- il y a 15 minutes
"L'Heure du Crime" consacre cette émission à François Vérove, alias le Grêlé, longtemps recherché pour des viols et meurtres commis entre les années 1980 et 1990. À partir du meurtre de Cécile Bloch, l'enquête suit un mode opératoire, des témoignages, des portraits-robots puis une empreinte ADN devenue centrale. Un policier de la Crim raconte de l'intérieur la lente progression du dossier.
L'émission revient sur les recoupements avec d'autres affaires, les vérifications menées dans la police et la gendarmerie, puis l'identification finale de François Vérove. Elle éclaire aussi la personnalité du suspect, son suicide en 2021 et les interrogations persistantes sur le nombre réel de victimes.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
L'émission revient sur les recoupements avec d'autres affaires, les vérifications menées dans la police et la gendarmerie, puis l'identification finale de François Vérove. Elle éclaire aussi la personnalité du suspect, son suicide en 2021 et les interrogations persistantes sur le nombre réel de victimes.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:0114h15, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:06C'est donc l'épilogue d'un mystère qui aura duré 35 ans recherché depuis les années 80.
00:12Celui qu'on avait surnommé le grêlé, tueur et violeur en série, vient d'être identifié.
00:16Il s'agit en fait d'un ancien gendarme.
00:19Il s'est suicidé en laissant une lettre dans laquelle il s'accuse de 6 viols et de 4 meurtres.
00:25Bonjour, François Verove, alias le grêlé, tueur à 24 ans, suicidé à 59 ans.
00:32Au moins 5 crimes à son actif, violents, cruels, sadiques.
00:37Il aura fallu 35 ans pour identifier cet ancien gendarme et policier qui, au 36 quai des Orfèvres, portait le
00:44nom de code de SK2.
00:47Pour la première fois, un enquêteur de la brigade criminelle nous emmène dans les coulisses de cette longue traque.
00:52Le grêlé, un enquêteur raconte l'heure du crime.
00:56Votre rendez-vous 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
01:08Lundi 5 mai 1986, dans la matinée, les policiers de la brigade criminelle sont à l'œuvre dans les sous
01:15-sols du 116 de la rue Petit, dans le 19e arrondissement de Paris.
01:19Un peu plus tôt, le corps d'une petite fille de 11 ans, Cécile Bloch, a été retrouvée ici, roulée
01:27dans un morceau de moquette sale.
01:29Les photos de l'identité judiciaire frappent les esprits.
01:32La victime a une main levée vers le ciel, un ultime geste de défense face à un agresseur qui ne
01:39lui a laissé aucune chance.
01:41Son visage est griffé, couvert de bleu.
01:44Son sweatshirt est maculé de sang, le bas du corps dénudé.
01:48Elle a été violée, puis étranglée avec une cordelette.
01:52Pas d'empreinte digitale relevée, son cartable est au sol, à faire disperser.
01:58Cécile partait à l'école, le collège Georges Rouault.
02:02Luc, son demi-frère, avait quitté peu auparavant l'appartement familial au troisième étage.
02:08Il se souvient avoir croisé dans le Mont-Charge un homme qui n'habite pas l'immeuble et qui n
02:13'a pas dit en mots.
02:14L'ascenseur était en panne, bloqué au sous-sol.
02:17L'inconnu portait un blouson de cuir, un jean usé, des baskets.
02:22Son visage portait des marques d'acné ou de variole.
02:26Il sera donc surnommé le grêlé.
02:32La crime va rapprocher le meurtre de Cécile Bloch d'une autre affaire.
02:37Étrangement ressemblante.
02:39Un mois auparavant, le lundi 7 avril 1986,
02:42Sarah, 8 ans, a été attaquée, place de la Vénécie, dans le 13e arrondissement,
02:49coincée dans l'ascenseur, traînée dans un couloir, ligotée, baïonnée, violée.
02:55Du sperme est prélevé sur trois mouchoirs en papier.
02:58Les policiers sont certains que le violeur est meurtrier de Cécile
03:03et Sarah ne font qu'un seul et même homme.
03:0617 mois plus tard, 14e arrondissement,
03:09Marianne, 14 ans, rentre vers 13h de son lycée.
03:12Elle aussi, surprise dans l'ascenseur, poussée dans l'appartement vide à cette heure-là de tout occupant,
03:18ligotée, violée sur son lit.
03:21Marianne va décrire un homme jeune en blouson militaire kaki.
03:25Il lui a montré une carte tricolore, a déclaré qu'il était policier, a sorti une arme.
03:30Le violeur a laissé des traces sur la couette.
03:33Il s'agit encore du grêlé.
03:36Après cette attaque, il ne va, en apparence, plus se manifester.
03:41Comme disparu de la circulation, évaporé !
03:44Aucun nouveau crime approchant n'est recensé.
03:48Six ans de silence.
03:49Jusqu'au 29 juin 1994, en Seine-et-Marne,
03:52Ingrid, 11 ans, est embarqué par un homme en voiture, il se dit policier,
03:57direction une ferme abandonnée dans l'Essonne.
03:59La petite fille est violée.
04:01Puis l'homme s'en va.
04:06Mardi 23 juillet 1996,
04:0910 ans après le meurtre de la petite Cécile Bloch,
04:12le généticien Olivier Pascal,
04:14pionnier de l'ADN, missionné par la juge d'instruction parisienne Brigitte Brun,
04:19identifie pour la première fois l'empreinte génétique du grêlé.
04:23X, Y, numéro 16, 17, 16, 17, 7, 9, 3.
04:32Derrière ce matricule, un violeur et un meurtri en série.
04:38L'ADN.
04:39On est là 10 ans après le début de cette enquête sur le grêlé.
04:42J'ai envie de dire 10 ans déjà.
04:44Un homme qui obsède la brigade criminelle,
04:47des policiers qui ne se doutent pas que les investigations vont prendre encore plus de 20 ans.
04:52On va voir de l'intérieur, dans le prochain chapitre de l'heure du crime,
04:56comment la police va se rapprocher de ce criminel malicieux et hors normes.
05:01Bonjour Christian Le Jalet.
05:02Bonjour.
05:03Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans cette heure du crime.
05:05Vous êtes ancien chef de l'unité Cold Case à la brigade criminelle de Paris,
05:10au 36 qu'est des Orphèves.
05:11La crime, c'est elle qui a suivi toute cette enquête sur le grêlé.
05:14Et vous publiez ce livre aux éditions Fabre.
05:18Escadeux sur la trace du tueur le grêlé.
05:20Et récit exclusif de l'enquêteur chargé du Cold Case,
05:23élucidé après 35 ans.
05:25Voilà.
05:25On a ce résumé, Christian Le Jalet,
05:2835 ans d'enquête, vous arrivez à la crime,
05:31quand vous débarquez dans ce service,
05:34l'affaire du grêlé, elle existe déjà ?
05:36Il y a son portrait robot dans les bureaux ?
05:38Oui. Moi, je suis arrivé à la brigade criminelle en 1993.
05:44J'ai été affecté à un groupe d'Odile Ferris,
05:48qui elle-même avait pris la succession du groupe Bernard Pascalini,
05:52en charge du dossier de la petite Cécile Bloch.
05:54L'enquête était déjà close quand je suis arrivé,
05:58mais l'archive se trouvait dans ce groupe,
06:01et j'ai donc pu la consulter.
06:04Quand vous dites close, c'est-à-dire qu'il y avait un non-lieu déjà ?
06:07Voilà, le non-lieu avait été prononcé,
06:09donc il n'y avait plus d'enquêteurs,
06:12plus personne ne travaillait sur ce dossier à ce moment-là.
06:14A l'époque, effectivement, on referme les dossiers assez vite,
06:16c'est un peu moins le cas aujourd'hui, fort heureusement.
