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##GENERATION_BERCOFF-2026-10-09##

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News
Transcription
00:0113h-14h, Sud Radio, Génération Bercoff, André Bercoff, Céline Alonso.
00:08Génération Bercoff, l'émission qui vous raconte chaque vendredi sur Sud Radio les grandes transformations du monde et de la
00:14France.
00:14Et ce, depuis 60 ans, André Bercoff, à travers votre regard de journaliste, d'écrivain et de témoin, privilégié.
00:22Et aujourd'hui, c'est des années Giscard dont nous allons parler, celle d'avant l'arrivée de François Mitterrand
00:27au pouvoir en 81, André.
00:29Et oui, on vous parle de la préhistoire, vous me dites, quoi, Giscard d'Estaing ?
00:33Et je me dis qu'il y a quelqu'un de 20 ans qui écoute ça, il me dit, c
00:35'est quoi Giscard d'Estaing ? C'est qui Giscard d'Estaing ?
00:38Ben oui, ça a été le plus jeune président de la République avant Emmanuel Macron.
00:44Vous allez me dire que ça ne nous arrange pas, la jeune, mais si, mais si, mais si.
00:46Il a été un président très intéressant, avec les bons côtés, les mauvais côtés.
00:51Et moi, je me rappelle, effectivement, j'étais journaliste à l'Express quand il a été élu.
00:56On vous racontera tout ça, tout ce qui s'est passé.
00:59Et j'ai écrit un livre qui avait fait, je dois dire, modestement sensation, en 77-78, en plein règne
01:07de Giscard.
01:08On vous racontera tout ça avec Célina Onzeau.
01:11Et oui, cette période capitale de notre histoire politique récente, André Bercoff, qui a bien des égards, il faut le
01:17dire, a été un des tournants de la Vème République.
01:19On va tout vous raconter dans un instant sur Sud Radio, et on aura le plaisir, effectivement, de vous raconter
01:24cette histoire avec l'historien Jean Garrigue, qui est spécialiste de l'histoire politique.
01:30A tout de suite.
01:48J'ai compris dans cette campagne que vous souhaitiez le changement.
01:56Le changement, Céline.
01:58Et oui, c'était le 19 mai 1974.
02:01Valérie Giscard d'Estaing a remporté de justesse l'élection présidentielle face à François Mitterrand,
02:07avec seulement, André Bercoff, 425 000 voix d'écart.
02:11L'écart le plus faible de la Vème République entre deux finalistes du second tour.
02:15Alors vous, André, ce soir-là, il faut le dire, l'incertitude était vraiment totale.
02:20Oui, l'incertitude était plus que totale, on ne savait pas, effectivement.
02:25Vous savez, Mitterrand avait repris le pouvoir et pris le contrôle du Parti Socialiste.
02:29Le PS, c'était plus la SFIO, hein, en 71, donc trois ans plus tôt, il faisait campagne,
02:40et effectivement, il y avait une véritable incertitude, parce que la gauche était vraiment bien montée,
02:49il y avait le programme commun, la gauche avait monté en puissance,
02:53et c'était très, très, très, très, comment on dirait, c'était ric-rac, si je peux me permettre cette
03:02expression.
03:03Et oui, et cette campagne, André Bercoff, souvenons-nous,
03:06elle a été marquée par un débat télévisé qui était inédit pour l'époque,
03:09le tout premier débat de l'entre-deux-tours de la Vème République.
03:13Écoutons un extrait.
03:15Comment est venu, M. Iscardestin, depuis longtemps, où il aurait fallu utiliser cette richesse créée par tous,
03:21afin que le plus grand nombre vive ?
03:24C'est ça, je dirais, c'est presque une question, naturellement, d'intelligence.
03:28C'est aussi une affaire de cœur.
03:30Il n'est pas acceptable qu'il y ait une petite catégorie de privilégiés
03:34qui sont servis par toutes vos lois, en particulier par vos lois fiscales.
03:39D'abord, je vais vous dire quelque chose, je trouve toujours choquant et blessant,
03:44de s'arroger le monopole du cœur.
03:47Vous n'avez pas, M. Mitterrand, le monopole du cœur, vous ne l'avez pas.
03:50Sûrement pas.
03:51J'ai un cœur comme le vôtre, qui bat sa cadence et qui est le mien.
03:55Vous n'avez pas le monopole du cœur.
03:56Et ne parlez pas aux Français de cette façon, si blessante pour les autres.
04:01Eh oui, ce duel historique, André Bercoff, du 10 mai 1974,
04:05a été suivi à l'époque par 25 millions de Français.
04:08Alors, dans ses mémoires, Chirac a raconté que Mitterrand lui avait...
04:12Alors, Giscard, Giscard.
04:13Oui, Giscard avait rapporté que Mitterrand lui avait dit
04:16« Votre phrase m'a déstabilisé, elle m'a coupé le souffle ».
04:19Il faut dire que ce soir-là aussi, Giscard avait aussi lancé cette formule
04:26« Assassine à Mitterrand, vous êtes un homme du passé ».
04:28Ce débat, André Bercoff, a complètement fait basculer l'opinion.
04:32Oui, disons que ce n'est pas une phrase qui fait basculer l'opinion.
04:35À ce propos, je salue l'historien Jean Garry,
04:37que je suis ravi de revoir à cette émission
04:40et qui va nous donner aussi, effectivement,
04:43non seulement son avis, mais son analyse de la question.
04:46Mais c'est vrai que je me rappelle très bien,
04:49à l'époque, je dois dire, je dois être sérieux,
04:51j'étais plutôt côté Mitterrand que côté Giscard.
04:55Et c'était assez...
04:56Il y avait Giscard à la barre, à l'époque, il y avait tous ces slogans.
04:59Et je me rappelle que cette phrase, évidemment, vous savez,
05:02ça c'est très français.
05:03C'est-à-dire qu'on dit, voilà,
05:06vous n'avez pas le monopole du cœur, formidable.
05:09Et d'ailleurs, vous l'avez relevé, Céline,
05:10quand vous avez fait l'enquête,
05:11c'est que sept ans après,
05:14Mitterrand n'aura pas oublié,
05:15et il dit, vous m'avez traité d'homme du passé,
05:19aujourd'hui je peux vous dire, Valéry Giscard d'Estaing,
05:21vous êtes l'homme du passif.
05:23Vous voyez, alors, une phrase,
05:26jamais un coup donné n'abolira le hasard,
05:28jamais une phrase ne changera un scrutin,
05:30mais quand même, ça joue.
05:31Oui, ça joue.
05:32Jean-Garic, bonjour à vous.
05:34Merci d'être avec nous sur Sud Radio.
05:36Alors, vous êtes historien spécialiste de l'histoire politique.
05:40Expliquez-nous en quoi, à l'époque,
05:41la stratégie de campagne de Giscard a-t-elle été payante ?
05:45Mais, fondamentalement, elle est payante,
05:48parce que Giscard a compris ce qui s'était passé en mai 68.
05:51Il a compris qu'il y avait une génération
05:54qui ne voulait plus de la France,
05:57du général de Gaulle et de Georges Pompidou,
05:59qu'il fallait une rupture, il l'a dit, le changement.
06:02Il voulait regarder, dit-il,
06:04quand il se présente la France au fond des yeux.
06:06Il a compris.
06:07Il a compris ce que la France voulait.
06:09Alors, il y avait une autre possibilité de changement,
06:12plus radicale, j'allais dire plus historique,
06:14qui était celle que proposait François Mitterrand.
06:17Mais lui, il a eu la bonne idée de proposer un changement,
06:21disent ses affiches, avec sa fille,
06:23paix et sécurité.
06:25Donc, il s'inscrit comme le candidat du renouveau,
06:28de la jeunesse.
