- il y a 6 heures
Avec Ian Brossat, porte parole du PCF, adjoint au maire de Paris, Olivier Faure, député et secrétaire national du PS, Sandrine Rousseau, députée EELV et François Ruffin, député LFI. Animé par Florent Le Du.
La Fête de l’Humanité sera, cette année encore, le lieu pour débattre librement et en toute franchise. Et parce que le peuple de gauche a besoin de perspectives mobilisatrices.
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NewsTranscription
00:00...
00:06Bonjour !
00:09Bonjour à tous, bonjour à toutes !
00:13Donc bienvenue pour ce débat qu'on a intitulé
00:15Face à l'extrême droite, comment la gauche peut reconquérir l'hégémonie culturelle ?
00:21C'est-à-dire comment pour conquérir le pouvoir, la gauche peut gagner la bataille de l'opinion,
00:25remettre ses idées, ses mots, ses thèmes aussi au centre du débat public
00:31et notamment face à une Macronie qui la diabolise et une extrême droite qui monte.
00:37Pour commencer, pour cadrer un petit peu ce débat, je voulais vous donner quelques chiffres
00:41qui sortent de plusieurs sondages, dont certains parus dans l'Humanité.
00:4688% des Français sont pour indexer les salaires sur l'inflation,
00:5275% pour geler les loyers,
00:5688% pour taxer les super-profits,
00:5989% pour le blocage des prix.
01:03Donc on peut dire que globalement, le programme social de la gauche est validé.
01:09Il y a donc une forme d'hégémonie culturelle qui se construit sur ces questions.
01:13Mais en parallèle, le baromètre qu'a sorti l'Humanité ce week-end
01:18nous montre aussi que de moins en moins de citoyens français se disent de gauche.
01:23Donc la question que je voulais vous poser à chacun pour commencer,
01:28c'est celle de la stratégie à avoir en prenant en compte ces chiffres.
01:31Est-ce que la gauche doit à tout prix mettre la question sociale au centre du débat public,
01:37quitte à aussi moins parler d'immigration, de laïcité, même aussi d'antiracisme,
01:44des problèmes dans la police, de féminisme,
01:47voire même aseptiser éventuellement ces discours sur ces sujets.
01:52Sur ces sujets où justement l'hégémonie culturelle est loin d'être acquise à gauche.
01:57Je voulais, Yann Brossat, vous poser cette question pour commencer.
02:01Est-ce que vous pensez qu'il faut prendre cette voie,
02:03de mettre à tout prix le social au cœur du débat ?
02:06D'abord, je pense que pour répondre à cette question,
02:10il faut commencer par regarder le spectacle pathétique
02:14auquel on insiste depuis quelques semaines.
02:17On a des Français qui aujourd'hui, dans leur écrasante majorité,
02:21n'arrivent pas à boucler leur fin de mois.
02:24On a des millions de Français qui aujourd'hui fréquentent l'aide alimentaire.
02:28On a des millions de Français qui font des économies
02:31sur la nourriture et sur les dépenses essentielles.
02:35On a dans le même temps de grands groupes
02:38qui enregistrent des profits absolument phénoménaux,
02:41notamment dans l'industrie agroalimentaire.
02:44Et de quoi on parle sur tous nos écrans ?
02:47On s'est quand même tapé une rentrée scolaire
02:50à l'occasion de laquelle le débat principal, c'était là-bas il y a un jour
02:54et l'uniforme le lendemain.
02:57Et donc, je crois que notre boulot,
03:02à nous qui sommes des responsables politiques de gauche,
03:05c'est de faire en sorte que matin, midi et soir,
03:09ce qui domine l'actualité,
03:11ce qui domine sur les plateaux de télévision,
03:13ce soit les préoccupations quotidiennes
03:16de ces millions de Français qui n'en peuvent plus
03:18et qui ont envie que ça change.
03:27Parce que, si nous passons notre vie
03:31à réagir aux polémiques qui sont lancées par l'extrême droite,
03:37inévitablement, nous finissons dans la boue,
03:40nous finissons moins que rien.
03:42Et donc, je crois que tout notre combat,
03:47ça doit être d'éviter ce rap qui est fait
03:51sur les grandes thématiques qui dominent le débat politique.
03:54Et donc, nous, ensemble, on doit se battre
03:57pour que la question du travail,
04:00pour que la question des salaires,
04:02pour que la question de la dignité populaire
04:05soit au cœur de tous les débats politiques
04:07et qu'on arrête de nous bassiner avec des questions
04:10qui sont secondaires pour l'écrasante majorité des Français.
04:20Et bien sûr, c'est un combat.
04:22C'est un combat parce qu'en face,
04:25il voit bien l'intérêt qu'il y a
04:27à ne jamais parler de ces questions sociales,
04:31à taire ces questions sociales.
04:32Et tous les partisans du statu quo
04:35sont, au fond, ligués
04:37pour éviter que cette question sociale,
04:39que cette question de l'écologie,
04:42pour que cette question du modèle économique
04:44ne soit jamais débattue.
04:46Et donc, je pense que si on pouvait sortir de ce débat
04:49avec l'engagement, ensemble,
04:51de se battre pour que la question sociale,
04:54pour que la question écologique
04:55soit au cœur de l'actualité,
04:57je pense qu'on en sortirait collectivement grandis.
05:06Alors, la question que je voulais poser par rapport à ça,
05:08on va avoir bientôt un projet de loi sur l'immigration,
05:12donc des débats sur l'immigration,
05:14on en a sur la laïcité.
05:15Est-ce que, justement, de mettre ces côtés-là
05:18un petit peu derrière,
05:20pour privilégier à tout prix la question sociale,
05:22est-ce qu'il n'y a pas un risque
05:23à laisser l'extrême droite avoir la parole là-dessus
05:26et ne pas construire un contre-discours ?
05:29Est-ce que, Sandrine Rousseau, vous pouvez réagir à ça ?
05:34Bonjour.
05:43La question qui est posée dans ce débat,
05:45c'est comment on bat l'extrême droite ?
05:47Et la première réponse que j'ai envie de vous faire,
05:49c'est en ne reniant pas les valeurs de gauche.
05:56Ça peut vous paraître anecdotique,
05:58mais en fait, la question du social et la question du sociétal
06:02ne sont pas deux valeurs séparées.
06:05Ce sont le noyau même.
06:08C'est le noyau même des valeurs de la gauche.
06:11On peut avoir la même ligne sur notre compte en banque.
06:15Mais si nous sommes noirs, arabes ou femmes,
06:18alors nous n'aurons pas la même vie.
06:20Si nous sommes handicapés, LGBT,
06:22nous ne serons pas exposés aux violences de la même manière.
06:26La gauche...
06:33La gauche, c'est la sécurité,
06:35mais c'est aussi l'émancipation,
06:37la liberté, le respect et l'égalité.
06:42Et que ce mot-là n'est pas la dernière roue du carrosse,
06:45c'est profondément le moteur de notre projet de société.
06:58La deuxième chose, c'est que nous avons une richesse à gauche
07:02qui est de parler différemment.
07:07Alors évidemment, on est dans le cadre de la 5e République.
07:11Donc on nous oblige à penser dans la 5e République.
07:14On nous oblige à penser un homme, une femme.
07:19Plutôt un homme, d'ailleurs.
07:21Eh bien, je vais vous le dire,
07:23la richesse de la gauche,
07:25la richesse de l'écologie aujourd'hui,
07:27c'est précisément de ne pas en avoir.
07:31Et que c'est cela qui fera qu'on ira chercher
07:33électeur par électeur, électrice par électrice,
07:37avec nos forces, avec nos discours,
07:39avec nos manières de militer,
07:41qui sont différentes.
07:42Et c'est une équipe que nous devons montrer
07:44aux Français et aux Françaises.
07:46Et plutôt que l'incarnation d'un pouvoir,
07:49qui est le fait même du macronisme,
07:51qui est le fait même du rassemblement national,
07:55eh bien nous, nous opposerons notre richesse de diversité.
07:59Et non, il n'y a pas de différence entre nous
08:01qui fasse que nous ne sommes pas capables
08:04d'affronter les prochaines échéances ensemble.
08:13et même si on part en liste séparée aux européennes,
08:18il nous faut porter...
08:44On va laisser chacun parler quand même.
08:47Dites-le plus fort pour que les états-majors des partis entendent,
08:50parce que moi, je suis d'accord.
08:59Mais juste pour terminer,
09:01pour dire qu'on prône une manière différente de faire de la politique.
09:07On se dit qu'on dénonce les replis identitaires.
09:14Et nous, qu'est-ce qu'on fait en ce moment ?
09:16On fait du repli partidaire.
09:18On dit qu'on est contre la société de marché.
09:22Et qu'est-ce qu'on fait ?
09:22On va chercher segment de marché par segment de marché électoral.
