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Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne et Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l'Éducation nationale étaient invités sur BFMTV ce mercredi 4 novembre 2026.
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00:00Peut-être une première question sur le regard que vous portez sur cette partie de la jeunesse,
00:04cette partie, M. Blanquer, qui manifeste, qui se mobilise, dont fait partie Riad Rani.
00:10Je pense que la vitalité de la jeunesse, c'est essentiel pour une société.
00:13Donc qu'il y ait de la vitalité, de l'envie de définir son avenir, c'est absolument essentiel.
00:18On parle souvent d'anomie, de désespoir.
00:21Ce qui est très important aujourd'hui, c'est de créer de l'espoir
00:23et d'avoir un projet de société pour la jeunesse.
00:26Donc j'ai surtout un regard de bienveillance.
00:28J'ai consacré l'essentiel de ma vie à l'éducation, aux élèves, aux étudiants.
00:33Tout ce dont on va parler, c'est-à-dire par exemple la conception de parcours suple,
00:36la réforme du lycée, les perspectives d'études et d'emploi, tous ces sujets,
00:40nous les avons toujours travaillés en voulant que les enfants et les adolescents aient un avenir, tout simplement.
00:45Donc après, c'est la question du comment, bien entendu.
00:48Mais évidemment que j'ai un regard de pure bienveillance.
00:50Je suis un père de famille.
00:52J'aime mon pays et les enfants de ce pays.
00:54Et on va rentrer dans le détail.
00:58Peut-être commencer par ce que vous assumez, Jean-Michel Blanquer,
01:01la question que vous est souvent posée sur certaines de vos réformes.
01:04Est-ce que d'abord, avant d'entendre dans le détail, vous dites « oui, j'assume tout ».
01:06J'assume la suppression des filières S, ESL, parce que ça a été fait au service des lycéens.
01:11Est-ce que vous vous estimez que toutes ces réformes ont été faites vraiment au service des lycéens ?
01:15Complètement. À l'époque, il ne faut pas oublier d'ailleurs qu'elles étaient conçues avec les lycéens.
01:1980 000 lycéens avaient été consultés.
01:22Tout le monde disait qu'il fallait en finir avec S, ES, ESL.
01:25Que la filière S était dans une sorte de supériorité implicite vis-à-vis des autres.
01:30Que les lycéens s'ennuyaient avec les combinaisons qui existaient peu nombreuses.
01:36Il n'y en avait que trois.
01:37Nous ne parlons que du bac général.
01:38Il faudrait parler aussi du bac technologique et professionnel.
01:42Tout ça était dans la consultation.
01:43On peut le retrouver.
01:44Et à l'époque, vous aviez, je me souviens, à la fin d'une émission, 72% d'approbation autour
01:50de cette présentation du baccalauréat.
01:52Donc n'oublions pas que tout ça avait un sens.
01:53Ce n'était pas la réforme pour la réforme.
01:55C'était parce que ce que l'on visait, c'était plus de liberté pour les lycéens, de choix, pour
02:00plus approfondir.
02:01C'est un point qu'on ne rappelle trop peu souvent.
02:04Cette réforme s'est accompagnée d'une plus grande exigence.
02:06C'est-à-dire la révision des programmes dans un sens plus approfondi.
02:10avec un message à chaque lycéen qui est
02:11« Tu choisis ce qui te plaît et donc tu vas pouvoir approfondir davantage.
02:16Et donc, tu vas te préparer davantage à la suite. »
02:19Et je cite toujours un chiffre qui est quand même le résultat de toute cette politique.
02:22Il n'y a pas tant de politiques que ça qui ont des indicateurs positifs.
02:25Vous aviez 60% d'échecs en fin de première année d'enseignement supérieur.
02:30Un chiffre désastreux.
02:30Un chiffre totalement désastreux et qui est le grand échec français.
02:34avait exactement la sélection par l'échec qu'il y avait.
02:36Ce chiffre est descendu à près de 50%.
02:38Donc, on a gagné 10 points en quelques années.
02:41C'est énorme.