06:29Il se présente avec sa fille Jacinthe,
06:31qui avait 13 ans à l'époque.
06:33On le voit pendant la campagne présidentielle
06:35faire du sport, du football, etc.
06:37On est très loin du général de Gaulle
06:40ou de Georges Pompidou.
06:43Et puis, il a face à lui un candidat
06:46qui était le favori,
06:47qui était Jacques Chavandelmas,
06:49l'héritier du général de Gaulle,
06:51mais qui lui fait une très mauvaise campagne.
06:53Une campagne passéiste,
06:54qui apparaît comme un homme un peu archaïque,
06:56avec une voix un peu naziarde,
06:58qui s'entoure d'André Malraux,
07:00qui était vieillissant.
07:01Bref, la France du passé.
07:03Donc, Giscard, très inspiré,
07:06on pourrait en parler,
07:08mais très inspiré notamment par John Fitzgerald Kennedy,
07:10par les campagnes...
07:11Bien sûr.
07:12De 60, oui.
07:13Vous l'avez rencontré, d'ailleurs,
07:15quand il était ministre,
07:16et très inspiré par ça,
07:18fait une campagne de renouveau,
07:20mais dans une forme aussi de continuité,
07:23qui ne va pas effrayer la France des campagnes
07:27ou la France bourgeoise.
07:29Et cette campagne-là,
07:31qui est menée par un petit groupe,
07:34un petit groupe d'hommes,
07:34une sorte de commando,
07:36va être très efficace.
07:38Il faut y ajouter, malgré tout,
07:40ce qui s'est passé avec ce qu'on a appelé
07:42l'appel des 43,
07:43c'est-à-dire qu'en pleine campagne électorale,
07:46Jacques Chirac,
07:47le jeune loup de la famille gaulliste,
07:50qui aurait dû soutenir de manière cohérente
07:54Jacques Chaband-Elmas,
07:55se détermine en faveur de Valéry Giscard d'Estaing.
08:01Il pense que Chaband-Elmas ne peut pas gagner l'élection.
08:03Ils sont 42 députés et ministres qui suivent Chirac.
08:08Et donc, tout ça donne un peu le coup de grâce
08:11à la campagne de Chaband-Elmas
08:13et permet à Giscard d'être au second tour.
08:15Et oui, mais les raisons de son succès,
08:17effectivement, il a mené la première campagne présidentielle moderne.
08:21Les raisons de son succès aussi,
08:24c'est le programme qui était vraiment très novateur
08:26et très ambitieux pour l'époque, Jean-Garry.
08:30Ah oui, comment ?
08:32Je dirais en droite ligne de ce que je viens de dire.
08:35Ce n'est pas simplement le style qui est moderne,
08:37c'est aussi la volonté d'une rupture sociétale.
08:40Parce que quand on propose comme ça
08:42la majorité à 18 ans,
08:44dans la France des années 70,
08:46ce n'est pas la France des années 2026,
08:49quand vous proposez la reconnaissance
08:53de l'interruption volontaire de grossesse,
08:56quand vous proposez la reconnaissance du divorce,
09:01qui est ici, faisait quand même crier dans cette...
09:03Libéralisation de la contraception, etc.
09:06La contraception, le démantèlement de l'ORTF
09:10pour en faire des médias beaucoup plus libres.
09:13Il y a quelque chose de solide derrière.
09:16Et oui, André Bercoff, il a été vraiment l'un des présidents
09:19les plus réformateurs.
09:20Oui, non seulement réformateurs, mais c'est intéressant
09:23parce que j'ajoute la saisine du Conseil constitutionnel,
09:26le divorce par consentement mutuel.
09:28Oui, oui, vous avez raison.
09:30Il a une...
09:31Mais ce qui est intéressant dans cette histoire,
09:35c'est que, enfin, moi, tel que je l'ai vécu
09:37et qu'un certain nombre a vécu,
09:40vous savez, il y avait deux choses qui ont joué.
09:42C'est qu'il ne faut pas oublier que le 30 mai 68,
09:47lors du grand défilé du million de personnes qui défilaient,
09:50après l'appel du général de Gaulle,
09:52en disant je ne me retirerai pas,
09:54je dissous l'Assemblée nationale, etc.
09:56Je me rappelle, j'étais sur les Champs-Élysées
09:59et on entendait comme slogan
10:00Mitterrand fout le camp, Mitterrand fout le camp.
10:03Mitterrand avait à chaque fois essayé d'être au pouvoir.
10:06Il avait fait trois tentatives déjà,
10:08et puis il avait été retoqué.
10:10Et donc, c'est intéressant,
10:12sur ce qu'on dira après, Mitterrand,
10:14on en reparlera,
10:14les rebondissements,
10:16on l'avait laissé baignant dans son sang,
10:20au rencard,
10:21non pas général,
10:22mais politicien au rencard,
10:24et puis on sait ce qui s'est passé ensuite.
10:26Mais en 1974, André Bercoff,
10:28alors pourquoi, effectivement,
10:29les Français ont eu peur de l'union de la gauche,
10:32des communistes ?
10:33Rappelez-nous le contexte de l'époque,
10:35on était dans un contexte de guerre froide.
10:37Oui, le contexte de guerre froide était en plein...
10:42Mais ce qui est vraiment intéressant aussi,
10:44c'est qu'effectivement,
10:46il y avait ce peuple de gauche
10:48que relançait François Mitterrand avec le PS,
10:51et puis il faut se souvenir,
10:53et Jean Garrigue le sait mieux que personne,
10:55quels étaient les scores du Parti communiste,
10:58quand on peut rappeler à nos éditeurs
11:00combien faisait le Parti communiste en 1974,
11:02il n'est pas loin des 20 à 25% des voix,
11:04et les scores qu'il fait aujourd'hui,
11:06d'ailleurs comme les scores du PS aujourd'hui.
11:08C'est hallucinant de voir en 50 ans
11:10ce qui s'est passé de ce point de vue-là.
11:13Donc, effectivement,
11:14il y avait beaucoup de gens qui disaient
11:15bon, ben voilà, la gauche s'est mis ensemble,
11:19socialiste, communiste,
11:19avec tous les problèmes que ça posait.
11:21Ce n'était pas encore l'union sacrée
11:24comme en 81, et encore.
11:26Donc, il y avait ceci.
11:28Et vraiment, on pensait que ça allait passer,
11:30et encore une fois, vous l'avez dit,
11:32ça s'est joué à 400 000 voix.
11:33Donc, effectivement, ça a été pour ce qu'on appelle
11:36le peuple de gauche de l'époque,
11:38ça a été une immense déception,
11:41mais ça a suivi son cours.
11:42Et c'est vrai que Giscard a fait une politique
11:45de modernisation, en tout cas sociétale,
11:48extrêmement fort.
11:49Sur le plan économique, on en reparlera,
11:51c'était plus compliqué.
11:52Et sur le plan immigrationniste,
11:54c'était aussi plus compliqué
11:56avec le regroupement familial.
11:57Oui, effectivement, on lui doit cette réforme
12:00qui, il y a 50 ans après,
12:02fait toujours polémique.
12:02André Bercoff, il l'a mise en place,
12:04effectivement, le 29 avril 1976.
12:08Absolument.
12:08Et c'était avec Giscard.
12:10Justement, j'aimerais avoir l'avis
12:12de Jean-Garic là-dessus,
12:13parce que c'était, effectivement,
12:15à l'époque, qui parlait,
12:17à part, effectivement, Jean Raspail,
12:20dans le camp des saints,
12:20avec son roman,
12:22effectivement, sur l'invasion,
12:23entre guillemets,
12:24et qui lui avait valu beaucoup de réactions
12:26assez fortes.
12:28L'immigration n'était pas le problème principal,
12:31loin s'en faut.
