00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:03Et jusqu'à 19h pour ma compagnie Eric Tegner, bonsoir.
00:06Bonsoir Pierre de Villeneuve.
00:07Directeur de la rédaction de Frontières, bonsoir Alexandre Malafaille.
00:10Bonsoir Pierre de Villeneuve.
00:10Fondateur de l'Institut Sinopia, bonsoir Jean-Christophe Couville.
00:13Bonsoir.
00:13Merci d'être avec nous, vous êtes secrétaire nationale, unité et police aujourd'hui des manifestations très violentes à Rennes,
00:19à Nantes, à Strasbourg, particulièrement à Paris, du côté de la Place de la Nation.
00:25Et pendant ce temps-là, qu'est-ce qu'on entend du côté de M. Mélenchon ?
00:29M. Mélenchon est arrivé près du cortège parisien, il a dit aux jeunes, j'espère que vous n'allez pas
00:34vous faire amocher.
00:35Ça, ça veut dire, évidemment, que c'est un message pour vous, ça c'est un message pour les violences
00:39policières.
00:40Et tandis que M. Lecornu, lui, a défendu la police et vivement critiqué LFI, c'était tout à l'heure
00:44à l'Assemblée Nationale.
00:46Il faut faire taire deux mensonges.
00:48Le premier mensonge, c'est de laisser à penser qu'il y a une intentionnalité et une disproportion volontaire dans
00:55l'usage de la force.
00:56Elle n'est pas volontaire, quels qu'en soient les mensonges de la France insoumise.
01:00Et le deuxième mensonge encore plus grave, étant de sous-entendre que la police de la République et les militaires
01:06de la gendarmerie seraient racistes.
01:08La situation est suffisamment grave pour ne pas avoir besoin d'une classe politique lâche, qui souffre sur les braises,
01:16et qui cherche à attiser les violences pour ensuite mieux les condamner, pour organiser un chaos à des fins électoralistes.
01:25Alors moi, ma question, elle est simple, parce que tout à l'heure, la préfecture de police de Paris a
01:29dit qu'on a dû contenir 300 individus violents et hostiles du côté de la place de la Nation.
01:34Ma question, elle est simple, Jean-Christophe Kouvy, comment est-ce qu'on arrive à faire son travail quand on
01:37est policier aujourd'hui ?
01:40Très compliqué, parce qu'on sait qu'on est scruté, on sait qu'on est épié,
01:42on sait que chaque geste va être décortiqué après et utilisé même contre nous dans les réseaux sociaux pour monter
01:50des fake news aussi.
01:51Et on sait que derrière, effectivement, il y a des officines et des associations et des partis politiques qui en
01:57vivent.
01:58Et justement, qui vivent de ça, c'est leur étendard.
02:01Alors on parlait de M. Mélenchon, il aurait pu aussi avoir un mot pour les policiers.
02:04Il y a 715 policiers et gendarmes blessés depuis le début du mouvement.
02:08On est à 85 personnels de l'éducation nationale blessés.
02:11Ça, ce n'est pas la faute de la police, mais ça, effectivement, il n'en parle pas non plus.
02:16Ce que je constate, c'est que dans la Mélenchonie, on est d'un seul coup Che Guevara
02:22et on incite tout le monde à aller dans la rue et justement mettre le bazar.
02:27Et puis quand on voit que ça va un peu loin, on devient, hop, on se change et on devient
02:31Gandhi ou Mandela.
02:32On essaye de l'être en disant, il faut apposer la paix, faites ça dans toute la paix possible et
02:39pas de violence.
02:40Mais toujours d'un côté.
02:41Nous, en fait, quand on fait face aux lycéens et quand tout se passe bien, tout se passe bien.
02:45Dans les lycéens, on a quand même, nous, nous sommes aussi pères de famille et mères de famille pour les
02:50policières.
02:51On sait très bien qu'en face de nous, on a des jeunes qui leur demandent, et peut-être légitimes,
02:57c'est comment ils l'expriment.
02:58Et quand vous avez des casseurs, quand vous avez des professionnels, justement, de la casse, du désordre...
03:02Qui arrivent, on les voit tout de suite, ils arrivent, ils sont déjà équipés, donc masqués, ils arrivent avec du
03:08matériel,
03:10notamment des cocktails Molotov, des jets d'acide et des mortiers d'artifice.
03:15Et donc, en fait, effectivement, on retrouve les mêmes que l'on retrouve sur des manifestations dites classiques, style 1er
03:20mai, etc.
