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Ce samedi 23 novembre un débat sur la possibilité d'un nouveau cap pour la France était organisé dans le cadre de la Fête de l'Humanité en Normandie.
Ce débat a fait intervenir : Thierry Foucaud, vice-président PCF du Sénat, Liem Hoang Ngoc, membre du Bureau national du PS, ancien député européen et membre fondateur du club des socialistes affligés, David Cormand, conseiller régional de Haute-Normandie et secrétaire national adjoint EELV, Clémentine Autain, porte-parole d'Ensemble. Débat animé par Cédric Clérin, journaliste politique à l'Humanité-Dimanche,
Ce débat a fait intervenir : Thierry Foucaud, vice-président PCF du Sénat, Liem Hoang Ngoc, membre du Bureau national du PS, ancien député européen et membre fondateur du club des socialistes affligés, David Cormand, conseiller régional de Haute-Normandie et secrétaire national adjoint EELV, Clémentine Autain, porte-parole d'Ensemble. Débat animé par Cédric Clérin, journaliste politique à l'Humanité-Dimanche,
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00:00:11Pour commencer ce débat, je propose qu'on s'intéresse déjà un petit peu aux questions de fond.
00:00:19Je le disais, beaucoup de critiques sont émises sur la politique du gouvernement.
00:00:24Il y a aussi beaucoup de scepticisme dans la population sur la possibilité de faire autrement.
00:00:30Donc peut-être que je vais commencer par me tourner vers Limouanda, qui est économiste, pour qu'il nous explique
00:00:38un petit peu
00:00:38quelles sont, d'après vous, les lignes de rupture possibles avec la politique économique du gouvernement aujourd'hui,
00:00:46et quelle autre politique économique est possible.
00:00:51Bonjour à tous. On va commencer par faire de l'économie. On va faire marxiste.
00:00:59On va commencer par l'infrastructure. L'infrastructure, c'est le partage du gâteau.
00:01:08Et ce que les gens mangent détermine en grande partie leur conscience politique.
00:01:12Donc on va commencer par là. D'ailleurs, il y en a encore plein à table. Vous pouvez leur dire
00:01:15de venir.
00:01:16Bon. Alors, en termes de partage du gâteau, je l'ai dit à vos confrères de l'humanité sur une
00:01:23vidéo,
00:01:24c'est pas une politique de gauche qui est en train d'être appliquée.
00:01:27Quand vous transférez 41 milliards en faveur des profits sans contrepartie,
00:01:35et que, d'un autre côté, vous gêlez les salaires, pas seulement dans la fonction publique,
00:01:41mais dans l'ensemble de l'économie, parce que, quand vous gêlez les salaires dans la fonction publique,
00:01:46ça produit un effet vitrine dans la négociation de branches et d'entreprises du secteur privé.
00:01:50Tous nos amis syndicalistes le savent.
00:01:54Donc, gèle des salaires. Et puis, 50 milliards d'économies sur les dépenses de l'État,
00:02:01des collectivités territoriales et les dépenses de la sécurité sociale sur 3 ans,
00:02:08on ne peut pas dire que ce soit vraiment une politique de gauche.
00:02:12Et tout du moins, ce n'est pas ce à quoi on s'attendait quand on a viré Sarkozy en
00:02:172012.
00:02:20Alors, au moins si ça marchait. Et ça ne marche pas.
00:02:24C'est la même politique qui est appliquée dans tous les autres pays de la zone euro
00:02:29et qui mène celle-ci, aujourd'hui, au bord de la déflation.
00:02:33La déflation, c'est quoi ? C'est le fait qu'on a tellement comprimé les dépenses publiques et privées
00:02:39que la demande est insuffisante et que les prix sur certains marchés commencent à baisser.
00:02:45C'est ça. Et la déflation, c'est le symbole d'une insuffisance de demande qu'on ressent
00:02:50lorsque l'INSEE questionne les entreprises qui répondent que 80% d'entre elles souffrent d'un problème de carnet
00:02:58de commande
00:02:58alors que seulement 20% ont un problème de coût du travail.
00:03:03Alors, le résultat de cette politique, moi, je vous le parie d'emblée, c'est qu'il n'y aura
00:03:11pas de relance de l'investissement
00:03:13parce que les entreprises n'ont aucun intérêt à investir aujourd'hui.
00:03:18Surtout que 85% des bénéfices sont redistribués sous forme de dividendes aujourd'hui.
00:03:26Donc, cette politique de l'offre, c'est de l'eau versée dans le sable,
00:03:30c'est de l'eau versée dans le sable, sauf pour les dividendes des actionnaires.
00:03:34Et puis, d'un autre côté, la compression de 21 milliards de dépenses publiques cette année,
00:03:4217 milliards prévus l'année prochaine et à nouveau 17 milliards en 2017,
00:03:50ça va nécessairement provoquer un effet récessif avec une montée du chômage et des déficits qui ne se réduisent pas.
00:03:59Je vous donne deux exemples.
00:04:01Les collectivités territoriales, on va leur réduire les dotations de 3,7 milliards.
00:04:07L'ajustement ne se fera pas sur le fonctionnement parce qu'on ne va pas pouvoir, entre guillemets,
00:04:15se débarrasser des fonctionnaires territoriaux.
00:04:17Donc, l'ajustement se fera sur quoi ? Il se fera sur l'investissement public.
00:04:22Donc, l'investissement public va baisser et ce sont tous les projets d'infrastructure qui vont être mis en sommeil.
00:04:28Enfin, les dépenses de santé vont baisser de 4 milliards.
00:04:31Personne ne dit ça.
00:04:32Ça va concerner les hôpitaux en premier lieu.
00:04:35Et comme vous savez, l'état des hôpitaux suffit de se promener dans les services d'urgence,
00:04:39vous vous rendez compte que ça va être catastrophique.
00:04:42Donc, je n'allonge pas la liste.
00:04:43Nous savons tous que cette politique est absolument inefficace sur le plan économique
00:04:47et catastrophique sur le plan social.
00:04:50Sur le plan politique, je ne vous le dis même pas, on en parlera tout à l'heure.
00:04:53C'est une catastrophe pour la gauche, il y a de quoi être infligé.
00:04:56Alors, est-ce qu'on pouvait faire autrement ?
00:04:58Parce que comme on n'a que 5 minutes chacun.
00:05:00Oui, on pouvait faire autrement.
00:05:05La dette.
00:05:07La dette, c'est quand ça les arrange.
00:05:10Le discours anxiogène sur la dette.
00:05:14Quand ça les arrange dans le sens où, quand il s'agit de trouver de l'argent pour le pacte
00:05:19de responsabilité,
00:05:20ils le trouvent.
00:05:22Et d'ailleurs, personne ne sait que lorsque la France a négocié le report de 2 ans du calendrier de
00:05:31réduction des déficits,
00:05:32c'est-à-dire qu'au lieu de faire 3% en 2012 et en 2013, on était autorisé à
00:05:37faire un peu plus de 4%.
00:05:39Quand vous faites 4% au lieu de 3% de déficit, ça veut dire que vous avez 1%
00:05:43de PIB en plus de marge de manœuvre budgétaire.
00:05:461% c'est 20 milliards.
00:05:4920 milliards, vous pouvez en faire quelque chose.
00:05:51Qu'est-ce qu'on en a fait ?
00:05:53On les a affectés intégralement au CICE, au crédit impôt compétitivité emploi, avec le résultat qu'on sait,
00:06:00puisque la production industrielle s'est effondrée de 4% cette année.
00:06:04Comme quoi, ça a vachement marché.
00:06:05Et là, on continue, on vient de négocier.
00:06:08Ça, personne ne l'a dit.
00:06:10Quand je dis « on », c'est VALS, vient de négocier avec Merkel, avec la VALS de la Commission
00:06:14européenne,
00:06:15qu'on ne fera pas 3% de déficit jusqu'en 2017.
00:06:18Ça veut dire que, concrètement, on va disposer de la même façon de 20 à 30 milliards de marge de
00:06:24manœuvre en plus tous les ans,
00:06:25pour la politique économique.
00:06:27Et qu'est-ce qu'on en a fait ?
00:06:29Eh bien, on a fait le pacte de responsabilité, avec les fameux 41 milliards affectés au profit des entreprises.
00:06:39Donc, vous le voyez, en termes budgétaires, on ne va pas nous faire la leçon.
00:06:43Il y avait des marges de manœuvre budgétaires, qui sont d'autant plus grandes qu'aujourd'hui,
00:06:47la dette publique française se finance à des taux d'intérêt quasiment négatifs.
00:06:53On se finance à 1%, en dessous de 1% de taux d'intérêt.
00:06:59L'inflation est aujourd'hui aux alentours de 1%.
00:07:02Donc, on se finance quasi gratuitement, aujourd'hui, pour financer le budget de l'État.
00:07:08Donc, il faut arrêter de dire qu'il y a une pression insupportable des marchés pour que les États soient
00:07:16rigoureux ou tout ce que l'on veut.
00:07:18On n'est pas rigoureux.
00:07:19On dilapie de l'argent public, aujourd'hui, dans des politiques qui n'ont pas d'effet.
00:07:24Et on aurait pu disposer cet argent pour en faire autre chose.
00:07:27C'est ce que les frondeurs ont dit.
00:07:30Dans leur plateforme de l'appel décent, ils ont tout simplement expliqué que, les fameux 40 milliards,
00:07:36eh bien, on pouvait en redéployer 16,5 milliards vers la redistribution,
00:07:415 milliards vers l'investissement public,
00:07:45et puis 2,5 milliards vers les emplois aidés,
00:07:49sans négliger la situation des petites et moyennes entreprises.
00:07:53Donc, ça, c'est des propositions qui avaient été faites au moment de la loi de finances.
00:08:01Je termine là-dessus.
00:08:03Nos frondeurs n'ont pas été entendus, vous le savez.
00:08:06Dans la Ve République, il y a une pression forte des institutions
00:08:10qui fait que le plus qu'ils aient pu faire, sans doute, ça a été de s'abstenir.
00:08:15Ils n'avaient pas de plan B qui les aurait conduits à voter contre
00:08:21et à sortir de la majorité pour discuter avec d'autres le fait de pouvoir faire autre chose actuellement après.
00:08:27De ça, on en discutera sans doute pendant le débat tout à l'heure.
00:08:31Mais il y avait des propositions qui étaient sur la table.
00:08:34Dans la Ve République, c'est le président de la République qui est maître du jeu, malheureusement.
00:08:39Il ne les a pas écoutés, les frondeurs.
00:08:41Il a imposé à sa majorité de voter le doigt sur la couture du pantalon.
00:08:45Et la situation est telle qu'aujourd'hui, on se retrouve un petit peu dans la nasse
00:08:52à se demander aujourd'hui tous ensemble comment on fait pour sortir de l'ornière.
00:09:01Merci, Mime.
00:09:03Alors, pour prolonger cette réflexion sur les questions économiques,
00:09:08Thierry Foucault, vous êtes le vice-président du Sénat.
00:09:12On est en plein débat budgétaire en ce moment au Parlement.
00:09:17Quelles sont les pistes que vous avez pu proposer au gouvernement ?
00:09:22Parce qu'on sait que les parlementaires francs-gauches sont opposés au gouvernement
00:09:26en votant contre le budget.
00:09:28Quelles autres pistes avez-vous pu proposer ?
00:09:31Et quels seraient les grands traits pour vous d'une autre politique école du jeu ?
00:09:37Merci et bonjour.
00:09:41Lime, c'est comme ça qu'on dit, a parlé à l'instant du partage du gâteau.
00:09:48Je m'exprimerai peut-être un peu autrement, même si je partage ce qu'il a dit.