02:42J'ai calculé que ça faisait plus de 500 000 élèves qu'on a en quelque sorte sauvé de l
02:46'échec.
02:46Ça ne veut pas dire que la situation est parfaite.
02:47On a vu ces chiffres-là.
02:48C'est une évolution positive.
02:50Non, mais M. Blanquer, déjà, merci d'avoir eu le courage d'accepter le débat par rapport à d'autres.
02:55Merci, Eric Blanquer.
02:56Voilà.
02:56Oui, merci de le dire par rapport à d'autres parce que...
02:59Oui, oui, je le sais.
02:59On en a déjà discuté.
03:01Beaucoup ont refusé.
03:03Il faut savoir déjà que votre loi à l'époque, la loi Blanquer, quand vous l'avez proposée,
03:07c'était sous l'effigie de dire que les lycéens et lycéennes auraient le choix de choisir leurs enseignements et
03:12leurs spécialités.
03:13Tenez-moi à vous le dire, M.
03:14au nom des milliers de lycéens et lycéennes qui sont dans la rue, c'est totalement faux.
03:18Moi, je vais vous expliquer un cas pratique de milliers de lycéens et lycéennes qui nous interpellent en nous disant
03:23dans mon lycée, j'ai voulu faire deux spécialités, AMC, HGGSP.
03:29Alors, AMC, c'est Anglais, Monde Contemporain et HGGSP, Histoire, Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques.
03:33Et on leur a dit non, ce n'est pas possible parce qu'on n'a pas assez de moyens.
03:38Du coup, on leur propose d'aller dans un lycée à 40 kilomètres de chez eux parfois.
03:41Or, non, en fait, cette loi, ce n'est pas avoir un choix, c'est un choix imposé, tout simplement.
03:48Alors, vous voulez que je vous réponds là ?
03:51Qu'il y ait des cas comme ça, ça peut arriver.
03:52Et de toute façon, je ne prétendrai jamais que la situation est parfaite.
03:55La seule chose que je dis, c'est qu'il y a infiniment plus de choix qu'avant.
03:57Les deux matières que vous venez de citer, elles n'existaient carrément pas avant.
04:01Si vous prenez l'exemple Histoire, Géographie, Sciences Politiques, Géopolitique,
04:04demandez à un seul élève s'il a envie qu'on supprime cette matière.
04:08Demandez à un seul professeur d'Histoire, Géographie en France aujourd'hui
04:11s'il pense que ça a été une mauvaise innovation.
04:14On a parlé tout à l'heure d'intelligence artificielle.
04:16On a créé une nouvelle matière qui s'appelle Numérique et Sciences Informatiques.
04:18On a prévu dès 2018, justement, d'y intégrer l'intelligence artificielle.
04:22Elle n'est pas disponible dans tous les lycées, monsieur ?
04:25Mais d'ailleurs, comme auparavant, vous aviez les matières qui n'étaient pas...
04:26Les seuls lycées, monsieur, qui ont accès à toutes les spécialités,
04:29c'est les lycées comme Henri IV, c'est des lycées privilégiés.
04:31Les lycées en zone prioritaire de la ville, c'est monsieur Blanquer.
04:34Non, la différence, elle est entre un grand lycée et un petit...
04:38Monsieur Blanquer, je viens d'un milieu populaire.
04:39Je suis dans un lycée qui est en zone prioritaire de la ville.
04:42Vous êtes dans quelle ville ?
04:43Je suis à Wattrelo.
04:44Mais je pense que ce n'est pas forcément le sujet.
04:46Mais juste dans les lycées les plus précaires...
04:48Et vous êtes dans quelle classe, là, actuellement ?
04:50Là, j'ai eu mon bac au mois de septembre à la session de remplacement, monsieur Blanquer.
04:53Très bien.
04:53Voilà, parce que vous savez, quand on a des soucis personnels en juin,
04:57on a cette chance de pouvoir passer des épreuves de remplacement en septembre.
05:01Et ce n'est pas le sujet.