06:18Alors, ils ne l'ont pas refermé très vite.
06:20L'enquête a quand même duré près de 6 ans.
06:23Je pense que les enquêteurs de l'époque ont fait leur maximum.
06:26Ils n'avaient pas énormément d'éléments matériels,
06:28malheureusement, pour cette affaire,
06:30mais on ne peut pas dire qu'ils l'ont négligée.
06:32Pourquoi cette affaire,
06:35je parle de Cécile Bloch là,
06:36c'est la première affaire entre guillemets
06:38qu'on attribue au grêlé,
06:41pourquoi l'affaire de cette petite fille,
06:42elle choque autant les imaginations ?
06:45Parce que tout de suite, on va dire,
06:46il faut qu'on trouve,
06:47c'est trop horrible ce qui s'est passé,
06:48il faut qu'on trouve.
06:50Ben oui, vous savez, le meurtre d'enfant,
06:52c'est, je crois, ce qu'il y a de pire pour tout le monde.
06:55Et les enquêteurs, bien sûr,
06:57n'aiment pas qu'on s'attaque à ce symbole de l'innocence.
07:02Et bien sûr, tout est mis en œuvre pour solutionner,
07:06mais il faut le faire avec les éléments d'enquête
07:08qu'on peut avoir à l'époque.
07:09Alors c'est intéressant,
07:10ce que vous dites, Christian Le Jalet,
07:11très intéressant,
07:12parce qu'à l'époque,
07:13vous avez déjà beaucoup d'éléments.
07:15Il y a des portraits robots,
07:17il y en a plusieurs qui ont été dessinés.
07:20Il y a un groupe sanguin,
07:22il y a des traces génétiques.
07:24Alors à l'époque, évidemment,
07:24l'ADN, on n'y est pas encore tout à fait.
07:27Mais pourquoi cette enquête,
07:28elle est si difficile ?
07:31Alors là, je veux juste rectifier,
07:33parce qu'effectivement, en 96,
07:35nous, quand on va reprendre cette affaire,
07:37nous n'avons que deux dossiers,
07:39qui sont Cécile Bloch,
07:40et puis l'affaire qui est à terre attachée,
07:42donc l'affaire de l'agression de la petite Sarah.
07:45Et à ce moment-là,
07:46nous n'avons qu'un seul porteur robot,
07:47qui est un porteur robot d'une personne
07:49à la peau grêlée.
07:51Il faudra attendre, effectivement,
07:541999-2000,
07:56pour que des rapprochements soient faits,
07:57notamment avec l'agression d'Ingrid et Marianne.
08:00D'accord, ça va être progressif, c'est ça ?
08:02Voilà, et à ce moment-là,
08:03effectivement, nous allons voir
08:03plusieurs porteurs robots,
08:06qui, bien sûr,
08:07sont ceux d'un Européen,
08:09d'une personne Européenne,
08:10mais qui ne sont pas si ressemblants, finalement.
08:14Le groupe sanguin,
08:15ça ne veut pas dire grand-chose, c'est ça ?
08:17Le groupe sanguin,
08:18il est groupe A, positif,
08:20et effectivement,
08:20vous savez que ça concerne quasiment
08:22un tiers de la population française,
08:24donc ce n'est pas discriminant.
08:26Et quant à la description de l'auteur,
08:29voilà, vous avez un Européen,
08:31âgé entre 20 et 30 ans,
08:34assez grand,
08:35normalement des cheveux châtains,
08:37raides,
08:38et il a cette particularité
08:40d'avoir une peau peut-être grêlée,
08:42mais, si vous voulez,
08:43ça fait quand même,
08:44pour l'ensemble,
08:46une description assez commune,
08:47qui peut concerner des dizaines
08:48de milliers de personnes.
08:49Oui, et puis on suppose
08:50que les victimes,
08:51très jeunes, là en l'occurrence,
08:52sont terrorisées,
08:54pas le temps, peut-être,
08:55de voir exactement,
08:58physiquement,
08:58à quoi ressemble cet homme.
08:59Bien sûr, bien sûr,
09:00la description,
09:01vous savez,
09:01quand vous êtes face
09:03à un prédateur,
09:04voilà,
09:04vous êtes sidéré,
09:06vous perdez un petit peu,
09:07peut-être aussi,
09:08cette notion de la personne,
09:09vous la voyez parfois
09:10à genoux devant vous,
09:12debout,
09:12vous êtes vous-même au sol
09:14où vous êtes assise,
09:17et c'est vrai que les descriptions
09:19peuvent être très aléatoires,
09:21parfois.
09:21Alors, il y a quelque chose,
09:22évidemment,
09:22qui va être un fil rouge
09:23dans cette histoire,
09:24on va parler un peu de l'ADN,
09:25mais un peu plus tard,
09:26c'est la carte tricolore.
09:29Il y a des témoignages
09:30qui disent,
09:31ils montrent une carte,
09:33carte tricolore,
09:34les victimes ne savent pas
09:35ce que c'est,
09:35mais une carte tricolore,
09:36policier,
09:37gendarme,
09:38il y a même un pistolet,
09:39à un moment donné,
09:39il exhibe un pistolet.
09:41Ça, c'est un détail
09:42qui vous frappe beaucoup,
09:43non ?
09:43Oui, alors là,
09:44c'est pareil,
09:45vous allez parler
09:46des rapprochements
09:47qui ont été faits
09:48dans les années 99-2000
09:49avec l'affaire de Marianne.
09:51Au tout départ,
09:52nous n'avons pas
09:52cette notion de policier,
09:54elle va arriver
09:55qu'avec l'affaire de Ingrid.
09:57La petite fille enlevée.
09:58C'est ça, en 96,
09:59où là,
09:59on va avoir l'auteur
10:00qui va se présenter
10:01comme étant policier.
10:03Le rapprochement sera fait
10:04avec Marianne,
10:05mais qu'en 99,
10:06et là, effectivement,
10:06cette notion de policier,
10:07elle va prendre son importance.
10:08C'est bizarre, quand même.
10:09Mais dès le départ,
10:11il faut bien comprendre
10:11que dès 96,
10:13avec Ingrid,
10:14nous n'avons pas négligé
10:15cette piste.
10:16Nous avons tout de suite pensé,
10:17nous,
10:19que ça pouvait effectivement
10:20être un policier
10:21parce qu'il avait
10:22ce comportement.
10:24Il portait quand même
10:25une paire de menottes.
10:26Il la menottait,
10:26la petite.
10:27C'était donc pas exclure.
10:29Donc, si vous voulez,
10:29on a travaillé avec l'IGS,
10:31on a travaillé avec l'IGPN
10:32à l'époque.
10:32On a consulté
10:33des archives chez eux
10:36et finalement,
10:37on n'a pas négligé
10:38cette piste.
10:38On a même,
10:39si vous voulez,
10:40s'intéressé à tous
10:41les services de police
10:42et les unités de police
10:43qui pouvaient s'entraîner
10:44sur le lieu
10:45où la petite Ingrid
10:46a été agressée.
10:47Donc ça,
10:48on a toujours eu
10:50cette idée en filigrame.
10:51Dans le sillage du tueur,
10:53un massacre à Paris,
10:54dans le marais,
10:56le grêlé,
10:57un enquêteur raconte
10:59disparaître le jour
11:00de son rendez-vous
11:01devant les policiers,
11:02ça n'a rien d'anodin.
11:03L'enquête de l'heure du crime,
11:05on se retrouve
11:05dans un instant sur RTL.
11:11Tous les jours,
11:13toute la journée,
11:15c'est RTL.
11:21L'heure du crime,
11:22c'est avec Jean-Alphonse Richard
11:24sur RTL.