12:32Et surtout, Giscard,
12:36il y a eu quelque chose là-dessus,
12:37avec ton patronat,
12:39on a besoin de main-d'oeuvre,
12:41Chirac était encore Premier ministre.
12:43Mais justement,
12:44quel rôle a joué le regroupement familial
12:46à Jean-Garic,
12:47dans ce qui s'est passé ensuite ?
12:50En fait, c'était un moment de bascule.
12:53Le regroupement familial,
12:54il correspond à une époque
12:56qui était en train de se terminer.
12:57C'est-à-dire la période
12:58où on avait eu besoin,
13:00massivement,
13:01de main-d'oeuvre venues,
13:02notamment,
13:03d'Afrique du Nord
13:04et d'Afrique subsaharienne,
13:06surtout Afrique du Nord.
13:07Et bien,
13:08ce qui se passe,
13:09c'est qu'il y a la crise,
13:10la crise à partir de 1973,
13:12la crise du pétrole,
13:14la crise énergétique,
13:15la crise économique et sociale,
13:17énorme,
13:17dont on n'a pas idée
13:18des conséquences à l'époque,
13:20et qui va être redoublée
13:22en 1979.
13:24Donc,
13:24ce qui apparaissait
13:25comme une mesure,
13:26je dirais,
13:27à la fois humaniste
13:28et presque cohérente,
13:30favorisé sur le regroupement familial,
13:33devient très rapidement
13:34une charge,
13:36devient,
13:37de manière objective,
13:39quelque chose
13:39qui entravait
13:40la croissance.
13:42Et d'ailleurs,
13:43un an et demi après,
13:46lorsque Raymond Barr
13:47est Premier ministre,
13:49on annule,
13:50on supprime
13:51le regroupement familial,
13:52on suspend
13:53le regroupement familial
13:54parce qu'on s'aperçoit
13:55que ça n'est plus possible.
13:57mais ça a été retoqué,
13:59ce décret a été annulé.
14:00Par le Conseil d'État.
14:01Oui,
14:02un an après,
14:03oui.
14:03Tout à fait.
14:06Non,
14:06mais c'est vrai
14:08que c'est très intéressant
14:08en réalité
14:09parce qu'on s'aperçoit
14:11qu'à ce moment-là,
14:12nos élites politiques,
14:14y compris
14:15ceux qui étaient au pouvoir,
14:16à Giscard,
14:17ils n'ont pas pris la mesure
14:20du danger
14:21qu'il pouvait y avoir
14:22à une immigration massive
14:24et notamment
14:25une immigration
14:26qui ne devenait plus
14:28une immigration du travail,
14:30une immigration
14:30de quotas de travail
14:32qui devenait une immigration
14:33de peuplement.
14:34Exactement.
14:36Oui.
14:36Il faut rappeler,
14:37important de le rappeler aussi,
14:38ce que l'on doit à Giscard,
14:39c'est que
14:40c'est la construction,
14:42en quelque sorte,
14:43le début de la construction
14:44européenne,
14:45André Bercoff,
14:45il a été l'un des artisans.
14:47Il a été l'un des artisans.
14:48Il faut quand même
14:50rendre à Pompidou
14:52et à De Gaulle
14:53ce qu'ils avaient commencé,
14:55mais c'est vrai
14:55que Giscard est allé
14:57beaucoup plus loin.
14:59C'est Mitterrand
14:59qui a parachevé la chose,
15:01mais Giscard est allé
15:02beaucoup plus loin là-dessus.
15:03À ce propos,
15:04Jean Garrigue,
15:04quel est l'héritage
15:05européen,
15:06effectivement,
15:06et monétaire
15:07que l'on doit
15:08à Giscard aujourd'hui ?
15:11D'abord,
15:12il y a ce couple
15:14franco-hellement
15:14avec Helmut Schmidt
15:17qui a été
15:17très emblématique
15:19de cette politique
15:20européenne
15:21de Giscard,
15:22même si,
15:23comme l'a rappelé
15:23André Bercoff,
15:24le traité de l'Elysée,
15:26c'est De Gaulle
15:271963
15:27qui invite
15:29à Denauer.
15:30Donc,
15:30ça commence quand même
15:31avec De Gaulle,
15:32mine de rien,
15:32cette construction
15:34européenne.
15:35Et,
15:36en tout cas,
15:37Giscard,
15:38lui,
15:39effectivement,
15:40passionné
15:40par les questions
15:41économiques,
15:42monétaires,
15:43etc.,
15:43lance ce fameux
15:44système monétaire
15:45européen
15:46qui a eu ses vertus
15:47parce qu'il a permis
15:48d'éviter des crises
15:49financières,
15:50des crises monétaires
15:51à plusieurs reprises.
15:53Il lance le Conseil
15:55européen,
15:55enfin,
15:56il est vraiment
15:57un européiste
15:59convaincu
16:00et ce qui est intéressant,
16:01c'est qu'il est
16:02main dans la main
16:03avec quelqu'un
16:04qui vient d'un autre
16:05camp politique
16:05qui est Helmut Schmidt
16:06qui est un social-démocrate
16:07allemand
16:08et donc,
16:08il y a une sorte
16:09de convergence
16:10qui donne un élan
16:13à la construction
16:14européenne
16:15mais comme l'a dit
16:15André aussi,
16:17ce sera poursuivi
16:18ensuite par Mitterrand,
16:19la fameuse poignée
16:20de main
16:21de 1944,
16:22main dans la main
16:23avec Helmut Kohl.
16:25Et,
16:25Jean-Garry,
16:26je rappelle quelque chose
16:27justement par rapport
16:28à ça,
16:29quand on y pense,
16:29évidemment,
16:30à l'époque,
16:30très sincèrement,
16:31personne,
16:32mais qu'il faut rappeler
16:34aux gens,
16:34on l'a rappelé
16:35suffisamment partout,
16:36que le dernier budget
16:38en équilibre
16:39était en 1974,
16:40le dernier,
16:42après ça,
16:42ça a été,
16:43je ne dirais pas
16:44la chute finale,
16:45on connaît
16:45l'étendue de la dette
16:47aujourd'hui en 2026,
16:48on est à 3 500 milliards d'euros,
16:52on en était vraiment
16:53très très très loin,
16:55il faut voir aussi
16:55cette période-là,
16:57on vivait dans l'euphorie,
16:58Jean-Garry Gladie,
16:59c'était la fin
17:00des Trente Glorieuses,
17:01on était encore,
17:02tout allait bien,
17:03le chômage,
17:04la croissance,
17:05enfin,
17:05tout était encore,
17:06il y a eu la guerre
17:07du Kipour,
17:07bien sûr,
17:08tout allait pour le mieux
17:10dans la meilleure des mondes,
17:11et c'est après
17:11que les lendemains
17:12on commençait à déchanter.
17:13Mais André Bercoff,
17:14en 1974,
17:16donc la gauche
17:17a perdu les urnes,
17:18mais elle a quand même
17:19gagné un certain combat,
17:20à savoir le combat culturel,
17:23l'impact de mai 68
17:25dans les années 70
17:26n'a pas été négligeable
17:27sur la société française.
17:29Loin de là,
17:29les années 70
17:30ont été effectivement
17:32sur un plan sociétal
17:33et culturel,
17:33vous savez,
17:34ça a commencé en 1945,
17:35ça on pourrait monter,
17:36on pourrait faire une émission
17:37là-dessus,
17:38on en a fait des,
17:38c'était,
17:39écoutez,
17:40depuis 1945,
17:41la gauche avait effectivement
17:43une mainmise culturelle
17:45très forte
17:45que ce Sartre,
17:46rappelez-vous la phrase célèbre,
17:48il voulait avoir tort
17:49avec Sartre
17:50que raison avec Raymond Aron.