00:09:53La problématique d'aujourd'hui, c'est que l'argent va à l'argent.
00:10:00Et il y a une sorte de transfert.
00:10:03C'est-à-dire que c'est des vastes communiquants qu'on prend en bas pour donner en haut.
00:10:09Alors, pour ne pas répéter ce que lui m'a dit, je vais prendre quelques exemples.
00:10:16Lorsque l'on sait qu'entre 1993 et 2012, il a été versé 214 milliards d'exonération sociale et fiscale
00:10:28en direction du patronat français.
00:10:32Je dis cela, c'est parce que c'est l'économie d'une démonstration.
00:10:3793, 3 millions et quelques milliers de chômeurs.
00:10:412012, 5 millions de chômeurs.
00:10:45Est-ce que ces 214 milliards ont servi à créer de l'emploi ?
00:10:49Non.
00:10:51Non.
00:10:53En 93, je pourrais donner d'autres chiffres, la part de la cotisation patronale était supérieure à la part salariale.
00:11:01Aujourd'hui, elle est différente.
00:11:03Je dis cela parce qu'on est en même temps, à travers cette conception économique,
00:11:08économique, on est sur un modèle de société.
00:11:13On est dans l'idéologie et dans ce que vous, nous et tout le monde, nous entendons aujourd'hui,
00:11:24à savoir qu'il faut toujours plus, mais à savoir que ça ne règle pas les problèmes.
00:11:30Ça ne règle pas les problèmes.
00:11:32Le fait d'exonérer n'a pas règle les problèmes.
00:11:35Au contraire, il les a accentués.
00:11:38Et de dire en même temps que ce n'est pas toujours un problème de dépenses,
00:11:41que c'est un problème de recettes.
00:11:44Parce que, et j'en viens là pour ne pas raconter les mêmes choses,
00:11:49quand on s'aperçoit que dans les recettes de l'année pour le budget 2015,
00:11:55l'année dernière, l'impôt sur les sociétés, c'était 44 milliards.
00:12:00Cette année, c'est 33.
00:12:02C'est-à-dire 11 milliards de mois.
00:12:05C'est-à-dire qu'en plus de ce que Lime expliquait par rapport à la question du CICE,
00:12:10qui est de l'argent, en gros, qui est foutu en l'air,
00:12:14on va le dire comme ça,
00:12:17il y a encore d'autres diminutions qui vont vers le capital.
00:12:22Ça veut dire qu'il y a des moyens pour une autre politique,
00:12:26c'est-à-dire pour faire autre chose.
00:12:29Alors quand on parle du CICE, je le disais cela ce matin,
00:12:32on ne voudrait pas mettre de l'argent public pour l'entreprise,
00:12:40notamment pour relancer l'industrie en France.
00:12:43Mais il faudrait-il que cet argent serve à quelque chose ?
00:12:46Qu'elle serve à la formation, qu'elle serve à l'emploi, qu'elle serve à la production.
00:12:51Or, on s'aperçoit aujourd'hui, et je sais qu'un peu dans toutes les fédérations,
00:12:55beaucoup d'élus, etc., moi-même j'étais au préfet,
00:12:58pour demander ici, dans le département, parce que c'est 87 millions qui sont distribués,
00:13:03et à quoi servit cet argent ?
00:13:05Pour l'instant, on n'a pas de réponse.
00:13:07L'autre jour, j'ai rencontré un patron de PME,
00:13:12et on discutait de cette situation, et il me disait, moi, ça ne me sert à rien,
00:13:16je vais avoir 8 000 euros.
00:13:18Mais avec ces 1 000 euros, je ne peux pas embaucher, je ne peux pas acheter de matériel.
00:13:21Mais bon, je vais les prendre, je vais les garder.
00:13:24Voilà.
00:13:25Donc ce n'est pas fait pour les PME, c'est fait pour les grosses entreprises.
00:13:30Donc, cette question de l'argent est une question fondamentale.
00:13:34Je dis cela parce que, d'un côté on prend, et de l'autre côté on donne.
00:13:42Hollande a été élu sur un programme qu'il a déchiré, qu'il a piétiné,
00:13:47parce que, par exemple, pour ceux qui ont besoin d'aide juridictionnelle,
00:13:50ils pensaient que ça allait changer.
00:13:52Pour ceux qui avaient besoin d'argent, d'augmenter les budgets de la santé,
00:13:57parce que c'est vrai, c'est 4 milliards en moins, ça devait changer.
00:14:03Les collectivités, ça devait changer.
00:14:06Alors aujourd'hui, moins de 4 milliards en ce qui concerne la santé.
00:14:10Moins 11 milliards en ce qui concerne les collectivités, et je m'arrête là.
00:14:14Mais les collectivités, ça investit.
00:14:18Ça investit les collectivités.
00:14:20Moins 11 milliards, c'est demain des logements en moins,
00:14:23des salles de sport en moins, de la politique en moins,
00:14:26et du personnel en moins.
00:14:28Dans une période où, d'ailleurs, le jet du point d'indice est gelé,
00:14:32et cela, depuis 5 ans, je crois, ça a commencé avec Sarkozy.
00:14:38Donc de dire que le problème, il n'est pas dans la dépense, là encore,
00:14:42il est dans la répartition,
00:14:46dans les choix qui sont opérés,
00:14:48par rapport au budget.
00:14:52L'Europe a demandé les 3%.
00:14:5950 milliards.
00:15:01Volant qui devait renégocier le traité de la parole au dossier,
00:15:05qui était contre la règle d'or, il est pour.
00:15:08Donc on s'inscrit,
00:15:09d'ailleurs dans quelque chose complètement antidémocratique,
00:15:12parce que les Français ont voté contre le traité,
00:15:14mais on a fait le contraire.
00:15:15Et on s'inscrit là-dedans.
00:15:17Et là, aujourd'hui, on est sur 50 milliards,
00:15:19et je sais que l'Europe va demander plus,
00:15:21et que très certainement, demain,
00:15:23dans la loi de finances rectificatives,
00:15:25il va y avoir d'autres propositions gouvernementales
00:15:28qui vont arriver.
00:15:30Donc si je dis tout cela,
00:15:32c'est qu'il y a des moyens de faire autre chose
00:15:34avec cet argent-là,
00:15:35dans une autre conception,
00:15:37de la répartition de l'argent
00:15:38et de la répartition des choix.
00:15:41Parce que, avant tout,
00:15:42et vous regardez les débats télévisés, etc.,
00:15:44on vous parle des débats conjoncturels,
00:15:46des débats structurels,
00:15:47le centième de ceci ou de cela,
00:15:48mais on ne vous parle jamais de l'humain,
00:15:50on ne vous parle pas du bataillon
00:15:51de plus de 5 millions de chômeurs, etc.
00:15:54Donc ça, nous avons une autre conception,
00:15:56une conception progressiste.
00:15:57Donc il faut utiliser cet argent-là
00:15:59pour faire autre chose,
00:16:01et cela est possible.
00:16:02Sans quitter complètement les questions économiques,
00:16:05un des éléments de la période
00:16:07et aussi le grand discrédit du pouvoir,
00:16:11et Guillaume l'évoquait,
00:16:12les députés critiques,
00:16:14aujourd'hui,
00:16:15ont du mal à aller au bout de leur démarche,
00:16:17étant donné que
00:16:18tout, dans les institutions de la Ve République,
00:16:21est dans les mains du président.
00:16:23Donc on a aujourd'hui un pays
00:16:26très mécontent,
00:16:27et un président qui continue
00:16:28à mener sa politique.
00:16:31est-ce que ça,
00:16:33Clémentine Autain,
00:16:34est-ce que ça,
00:16:34ça ne valide pas
00:16:35ce qu'on a beaucoup entendu
00:16:36dans la campagne du Front de Gauche
00:16:38en 2012
00:16:40sur la nécessité
00:16:42de revoir de fond de la République
00:16:44et d'aller vers une ciseuse en République ?
00:16:46C'est clair que hier soir,
00:16:48j'avais encore à commenter
00:16:49l'affaire Kader Harif,
00:16:52après présomption d'innocence, etc.
00:16:54Mais enfin,
00:16:54quand on en est au 250e épisode
00:16:57de La République Irréprochable,
00:16:58c'est évident que
00:16:59la question se pose
00:17:02du système lui-même,
00:17:03et pas simplement
00:17:04de la moralité
00:17:05de tel ou tel,
00:17:06et d'ailleurs,
00:17:06le débat est fort mal posé,
00:17:08parce que c'est comme
00:17:08pour les retraits de chapeau,
00:17:09où on demande à chaque fois,
00:17:11les retraits de chapeau,
00:17:12on dit,
00:17:13il n'a qu'à pas la prendre,
00:17:14on en appelle à la morale
00:17:16individuelle,
00:17:17et non pas à des normes,
00:17:18à des règles
00:17:18qui permettent
00:17:19d'avoir un système
00:17:20qui contredise
00:17:22ce type de pratique individuelle.
00:17:24Donc, évidemment,
00:17:26nous sommes dans un État,
00:17:27la République,
00:17:28la France,
00:17:29et dans un État,
00:17:30qui nécessite
00:17:31une rupture démocratique,
00:17:33et je pense même
00:17:34que c'est le début
00:17:35de,
00:17:37comment dire,
00:17:38le début
00:17:39pour arriver
00:17:40à renouer
00:17:40avec la majorité
00:17:42des citoyennes
00:17:43et des citoyens
00:17:43qui ont atteint
00:17:44un niveau
00:17:45d'écœurement,
00:17:46de défiance
00:17:47à l'égard
00:17:47de la politique
00:17:48et des institutions,
00:17:50qui dépasse même
00:17:51le simple écœurement
00:17:51de François Hollande.
00:17:52Quand vous avez regardé,
00:17:54je ne sais pas
00:17:54comment ça s'est passé ici,
00:17:55la polémique
00:17:56qu'il y a eu
00:17:57autour des journées
00:17:58du retrait à l'école.
00:18:00Moi, dans ma ville,
00:18:01à Sevran,
00:18:02il y a eu un jour
00:18:0325% d'élèves
00:18:04qui ont été absents
00:18:05parce qu'on a raconté
00:18:07du bouche à oreille
00:18:08des choses hallucinantes
00:18:09sur la BCD de l'égalité.
00:18:11Ce qui veut dire
00:18:12que l'institution
00:18:13arrive à un point
00:18:14de délégitimation
00:18:15qui fait que le bouche à oreille
00:18:17est supérieur
00:18:17au crédit même
00:18:19de l'institution.
00:18:20Donc, il y a
00:18:21le politique en haut,
00:18:21mais je dirais
00:18:22que la crise
00:18:23est beaucoup plus profonde.
00:18:25Elle atteint
00:18:25une crise de régime,
00:18:26une crise institutionnelle
00:18:27qui appelle
00:18:28une rupture
00:18:29et seule celle rupture
00:18:30pour remettre en mouvement
00:18:32l'ensemble de la société
00:18:33pour mener des politiques
00:18:34qui soient des politiques
00:18:35différentes.
00:18:36Donc, cette 6e République,
00:18:37puisqu'on est dans la 5e,
00:18:38ce serait une 6e République.
00:18:40il faudrait un processus constituant,
00:18:42il faudrait aller vers un système
00:18:45qui fasse plus de place
00:18:46aux législatifs
00:18:49et moins aux exécutifs,
00:18:50qui permette à de plus en plus
00:18:52de citoyens,
00:18:53de mouvements associatifs,
00:18:54de prendre part
00:18:55à la décision publique.