11:25L'heure du crime,
11:27consacrée à François Vérove
11:28alias le grêlé,
11:29un violeur et tueur
11:30insaisissable
11:31mais qui laisse des traces.
11:33Dix ans après son premier meurtre,
11:35son ADN est identifié
11:36et il va mener
11:37à d'autres scènes de crime.
11:42Mars 2000,
11:43la justice décide
11:44de regrouper
11:45tous les dossiers
11:46où le profil génétique
11:47du grêlé
11:48a pu être détecté.
11:49La brigade criminelle
11:50hérite de l'affaire
11:51et se penche donc
11:52sur les cas
11:53de Cécile Bloch,
11:54Sarah,
11:56Marianne,
11:57Ingrid.
11:57Grâce à l'ADN,
11:59le grêlé
11:59apparaît également,
12:01à la surprise générale,
12:02derrière un double crime
12:04retentissant,
12:05jusqu'ici
12:06pas pris en compte
12:07dans cette série.
12:08Le 29 avril 87,
12:11les corps de Gilles Politi,
12:1338 ans,
12:14mécanicien à Air France,
12:15et d'une baby-sitter allemande,
12:18Irmgard Müller,
12:1921 ans,
12:21étaient découverts
12:21au numéro 7
12:22de la rue
12:23Sainte-Croix
12:23de la Bretonnerie,
12:25quartier du Marais
12:25à Paris.
12:26Une scène
12:27d'une grande cruauté,
12:29brûlure de cigarettes,
12:30usage d'un garrot
12:31pour tuer l'homme
12:32entièrement dénudé,
12:33baby-sitter ligoté
12:34et suspendu
12:35au montant
12:36d'un lit
12:36superposé,
12:37morte,
12:38après avoir
12:39longuement suffoqué.
12:40La gardienne
12:41avait vu
12:42un jeune homme
12:43en jean
12:43avec de grosses mains
12:44entrer dans l'immeuble.
12:46Dans le carnet
12:47d'Irmgard Müller,
12:49les policiers
12:50avaient découvert
12:5030 noms d'hommes.
12:52Un seul
12:53n'a jamais pu être identifié,
12:55celui d'un certain
12:56Elie Lorange,
12:57accompagné
12:58d'une fausse adresse
12:59dans le 13e arrondissement,
13:00une ancienne
13:02annexe
13:02administrative
13:03de la police.
13:07Les années
13:08défilent,
13:09aucune piste
13:10ne mène
13:10jusqu'au grêlé.
13:11Son portrait
13:11robot reste affiché
13:12à la brigade criminelle.
13:14Les rapprochements
13:15réguliers
13:15effectués
13:16avec d'autres dossiers
13:17ne sont pas concluants.
13:18On finit par croire
13:19que le grêlé
13:20est mort
13:20ou bien parti
13:21loin de la France.
13:23En 2005,
13:24un vaste coup
13:25de filet
13:25est lancé
13:26aux 36
13:26quai des Orfèvres.
13:28135 personnes
13:29interpellées,
13:30interrogées,
13:30mais le suspect
13:31numéro 1
13:32n'est pas dans le lot.
13:33La recherche
13:34en parentèle
13:35toujours par le biais
13:36de l'ADN
13:37ne donne rien.
13:38Pour les neuf juges
13:39d'instruction
13:40qui vont se succéder,
13:41le grêlé
13:42est un fantôme.
13:472014,
13:4828 ans
13:49après le meurtre
13:50de Cécile Bloch,
13:52la très expérimentée
13:53Nathalie Turquet,
13:54vice-présidente
13:55de l'instruction
13:56au tribunal judiciaire
13:57de Paris,
13:58reprend le dossier
13:58du grêlé.
13:59La magistrate
14:00est intriguée
14:01par un point
14:02qui hante
14:03depuis le début
14:03les enquêteurs.
14:04Le fait que le tueur
14:06se soit souvent présenté
14:07à ses victimes
14:08comme un policier
14:09ou un gendarme.
14:11Carte professionnelle
14:12tricolore à l'appui.
14:13Les listes de personnel,
14:15police,
14:15gendarmerie,
14:16en poste à Paris,
14:17en région parisienne,
14:18au moment des crimes
14:18sont établies.
14:20Les cas des fonctionnaires
14:21radiés ou impliqués
14:22dans des affaires sexuelles
14:24vérifiés.
14:25Les gendarmes,
14:26moins nombreux
14:26que les policiers
14:27dans la zone Paris
14:28et qui exerçaient
14:29dans les années 86-87
14:31sont ciblés,
14:32on tient compte
14:33de leur âge
14:34au moment des faits.
14:35Lors de ces premiers méfaits,
14:37le grêlé était décrit
14:38comme un jeune homme
14:39autour de 25-28 ans.
14:42La gendarmerie
14:42ouvre ses archives.
14:44Les convocations
14:45pour des prélèvements ADN
14:46à Paris
14:47et dans les régions
14:48commencent.
14:49Travail parti
14:50pour durer des années.
14:51Les tests négatifs
14:52se suivent.
14:53Aucun gendarme
14:55ne reconnaît
14:55un de ses collègues
14:56en examinant
14:57le portrait robot.
14:58Mercredi 29 septembre 2021,
15:01fin de matinée,
15:02Christian Le Jalet,
15:03chef de l'unité
15:04Colcase
15:05à la brigade criminelle
15:06est prévenu
15:07qu'un ancien gendarme,
15:08attendu
15:09pour un prélèvement biologique,
15:11ne s'est pas présenté
15:12au rendez-vous
15:13à Montpellier.
15:14Il s'appelle
15:14François Verov,
15:15il a 59 ans,
15:17il en avait 24
15:18à la mort de Cécile Bloch.
15:20Disparaître
15:20le jour de son rendez-vous
15:22devant des policiers,
15:23ça n'a rien d'anodin,
15:25va dire le chef
15:26de l'unité Colcase
15:27de la crime,
15:28Christian Le Jalet.
15:30Et évidemment,
15:31le masque
15:32de cet ex-gendarme
15:33va tomber.
15:34Après 35 ans
15:36d'enquête,
15:37le grêlé
15:37va donc apparaître
15:39sous les traits
15:39de François Rérove.
15:40Il se savait piégé,
15:42il va donc préférer
15:43la mort
15:43à un éternel déshonneur.
15:45On va raconter tout ça
15:46évidemment
15:46dans le prochain chapitre
15:47de l'heure du crime.
15:49Avec nous,
15:49dans cette heure du crime,
15:50Christian Le Jalet,
15:51ancien chef
15:52de l'unité Colcase
15:53à la brigade criminelle
15:54de Paris,
15:54au 36 Quai des Orfèvres
15:55et auteur d'un ouvrage
15:57sur toute cette affaire
15:59qui est paru
16:00aux éditions Favre.
16:01Petite question avant tout,
16:03Christian Le Jalet.
16:04Finalement,
16:04à la brigade criminelle,
16:05vous avez surnommé
16:06le grêlé,
16:07l'insaisissable grêlé,
16:09j'ai envie de dire,
16:09SK2.
16:10Ça veut dire quoi,
16:11SK2 ?
16:12Oui,
16:13alors cette appellation
16:13est arrivée un peu plus tard.
16:16Nous travaillions initialement
16:17sur l'affaire Cessi Bloch
16:18et donc à ce moment-là,
16:19nous cherchions
16:20un seul assassin.
16:22Et donc,
16:23avec l'arrivée de l'ADN
16:25et le rapprochement
16:26qui ont été effectués,
16:27donc avec Ingrid
16:29et puis Marianne
16:31et le double assassinat
16:33de Gilles Poletti
16:34et Ingard Müller,
16:35nous avons eu donc,
16:37pour le point commun,
16:38la même trace génétique
16:39pour toutes ces affaires
16:40et du fait,
16:42nous ne cherchions plus,
16:43non pas un assassin,
16:45mais effectivement,
16:46un tueur en série.
