00:00On progresse de 0,8% sur BFM Business.
00:058063 points pour le CAC 40, tirés notamment par Pernod Ricard, Accor ou encore Euronext.
00:10Euronext qui est tiré ce matin par un broker qui est désormais neutre sur cette valeur.
00:16Et le titre Euronext qui s'échange à 163,10 euros.
00:19Bonjour Alain Dubrul, merci de nous accompagner ce matin pour revenir sur Legrand.
00:24Puis dans un instant on reviendra sur Vinci, Effage et puis ADP qui ont été pénalisés hier
00:28par ce projet de taxation sur les infrastructures en France.
00:31Le titre Legrand a pris 6% et pour cause le groupe voit une marge opérationnelle
00:36entre 21 et 22% à l'horizon 2030.
00:40Ça, ça plaît au marché, il y a de la visibilité.
00:43Oui bonjour Etienne, effectivement préalablement à sa journée investisseur organisée à Singapour,
00:47la société a dévoilé hier matin les principales orientations de son nouveau plan stratégique.
00:54Alors Legrand vise en fait une croissance organique annuelle moyenne des ventes
00:57de l'ordre de plus 6 à plus 8 d'ici 2030, alors que dans le précédent plan stratégique
01:01on était à plus 3, plus 5.
01:03Alors certes le consensus est déjà situé à plus 7% en termes d'attente,
01:07mais ce confort sur les perspectives de croissance a quand même clairement rassuré.
01:11En outre les dirigeants ont mentionné une logique de rotation de portefeuille
01:14avec la session programmée de certaines activités, en gros périmètre compris,
01:18entre un demi et un milliard de chiffres d'affaires.
01:21Là aussi une annonce bienvenue qui devrait permettre une amélioration qualitative du mix d'activités.
01:25Alors c'est aussi du côté des marges d'exploitation,
01:28l'ambition d'atteindre une marge d'exploitation de 21-22% contre 20% précédemment
01:32est une bonne nouvelle.
01:34Alors certes le consensus est déjà à 21,5%,
01:36mais visiblement il y a un certain nombre d'analyses qui pensaient
01:39que 20% était un plafond de verre qui ne pourrait pas être dépassé.
01:43Donc là cette ambition clairement a rassuré,
01:45et sachons aussi que la croissance reste tirée par les data centers,
01:49qui représentent aujourd'hui 32% du chiffre d'affaires,
01:52mais pourra atteindre 40% du chiffre d'affaires en 2030.
01:56Par ailleurs il faut rappeler que le grand comme Schneider sont des sociétés
01:58qui ont des générations de cash qui sont très élevées,
02:01puisque on est sur une génération de cash net d'environ entre 13 et 15% du chiffre d'affaires.
02:08Donc un niveau élevé qui permet de financer non seulement une politique dynamique d'acquisition,
02:1260% de la génération de cash sera dédiée aux acquisitions,
02:15ce qui devrait permettre d'ajouter environ 5% de croissance par an au chiffre d'affaires.
02:20Et ça permet aussi de payer malgré tout un dividende assez attractif,
02:23puisque le PAO, tout le taux de distribution du résultat net, est de 50%.
02:28Donc un titre qui est bien orienté, assez solide.
02:32Historiquement, le grand pourrait aurait pu être pénalisé par le fait
02:35qu'il est très dans l'électrique basse tension,
02:37donc dans le marché de la rénovation, de tout ce qui concerne le logement,
02:40qui lui est moins bien orienté.
02:42Mais c'est vrai que depuis deux ans, la partie plus industrielle, plus liée à l'IA,
02:47l'emporte et fait que non seulement, il y a toujours eu des très bonnes marges chez le grand,
02:50mais on a un profil de croissance qui s'est clairement amélioré.
02:54Et donc forcément, ça se traduit dans le cours de bourse.
02:56Après avoir gagné 6% hier, le titre reprend 1% ce matin à 144 euros.
03:01Schneider Electric a également profité de ses annonces de le grand hier.
03:06Ce titre Schneider qui frôle les 300 euros a choisi entre les deux.
03:10Vous préférez quoi ? Ou les deux peut-être ?
03:13J'allais dire les deux, mais en fait, Schneider est quand même une société la plus importante.
03:16Aujourd'hui, si on regarde en flottant, c'est pratiquement la première société du CAC 40,
03:20avec 160 milliards de capitalisation.
03:23Comme le grand, elle bénéficie évidemment de la vague d'investissement dans l'IA,
03:27avec l'équipement des data centers,
03:29mais aussi, et rappelons-le, et ça c'est un plus peut-être pour Schneider,
03:32c'est la transition énergétique qui fait que le monde de demain sera de plus en plus électrique.
03:36Il faut bien noter que plus de la moitié du chiffre d'affaires est désormais réalisé
03:39avec des équipements connectés en B2B.
03:42Et les acquisitions de ces dernières années ont fait la part belle
03:45et des logiciels spécialisés dans le pilotage industriel, par exemple, Aveva.
03:49Donc disons que Schneider, il y a des produits,
03:51mais il y a aussi beaucoup d'intelligence logicielle dans un écosystème
03:54qui rend les revenus plus récurrents, plus sticky, on va dire.
03:59Et avec une croissance organique de 2026 qui devrait approcher les 13%,
04:03avec des marges d'exploitation proches de 20,
04:05il y a une forte génération de cash.
04:06On retrouve un peu le même modèle que le grand,
04:09c'est-à-dire qu'il y a une forte génération de cash
04:10qui permet de financer les acquisitions, qui renforce la croissance,
04:14tout en assurant le paiement de dividendes assez intéressant,
04:16complété par des rachats d'actions.