05:02Le sujet, c'est qu'aujourd'hui, vous nous dites encore une fois que c'est magique, c'est formidable.
05:07Les lycéens et lycéennes ont encore le choix de choisir des spécialités.
05:11Mais c'est faux.
05:12Non, c'est vrai.
05:12C'est faux, monsieur.
05:13Et c'est pour ça que...
05:14C'est factuellement, ce que vous dites, n'importe qui peut le vérifier.
05:17Il y a des combinaisons, elles peuvent être dans des nombres variés selon les lycées.
05:23La différence n'est pas entre une zone riche ou une zone pauvre.
05:26Elle est entre un grand lycée et un petit lycée.
05:29Un petit lycée, ça peut avoir d'autres avantages.
05:30Il y aura moins de combinaisons parce qu'il y a moins d'élèves.
05:32Dans un grand lycée, par exemple, en banlieue parisienne, j'en connais beaucoup,
05:36qui peuvent aller jusqu'à 12 combinaisons, qui peuvent proposer bien des choses.
05:40Et après, il faut rappeler une autre chose, c'est que c'est aussi une réforme de l'autonomie du
05:45lycée.
05:45C'est-à-dire qu'on dit toujours qu'on veut l'autonomie des établissements.
05:48C'est une réforme d'autonomie supplémentaire des établissements.
05:51Et donc, il y a des choix à faire.
05:53Vous voyez, là, dans ce que vous avez dit, il y a le fait que vous vous plaignez d'un
05:57choix insuffisant.
05:58Mais dans les protestations, j'entends aussi que certains disent qu'il y a trop de choix
06:02et que ça crée du stress le choix ou que ça crée des agendas trop compliqués.
06:05Donc, en fait, l'esprit de la réforme, c'est de dire à un établissement
06:08et à la communauté éducative de cet établissement,
06:11faites des choix, c'est-à-dire prenez X combinaisons ou Y combinaisons,
06:15ça aura telles conséquences, par exemple un agenda un peu plus compliqué.
06:19Mais ce sont des choix.
06:20Et donc, c'est une réforme de liberté et pour les élèves et pour les établissements.
06:23– Monsieur Blanquer, la réforme a fait que nos emplois du temps sont des gruyères
06:26parce qu'il n'y a plus d'alignement.
06:28On peut critiquer le fait qu'avant, il n'y avait que trois choix, ES, L, S.
06:32Mais avant, on avait un emploi du temps qui était plutôt homogène,
06:37ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
06:38– Alors d'abord, il y a toujours eu des emplois du temps complexes au lycée.
06:41Depuis que je suis dans l'éducation nationale, ce problème existe.
06:44Il a pu être, je le reconnais éventuellement dans certains cas, un peu aggravé par cela.
06:49Il faut regarder au cas par cas de l'Ordan.
06:50– D'ailleurs, l'échelle d'établissement le souligne, monsieur.
06:52– Mais par exemple, une façon de diminuer le problème, c'est justement de proposer moins de choix.
06:57Mais c'est justement un arbitrage qu'on doit faire à l'échelle d'un établissement.
07:00Et par ailleurs, j'entends beaucoup ça, et j'entends que les lycéens estiment
07:04qu'ils ont parfois trop de travail.
07:06Donc une des choses que j'assume, c'est ce que je disais tout à l'heure,
07:09c'est-à-dire les matières sont plus approfondies.
07:11Ça, c'est un fait.
07:12Deuxièmement, la chose à assumer, c'est que comme il y a beaucoup de combinaisons,
07:16l'emploi du temps peut être un peu plus compliqué.
07:18Après, il faut regarder de quoi on parle au quotidien.
07:20Par exemple, si on a deux heures de permanence,
07:22ce n'est pas forcément quelque chose d'aussi atroce que ça.
07:24C'est-à-dire que c'est un moment de lecture, de travail.
07:27Tout dépend comment les choses sont organisées.
07:28Le temps de venir au lycée, sans compter le temps des devoirs, etc.
07:31C'est pour ça que je dis...