16:47D'où l'appellation
16:49qui a été donnée
16:49effectivement
16:50par le généticien
16:51Olivier Pascal
16:52qui baptisait
16:54cette trace SK2
16:56qui en fait faisait écho
16:58à SK1.
16:59SK1 étant effectivement
17:00la trace génétique
17:01apparue sur une série
17:03de meurtres de jeunes femmes
17:05et qui avait pu être attribuée
17:06à l'époque à Guy Georges.
17:07À Guy Georges,
17:08SK pour serial killer,
17:09évidemment,
17:09SK1 puis SK2
17:11pour le grêlé.
17:13Un mot,
17:13Christian Le Jalet,
17:15le double meurtre du Marais.
17:16Là, on n'est pas du tout,
17:18a priori,
17:19dans la zone
17:20dans laquelle
17:21le grêlé
17:21a prospéré.
17:23Ce ne sont pas
17:24des jeunes filles
17:25qui sont attaquées,
17:25c'est un couple
17:27adulte
17:27et un qui plus est,
17:28torturé
17:29de manière épouvantable.
17:30Comment vous rapprochez ça
17:32du grêlé ?
17:32C'est l'ADN ?
17:33Oui,
17:34c'est encore une fois
17:35l'ADN
17:35qui fait ce rapprochement.
17:37C'est l'affaire
17:38Gilles Politi,
17:39Ingrid Muller
17:40et l'affaire
17:41Cécile Bloch
17:42qui étaient deux affaires
17:43de la brigade criminelle
17:43et aucun enquêteur
17:45de ces dossiers
17:47n'a pu faire le lien.
17:49Et c'est ça
17:50qui est effectivement
17:51un peu remarquable,
17:53c'est que,
17:53comme vous disiez,
17:54on est passé
17:55d'agression
17:56de jeunes filles,
17:57de fillettes,
17:58à une agression
18:00d'un couple
18:01majeur
18:02et avec cette fois-ci
18:03des actes de torture.
18:03Donc,
18:04on voit bien
18:04qu'il est difficile
18:06à suivre,
18:07on voit bien
18:07que même les enquêteurs
18:09ont du mal
18:09à essayer
18:11de le comprendre,
18:12tout simplement.
18:12Il est multicarte ?
18:13Il est multicarte,
18:14il change de lieu,
18:15vous voyez,
18:16on passe sur
18:16différents arrondissements
18:17de Paris,
18:18du 13ème au 19ème,
18:20au 14ème
18:21et puis on va même
18:22jusqu'à la Grande Banlieue
18:23avec Ingrid
18:23et à chaque fois,
18:25effectivement,
18:26on a des modes opératoires
18:27qui changent,
18:28une fois c'est
18:28un enlèvement
18:29avec une voiture
18:30et d'autres fois
18:31c'est une agression
18:32dans les sous-sols
18:33puis dans les appartements.
18:35Il est vraiment compliqué.
18:37Compliqué,
18:38oui compliqué,
18:38j'allais le dire d'ailleurs,
18:39ça complique évidemment
18:40votre tâche
18:41et la tâche
18:41de vos collègues du 36.
18:43Alors,
18:44il y a cette idée
18:45de la juge turquée,
18:46des tests étendus,
18:47à des centaines
18:48de fonctionnaires
18:49de police
18:50et puis ensuite
18:50de gendarmerie.
18:52Police,
18:52gendarmerie,
18:53c'est une montagne
18:53de travail ?
18:54Oui,
18:55alors bien sûr.
18:56Et c'est la dernière carte
18:58qu'on a bas finalement ?
18:59Oui,
18:59c'est la dernière carte,
19:00on a été dans la progression,
19:02on a suivi effectivement,
19:03enfin moi,
19:04j'ai personnellement suivi
19:05des pistes d'enquête
19:07les unes après les autres,
19:08on a essayé d'enfermer une
19:09avant de commencer une autre,
19:10on arrivait effectivement
19:12sur la fin
19:12et il restait cette possibilité.
19:15Alors oui,
19:16effectivement,
19:16ça demande du travail
19:17puisque il faut,
19:19pour toutes ces personnes-là,
19:21il faut s'assurer
19:22qu'elles soient toujours en vie,
19:24il faut s'assurer
19:26qu'elles ne soient pas
19:26déjà inscrites au FNEG,
19:28qu'elles ne soient pas
19:28à l'étranger,
19:29il faut aussi voir
19:30si elles correspondent
19:31aux critères
19:32que nous,
19:32nous avons déjà préétablis.
19:33Nous cherchons
19:34un individu européen
19:35avec des critères
19:36bien précis,
19:37tout ce qui sortait
19:38de ces critères,
19:39en fait,
19:39on pouvait les exclure.
19:40Christian Le Jallet,
19:41il y a un chapitre
19:43dans votre livre,
19:44que je trouvais saisissant d'ailleurs,
19:46c'est lorsqu'on vous annonce
19:47qu'il y a un de ces gendarmes,
19:48vous êtes en train de tester,
19:49vous suivez tout ça
19:50un petit peu de loin d'ailleurs,
19:51tout est négatif,
19:53les tests se multiplient,
19:54il n'y a pas de réponse,
19:55et puis d'un seul coup,
19:56vous apprenez
19:56qu'il y a un gendarme
19:57qui n'est pas venu
19:57à la convocation.
19:59Et là,
19:59ça fait tilt chez vous.
20:00Oui,
20:01effectivement,
20:01alors nous,
20:02c'est ce que nous attendions,
20:04toutes les personnes
20:05qui refuseraient
20:06de se présenter
20:07à leur convocation,
20:08toute personne
20:09qui refuserait
20:10le prélèvement génétique,
20:11bien sûr,
20:12nous intéressait
20:13au premier point.
20:14Donc,
20:15lorsque je reçois
20:16l'appel de Montpellier,
20:18effectivement,
20:19c'est intéressant,
20:20puisqu'on va se rendre compte
20:22qu'il est porté disparu,
20:24c'est sa femme
20:24qui va signaler
20:26une disparition inquiétante,
20:27et on va s'apercevoir
20:28que cette disparition
20:29apparaît
20:30après qu'il ait été contacté
20:32pour se présenter
20:33à la ville de Montpellier.
20:34Routalement,
20:34il s'est envolé,
20:35c'est ça ?
20:35Voilà.
20:36Donc ça,
20:36c'était quand même
20:37très intéressant.
20:39Et en plus,
20:40sa femme disait bien
20:41que de toute façon,
20:42il n'avait jamais fugué,
20:44que ce n'était pas du tout
20:44dans ses habitudes,
20:46jamais, jamais, jamais
20:46il l'avait fait.
20:48Donc voilà,
20:48ça renforçait ses idées.
20:50Après,
20:50il fallait quand même
20:51avoir un petit bémol,
20:52c'est qu'on savait
20:53qu'il était parti en vélo
20:54et que l'accident
20:55était toujours possible.
20:56Bien sûr.
20:57Enfin,
20:57vous allez vérifier
20:58et on connaît la suite.
20:59Un suspect démasqué,
21:01une lettre d'adieu.
21:02Le grêlé,
21:03un enquêteur raconte,
21:04par période,
21:05je n'en pouvais plus,
21:06il me fallait détruire,
21:07salir,
21:08tuer quelqu'un d'innocent,
21:09l'enquête de l'heure du crime.
21:10Qui était vraiment
21:11François Verov,
21:12fonctionnaire anonyme
21:13et père de famille
21:15parfait à suivre
21:16dans un court instant
21:17sur RTL.
