Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 16 minutes
En plein bras de fer avec le gouvernement sur le budget 2027, Canal+ assure que le doublement de la TVA sur la télévision payante pourrait lui coûter jusqu'à 200 millions d'euros par an. Quelles pourraient être les conséquences pour les abonnés et jusqu'où la facture va-t-elle grimper ? Le gouvernement peut-il encore reculer ? Et quel avenir pour la télévision française ?
Le président du directoire du groupe Canal+, Maxime Saada, répondra aux questions de Marc-Olivier Fogiel lundi 5 octobre dans RTL Matin.
Regardez Face à Fogiel du 05 octobre 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01RTL Matin, 7h-9h30, c'est avec Céline Landreau.
00:07Et avec Marc-Olivier Fogel à 8h17, alors que le gouvernement veut doubler la TVA sur la télévision payante,
00:13hausse à laquelle Canal Plus s'oppose fermement.
00:15Marc-Olivier, vous recevez ce matin le président du directoire du groupe, Maxime Saada.
00:19Bonjour Maxime Saada.
00:20Bonjour Marc-Olivier Fogel.
00:22Merci d'être ce matin sur RTL.
00:23Vous prévenez, cette hausse pourrait vous coûter 200 millions d'euros.
00:26Ce sont vos calculs, on va voir comment.
00:28Il y aurait un impact, vous dites, sur les tarifs, sur les effectifs et sur vos contributions au cinéma et
00:34au sport.
00:34Mais Canal Plus est largement bénéficiaire.
00:37433 millions d'euros de résultats opérationnels au premier semestre.
00:40Dans le monde, 414 millions d'euros de trésorerie disponible.
00:43Pourquoi Canal Plus ne paierait pas au moins en partie cette hausse, Maxime Saada ?
00:47Alors vous l'avez dit, dans le monde, c'est le mot-clé dans ce que vous dites.
00:50Aujourd'hui, Canal Plus est un groupe qui est présent dans 70 pays,
00:52qui fait à peu près 9 milliards de chiffre d'affaires
00:54et qui a vocation à gagner de l'ordre de 700 millions dans le monde.
00:57En France, l'activité est péniblement rentable.
01:01Nous avons hérité d'une situation il y a 10 ans,
01:03quand je suis arrivé, quand j'ai été nommé à la tête de Canal Plus
01:06avec l'arrivée du nouvel actionnaire,
01:09avec Canal Plus qui perdait 400 millions d'euros en France.
01:11Et au bout de 10 ans d'effort, nous sommes arrivés à peine à la rentabilité.
01:14Donc là, aujourd'hui, vous dites qu'on vous égorge d'une certaine manière.
01:17Un chef d'entreprise, comme moi, a la responsabilité que toutes ces géographies soient rentables.
01:22On ne peut pas se retrouver dans une situation de non-rentabilité.
01:25Une chaîne qui n'est pas rentable, ou un groupe qui n'est pas rentable, disparaît.
01:28J'ai vu TPS disparaître, j'ai vu Orange disparaître, j'ai vu SFR disparaître dans les contenus.
01:32Vous êtes au point de disparaître, ce matin, avec cette hausse de TVR ?
01:35Canal Plus peut disparaître, c'est ce que vous dites ce matin ?
01:37La pérennité de Canal Plus en France, la question se pose,
01:40et elle s'est posée plusieurs fois dans l'histoire.
01:41Vous connaissez très bien Canal Plus, vous savez qu'on n'est passé pas très loin de la catastrophe plusieurs
01:44fois.
01:45Donc là, vous n'êtes pas loin de la catastrophe, c'est ce que vous dites ce matin.
01:47Si la TVA augmente de 10%, vous n'êtes pas loin de la catastrophe.
01:50Canal Plus s'adaptera, mais Canal Plus en France n'est pas en capacité d'absorber un choc de 200
01:55millions d'euros.
01:55Le chiffre que vous avez évoqué, 200 millions d'euros, il est mathématique.
01:58On va voir comment dans un instant, mais vous dites s'adaptera comment ?
02:01Est-ce que d'abord, parce que c'est ce qui intéresse nos auditeurs, est-ce que l'abonnement, vous
02:04dites, va augmenter ?
02:06Nécessairement.