17:52Donc,
17:52c'était ça déjà
17:54et ça n'a fait effectivement
17:55qu'augmenter depuis.
17:57Oui,
17:58en tout cas,
17:58l'approche des élections législatives
18:01de 78,
18:02tout le monde connaît
18:03donner la gauche gagnante
18:05et penser effectivement
18:06que la première cohabitation
18:07de la Vème République
18:08aurait lieu.
18:09Cela vous a inspiré,
18:11André Bercoff,
18:11un livre de politique fiction
18:13dans lequel,
18:13eh bien,
18:14vous avez imaginé
18:15le premier gouvernement
18:16de l'Union de la gauche.
18:17Quels sont les dessous
18:19de ce best-seller
18:20que vous avez publié
18:22sous ce 2 ?
18:23Eh bien,
18:23vous allez tout nous raconter
18:24dans un instant
18:25sur Sud Radio.
18:27Génération Bercoff,
18:28André Bercoff,
18:29Céline Alonso.
18:31Alors,
18:32André Bercoff,
18:33en août 77,
18:34plus d'un an avant
18:34les élections législatives
18:36de mars 78,
18:37eh bien,
18:38vous avez publié
18:39chez Belfont
18:39Les 180 jours de Mitterrand,
18:41un livre de politique fiction
18:43dans lequel,
18:43vous racontez
18:44l'histoire du premier gouvernement
18:46donc de l'Union de la gauche
18:47du 3 avril
18:48au 2 octobre 78.
18:51Quelle est la jeunesse
18:52de ce livre ?
18:53Il faut que je raconte ça
18:54parce que c'était vraiment
18:55très très significatif
18:57de ce qui se passait
18:57en France.
18:59En deux mots,
19:00effectivement,
19:00mon éditeur Pierre Belfont,
19:01paix à son âme,
19:04me dit,
19:04écoute,
19:05j'ai une idée,
19:06vraiment j'ai une idée,
19:07comme ça,
19:08je lui dis,
19:08mais c'est quoi ton idée ?
19:09Il dit,
19:10les 180 jours de Mitterrand.
19:11Je lui dis,
19:12c'est quoi ?
19:12Ça veut dire quoi,
19:13les 180 jours de Mitterrand ?
19:14Il veut dire,
19:15les 6 mois de Mitterrand
19:16au pouvoir.
19:17Et là,
19:18on en parle,
19:19et il me dit,
19:19voilà,
19:19c'est très simple,
19:20effectivement,
19:21on pensait,
19:22et les sondages le donnaient,
19:23tout ça,
19:23que la gauche allait gagner
19:25aux législatives de 1978.
19:28Élection de législative
19:29en 1918,
19:30en plein septennat,
19:32Giscard.
19:33Je rappelle que Chirac
19:35avait quitté,
19:35de façon fracassante,
19:37son poste de Premier ministre
19:38en 1976,
19:40et que donc pensait,
19:42voilà,
19:42que la gauche allait gagner,
19:44la droite a été divisée,
19:45etc.
19:46Et on s'est dit,
19:48au fond,
19:49quel serait
19:50le gouvernement Mitterrand
19:53sous Giscard ?
19:54Parce que Giscard avait dit,
19:55de façon très claire,
19:56la cohabitation,
19:57il n'y a aucun problème,
19:58moi je suis prêt à la cohabitation.
20:00De Gaulle,
20:00évidemment,
20:01serait parti,
20:01Pompidou,
20:02on ne sait pas,
20:03mais De Gaulle serait parti
20:04s'il avait une majorité,
20:05y compris législative,
20:07qui aurait été,
20:08qui se serait fait contre lui.
20:09Et voilà,
20:10donc,
20:11on raconte.
20:12Et je me mets au travail,
20:13et on se dit,
20:14voilà,
20:14et on raconte,
20:15évidemment,
20:15on invente.
20:16Ça s'appelle
20:17la politique fiction,
20:18c'est-à-dire qu'on raconte,
20:20je l'ai écrit,
20:21je me rappelle très bien,
20:21en été 77,
20:23et on racontait
20:24ce qui allait se passer,
20:25donc,
20:26entre mars et octobre 1978,
20:29les six mois
20:30de François Mitterrand,
20:31non pas à l'Elysée,
20:32mais à Matignon.
20:34Et oui,
20:34alors dans votre scénario,
20:35André Bercoff,
20:36la gauche gagne
20:37les législatives
20:38avec près de 55%
20:39des voix,
20:40donc Giscard reste président,
20:42et il nomme
20:43par dépit,
20:44il faut le dire.
20:45il n'a pas le choix,
20:46il n'a pas le choix,
20:46il est obligé,
20:47non,
20:47parce que par dépit...
20:48Il a hésité,
20:49vous le dites,
20:49entre lui et Luchère,
20:51à l'époque.
20:51Oui,
20:51ça s'est inventé.
20:52De toute façon,
20:54si la gauche gagnait 55 de voix,
20:57ça lui faisait une majorité absolue,
20:59en tout cas,
20:59très grande à l'Assemblée,
21:01et Giscard ne pouvait
21:02que demander à Mitterrand
21:05de devenir Premier ministre.
21:07Et je rappelle que
21:08c'est le Premier ministre,
21:09c'est le gouvernement
21:09qui détermine et conduit
21:11la politique de la nation,
21:12pas oublié.
21:13Et oui,
21:13alors justement,
21:14ce gouvernement imaginaire,
21:16qui avez-vous mis,
21:18effectivement,
21:18quels étaient les ministres,
21:19alors ?
21:20Ben écoutez,
21:20très sincèrement,
21:22Pierre Moroy,
21:23bien sûr,
21:24je crois qu'il était au travail,
21:26Mitterrand,
21:27évidemment,
21:28président du Conseil,
21:29enfin Premier ministre,
21:31Badinter à la justice,
21:33ben il y avait tous les,
21:35tous les,
21:35tous les hiérarches,
21:36les classiques du Parti Socialiste,
21:38et je dois dire,
21:39à ma grande fierté,
21:40quand Mitterrand
21:42est devenu président de la République,
21:43donc quatre ans plus tard,
21:45quatre ans plus tard,
21:45en 81,
21:48son premier,
21:50son premier gouvernement,
21:52je vous dis,
21:53on peut vérifier,
21:54d'ailleurs,
21:54ce livre peut se trouver,
21:56sur Amazon,
21:56je pense,
21:58la moitié des ministres de Mitterrand
22:01étaient au poste
22:02que je leur avais assigné,
22:04en 77.
22:05Je n'y suis pour rien,
22:06mais ça s'est passé comme ça.
22:08Vous aviez mis,
22:09effectivement,
22:09Jacques Langre,
22:10ministre de la Culture,
22:12Charles Lernuy,
22:13donc à la Défense,
22:13et Badinter,
22:14donc vous l'avez dit,
22:14à la justice,
22:16comment avez-vous eu l'idée,
22:17justement,
22:18de mettre Jacques Langre
22:19à la justice ?
22:21Allez,
22:21j'ai fait son ministère,
22:22non,
22:22j'exagère.
22:23Vous avez fait sa fortune,
22:24en tout cas.
22:24c'est qu'en tout cas,
22:26je ne sais pas si Mitterrand
22:27s'est décidé.
22:28À l'époque,
22:28Jacques Langre était à Chaillot,
22:30il était connu comme un formidable animateur de théâtre,
22:33etc.,
22:34un formidable,
22:35vraiment ingénieur de spectacle,
22:38au très bon sens du terme,
22:39il avait été à Nancy,
22:40d'abord,
22:41et puis à Chaillot,
22:42etc.,
22:42et il était très proche de Mitterrand,
22:44dont il organisait des conférences,
22:47enfin,
22:47c'est un nombre de conférences culturelles,
22:49tout ce qui était culture.