21:36Un chef de groupe
21:37exemplaire et respecté,
21:38bien noté par sa hiérarchie,
21:40même jovial.
21:41On ne peut pas imaginer
21:42que cet homme
21:43ait pu aller si loin
21:44dans des actes horribles.
21:47Retour dans l'heure
21:48du crime sur le grêlé.
21:49Un enquêteur
21:50de la brigade criminelle
21:50nous raconte
21:51cette longue traque.
21:52Automne 2009,
21:5335 ans après le début
21:55de l'enquête,
21:55un ex-gendarme et policier
21:57qui vit dans l'Hérault
21:58s'est soustrait
21:59à un prélèvement ADN.
22:00Des recherches sont lancées.
22:05Mercredi 29 septembre 2021,
22:07vers 19h,
22:08les gendarmes se présentent
22:10à la porte d'un appartement
22:11du Gros du Roi,
22:12dans le Gard.
22:13Ils recherchent
22:14un de leurs anciens collègues,
22:16François Vérove,
22:1759 ans,
22:18en poste à Paris
22:19dans les années 80.
22:20Il a quitté sa fonction
22:20à 88,
22:22puis est devenu motard
22:24pour la police
22:24dans les Hauts-de-Seine
22:25et à Montpellier.
22:26Son ADN devait être prélevé
22:28dans l'affaire du grêlé,
22:29mais il n'est pas venu.
22:32On découvre alors
22:33François Vérove
22:34dans cet appartement,
22:36mort.
22:37Il a avalé
22:38une dose massive
22:39de médicaments.
22:40Sur la haute de la cuisine,
22:42sa carte d'identité
22:43avec ce mot.
22:44« Je viens de me suicider
22:46en cas de coma,
22:47ne pas tenter
22:48de me réanimer.
22:49Merci. »
22:50Il laisse une lettre,
22:51deux pages,
22:52à son épouse.
22:53« Ma chérie,
22:54tu m'as connu en 1984,
22:56jeune gendarme.
22:57Tu avais pu déceler
22:59quelques difficultés
23:00que je cachais.
23:01En fait,
23:02je traînais
23:02une rage folle
23:03qui fait de moi
23:04un criminel.
23:05Par période,
23:06je n'en pouvais plus.
23:07Il me fallait détruire,
23:09salir,
23:10tuer quelqu'un d'innocent. »
23:11Il ajoute,
23:12« Je ne pourrai jamais
23:13effacer le mal
23:14que j'ai fait
23:14à ma famille
23:15ainsi qu'aux familles
23:16des victimes.
23:17Je déteste
23:18ce criminel
23:19que j'ai été. »
23:20François Verov
23:21ne fait aucune allusion
23:23au grêlé.
23:27Jeudi 30 septembre,
23:28lendemain de la découverte
23:29du corps de François Verov,
23:31la juge Nathalie Turquet,
23:32sa greffière,
23:33le chef de l'unité
23:34Colcase du 36,
23:35Christian Le Jalet,
23:36et Jean-Michel,
23:37un enquêteur,
23:38se rendent à Montpellier.
23:40À peine arrivé,
23:41le portable de la juge
23:43sonne au bout du fil,
23:44le docteur Olivier Pascal
23:46de l'Institut français
23:47des empreintes génétiques,
23:48celui-là même
23:49qui avait identifié
23:50la séquence ADN
23:51du grêlé.
23:52Il confirme,
23:54« SK2
23:54égale
23:56François Verov,
23:57l'ancien gendarme
23:58et donc bien
23:59le grêlé. »
24:02Christian Le Jalet
24:03qui est avec nous
24:03dans cette heure du crime
24:04ancien chef
24:05de l'unité Colcase
24:06à la brigade criminelle
24:07de Paris
24:07au 36 quai des Orfèvres.
24:09Encore merci
24:09d'avoir accepté
24:10notre invitation,
24:11M. Le Jalet.
24:12Quand on vous dit
24:13que François Verov
24:14s'est suicidé,
24:16on va parler aussi
24:17des mots qu'il a laissés,
24:18que cet homme s'est suicidé,
24:20il y a un peu de rage
24:21chez vous, non ?
24:22Un petit peu de dépit ?
24:24Il vous échappe,
24:25une nouvelle fois ?
24:26Ce que je retiens,
24:27c'est que je suis
24:28effectivement en véhicule
24:29de rentrer chez moi
24:30lorsque j'apprends
24:32cette nouvelle
24:33par l'intermédiaire
24:34de ma collègue
24:35de la PJ de Montpellier
24:36qui m'apprend bien sûr
24:37son suicide
24:38et qui me donne
24:39dans la foulée
24:40lecture de la lettre
24:41qu'il a laissée.
24:43Je ne vous cache pas
24:44que j'ai un petit peu
24:46laissé de côté
24:47cette idée de suicide
24:48pour me concentrer
24:49sur ce qu'il disait
24:50et qui était quand même
24:52saisissant,
24:53qui m'a abasourdi
24:55puisque nous avions
24:56des mots forts,
24:57des phrases puissantes
25:00et là,
25:01j'ai tout de suite compris
25:01qu'on était sur le bon.
25:03Bien sûr.
25:03Alors, on est dans les aveux,
25:05évidemment.
25:05Il dit, je suis un criminel,
25:07ce que j'ai fait est abominable,
25:08mais il ne donne pas de détails.
25:10Et à aucun moment,
25:11il dit le grêlé, etc.
25:12Il n'y a pas de mots là-dessus.
25:13Oui, il ne donne pas de détails.
25:15Je pense que, vous savez,
25:16là, il était dans une phase
25:18où il allait mettre fin à ses jours.
25:20Il est allé à l'essentiel
25:21et ce n'était pas à ce moment-là
25:22qu'il allait nous donner,
25:23effectivement,
25:24des noms de victimes
25:24ou des lieux de commission de crime.
25:26Néanmoins,
25:27sa lettre,
25:28on l'explique bien,
25:29on a un aveu indirect
25:30qui reconnaît
25:31qu'effectivement,
25:32il a été un criminel,
25:33que ce qu'il a fait
25:34est impardonnable.
25:35Bon, on sait
25:36et quand il dit
25:37après plus de 30 ans,
25:39le système judiciaire
25:40m'a rattrapé,
25:41on a tout de suite compris
25:42qu'on était bien sûr
25:43encore une fois
25:44que c'était lui.
25:45Il nous fallait quand même
25:46néanmoins
25:47attendre la confirmation.
25:48La confirmation,
25:48elle vient par l'ADN,
25:50évidemment.
25:50Oui, la confirmation,
25:51on va l'avoir le lendemain,
25:52en fait,
25:53c'est ce que vous expliquiez.
25:54Oui, vous partez à Montpellier,
25:56c'est ça ?
25:56Voilà, au moment
25:57où on arrivait
25:58donc à Montpellier,
25:58effectivement,
25:59on a cet appel
25:59d'Olivier Pascal
26:00et qui,
26:01cette fois-ci,
26:02nous confirme
26:04qu'on a trouvé l'auteur.
26:05C'est vrai que,
26:06voilà,
26:06la trace SK2
26:07va disparaître
26:08pour devenir
26:09le profil
26:09de François Vérov.
26:10Est-ce qu'avec vos collègues,
26:11je ne sais pas,
26:12c'est une réaction peut-être naturelle,
26:13mais vous dites
26:15quel dommage
26:15finalement qu'il se soit suicidé
26:17parce que vous aurez eu
26:18envie de l'entendre,
26:19vous aurez eu envie
26:20de l'avoir déboulé
26:22au 36
26:22et placé en garde à vue
26:23ou bien
26:24directement emmené
26:25chez le juge ?
