'enseignement, la justice ?
00:35Voilà, donc on sait très bien qu'on sera écrasé dans ce débat-là.
00:39On est là ! On est là !
00:43Même si Macron ne veut pas, nous, on est là !
00:47On a en plus l'expérience de ce qu'a été la suppression de la publicité après 20h par Sarkozy,
00:52où on nous avait assuré qu'on compenserait pour France Télévisions à l'euro près les 450 millions d'euros
00:58annuels de manque à gagner.
00:59Ces 450 millions d'euros n'ont jamais été compensés.
01:02Dès la première année, il n'y avait pas 450 millions d'euros.
01:04Et au bout de quelques années, les 450 millions d'euros ont disparu.
01:07Et en 10 ans, France Télévisions a supprimé 15% de ses effectifs,
01:11à peu près 1500 salariés en 10 ans, qui sont le résultat de la baisse des financements,
01:17des économies drastiques qui ont été demandées par l'État, dans une logique toujours la même,
01:21réduction de la dépense publique et surtout réduction de l'emploi public.
01:25Donc on est arrivé à un stade où les gens travaillent dans des conditions dégradées,
01:31où on peine à mener à bien notre mission de service public et à répondre.
01:37En fait, c'est un cercle vicieux.
01:38C'est-à-dire que moins on a de moyens, moins on est finalement à la hauteur de ce qu
01:42'attendent de nous les gens,
01:43et plus on nous le reproche en questionnant notre légitimité.
01:46Je rappelle quand même que France Télévisions, c'est presque 500 millions d'euros d'investissement dans la création et
01:54dans le cinéma tous les ans.
01:55On est le premier financeur du cinéma après Canal+, on est le premier financeur de la création en France,
02:01on finance plus de la moitié de l'animation en France, donc on a un rôle extrêmement important.
02:07Tous les grands événements sportifs, populaires, etc., on peut les voir sur les antennes de France Télévisions.
02:12Qu'adviendra-t-il quand on ne sera plus là ?
02:18Le service public, c'est aussi beaucoup.
02:21Le service public en région, que ce soit les stations de France Bleu, que ce soit les stations de France
02:263,
02:27on est très nombreux.
02:29La rédaction de France 3 en région est quasiment la rédaction la plus grosse d'Europe.
02:34Et c'est effectivement de l'information de proximité.
02:38On travaille essentiellement là-dessus.
02:41Et c'est ce qu'attendent les gens.
02:45Et s'il n'y a plus d'argent, s'il n'y a plus de redevance, si petit à
02:50petit tout ce financement s'étiole,
02:52eh bien on n'aura plus les moyens de faire notre travail que les gens attendent.
02:57J'attends que les députés qui prennent leur fonction aujourd'hui puissent nous entendre et comprendre cela au-delà des
03:05étiquettes politiques.
03:06Parce que ça me paraît évident que nous sommes un petit peu leur vitrine aussi quelque part en région.
03:13Je parle des médias régionaux.
03:14Alors évidemment, on n'est pas leur porte-micro, ça c'est clair.
03:16Et ils le savent.
03:18Mais par contre, parler de la vie d'ici ou d'ailleurs, c'est notre boulot.
03:24Et je pense que les députés sont très attentifs à ça aussi.
03:31Je crois qu'il faut être conscient que la suppression de la redevance, c'est la fin des enquêtes qui
03:38évoquent les lobbies.
03:40Les lobbies agricoles, les lobbies pharmaceutiques, les petits tripatouillages bancaires, etc.
03:45S'il n'y a pas la redevance audiovisuelle, s'il n'y a plus de services publics, ça veut
03:49dire qu'il n'y a pas les Panama Papers, etc.
03:51Donc on fait une croix sur Hélice Lucet, Cache Investigation, etc.
03:55Vous savez que l'INA, c'est aussi une ressource...
03:58La redevance, 138 euros par an, c'est vrai que c'est une somme.
04:01Pour un ménage modeste, c'est 38 centimes d'euros par jour et par foyer.
04:06Mais pour certaines personnes, effectivement, ce n'est pas rien.
04:10Ceci dit, beaucoup de foyers en sont exonérés et particulièrement les plus modestes.
04:14Et donc, nous, on n'est pas contre le fait de redéfinir un nouveau modèle de redevance.
04:19Parce que de toute manière, vu la suppression de la taxe d'habitation, elle va être supprimée.
04:22Par contre, ce qu'on demande, c'est qu'il y ait un vrai débat public sur la redéfinition d
04:27'une taxe.
04:28Par exemple, comme c'est proposé par le rapport de la Fondation Jean Jaurès, piloté par Julia Cagé,
04:33où on pourrait mettre une forme de progressivité pour faire, évidemment, exonérer les plus bas salaires,
04:38pour, évidemment, faire payer moins ceux qui sont avec des revenus modestes
04:42et faire payer plus les salaires les plus élevés.
04:45Et comme ça, au travers de la redéfinition d'une nouvelle contribution à l'audiovisuel public,
04:51injecter aussi du gain sur le pouvoir d'achat avec cette progressivité.
05:08Merci d'avoir regardé cette vidéo !

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