02:07On ne peut pas, encore une fois, quand on a une situation de rentabilité fragile en France, absorber un choc
02:12de 200 millions.
02:12Quand on a une situation de perte de 200 millions d'euros, on joue sur tous les leviers.
02:17Les deux leviers, c'est l'augmentation des prix.
02:19Combien ?
02:20On répercutera exactement le montant de la TVA sur les abonnements.
02:23Donc ça représente ?
02:24De l'ordre de 10% ou un peu moins peut-être, en fonction des abonnements.
02:26Vous allez perdre des abonnés.
02:27Évidemment, on va perdre des abonnés.
02:28Et surtout, on ne peut pas répercuter cette augmentation tout de suite, parce que la vaste majorité de nos abonnés,
02:33près de 90%, sont engagés pour un an ou deux ans.
02:35Ça veut dire plan social ?
02:36On ne peut pas modifier le tarif en cours d'abonnement.
02:38Donc on doit attendre qu'il n'y aura pas d'impact des hausses de tarifs avant 2028 ou 2020.
02:41Ça veut dire plan social ?
02:42C'est le deuxième levier.
02:44On sera nécessairement dans une situation où on devra réduire les coûts.
02:46Et oui, alors, c'est amusant.
02:48Bercy, dans son évaluation des impacts, qui n'existe pas, il n'y a pas d'évaluation des impacts,
02:53à la rubrique emploi, a mis sans objet.
02:55Deux mots, sans objet.
02:56Donc là, il faudra s'adresser aux salariés de Canal+, aux salariés de la filière du cinéma et du
03:01rugby et du sport en général, en France,
03:03et de l'outre-mer, parce qu'évidemment, il y aura un impact significatif en l'outre-mer également.
03:07On va voir si elle sera entendue.
03:09Mais toujours pour nos auditeurs, téléspectateurs, le foot, le cinéma, concrètement,
03:15est-ce que ça veut dire que vous allez moins financer le foot, moins financer le cinéma ?
03:19Dans le pacte fondateur de Canal+, dès 1984, c'est un taux de TVA réduit, le taux de TVA
03:26de la culture, du livre, du biais de cinéma, du biais dans les stades, pour Canal+.
03:30Et en contrepartie de ça, Canal+, finance le cinéma bien au-delà de ses obligations.
03:35Aujourd'hui, Canal+, finance plus le cinéma français que tous les autres acteurs français-américains réunis.
03:40On va voir par la suite, l'Arcom dit par exemple que tout ça pourrait changer,
03:43parce que finalement, les autres qui sont aussi touchées, les autres plateformes Netflix, etc.,
03:47elles ont déjà des obligations, elles payent à peu près 20%,
03:49elles payent beaucoup pour la création, pas encore pour le cinéma, mais pour la création française.
03:54Elles ont tous les choix qui n'aient pas suivi du cinéma.
03:56Oui, mais elles le feront peut-être.
03:56Non, mais encore une fois, Canal+, finance le cinéma plus que tous les autres acteurs réunis.
04:02Et donc, ça veut dire qu'en conséquence, le contrat qu'on a, l'engagement qu'on a avec les
04:06organisations du cinéma,
04:07c'est un contrat, vous savez.
04:09La première des clauses, c'est la contrepartie du financement du cinéma par Canal+, c'est le taux de
04:14TVA réduit.
04:14On n'a même pas besoin de le renégocier, le contrat tombe.
04:17Donc oui, il y aura un contrat avec le cinéma qui va tomber mécaniquement.
04:21Est-ce que là, vous deviez mettre un milliard sur combien de temps ?
04:23Cinq ans.
04:24Nous venons de signer un accord 2028-2022.
04:26Il va tomber, vous nous dites ce matin, il va tomber.
04:28Oui, cet accord va tomber.
04:29Et donc, ça veut dire quoi concrètement ?
04:32Si le taux de TVA s'applique.
04:33On a bien compris.
04:34Mais ça veut dire quoi pour l'auditeur qui est de l'autre côté du poste ?
04:37Ça veut dire qu'il veut vous aller financer combien de films en moins ?
04:38Mais c'est l'auditeur, et surtout ce qui est important, c'est peut-être la moitié de films en
04:42moins, peut-être les trois quarts de films en moins.
04:43Les trois quarts de films en moins ?
04:56Canal+, finance à peu près 200 millions d'euros.