22:50Et je me rappelle que Pierre Belfond
22:52me disait,
22:53oui,
22:53on va mettre Jacques Ralid,
22:54j'ai dit,
22:55oui,
22:55mais mettons Jacques Langre,
22:57c'est quand même,
22:57c'est peut-être plus jeune,
22:59c'est sûrement plus jeune,
23:00et puis,
23:00il est très très proche de Mitterrand.
23:03Et c'est un fait que Mitterrand,
23:06l'anomine de la culture,
23:07et personne,
23:08en tout cas en 77,
23:09je me rappelle très bien que tout le monde,
23:11après,
23:12quand on a su qui j'étais,
23:13parce qu'on va parler des pseudonymes,
23:14on m'avait dit,
23:15mais Jacques Langre,
23:16ça n'a pas de sens,
23:17ça n'a rien à dire,
23:18et bien,
23:18on ne s'était pas tellement trompé.
23:20Et oui,
23:21alors Bain d'Inter en 77,
23:23il faut le rappeler,
23:23à l'époque,
23:24c'était déjà un très grand avocat,
23:26et très grand ami de Mitterrand,
23:28et très grand avocat,
23:29absolument.
23:29Et cette année-là,
23:30alors c'est peut-être
23:30ce qui vous a inspiré sa nomination,
23:32il avait sauvé de la peine de mort,
23:34Patrick Henry.
23:35Tout à fait,
23:35il était déjà contre la peine de mort,
23:37évidemment,
23:38lui en tant qu'avocat,
23:39et c'est lui qui a fait,
23:41qui a incité,
23:42amener Mitterrand,
23:43à cette loi sur l'abolition
23:45de la peine de mort,
23:46en France,
23:47en 81.
23:47Oui,
23:48alors justement,
23:49pourquoi vous avez publié,
23:50effectivement,
23:50ce livre sous pseudonyme,
23:52et surtout,
23:52pourquoi vous avez choisi
23:53ce pseudonyme,
23:54Philippe de Comines,
23:56qui était l'historien de Louis XI ?
23:58Oui,
23:58alors écoutez,
23:58c'est très simple,
23:59on avait le choix,
24:01il y avait trois grands historiens,
24:02parce qu'il fallait un pseudonyme
24:04qui donne un peu ça.
24:06Je me disais,
24:07le pseudonyme,
24:07vous savez,
24:08parce que je l'ai utilisé,
24:09on en reparlera dans les prochaines émissions,
24:10avec Caton en 83,
24:12le pseudonyme,
24:13c'est l'art du mentir vrai,
24:14quand on a envie
24:15que les gens fantasment en disant,
24:17mais qui c'est qui a écrit ce bouquin,
24:19parce qu'il y a des tas de choses étonnantes,
24:21eh bien,
24:22c'est vrai que,
24:23je me rappelle très très très bien,
24:26que ça avait suscité un engouement total,
24:29et j'avais le choix entre Froissart,
24:31Jouinville et Comines,
24:32les trois grands historiens,
24:34de l'époque,
24:35du Moyen-Âge,
24:36de la Renaissance,
24:37etc.
24:37C'est-à-dire,
24:37c'est votre éditeur
24:38qui vous avait effectivement fait
24:39une proposition de choix,
24:41ou vous n'étiez pas décideur ?
24:42ça ne va pas,
24:43parce qu'il y a André Froissart,
24:44qui à l'époque était un écrivain connu,
24:47Jouinville,
24:47bon,
24:48et puis voilà,
24:49Comines,
24:49et je dis,
24:49allez,
24:50Philippe de Comines,
24:51et c'est comme ça qu'on a choisi le...
24:54Et alors,
24:54c'est là où il faut raconter
24:55ce qui s'est passé.
24:56Alors,
24:56moi,
24:56j'aimerais savoir ce secret,
24:57on va revenir effectivement en détail
24:59sur le contenu du livre,
25:00mais avant,
25:00dites-nous,
25:01le secret a tenu longtemps,
25:03ou pas ?
25:04Il n'a pas tenu longtemps,
25:05pour une raison très simple,
25:06il faut raconter l'histoire,
25:08et vous l'avez dit,
25:09je crois,
25:10vous avez parlé,
25:11Céline,
25:11quand on préparait l'émission,
25:12de ceux qui rêvaient
25:13de la victoire de la gauche,
25:14et ceux qui cauchemardaient
25:16à l'idée que la gauche
25:18arrivait au pouvoir,
25:19il faut se rappeler ça,
25:21c'était...
25:21Il y avait quelques...
25:22D'ailleurs,
25:22qu'on a connu en 81,
25:23pour d'autres raisons,
25:24mais vraiment,
25:25il y avait un...
25:26La gauche allait passer,
25:27et pour une certaine partie
25:28de la droite,
25:29c'était le cauchemar,
25:30ils allaient tout nationaliser,
25:31ils allaient tout prendre,
25:33les riches,
25:33déjà,
25:34il y avait une évasion fiscale
25:37qui commençait très fortement,
25:38et en revanche,
25:39le peuple de gauche,
25:40le peuple de gauche,
25:41évidemment,
25:42attendait ça de ses voeux.
25:43Ce qui fait que,
25:44vous le rappelez,
25:45le livre est paru fin août 1977,
25:51et je me rappelle,
25:52c'était incroyable,
25:53parce qu'on regardait ça
25:54avec Pierre Belfont,
25:55avec l'éditeur,
25:56on en vendait 8000 par jour,
25:58pendant un mois,
25:59on en a vendu
26:00près de 100 000 exemplaires
26:02en un mois,
26:03c'était la folie,
26:05vraiment,
26:05et pourtant,
26:06on ne savait pas,
26:06je ne passais ni à la radio,
26:08ni à la télévision,
26:09ni rien du tout,
26:10puisque j'étais sous pseudonyme.
26:11Ça a été le rush,
26:13tout le monde se demandait
26:13qui c'était,
26:14je vous dis,
26:15on en vendait
26:178000 exemplaires par jour.
26:18Et à partir du moment
26:19où il y a eu la rupture
26:20du programme commun
26:22en septembre 1977,
26:23qu'est-ce qui s'est passé ?
26:24Est-ce que ça a eu un impact
26:25sur les ventes ?
26:26Non, mais c'est là
26:27où on voit les trucs.
26:28Donc, un mois plus tard,
26:30effectivement,
26:30c'était, je rappelle,
26:31Georges Marché
26:31pour le Parti Communiste,
26:33François Mitterrand
26:34pour le Parti Soitiste
26:35et Robert Fabre
26:36pour les radicaux de gauche.
26:38C'était ça
26:38qui a formé
26:39l'alliance de la gauche
26:41qui devait triompher
26:42aux législatives.
26:44Eh bien,
26:45patatrasse,
26:46dispute très forte,
26:48Robert Fabre
26:48ne comptait pas beaucoup,
26:50mais entre Marché
26:51et Mitterrand,
26:52ça ne va plus du tout.
26:53D'ailleurs,
26:53Mitterrand avait eu
26:54cette phrase morvidable,
26:55il disait,
26:57je sais que
26:58qui aime bien
26:58châtie bien,
27:00mais Mitterrand
27:01m'aime trop.
27:02Mais, pardon,
27:03mais Georges Marché
27:03m'aime trop.
27:04Donc, c'était une rupture.
27:06Et alors là,
27:06c'est très intéressant
27:08parce qu'on a vu
27:09les ventes du livre
27:10s'effondrer,
27:11mais vraiment
27:12en trois jours
27:13parce que
27:14le rêve
27:16du programme commun
27:17pour les uns
27:17et le cauchemar
27:19du programme commun
27:19pour les autres
27:20étaient en train
27:21de s'effondrer.