00:18:56Et ce qui s'est passé
00:18:57à 6e-20,
00:18:57soit Notre-Dame-des-Landes,
00:18:58est une illustration aussi
00:19:00de ce système
00:19:01où de l'Union européenne,
00:19:03au moindre projet local,
00:19:05la gouvernance a pris la place.
00:19:06La gouvernance, c'est quoi ?
00:19:08C'est l'heure de l'alliance
00:19:09entre la technocratie
00:19:10et de l'autre côté,
00:19:12une petite élite de dirigeants
00:19:14qui décident à la place
00:19:15des citoyens.
00:19:16C'est un mot qui est un mot piégeant
00:19:17parce qu'aujourd'hui,
00:19:18il domine et il fait
00:19:20que la majorité des citoyens
00:19:22se sentent totalement exclus
00:19:23de la décision publique.
00:19:25Et ça, ça n'amène évidemment
00:19:26qu'à la crise,
00:19:27qu'à des crises multiples
00:19:29qu'il faut prévenir.
00:19:31Et pour les prévenir,
00:19:32il faut ce changement radical
00:19:35qui est une nécessité.
00:19:36Je pense que le gouvernement
00:19:37est très, très loin
00:19:38de la prise de conscience
00:19:40de cette nécessité
00:19:41de rupture
00:19:42sur le plan démocratique.
00:19:43Et ça va avec tout le reste.
00:19:46Je dirais qu'aujourd'hui,
00:19:47le problème que nous avons,
00:19:48c'est de sortir
00:19:50la souris
00:19:51qu'est le gouvernement
00:19:51de la roue
00:19:52dans laquelle il tourne,
00:19:53qui est une roue
00:19:54qui est imposée
00:19:55par le cadre
00:19:56de l'Union européenne,
00:19:57la règle d'or,
00:19:58l'objectif de réduire la dette,
00:20:00etc.
00:20:00et tout ce qui s'ensuit,
00:20:01l'austérité qui va avec.
00:20:03Parce que de là,
00:20:04rien ne peut sortir.
00:20:05Aucune solution
00:20:06ne peut être
00:20:07à niveau des crises
00:20:08que nous traversions.
00:20:09Vous prenez sur toutes
00:20:10les questions.
00:20:11Toutes les questions,
00:20:12nous allons dans le mur.
00:20:13Sur les services publics,
00:20:14évidemment,
00:20:14sur la protection budgétaire.
00:20:16Vous avez un système
00:20:17où cette austérité
00:20:18est fait au nom de la dette.
00:20:19Mais en réalité,
00:20:20non seulement elle accroît
00:20:21les inégalités sociales,
00:20:22mais en bout de course,
00:20:23la dette est creusée.
00:20:25Et la Grèce
00:20:25est un exemple maximal.
00:20:26Vous savez qu'après
00:20:28neuf plans de rigueur,
00:20:29de mémoire,
00:20:30la dette,
00:20:31les déficits publics
00:20:32ont explosé de 130%.
00:20:33Donc ça ne fonctionne
00:20:34pas du tout.
00:20:35C'est un système
00:20:36qui ne marche pas.
00:20:38Mais pareil sur le chômage.
00:20:39Sur le chômage,
00:20:40si vous n'avez pas
00:20:41les mesures ambitieuses
00:20:42de partage du temps de travail,
00:20:43de sécurisation
00:20:44des parcours professionnels,
00:20:46de lutte contre
00:20:47les formes précaires
00:20:48de salariats,
00:20:50à ce moment-là,
00:20:51vous continuez
00:20:51toujours à la même chose.
00:20:52C'est-à-dire un système
00:20:53qui marche en boucle
00:20:54et on fait côter sur jambes de bois
00:20:56avec deux, trois bouts
00:20:57de contrat aidé ici ou là.
00:20:58On essaie de lutter
00:21:00contre des plans
00:21:00de restructuration,
00:21:01mais on n'a pas la mainmise.
00:21:02Si vous voulez
00:21:03un projet industriel
00:21:04qui pourrait s'appuyer
00:21:06sur la transition écologique,
00:21:08alors il faut qu'il y ait
00:21:09une maîtrise publique.
00:21:10Or l'État passe son temps
00:21:11et encore là
00:21:12ces dernières semaines
00:21:13à se déposséder lui-même
00:21:15des entreprises majeures
00:21:17qui pourraient lui permettre
00:21:18d'avoir un outil industriel
00:21:19et de piloter cette affaire-là.
00:21:21Dans à peu près
00:21:22tous les domaines,
00:21:23le cadre mental
00:21:24est totalement restreint
00:21:26et on est en train
00:21:27de poser quelques...
00:21:28Bon, non seulement
00:21:29il y a du recul
00:21:30parce que la politique
00:21:30gouvernementale actuelle,
00:21:33le problème c'est que
00:21:34avant, on n'était pas d'accord
00:21:35avec les politiques menées
00:21:37de Mitterrand
00:21:38ou Lionel Jospin.
00:21:39Je dis nous,
00:21:39mais je pense que
00:21:41ici on doit être
00:21:42assez nombreux
00:21:42à ne pas avoir été d'accord.
00:21:43Mais enfin, moi,
00:21:44avec Mitterrand,
00:21:45on avait eu
00:21:46des lois au roux,
00:21:47l'abrogation
00:21:48de la peine de mort.
00:21:50Je ne vais pas faire
00:21:50toute la liste,
00:21:51mais enfin,
00:21:51des mesures marqueurs
00:21:53de gauche.
00:21:54Sous Lionel Jospin aussi,
00:21:55c'est vrai que sous Jospin
00:21:56on a privatisé plus
00:21:57que sous
00:21:58Baladur et Juppé réunis.
00:22:00Mais enfin,
00:22:00il y a eu la CMU,
00:22:01il y a eu la parité,
00:22:02il y a eu toute une série
00:22:03de mesures
00:22:04qui ont été des mesures
00:22:04les emplois jeunes,
00:22:05etc.,
00:22:05qui avaient un marqueur
00:22:07de gauche.
00:22:07On pouvait discuter
00:22:08avec ce gouvernement.
00:22:09Aujourd'hui,
00:22:10ce qui frappe,
00:22:11c'est que les mesures
00:22:12elles-mêmes
00:22:12sont à contre-courant même
00:22:14de ce que serait
00:22:15une politique de gauche.
00:22:16Donc, moralité des courses,
00:22:18on est devant cette masse,
00:22:19il faut changer le cadre,
00:22:20et je ne vois pas
00:22:21que ce gouvernement
00:22:22est clé pour infléchir
00:22:24ou alors à la marge.
00:22:25La question va être
00:22:25de savoir
00:22:27si la restriction budgétaire
00:22:28est de 50 milliards
00:22:29ou de 30 milliards.
00:22:30Mais là,
00:22:30ce n'est pas la question.
00:22:31Il faut changer
00:22:32de modèle de développement,
00:22:33il faut imposer
00:22:34la transition sociale
00:22:35et écologique
00:22:36et ce gouvernement,
00:22:37on est bien incapable,
00:22:38d'où notre responsabilité.
00:22:40Merci, Clémentine.
00:22:43Terminé sur la transition
00:22:44sociale et écologique,
00:22:45la transition est aussi
00:22:46toute trouvée
00:22:46avec David Cormand,
00:22:49qui est dirigeant
00:22:49de l'Evocologie des Verts.
00:22:51On a entendu
00:22:52ces derniers mois,
00:22:53il y a eu un débat aussi
00:22:54sur la transition énergétique,
00:22:55une des grandes lois
00:22:57du gouvernement
00:22:57qui a été votée
00:22:58ces dernières semaines.
00:23:00On a entendu
00:23:00les écologistes
00:23:01depuis 2012
00:23:02dire que le compte
00:23:03n'était pas
00:23:04en matière d'écologie
00:23:05dans la politique
00:23:06du gouvernement.
00:23:06On a même vu
00:23:07Cécile Duflo
00:23:08dire que
00:23:09François Hollande
00:23:10et les socialistes
00:23:11n'était foncièrement
00:23:11pas écologiste.
00:23:13Est-ce qu'on peut y dire
00:23:14en quoi
00:23:15une politique
00:23:18réellement
00:23:18de transition
00:23:19écologique
00:23:20aujourd'hui
00:23:20pourrait constituer
00:23:22un nouveau cadre
00:23:23pour la France
00:23:23et résoudre
00:23:24les problèmes
00:23:25qui nous sont posés ?
00:23:27Oui, bonjour.
00:23:28Je ne sais pas
00:23:28si je vais résoudre
00:23:30tous les problèmes
00:23:30en cinq minutes
00:23:31mais on va essayer
00:23:32d'apporter
00:23:33quelques éléments
00:23:33de réponse.
00:23:34D'abord,
00:23:35sur le débat
00:23:35qu'elle note aujourd'hui
00:23:37sur
00:23:39le changement
00:23:40de cap.
00:23:40On a un sujet
00:23:41et c'était dit
00:23:43par Thierry
00:23:45en disant
00:23:45que le contrat
00:23:46qu'il y avait
00:23:47avec les Françaises
00:23:48et les Français
00:23:48que Hollande
00:23:49a signé
00:23:51avec les Françaises
00:23:51et les Français
00:23:52a été déchiré.