09:27C'est précisément ce qu'il ne nous faut pas faire.
09:29Il nous faut aller réfléchir complètement différemment.
09:33Nous ne pouvons pas continuer dans le monde qui s'annonce
09:37avec les codes du précédent.
09:39Nous devons penser diminution du temps de travail.
09:42Nous devons penser qualité du temps de travail.
09:45Mais nous devons aussi penser ralentissement de la société,
09:49sobriété, diminution des besoins,
09:52diminution drastique des émissions de carbone.
09:56Nous devons penser à une société du juste,
09:59une société de l'égalité,
10:01et non pas une société de la croissance et de l'accumulation.
10:05Et cela, nous devons en discuter à gauche.
10:22François Ruffin,
10:23Sandra Rousseau a dit tout à l'heure,
10:25il n'y a pas de frontière entre sociale et sociétale.
10:31Qu'est-ce que vous pensez de ça ?
10:32La gauche doit investir et imposer ses idées sur les deux points.
10:40Je pense que tous les obstacles au bonheur doivent être levés.
10:44Et pour ça, il y a des obstacles au bonheur.
10:46Parfois, c'est le genre.
10:48Parfois, c'est les origines.
10:50Parfois, c'est la classe.
10:52Parfois, c'est le port bonnet.
10:53L'objectif de la gauche étant un objectif de l'émancipation,
10:57il y a comme but de lever tous les obstacles au bonheur.
11:01Maintenant, je reviens à la question qui est celle du débat.
11:04Pour combattre le Rassemblement national,
11:06comment retrouver l'hégémonie culturelle ?
11:08Moi, je viens vous dire que la gauche peut gagner.
11:13La gauche peut gagner.
11:15Presque la question aujourd'hui, c'est est-ce que la gauche veut gagner ?
11:22Vous savez, c'est un peu comme si on était...
11:24On dit aux Français, confiez-nous le paquebot France.
11:28Ce n'est pas rien, c'est quand même un gros truc.
11:30On leur dit, en plus, la cale, elle est trouée.
11:33On leur dit, il y a des récifs.
11:35On leur dit, il y a une tempête climatique,
11:37une tempête sociale, une tempête géopolitique.
11:41On a un équipage qui, disons-le, n'est pas très expérimenté.
11:45Et en plus, il est en train de s'engueuler sur le pont.
11:48Est-ce que ça donne confiance ?
11:51On doit nous donner confiance aux Français.
11:55L'hégémonie culturelle, pour moi, elle est déjà largement là.
11:58Tu l'as dit, mais quand même, c'est stupéfiant.
12:00SMIC à 1 600 euros, 70% des Français sont pour.
12:05Indexation des salaires, 87% des Français sont pour.
12:09Moi, je me souviens, il y a 15 ans, je parlais de l'échelle mobile des salaires.
12:12Il n'y a que la CGT qui l'avait dans un coin de son programme.
12:15C'était un truc qui avait disparu.
12:17Et là, c'est devenu comme une évidence à gauche
12:20et comme une évidence dans le peuple.
12:22Et on est aligné.
12:24Ça fait 15 ans que je peux porter, moi, les questions de
12:27il nous faut des protectionnismes, il nous faut des barrières douanières,
12:29des quotas d'importation, si on veut retrouver la souveraineté.
12:32Et il y a 15 ans, quand on portait ça,
12:34on était traité de rouge-brun, limite.
12:37Maintenant, aujourd'hui, c'est 69% qui le réclament
12:41et c'est la gauche qui est alignée avec cette demande populaire.
12:45Quand, toujours, il y a 15 ans, je venais analysant à l'époque
12:50les différents programmes politiques
12:51et personne ne parlait de lutte des classes, de classes,
12:53des questions d'inégalité, elles étaient quasiment remisées.
12:57Quand je tapais Buffet, Marie-Georges, avec toute l'estime que j'ai pour elle,
13:01plus lutte des classes, je tombais sur Warren Buffet.
13:03La guerre des classes existe, c'est un fait, mais c'est la mienne,
13:06la classe des griches, qui mène cette guerre
13:08et nous sommes en train de la remporter.
13:10Mais aujourd'hui, la taxation sur les divisantes,
13:13c'est 85% des Français qui sont pour.
13:16Donc, je pense que sur les terrains économiques et sociaux,
13:19on a une hégémonie culturelle.
13:22La question, aujourd'hui, c'est comment on transforme
13:24cette hégémonie culturelle...
13:26Putain, le mot...
13:28Il faut vraiment que je prenne des cours de diction.
13:31Comment on transforme ça en victoire politique ?
13:35Et il y a une semaine, je ne serais pas venu vous voir avec confiance.
13:40D'accord ?
13:41Maintenant, j'ai vraiment la conviction qu'on peut gagner.
13:44Qu'est-ce qui a changé pour moi en une semaine ?
13:48Le bouquin de KG et Piketty.
13:54Pourquoi ?
13:55Parce que...
13:56Je repars de ce que je racontais sur cette scène même,
13:59il y a un an.
14:01Après les élections présidentielles plus législatives,
14:05les 22% de Jean-Luc Mélenchon,
14:07le résultat honorable de la NUPES,
14:10je disais, voilà, on a réussi sur trois points.
14:13On a réussi dans les cités,
14:17et tant mieux si la gauche retrouve droit de citer dans les cités.
14:21On a réussi chez la jeunesse,
14:25cultiver, éduquer des centres-villes,
14:27et tant mieux parce que c'est l'avenir.
14:29On a réussi dans les dom-toms.
14:30Maintenant, nous avons des trous.
14:32On a des trous chez les salariés entre 1 500 et 2 500 euros.
14:36On a un trou démographique dans une France qui vieillit,
14:41où les personnes âgées vont voter.
14:43On ne peut pas se permettre d'être à 11%.
14:47On doit gagner aussi,
14:48on doit colmater sur ce terrain-là.
14:50Et enfin, c'est là-dessus que j'alertais le plus fortement,
14:53on a un trou de géographie dans les campagnes populaires.
14:59C'était mon intuition,
15:01qu'il fallait aller regagner là-dedans,
15:02sans perdre le reste.
15:04Que vient de dire Piketty et KG ?
15:06Ils l'écrivent noir sur blanc.
15:08Maintenant, il faut à la gauche reconquérir les campagnes populaires.
15:12Il faut à la gauche reconquérir les campagnes populaires.
15:15Maintenant, il faut savoir si on est en...
15:24Il faut savoir s'il y a un diagnostic partagé.
15:28Vous savez, le problème qu'on a,
15:29c'est qu'il y a trop peu de lieux d'échanges à gauche,
15:31ce qui fait que ça se passe par l'horreur de Twitter
15:33ou par plateau télé successif.
15:36Il nous faut savoir s'il y a un diagnostic partagé
15:39qui fait qu'en effet, il y a du grain à moudre dans les campagnes populaires,
15:43il faut aller les reconquérir.
15:44Déjà, il faut un diagnostic partagé.
15:47Est-ce que c'est partagé ou pas ?
15:48Deuxième point, comment on fait ?
15:50Je vous dis que...
15:51Oui, je suis convaincu qu'il y a deux thèmes à travailler très fortement.
15:56Le premier thème, c'est la question du travail.
15:58Les Français, tous les habitants de ce pays,
16:01doivent pouvoir vivre leur travail,
16:03ils doivent pouvoir bien en vivre,
16:05et ils doivent pouvoir bien le vivre.
16:08On sait...
16:10On sait que...
16:12Ça paraît simple, vous savez, c'est de l'ordre de l'évidence.
16:15On sait que le ressentiment privé,
16:19quand on se sent maltraité dans son emploi,
16:21quand on se sent sous-payé dans son entreprise,
16:23quand on se sent méprisé,
16:25ce ressentiment privé devient du ressentiment public.
16:29Il y a plein de sociologues qui ont travaillé là-dessus.
16:31Et la rancœur, elle ne bascule pas naturellement dans notre camp.
16:35La rancœur, si la colère n'est pas transformée en espérance,
16:39ça ne vient pas chez nous.
16:40Donc la question du travail,
16:42et aussi de bien vivre son travail, doit être centrale.
16:44En nommant des métiers, en nommant les auxiliaires de vie,
16:46en nommant les caristes,
16:47et en disant que ça, ça fait un point d'union
16:52entre la France des bourgs et la France des tours.
16:55Parce que les auxiliaires de vie, les caristes,
16:57quand ils sont dans mon coin, dans la Somme,
16:59oui, ils sont blancs.
17:00Quand vous allez à Paris, Lyon ou à Marseille,
17:02ces métiers populaires, ils sont de couleur.
17:04Mais c'est la même chose.