07:32Mais les lycéens et lycéennes ont le droit d'avoir une vie sociale,
07:34M. Blanquer, quand même.
07:35Oui, bien sûr.
07:35Vous savez, vous l'admettrez.
07:37Mais oui, non, en tout cas, la loi Blanquer, aujourd'hui,
07:40elle n'est plus adaptée et il faut la supprimer et la changer.
07:43Alors, ce n'est pas par une loi qu'on a fait.
07:44Ce n'est pas une loi, de toute façon.
07:46Mais vous pouvez...
07:47En tout cas, si demain, vous voulez...
07:49Enfin, si quelqu'un voulait changer ça,
07:53vous verrez que vous auriez des protestations
07:55si on se mettait à supprimer ces matières qui sont très populaires aujourd'hui.
07:59Moi, je suis étonné, quand même, parce que vous dites,
08:00Réad Rani, qu'il y aurait, en tout cas, une majorité
08:03qui serait véritablement contre, c'est ce qu'on vous rapporte.
08:06Et vous nous dites, M. Blanquer,
08:07que ça provoquerait des crispations et des contestations
08:10si on revenait sur un tel système.
08:11Lancer des sondages, BFM TV, sur, par exemple,
08:14poser la question aux lycéens,
08:16est-ce que vous voulez qu'on supprime les matières
08:18qui ont été créées par la réforme du lycée
08:19et qu'on revienne au système antérieur ?
08:20Mais ce n'est pas question de les supprimer, M. Blanquer.
08:22C'est question d'avoir une sorte de bouquet déjà fait
08:25où on leur dit, vous avez droit à ça, ça, ça, ça ou ça.
08:29Et pas qu'on leur mente en leur disant,
08:30oui, vous pouvez choisir ça, ça, ça, ça, ça.
08:33Et à la fin, on vous dit non.
08:34Voilà, j'espère que vous comprennez un petit peu ça.
08:36Le problème des débats qu'il y a actuellement,
08:37c'est qu'il y a une énorme contradiction
08:41que vous venez de faire, c'est-à-dire, vous dites, au fond,
08:45on vend, soi-disant, un grand choix de possibilités
08:48et dans la réalité, ces possibilités ne sont pas si grandes.
08:51Mais dans le même temps, on entend comme critique,
08:53il y a trop de choix et à cause de ça,
08:55et d'ailleurs, vous-même, vous avez exprimé ça il y a un instant,
08:57et donc, il y a trop de complexité.
08:58Donc, en fait, c'est tout le problème de la cohérence dans notre société,
09:02c'est-à-dire, c'est une réforme de l'autonomie du lycée
09:04qui permet de faire des choix à l'échelle du lycée
09:06et à l'échelle de chaque élève.
09:08Donc, on ne peut pas se plaindre d'une chose et de son contraire.
09:11Ce que j'assume, je ne peux pas assumer, moi, non plus,
09:13une chose et son contraire, ce que j'assume pleinement,
09:15c'est que c'est une réforme de liberté
09:17et que c'est une réforme d'exigence,
09:19c'est une réforme qui fait travailler.
09:20– On n'est pas d'accord, parce qu'on peut aller sur Parcoursup,
09:23quand même, parce que là, véritablement,
09:25je crois que, là encore, vous êtes satisfait et vous assumez.
09:28C'est important de partir du constat.
09:29– Satisfait, le mot n'est pas le bon mot,
09:30parce qu'on n'est jamais satisfait.
09:31– Vous êtes fier ou n'est pas fier d'un tel choix ?
09:33– Je suis fier de l'amélioration que ça a apporté,
09:35pour les raisons que je vous disais tout à l'heure,
09:37puisque quand je vous dis qu'on est passé
09:38de 60% d'échecs à 50%,
09:41je ne suis pas satisfait,
09:42parce que je voudrais qu'on passe à 40% puis 30%.
09:44– Est-ce que vous pouvez nous dire ce soir ?
09:46– J'ai calculé que ça faisait, je vous le disais tout à l'heure,
09:48500 000 personnes qui n'ont, en quelque sorte,
09:51sauvé de l'échec.