00:23:53Dès le lendemain
00:23:54d'ailleurs,
00:23:54très rapidement
00:23:55avec les élections
00:23:56c'était dit
00:23:56dans notre introduction
00:23:57je crois
00:23:58le TSCG
00:23:59donc j'y reviens pas
00:24:00il y a eu
00:24:00le CICE
00:24:01et le pacte
00:24:02de responsabilité
00:24:04pareil
00:24:05j'y reviens pas
00:24:06et puis l'ANI
00:24:07c'est-à-dire
00:24:07toute la remise en question
00:24:08du droit du travail
00:24:09et là ça revient
00:24:10sur la fin des 35 heures
00:24:12dans les autres bilans
00:24:14du quinquennat
00:24:15si j'ose dire
00:24:15j'ose pas
00:24:16ça a été aussi
00:24:17la réduction
00:24:17du temps de travail
00:24:18qui était une avancée
00:24:19tout à fait importante
00:24:20donc on voit bien
00:24:21qu'il y a
00:24:22un faisceau
00:24:24d'indicateurs
00:24:25qui font qu'en fait
00:24:27on nous dit
00:24:28vous savez
00:24:29il n'y a pas le choix
00:24:29il y a des lois de l'économie
00:24:31qui sont votées par personne
00:24:33mais elles s'appliquent à nous
00:24:34et il faut les accepter
00:24:35on nous dit en fait
00:24:36il n'y a pas d'alternative
00:24:38et on demande aux citoyens
00:24:39de choisir
00:24:39entre l'austérité
00:24:42façon brosse
00:24:43à poil mou
00:24:44ou l'austérité
00:24:46brosse
00:24:46à poil dur
00:24:47ça c'est la droite
00:24:48et il faudrait choisir
00:24:49entre ces deux brosses là
00:24:50et la question
00:24:51qui nous est posée
00:24:53à nous
00:24:53qui pensons qu'il faut
00:24:54ni l'austérité molle
00:24:55ni l'austérité dure
00:24:56c'est quel imaginaire
00:24:57on construit
00:24:58je réponds à votre question
00:25:01à Europe Ecologie Les Verts
00:25:02on considère
00:25:03que dans l'imaginaire
00:25:04qu'il faut ouvrir
00:25:05pour apporter des réponses
00:25:07il y a la question de l'écologie
00:25:08il y a plein de raisons pour ça
00:25:10mais j'essaie de donner deux
00:25:11la première raison
00:25:12c'est que depuis 40 ou 50 ans
00:25:14en matière économique et sociale
00:25:16je ne parle pas du reste
00:25:16mais en matière économique et sociale
00:25:18trop souvent
00:25:19la différence entre la droite
00:25:21et la gauche
00:25:21c'est comment on utilisait
00:25:23les quelques points de croissance
00:25:24quand on était de droite
00:25:25on disait
00:25:26les points de croissance
00:25:27on les donne aux entreprises
00:25:28ils vont créer de l'emploi
00:25:29ça va être formidable
00:25:30quand on était de gauche
00:25:31on disait
00:25:32ben non
00:25:32les points de croissance
00:25:33il faut les redistribuer
00:25:35sauf que maintenant
00:25:35il y a un truc nouveau
00:25:36c'est qu'il n'y a plus de croissance
00:25:37et la nouvelle
00:25:40certains pensent que c'est une mauvaise nouvelle
00:25:42moi je pense que
00:25:43si c'est subi
00:25:44c'est une mauvaise nouvelle
00:25:45si c'est choisi
00:25:46ça peut être une bonne nouvelle
00:25:47la croissance
00:25:48elle ne reviendra pas
00:25:49en tout cas
00:25:49pas la croissance
00:25:50telle qu'on l'a connue
00:25:51pendant les 30 glorieuses
00:25:52et qui a été
00:25:54maintenue sous perfusion
00:25:55grâce à
00:25:56ou à cause de l'endettement
00:25:57les 30 années qu'on suit
00:25:57ce modèle là
00:25:59il a perduré
00:26:00pendant 60 ans
00:26:01en entrant
00:26:02d'assister à sa mort clinique
00:26:03et donc il faut inviter
00:26:04à inventer autre chose
00:26:05et c'est quoi l'écologie
00:26:06quand on parle d'économie
00:26:07c'est de dire qu'il faut créer
00:26:09un système
00:26:10une société
00:26:11qui crée beaucoup d'emplois
00:26:12avec une croissance faible
00:26:13et quand on se pose cette question là
00:26:15ça change beaucoup de choses
00:26:16sur la façon dont on conçoit l'économie
00:26:18et dont on conçoit les solutions
00:26:19et l'autre raison pour laquelle
00:26:20l'écologie elle est déterminante
00:26:23c'est pour un truc
00:26:24qui s'impose à nous
00:26:25ça s'appelle le changement climatique
00:26:27donc je sais que la question
00:26:28du changement climatique
00:26:29parfois on dit oui
00:26:29mais bon
00:26:30ça a commencé il y a longtemps
00:26:31on s'adaptera
00:26:32on mettra des climatiseurs
00:26:34que sais-je
00:26:35on changera
00:26:35c'est un phénomène
00:26:38qui va radicalement changer
00:26:41la planète
00:26:42aujourd'hui
00:26:42il y a plus
00:26:44d'immigration
00:26:45liée au changement climatique
00:26:47que liée aux guerres
00:26:47et pourtant il y a beaucoup de guerres
00:26:49et malgré ça
00:26:50c'est ce qui produit le plus
00:26:52de grandes migrations
00:26:53de gens qui ne peuvent plus vivre
00:26:55dans l'endroit où ils vivent
00:26:56et ça
00:26:57ça va gonfler
00:26:58ça va augmenter
00:26:59et puis ça va avoir des impacts
00:27:00sur la biodiversité
00:27:01vous savez que
00:27:01aujourd'hui
00:27:02on est en train de rencontrer
00:27:04la sixième grande période
00:27:05d'extinction d'espèces
00:27:07depuis le début
00:27:08enfin depuis la naissance
00:27:09de la terre
00:27:09depuis la naissance
00:27:10de la vie sur terre
00:27:11donc tous ces enjeux là
00:27:13il faut qu'on les intègre
00:27:14à nos réflexions
00:27:15quand on se dit
00:27:16c'est quelle solution
00:27:16c'est quel changement de cap
00:27:18qu'on veut
00:27:19construire
00:27:21la question aussi
00:27:21qui est très importante
00:27:22dont je veux dire un mot
00:27:23sur la question de la démocratie
00:27:25parce qu'elle percute
00:27:26la question de l'écologie
00:27:27vous avez suivi évidemment
00:27:29depuis plusieurs semaines
00:27:30le drame de Sivens
00:27:31le drame de Sivens
00:27:33bien sûr
00:27:33c'est une lutte écologiste
00:27:36mais c'est aussi
00:27:37une lutte démocratique
00:27:38parce que ce qui s'est passé
00:27:39à Sivens
00:27:40c'est que quelques élus
00:27:41les élus du conseil général
00:27:43du Tarn
00:27:44ont décidé
00:27:45qu'était légitime
00:27:46et légal
00:27:47un projet qui ne l'était pas
00:27:49et ce qu'on va découvrir
00:27:50dans les semaines qui viennent
00:27:51c'est que ceux qui défendaient
00:27:53le droit à Sivens
00:27:54ce n'étaient pas les gendarmes
00:27:56c'était les militants
00:27:57qui s'opposaient à ce projet
00:27:59là il y a un scandale démocratique
00:28:01mais qui dépasse
00:28:01ce 4-6-1
00:28:02mais globalement
00:28:03pourquoi les gens
00:28:04se désintéressent de la politique
00:28:05pourquoi ils se désintéressent
00:28:07de la démocratie
00:28:07ils se disent
00:28:08mais vous ne pouvez rien
00:28:09vous ne pouvez rien pour nous
00:28:10on a bien compris
00:28:11le système il est plus fort que vous
00:28:12vous ne pouvez pas lutter
00:28:13le pouvoir de l'argent
00:28:14c'est trop important
00:28:15vous ne pouvez pas
00:28:16vous lutter contre ça
00:28:17vous ne pouvez pas
00:28:17vous lever contre ça
00:28:18les gens ils en tirent
00:28:19toutes les conclusions
00:28:19ils disent
00:28:20entre la brosse molle
00:28:22et la brosse dure
00:28:23je ne choisis pas
00:28:24ou alors quand je choisis
00:28:26je choisis l'extrême droite
00:28:27parce que eux ils disent
00:28:28qu'ils peuvent quand même
00:28:29changer des trucs
00:28:30et en plus ils emmerdent
00:28:31tous les autres
00:28:31donc ça c'est un problème
00:28:33démocratique
00:28:34qu'on est en train
00:28:34de rencontrer
00:28:35et auquel il va falloir
00:28:36quand même
00:28:37au delà des petites différences
00:28:38des différences importantes
00:28:39qu'on peut l'avoir
00:28:40les uns avec les autres
00:28:41qu'il va falloir commencer
00:28:42à dépasser ces différences là
00:28:43pour apporter une réponse
00:28:45qui ne soit pas uniquement
00:28:46une coalition de rejet
00:28:47on est tous d'accord
00:28:48ici autour de la table
00:28:49sans doute dans la salle
00:28:50pour dire ce que fait
00:28:51le gouvernement
00:28:52c'est pas bien
00:28:52mais au delà de cette
00:28:53coalition de rejet
00:28:54il faut construire
00:28:55maintenant une coalition
00:28:56de projet
00:28:56parce que sinon le projet
00:28:58ça restera toujours les mêmes
00:28:59soit la droite
00:29:00soit la gauche
00:29:01de gouvernement actuelle
00:29:03je dis pas au moins
00:29:04à qui on pense
00:29:05soit
00:29:06et là ça serait évidemment
00:29:07le pire
00:29:08l'extrême droite
00:29:09ensuite
00:29:10je sais pas où j'en suis
00:29:11mais vraiment pour conclure
00:29:12sur comment on peut trouver
00:29:13quelques solutions
00:29:14dans ce changement de cadre
00:29:15et je veux finir là dessus
00:29:17parce que je sais que c'est un débat
00:29:18enfin c'est un truc
00:29:19qui fait débat entre nous
00:29:20je parlais du nucléaire
00:29:22vous avez vu il y a quelques jours
00:29:23il y a eu une énième annonce
00:29:25d'EDF
00:29:26pour dire que le père
00:29:27de Flamanville
00:29:28il allait encore avoir
00:29:30du retard
00:29:31il faut savoir que cet EPR
00:29:32il devait être construit
00:29:33en 3 ou 4 ans
00:29:34il devait coûter de mémoire
00:29:363 milliards et demi d'euros
00:29:38là on va atteindre
00:29:39les 10 ans
00:29:40il est évidemment pas fini
00:29:41on a encore reporté
00:29:42et c'est pas 3 milliards et demi d'euros
00:29:44c'est 9 milliards
00:29:45à votre avis
00:29:46qui les paye
00:29:47ces 9 milliards ?
00:29:48qui les paye ?