27:21Donc,
27:22la droite était rassurée,
27:24la gauche disait,
27:25ben, tant pis.
27:26Et donc,
27:27le bouquin n'avait plus
27:28du tout
27:28cette espèce
27:29d'auberge espagnole
27:30du fantasme
27:32qu'il représentait alors.
27:34Eh oui,
27:35parce que vos 180 jours
27:36de Mitterrand
27:37finissent dans un chaos
27:38le plus total.
27:39Dissolution de l'Assemblée,
27:41démission de Mitterrand.
27:42Mais vous,
27:43effectivement,
27:44en écrivant ce livre,
27:47c'était quoi
27:48votre ambition ?
27:49Démontrer que la gauche
27:50à l'époque
27:50était incapable
27:51de gouverner ?
27:52Non, non,
27:52c'était vraiment
27:53un exercice.
27:54Non, non,
27:54on ne dit pas
27:55que la gauche
27:55était incapable
27:56de gouverner.
27:57C'est intéressant,
27:58j'ai eu avec moi,
27:58je dois dire,
27:59quelqu'un qui m'a
27:59beaucoup aidé,
28:00c'est Jacques Nishabridon,
28:02qui était journaliste
28:03au Figaro
28:04pendant très très longtemps
28:05et elle m'a donné
28:06beaucoup beaucoup
28:07de détails sur...
28:09Vous savez,
28:09moi je ne fréquentais
28:10pas tellement
28:11les politiques,
28:12j'en connaissais,
28:12mais vraiment très très peu,
28:14c'était pas...
28:14C'était pas ma tasse
28:16de thé,
28:17que ce soit de droite
28:18ou de gauche.
28:19Mais j'ai eu comme ça
28:20et puis d'autres personnes
28:21qui m'ont donné
28:22un certain nombre
28:22de détails
28:23et en fait,
28:24on s'est amusé,
28:25on l'a inventé.
28:26Vous savez,
28:26je l'ai écrit ce livre
28:27en dix jours.
28:29Je l'ai écrit en dix jours,
28:30vraiment...
28:31Dix jours,
28:31mais c'est un record,
28:32je l'ai écrit en dix jours,
28:34je me rappelle,
28:34on était pris par le temps,
28:36il fallait que ça sorte
28:37en fin août 77,
28:39mais c'était extraordinaire
28:41de voir comment
28:42les gens réagissaient,
28:44vraiment.
28:44C'était un miroir,
28:45si vous voulez,
28:46comme disait Cocteau,
28:47c'était un miroir
28:48qui réfléchit.
28:49Et vraiment,
28:51qu'est-ce qu'on s'amusait
28:52de voir un peu
28:53les réactions
28:54pendant un mois,
28:55un mois et demi là-dessus.
28:56Et après,
28:56bon,
28:56voilà,
28:57c'est retombé.
28:58Et je suis...
28:59Alors,
28:59comment je me suis fait connaître ?
29:00Oui,
29:00c'est ça,
29:01effectivement.
29:01Comment vous êtes sorti
29:02de l'ombre,
29:02André ?
29:03Dites-moi.
29:03Un certain Bernard Pivot,
29:04qui avait l'émission
29:05Apostrophe à l'époque,
29:07a demandé à l'éditeur,
29:08mais on aimerait avoir
29:09Philippe de Comines.
29:10Et quand il a vu que,
29:12bon,
29:12il fallait sortir,
29:14puisque de toute façon,
29:14les ventes,
29:15c'était plus la même chose,
29:16si vous voulez,
29:17le mystère n'était plus
29:19du tout le même.
29:20Donc,
29:20je suis sorti,
29:22j'ai été à Apostrophe
29:24à l'émission
29:25qui était la mission phare.
29:26Je rappelle qu'il y avait
29:27très peu de chaînes,
29:28on était,
29:29je rappelle,
29:29en 77,
29:30ce n'était pas encore
29:31les 400 chaînes d'aujourd'hui.
29:33Et quelle a été la réaction
29:34de Pivot
29:34quand il a su que c'était
29:35Bercov derrière
29:36De Comines ?
29:37il était,
29:37ouais,
29:38voilà,
29:38il était étonné,
29:39on ne se connaissait pas bien,
29:40mais on se connaissait quand même.
29:41Il a dit,
29:42ah bon ?
29:42Mais il a été beaucoup plus étonné,
29:43six ans après,
29:44quand j'ai écrit Caton.
29:45Quand vous avez fait Caton,
29:45Et que je suis reni avec Caton
29:47à Apostrophe.
29:48Mais quel était l'intérêt
29:50en fait de cette politique fiction ?
29:52Vous auriez pu en faire
29:52un pamphlet, André ?
29:54Non,
29:54pas du tout.
29:54Pourquoi ?
29:55Ça n'avait aucun intérêt
29:56un pamphlet,
29:56parce que c'était André Bercov
29:57qui jugeait,
29:59effectivement,
30:00la gauche peut gagner,
30:01la gauche ne peut pas gagner.
30:03Ça aurait été une,
30:04je ne dis pas une prophétie,
30:06mais une opinion de plus.
30:07Ce qui était drôle,
30:08c'est que là,
30:09on se disait,
30:09qui est la personne
30:10qui se cache ?
30:11Vous savez,
30:11c'est le mensonge
30:12qui dit la vérité.
30:14Qui est la personne ?
30:15Alors, André Bercov,
30:17journaliste,
30:17d'accord,
30:18très bien,
30:19il aurait pu faire ça
30:19comme 400 autres
30:20auraient pu le faire.
30:21Mais là,
30:22ce qui était intéressant,
30:23c'est de mettre en scène
30:25une réalité
30:26qui n'a pas eu lieu,
30:27puisqu'elle était fantasmée,
30:29mais ce fantasme
30:30était très fort.
30:31Et c'est ça
30:32qui a fait le succès
30:33du livre,
30:33et puis,
30:34la politique est dans
30:35son échec.
30:36Et oui.
30:37François Mitterrand,
30:38vous avez été très proche
30:39de lui à une époque,
30:39j'imagine qu'il a lu ce livre.
30:41Quel retour vous en a-t-il fait ?
30:42Non, à l'époque,
30:43je n'étais pas très proche de lui,
30:44je n'ai jamais été très proche de lui.
30:45Par la suite, oui.
30:46Mais effectivement,
30:47je l'ai rencontré
30:48à, je ne sais pas,
30:50une soirée,
30:51et il m'a dit
30:51mais qu'est-ce qui vous a donné
30:52l'idée de faire ça ?
30:54En tout cas,
30:54il l'avait lu,
30:55parce qu'il m'a interrogé
30:57là-dessus
30:57pendant une demi-heure.
30:58Je me rappelle,
30:59c'était une réception,
31:00je ne sais plus où,
31:01et donc,
31:02c'était en 77-78,
31:04il n'était pas président,
31:05encore loin de là.
31:07Voilà.
31:07Et oui,
31:08en mars 78,
31:09donc la gauche a été battue
31:10de justesse aux législatives
31:12trois ans plus tard,
31:13et bien le 10 mai 1981,
31:16François Mitterrand
31:17remporte la présidentielle.
31:19Comment expliquer
31:19la défaite de Giscard ?
31:21On va en parler
31:22dans un instant
31:23avec M. Garry,
31:25Jean Garry,
31:26qui est toujours avec nous
31:27sur Sud Radio.
31:28Alors on revient
31:28juste après cette petite pause.
31:30Restez avec nous
31:31à toute heure.
31:31Sud Radio,
31:33Génération Bercoff,
31:34André Bercoff,
31:35Céline Alonso.
31:36Dans quelques secondes,
31:38vous allez connaître
31:39le nom du président
31:40de la République.