26:26Bien évidemment,
26:27on aurait bien aimé l'entendre,
26:28j'aurais bien aimé l'entendre.
26:30Après,
26:30ce qu'il faut bien comprendre,
26:31c'est
26:31qu'il n'est pas sûr
26:33que même si nous l'avions récupéré
26:35vivant
26:36et en garde à vue,
26:38il n'est pas du tout sûr
26:39qu'il nous ait
26:40raconté l'histoire.
26:41Ah bien sûr !
26:42C'est le genre d'affaires
26:43qui sont souvent
26:44inavouables
26:45et si vous prenez
26:46les autres serial killers,
26:48mais en général,
26:49ils se livrent
26:49très difficilement
26:50et ce qu'ils disent,
26:51c'est des choses
26:51du bout des lèvres
26:52et ils ne donnent pas
26:53des détails particuliers.
26:55Donc oui,
26:55ça aurait été très bien,
26:57bien entendu,
26:57que je puisse l'entendre,
26:58qu'il puisse être déféré,
27:00que le juge puisse
27:01le mettre en examen
27:02et puis qu'on puisse
27:03travailler surtout
27:03sur d'autres affaires
27:04qu'on ne connaît pas
27:05et dont il est certainement auteur.
27:07Je vous pose la question,
27:08Christian Le Jalet,
27:09qui est d'ailleurs
27:10dans votre livre
27:11« Escadeux sur la trace
27:12du tueur, le grêlé »,
27:13est-ce qu'on aurait pu
27:14éviter le suicide ?
27:16Est-ce que finalement,
27:17voilà,
27:18ces tests-là,
27:19ça a figé ce personnage,
27:21il est parti,
27:22il s'est suicidé,
27:22est-ce qu'on aurait pu
27:23éviter ce moment ?
27:25Non.
27:26Dans le contexte
27:27dans lequel on était,
27:27si vous voulez,
27:28nous étions sur une...
27:30des gendarmes
27:31qui avaient donc
27:31fait leur carrière
27:33dans la gendarmerie,
27:34qui avaient tous
27:34des bons états de service,
27:37sur lesquels on n'avait
27:37bien entendu aucun élément
27:39de nature
27:40à douter
27:42qu'il soit l'auteur.
27:44Il n'y avait pas
27:44d'indice grave et concordant,
27:45comme on dit,
27:46de façon à les mettre
27:46en garde à vue.
27:47Donc,
27:48partant de ce principe,
27:49quand vous ne mettez pas
27:50en garde à vue,
27:51vous convoquez les personnes,
27:52vous leur envoyez
27:53une convocation
27:54ou vous leur téléphonez,
27:55mais à ce moment-là,
27:56effectivement,
27:58il y a toujours
27:58un délai,
27:59si vous voulez,
28:00entre le moment
28:00où ils reçoivent
28:01la convocation
28:02ou vous les appelez
28:03et le moment
28:04où ils vont venir
28:05et bien entendu,
28:06ce moment-là
28:06est propice
28:07à la réflexion
28:09et effectivement
28:10à prendre des décisions
28:11et je pense que
28:12c'est le cas
28:13de François Verov,
28:14il a bien compris
28:14ce qu'il en était
28:16et moi,
28:17je subodore même
28:18qu'il avait peut-être
28:19son plan B
28:19et qu'il savait
28:20que si ça arrivait un jour,
28:21il savait ce qu'il allait
28:22faire.
28:23Oui,
28:23parce que le jeu
28:24pour lui était fini.
28:25Voilà,
28:25le jeu était terminé,
28:26il était au bout
28:27et il n'avait pas
28:28d'autres échappatoires,
28:29sans doute que la mort
28:30justement aussi,
28:31peut-être pour ne pas
28:33entraîner sa famille
28:35dans cette galère.
28:37À la recherche
28:38d'autres victimes.
28:39Le grêlé,
28:40un enquêteur raconte,
28:42le ciel me tombe
28:43sur la tête,
28:43j'ai vécu 36 ans
28:45avec un gars,
28:46même les enfants
28:47m'ont dit,
28:48papa,
28:48c'est deux individus.
28:50L'enquête de l'heure
28:51du crime,
28:51on se retrouve
28:52dans un instant
28:52sur RTL.
28:54Merci d'écouter RTL.
29:03RTL.
29:05Votre radio.
29:07L'heure du crime,
29:08c'est avec Jean-Alphonse
29:09Richard sur RTL.
29:12Au programme
29:12de l'heure du crime,
29:13détail et confidence
29:14sur l'affaire du grêlé,
29:15un policier de la crime
29:16nous raconte
29:17ses 35 années
29:18de traque.
29:19Le grêlé,
29:20alias François Verov,
29:21a été identifié
29:22à l'automne 2021,
29:24il a disparu,
29:25il s'est suicidé.
29:26Malgré cela,
29:27les investigations
29:28ne sont pas terminées.
29:31La juge d'instruction,
29:32Nathalie Turquet,
29:33est loin d'en avoir fini
29:34avec François Verov,
29:35alias le grêlé.
29:36Avec les policiers,
29:37elle va plonger
29:37dans la vie compartimentée
29:39du suspect.
29:40Sa femme,
29:41les deux enfants du couple,
29:42dont une fille
29:43devenue policière,
29:44ne se sont jamais
29:45doutés de quoi que ce soit.
29:47Quand François Verov
29:49a reçu le 27 septembre
29:50le fameux coup de fil
29:52le convoquant
29:53pour un prélèvement ADN,
29:54il n'a pas bronché.
29:56Il a pris poliment
29:57le rendez-vous.
29:58Il a raccroché
29:59et m'a dit que c'était
30:00pour une vieille affaire,
30:01déclare l'épouse,
30:01qui poursuit.
30:02Il n'y a pas eu chez lui
30:03de changement d'attitude.
30:05Quelques minutes après,
30:06on a décidé de partir
30:07faire une balade
30:08le long de la mer.
30:09Il était comme d'habitude.
30:11Aucun changement.
30:12L'épouse est bouleversée.
30:14J'ai le ciel
30:14qui me tombe sur la tête.
30:16J'ai vécu 36 ans
30:17avec un gars.
30:18Même les enfants
30:19m'ont dit
30:19« Papa ? »
30:20Il a deux facettes.
30:21C'est deux individus.
30:23Le dossier médical
30:24de François Verov
30:25mentionne des dépressions.
30:26En 1998,
30:28il avait été placé
30:29sous anxiolytique,
30:30suivi par un psychiatre
30:32de Mitrimori
30:33en région parisienne.
30:34Il avait raconté
30:35que son père l'avait violé
30:36quand il était petit.
30:37Acte qui aurait entraîné
30:39chez lui
30:39des envies de meurtre.
30:41Après quatre mois
30:42de traitement,
30:43il avait été considéré
30:44comme guéri.
30:46L'empreinte génétique
30:47de François Verov
30:48alias Le Grellet
30:49figure sur quatre scènes
30:50de crimes et de viol
30:51perpétrés entre
30:52mai 1986 et juin 1994.
30:55Les enquêteurs
30:56lui attribuent
30:56la paternité
30:57d'une dizaine de crimes.
30:59Il serait par exemple
31:00derrière la mort
31:00de Gilbert Gaudry,
31:0243 ans,
31:03attaché à un arbre
31:04dans la forêt
31:05de Saint-Aubin,
31:06dans l'Essonne.
31:07Abattu d'une balle
31:08dans la tête,
31:09son chéquier
31:09avait été dérobé.
31:11La signature sur l'échec
31:12a bien été faite,
31:13selon les graphologues,
31:15par François Verov.
31:18Christian Le Jalet,
31:19vous êtes avec nous
31:19dans cette heure du crime.
31:20Ancien chef
31:21de l'unité Colquays
31:22à la brigade criminelle
31:23de Paris,
31:2336 qu'est désorfait.