09:52– Ah oui, donc vous diriez Parcoursup
09:54à sauver des milliers ?
09:55– Parcoursup, combiné aux autres éléments,
09:56puisque, en étant, je ne vous dis pas
09:58que la situation est idéale.
09:59– On va dire ça aux 40 000 lycéens et lycéennes
10:01qui n'ont rien trouvé comme formation
10:02et qui se sont retrouvées sur le carreau.
10:04D'ailleurs, je vous cite, s'il vous plaît, M. Blanquer,
10:05en 2020, vous déclarez au micro de BFM TV,
10:08ce qui est très important, je le répète,
10:10c'est qu'aucun enfant ne soit au bord du chemin.
10:13Et aujourd'hui, vous avez 40 000 lycéens et lycéennes
10:15qui se sont retrouvées sans aucune formation
10:17et qui se sont retrouvées au bord du chemin.
10:19– On est le pays au monde
10:20qui permet le plus d'accéder à une L1.
10:23– Non, non, vous avez d'abord
10:27près de 70% des élèves
10:29qui ont moins de 15 jours
10:30ont une réponse correspondant à ce qu'ils souhaitaient.
10:33C'est déjà la première chose à dire.
10:35Vous parlez de 40 000 personnes,
10:36mais il y a un million de demandes à chaque fois.
10:38Donc, qu'il y ait une difficulté pour 40 000,
10:40en général, ces 40 000 sont ceux
10:41pour qui il n'y a pas eu d'acceptation,
10:43précisément parce qu'ils ont un profil
10:44qui ne correspond pas à la réussite
10:47dans le vœu qu'ils souhaitaient.
10:49Et ces 40 000, en plus, sont traités
10:50par des commissions
10:51qui, à la fin, proposent une affectation
10:53à ces élèves.
10:54Est-ce que tout ça est parfait ?
10:55Certainement pas.
10:55Est-ce qu'on peut l'améliorer ?
10:57Certainement.
10:58Non, mais là, il est question de le supprimer.
10:59Là, ce qui est sur la table,
11:01ce n'est pas l'amélioration.
11:02Oui, mais vous savez,
11:02j'ai écrit un article
11:03que j'ai appelé
11:05« Parcoursup est mort,
11:06vive Parcoursup ».
11:07Vous pensez qu'il n'y aura pas d'autres systèmes ?
11:09Je vous donne rendez-vous dans un an ou deux.
11:10Non, mais il y aura quelque chose de différent.
11:11C'est très bien.
11:11Non, mais la vérité,
11:12c'est quand on pose la question aux politiques,
11:13ce qui est très important,
11:15qu'il n'y a pas d'alternative.
11:17Le seul argument que vous avez,
11:18c'est que Parcoursup est mieux qu'APB.
11:20Vous savez, avant...
11:21Ce n'est pas mon seul argument,
11:22mais ça va être un, oui.
11:22Oui, mais avant APB,
11:23il y avait un autre système.
11:25Oui, certes,
11:25il y avait des gens
11:25qui dormaient devant les universités.
11:27Je ne dis pas qu'il faut retourner un système,
11:28là, je tiens à le préciser.
11:30Mais les gens dormaient devant les universités,
11:32etc.
11:32Ça a été le cas.
11:33Oui, mais ils avaient au moins
11:35une place à la fac
11:36qui était garantie.
11:37Même si ce n'était pas dans celle où ils voulaient,
11:39mais ils avaient une place à la fac.
11:41Aujourd'hui, ce n'est pas le cas,
11:42M. Blanquer.
11:42Il y a 40 000 lycéens et lycéennes
11:44qui sont mis sur le carreau
11:45et qui sont éloignés
11:46et que c'est des décrochés de la République.
11:48C'est ces décrochés de la République
11:49parce que la République
11:50ne garantit pas sa promesse
11:51de pouvoir avoir le bac.