17:07Et moi, j'ai rassemblé dans une salle à l'Assemblée nationale
17:11des caristes de Géodice,
17:12qui venaient de Gennevilliers,
17:14donc pour beaucoup d'origine maghrébine,
17:16et des auxiliaires de vie de Caen,
17:18qui étaient en grève aussi, qui étaient blanches.
17:20Ils parlent la même langue.
17:22Ils parlent centralement de comment on fait
17:24pour remplir son frigo avec 1300 euros,
17:26de quoi on prive ses enfants,
17:28quelle vie on vit.
17:29Mais ils parlent la même langue de leur corps aussi.
17:31C'est-à-dire l'une qui montre ses cicatrices,
17:34au poignet, l'autre qui dit
17:35« Mais attends, tu n'as pas vu qu'il soulève son t-shirt
17:37et qu'il monte une grande cicatrice dans le dos ? »
17:39Parce que ce sont les mêmes vies qui se sont menées.
17:41Pour beaucoup.
17:44Donc, je dis que la question du travail,
17:45elle me paraît centrale aussi,
17:47parce qu'elle amène à un horizon.
17:50L'horizon, c'est quoi ?
17:51C'est faire ensemble.
17:52Pour moi, nous devons passer du vivre ensemble
17:54au faire ensemble.
17:55Moi, j'ai toujours trouvé le vivre ensemble,
17:57le nian-nian, on est côte à côte,
17:59qu'est-ce qu'on fait ?
17:59On vit ensemble, ça ne veut rien dire.
18:01On a à faire ensemble.
18:02Si on fait ensemble,
18:04on va entraîner les gens ensemble.
18:06On va entraîner les gens ensemble dans la société.
18:08On va faire ensemble quoi ?
18:10Le grand défi devant nous,
18:12c'est le défi climatique.
18:13C'est le choc environnemental.
18:16C'est ça qu'on a résolu.
18:21Et affronter ce défi-là,
18:23c'est du travail.
18:25Si on veut une agriculture avec moins d'intrants,
18:28eh bien oui, ça va être beaucoup de boulot
18:29et des gens qui ont mal au dos.
18:31Si on veut la rénovation de 5 millions de passoires thermiques,
18:34c'est du travail.
18:35Si on veut un atelier de réparation par quartier
18:37ou par canton, c'est du travail.
18:39Si on veut qu'on ait moins une société de biens
18:43mais davantage une société de liens,
18:44si on veut que de la naissance à la mort,
18:47on ait l'humain d'abord,
18:48c'est du travail.
18:50Je répète, c'est du travail.
18:52Pourquoi ?
18:55Parce qu'en posant se faire ensemble,
18:57d'abord je crois que quand on lutte ensemble,
18:59un certain nombre de barrières s'effacent.
19:02Quand on fait ensemble,
19:03j'ai la figure d'un ouvrier d'Abbeville
19:06qui me revient à l'esprit, Patrick,
19:08qui était à la retraite,
19:09qui avait un poumon cramé,
19:10qui avait travaillé dans le bâtiment toute sa vie,
19:12qui commençait à dire du mal des Afghans
19:14dans la rue dehors,
19:16et il retrace sa vie,
19:17et toute sa vie ayant été sur les chantiers
19:19de ce désamiantage,
19:21au tunnel du Mont-Blanc,
19:22dans les immeubles, et ainsi de suite,
19:24il était tous les jours,
19:25avec des Marocains, avec des Algériens,
19:27avec des Polonais,
19:28tous les jours,
19:28il bouffait la gamelle et du couscous,
19:30et c'était ses amis,
19:31c'était ses potes,
19:32parce qu'ils faisaient ensemble.
19:34Et je pense que poser la question du travail,
19:36lier la question du travail
19:37et la question de l'écologie,
19:38aide aussi à résoudre un deuxième problème,
19:40qui est la jonction des classes populaires
19:42et de la classe intermédiaire.
19:43Une classe intermédiaire éduquée,
19:45qui est très soucieuse d'environnement,
19:46et il le faut,
19:48mais des classes populaires
19:49qui sont soucieuses
19:50que de pouvoir vivre de leur travail au présent.
19:53Un travail dont il faut parler,
19:55à la fois sur le terrain des souffrances,
19:58de ce que ça entraîne,
19:59mais aussi sur le terrain de la fierté,
20:01de l'utilité,
20:02parce qu'on ne parviendra
20:04à embarquer notre peuple
20:06dans cette histoire-là
20:07que si on lui donne
20:08fierté en lui
20:09et on lui donne
20:10le sentiment d'utilité
20:11de ce qu'il fait tous les jours
20:12tenir la France debout.
20:26Olivier Faure,
20:27je voulais vous faire réagir
20:28un peu sur tout ce qui s'est dit,
20:31et notamment sur la question du sociétal,
20:33dont finalement on a assez peu parlé.
20:35Est-ce que vous pensez que,
20:36même si les questions sociales
20:38peuvent rassembler plus,
20:40est-ce que la gauche doit réaffirmer
20:41ces valeurs sur tout un tas de questions,
20:44sur l'immigration,
20:45sur le féminisme,
20:46sur l'antiracisme,
20:47et affirmer ces valeurs ensemble
20:49pour justement avoir un contre-projet
20:51à celui de la Macronie,
20:53celui de l'extrême droite ?
20:56Merci, bonjour à toutes et à tous.
20:59J'ai, en écoutant ceux qui m'ont précédé,
21:01à la fois beaucoup de bonheur
21:03et une crainte.
21:05Beaucoup de bonheur
21:06parce que je partage ce qu'ils ont dit,
21:08et une crainte parce que
21:09j'ai le sentiment que ça ne suffit pas
21:12à être entendu à l'extérieur.
21:14Je reprends, j'ai noté ce qu'était le thème
21:16l'an passé, même endroit, même heure,
21:18il y a un an.
21:19Il y a un an,
21:20on venait de faire la NUPES,
21:22on venait de faire le rassemblement
21:23de la gauche et des écologistes
21:24aux élections législatives,
21:26et le thème du débat...
21:29Applaudissements
21:32...
21:32Et le thème était
21:33La gauche est-elle prête
21:36à conquérir le pouvoir ?
21:38C'était le thème l'an passé.
21:40Un an plus tard,
21:41même lieu, même endroit,
21:43le thème est
21:44Face à l'extrême droite,
21:46comment la gauche peut reconquérir
21:49l'hégémonie culturelle ?
21:51Que s'est-il passé en un an ?
21:53Pourquoi sommes-nous passés
21:54d'un moment où nous avions réveillé l'espoir
21:56à un moment où, au fond,
21:58on s'interroge comment faire
21:59pour arrêter ce qui paraît maintenant
22:01l'inéluctable Marine Le Pen
22:03aux marches de l'Elysée,
22:05aux marches du pouvoir ?
22:06Que s'est-il donc passé ?
22:08Quelle est notre responsabilité là-dedans ?
22:10Comment est-ce qu'on fait
22:11pour, à l'évidence,
22:13ne pas se laisser emporter
22:15par cette vague ?
22:17Ça a été dit avant moi.
22:19La réalité, c'est que sur tous nos thèmes,
22:22il y a une majorité de Français
22:23qui est prête à nous suivre.
22:25Mais pourquoi ça ne marche pas, alors ?
22:27Pourquoi est-ce qu'on n'est pas entendu ?
22:30J'imagine qu'ici, chacun d'entre vous
22:32a une réponse.
22:33Je vais vous livrer la mienne.
22:35La mienne, c'est que quand l'espoir
22:37et le rassemblement disparaissent,
22:40alors il reste une seule chose,
22:43la haine de l'autre.
22:44Et c'est ce qui remplace l'espoir.
22:47Et que nous n'avons pas su
22:48maintenir l'espoir ensemble.
22:51Et quand je vois la rentrée politique
22:53de ces jours-ci...
22:58Je ne sais pas si vous devriez applaudir,
23:00parce qu'au fond, c'est très triste.
23:02Mais quand je vois cette rentrée politique,
23:04à la fois, j'entends ceux qui sont là avec moi
23:06et je me dis,
23:07waouh, mais vraiment, au fond,
23:09qu'est-ce que j'ai de différent avec eux ?
23:11Est-ce que je n'ai pas un chemin
23:12à parcourir avec eux ?
23:13L'évidence, c'est que oui.
23:15Mais quand j'entends...
23:19Mais quand j'entends
23:20tous partis confondus,
23:21les uns et les autres,
23:22se pousser du col,
23:23les uns après les autres,
23:24pour renouer avec ce qu'on a appelé
23:25il y a longtemps le bal des égaux,
23:27où chacun pense qu'il peut porter seul
23:29les couleurs de la gauche et de l'écologie,
23:31je me dis, merde,
23:32c'est pas possible.
23:33C'est pas possible.
23:35On n'y arrivera pas comme ça.
23:37Et on déroulera le tapis rouge
23:38sous les pieds de la droite
23:40ou de l'extrême droite,
23:41ce qui est encore pire.
