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Douglas Stewart Carter a passé plus de quarante ans dans le couloir de la mort en Utah, dans l'ouest des États-Unis. Condamné en 1985 puis en 1992 pour le meurtre d'une femme, il a finalement été libéré sous caution ce lundi après de nouvelles analyses ADN. Dans ce dossier, les deux témoins qui l'avaient chargé à l'époque de son procès ont reconnu avoir été payés par la police. Un nouveau procès doit se tenir en 2027. 


Quelle place le témoignage occupe-t-il dans une affaire criminelle aux États-Unis? Comment cet homme a-t-il pu rester aussi longtemps dans le couloir de la mort? Quelles étaient ses conditions de détention? 


Dans cet épisode d'Affaire suivante, le podcast inédit, Pauline Revenaz et Charlotte Lesage reçoivent Me Romain Ruiz, avocat pénaliste au barreau de Paris.

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Transcription
00:00Douglas Stewart Carter a passé plus de 40 ans dans le couloir de la mort en Outa, dans l'ouest
00:05des Etats-Unis.
00:06Condamné en 1985 puis en 1992 à la peine de mort pour le meurtre d'une femme,
00:11il a finalement été libéré sous caution ce lundi après de nouvelles analyses ADN.
00:15Dans ce dossier, les deux témoins qu'il avait reconnus à l'époque de son procès ont reconnu l'avoir
00:19fait à tort
00:19et avoir été payé par la police.
00:21Un nouveau procès doit se tenir en 2027.
00:24Quelle place le témoignage occupe-t-il dans une affaire criminelle aux Etats-Unis ?
00:27Comment cet homme a-t-il pu rester aussi longtemps dans le couloir de la mort ?
00:31Quelles étaient ses conditions de détention ?
00:33Je suis Pauline Revenat, vous écoutez un nouvel épisode d'Affaires suivantes, le podcast inédit.
00:42Charlotte Le Sage, bonjour.
00:43Bonjour.
00:44Vous êtes journaliste pour BFM, maître Romain Ruiz, bonjour.
00:47Bonjour.
00:47Merci d'être avec nous, vous êtes avocat pénaliste au barreau de Paris.
00:49Nous reviendrons avec vous sur cette vie passée dans le couloir de la mort.
00:53Mais avant Charlotte, retour sur les faits.
00:54Nous sommes en 1985 aux Etats-Unis.
00:57Et plus précisément à Provos, c'est une ville de taille moyenne située à environ 80 km au sud de
01:03Salt Lake City.
01:04Un jour de février 1985, la police reçoit un appel.
01:08Un homme est à l'autre bout du fil.
01:10Sa femme est morte.
01:11Il l'a retrouvé partiellement dévêtu à leur domicile.
01:13Ses mains sont entravées dans le dos.
01:15L'enquête permet d'affirmer qu'elle a d'abord été poignardée dans le dos, à l'abdomen puis au
01:20cou,
01:20avant d'être tuée d'une balle à l'arrière de la tête.
01:22La victime s'appelle Eva Olsen.
01:24Elle a 57 ans.
01:25Ce n'est pas une personnalité publique locale, mais elle a été la tante du chef de la police de
01:30Provos.
01:31Un suspect est rapidement identifié, appréhendé et jugé dans ce dossier.
01:34Les investigations se concentrent rapidement sur un homme, Douglas Stuart Carter.
01:39Les enquêteurs le soupçonnent d'avoir tué Eva Olsen lors d'un cambriolage qui aurait mal tourné.
01:44S'il clame son innocence, deux témoins le mettent en cause.
01:47Accablé, l'homme signe des aveux.
01:49Il est condamné à mort une première fois pour le meurtre de la caca génère en 1985.
01:54Sa peine est confirmée lors d'un second procès en 1992.
01:57Mais l'affaire connaît un tournant en 2011.
02:00Deux décennies après la mort de cette femme, les deux témoins qui l'avaient mis en cause reviennent sur leur
02:04déclaration.
02:05Ils affirment que la police lui a demandé de mentir devant le tribunal en échange d'argent et de cadeaux.
02:10Ils vont même plus loin puisqu'ils affirment avoir été menacés d'expulsion par le procureur s'il ne mettait
02:16pas en cause Douglas Stuart Carter.
02:19Alors, est-ce que cette affaire révèle des dysfonctionnements propres à cette enquête
02:23ou est-ce que ce sont des problèmes plus larges dans le système judiciaire américain selon vous ?