31:41Dans tous les états-majors,
31:43un peu partout,
31:43dans tous les foyers,
31:44on attend ce résultat.
31:46Effectivement,
31:47vous l'aurez à l'heure précise.
31:4910 secondes.
31:545, 4, 3, 2, 1.
31:58François Mitterrand
31:59est élu président
32:00de la République.
32:03Nous répétons donc,
32:04estimation Cédeus-Ionne et Welbull,
32:06M. François Mitterrand
32:07est élu président
32:08de la République,
32:1151,7%.
32:12Valéry Giscard d'Estaing,
32:1548,3%.
32:16Et imaginez
32:17les ouras
32:18du peuple de gauche.
32:19C'était hallucinant.
32:20La gauche n'avait pas
32:21pris le pouvoir
32:22pour eux
32:22depuis le Front Populaire.
32:24Ce n'était pas
32:25tout à fait vrai,
32:25mais c'était ça.
32:27Et ça a été
32:27l'explosion de joie
32:29du peuple de gauche.
32:31et effectivement
32:32l'effroi plus silencieux
32:34du peuple de droite.
32:35Et oui,
32:36et ça,
32:36c'était le 10 mai 1980.
32:39André Bercoff,
32:39Mitterrand,
32:40était élu président
32:41de la République,
32:42plus de trois ans
32:43après avoir perdu
32:44deux justesses
32:45aux législatives.
32:47Jean Garrigue,
32:48quelles sont les principales
32:49raisons de l'échec
32:50de Giscard d'Estaing ?
32:52Il y en a plusieurs,
32:53mais la raison essentielle,
32:55on en a parlé tout à l'heure,
32:57c'est ce qui s'est passé
32:58dans l'économie mondiale
32:59à ce moment-là.
33:00C'est-à-dire que
33:02Giscard a reçu
33:03de plein fouet
33:05cette crise.
33:06C'est-à-dire qu'on est passé
33:08des 30 glorieuses
33:09de l'économie
33:09avec des taux de croissance
33:10à 4-5 %,
33:12le miracle français,
33:14à une situation
33:15de chômage de masse
33:16qu'on n'avait pas connue
33:17depuis les années
33:19d'entre-deux-guerres,
33:21chômage de masse,
33:22des faillites en nombre,
33:23des secteurs entiers
33:24de l'industrie
33:25qui s'effondrent,
33:26la métallurgie,
33:27notamment la sidérurgie.
33:28Et par rapport
33:30à cette situation,
33:32une politique
33:33qui était une politique,
33:34je dirais,
33:35de rigueur,
33:37mais plus que de rigueur.
33:38D'austérité, oui.
33:39D'austérité menée
33:41par Raymond Barr,
33:42le premier ministre
33:43de Giscard,
33:44le meilleur économiste
33:45de France,
33:46qui avait sa raison d'être.
33:49Cette politique-là,
33:50elle était au fond
33:53l'anticipation
33:54de tous les problèmes
33:55qu'on a connus
33:55par la suite.
33:57Sauf que, évidemment,
33:58c'est une politique
33:58qui était très impopulaire
33:59parce que le pouvoir
34:01d'achat baissait,
34:02l'inflation,
34:04les impôts augmentaient.
34:06Donc, il y avait
34:07tous les éléments
34:08pour que Giscard
34:09perde de sa superbe.
34:12Et puis alors,
34:13est venu quand même,
34:14malgré tout,
34:14se greffait là-dessus
34:16une affaire
34:17qui lui a fait
34:18beaucoup de mal
34:19et qui est
34:19l'affaire des diamants.
34:20L'affaire des diamants
34:22de Bokassa, oui.
34:23L'affaire des diamants
34:24de Bokassa,
34:25où il s'était laissé offrir
34:26quand il était
34:27ministre des Finances,
34:28des plaquettes
34:29de diamants
34:30par le dictateur
34:31africain.
34:32Il a appris
34:33des choses de haut.
34:34On l'a appelé
34:35le méprisant
34:36de la République,
34:37ce qui venait
34:38conforter un peu
34:39cette image
34:40de hauteur
34:41et d'une sorte
34:43de monarque
34:43un peu repliée
34:45sur l'Élysée.
34:47Je me souviens
34:48que,
34:48enfin,
34:48je me souviens,
34:49j'ai vu,
34:49que Raymond Aron
34:51disait
34:51qu'il se comporte
34:52comme un roi.
34:53C'est-à-dire,
34:53il y avait cette image
34:54aussi d'un Giscard
34:56qui n'était plus
34:56dans la proximité
34:58avec les Français,
34:59mais qui était devenu
34:59une sorte de monarque
35:01hautain,
35:01un petit peu coupé
35:03des réalités.
35:04Oui,
35:04on disait de lui
35:05effectivement qu'il était
35:06totalement déconnecté.
35:07il a souvent été comparé
35:09à Louis XV,
35:10à ce propos.
35:12Je parlais
35:13de trahison
35:14pour la trahison
35:16de Chirac
35:17au moment
35:17de la réussite
35:19de l'élection
35:20de 1974.
35:22Mais là encore,
35:23il faut,
35:24en 1981,
35:25il y a encore Chirac
35:26qui est en jeu
35:27parce que Chirac
35:27se présente
35:28contre Giscard
35:29et Chirac
35:32demande à ses électeurs,
35:33il y a cette anecdote
35:34fameuse
35:35où Giscard
35:36essayant de déguiser
35:37un peu sa voix
35:38appelle
35:39le QG
35:40de Chirac,
35:42le QG
35:42de campagne
35:42de Chirac
35:43pour dire
35:44pour qui
35:44est-ce qu'on va voter
35:45au second tour
35:47et on lui répond
35:47mais surtout pas
35:48pour Giscard.
35:49C'est-à-dire
35:50qu'il y a une trahison
35:51politique de Chirac
35:53qui est énorme
35:54et on le sait
35:55quelques mois
35:56avant l'élection,
35:57il y avait une rencontre
35:58secrète
35:59chez Edith Cresson,
36:00futur première ministre,
36:01une rencontre secrète
36:02entre Mitterrand
36:03et Chirac
36:04pour provoquer
36:05la chute de Giscard.
36:06Donc si vous mettez
36:07bout à bout
36:08la crise
36:09et ses conséquences,
36:10l'affaire des Diamants,
36:12le repli monarchique
36:14de Giscard
36:14et la trahison de Chirac,
36:16vous avez quand même
36:17tous les éléments
36:18pour que...
36:20André Bercoff,
36:21il a vraiment instrumentalisé,
36:23il faut le dire,
36:23la victoire de Mitterrand,
36:25André.
36:25Oui, je voudrais juste
36:26ajouter quelques mots
36:28à ce que vient de dire
36:29Jean Garret
36:30et très justement,
36:32vous savez,
36:32quand j'ai écrit
36:33Caton six ans après,
36:35j'ai enquêté
36:36beaucoup là-dessus
36:37et c'est allé très loin
36:38parce que vous avez parlé,
36:40c'est intéressant,
36:40d'ailleurs,
36:40la tradition de la trahison
36:42chez Chirac
36:42qu'on aime ou qu'on n'aime pas,
36:44vous avez rappelé
36:45ce qu'il avait fait
36:46avec Charbon d'Elmas
36:47en 1974
36:48et il faut rappeler
36:49ce qu'il a fait
36:51en 81
36:52avec Mitterrand.
36:53Vous avez rappelé
36:55la réunion
36:56chez Edith Cresson,
36:58vous avez appelé,
37:01alors j'ai vu ça,
37:02j'ai eu le communiqué
37:03où il y a eu une lettre
37:05des gaullistes de gauche
37:06envoyée par les gaullistes
37:07de gauche
37:08en disant
37:10« Votez François Mitterrand ! »
37:12Il y a eu une lettre
37:13qui a été écrite,
37:14une circulaire,
37:15je l'ai vue,
37:15je le rappelle,
37:15qui a circulé effectivement
37:18« Giscard a trahi,
37:20etc.