23:42Alors oui,
23:44il y a un moment
23:44où nous devons prendre
23:45nos responsabilités
23:47et nous devons les prendre
23:48en s'attaquant au sujet
23:50un par un.
23:52Ça a été dit avant moi
23:53et je ne le dirai pas mieux
23:54que les autres,
23:55parce que je pense
23:57exactement comme eux.
23:58Je pense qu'il y a aujourd'hui
24:00un pays qui souffre,
24:01un pays qui est fait
24:03de charistes,
24:03d'aides-soignantes,
24:04de sages-femmes,
24:05de tout ce que vous voulez,
24:06de tous ces métiers
24:06qu'on a dit,
24:07qu'il tenait le pays debout.
24:09Et pourtant,
24:11rien n'est venu.
24:12Je me souviens même
24:12du président,
24:13reprenant les jours heureux
24:15du Conseil national
24:16de la Résistance,
24:18se réappropriant
24:19cette expression
24:20pour en faire quoi ?
24:22Rien.
24:22Reprenant même
24:23l'idée du CNR
24:24pour en faire quoi ?
24:25Rien.
24:26Pour réunir
24:27tous les chefs de parti
24:28il y a quelques jours
24:29pour en faire quoi ?
24:30Rien.
24:32Pourquoi ?
24:32Tout simplement
24:33parce qu'il alimente
24:34un spectacle permanent
24:35dont nous sommes parfois
24:37nous-mêmes
24:37un record défendant,
24:39nous-mêmes
24:40les figurants.
24:41Eh bien,
24:42cela doit cesser.
24:43Nous devons reprendre
24:44la main,
24:45reprendre ce discours
24:47et ce chemin compliqué
24:48qui est celui de l'unité.
24:49Comment y arriver ?
24:50Alors,
24:51c'est vrai que l'union,
24:51c'est compliqué.
24:56On dira peut-être
24:58que c'est Mélenchon
25:01ou Roussel
25:03ou Tondelier.
25:04Moi, je vous le dis,
25:05en fait,
25:06même peut-être
25:07que c'est Macron.
25:13En fait,
25:13c'est Macron.
25:23Notre difficulté
25:24est au fait
25:25que nous avons construit
25:26il y a un an
25:26quelque chose
25:28qui n'est pas
25:28un simple accord électoral
25:30mais qui n'est pas
25:31non plus un parti unique.
25:33Nous avons construit
25:34une coalition
25:35autour d'un projet partagé.
25:38Et donc,
25:38la question maintenant,
25:39c'est comment est-ce
25:40qu'on fait pour avancer ?
25:42Nous ne sommes pas
25:43un parti unique
25:43et donc,
25:45il manque quelque chose
25:45malgré tout
25:46de notre histoire.
25:47Ça a été dit
25:47par François à l'instant.
25:49Un cadre pour débattre,
25:50pour avancer démocratiquement,
25:52faire en sorte
25:53que nous puissions
25:54nous rallier
25:55les uns aux autres
25:55et non pas nous soumettre
25:57les uns ou les autres
25:59à l'un ou à l'autre.
26:00C'est très compliqué.
26:02Mais,
26:04de ce point de vue,
26:05retenez-le,
26:06pour ceux qui sont à l'AFI,
26:07nous sommes tous insoumis,
26:09même à l'AFI.
26:10Et donc,
26:11nous avons besoin
26:12de retrouver
26:12des cadres de dialogue,
26:13permanents,
26:14faire en sorte
26:15de faire notre propre inventaire
26:17aussi.
26:18Quand je suis devenu
26:19le patron du PS,
26:20après une défaite
26:21cinglante en 2017,
26:24la première chose
26:24que j'ai faite,
26:25c'est de dire,
26:26puisque nous avons perdu,
26:28alors nous devons
26:28entendre le message
26:29des Françaises
26:30et des Français.
26:30c'est la raison pour laquelle
26:32j'ai appelé
26:32à cette époque-là
26:33au Rassemblement
26:34de la gauche.
26:35C'est cette raison-là
26:35qui m'a conduit aussi
26:36à rentrer dans la nupesse.
26:38Et je le dis maintenant,
26:40même si c'est plus difficile
26:41à entendre aujourd'hui
26:42devant nous toutes et tous,
26:43nous avons réussi
26:45quelque chose de grand
26:46l'an passé.
26:47Nous avons été les premiers
26:48au premier tour,
26:49mais nous n'avons pas gagné.
26:50Alors nous devons aussi admettre
26:52que nous devons faire
26:52notre propre inventaire,
26:54accepter de nous remettre
26:55en question,
26:56pour aller chercher
26:57toutes celles et ceux
26:58que François décrivait
26:59à l'instant,
27:00celles et ceux
27:00qui dans les campagnes,
27:01celles et ceux
27:02qui dans le monde rural
27:03ne croient pas encore en nous,
27:05mais pour qui nous avons vocation
27:07à les représenter.
27:09Et c'est ainsi
27:10que nous avancerons.
27:11Et quand nous aurons avancé,
27:13quand nous aurons révisé
27:14notre projet,
27:15quand nous aurons été
27:16capables de les chercher,
27:17alors nous trouverons
27:18une incarnation commune,
27:19quelqu'un ou qu'une
27:21qui puisse permettre
27:22sur la base d'un projet commun
27:24de nous emmener
27:25à la victoire.
27:26Parce qu'à ce moment-là,
27:27la question ne se posera plus
27:28de savoir si c'est un tel
27:29ou une telle.
27:30Ce sera notre projet.
27:32Et que ce soit un tel
27:33ou une telle,
27:34ce sera notre équipe,
27:36notre projet,
27:37notre vision du monde.
27:38Et c'est comme ça
27:38que nous l'emporterons.
27:39Et j'y crois,
27:40j'y crois dur comme fer,
27:42j'y crois aussi dur
27:43que vous y croyez vous-même.
27:54Est-ce que le micro marche ?
27:55Ça remarche.
27:57Je vais vous poser
27:58la question maintenant
27:59de comment on fait aussi,
28:00pour revenir à cette question
28:01de l'hégémonie culturelle
28:02et ce qu'on s'est dit
28:03sur les propositions sociales,
28:05le programme social de la gauche
28:06qui était validé.
28:08Olivier Faure demandait tout à l'heure
28:10qu'est-ce qui s'est passé
28:10depuis un an ?
28:12En un an,
28:12il y a eu aussi la mobilisation
28:13contre la réforme des retraites.
28:17Une telle mobilisation
28:18était une grande opportunité
28:20pour la gauche
28:20de fédérer tous ceux
28:22qui s'opposent
28:23à la politique libérale de Macron,
28:25de rappeler aussi
28:25que ce que proposait Marine Le Pen
28:28était tout aussi libéral.
28:30Pourtant,
28:31il y a beaucoup de sondages
28:32qui ont montré
28:32que c'est davantage le RN
28:34qui serait sorti,
28:35grandi de cette lutte-là.
28:37Est-ce qu'il y a des leçons
28:38à gauche
28:39à tirer
28:40de cette séquence retraite ?
28:42Yann Brossard.
28:45D'abord,
28:46merci pour la question
28:46qui est redoutable,
28:48mais je voulais dire
28:49trois choses
28:50et notamment répondre
28:51sur un certain nombre
28:52de remarques
28:52qui ont été faites
28:54tout à l'heure.
28:55La première,
28:56Sandrine,
28:57tu parlais des réflexes
28:58partidaires
28:59et je vois ce à quoi
29:01tu fais référence.
29:02Mais je voudrais
29:03juste faire une remarque.
29:05il n'y a pas de fête
29:06de l'humanité
29:07sans les militantes
29:07et les militants
29:08du Parti communiste.
29:11Il n'y a pas
29:13de fête de l'humanité
29:20sans des milliers
29:21et des milliers
29:22de camarades
29:23qui prennent
29:23sur leur jour
29:24de congé
29:24pour monter
29:25les stands
29:25qui sont derrière.
29:30Et bien sûr,
29:34je sais ce qu'on dit
29:35sur les partis politiques.
29:36On dit les partis politiques,
29:38ces sectaires,
29:40ce sont des casernes.
29:41Je vais vous dire,
29:42pour moi qui suis plutôt
29:44un fils de prof,
29:46un fils de la classe moyenne
29:47intellectuelle parisienne,
29:49adhérer au Parti communiste,
29:50c'est ce qui m'a permis
29:50de sortir de mon milieu
29:51d'origine.
29:52C'est ce qui m'a permis
29:53de côtoyer des camarades
29:55venus de tous bords
29:56de la société
29:57avec lesquels
29:58nous menons
29:58des combats communs.
30:00Et moi,
30:00ça a plutôt contribué
30:01à mon émancipation
30:02qu'autre chose
30:03et je pense que ça ferait
30:04beaucoup de bien
30:05à beaucoup de gens
30:05d'adhérer à un parti politique
30:07et de connaître
30:09le même parcours.