31:25Vous avez suivi
31:25une très très grande partie
31:26de cette enquête
31:28sur le grêlé.
31:29On l'a identifié
31:3035 ans
31:31après
31:32ses premiers crimes.
31:34Question pour vous,
31:34Christian Le Jalet.
31:35François Verov,
31:36alias le grêlé,
31:37il avait une vie
31:38très compartimentée,
31:39j'ai envie de dire,
31:40même presque étanche.
31:42Même ses proches
31:43n'étaient pas au courant
31:44de ce qu'il avait pu faire
31:45et des horreurs
31:45qu'il avait pu commettre.
31:47Comment vous expliquez ça ?
31:49Comment on arrive
31:50à cet état de...
31:51C'est presque schizophrénique
31:52chez lui ?
31:53Oui, alors il faut comprendre
31:55que dès le départ,
31:56lorsque François Verov
31:58est affecté
31:59à la garde républicaine
32:00à Paris,
32:01il dit donc
32:02à son épouse
32:03qu'il peut être
32:05rappelé
32:0624 heures sur 24,
32:07qu'il ne pourra pas
32:08toujours dire,
32:10parler de ses activités
32:12professionnelles.
32:13Du fait,
32:14il a de l'emblée
32:15mis cette petite
32:18estrade,
32:18un petit peu,
32:19cette petite séparation
32:20avec sa vie privée
32:21et sa vie professionnelle
32:23et son épouse
32:24s'en est contentée
32:25donc elle ne le contactait pas
32:27ou elle ne lui parlait pas
32:29de boulot.
32:29Elle ne le questionnait pas
32:30sur son travail
32:32ni sur les endroits
32:33où il pouvait se rendre.
32:35Donc fatalement,
32:36il avait cette liberté
32:37puisque quand il était gendarme,
32:39il avait aussi du temps libre
32:40et lorsqu'il a été policier,
32:43il faisait ses week-ends
32:44de permanence
32:45et il avait des récupérations
32:46en semaine
32:47et bien sûr,
32:47ça lui donnait
32:48du temps libre
32:49et d'autant plus
32:50que son épouse
32:51travaillait en parallèle.
32:52Oui, c'est ça.
32:53Donc il y a eu
32:53une double vie
32:54qui était organisée
32:55et qui a très très bien fonctionné
32:56hélas pendant des années.
32:57Double vie criminelle,
32:58évidemment.
32:59Combien de victimes ?
33:01Combien de victimes,
33:02Christian Lejalet ?
33:03C'est la question
33:03qu'on se pose tout le temps.
33:04Une dizaine,
33:05c'est ça selon la crime ?
33:06Alors,
33:07les victimes,
33:08si vous voulez,
33:08il y a une dizaine
33:09de victimes
33:10d'affaires criminelles.
33:11Alors les affaires criminelles,
33:12c'est les meurtres,
33:14bien sûr,
33:15les viols.
33:16On a également
33:18une quinzaine,
33:19je pense,
33:19de faits
33:20qui ne sont pas
33:21criminels
33:21mais délictuels,
33:22qui vont du vol
33:23au cambriolage,
33:25tentative d'agression.
33:26Et il reste certainement
33:28des affaires criminelles
33:30non encore élucidées
33:32sur lesquelles actuellement,
33:33l'UAC3,
33:34mon ancien service,
33:35donc le service
33:35colcaise de la criminelle,
33:37continue à travailler.
33:38Donc on est entre
33:3810 et 15 affaires,
33:39en gros.
33:41Juste un petit point
33:42là-dessus,
33:43Christian Le Jalet,
33:44on le disait
33:44multicarte,
33:45mais là,
33:46c'est un voleur,
33:47c'est un tueur,
33:48c'est un violeur,
33:51ça fait beaucoup
33:51pour le même homme.
33:53Oui,
33:53et d'ailleurs,
33:54ça me fait penser
33:55que lorsqu'on a commencé
33:56cette affaire-là,
33:57on a tout de suite pensé
33:58que c'était un délinquant,
34:00fatalement,
34:01puisqu'on avait
34:02tellement de possibilités
34:04qu'il ait été
34:04effectivement pris
34:05pour un cambriolage,
34:06pour une détention d'armes,
34:08pour une extorsion de fonds,
34:10pour un attentat à la pudeur,
34:14qu'il était pour nous
34:15très probable,
34:17fortement probable,
34:17qu'il était déjà
34:18connu de nos services.
34:20Et c'est pour ça
34:20qu'on s'est vraiment,
34:21vraiment attaché
34:23au départ
34:23à cette piste
34:24qui malheureusement
34:25n'était pas la bonne
34:26puisqu'il était inconnu
34:28de nos services.
34:28Il était sûr de lui,
34:29il va passer dans une émission
34:31à la télé,
34:32avec Nagui,
34:32un jeu télé,
34:33ça quand vous allez le découvrir,
34:35je suppose que vous tombez
34:36un peu de l'armure, non ?
34:37Oui, on l'a su par la suite,
34:39bien entendu.
34:39Écoutez,
34:40ça fait partie
34:40de sa surpuissance.
34:42Il se croit
34:43très fort,
34:44très sûr de lui.
34:45Intouchable.
34:46Je vous rappelle quand même
34:47que lorsqu'il commettait
34:49ses crimes et délits,
34:51il agissait toujours
34:51à visage découvert,
34:53donc sans gant.
34:55Même lorsque ça échouait,
34:56lorsqu'il faisait
34:57une tentative d'agression
34:58et puis que ça ne marchait pas,
34:59il partait tranquillement,
35:01il ne s'affolait pas,
35:02il ne s'inquiétait pas,
35:03il était capable
35:04de récidiver
35:05sur un même quartier,
35:06d'agresser une deuxième personne
35:08à quelques distances,
35:09à quelques centaines de mètres.
35:10Voilà,
35:11il n'a peur de rien.
35:11Il se pense intouchable,
35:13c'est finalement...
35:13Moi, je pense que oui.
35:15Des pulsions
35:16qui n'auraient jamais cessées.
35:18Le grêlé,
35:19un enquêteur raconte,
35:20son intérêt pour les enfants
35:22n'était pas éteint.
35:23L'enquête de l'ordre du crime.
35:24Je vous retrouve tout de suite
35:25sur RTL.
35:27Cette émission vous intéresse ?
35:29Vous en voulez plus ?
35:30Retrouvez toutes les archives
35:31en podcast
35:32sur l'appli RTL.
35:34L'heure du crime,
35:35présentée par Jean-Alphonse Richard
35:37sur RTL.
35:39Dans l'heure du crime,
35:40la très longue enquête
35:41sur François Vérove
35:41alias le grêlé.
35:42L'un des policiers
35:43qui a mené les investigations
35:44nous dévoile
35:45les coulisses de cette traque.
35:4735 ans pour confondre cet homme,
35:49il a préféré mettre fin
35:50à ses jours.
35:51Combien de secrets
35:52a-t-il emporté ?
35:56Après le suicide
35:57de François Vérove,
35:58les enquêteurs
35:59avaient saisi
36:00dans le garage
36:00de sa maison
36:01un CD-ROM
36:02contenant 47 vidéos pornographiques
36:05mettant parfois
36:06en scène
36:06de très jeunes filles.
36:07Des fichiers verrouillés
36:09avec des codes confidentiels.
36:11Vérove faisait aussi
36:12des recherches relatives
36:13à des viols d'enfants.
36:15On peut en déduire
36:16que François Vérove
36:17avait toujours
36:18des pulsions pédophiles
36:19et que son intérêt
36:20pour les enfants
36:21n'était pas éteint.
36:23relèvera la juge
36:24Nathalie Turquet.