00:29:49est-ce qu'on n'aurait pas
00:29:51on peut être pour au contenu clair
00:29:52moi évidemment je suis contre
00:29:53mais là
00:29:54en termes de dépenses publiques
00:29:55en termes de comment
00:29:56on a utilisé cet argent
00:29:57est-ce que vous pensez pas
00:29:59qu'on aurait pu l'utiliser autrement
00:30:00avec une énergie
00:30:02plus localisée
00:30:03avec de l'économie d'énergie
00:30:04on aurait pu faire des
00:30:05des progrès extraordinaires
00:30:06et créer de l'activité
00:30:08et de l'activité durable
00:30:09tout ça pour dire
00:30:10que tous ces débats
00:30:10qui sont sur la table
00:30:11il faut qu'on les pose
00:30:12et qu'on est un petit peu
00:30:13comme boussole dans cette affaire
00:30:14d'aboutir sur une offre politique
00:30:16alternative
00:30:17qui mette les vrais débats
00:30:18sur la table
00:30:18dont celui de l'écologie
00:30:20mais ce n'est évidemment
00:30:21pas le seul
00:30:29merci David
00:30:31décidément vous fascinez
00:30:32beaucoup la tâche aujourd'hui
00:30:33vous êtes paris
00:30:35de coalition du rejet
00:30:37on souhaite coalition de projet
00:30:39à vous entendre
00:30:40tous les quatre
00:30:41on sent bien qu'il y a
00:30:42il y a beaucoup de convergence
00:30:44entre vous
00:30:45on a pour autant
00:30:46du mal
00:30:47ces derniers mois
00:30:50à avoir quelque chose
00:30:51de concret
00:30:52qui pourrait émerger
00:30:53de ces critiques
00:30:55et je pense qu'une des questions
00:30:56qui intéresse
00:30:58les français aujourd'hui
00:30:59et le public qui est là
00:31:01c'est comment est-ce que
00:31:03vos voix critiques
00:31:04peuvent devenir
00:31:05une force de construction
00:31:10peut-être que je vais
00:31:11je vais donner la parole
00:31:13à Thierry Foucault
00:31:14sur cette question-là
00:31:15puisque ça fait
00:31:15quelques
00:31:17quelques mois
00:31:18voire plus
00:31:20que le parti communiste
00:31:21appelle
00:31:22un rassemblement
00:31:24qu'est-ce que ça veut
00:31:25comment vous imaginez
00:31:26au parti communiste
00:31:28ce rassemblement
00:31:29avec quel contour
00:31:31on sait qu'il y a des débats
00:31:33des débats
00:31:34politiques
00:31:35sociaux
00:31:36à quoi peut ressembler
00:31:38le rassemblement
00:31:39que vous appelez
00:31:39de vos voeux
00:31:40Thierry Foucault
00:31:43oui merci
00:31:44c'est à la fois simple
00:31:45et à la fois compliqué
00:31:48à partir des éléments
00:31:49qui ont été donnés
00:31:52il y a quelques instants
00:31:53notamment chiffrés
00:31:53je serais tenté de dire
00:31:55que c'est facile
00:31:55de monter un programme
00:31:56l'argent existe
00:31:59une autre politique
00:32:01est possible
00:32:03mais
00:32:04on est aussi confronté
00:32:05à la vie
00:32:07c'est quoi la vie
00:32:08c'est la télé
00:32:09avec ces médias
00:32:11qui se déchaînent
00:32:12pour expliquer
00:32:13que
00:32:15l'immigré
00:32:16vient chercher le travail
00:32:17du français
00:32:18que l'immigré
00:32:19se dérange
00:32:20que le chômeur
00:32:21s'il n'a pas de travail
00:32:23c'est qu'il ne veut pas travailler
00:32:24voilà
00:32:25ça c'est l'idéologie
00:32:28qui essaye
00:32:29d'être dominante
00:32:30pour
00:32:31faire en sorte
00:32:33de nous tirer
00:32:34toujours un peu plus
00:32:35sur le peuple français
00:32:38et je voudrais dire
00:32:39qu'à ce sujet
00:32:40on a un travail
00:32:43et c'est là
00:32:44que c'est compliqué
00:32:44important
00:32:46pas compliqué
00:32:46parce que là
00:32:47on est en train
00:32:47de s'entendre
00:32:49donc je pense que
00:32:51on peut ensemble
00:32:53de façon intimement liée
00:32:55être un trait d'union
00:32:58mais en même temps
00:32:59je crois que
00:33:01il y a ce que je disais
00:33:02de la TD
00:33:03mais de ce que je pense
00:33:04les gens sur le terrain
00:33:06ce matin
00:33:07je faisais l'inauguration
00:33:08de la fête
00:33:08et je disais
00:33:09je lance
00:33:10comme un appel
00:33:11mais c'est pas
00:33:12mon appel à moi
00:33:13c'est l'appel
00:33:15de notre parti
00:33:17en direction
00:33:18des uns et des autres
00:33:21pour aller aider
00:33:22à construire
00:33:23avec les populations
00:33:25les aider à construire
00:33:27les aider aussi
00:33:28dans la réflexion
00:33:28les aider à se rassembler
00:33:31pour aller justement
00:33:32vers le projet
00:33:32qu'ensemble
00:33:33on peut mener
00:33:35parce qu'il est possible
00:33:37de faire une politique
00:33:38de la santé différente
00:33:39on l'a prouvé tout à l'heure
00:33:40ainsi de suite
00:33:41sur un certain nombre
00:33:43de sujets
00:33:44et en ce sens
00:33:45on est d'accord
00:33:46que la politique
00:33:46est pas bonne
00:33:48on est d'accord
00:33:49qu'il y ait de l'argent
00:33:50pour faire une autre politique
00:33:51et si j'ai bien compris
00:33:53on est d'accord
00:33:53pour y aller ensemble
00:33:56alors bien sûr
00:33:57il y aura des sujets
00:33:58à discussion
00:34:01mais
00:34:02ce qui nous préoccupe
00:34:03parce qu'on n'existe pas
00:34:04pour nous-mêmes
00:34:05ce qui nous préoccupe
00:34:07c'est la situation
00:34:07des gens aujourd'hui
00:34:08dans le pays
00:34:10de celles et ceux
00:34:11qui ne peuvent plus manger
00:34:12de celles et ceux
00:34:13qui peuvent plus se vêtir
00:34:14qui peuvent plus soigner
00:34:15qui ont des problèmes
00:34:17insurmontables
00:34:18tout à l'heure
00:34:19on parlait des questions
00:34:20d'économie
00:34:20mais j'aurais pu donner
00:34:22un exemple
00:34:23souvent je prends
00:34:24cet exemple
00:34:24vous savez
00:34:25le smicard d'hier
00:34:26il payait de la TVA
00:34:28aujourd'hui
00:34:29le smicard d'hier
00:34:29c'est une caricature
00:34:31mais vrai
00:34:33il paye plus de TVA
00:34:34il est au chômage
00:34:36c'est ça la situation
00:34:37d'aujourd'hui
00:34:39c'est
00:34:39c'est cela
00:34:41qu'il faut changer
00:34:43c'est cela
00:34:43qu'il faut changer
00:34:44et ces gens là
00:34:45en même temps
00:34:46ils attendent
00:34:47de nous
00:34:48tout en pensant
00:34:49aujourd'hui
00:34:50qu'on n'est peut-être
00:34:50pas capable
00:34:51donc aussi à nous
00:34:52de montrer
00:34:53qu'il y a une possibilité
00:34:54de se rassembler
00:34:55sur un projet
00:34:56et sur des projets
00:34:57et de leur donner
00:34:59l'espoir
00:35:01de leur donner
00:35:02l'espoir
00:35:02parce que sinon
00:35:04ça va partir
00:35:06dans l'autre sens
00:35:06il suffit
00:35:08de voir
00:35:09ce qu'il y a
00:35:10dans un certain
00:35:11nombre de fêtes
00:35:12voilà
00:35:13donc à la fois
00:35:14c'est simple
00:35:15à la fois
00:35:16c'est compliqué
00:35:17mais je crois
00:35:19qu'il faut y aller
00:35:20mais c'est pas
00:35:21simplement nous
00:35:22les représentants
00:35:23de partis
00:35:25ou d'associations
00:35:26ou de quoi que ce soit
00:35:27c'est nous et vous
00:35:29vous et nous
00:35:29c'est à dire
00:35:30tous les progressistes
00:35:31ont un travail
00:35:32conséquent à faire
00:35:34on va pas laisser
00:35:35Hollande
00:35:36continuer à piétiner
00:35:37le programme
00:35:37à laisser la France
00:35:38dans cette situation
00:35:40tout à l'heure
00:35:41on parlait de l'emploi
00:35:42excusez-moi
00:35:42ce matin je faisais
00:35:43non pas une métaphore
00:35:46Clémentine parlait
00:35:47de 81
00:35:48de Mitterrand
00:35:49de Jospin
00:35:50et de maintenant
00:35:51mais celles et ceux
00:35:52qui sont ici
00:35:54je donne souvent
00:35:54l'exemple
00:35:55parce que ça a commencé
00:35:55en 81
00:35:56mais ce qu'on a été
00:35:57nationalisé
00:35:59dénationalisé
00:35:59en 82
00:36:00600 chômeurs en plus
00:36:02ensuite c'était
00:36:03à côté
00:36:03Chapelle d'Arblay
00:36:04qui a perdu
00:36:05700 emplois
00:36:06après ce pas là
00:36:07et ainsi de suite
00:36:08et là
00:36:09sous le gouvernement
00:36:11Hollande
00:36:12on a commencé
00:36:13par Petro Plus
00:36:14qui est aujourd'hui
00:36:15fermé
00:36:16alors que ça pouvait
00:36:17rester ouvert
00:36:18il suffisait d'investir
00:36:19alors les gars
00:36:20de Petro Plus
00:36:21il y en a qui sont ici
00:36:22ils me diront 400
00:36:22moi je disais 500
00:36:24500 millions
00:36:26mais quand on voit
00:36:27les 40 milliards
00:36:28du CICE
00:36:29des 47 à 33
00:36:3114 milliards
00:36:31en moins
00:36:32d'impôts sur les sociétés
00:36:33etc
00:36:33là il y en a de l'argent
00:36:34il était possible
00:36:35de mettre ces 500 milliards
00:36:36ou tout du moins
00:36:37de nationaliser
00:36:39provisoirement
00:36:40pour redonner
00:36:41des lents
00:36:42et de faire fonctionner
00:36:43cette entreprise
00:36:45mais en dehors
00:36:46des salariés
00:36:47qui ne travaillent plus
00:36:48bien sûr
00:36:48chez Petro Plus
00:36:49c'est 3500 salariés
00:36:51sur le secteur
00:36:51qui ont été touchés
00:36:52alors quand je dis
00:36:53on s'y prend
00:36:54de l'autre bout
00:36:54alors Petro Plus
00:36:55Petit Couronne
00:36:56et maintenant
00:36:57c'est Grand Couronne
00:36:57qui m'est né
00:36:58qui annonce
00:36:59200 licenciements
00:37:00est-ce qu'on va laisser
00:37:01faire ça ?
00:37:02ça veut dire que
00:37:03même si parfois
00:37:04on a des divergences
00:37:06qui ne sont pas
00:37:07je pense insurmontables
00:37:08je pense qu'il faut
00:37:10qu'on se rassemble
00:37:11face à cette situation-là
00:37:13pour justement
00:37:14aller vers des changements
00:37:15et aller vers une politique
00:37:16alors je sais que
00:37:18même dans mon parti
00:37:19il y a parfois
00:37:20des camarades
00:37:20qui pensent
00:37:21oui mais tu nous parles
00:37:23des frondeurs
00:37:24ils ne vont pas changer
00:37:25etc.