30:11Mais vous pouvez siffler
30:13les partis politiques,
30:14autant que vous voulez.
30:17Mais moi,
30:17je ne verse pas
30:18dans la démagogie
30:19et je préfère dire
30:19un certain nombre de choses.
30:21La deuxième,
30:22sur la question de l'unité,
30:24on peut répéter
30:25tous les matins
30:25et je vois bien
30:27que c'est le plus aisé
30:28pour se faire applaudir.
30:29Unité,
30:30unité,
30:30unité.
30:31Il se trouve que
30:32nous avons fait,
30:33il se trouve,
30:35il se trouve que,
30:38bien sûr,
30:38vous pouvez continuer,
30:39allez-y,
30:40je vous vois,
30:40je vous reconnais,
30:41allez-y,
30:41n'hésitez pas.
30:43On a fait l'unité
30:44aux dernières élections législatives.
30:47On a fait l'unité
30:48aux dernières élections législatives.
30:50François l'a dit,
30:51nous avons fait
30:51un score honorable.
30:53Nous n'avons pas pour autant
30:54gagné les élections législatives.
30:56Et non seulement,
30:57nous n'avons pas gagné
30:58les élections législatives,
30:59mais il y a plus de 80 députés RN
31:01qui sont rentrés
31:02à l'Assemblée nationale.
31:03Donc oui,
31:04nous avons un certain nombre
31:05de questions à nous poser.
31:07Oui,
31:07nous devons poser ces questions
31:09tranquillement,
31:10lucidement,
31:11sereinement,
31:12sans qu'en disant
31:13cette réalité-là,
31:15on considère
31:15qu'on veuille casser la baraque.
31:17Donc je le dis,
31:18l'unité est une condition
31:19nécessaire de la victoire.
31:21Elle n'est pas
31:21une condition suffisante.
31:23Parce que la vraie question,
31:26parce que la vraie question,
31:28et je vous remercie
31:29d'avoir porté
31:31cette question
31:32de l'hégémonie culturelle ici,
31:34la vraie question,
31:35c'est celle de l'unité
31:36du monde du travail.
31:38Cette unité
31:39du monde du travail,
31:41c'est ce à quoi
31:41nous devons travailler.
31:43et qu'est-ce qui fait
31:44que quand il y a
31:45un mouvement sur les retraites,
31:47il est soutenu
31:48par trois Français sur quatre
31:49et qu'au moment de voter,
31:51il n'y a qu'un Français sur quatre
31:52qui vote pour la gauche.
31:53C'est précisément
31:54parce que ce monde du travail,
31:56il est aujourd'hui
31:57criblé par des divisions.
31:59Parce que c'est
31:59les salariés du public
32:00contre les salariés du privé.
32:03Parce que c'est
32:03les travailleurs sans papier
32:04contre les travailleurs
32:05avec papier.
32:07Et donc notre boulot à nous,
32:08ça n'est pas d'insister
32:10sur les différences,
32:11c'est d'insister
32:12sur ce qui unit
32:13le monde du travail
32:14en l'unissant
32:15autour de revendications
32:16qui permettent
32:17de rassembler
32:18le monde du travail.
32:19Et il n'y a que comme ça
32:20que nous parviendrons
32:21à gagner.
32:29Sandrine Rousseau,
32:30toujours sur cette question
32:31de la bataille
32:32contre la réforme des retraites
32:33et est-ce qu'il y a
32:34des leçons à tirer
32:35de cette bataille-là ?
32:37Alors oui,
32:38on va parler des retraites.
32:39On va avant parler
32:40des tantes.
32:42Merci aux militants
32:43communistes
32:44qui ont mis les tentes
32:45et qui ont organisé
32:46la fête de l'humanité.
32:55Merci aux militants
32:56et militantes socialistes
32:57qui ont organisé
32:57les journées d'été
32:58des socialistes.
32:59Merci aux militants
33:00et militantes LFI
33:01qui ont organisé
33:02les amphis.
33:02Merci aux militants
33:03et militantes ELV
33:04qui ont organisé
33:05les journées d'été ELV.
33:14maintenant je vais vous dire
33:15quelque chose
33:15c'est que je les ai
33:17toutes faites.
33:18Eh bien les tentes
33:18sont aussi bien plantées
33:20partout
33:20et il n'y a aucun
33:22aucun des partis politiques
33:29qui tout seul
33:30prendra l'hégémonie
33:32sur la gauche
33:33et l'écologie
33:34parce que c'est à cela
33:35que l'on assiste actuellement
33:36c'est l'idée
33:37qu'un parti
33:38sera meilleur
33:39que les autres
33:40et tout
33:41chacun de nos partis
33:43est sûr
33:44qu'il a raison
33:45et que c'est lui
33:46qui va gagner
33:47l'hégémonie culturelle
33:48à gauche.
33:49C'est là
33:49qu'est notre écueil.
33:51Aucun d'entre nous
33:52ne gagnera
33:53séparément des autres.
33:54Par contre
33:55ensemble.
34:05par contre
34:06ensemble
34:07nous pouvons gagner
34:08et nous pouvons même
34:09avoir une fête
34:10de l'humanité
34:12socialiste
34:13écologiste
34:14et insoumise
34:15quatre fois plus grande.
34:21Deuxième remarque
34:25il y a une question
34:27du travail
34:27qui est centrale
34:29parce qu'aujourd'hui
34:30pour près d'un salarié
34:32sur quatre
34:33le travail
34:34ne permet pas
34:34de vivre
34:36mais il y a aussi
34:37une question
34:38de la vie
34:39en dehors
34:40du travail
34:4247%
34:42des salariés
34:43pensent
34:44à démissionner
34:45parce qu'aujourd'hui
34:46le travail
34:46n'a plus le même sens
34:47que ce qu'il a eu
34:48dans le passé
34:49dans nos vies
34:50et que tant
34:50qu'on met le travail
34:51au cœur
34:52de toutes
34:53nos réflexions
34:54alors nous ne pensons
34:55pas à l'écologie
34:56parce que l'écologie
34:58c'est du temps
34:59sans travail
35:00c'est du temps
35:02libéré
35:03de la croissance
35:04et de la production
35:05parce que l'écologie
35:07c'est du bien vivre
35:08c'est de la solidarité
35:10c'est de l'égalité
35:12encore une fois
35:12et que cela
35:18nous n'ouvrirons pas
35:21un horizon
35:22d'espoir
35:22et de désir
35:23en disant aux gens
35:25certes on va améliorer
35:26vos conditions de travail
35:28mais toute votre vie
35:29ne se résumera
35:30qu'à ça
35:31à votre travail
35:32au travail
35:33que vous devrez effectuer
35:34non
35:35il y a autre chose
35:36et l'écologie
35:37nous impose
35:37le pensée
35:50maintenant je vais vous dire
35:53en ruralité
35:54il y a une question
35:55d'emploi
35:56il y a une question
35:57de mobilité
35:57il y a une question
35:58d'isolation
35:59des bâtiments
36:00il y a une question
36:01de bruit
36:01avec les camions
36:02qui passent
36:02sur les nationales
36:03il y a une question
36:04de femmes battues
36:05qui n'arrivent pas
36:06à avoir leurs droits
36:07respectés
36:07parce qu'ils n'arrivent pas
36:08à déposer plainte
36:09en ruralité
36:11il n'y a pas
36:11de service public
36:12on manque
36:13de la moindre
36:15considération
36:16d'un état social
36:18protecteur
36:18et bien quand nous
36:19le faisons en ville
36:20nous le faisons
36:21dans la ruralité
36:22de la même manière
36:23et que c'est cela
36:25qu'il ne faut pas faire
36:26précisément
36:27c'est de séparer
36:28les français
36:28les uns avec les autres
36:29nous pouvons faire société
36:31en nous posant
36:33cette question simple
36:34de quoi avons-nous
36:35absolument besoin
36:37quand la terre
36:37est en train
36:38de s'effondrer
36:39qu'est-ce qu'il nous faut
36:40absolument garder
36:41en campagne
36:42comme en ville
36:43pour les hommes
36:44comme pour les femmes
36:45pour les personnes racisées
36:47comme pour les non racisées
36:48qu'est-ce qu'on garde
36:50d'essentiel
36:51pour vivre
36:52et de quoi
36:53nous nous séparons
36:54et bien par exemple
36:55ce sur quoi
36:56nous allons être d'accord
36:57c'est qu'il nous faut
36:58un plafond de richesse
36:59ce sur quoi
36:59nous allons être d'accord
37:01c'est que pour la bataille
37:02de retraite
37:03tous ensemble
37:03nous avons milité
37:05nous nous sommes battus
37:06comme des diables
37:07à l'Assemblée nationale
37:08pour qu'ils ne réussissent pas
37:12à faire passer leur texte
37:14ils ont été obligés