02:28Je pense que ce sont des problèmes plus larges mais dans le système judiciaire tout court, pas nécessairement uniquement américain.
02:34Le dossier de M. Carter finalement révèle quelque chose sur ce qu'est l'aveu en matière judiciaire.
02:40Je crois que c'est un peu la nitroglycérine si vous voulez de la preuve.
02:44C'est un élément qu'il faut savoir manier parce que si vous n'arrivez pas à le manier avec
02:48suffisamment de précaution
02:49et en prenant toutes les garanties nécessaires, il y a un risque évident et c'est ce qui se passe
02:53là que ça vous explose au visage.
02:56Ça peut vous exploser au visage parce que tout simplement tout le monde ment.
02:59C'est une réalité sociologique, philosophique, évidemment que tout le monde ment parce que tout le monde a une raison
03:05de mentir.
03:06Alors dans ce dossier-là, la raison a été objectivée.
03:09Manifestement, il y a eu des pressions policières qui là encore ne sont pas uniquement cantonnées aux Etats-Unis.
03:14On sait qu'en France, ce genre de choses arrivent, peut-être pas par le don d'argent mais par
03:18d'autres systèmes.
03:19Mais bien évidemment que l'auto-incrimination, le droit de ne pas s'auto-incriminer, doit être protégé aujourd'hui
03:26en France mais un peu partout dans le monde
03:27parce que sinon on aboutit à des situations comme celle de M. Carter.
03:32Il y a des chiffres qui sont quand même assez intéressants.
03:33L'Innocence Project aux Etats-Unis a pu démontrer que dans la totalité des dossiers qu'ils ont pu annuler,
03:41faire annuler,
03:42en réalité vous aviez 29% de dossiers qui étaient basés sur des faux aveux.
03:46C'est énorme.
03:48Ça fait un dossier sur quatre.
03:50Un dossier sur quatre.
03:52Charlotte, l'an dernier, la Cour suprême de l'Utah a ordonné un nouveau procès dans cette affaire,
03:56arguant des fautes graves de la police dans l'enquête.
03:59Une nouvelle analyse ADN est donc ordonnée.
04:01L'ADN retrouvé sur ses prélèvements effectués sur la scène de crime ne correspond pas à celui de Douglas Stuart
04:06Carter.
04:07Ce lundi, à 71 ans, il a été libéré sous caution dans l'attente d'un nouveau procès.
04:11Dans un communiqué, son avocat a accusé l'Etat d'avoir volé 41 ans de la vie de son client
04:16et de lui avoir fait subir, je cite, les horreurs du couloir de la mort pendant plus de 40 ans.
04:21Sa défense avance aussi un autre témoignage, selon lequel un homme blanc avait été vu quitter le logement de la
04:27victime.
04:28La police n'a jamais exploré cette piste, pas plus que celle d'autres suspects, dont le mari d'Eva
04:33Olsen, aujourd'hui décédé.
04:34Le nouveau procès doit se tenir en 2027.
04:37Quels sont les mécanismes prévus aux Etats-Unis lorsqu'un élément nouveau, comme une analyse ADN, remet en cause une
04:42condamnation ?
04:42Alors, il y en a deux. En réalité, vous avez la possibilité de faire une révision de votre procès,
04:47de demander à ce que la condamnation, lorsqu'elle est devenue définitive, soit réexaminée,
04:52à l'aune justement de cet élément nouveau.
04:54Et puis, vous avez la possibilité d'annulation, c'est-à-dire qu'on va annuler soit la procédure,
04:59soit la phase juridictionnelle, c'est-à-dire le procès, soit la peine qui a été prononcée.
05:04Dans le cas de M. Carter, c'est ce qui se passe. En réalité, c'est sa peine uniquement qui
05:08a été annulée.
05:09M. Carter a, de ce que j'ai lu, été placé sous contrôle judiciaire,
05:13ce qui veut dire qu'aujourd'hui, il n'est pas littéralement sorti du couloir de la mort
05:16et la justice américaine lui permet de se dégourdir les jambes.
05:20Le temps, peut-être, d'y retourner si la justice américaine n'apprend pas de ses erreurs.
05:25Il y a, je pense, aujourd'hui, une difficulté qui est qu'il n'est pas sorti d'affaires aujourd
05:31'hui, Douglas Carter.