00:37:27mais moi je vois ici
00:37:30des socialistes
00:37:31qui hier avec qui
00:37:33on s'est un petit peu
00:37:35frités
00:37:35comme on dit vulgairement
00:37:36mais qui sont ici
00:37:38aujourd'hui
00:37:38à nous écouter
00:37:39et qui sont prêts
00:37:40à faire des gestes
00:37:41moi je ne pense pas
00:37:42qu'ils fassent mener
00:37:43la politique
00:37:44de la terre brûlée
00:37:44je pense qu'ensemble
00:37:46il faut discuter
00:37:47de présenter
00:37:49et d'en appeler
00:37:50aux populations
00:37:51à faire
00:37:53et redonner
00:37:54cet espoir
00:37:55face notamment
00:37:56au Front National
00:37:59qui développe
00:38:00la politique
00:38:01qui développe
00:38:03grâce notamment
00:38:04au piétinement
00:38:05de l'an
00:38:06au déchirement
00:38:07du contrat
00:38:08voilà ce que je voulais dire
00:38:10sur la question
00:38:10de rassemblement
00:38:11il est possible
00:38:12de rassembler
00:38:13il est possible
00:38:14de se mobiliser
00:38:16et je ne veux pas dire
00:38:17qu'on veut être
00:38:17le centre
00:38:18ni le moteur
00:38:19mais en tous les cas
00:38:20on est une pièce
00:38:21importante du moteur
00:38:22on entend y contribuer
00:38:24et à ce qu'on appelait
00:38:26nos conférences
00:38:27nationales
00:38:28dernièrement
00:38:29c'est l'appel
00:38:30de l'ensemble
00:38:30du parti communiste
00:38:32aller de l'avant
00:38:33sur ce rassemblement
00:38:34sur ce contenu
00:38:35pour que justement
00:38:37demain
00:38:37ça change
00:38:46merci Thierry
00:38:47je vois que
00:38:48les frondeurs
00:38:50à l'instant
00:38:51c'est qu'il y a
00:38:52effectivement
00:38:53un débat
00:38:54qui existe
00:38:54sur
00:38:55qui pourrait
00:38:56se rassembler
00:38:57pour construire
00:38:58cette autre politique
00:39:01les moins de noc
00:39:02il y a
00:39:03un congrès
00:39:04du parti socialiste
00:39:05qui vient d'être annoncé
00:39:07pendant six mois
00:39:09certains
00:39:11disent que c'est
00:39:12le lieu
00:39:12où pourra
00:39:13se réorienter
00:39:14la politique
00:39:16du gouvernement
00:39:17est-ce que c'est
00:39:18votre cas
00:39:19vous qui
00:39:20en même temps
00:39:20que vous participez
00:39:22au débat
00:39:22du parti socialiste
00:39:23avez décidé
00:39:24également
00:39:25de participer
00:39:26au mouvement
00:39:276ème république
00:39:29initié
00:39:29par plusieurs personnalités
00:39:30dont
00:39:31Jean-Luc Mélenchon
00:39:32où se situe
00:39:35l'issue
00:39:35pour vous
00:39:36du rassemblement
00:39:37pour changer de tête
00:39:38alors
00:39:40ce qu'on appelle
00:39:41les frondeurs
00:39:42pour rebondir
00:39:43avec ce que tu disais
00:39:45sont les députés
00:39:48qui
00:39:48à l'Assemblée nationale
00:39:49ont essayé
00:39:50de relancer
00:39:51le débat
00:39:52mais leur action
00:39:53est circonscrite
00:39:54au débat
00:39:55parlementaire
00:39:56qui a ses propres
00:39:57limites
00:39:59et
00:40:00pour moi
00:40:00je ne suis plus
00:40:01parlementaire
00:40:01donc ça me permet
00:40:02de prendre un peu
00:40:02de recul
00:40:03et d'avoir
00:40:04un peu plus
00:40:04de coups
00:40:05des franches
00:40:06et c'est un peu
00:40:07la raison pour laquelle
00:40:08on a créé ce club
00:40:09des socialistes
00:40:09affigés
00:40:10pour déplacer
00:40:10le débat
00:40:11en dehors du sénacle
00:40:12du parlement
00:40:13ou dans la 5ème république
00:40:14bon
00:40:14c'est très contraint
00:40:16alors quels sont
00:40:17les termes du débat
00:40:18aujourd'hui
00:40:18à la veille
00:40:20du congrès
00:40:21des socialistes
00:40:24quand on essaye
00:40:25de prendre du recul
00:40:26on sait tous
00:40:27ici que
00:40:28je pense qu'il y a
00:40:29des socialistes
00:40:29dans la salle
00:40:30tu l'as dit
00:40:32s'il n'y a pas
00:40:32de changement
00:40:33de cap
00:40:33d'ici 2017
00:40:36moi je vous le dis
00:40:36clairement
00:40:37il n'y a plus de PS
00:40:38on va faire
00:40:39des scores
00:40:39dignes du PASOC
00:40:40grec
00:40:42aux élections
00:40:43départementales
00:40:45on va perdre
00:40:46une grande partie
00:40:46des régions
00:40:48au régional
00:40:51on risque
00:40:51de ne pas être
00:40:53au deuxième tour
00:40:54de la présidentielle
00:40:56et tout ça
00:40:57finit avec
00:40:57un groupe parlementaire
00:40:58dans la foulée
00:41:00réduit à portions
00:41:01congrues
00:41:02donc il n'y a plus
00:41:03de PS
00:41:04et s'il n'y a plus
00:41:05de PS
00:41:06ça veut dire
00:41:06qu'il va falloir
00:41:07tout reconstruire
00:41:09et s'il faut
00:41:10tout reconstruire
00:41:11il va falloir
00:41:12discuter
00:41:13avec les verts
00:41:15avec le front de gauche
00:41:16dans toutes ses composantes
00:41:18parce que
00:41:19ce dont témoigne
00:41:20notre débat
00:41:21autour de cette table
00:41:24c'est que
00:41:24sur les questions clés
00:41:25on pense tous
00:41:26la même chose
00:41:28sur le refus
00:41:28de l'austérité
00:41:30sur la réorientation
00:41:31de l'Europe
00:41:31sur la transition énergétique
00:41:34sur les questions
00:41:35de société
00:41:37il n'y a pas
00:41:38tellement de divergences
00:41:39au fond
00:41:42ça fait l'embryon
00:41:43d'un programme commun
00:41:44d'un nouveau programme commun
00:41:47attendez
00:41:48attendez
00:41:48je ne vous parle
00:41:54on laisse finir
00:41:55l'une s'il vous plaît
00:41:58non je ne faisais pas référence
00:41:59à Mitterrand
00:42:00nouveau programme
00:42:01si vous voulez
00:42:02attendez
00:42:03là je suis
00:42:04ce que je vous dis là
00:42:05qu'on soit clair
00:42:06si on discute tous ensemble
00:42:08c'est sans
00:42:08c'est sans les sociolibéraux
00:42:10c'était ça
00:42:12le vrai sujet
00:42:12donc qu'il n'y ait pas
00:42:14de malentendus entre nous
00:42:14si en 2017
00:42:15ça se passe très mal
00:42:16et qu'on est sur un champ de ruine
00:42:18moi je reconstitue pas la gauche
00:42:20avec ceux qui nous ont foutu dedans
00:42:21c'est pas ça le sujet
00:42:22le sujet c'est tous ensemble ici
00:42:24comment on fait pour refaire
00:42:25un nouveau parti
00:42:26voilà
00:42:26donc moi
00:42:28ce que je vous dis là
00:42:29c'est que
00:42:29s'il n'y a pas de changement de cap
00:42:30d'ici 2017
00:42:32ce qu'on appelle
00:42:32le cycle d'épiné
00:42:34serait relativement clos
00:42:35et donc il va falloir
00:42:36refaire autre chose
00:42:37avec ce qui restera de la gauche
00:42:39donc autant commencer tout de suite
00:42:40moi c'est pour ça
00:42:41que je suis là ici
00:42:42aujourd'hui
00:42:42c'est pour ça que j'étais
00:42:44à la manifestation
00:42:44la semaine dernière
00:42:46à Paris
00:42:47contre l'austérité
00:42:48et c'est pour ça que
00:42:50je commence à discuter
00:42:53aussi avec ceux
00:42:54qui lancent des mouvements
00:42:55pour la 6ème République
00:42:57alors en attendant
00:42:58on a une dernière fenêtre
00:43:00nous socialistes
00:43:01pour éviter le pire
00:43:03on est le congrès
00:43:04on va le jouer à fond
00:43:07on va essayer de faire en sorte
00:43:09de tirer ce parti à gauche
00:43:10est-ce qu'on va y arriver
00:43:13et est-ce qu'on va ensuite
00:43:16inciter le président de la République
00:43:17à changer de cap
00:43:18d'ici 2017
00:43:20pour éviter le pire
00:43:21parce que s'il change de cap
00:43:22il peut le faire
00:43:24sérieusement
00:43:24il peut le faire
00:43:25il a une majorité à l'Assemblée
00:43:26avec du rouge
00:43:27du rose
00:43:28du vert
00:43:28il s'appuie dessus
00:43:29il nomme un ou une première ministre
00:43:31qui soit pas valse
00:43:33et qui est un programme de gauche
00:43:35et il applique une politique de gauche
00:43:36avec une majorité de gauche
00:43:37jusqu'à 2017
00:43:38et là on peut éventuellement se sauver
00:43:41et envisager la suite avec sérénité
00:43:43donc si on gagne le congrès
00:43:46et que ça se passe comme ça
00:43:47moi je dis banco
00:43:49maintenant l'autre question qui est posée
00:43:51parce que moi je prends le recul nécessaire
00:43:53c'est qu'est-ce qui passe
00:43:54si on perd le congrès
00:43:55si rien ne change dans ce congrès
00:43:57c'est une probabilité ça aussi
00:43:58parce que ça fait 20 ans
00:44:01que ce qu'on appelle la gauche du PS
00:44:02essaye congrès après congrès
00:44:04de faire ce que je suis en train de vous dire
00:44:06ça fait 20 ans qu'on n'y arrive pas
00:44:08et donc au bout d'un moment
00:44:10là où on est au bord du précipice
00:44:12est-ce qu'on tombe définitivement dans le trou
00:44:13est-ce qu'on fait autre chose
00:44:14donc c'est ça qui va se trouver posé
00:44:16au lendemain des cantonales
00:44:18et à la veille des élections régionales
00:44:21donc moi je vous le dis tout de suite
00:44:22si on perd le congrès
00:44:24avec beaucoup de camarades
00:44:25on va se poser la question
00:44:26de faire autre chose
00:44:28on va se poser la question
00:44:29de commencer à reconstruire la gauche
00:44:32avec tous ceux qui
00:44:34ici
00:44:35vert, rouge, rose
00:44:38ont envie
00:44:38d'aller dans la même direction
00:44:40donc voilà
00:44:41alors le mouvement pour la 6ème république
00:44:44moi je trouve que
00:44:45c'est une initiative intéressante
00:44:47parce que
00:44:48ça pose les débats
00:44:50le débat démocratique
00:44:51tel que Clémentine l'a posé tout à l'heure
00:44:53c'est quand même
00:44:54un seul
00:44:56deux hommes disons
00:44:57qui dans ce pays
00:44:59ont décidé d'imposer
00:45:01un putsch idéologique
00:45:02à toute la gauche
00:45:05au point qu'aujourd'hui
00:45:07les gens assimilent toute la gauche
00:45:09à la gauche de gouvernement
00:45:10et se réfugient dans l'abstention
00:45:12donc il y a un vrai problème
00:45:13de déficit démocratique
00:45:15nos parlementaires
00:45:16n'arrivent plus à faire remonter
00:45:17les griefs de leurs mandants
00:45:19au sein de la représentation nationale
00:45:21et ça va finir
00:45:22entre la droite et l'extrême droite
00:45:24donc il y a un vrai sujet
00:45:26sur le déficit démocratique
00:45:27et donc toutes les initiatives
00:45:29les plus larges possibles
00:45:30où tous ensemble
00:45:32on peut se retrouver
00:45:33pour envisager
00:45:34la suite
00:45:36collectivement
00:45:36sont bienvenus
00:45:37et donc c'est le sens
00:45:38de ma présence ici
00:45:43merci
00:45:47on va voir si on réussit
00:45:49à avoir un petit peu de temps
00:45:50pour la salle
00:45:52pour finir
00:45:53le tour de parole
00:45:54il reste Clémentine
00:45:55et David Carmoin
00:45:57Clémentine
00:45:57on imagine
00:45:58que le Front de Gauche
00:46:00qui en ce moment
00:46:02est une période
00:46:03pas forcément
00:46:03la plus visible
00:46:04depuis sa création
00:46:05dans son action
00:46:07on imagine pour autant
00:46:08que le Front de Gauche
00:46:09en tant que tel
00:46:10et les organisations
00:46:10qu'il compose
00:46:12ne vont pas forcément
00:46:13attendre les résultats
00:46:14du congrès du Parti Socialiste
00:46:15pour rassembler
00:46:18et tenter de changer de cadre
00:46:21non c'est sûr
00:46:22on va pas attendre
00:46:25bon après on n'est pas
00:46:26forcément tout à fait
00:46:27dans la même situation
00:46:27nous on fait partie
00:46:28de ceux qui pensaient
00:46:29que François Hollande
00:46:30ne promettait déjà
00:46:31pas grand chose
00:46:32quand il était candidat
00:46:33et donc on ne s'est pas
00:46:34raccroché au discours