36:26Nous aussi enquêteurs,
36:27on aurait bien aimé
36:28connaître
36:29le parcours
36:31exact de ce type-là
36:32parce que je pense
36:33qu'il y a des zones
36:34d'ombre encore.
36:35Un serial killer,
36:36ça ne s'arrête pas normalement.
36:38Un serial killer,
36:40ça ne s'arrête pas.
36:40C'est la voix
36:41de Bernard Pasqualini,
36:42ancien chef de groupe
36:43à la brigade criminelle
36:45à Paris.
36:45Il a lui aussi mené
36:47toute cette enquête.
36:49Christian Le Jalet,
36:49vous êtes avec nous
36:51dans cette heure du crime,
36:52ancien chef
36:52de l'unité Colquais
36:53à la brigade criminelle
36:54de Paris
36:54au 36
36:55Quai des Orfèvres.
36:57J'ai cité
36:58la juge
36:58Nathalie Turquet
37:01qui dit
37:01son intérêt
37:03pour les enfants
37:04finalement n'était pas éteint.
37:05Il y avait toujours
37:06des pulsions
37:07chez lui.
37:07C'est ce qu'elle dit
37:08la juge.
37:10Vous pensez
37:10qu'il a pu,
37:11une fois qu'il est
37:12sorti des radars,
37:13comme on dit,
37:13qu'il a pu
37:14totalement s'arrêter,
37:15qu'il n'a rien fait
37:16du tout après ?
37:17En tout cas,
37:18on n'a rien trouvé
37:19si vous voulez
37:20postérieurement
37:21à cette période
37:22de soins
37:23qu'il a eue
37:24qui nous permettent
37:25de dire
37:25qu'il l'a poursuivie
37:27en activité criminelle.
37:29Je n'en parle
37:29à qu'on n'a jamais
37:30eu, nous,
37:32au fichier génétique,
37:33une trace
37:34qui pouvait
37:35se rapprocher
37:36à la sienne.
37:38Toutes les affaires
37:39qui ont pu avoir lieu
37:40ou qui ont
37:41un peu
37:42défrayé
37:43la presse,
37:44etc.
37:45postérieurement
37:46à cette période-là,
37:47rien ne nous ramenait
37:48sur François Perrois,
37:49enfin,
37:50sur l'individu
37:53que nous cherchions
37:53avec cette fameuse
37:54trace SK2.
37:56Ça ne veut pas dire
37:56qu'il n'a pas poursuivi,
37:57mais franchement,
37:58on n'a pas la preuve
37:59actuellement
38:00qu'il ait commis
38:00quoi que ce soit.
38:01Vous avez cherché,
38:02vous n'avez pas trouvé,
38:03effectivement,
38:03en tout cas,
38:04c'est une possibilité
38:05qui reste ouverte.
38:06C'est la plus longue
38:07enquête
38:08à la brigade criminelle ?
38:09Oui,
38:10je pense que...
38:11Enfin,
38:11je ne sais pas,
38:12je n'ai pas forcément
38:13le recul
38:15des arriérés
38:15de la brigade criminelle,
38:16mais oui,
38:16je pense que c'est
38:17une des plus longues,
38:19certainement,
38:20et surtout le fait
38:21qu'elle n'ait jamais
38:21été interrompue,
38:22c'est-à-dire qu'on l'a
38:23reprise en 96,
38:25et vous voyez,
38:26elle est toujours
38:27en cours actuellement,
38:28encore.
38:28Oui,
38:28c'est ça,
38:29elle n'est pas terminée.
38:30Voilà.
38:30Donc,
38:31dans la durée,
38:32je pense que,
38:33oui,
38:33on est quand même
38:35sur une très,
38:36très,
38:36très longue durée.
38:38toutes ces années,
38:39et toutes ces années,
38:40évidemment,
38:41vous ne travaillez pas
38:43uniquement sur cette affaire
38:44du grêlé,
38:45avec vos collègues,
38:46mais le grêlé,
38:48c'est un trait d'union
38:49à la brigade criminelle,
38:50vous ne l'avez jamais perdu de vue ?
38:51Oui,
38:52voilà,
38:53aussi,
38:53je crois que c'est intéressant
38:54de répondre à votre question,
38:55qui est effectivement,
38:57le fait que,
38:58bien sûr,
38:58il y avait cette affaire,
38:59ce colcaise,
39:00mais,
39:02moi,
39:02j'ai été chef de groupe
39:03pendant des dizaines d'années,
39:05et effectivement,
39:06comme tous les autres chefs de groupe,
39:08d'ailleurs,
39:08nous avions au compteur
39:10une douzaine d'autres affaires
39:11que nous menions en parallèle.
39:13Donc,
39:14bien sûr,
39:15moi,
39:15j'ai ce dossier,
39:17Cécile Bloch,
39:17qui était un de mes dossiers,
39:19mais,
39:20j'avais aussi des crimes flagrants,
39:22j'avais aussi des affaires
39:24de crimes organisés,
39:25sur lesquelles,
39:26bien entendu,
39:27on pouvait passer
39:28des jours,
39:29des semaines,
39:29par des mois,
39:30donc,
39:30ce qui veut dire que,
39:31oui,
39:31il y a parfois des périodes
39:33où on mettait une pause,
39:34on faisait une pause,
39:35sur cette affaire.
39:36Quand le grêlé a été identifié,
39:39est-ce que vous attendiez
39:40à trouver ce genre de personnage ?
39:44Vous l'aviez peut-être imaginé autrement ?
39:47Ah,
39:47écoutez,
39:48on n'avait pas de...
39:50Moi,
39:50je n'avais pas une vision du personnage,
39:52encore une fois,
39:53on avait travaillé
39:54sur cette piste
39:55de policiers,
39:57de gendarmes,
39:58mais on avait aussi travaillé
39:59sur des gens issus
40:01des enquêtes
40:02pour la parentalité,
40:04on avait travaillé
40:05sur des propriétaires
40:06de volos,
40:07on avait travaillé
40:07sur des délinquants sexuels,
40:10donc,
40:11moi,
40:11je n'avais pas une vision
40:14de l'auteur,
40:15mais,
40:16en disant,
40:17peu importe
40:17qui ça pouvait être,
40:18ce qui était intéressant,
40:19c'est qu'on puisse
40:20l'identifier
40:21et le neutraliser.
40:22Et je pense que vos collègues
40:24ont mieux dormi après,
40:25une fois qu'on a identifié cet homme ?
40:28voilà,
40:28une fois qu'il est identifié,
40:29ce qu'on est sûr,
40:30c'est qu'il n'y aura pas de récidive,
40:32et ça,
40:33ça c'est très important,
40:34parce que,
40:35tant que vous ne l'avez pas interpellé,
40:37vous savez,
40:38les victimes,
40:39il faut penser surtout aux victimes,
40:40elles sont toujours en train
40:41de se demander,
40:42bon,
40:43lui,
40:43il nous connaît,
40:44nous,
40:44on ne le connaît pas,
40:46on a témoigné,
40:47on est témoin,
40:48on est encore en vie,
40:49si ça trouve,
40:50il pourrait aussi peut-être
40:51s'en prendre à nous,
40:53et donc,
40:53je pense que le fait
40:55qu'il soit mis hors d'état de nuire,
40:57identifier les mis hors d'état de nuire,
40:58est un soulagement pour les victimes.
41:00Merci beaucoup,
41:01Christian Le Jalet,
41:02d'avoir été l'invité de l'heure du crime,
41:04merci à l'équipe de l'émission,
41:06rédactrice en chef,
41:07Justine Vignot,
41:07préparation,
41:08Marie Bossard,
41:08Lili Labéi,
41:10réalisation en direct,
41:12Nicolas Godet.