05:33Et c'est vous dire à peu près la façon dont les États-Unis ont du mal avec leur histoire
05:36judiciaire
05:37et à reconnaître leurs torts, reconnaître leurs erreurs.
05:40On a aujourd'hui des éléments qui sont absolument accablants.
05:43Quelqu'un qui a passé 41 ans dans le couloir de la mort, pas uniquement en prison, mais dans le
05:47couloir de la mort.
05:47Et les États-Unis n'arrivent pas aujourd'hui à dire mieux qu'on va attendre et refaire un nouveau
05:52procès.
05:53Et comment on peut expliquer, justement, qu'il soit resté 40 ans dans ce fameux couloir ?
05:57C'est simple, il suffit d'imaginer les États-Unis d'Amérique comme une autruche
06:01qui va décider de laisser sa tête bien enfouie dans le sol
06:04et de ne pas voir toutes les problématiques qui sont des problématiques de système.
06:08Bien évidemment que Douglas Carter a aussi été condamné manifestement à tort
06:13parce qu'il l'est toujours, d'ailleurs, afro-américain,
06:17parce qu'il n'y a pas de garde-fou suffisant aux États-Unis
06:20et qu'on est aujourd'hui en capacité de croire sur parole des preuves qui n'en sont en réalité
06:26pas.
06:26Et il faut bien comprendre quelque chose, c'est qu'aux États-Unis, vous avez le droit de payer des
06:30témoins.
06:30Alors c'est étonnant, en France on n'a pas le droit de le faire
06:33parce que c'est une infraction qui s'appelle la subornation de témoins.
06:37M. Sarkozy et des amis à lui le savent parfaitement.
06:41Mais aux États-Unis c'est possible.
06:43La seule chose qu'on n'a pas le droit de faire c'est de ne pas le dire.
06:45C'est-à-dire qu'un arrêt, alors je ne me rappelle plus du nom,
06:50mais un arrêt je crois que c'était Brady contre le Michigan dans les années 60,
06:54avait décidé qu'en réalité cette pratique était possible pour peu,
06:57que les autorités de poursuite, la police ou le procureur,
07:01le disent aux jurés, aux avocats et à toutes les parties à un procès.
07:04En toute transparence.
07:05pour qu'on puisse examiner la crédibilité de ce qui est dit.
07:08Alors comment ça se passe concrètement une vie dans le couloir de la mort ?
07:12Ah c'est pas une vie.
07:1340 ans là, 41.
07:16Numériquement si vous voulez c'est une vie,
07:17mais techniquement on ne vit pas dans le couloir de la mort,
07:20on attend d'être exécuté.
07:21Mais le quotidien c'est quoi ?
07:22Alors le quotidien c'est simple, c'est une privation sensorielle.
07:25C'est-à-dire qu'on va vous isoler du reste de la population pénale,
07:29on va mettre au-dessus de votre tête ce qui est évidemment abominable pour un être humain,
07:33c'est-à-dire une épée de Damoclès,
07:35parce que vous ne savez pas si vous allez être exécuté demain,
07:38après-demain ou dans 30 ans.
07:40Et c'est ça je crois l'horreur du couloir de la mort,
07:43c'est que vous vivez en sursis pendant des années qui sont,
07:46voilà 40 ans c'est une vie humaine effectivement,
07:48vous vivez en sursis et vous êtes dans l'incapacité de vous projeter.
07:52en France il y a eu un collectif en 2006 qui s'est autonomé les 10 de Clairvaux,
07:59qui avait écrit à l'époque aux gardes des Sceaux pour rétablir la peine de mort,
08:03parce que ce qu'ils disaient vis-à-vis de la perpétuité réelle à laquelle ils avaient été condamnés,
08:08c'est qu'ils préféraient mourir vite,
08:09plutôt que d'attendre cette mort blanche toute leur vie,
08:13dans, alors on va dire le couloir de la mort blanche si on veut faire propre,
08:17mais enfin en réalité on sait que tous les détenus qui sont confrontés à cette difficulté d'incapacité totale à
08:23se projeter,
08:23soit parce qu'ils vont être tués par la guillotine, la chaise électrique,
08:27ou parce qu'ils vont être tués par le temps qui s'écoule,
08:31en réalité préfèrent une exécution rapide,
08:33parce que c'est plus simple et parce qu'au moins ils sont fixés.
08:36Est-ce que le recours à l'ADN a changé la manière dont on traite les erreurs judiciaires ?