37:17ils ont été obligés
37:18de passer de 49.3
37:20en article 40
37:21en article 46
37:23ils ont dû étudier
37:24tous les astérix
37:25de la constitution
37:26parce que nous étions là
37:27parce que nous luttions
37:29parce que nous n'avons
37:30rien laissé passer
37:31et parce que la rue
37:32unie
37:33nous enjoignait
37:34de ne rien laisser passer
37:35c'est cela
37:36l'espoir à gauche
37:44et de la lutte
37:46contre la réforme
37:46des retraites
37:47je retiens le fait
37:48que ensemble
37:49nous arrivons
37:50à faire trembler
37:51le pouvoir
37:52et que demain
37:53nous arriverons
37:54à le prendre
37:54je retiens aussi
37:55que lorsque
37:56l'un d'entre nous
37:58quel qu'il soit
37:59décide une stratégie
38:00tout seul
38:01alors c'est tout
38:02le château
38:02qui s'effondre
38:03et que cela
38:04nous devons rester unis
38:05dans toutes les batailles
38:22et que celle qui s'annonce
38:25la plus dure
38:27d'entre toutes
38:28la plus inconnue
38:30d'entre toutes
38:31celle qui éprouvera
38:32notre capacité
38:34à rester ensemble
38:35à faire société
38:36c'est la bataille
38:38climatique
38:38et que là-dessus
38:39nous ne pouvons pas
38:41rire
38:42de ce qui pollue
38:44aujourd'hui
38:45la planète
38:46nous ne pouvons pas
38:47minimiser
38:48les effets
38:49que peuvent avoir
38:49nos pollutions
38:51nos consommations
38:52sur la mise en danger
38:54de chacun
38:55et chacune d'entre nous
38:57non
38:58non Fabien
39:00tu ne gagneras pas
39:01avec un steak
39:02par contre tu gagneras
39:11par contre tu gagneras
39:15parce que ensemble
39:17parce que ensemble
39:26nous aurons compris
39:28que le monde
39:29le monde
39:30sur lequel nous vivons
39:32est en train de basculer
39:34et qu'il n'y a que la gauche
39:36il n'y a que l'écologie
39:37qui en a conscience
39:38et que c'est ensemble
39:40que nous pourrons
39:40sauver les meubles
39:56je vais insister
39:57un petit peu
39:57sur la
39:58je vais revenir
39:59sur la question
39:59de la bataille
40:00de la réforme des retraites
40:01parce qu'il me semble
40:01qu'il y a eu
40:02quand même à ce moment-là
40:03un point important
40:04de notre débat
40:04de comment on convertit
40:06aussi l'hégémonie culturelle
40:07ce qu'on disait
40:08tout à l'heure
40:09pourquoi
40:11cette mobilisation sociale
40:13immense
40:13n'a pas permis
40:15à la gauche
40:16en tout cas
40:17c'est ce qu'on peut voir
40:18dans les sondages
40:18même si c'est pas exactement
40:19la réalité
40:20de faire passer son message
40:22de faire passer ses propositions
40:24est-ce qu'il y a
40:24quelque chose
40:25qui a manqué
40:26François Riffin ?
40:28D'abord
40:28je te trouve
40:29vachement courageux
40:30de poser des questions
40:31auxquelles personne ne répond
40:39donc je vais essayer un peu
40:42malheureusement
40:42ça va être plus analytique
40:44et ça va pas être
40:46que rose
40:49la France
40:50qui sort
40:51qui est la France
40:52de 2022
40:55pardon
40:56la France de l'année dernière
40:59est une France
41:00qui en profondeur
41:02est habitée
41:03par la résignation
41:05si on comprend pas
41:06que
41:06deux années
41:07de crise Covid
41:09derrière la guerre
41:10en Ukraine
41:10la réélection
41:11de Macron
41:12s'est vécue
41:13comme une série
41:13de catastrophes
41:14qui
41:17enlisent
41:18les gens
41:18dans la résignation
41:19si on comprend pas
41:20que notre principal
41:22adversaire
41:22il s'appelle pas Macron
41:23il s'appellerait pas
41:24le Marine Le Pen
41:25il s'appelle
41:25l'indifférent
41:26il s'appelle
41:27le découragement
41:27il s'appelle
41:28l'abattement
41:33et donc
41:34tout en
41:36sortant un petit bouquin
41:37sur les retraites
41:38tout en me disant
41:38peut-être que c'est par là
41:39que ça va pouvoir reprendre
41:40moi je sais
41:41le degré de résignation
41:43dans un coin
41:43comme le mien
41:45et ça veut dire
41:46que partant de là
41:47vous savez là
41:48c'est facile de vous parler
41:49de vous dire
41:49allez on va faire la révolution
41:50vous êtes chaud
41:51vous êtes bouillant
41:51ok
41:52parce qu'on est au coeur
41:53du creuset
41:55quand on sort d'ici
41:56quand on s'éloigne
41:57de Paris c'est pas pareil
41:58il faut l'en tenir compte
42:02et donc
42:04je me dis
42:05peut-être qu'il va quand même
42:06y avoir quelque chose
42:07qui va se passer
42:07malgré ce poids
42:08de la résignation
42:10et ça se passe
42:11et on a
42:121, 2, 3 millions
42:13de personnes
42:14qui 1, 2, 3, 4, 5, 6 fois
42:17vont dans les manifestations
42:18maintenant
42:19je veux qu'on ait un diagnostic
42:21qui soit réaliste
42:22parce que si on n'a pas
42:23un diagnostic
42:24qui est réaliste
42:25on ne parviendra pas
42:26à affronter les obstacles
42:28qui sont devant nous
42:28y compris dans les manifestations
42:31sur les ronds-points
42:32dans lesquels je me trouvais
42:34les gens venaient
42:36encore habiter
42:37par de la résignation
42:39encore en disant
42:40bon on vient
42:41mais il va le faire quand même
42:42il n'y a pas eu
42:44ce moment de déclic
42:45de décrochage
42:46où on s'est dit
42:46on va gagner
42:47on peut gagner
42:50et évidemment
42:51ce qui ne s'est pas produit
42:52parce que la seule manière
42:53de faire plier le pouvoir
42:54c'est qu'à un moment
42:56il y a la grève
42:59qu'il y a des blocages
43:00dans le pays
43:01que les salariés
43:02décident de cesser de produire
43:03ça ne s'est pas produit
43:05je vais continuer
43:06à être analytique
43:08il y a deux options
43:09on dénonce
43:10les directions syndicales
43:11qui n'ont pas voulu
43:12la grève générale
43:12et puis tout ça
43:13je vous le dis franchement
43:14je considère que c'est faux
43:16je considère que c'est
43:17un mauvais diagnostic
43:19je considère que
43:20les directions syndicales
43:21elles ont monté l'écran
43:23comme elles pouvaient les monter
43:24mais que ce n'est pas vrai
43:26qu'elles ont un bouton
43:27sur lequel elles peuvent appuyer
43:28et que derrière
43:30c'est la grève générale
43:35je veux dire
43:36je veux
43:37moi je
43:38j'assiste
43:39par exemple
43:39aux assemblées générales
43:40de cheminots
43:41dans mon coin
43:42j'ai connu les assemblées générales
43:43de cheminots
43:43contre Sarkozy
43:44en 2010
43:45j'ai connu les assemblées générales
43:47contre le pacte ferroviaire
43:49c'était devait être 2017-2018
43:51des centaines de cheminots
43:52qui étaient là
43:53là il y avait 50 gars
43:54les plus syndiqués
43:55les plus mordus
43:56qui votent la recondition
43:57mais ils sont 50
43:59donc ça veut dire
44:00qu'il y a quelque chose
44:02en profondeur
44:03à faire bouger
44:04dans les tripes
44:05de notre peuple
44:06de reprise
44:07de confiance en soi
44:10de
44:10on peut gagner
44:12on peut vaincre
44:13l'indifférence
44:14et c'est notre responsabilité
44:15évidemment
44:16dans la parole
44:17qu'on porte
44:18mais si on parle pas
44:19d'un diagnostic
44:20qui est aussi
44:21un diagnostic psychologique
44:23sur là où se trouve
44:24notre pays
44:24on se trompe
44:26je veux venir maintenant
44:28j'ai répondu un peu
44:29à ta question
44:30et après
44:30sur les conclusions
44:31en tirer
44:32je tire des conclusions
44:33sur les thèmes apportés
44:36pour la suite
44:36je tire des conclusions
44:38sur le ton
44:38avec lequel on le porte
44:39c'est à dire
44:40comment on fait
44:40pour que quand il y a
44:4180% des gens
44:42qui sont d'accord avec nous
44:43en effet derrière
44:45c'est nous qui récoltons les fruits
44:47j'ai déjà fait un certain nombre