37:20Votez Mitterrand ! »
37:22Et vous savez,
37:23j'ai eu l'occasion
37:24de rencontrer Charles Pasqua,
37:25c'était bien après,
37:27bien après,
37:28je lui ai dit
37:28« Mais qu'est-ce que c'est
37:29que cette histoire
37:30avec Chirac ?
37:31Vous avez appelé
37:31à voter Mitterrand ? »
37:32Et il m'a dit
37:33« Vrai ou pas vrai ? »
37:34Mais je pense
37:35qu'il n'y a pas de raison
37:36qu'il raconte des histoires
37:37à ce moment-là.
37:38Je vous parle de
37:39c'était en 2000
37:41et autres,
37:42c'était un peu
37:42dans les années 2000.
37:43Et il m'a dit
37:45« Vous savez,
37:46on était persuadés
37:47que Mitterrand
37:47arrivant au pouvoir
37:48allait se casser
37:50si vulgairement
37:51il allait se casser
37:52la gueule
37:52il allait vraiment
37:53dans sa politique
37:54socialiste
37:54de nationalisation
37:55et autres
37:56et qu'on ramasserait
37:57les morceaux
37:57deux ans plus tard
37:58et que là
38:12ce n'était pas
38:12complètement fou
38:13à Jean Garrigue.
38:15Non, non, alors
38:16malheureusement
38:16j'ai eu une coupure
38:18je n'ai pas entendu
38:19tout ce que vous disiez
38:20mais je suppose
38:20que vous parliez
38:21de l'anticipation
38:22au fond de l'échec
38:23de Giscard
38:25qui profitait ensuite
38:26à Chirac
38:27et c'est exactement
38:28ce qui s'est passé
38:29à partir de cet échec
38:31Chirac devient
38:32le véritable leader
38:34de la droite.
38:34Alors il faut reconnaître
38:35d'ailleurs que
38:36le parti
38:37et c'était un peu
38:38le paradoxe
38:38de la présidente Giscard
38:39c'était que
38:40Giscard était le chef
38:42d'une majorité
38:43dans laquelle
38:44son parti
38:44était minoritaire
38:45parce que c'était
38:47l'UDR
38:48devenu RPR
38:49de Chirac
38:50qui était majoritaire
38:51donc en fait
38:52Chirac a joué
38:54là-dessus
38:55pour faire chuter
38:56et pour se débarrasser
38:57Oui
38:58ce que je disais
39:00vous n'avez peut-être
39:01pas eu ça
39:01je disais
39:02qu'il y a eu
39:03une adresse
39:04aux gaullistes
39:05de gauche
39:05écrite
39:06dans laquelle
39:07on appelait
39:07à voter Mitterrand
39:08contre Giscard
39:09Oui oui oui
39:11évidemment
39:12les gaullistes
39:13de gauche
39:14effectivement
39:14étaient favorables
39:16à Mitterrand
39:17beaucoup plus
39:17qu'à Giscard
39:18mais c'est clair
39:18Jean Garrick
39:19selon vous
39:20vous avez parlé
39:20de l'affaire
39:21Bokassa
39:22il y a un instant
39:22sur Sud Radio
39:23si ce scandale
39:24politico-financier
39:25n'avait pas éclaté
39:27est-ce que Giscard
39:28aurait pu remporter
39:29selon vous
39:30cette élection ?
39:31Avec Dessy
39:32on mettrait
39:33pas rien de paye
39:34mais c'est sûr
39:36que ça lui a
39:37causé beaucoup de temps
39:39parce que
39:39au lendemain
39:40de l'appel
39:42de Verdun
39:43sur le Doubs
39:43et quand il remporte
39:44de manière
39:46surprenante
39:47les élections
39:48législatives
39:48il était remonté
39:49à des taux de popularité
39:50assez importants
39:51il était à 60%
39:52de popularité
39:53bon
39:54c'est sûr
39:55que
39:56l'affaire
39:57des Diamants
39:58éclate
39:58automne
39:591979
40:01à partir de là
40:02ça l'a quand même
40:03vraiment
40:04vraiment
40:05beaucoup affecté
40:06c'est une question
40:06d'image
40:07très importante
40:08l'image
40:09il avait une incarnation
40:10positive
40:11jusqu'à ce moment là
40:12et après
40:13ça s'est
40:13beaucoup
40:15dégradé
40:15au-delà même
40:16de la situation économique
40:17c'est
40:17avoir ce
40:19candidat
40:20de la jeunesse
40:20de la modernité
40:21qui devenait
40:23une sorte de monarque
40:24un peu méprisant
40:25un peu replié
40:26sur son pouvoir
40:27ça fait quand même
40:28beaucoup de mal
40:29et qui accepte
40:30tous les cadeaux
40:31André Bercoff
40:31est-ce qu'après 23 ans
40:34de droite
40:36la victoire
40:37de Mitterrand
40:38elle était inéluctable
40:39ou pas selon vous
40:41la France avait vraiment
40:42besoin d'alternance
40:43à cette époque
40:44rien n'est inéluctable
40:46avant
40:46le résultat
40:48des urnes
40:49du suffrage
40:51mais ce qui était
40:52certain
40:52c'est qu'il y avait
40:54vraiment
40:54et là
40:54on en a parlé
40:55au début de l'émission
40:56il y avait quand même
40:58une disparité
40:58très forte
40:59sans jouer
41:00les Gramsci
41:01de service
41:02entre la
41:03je dirais
41:04qui continue
41:05un peu
41:05peut-être
41:06beaucoup moins
41:07aujourd'hui
41:07quand même
41:07la domination
41:08culturelle
41:09de la gauche
41:09en tout cas
41:10la propension
41:11du discours
41:12dominant
41:12de la doxa
41:13de gauche
41:14qui datait
41:15effectivement
41:15de bien avant
41:17et on se disait
41:18et puis
41:18autre chose
41:19il est temps
41:20effectivement
41:21que
41:21voilà
41:22la gauche passe
41:23après
41:24on en reparlera
41:24quelle gauche
41:25ça c'est une autre
41:27question
41:27oui
41:28André Bercoff
41:28en 30 secondes
41:29est-ce que
41:30les années
41:30Giscard
41:31ont contribué
41:32ou pas
41:33à la dégradation
41:35actuelle
41:35de notre pays
41:35bah écoutez
41:36en tout cas
41:37ça a été
41:37la première fois
41:38qu'on a dit
41:39que le budget
41:40a cessé
41:40pour des raisons
41:41d'ailleurs légitimes
41:42ou pas
41:42d'être en équilibre
41:44et aujourd'hui
41:45effectivement
41:46plus dure sera
41:46la chute
41:47et oui
41:48Jean Garrigue
41:49selon vous
41:51en 30 secondes
41:53si on prend
41:55un peu de recul
41:55j'ai l'impression
41:56que précisément
41:57arrive à ce moment-là
41:59la suprématie
42:01culturelle
42:01et de fait
42:03politique
42:04de la gauche
42:05au moment même
42:06où peut-être
42:07il aurait fallu
42:07au contraire
42:08aller dans l'autre sens
42:10c'est ce que
42:10Giscard a essayé de faire
42:12sauf que ça n'a pas réussi
42:13Jean Garrigue
42:14merci d'être venu
42:15sur Sud Radio
42:15je rappelle que
42:16votre dernier livre
42:17Les avocats de la République
42:19est paru
42:20aux éditions
42:21Odile Jacob
42:22tout de suite
42:23vous retrouvez
42:24Brigitte Laé
42:24sur Sud Radio
42:26Sud Radio

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