03:21Voilà, donc dedans, il y a de tout, des antifas, des black blocs, voilà.
03:26Et tout à l'heure, notamment, je ne sais plus si c'est Laurent Nunez ou Sébastien Lecornu qui répondait
03:30à la représentation nationale
03:32et qui disait, nous utilisons des armes intermédiaires, histoire de calmer aussi le jeu des différents courants politiques
03:39pour dire, ben voilà, on a des armes intermédiaires et non pas des armes totalement létales.
03:44Bien sûr.
03:45C'est-à-dire qu'on en est là, vous en êtes à, la place Beauvau et vous-même, vous
03:51les policiers, vous en êtes à vous expliquer des armes que vous utilisez.
03:54On en est là, en fait.
03:55Je rappelle juste qu'en fait, on est un employeur et que l'employeur, il nous donne du matériel à
03:58notre disposition.
04:00Et donc, en fait, la responsabilité, c'est notre employeur, ce n'est pas le personnel qui utilise les moyens
04:04qu'on lui donne.
04:05Il faut savoir que dans la gradation de la force, notamment sur du maintien de l'ordre,
04:10le premier niveau, c'est le tonfa et, j'allais dire, la matraque, entre guillemets, c'est-à-dire que
04:15vous avez fait du corps à corps.
04:17Ça, c'est les premières gradations de la force.
04:19On le fait rarement parce que, justement, un, on n'est pas en Allemagne ni en Angleterre,
04:22malgré qu'on nous dise que là-bas, c'est extraordinaire, les maintiens de l'ordre, on voit des images,
04:26c'est du corps à corps.
04:27Le deuxième niveau, c'est les lanceurs d'eau.
04:29Et d'ailleurs, on le demande, nous, notre syndicat, on se demande pourquoi sur des mouvements comme ça,
04:34où il y a 300 lycéens, enfin, 300, ce n'est pas même pas des lycéens, des casseurs.
04:37Ce n'est pas dangereux, les lanceurs d'eau ?
04:38Ben non, parce que les lanceurs d'eau, ça disparse, ça mouille, ça peut éteindre les feux de poubelle aussi.
04:42Est-ce que ça peut blesser quelqu'un ?
04:44Alors, quand c'est à très forte intensité, mais c'est rarement utilisé, en fait.
04:48Donc, ça va vous renverser, ça va vous mouiller.
04:50Des fois, on peut mettre aussi du gaz lacrymogène dans l'eau.
04:53Donc, en fait, si vous voulez, il y a un mélange.
04:55Donc, du coup, c'est incapacitant et les personnes ne restent pas.
04:59Parce qu'à un moment donné, quand vous êtes mouillé, vous rentrez chez vous.
05:01Ça, c'est le deuxième niveau.
05:01Et après, le troisième niveau, effectivement, c'est les gaz lacrymogènes, les grenades, des encerclements assourdissants, etc.
05:08Et après, le LBD, quand vraiment on est en danger, parce qu'en face de nous, on a des gens
05:12très déterminés qui veulent nous tuer.
05:13Éric Tecner.
05:14Oui, c'est ce que je ne comprends pas.
05:15C'est qu'on a l'impression qu'en fait, la police, elle n'est pas là pour réprimer.
05:19C'est-à-dire que moi, j'aimerais voir des images où, en effet, on voit des canons à eau,
05:23où il y a l'utilisation de la matraque.
05:25Est-ce qu'à un moment, il ne faudrait pas aller plus loin ?
05:28Parce que sinon, évidemment que ça va se reproduire, en fait.
05:31Parce qu'on a l'impression que les policiers, aujourd'hui, c'est des bisounours.
05:34Et qu'en fait, on a beau dire que la police tue, la police, elle ne fait même pas un
05:38peu mal.
05:38C'est-à-dire qu'on n'a aucun problématique, aujourd'hui, à 17 ans, de l'agresser et de
05:43lui lancer des projectiles dessus.
05:44Ça dépend, parce qu'à Saint-Ouil-Aumône, il y a cet enfant de 14 ans, Eden, dont je vous
05:49ai dit, très, très grièvement blessé au visage.
05:52Le policier est mis en examen, placé sur le contrat judiciaire.
05:55Il y a 800 policiers qui sont blessés.
05:56Non, mais j'entends bien.
05:57On parle de policiers qui ont des formations.
05:59J'essaye de ne pas comparer.