44:48de numéros là-dessus
44:49j'ai pas envie de le refaire
44:50je veux répondre à Sandrine
44:53moi je crois au dépassement
44:54dialectique des contradictions
44:56je crois au dépassement
44:57dialectique des contradictions
44:58quand il y a des lieux
44:59où peuvent se poser
45:00les contradictions
45:01je veux dire que
45:03entre la valeur travail
45:05de Roussel
45:05et le droit au repos
45:07de Sandrine
45:08pour moi
45:09il n'y a pas d'opposition
45:10il y a une complémentarité
45:21l'histoire
45:22l'histoire du mouvement ouvrier
45:25est à la fois
45:26la fierté du travail
45:27la fierté
45:29de gagner la vie
45:30à la sueur de son front
45:31oui
45:32c'est une fierté populaire
45:34qui demeure
45:36mais c'est en même temps
45:37l'histoire du mouvement ouvrier
45:38c'est en même temps
45:39le congé maternité
45:41c'est la fin du travail
45:42des enfants
45:43c'est le dimanche chômé
45:44c'est le samedi à l'anglaise
45:45ce sont les congés payés
45:47c'est la retraite
45:48c'est la retraite à 60 ans
45:52notre histoire sociale
45:53l'histoire de notre pays
45:55ce n'est pas l'un ou l'autre
45:58c'est l'un et l'autre
46:02la richesse de ce qu'on doit apporter au pays
46:04c'est pas Rousseau ou Roussel
46:06c'est pas Panneau ou Brossard
46:13la richesse de notre gauche
46:15ça doit être la somme de tout ça
46:19l'union
46:20l'union dont
46:27que vous réclamez
46:29et dont je veux penser que
46:31sur les enchéances majeures
46:33de notre vie démocratique
46:35parce que nous devons être habités
46:37par une gravité
46:38parce que nous ne devons pas considérer
46:40comme une fatalité
46:41que l'extrême droite
46:43comme sur un espèce de toboggan
46:45arrive au pouvoir
46:45parce que dans notre pays
46:47jamais l'extrême droite
46:49n'est arrivée au pouvoir
46:50par les urnes
46:51jamais
46:52et la seule fois
46:54où elle a dirigé le pays
46:55grâce à l'armée allemande
46:57ça n'a pas laissé
46:58des bons souvenirs
46:59bien j'espère que ce sentiment
47:01de gravité
47:02va produire de la responsabilité
47:04et va faire que l'union
47:06que vous réclamez
47:07on sache la trouver
47:09sur des échéances majeures
47:11dans la vie démocratique
47:12de notre pays
47:12je vous dis que
47:15cette union
47:16elle nous est nécessaire
47:18sur le plan électoral
47:20oui
47:21elle nous est nécessaire
47:23sur le plan électoral
47:24il faut que nous soyons
47:25le plus gros bâton
47:26oui
47:27mais
47:29elle nous est nécessaire
47:30aussi
47:31sur des cultures politiques
47:33qui ont apporté
47:33les uns aux autres
47:35qu'on doit avoir
47:37la profonde conviction
47:38qu'en étant ensemble
47:40on s'enrichit
47:41et que
47:42les contradictions apparentes
47:44nous devons les dépasser
47:45je pose
47:47ce que chacun peut apporter
47:48dans ce couple
47:50à cinq
47:51mais
47:52les communistes
47:53demeurent ancrés
47:54dans des terres populaires
47:55où il est bien difficile
47:57pour d'autres
47:57d'y trouver un appui
47:59les insoumis
48:00ont une vision
48:01de l'état
48:02de comment on doit faire un plan
48:04comment ça doit
48:05ça doit venir
48:06vers le bas
48:07je pense que chez les écologistes
48:08il y a plus une culture
48:09de
48:10qu'est-ce que peuvent apporter
48:12les communes
48:12comment on passe
48:13par le monde associatif
48:14comment on passe par le bas
48:15se regarder ce haut
48:17et ce bas
48:17ce n'est pas
48:19une contradiction
48:20c'est une complémentarité
48:22parce que
48:22dans notre histoire sociale
48:24on a réussi
48:25quand on a allié
48:26le haut et le bas
48:28le parti socialiste
48:29dont
48:31Olivier le sait
48:32je pense
48:33avec franchise
48:34qu'il a perdu l'horizon
48:36Jean-Luc Mélenchon
48:37et les insoumis
48:38ont redonné un horizon
48:39à la fois écologique
48:40et social
48:40à la gauche
48:41mais
48:43avec
48:44disons-le
48:45avec franchise
48:45une connaissance
48:47du mécano
48:48une connaissance
48:49du moteur
48:50qui est relativement limitée
48:51et bien le fait
48:53d'avoir
48:53des socialistes
48:55qui ont une histoire
48:56de gouvernement
48:57pour le meilleur
48:58parfois
48:58rarement
48:59en fait
49:03je ne voulais pas
49:03faire de pique
49:04et je ne veux pas
49:04qu'on résume
49:05mon propos
49:05à une pique
49:06mais aussi
49:07ça leur donne
49:08une connexance
49:08de l'appareil d'Etat
49:09ça leur donne
49:10une connaissance
49:11des roues
49:11et des régions
49:12des départements
49:13des communes
49:14si on ne voit pas
49:15que la somme
49:16de tout ça
49:17c'est seulement
49:17par la somme
49:18de tout ça
49:19que nous pourrons
49:20embrasser
49:20le peuple de France
49:22dans sa diversité
49:23et dans sa complexité
49:47le débat passe très vite
49:49donc je vais poser
49:49une dernière question
49:50à Olivier Faure
49:51on a assez peu parlé
49:54finalement d'extrême droite
49:55dans ce débat
49:56et sur ce qu'on disait
49:57tout à l'heure
49:57des propositions sociales
50:00de la gauche
50:01de plus en plus
50:03le RN
50:04est perçu
50:05comme un parti
50:06qui défend
50:07les travailleurs
50:07qui défend
50:08les classes populaires
50:10pas par une majorité
50:11mais de plus en plus
50:12comment est-ce qu'on fait
50:13au-delà de porter
50:13un projet commun
50:14comment on fait
50:15pour combattre
50:16cette arnaque sociale
50:17du RN
50:20alors je reviens
50:20quand même d'un mot
50:21à la première question
50:22qui avait été posée
50:22à laquelle on n'avait
50:23pas tous répondu
50:24et après je répondrai
50:25à la seconde
50:26quand la question
50:28qui est posée
50:28c'est celle
50:28de l'hégémonie culturelle
50:30pour ceux qui n'ont pas
50:32en tête
50:33à quoi fait référence
50:34cette expression
50:34c'est une expression
50:36enfin une notion
50:37qui a été
50:38mise en lumière
50:40par Antonio Gramsci
50:42communiste
50:43italien
50:44et qui avait
50:45oui
50:46dès qu'on dit
50:47communiste italien
50:47ça marche
50:49un communiste italien
50:51qui
50:51a été
50:55un deux
50:57qui a été interné
50:58par les fascistes
51:00et qui a longuement
51:02écrit sur cette question
51:03là
51:03et quand il parle
51:04lui d'hégémonie culturelle
51:06en réalité
51:07il parle non pas
51:08d'une question
51:08de domination
51:09mais d'attractivité
51:10et le paradoxe
51:12du moment
51:12c'est que
51:13cette expression
51:14et cette volonté
51:15a été reprise
51:16par l'extrême droite
51:17qui à son tour
51:19reprend l'idée
51:20de l'hégémonie culturelle
51:22réappropriée
51:23par Marion Maréchal Le Pen
51:24par l'ERN
51:25etc
51:25et qui ont
51:27en tête
51:28aujourd'hui
51:29l'idée
51:30que
51:31la domination
51:33politique
51:34elle est précédée
51:35par une domination
51:36culturelle
51:36et donc
51:37comment est-ce qu'on fait
51:38nous
51:38pour arriver
51:39à se battre ensemble
51:40et faire en sorte
51:41que
51:42avant d'accéder au pouvoir
51:43on puisse créer
51:44les conditions
51:44de cette accession
51:45par une culture commune
51:48et
51:49la difficulté
51:50aujourd'hui
51:51c'est que
51:52parfois
51:52par le spectacle
51:53que nous donnons
51:53nous donnons le sentiment
51:55que nous sommes
51:55très éloignés
51:56les uns des autres
51:57et c'est vrai
51:58que si on tire
51:59sur l'élastique
51:59on peut le faire
52:01on peut tout justifier
52:02on peut toujours dire
52:03qu'on est très différent
52:05de son voisin
52:06mais
52:07ça
52:08on sait
52:08où ça nous mène
52:09ça nous mène
52:10à la victoire
52:11des autres
52:11et on l'a déjà éprouvé