04:58Si on applique strictement nos obligations avec les nouvelles offres, on est de l'ordre de 50 millions d'euros.
05:02On finance le cinéma 150 millions de plus que ce que nos obligations nous imposent.
05:06Et le sport ?
05:07Et le sport, c'est pareil.
05:08On est le premier financier du sport français avec le top 14, avec la Ligue des Champions, avec la D1
05:13féminine qui s'appelle maintenant la Première Ligue.
05:16Vous savez, aujourd'hui, le Paris Saint-Germain gagne plus d'argent avec la Ligue des Champions que nous finançons
05:20qu'avec la Ligue 1.
05:22Donc on est aujourd'hui le premier financier du sport en France.
05:25Le rugby lui-même a dit que 70% des ressources de la Ligue venaient des droits audiovisuels versés par
05:30Canal+.
05:30J'imagine que tout ce que vous me dites ce matin, vous l'avez dit au pouvoir public.
05:34Alors on n'a pas été reçu, hélas, par Bercy, à qui on a essayé d'expliquer les impacts.
05:38Encore une fois, il n'y a aucune mesure des impacts sur l'emploi, sur l'économie de Canal+,
05:45et sur l'économie indirecte.
05:47L'impact qu'il y aura sur les filières que j'ai citées, sur les Outre-mer.
05:49Aucune étude. Aucune analyse.
05:51Mais donc vous leur avez fait passer des éléments, ça m'étonnerait que vous êtes resté les bras ballants ce
05:54matin pour porter la voix.
05:56Mais vous leur avez dit quelque chose, non ?
05:59Évidemment. Mais manifestement, sans réaction.
06:03A votre avis, pourquoi ?
06:04Parce que le propriétaire de Canal+, s'appelle Vincent Bolloré, et qu'il y a une façon de finalement
06:09vous tordre le bras.
06:10C'est un geste politique plus que budgétaire, vous diriez ?
06:13Alors en tout cas, ce qui est certain, c'est que ce n'est pas un geste économique, parce que
06:16la mesure, elle est anti-économique.
06:17On l'a démontré, on le démontrera.
06:19Là où l'État annonce 300 millions et quelques de bénéfices, nous pensons que ce sont des centaines de millions
06:24d'euros de pertes.
06:25Mais vous dites que ce n'est pas économique.
06:27Il n'y a pas de logique économique.
06:28On va revenir à la logique économique dans un instant.
06:29Vous dites que c'est un geste politique s'il n'y a pas de logique économique.
06:32C'est la conséquence que j'en tire.
06:34Parce que s'il n'y a pas de logique économique, quand il y a une décision comme ça, elle
06:37ne peut être que politique.
06:38Mais politique, en rétorsion à Vincent Bolloré, soyons sans langue de bois ce matin Maxime Sada, en rétorsion à...
06:44Ce n'est pas mon style, ni le vôtre.
06:46Non, mais là vous n'y allez pas complètement.
06:48Vous pensez que parce que votre patron s'appelle Vincent Bolloré, on lui fait payer ses prises de position conservateurs
06:53conservatrices ?
06:54Il y a un an, l'administration fiscale a confirmé le taux de TVA réduit de Canal+.
06:57Il y a un an, en septembre de l'année dernière.
06:59Le même gouvernement, l'administration fiscale, 10% pour Canal+.
07:02Il y a un mois, le président Macron a un sommet sur la culture, a dit qu'il faut préserver
07:08le trésor qui est l'exception culturelle.
07:10Un mois plus tard, on se retrouve avec une décision qui met à bas tout le financement du cinéma français
07:15et potentiellement le financement du ministère.
07:16Là vous dites qu'on fait payer Vincent Bolloré, c'est ce que vous nous dites ?
07:18Je dis que c'est une décision politique parce qu'elle n'est pas raisonnée.
07:20C'est une décision absurde qui n'a aucun sens économique et donc elle ne peut être que politique.
07:24Vous aviez déjà dit ça sur CNews quand l'Arcom avait pointé le manque de pluralisme.
07:29Le patron de l'Arcom vous répond hier dans la tribune que pas du tout, c'est pas a priori
07:34mais c'est a postériori que les choses sont faites et que CNews manquaient de pluralisme.
07:38De la même façon, vous criez à l'époque à une forme d'acharnement politique.
