00:00Pose la question.
00:01Cette semaine, cet asile est pris d'assaut par l'extrême gauche,
00:03qui nous rejoue mai 68, le mélenchonisme tenant lieu de maoïsme et les mortiers de pavés.
00:09Si l'expression lycéenne est légitime, la violence ne l'est jamais
00:13et les blocus ne sont pas des écoles de citoyenneté,
00:15mais des cours de bolchevisme et de violence politique.
00:19Cette violence est intolérable, blessant élèves, personnels éducatifs
00:24et forces de l'ordre en nombre sans précédent.
00:26Et cette violence coûtera des millions d'euros à la France,
00:29contrairement à Mme Binet, nous ne pensons pas que ce soit aux contribuables de payer.
00:33Et c'est pourquoi, avec Éric Ciotti, le groupe UDR propose
00:36que les dégâts soient payés par les casseurs et par leurs familles,
00:39que leurs allocations soient suspendues, tout comme leur accès au parc social.
00:44Car la responsabilisation des familles est nécessaire pour mettre fin à la violence.
00:49A la violence qui se répand dans nos villes,
00:51mais qui est aussi le quotidien de tant d'établissements.
00:54L'indiscipline que nous constatons dans nos rues existe en effet dans nos classes,
00:58et PISA l'a rappelé cruellement la France et le pays d'Europe où l'indiscipline est la plus forte.
01:03Selon l'UNSA, qui sera peu suspect d'être une succursale du Bloc national,
01:0768% des professeurs constatent une augmentation de la violence à l'école.
01:12Cette violence est un facteur majeur de la crise des vocations comme de la baisse du niveau scolaire.
01:18Alors puisque la jeunesse nous demande légitimement de lui garantir un avenir meilleur,
01:21ayons le courage de lui dire qu'elle a aussi besoin d'autorité et que le respect de l'autorité
01:26est une condition de la vie collective.
01:28C'est pourquoi vous auriez dû, monsieur le ministre, conditionner l'ouverture du dialogue à l'arrêt des violences,
01:34puisqu'on ne dialogue pas sous la pression du chaos.
01:36Vous nous jurez aujourd'hui que par la démocratie lycéenne,
01:39mais nos lycées ne sont pas des soviets autogérés.
01:42Et votre démocratie supposée n'est qu'une démagogie.
01:45Nos jeunes ont besoin d'une autorité à l'écoute, mais pour cela, faut-il encore qu'il y ait
01:49une autorité ?
01:50Alors, monsieur le ministre, quand parlerez-vous enfin d'autorité ?
01:54Merci, monsieur le député. La parole est à Édouard Jeffrey, ministre de l'Éducation nationale.
02:03Monsieur le député, quand on écoute les uns les autres depuis tout à l'heure,
02:09paradoxalement, je suis assez conforté dans l'idée qu'il y a une forme d'équilibre qui est le propre
02:12de l'État de droit.
02:14Pardonnez-moi, mais j'y crois depuis le début.
02:16Dans un État de droit, on réagit avec fermeté quand des casseurs s'en prennent à l'institution
02:20et on condamne régulièrement, chaque jour, ce que je n'ai pas vu sur certains bancs,
02:25les violences faites contre des personnels de l'éducation nationale.
02:28Quand on est dans un État de droit, on écoute, on écoute les gens qui s'expriment,
02:35soit sur des blocages, soit dans un cadre de liberté de manifestation.
02:39Et je me réjouis qu'aujourd'hui, justement, ce soit dans un cadre légal, démocratique, organisé et encadré
02:45que ceci ait lieu et on essaie de trouver des solutions.
02:49Les lycéens qui protestent aujourd'hui ne protestent pas, j'allais dire, en l'air ou par hasard.
02:53Ils expriment un certain nombre d'attentes qui sont réelles et profondes.
02:56Ont-ils raison partout ? Surtout, probablement pas.
02:59C'est l'objet même de la discussion des états adultes que de déterminer ce qui est faisable et ce
03:02qui n'est pas,
03:02ce qui est légitime et ce qui n'est pas.
03:04Mais évacuer leurs revendications en considérant que parce que leurs groupuscules sont infil...
03:10Pardon, parce que leurs rassemblements sont infiltrés par des groupuscules,
03:14les revendications seraient légitimes.
03:16Ce n'est pas possible non plus.
03:17Et donc, il n'y a qu'une seule solution, c'est de redonner à tout le monde et à
03:20tout le monde
03:20un cadre démocratique un tant soit peu respectueux.
03:23Parce qu'il se trouve que nous formons des consciences républicaines.
03:25Et donc, je n'ai pas conditionné l'ouverture des discussions avec les lycéens
03:29au fait que des voyous cessent de balancer des mortiers.
03:34Je vais recréer précisément dans l'abri qu'est l'école un cadre républicain et démocratique
03:40où on puisse discuter.
03:41C'est l'objet même de notre institution.
03:43Les voyous seront poursuivis et sanctionnés.
03:45Les lycéens seront par définition écoutés.
03:49Quant à ceux qui portent atteinte aux professeurs et au personnel,
03:52il en sera pour eux comme il a toujours été.
03:54Ils seront poursuivis, ils seront sanctionnés et nos professeurs seront protégés.