52:13songer qu'en 20 ans
52:14entre 2002 et 2022
52:16à trois reprises
52:18en 20 ans
52:19la gauche
52:20n'était pas présente
52:21au second tour
52:21d'une élection présidentielle
52:22et donc
52:23si nous voulons
52:25conjurer
52:25cette histoire
52:27cette sale histoire
52:28nous n'avons pas
52:29d'autre choix
52:30que d'avancer ensemble
52:31et donc
52:32comment est-ce qu'on fait
52:34maintenant
52:35moi j'ai proposé
52:36il y a déjà
52:36plusieurs mois
52:37que nous mettions
52:38en place
52:39ce que je disais
52:40que j'appelais
52:40une agora
52:41c'est quoi une agora
52:42c'est ce soir
52:43le lieu dans lequel
52:44nous nous trouvons
52:44mais plus largement
52:46pour moi
52:46c'est le lieu
52:46du crash test
52:47c'est l'endroit
52:48où chacun vient
52:49et injecte
52:51ce qu'il croit
52:52ce qu'il pense
52:53être devoir fait
52:55dans les prochaines années
52:56et on accepte
52:57l'idée d'être challengé
52:58c'est pas grave
52:59qu'on ne soit pas d'accord
53:00c'est normal même
53:01qu'on ne soit pas toujours
53:02c'est normal
53:03qu'il y ait des différences
53:04entre nous
53:04autrement
53:05nous sommes déjà
53:05dans le même parti
53:06mais il faut accepter
53:07que cette confrontation
53:08soit cette confrontation
53:09pardon
53:10soit une confrontation
53:12fraternelle
53:13dans laquelle on puisse inviter
53:15y compris des gens
53:16qui ne sont dans aucun
53:17de nos partis politiques
53:18qui sont à l'extérieur
53:21dans le monde syndical
53:22dans le monde associatif
53:24qui sont des simples citoyens
53:25dans le monde intellectuel
53:27dans le monde
53:28des sciences
53:29des arts
53:29et qui viennent nous interroger
53:31sur ce que nous sommes
53:32et sur ce que nous pouvons
53:33porter ensemble
53:34à la condition simplement
53:35qu'ils aient envie
53:36d'accompagner la gauche
53:38et de faire en sorte
53:38qu'elles puissent
53:39en porter demain
53:39et à cette condition-là
53:41si nous arrivons
53:42à repenser ce projet
53:44dans cet agora
53:45à faire en sorte
53:46que nous puissions
53:47au fur et à mesure
53:49éroder
53:49nous éroder
53:50les uns aux autres
53:51alors toutes les questions
53:52que nous nous posons
53:53actuellement
53:53seront très vite
53:56atteints
53:56leur obsolescence
53:57et c'est ça
53:58que j'espère
53:59de toutes mes forces
54:00pourquoi ?
54:00parce que je vois bien
54:01que le chemin
54:02il est tellement compliqué
54:04qu'il peut très vite
54:06partir en arrière
54:06qu'on peut tous retrouver
54:07nos réflexes
54:08dans le temps
54:08le réflexe
54:10le plus habituel
54:11c'est de se dire
54:12que je vaux mieux
54:13que mon voisin
54:14de toute façon
54:15je n'ai pas d'autre moyen
54:16de le réduire
54:17à ma volonté
54:19que de créer
54:20des rapports de force
54:21permanents
54:22qui conditionnent
54:23en fait
54:23ma propre hégémonie
54:25par rapport
54:26à sa propre
54:28faiblesse
54:29si on avance
54:30comme ça
54:30nous n'arriverons pas
54:31à grand chose
54:32parce que
54:33imaginons même
54:34que dans le meilleur des cas
54:36l'un d'entre nous
54:37ou l'une d'entre nous
54:39arrive au premier tour
54:40de l'élection présidentielle
54:41et face
54:4325
54:4326
54:4427
54:45imaginons
54:46il peut espérer
54:47être au deuxième tour
54:48de l'élection présidentielle
54:49mais qu'est-ce qui se passe
54:51il faut encore
54:52qu'il recueille
54:52les voix de tous les autres
54:54qui n'étaient pas avec lui
54:55au premier tour
54:56pour pouvoir aller plus loin
54:57plus haut
54:58et même
54:59faire en sorte
55:00d'aller rassembler
55:01plus largement encore
55:01pour pouvoir faire 51
55:03on peut le faire
55:04simplement
55:05en allant chercher
55:07les voix
55:08de celles et ceux
55:09qui sont plus opposés
55:10non pas à vous
55:11mais à votre concurrent
55:12c'est ce que
55:13Emmanuel Macron
55:13a fait à deux reprises
55:15une fois pour gagner
55:16une majorité absolue
55:17aux législatives
55:18une fois pour simplement
55:19gagner une majorité relative
55:21mais imaginez
55:22que nous parvenions
55:23à voir non seulement
55:24la présidence
55:25de la république
55:26mais même
55:27que nous ayons
55:27une majorité absolue
55:28à l'assemblée
55:29est-ce que pour autant
55:31nous avons créé
55:32les conditions
55:32du changement
55:34est-ce que pour autant
55:35vous pensez que
55:36toutes ces forces
55:37qui sont celles
55:37des puissances
55:38de l'argent
55:40dès qu'elles nous découvriront
55:41avec une majorité
55:42elles considéreront
55:43qu'elles doivent se plier
55:44à nos désirs
55:45qu'elles doivent considérer
55:46qu'elles doivent maintenant
55:48accepter le programme
55:49de la gauche
55:50et de l'écologie
55:51je vous le dis
55:52ils nous résisteront
55:54fortement
55:55puissamment
55:56et la seule façon
55:57de parvenir
55:58à quelque chose
55:59c'est d'arriver
55:59à réunir
56:00non seulement une majorité
56:01dans les urnes
56:02mais une majorité
56:03populaire
56:04dans le pays
56:06sociologique
56:07une majorité
56:08qui a envie
56:09d'avancer avec nous
56:10et ça suppose
56:11qu'on rassemble
56:11très très largement
56:13qu'on ne se limite pas
56:15à la question
56:15des appareils
56:16et qu'on aille chercher
56:17chaque jour
56:18plus loin
56:18le front populaire
56:20auquel tout le monde
56:21se réfère ici
56:22c'était bien sûr
56:23Léon Blum
56:23et pardon François
56:26mais le socialisme
56:27ce n'était pas seulement
56:28François Hollande
56:28ça a été avant lui
56:30les congés payés
56:31les cinq semaines
56:32de congés payés
56:32ça a été aussi
56:34toutes ces réformes
56:35qui ont été
56:36dans le code du travail
56:38tout ce que vous connaissez
56:39aujourd'hui
56:40de ce qui est devenu
56:41l'état Providence
56:42ce sont les socialistes
56:43les communistes
56:44le mouvement social
56:45qui l'ont porté
56:46et donc
56:47le front populaire
56:48ça n'était pas seulement
56:49Léon Blum
56:50c'était aussi
56:51un rapport de force
56:53dans la société française
56:54c'était le front populaire
56:56et la grève générale
56:57c'était ça le front populaire
56:58et c'est comme ça
57:00que nous avons même
57:01pu aller plus loin
57:02à ce moment là
57:03que le programme même
57:04du front populaire
57:05et bien
57:05chers amis
57:06chers camarades
57:07la question
57:08elle est devant nous
57:09maintenant
57:09qu'est-ce qu'on fait
57:10est-ce qu'on considère
57:12que les appareils
57:13les ambitions
57:14reprennent le dessus
57:15sur tout le reste
57:16et que nous aurons
57:17à subir
57:18pendant trois ans encore
57:19cette bataille
57:20qui fera que
57:21Pierre, Paul et Jacques
57:23et je pourrais citer
57:24les prénoms
57:24un par un
57:25de celles et ceux
57:25qui ont déjà lancé
57:27leur propre
57:29leur propre chasuble
57:31ou je ne sais pas
57:31leur propre étendard
57:33dans cette bataille
57:34ou est-ce qu'au contraire
57:36nous saurons
57:37imposer
57:38les uns
57:39et les autres
57:40les uns
57:40avec les autres
57:41un chemin collectif
57:43qui est le seul
57:44oui je dis bien
57:45le seul
57:46qui nous conduise
57:47à la fois
57:48à la victoire
57:49mais d'ailleurs aussi
57:50au changement
57:54merci beaucoup
57:56merci à tous les quatre
57:57c'est la fin de ce débat
57:58et à la fin
57:59c'est nous qu'on va
58:01et à la fin
58:02c'est nous qu'on va
58:05et on s'abonne à la
58:06à l'humain
58:11merci à tous
58:11et on s'abonne-t-c'est
58:14et on s'abonne-t-c'est
58:17merci à tous
58:18et on s'abonne-t-c'est