06:00Il y a eu 5000 interpellations.
06:01Il y a 5 enquêtes IGPN qui posent un problème, dont celle-là.
06:05Il faut savoir aussi que les policiers travaillent en sous-effectif.
06:08Quand, en fait, on vous demande d'intervenir quand vous êtes CRS ou gendarme mobile,
06:11vous êtes habitué, justement, à des maintiens de l'ordre lourd.
06:14Vous êtes équipé, vous avez des techniques, etc.
06:16Quand on vous demande, dans un commissariat, de vous équiper à la va-vite et souvent à vos frais,
06:21notamment, vous allez chez Decathlon, désolé pour la marque,
06:23mais vous achetez un casque, des protèges tibia,
06:25parce que l'administration n'est pas capable de vous en fournir,
06:27et que vous allez au contact et que vous êtes un véhicule,
06:30donc à 3 fonctionnaires pour essayer d'empêcher des blocus, etc.,
06:35forcément, vous faites avec les moyens du bord.
06:37Et à un moment donné, il y a du personnel qui n'est pas forcément formé à du maintien de
06:41l'ordre
06:41et donc qui est juste aussi, j'allais dire, qui peut subir aussi des violences
06:46et qui se débrouille avec ce qu'ils ont sous les mains.
06:48On a l'impression quand même que depuis quelques années,
06:49il y a un crescendo dans la violence dans la rue, dans la violence des manifestations,
06:53que vous êtes bien sûr en première ligne, mais que ça monte.
06:55Là, on a un Premier ministre qui dit que l'intention de LFI,
06:58je reprends son expression, c'est de bordéliser la vie politique française dans une logique électorale.
07:03On s'approche des élections.
07:05Comment vous entrevoyez ces perspectives électorales 2027 ?
07:09Imaginons une Marine Le Pen au deuxième tour,
07:12voir comment ça se passe dans la rue le lendemain,
07:14comment on fait face à cette société qui est devenue vraiment très éruptive.
07:18Comment vous abordez ça ?
07:19En fait, effectivement, on le sent monter cette violence, on la sent monter.
07:24On sent que, déjà, elle commence par cette jeunesse,
07:27enfin une partie de la jeunesse.
07:29On le voit quand on nous dit, oui, mais ce sont des jeunes en face de vous,
07:32vous ne devez pas faire comme si c'était des adultes.
07:34Ok, je prends acte.
07:35Mais dans notre société aujourd'hui, quand la DZ Mafia fait des contrats sur des personnes,
07:40ils ont 15 ans, les gamins.
07:41Donc, en fait, à 15 ans, on peut aller flinguer quelqu'un,
07:43et à 15 ans, on peut prendre un cocktail Molotov,
07:45on peut prendre des pavés et les lancer sur les policiers.
07:48La vraie question, elle est là.
07:50Sociétalement, comment on répond à ça ?
07:51Qui éduque ces gamins ?
07:52Et comment on en fait, ces gamins-là, des gamins violents et des chers à canon ?
07:56Après, effectivement, on sent que la société est divisée, sclérosée,
08:01on crée des communautés les unes contre les autres,
08:04on monte un petit peu toute cette mayonnaise,
08:06on manipule les cerveaux parce que les jeunes,
08:08vous savez que l'adolescence est bien particulier.
08:10Alors, c'est à Znavour qu'on parle le mieux,
08:11l'adolescence, c'est un bouillonnement.
08:14Voilà, vous êtes contre l'autorité parentale,
08:16parce que les parents, c'est les méchants,
08:18vous êtes contre plein de choses.
08:19Et donc, du coup, on a, j'allais dire, des politiques
08:22qui utilisent justement cette matière
08:25pour les remonter contre la société.
08:27Et moi, ce que je vois aussi, c'est que dans les repas de famille,
08:29c'est de plus en plus compliqué,
08:30parce qu'il y a une partie qui est mélanchonisée,
08:32désolé de le dire,
08:33et en fait, on ne comprend plus nos gamins.
08:34Ça monte, effectivement,
08:36et ça arrive dans les cerveaux de nos gamins.
08:38Merci beaucoup, Jean-Christophe Couvy,
08:40d'avoir été avec nous dans un instant.
08:41David Bavray, investiteur, inséhiste
08:43et auteur de ce livre, Après le chaos.
08:45Après le chaos, ça veut dire qu'on y est déjà.
08:48À tout de suite sur Europe 1.