07:43C'est-à-dire que c'est le même Arcom qui a quand même supprimé ces 8.
07:46Mais donc vous dites toujours que le gendarme de l'audiovisuel n'est pas neutre ?
07:54Ce que j'ai surtout retenu du gendarme de l'audiovisuel, comme vous le citez, c'est qu'il a
07:57rappelé que Canal+, c'était le contributeur essentiel du cinéma
08:01et que les voyants de l'audiovisuel aujourd'hui étaient à l'orange ou au rouge.
08:04Donc à un moment où le patron de l'autorité audiovisuelle dit que les voyants sont à l'orange ou
08:08au rouge, est-ce que c'est le moment de doubler la TVA de Canal+.
08:10Vous dites que ça vous coûte 200 millions mais que ça va rapporter à peine combien ?
08:14Non, je dis que ça va coûter des centaines de millions d'euros.
08:15Oui, ça va coûter des centaines de millions d'euros.
08:16Mais comment vous faites votre calcul ?
08:17Quand vous perdez en chiffre d'affaires, vous payez moins l'impôt.
08:19Canal paye des impôts en France, c'est bien le sujet.
08:21On a une société aujourd'hui qui est devenue un champion mondial, au passage, le seul, la seule société française
08:26et même européenne
08:27qui aujourd'hui est présente dans 70 pays et qui peut espérer rivaliser avec les acteurs américains.
08:32Et donc on paye des impôts.
08:33Et donc quand vous licenciez des gens, quand vous réduisez votre chiffre d'affaires, vous avez des cotisations en moins,
08:38des charges patronales.
08:39Donc vous dites que ça va coûter de l'argent ?
08:40Non mais ça va coûter.
08:41Et puis qui va se substituer à Canal+, pour financer le sport et le cinéma ?
08:44Vous avez vu ce que ça a donné la Ligue 1 ?
08:46Est-ce que vous diriez même que Canal+, n'est pas là pour financer ?
08:48Vous dites que vous êtes présent dans 40 pays, vous dites que vous pourriez fermer la France ?
08:5170.
08:5270, pardon, vous dites que vous pourriez fermer la France ?
08:55Je ne le souhaite pas.
08:56Non mais est-ce que c'est possible ?
08:58Encore une fois, on n'est pas passé long.
08:59Aujourd'hui en tout cas, les activités de l'international de Canal+, pourraient fonctionner sans la France, évidemment.
09:04Donc on n'en est pas loin.
09:05Ça n'est pas mon souhait du tout.
09:07Est-ce que vous avez l'espoir à être entendu ?
09:09Encore une fois, Canal+, s'en sortira très bien.
09:12Ça va être une situation difficile en France à gérer, mais le sujet c'est la France, le sujet c
09:15'est la souveraineté culturelle de la France, le sujet c'est le cinéma.
09:18Vous savez, quand on n'est pas abonné à Canal+, on voit ces films.
09:21Ce n'est pas que pour les abonnés à Canal+, on va devoir répercuter les hausses de tarifs sur
09:2520% des foyers français en pleine crise du pouvoir d'achat.
09:28Ça, ce n'est pas souhaitable.
09:29Mais en plus de ça, vous avez tous les gens qui ne sont pas abonnés, qui profitent des films que
09:33nous finançons.
09:33Est-ce que vous pensez être entendu ce matin quand vous venez ?
09:36Je l'espère fortement menacé finalement.
09:39Je ne menace pas cette arithmétique, Marc-Olivier Fogel.
09:41Quand on perd 200 millions, il faut bien qu'on les retrouve.
09:45Si on est responsable, il faut qu'on les retrouve.
09:47Vous pensez être entendu ?
09:48J'espère. Maintenant, le sujet est au Parlement et nous allons aller discuter avec les parlementaires.
09:52Rien n'est joué et nous espérons bien faire changer la trajectoire de ce texte.
09:55Il y a déjà des amendements ?
09:56Des amendements ont été déposés, en effet.
09:58Donc, espoir que ça change.
10:00J'espère bien.
10:00Merci Maxime Saada d'être venu en forme ce matin.
10:03Merci beaucoup.
10:03Merci beaucoup.
10:04Et merci Marc-Olivier.
10:05Merci.
Commentaires

Recommandations