08:40Est-ce que ça les éclaire autrement ?
08:42Alors ce qui a changé c'est que je crois que l'ADN a créé une forme de paresse intellectuelle,
08:47dans les tribunaux un peu partout.
08:49Quand vous avez de l'ADN,
08:50aujourd'hui il y a beaucoup de systèmes judiciaires, de juridictions qui considèrent que ça suffit,
08:54et qu'à partir du moment où vous avez une trace ADN,
08:57globalement on n'a plus besoin de se poser beaucoup de questions.
09:00Que c'est la preuve ultime.
09:01On appelle ça la reine des preuves.
09:03Là encore, pour revenir au projet Innocence aux Etats-Unis,
09:07le projet Innocence, depuis qu'il a été créé en 92,
09:09a obtenu 375 annulations en raison de problématiques ADN,
09:15uniquement ADN.
09:16Parce que l'ADN, ça n'est pas la reine des preuves,
09:18c'est quelque chose qui est contestable.
09:20Il faut bien comprendre que, certes, la méthode scientifique qui vous permet d'extraire un ADN
09:24est quelque chose d'assez infaillible.
09:26Je crois que c'est un risque d'erreur de 0,01% sur des milliards et des milliards d
09:31'occurrences.
09:31Mais en réalité, ce qui est intéressant dans l'ADN,
09:34c'est la façon dont on recueille l'ADN.
09:36Comment est-ce qu'on le recueille ?
09:37Ou par qui ?
09:38Comment est-ce que des gens sont formés ?
09:39Comment il est conservé ?
09:40Comment est-ce qu'on peut contrôler, finalement, ce recours à l'ADN ?
09:45La façon dont on va traiter cette donnée,
09:47qui était évidemment une donnée particulièrement importante pour les gens qui sont accusés,
09:51puisque, encore une fois, comme je vous le disais,
09:53il y a beaucoup de magistrats, beaucoup de juges,
09:55qui considèrent qu'à partir du moment où on a un ADN,
09:58globalement, on ne se pose plus trop de questions.
10:01Les travaux du projet Innocence montrent qu'il s'agirait quand même de s'en poser.
10:04Charlotte, l'an dernier, aux Etats-Unis, 47 condamnés à mort ont été exécutés,
10:08soit le plus haut niveau depuis 2009.
10:10Et cette semaine, une autre affaire secoue les Etats-Unis,
10:13l'exécution inopérante, disons-le comme ça, de Christa Pike dans le Tennessee.
10:18Condamnée à mort il y a près de 30 ans pour le meurtre de l'une de ses camarades
10:21dans une affaire de rivalité amoureuse,
10:24Christa Pike devait être exécutée mercredi soir dans une prison du Tennessee.
10:28Elle a reçu deux injections létales, mais selon ses avocats,
10:31ces injections ont échoué.
10:32Leur cliente est agonisante, mais en vie, selon eux.
10:36C'est un nouveau rebondissement dans une affaire qui en a connu beaucoup en seulement 24 heures.
10:40Mercredi soir, l'exécution a d'abord été suspendue in extremis par un juge,
10:45avant finalement d'être autorisée par la Cour suprême.
10:47Dans la foulée, le gouverneur du Tennessee a annoncé suspendre les exécutions
10:51jusqu'à la fin de l'année.
10:53Il a aussi ordonné l'ouverture d'une enquête après cette tentative.
10:56Qu'est-ce que ça vous inspire cet épisode,
10:59en plus qu'un épisode, cette exécution qui n'a pas fonctionné de Christa Pike ?
11:05Une fierté, celle d'être dans un pays qui a aboli la peine de mort.
11:09Je pense qu'il faut le dire, la peine de mort aujourd'hui ressurgit sous d'autres visages.
11:15Vous parlez de la perpétuité réelle qui, selon moi, est une peine de mort qui ne porte pas son nom.
11:18Mais on constate avec ce genre d'histoire à quel point c'est absurde.
11:24Celle qui a été un temps, ma consoeur, Constance Debré, a écrit un livre récemment qui s'appelle Protocole,
11:29qui justement traite de l'absurdité absolue des exécutions aux Etats-Unis
11:34et de la façon dont certains Etats, d'ailleurs, j'allais dire, maintiennent en vie des hommes.
11:40C'est souvent des hommes, mais ça peut aussi être des femmes,
11:42qui pourraient mourir de leur mort naturelle.