00:46:35du Bourget
00:46:36nous avons lu
00:46:37les propositions
00:46:38le programme
00:46:38la ligne
00:46:39nous connaissions
00:46:39la petite musique
00:46:40nous savions aussi
00:46:41ce que François Hollande
00:46:41avait fait du Parti Socialiste
00:46:43et ne faut pas l'oublier
00:46:44il a été le premier secrétaire
00:46:46qui a opéré
00:46:47la mue démocrate
00:46:48du Parti Socialiste
00:46:49dans les années 90-2000
00:46:51et c'est important
00:46:52de l'avoir en tête
00:46:53parce que cette évolution
00:46:54ce changement de nature
00:46:55du Parti Socialiste
00:46:56a auguré
00:46:57les politiques actuelles
00:46:58où on voit bien
00:46:59que trois pigeons
00:47:00qui s'excitent
00:47:01sur internet
00:47:02et qui représentent
00:47:03peu ou prou
00:47:04le MEDEF
00:47:05ou en tout cas
00:47:05le patronat
00:47:06ont beaucoup plus de chances
00:47:07d'être entendus
00:47:08à l'Elysée
00:47:08que des centaines
00:47:10de milliers de gens
00:47:10qui sont dans la rue
00:47:11pour exiger
00:47:12de sortir des politiques
00:47:13d'austérité
00:47:14donc voilà le gouvernement
00:47:15qui est aujourd'hui
00:47:16à la manœuvre
00:47:17c'est un gouvernement
00:47:18qui se dit de gauche
00:47:19mais qui mène
00:47:20une politique de droite
00:47:21c'est pourquoi
00:47:21la situation
00:47:23devant laquelle nous sommes
00:47:24c'est de reconstituer
00:47:26un pôle attractif
00:47:28audible
00:47:28qui donne du sens
00:47:30aux valeurs de la gauche
00:47:32le mot gauche
00:47:33aujourd'hui
00:47:33il faut se rendre compte
00:47:34à quel point
00:47:34il est totalement
00:47:36déphosphaté
00:47:37par la politique gouvernementale
00:47:38la gauche
00:47:39nous sommes
00:47:40de la gauche
00:47:41la gauche
00:47:41c'est ce que fait le gouvernement
00:47:42il n'y a pas de différence
00:47:43avec la droite
00:47:44donc le mot
00:47:44est lui-même
00:47:45abîmé profondément
00:47:47est-ce qu'il faut
00:47:48le laisser tomber
00:47:49moi je ne le crois pas
00:47:50je pense que la polarité
00:47:52droite-gauche
00:47:52va rester opérante
00:47:54qu'elle a du sens
00:47:55mais encore faut-il
00:47:56remplir le mot
00:47:57expliquer
00:47:58et expliquer
00:47:59dans des termes
00:48:00contemporains
00:48:01concrets
00:48:01ce que signifie
00:48:03l'égalité
00:48:04son alliance
00:48:05avec la liberté
00:48:06la volonté
00:48:07d'aller vers plus
00:48:08de justice sociale
00:48:09la bataille
00:48:10pour la démocratie
00:48:10véritable
00:48:11tout ce qui a fait
00:48:12le sens
00:48:13des batailles
00:48:14de gauche
00:48:15c'est à dire
00:48:17finalement
00:48:17enfin moi
00:48:18je crois au terme
00:48:19qui peut dire
00:48:20gauche
00:48:20mais qui n'est pas
00:48:21forcément très
00:48:22très comment dire
00:48:23très simple
00:48:24mais qui est le terme
00:48:25de l'émancipation
00:48:26c'est ce terme là
00:48:29que nous voulons faire vivre
00:48:30dans un projet politique
00:48:32qui
00:48:33voilà
00:48:33qui draine
00:48:34et qui soit capable
00:48:35de rassembler largement
00:48:36alors moi je crois
00:48:37que nous avons
00:48:38plusieurs tâches
00:48:39pour arriver
00:48:40maintenant
00:48:41à reconstruire
00:48:43les bases
00:48:44d'une alternative
00:48:45de gauche
00:48:45premier élément
00:48:47c'est que
00:48:48ce nouveau pôle
00:48:50que nous avons
00:48:51à construire
00:48:51cette force politique
00:48:52elle ne peut exister
00:48:54que si elle est
00:48:55à distance
00:48:56de la majorité
00:48:57actuelle
00:48:58gouvernementale
00:48:59et du parti socialiste
00:49:00nous n'aurons
00:49:01aucune crédibilité
00:49:02si nous ne sommes
00:49:03pas différents
00:49:04perçus
00:49:05comme différents
00:49:06de ce que fait
00:49:07la majorité
00:49:08gouvernementale
00:49:09ça ne veut pas dire
00:49:10que dans une période
00:49:11brouillée comme la nôtre
00:49:12il faut mettre
00:49:13un cordon sanitaire
00:49:15comme je dis toujours
00:49:15entre les socialistes
00:49:17qui chez les écolos
00:49:18se pose des questions
00:49:19etc
00:49:19c'est tendre la main
00:49:22mais en même temps
00:49:24pour construire
00:49:24quelque chose
00:49:25de clair
00:49:25en termes de cap
00:49:27et en termes
00:49:28de délimitation
00:49:28de force
00:49:29qui est différente
00:49:30de la politique
00:49:31gouvernementale
00:49:32et de la majorité
00:49:33du PS
00:49:34deuxièmement
00:49:34nous avons
00:49:35à rassembler
00:49:36toutes les composantes
00:49:38toutes les sensibilités
00:49:39sans exclusif
00:49:41de celles et ceux
00:49:41qui contestent
00:49:42à gauche
00:49:42cette politique
00:49:43gouvernementale
00:49:44et qui veulent
00:49:45en écoute
00:49:45pour bâtir
00:49:46des majorités
00:49:47capables
00:49:48de gouverner
00:49:48à l'avenir
00:49:49et de disputer
00:49:50aujourd'hui
00:49:50le terrain
00:49:51à la droite
00:49:51et à l'extrême droite
00:49:52la bataille hégémonique
00:49:54est tout à fait fondamentale
00:49:56troisième objectif
00:49:57je crois
00:49:58qu'il nous faut
00:49:59inventer
00:50:00il ne s'agit pas
00:50:01simplement
00:50:02de revenir
00:50:03aux vieilles recettes
00:50:04de la gauche
00:50:05des années 70
00:50:06de dire en gros
00:50:06il y a eu une parenthèse
00:50:08là ça ne va pas
00:50:08donc on va revenir
00:50:09il s'agit
00:50:10d'aller vers
00:50:11et pour aller vers
00:50:13il faut être capable
00:50:14d'inventer
00:50:15enfin de deux
00:50:16d'inventer
00:50:17de construire
00:50:17d'avoir pour objectif
00:50:18de bâtir
00:50:19une espérance nouvelle
00:50:20avec des termes nouveaux
00:50:21avec un imaginaire
00:50:24qui soit
00:50:24tout à fait
00:50:26pétri
00:50:26du monde contemporain
00:50:28qui parle
00:50:28du et au monde
00:50:29contemporain
00:50:30ça paraît un peu abstrait
00:50:31peut-être à certains
00:50:32d'autres non
00:50:33mais je veux dire
00:50:34que les recettes
00:50:35néo-kénésiennes
00:50:36et là j'abonderai
00:50:36dans le sens de ce que
00:50:37disait David tout à l'heure
00:50:38les recettes néo-kénésiennes
00:50:40à l'ancienne
00:50:40ne permettent pas
00:50:42de répondre aux défis
00:50:43contemporains
00:50:43l'égalité aujourd'hui
00:50:45elle se joue aussi
00:50:45par exemple
00:50:46sur le droit à la ville
00:50:47et sur la forme
00:50:48que prend le capital
00:50:49dans la géographie
00:50:51de nos territoires
00:50:52c'est très important
00:50:53donc ce que je veux dire
00:50:54c'est qu'il y a des questions
00:50:55qui ont émergé
00:50:55dont nous devons
00:50:56nous approprier
00:50:57pour que notre discours
00:50:59sonne pertinent
00:51:00dans le monde contemporain
00:51:01et que nous ayons
00:51:02voilà
00:51:03une rencontre
00:51:04avec le monde d'aujourd'hui
00:51:06et le dernier point
00:51:07qui n'est pas des moindres
00:51:08c'est que s'il faut rassembler
00:51:09nos différentes composantes
00:51:11etc
00:51:12c'est pas simplement
00:51:13l'entente
00:51:14entre l'existant
00:51:15entre en gros
00:51:16ceux du mouvement
00:51:18ouvrier agrémenté
00:51:19de quelques-uns
00:51:20qui viennent d'autres cultures
00:51:21c'est dans la société
00:51:23qu'il faut fédérer
00:51:24il faut fédérer
00:51:25tous ceux
00:51:26qui aujourd'hui
00:51:26sont à distance
00:51:27de la politique
00:51:28et sont
00:51:29et forment
00:51:29ensemble le peuple
00:51:30le peuple d'aujourd'hui
00:51:31qui n'est plus
00:51:32là aussi celui d'hier
00:51:33c'est pas simplement
00:51:34l'ouvrier blanc
00:51:36de l'entreprise
00:51:37industrielle
00:51:37des périphéries
00:51:39de première couronne
00:51:40dans les grandes villes
00:51:41telle qu'on le voyait
00:51:42au 19ème siècle
00:51:42le peuple d'aujourd'hui
00:51:43c'est la caissière
00:51:44de supermarché
00:51:45qui bosse en 3-8
00:51:46c'est les jeunes
00:51:47de chez McDo
00:51:47ce sont les immigrés
00:51:49qu'on exploite
00:51:49dans le bâtiment
00:51:50c'est ça
00:51:51c'est les intellos précaires
00:51:52également
00:51:52et donc il faut arriver
00:51:54à fédérer ce peuple là
00:51:56et à l'associer
00:51:58à notre mouvement
00:51:59politique
00:52:00notre mouvement politique
00:52:01doit être le leur
00:52:02et c'est pourquoi
00:52:03et je terminerai là dessus
00:52:04nous n'avons de chance
00:52:05de créer une force nouvelle
00:52:07à hauteur des aspirations
00:52:08contemporaines
00:52:09que si nous nous tournons
00:52:11vers la société
00:52:12la réponse
00:52:13elle est dans la société
00:52:14et je ne crois pas
00:52:15que nos sociétés
00:52:16soient si désespérées
00:52:17qu'on veut bien le faire croire
00:52:18elle est désespérée
00:52:19il y a de la désespérance
00:52:20mais il y a aussi
00:52:21des tonnes de choses
00:52:22qui se passent
00:52:22dans le monde artistique
00:52:23et intellectuel
00:52:24il n'y a qu'à aujourd'hui
00:52:25lire le roman social
00:52:27il n'y a qu'à voir
00:52:29les initiatives
00:52:29qui sont prises
00:52:30sur tout le territoire
00:52:31les AMAP
00:52:32le covoiturage
00:52:33tout ce qui se passe
00:52:34parce que les gens
00:52:35sont à la recherche
00:52:35du sens commun
00:52:36ils ne sont pas bouclés
00:52:38derrière leur appartement
00:52:40à double verrou
00:52:42et avec de leur billet
00:52:42de déosurveillance
00:52:43ils cherchent le moyen
00:52:45de trouver du sens
00:52:47à la vie
00:52:47parce que la république
00:52:49n'a plus de sens
00:52:49parce que la politique
00:52:50n'a plus de perspective
00:52:51et qu'ils aujourd'hui
00:52:53sont esselés
00:52:54éclatés
00:52:54il y a dans l'entreprise
00:52:55des luttes
00:52:56partout
00:52:57beaucoup beaucoup
00:52:58beaucoup de luttes
00:52:59regardez ce qui s'est passé
00:53:00avec les femmes de chambre
00:53:01dans les hôtels
00:53:02c'est énorme
00:53:03ce qui se passe là
00:53:03mais ce n'est pas forcément
00:53:04raccordé
00:53:05avec les Petroplus
00:53:06avec Syvins
00:53:07avec Notre-Dame-des-Landes
00:53:08et je ne vais pas
00:53:09faire toute la liste
00:53:10de toutes les mobilisations
00:53:11elles sont éclatées
00:53:13atomisées
00:53:14et donc ce que nous avons à faire
00:53:15c'est à donner
00:53:17du sens commun
00:53:18et à fabriquer
00:53:19un cadre politique
00:53:21qui soit suffisamment innovant
00:53:23pour permettre
00:53:24l'implication
00:53:25et pas simplement
00:53:26le temps de coller une affiche
00:53:27l'implication véritable
00:53:29de ce grand nombre
00:53:30qui en a marre
00:53:31et qui a envie
00:53:32de renouer
00:53:33avec l'espérance
00:53:34et avec un imaginaire
00:53:35porteur de transformation
00:53:36sociale et écologique
00:53:46dans les convergences possibles
00:53:50dans les mois qui viennent
00:53:51il y a très concrètement
00:53:53une échéance électorale
00:53:56qui arrive d'ici quelques mois
00:53:58vous voyez venir
00:53:59d'électorement
00:54:03cette semaine
00:54:04dans la presse
00:54:05a été fait écho
00:54:05d'une position
00:54:07que vous aviez prise
00:54:08dans votre parti
00:54:09qui appelait
00:54:10à des alliances
00:54:11à l'occasion
00:54:12des élections départementales
00:54:15avec le Front de Gauche
00:54:17Nouvelle-Dône
00:54:17des alliances
00:54:19en dehors
00:54:21du Parti Socialiste
00:54:22vous pensez
00:54:23que les élections départementales
00:54:24peuvent être
00:54:24une première étape
00:54:27pour un rassemblement ?