04:19Alors juste pour situer, Schneider, on pense que c'est une société
04:22qui offre un profil de croissance durable.
04:24En gros, l'EBITDA devrait doubler entre 2025 et 2030,
04:27idem pour le bénéfice par action.
04:30Mais ça sera probablement davantage parce qu'il y a aussi pas mal d'acquisitions à venir.
04:33Il faut se tenir compte du fait qu'aujourd'hui,
04:35l'endettement net est à 1,2 fois l'EBITDA.
04:38Et aujourd'hui, sur la base du consensus,
04:40il devrait être nul à la fin de la décennie.
04:42Donc si on suppose qu'on se limite à un plafond de 2 fois l'EBITDA en termes de dette
04:46nette,
04:47ça laisse un budget de près de 30 milliards d'euros pour des acquisitions,
04:51donc pour un surcroît de croissance, au-delà d'un profit déjà très intéressant.
04:54Donc je pense qu'en effet, à moins que le monde ne soit soudainement plus électrique,
04:57ce qui n'est pas le cas à mon avis, la société garde un beau profil de croissance.
05:01Et des entreprises qui ont du vent dans les voiles,
05:03à l'inverse, c'est plus compliqué pour les entreprises qui sont liées aux infrastructures en France.
05:08C'est le cas notamment de Vinci, de Eiffage ou encore de ADP,
05:12qui ont perdu entre 2 et 4 % hier.
05:15Et pour cause, le gouvernement souhaite augmenter aujourd'hui la taxe sur les infrastructures en France.
05:21Quand vous regardez du Vinci à 108 euros, voire même du Eiffage,
05:25des titres qui sont sur des plus bas d'un an, d'un an et demi,
05:27est-ce que vous voyez des opportunités où, à court terme, ça restera compliqué, faute de visibilité ?
05:33Disons que forcément, ce n'est pas très cher.
05:35Mais quand vous êtes en France, dans un pays qui n'a pas pris la mesure,
05:39en tout cas où les annonces politiques ne semblent pas prendre conscience de l'orage
05:43qui a lieu sur les marchés de dette,
05:45et sans solution évidente,
05:47c'est sûr que vous êtes local, vous êtes immobile,
05:51vous allez vous faire taxer.
05:52Tout ça, ça n'aide pas.
05:53De quoi parle-t-on ?
05:54Le projet de loi annoncé par le gouvernement pour l'année prochaine
05:59augmenterait une taxe sur les infrastructures de transport dite à longue distance,
06:03je vous passe l'acronyme,
06:05mais elle passerait de 4,6 à 12,2 %
06:08et elle s'appliquerait aux revenus dépassant 120 millions
06:11pour les opérateurs qui ont une marge moyenne de plus de 10 %
06:14en cours des 7 années précédentes,
06:16en excluant les 2 années affichant une rentabilité la plus élevée
06:19et les 2 années la plus faible.
06:20Bref, en gros, il faut être énarque, c'est bien compliqué tout ça.
06:22Mais concrètement, ça pourrait générer environ 800 millions d'impôts supplémentaires,
06:27il faut le dire, pour l'État et pour Vinci,
06:30ça serait une charge potentielle de 500 millions d'euros,
06:32donc un impact négatif de 8 % sur les BPA 2027 et 2028.
06:36Mais comme c'est un métier de concession,
06:38il faut voir combien ça pèse jusqu'à la fin des concessions concernées,
06:41notamment autoroutes.
06:42Ça serait potentiellement, en actualisant ça,
06:44une baisse de valeur de 3 milliards d'euros,
06:46soit 5-6 euros par action.
06:48Finalement, le cours a baissé un peu moins que ça hier.
06:51Alors certes, ces mesures ne sont pas encore votées,
06:53il peut se passer beaucoup de choses dans des débats à l'Assemblée,
06:55mais bon, dans un contexte où le déficit de la France devient incontrôlable
06:58avec des taux qui montent,
06:59rappelons le 10 ans français à 4,8,
07:01avec un écart de près de 120 points de base par rapport à l'Allemagne.
07:04On a aussi une activité économique inférieure à la moyenne européenne,
07:07ça ne va pas aider les recettes d'autoroutes,
07:08surtout avec le prix de l'essence.
07:10Donc tout ça ne va pas aider l'activité de Vinci.
07:11Donc toutes ces annonces ne peuvent que renforcer la prudence
07:13vis-à-vis des sociétés françaises
07:15qui ont une forte exposition de base de résultats domestiques.
07:17Donc probablement, qu'est-ce qui pourrait faire remonter Vinci ?
07:20Disons, une fois qu'on aura, la présidentielle aura eu lieu
07:24et qu'on a un gouvernement,
07:26je ne vais pas dire quel qu'il soit, mais presque,
07:28et que les choses deviennent un peu plus visibles,
07:30à défaut d'être plus attractives,
07:32il y aura probablement un rebond à ce moment-là.
07:35Mais dans l'incertitude actuelle, c'est très très compliqué.
07:38On sent bien que les marchés vendent la France,
07:40le code postal France est aujourd'hui un vrai problème,
07:43a fortiori pour des sociétés particulièrement domestiques.
07:478 050 points pour le CAC 40,
07:49c'est quand même le bon exemple qui montre
07:50que la France est en retard par rapport aux autres indices européens.
07:55Plus 0,2% pour le CAC 40,
07:56ce titre Vinci est à 108,45,
07:59et Fage 102,70.
08:00Merci beaucoup Alain Dubreuil nous a raccompagné ce matin,
08:02directeur général délégué de Claresco Finance.