11:45On les maintient artificiellement en vie, juste pour pouvoir les exécuter au nom de l'Etat.
11:49Est-ce qu'il y a plus absurde que ça ?
11:51Moi, je crois qu'aujourd'hui, ce que révèle cette affaire, c'est peut-être la nécessité absolue
11:56d'en finir partout dans le monde avec la peine de mort.
11:59Parce qu'au-delà du fait que c'est une abomination intellectuelle,
12:02manifestement, ça devient de plus en plus une abomination physique et médicale.
12:07Mais ces exécutions défectueuses, je ne sais pas comment les appeler autrement,
12:11elles se multiplient ces dernières années aux Etats-Unis ou c'est un effet loupe qu'on a ?
12:15Je crois qu'il y a forcément un effet loupe parce qu'on ne les connaît pas toutes
12:18et parce qu'elles ne sont pas toutes médiatisées.
12:20Je pense que le drame aussi de la prison, c'est qu'on ne sait pas ce qui se passe
12:23derrière les murs de prison.
12:25Pour une opération défectueuse d'exécution létale,
12:31potentiellement, il y en a dix qu'on n'a jamais connues,
12:33dont on ne sait pas comment elles ont fonctionné.
12:35Tout ce que je sais, c'est que se multiplient à l'échelle de l'histoire
12:39les récits d'exécution, soit qui sont, on va dire, inopérantes,
12:44comme on l'a dit tout à l'heure, soit qui, en fait, prennent un temps conséquent
12:47avec des tortures.
12:48Le nombre d'exécutions où il a fallu sortir l'aiguille,
12:51la remettre dans l'autre bras,
12:53où il a fallu, parce que l'aiguille ne fonctionnait pas,
12:55passer par la chaise électrique,
12:57avec une éponge qui n'était pas suffisamment mouillée,
13:00où il a fallu ensuite changer de système.
13:02Il y a des gens qu'on a tenté d'électrocuter trois fois
13:06avant d'arriver à le faire.
13:08Est-ce qu'on imagine l'abomination que c'est,
13:11humainement parlant ?
13:12Et je le dis aussi de façon très objective,
13:14à la fois pour celui qui est exécuté,
13:16mais pour les exécutants.
13:17C'est évidemment quelque chose qui est abominable.
13:22Je crois qu'on gagnerait à analyser la psychologie des bourreaux,
13:25parce qu'eux aussi, je me refuse, moi, en tant qu'avocat,
13:28à considérer que les hommes sont des animaux
13:30et qu'après tout, ils le font de gaieté de cœur.
13:32Je pense que c'est évidemment abominable aussi pour eux,
13:35et qu'il faut aujourd'hui se poser la question de la barbarie,
13:38parce que c'est une barbarie, de ces exécutions.
13:41Est-ce que le cas Carter et le cas Pike,
13:44qui sont effectivement deux cas bien différents,
13:46peuvent faire bouger les lignes autour de la peine de mort,
13:48ou est-ce que c'est un vœu pieux qu'on formule tous ici autour de la table ?
13:51Ça dépendra de Donald Trump,
13:53et de la folie du moment de Donald Trump.
13:56Malheureusement, aujourd'hui,
13:57on a à la tête des Etats-Unis un enfant
13:59qui, lorsqu'il a décidé que c'était le vent du moment,
14:03va faire A, et quand il a décidé que c'était plus le temps du moment,
14:07va faire B.
14:08Moi, je crois qu'un régime qui fonctionne
14:11avec des politiques responsables
14:13devrait, en réalité, se dire
14:15« Je crois qu'on a vu, qu'on a vécu,
14:17qu'on a éprouvé ces exécutions
14:19et ce scandale du couloir de la mort
14:22et la façon qu'on a de traiter les hommes,
14:23y compris les criminels,
14:25et arrêter, tout simplement, aujourd'hui,
14:27avec la peine de mort. »
14:29Voilà, je serais ravi de vous dire que j'y crois,
14:31mais j'y crois pas.
14:33Merci, merci Charlotte,
14:34merci à tous les deux pour votre éclairage
14:36et votre participation.
14:37Vous pouvez retrouver cet épisode
14:38et tous les autres sur BFM
14:40et les plateformes de streaming.
14:41Nous, on se donne rendez-vous la semaine prochaine
14:42pour un nouvel épisode d'Affaires suivantes,
14:45le podcast Inédit.
14:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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