00:54:29Oui
00:54:31j'en sais rien
00:54:31c'est à nous de répondre
00:54:32parce que
00:54:33ce qui a été dit
00:54:34est très important
00:54:35j'ai compris
00:54:35qu'il y avait un mot-clé
00:54:36qu'il ne fallait pas prononcer
00:54:37c'est
00:54:38programme commun
00:54:39donc je ne vais pas le redire
00:54:41mais
00:54:41je comprends
00:54:46que l'expression
00:54:47puisse réveiller
00:54:48des traumatismes
00:54:49donc il faut d'utiliser
00:54:51d'autres termes
00:54:53mais
00:54:53qui veut dire
00:54:54quand même
00:54:55et j'insiste
00:54:56c'est ce que je disais
00:54:56tout à l'heure
00:54:57ne pas
00:54:58se contenter
00:54:59d'être dans des coalitions
00:55:00de rejet
00:55:00mais à un moment
00:55:01qu'on soit des coalitions
00:55:02de projet
00:55:02donc ne parlons pas
00:55:04de programme commun
00:55:04si vous le souhaitez
00:55:06mais réfléchissons quand même
00:55:07à si on fait une offre
00:55:09politique alternative
00:55:10ensemble
00:55:10c'est pour faire des choses
00:55:12donc n'appelons pas ça
00:55:13programme
00:55:14on dira qu'on n'est pas
00:55:15vraiment en commun
00:55:16mais il y a quelque chose
00:55:17derrière
00:55:18mais pourquoi ça ne peut pas
00:55:19être comme le programme commun
00:55:20parce que les partis politiques
00:55:22ils sont considérablement évolués
00:55:23et d'ailleurs
00:55:24l'image même
00:55:25qu'on renvoie
00:55:25moi je suis un homme
00:55:26de parti politique
00:55:27je l'assume
00:55:27et tout ça
00:55:28je vais vous dire
00:55:28que c'est pas très sexy
00:55:29à vendre
00:55:30quand on en parle
00:55:30avec des gens
00:55:31bien déjà
00:55:32et pourtant
00:55:32c'est le truc écolo
00:55:33c'est plutôt
00:55:34bon sympa
00:55:35les écolos
00:55:35tout ça
00:55:35mais c'est très difficile
00:55:37parce qu'il y a un rejet
00:55:38très profond
00:55:39de ce qu'on fait
00:55:41du politique
00:55:41du parti politique
00:55:42en général
00:55:43parce que les gens
00:55:44je l'ai dit tout à l'heure
00:55:45font plus tellement confiance
00:55:46à notre capacité
00:55:47à faire
00:55:48donc ce que dit
00:55:49Clémentine
00:55:50est très important
00:55:50c'est partir
00:55:51au-delà
00:55:52des combinaisons
00:55:53pour répondre à votre question
00:55:54d'accord de parti
00:55:56ce qu'il faut mettre
00:55:57au coeur du dispositif
00:55:58et avant le reste
00:55:59c'est la question
00:56:00de la citoyenneté
00:56:01et de l'engagement citoyen
00:56:02c'est ça que nous
00:56:03on a proposé
00:56:04on a parlé
00:56:05de fabrique citoyenne
00:56:07écologiste et solidaire
00:56:08et de partir
00:56:08à partir
00:56:09de ça
00:56:10c'est à dire
00:56:10tous les gens
00:56:11qui se bougent les fesses
00:56:12pas forcément dans des luttes
00:56:13mais qui sont
00:56:14dans l'association
00:56:16de locataires
00:56:17qui sont
00:56:17bref
00:56:18tous ces gens
00:56:19qui ont envie de réfléchir
00:56:20à comment on peut
00:56:21inventer autre chose
00:56:22les mettre un peu
00:56:23aider
00:56:25participer à mettre ça
00:56:25en mouvement
00:56:26mais ça passe aussi
00:56:27par le fait
00:56:28que les partis politiques
00:56:29qui existent
00:56:29fassent leur job
00:56:30donc ça veut dire
00:56:32construire
00:56:33ces coalitions là
00:56:34que j'ai évoquées
00:56:35dans une petite note
00:56:37interne
00:56:37pour essayer
00:56:38d'avancer
00:56:40là-dessus
00:56:41sur
00:56:41le climat politique
00:56:43dans lequel on est aujourd'hui
00:56:44et pourquoi il y a besoin
00:56:44de réinventer
00:56:46cet imaginaire de gauche
00:56:47parce qu'il ne faut pas se leurrer
00:56:48pour les gens
00:56:49c'est la gauche
00:56:50qui est au pouvoir
00:56:50aujourd'hui
00:56:51et nous on peut
00:56:53s'époumonner à dire
00:56:54oui mais non
00:56:54eux c'est eux
00:56:55nous c'est pas pareil
00:56:56ou quoi
00:56:56c'est quand même
00:56:57pour les gens
00:56:58la gauche
00:56:58qui est au pouvoir
00:56:59et d'ailleurs
00:56:59je vais vous dire
00:57:00les amis
00:57:00ça se voit aux élections
00:57:01est-ce que vous avez
00:57:02constaté aux élections
00:57:04depuis les déceptions
00:57:04de France-Caulande
00:57:05que le front de gauche
00:57:07ou Europe Écologie Les Verts
00:57:08explosait dans les scores
00:57:09pas du tout
00:57:10c'est-à-dire que le PS
00:57:11a plongé
00:57:12c'est vrai
00:57:12il y a eu une appétence
00:57:14et pourquoi
00:57:15la politique
00:57:15c'est débattre
00:57:17rassembler
00:57:17et convaincre
00:57:19pour rassembler
00:57:20il faut débattre
00:57:20et c'est ce qu'on fait
00:57:21aujourd'hui
00:57:21il faut assumer
00:57:22ce temps de débat
00:57:23mais à la fin
00:57:24il faut se rassembler
00:57:25pas seulement dans les manifs
00:57:26aussi dans les manifs
00:57:27mais pas seulement
00:57:28et pour pouvoir convaincre
00:57:30il faut être rassemblé
00:57:31si on reste balkanisé
00:57:32oui mais
00:57:33lui c'est pas pareil
00:57:34il est sorti du gouvernement
00:57:35après moi
00:57:36ou lui mais non
00:57:37mais sur ce sujet là
00:57:38il est pas tout à fait d'accord
00:57:40ah puis il est suspect
00:57:41avec les industries
00:57:43si on fractionne toujours
00:57:45ce qu'on peut faire ensemble
00:57:46à la fin on rassemble le rapport
00:57:47si on veut que l'offre politique alternative porte
00:57:50et c'est le sens
00:57:51du raisonnement que j'ai porté
00:57:53dans mon mouvement
00:57:54c'est que si on veut être écouté
00:57:56si on veut rechoper l'oreille des gens
00:57:58il faut qu'il n'y ait pas de friture sur la ligne
00:58:00sur les petites divisions
00:58:02et les petites histoires
00:58:02qu'on a l'habitude de faire tout le temps
00:58:04mais dont il faut sortir
00:58:05et ça c'est très important
00:58:06c'est d'autant plus important
00:58:08qu'aujourd'hui ce gouvernement
00:58:09en plus de tout ce qu'on a dit là
00:58:11il fait beaucoup de mal
00:58:12à l'imaginaire de gauche
00:58:13pour moi
00:58:13qui suis écologiste
00:58:15avant d'être de gauche
00:58:15ce qui veut pas dire
00:58:16que je vois pas la différence
00:58:17entre la gauche et la droite
00:58:18quand même pour moi la gauche
00:58:19c'est
00:58:20si on devait résumer en un mot
00:58:21c'est la notion de justice
00:58:23et c'est quoi la justice ?
00:58:24la justice c'est protéger les faibles
00:58:26contre les forts
00:58:27et qu'est-ce que fait ce gouvernement
00:58:29aujourd'hui ?
00:58:30Manuel Valls
00:58:31il fait des démonstrations d'autorité
00:58:32mais contre qui ?
00:58:34contre les chômeurs
00:58:35contre les zadistes
00:58:36contre les intermittents
00:58:38contre les cheminots
00:58:40là il fait des démonstrations de force
00:58:41mais par contre
00:58:42face aux puissants
00:58:43est-ce qu'il fait des démonstrations de force ?
00:58:46Manuel Valls
00:58:47c'est ce gouvernement
00:58:47il est faible avec les forts
00:58:49et fort avec les faibles
00:58:50et ça c'est le contraire
00:58:51de l'imaginaire de gauche
00:58:52et donc il faut aussi
00:58:54qu'on réinvente ça
00:58:54pour montrer que nous
00:58:56on fait front
00:58:56les lobbies
00:58:56on se laisse pas faire
00:58:58par contre ceux qui sont plus fragiles
00:58:59c'est pas des gens
00:59:00qui nous prennent à nous notre pain
00:59:01il faut être solidaires avec eux
00:59:03parce que dans la société
00:59:04qu'on traverse
00:59:04et c'est au-delà de la 5ème République
00:59:06parce que c'est partout en Europe
00:59:07qu'il y a un rejet du politique
00:59:09donc il n'y a pas que la 5ème République
00:59:10qui même si c'est un effet aggravant
00:59:12mais il n'y a pas que ça
00:59:12c'est qu'aujourd'hui
00:59:13c'est la grande victoire
00:59:14de l'individualisme
00:59:15du chacun pour soi
00:59:16et quand la gauche a eu pouvoir
00:59:18elle ne peut pas
00:59:20reculer d'un centimètre
00:59:21par rapport à ça
00:59:22parce qu'une fois qu'on cède
00:59:23par rapport à ça
00:59:24on sait qu'il gagne
00:59:25et c'est pas forcément
00:59:25la droite républicaine
00:59:26je redis c'est l'extrême droite
00:59:28donc voilà
00:59:28face à tous ces enjeux
00:59:30dans ce contexte
00:59:31il y a une urgence
00:59:31à faire le pari
00:59:32car c'est un pari
00:59:33il n'y a pas de martingale électorale
00:59:35il n'y a pas de grand soir
00:59:36comme ça
00:59:37on claque des doigts
00:59:37on se met d'accord
00:59:38et on va sauver
00:59:40sauf que dans la période d'urgence
00:59:41dans l'urgence
00:59:42dans laquelle on est
00:59:42on a à mon avis
00:59:43la responsabilité
00:59:44de tenter ce pari là
00:59:47merci à tous
00:59:47merci aux 4 intervenants
00:59:49et bonne fête
00:59:50de l'Humanité Normandie
00:59:52à vous
00:59:52qui se prolongent
00:59:53jusqu'à demain
00:59:54merci beaucoup
00:59:55merci à tous