11:53Les vrais décrochés de la République,
11:54c'est les 60 % dont je parlais tout à l'heure
11:55qui sont sélectionnés par l'échec
11:56parce qu'ils ont été affectés n'importe comment,
11:59par exemple au hasard,
11:59dans les systèmes précédents.
12:00La sélection, c'est un gros mot pour vous ?
12:03La sélection, c'est un gros mot, c'est tabou ?
12:05Mais non, il faut le dire.
12:06On sait comment on est sélectionné sans le leçon.
12:08On n'a pas besoin qu'on nous le dise.
12:09Mais juste, en fait, aujourd'hui,
12:10vous avez vu en face, aujourd'hui,
12:12ce qui se passe,
12:13c'est qu'on n'assume pas ce système de sélection
12:15qui est opaque
12:16parce que, ok, certes,
12:17les algorithmes sont très locaux,
12:19très localisés, etc.,
12:20mais ils sont opaques.
12:21On ne sait pas sur quels critères
12:22on sait un petit peu
12:24comment on est sélectionné,
12:25mais on ne nous le dit pas clairement.
12:26Ça peut être un progrès
12:27que d'arriver à le dire plus clairement,
12:28mais rappelons sur ce point-là
12:30que c'est chaque établissement
12:31qui a ces critères de sélection.
12:33Donc, on peut tout à fait demander
12:34la transparence aux établissements.
12:36C'est une possibilité.
12:37Il faut demander aux présidents
12:38d'universités aujourd'hui
12:39s'ils sont d'accord avec cette idée-là,
12:41mais c'est tout à fait possible.
12:42Mais en tout cas,
12:43c'est bien dans ce que vous dites
12:44de reconnaître qu'il faut
12:45à un moment donné
12:45une forme de sélection,
12:46quel que soit le nom.
12:47Non, je n'ai pas dit
12:48qu'il fallait une forme de sélection.
12:49Vous avez dit qu'il fallait
12:49la transparence des critères de sélection.
12:51Oui, mais dans le public,
12:52moi, je suis pour que dans le public,
12:53il n'y ait pas de sélection.
12:55Parce que, comme je vous l'ai dit,
12:56M. Blanquer,
12:56c'est la promesse républicaine.
12:58Oui, mais en fait,
12:59c'est une question de mots, là,
12:59parce que, si vous voulez,
13:00la sélection, elle arrive
13:01à un moment donné.
13:02C'est-à-dire que si, d'abord,
13:02un, vous ne pouvez pas
13:03admettre tout le monde
13:03au même endroit,
13:04vous avez certains établissements
13:05qui sont plus prestigieux
13:06que d'autres.
13:06Vous avez, par exemple,
13:0750 000 demandes
13:08pour un établissement
13:08qui a 10 000 places.
13:10Imaginons même que,
13:11sur le plan pratique,
13:11vous réussissiez à inscrire
13:13les 50 000.
13:14De toute façon,
13:15d'abord, vous allez assécher
13:16plein d'universités en France,
13:17donc vous aurez tout le monde
13:18à Paris et dans quelques grandes villes.
13:20Et deuxièmement,
13:21ce sera de toute façon impossible.
13:24Il faut un nouveau guichet.
13:25Il faut un nouveau système
13:26d'exposition.
13:26J'ai compris que vous étiez
13:27pour le système de ma jeunesse,
13:30c'est-à-dire où on dort
13:31à l'université.
13:32En plus, l'université
13:33aurait une baguette magique
13:35pour créer autant de places
13:37que de candidats.
13:38En réalité, ça n'est pas possible
13:39et ce n'est certainement pas
13:40le vrai bienveillance
13:41vis-à-vis des jeunes.
13:43C'est pour ça, d'ailleurs,
13:44qu'une mesure que je voudrais saluer
13:45quand même dans les progrès
13:46qui ont été faits,
13:47ça a été la création de places
13:49en BUT et en BTS
13:51à la faveur des discussions
13:53qui ont eu lieu.
13:53Je pense que c'est une bonne chose
13:54parce que c'est des places
13:55dans des endroits
13:56qui ont un avenir.
13:57Et c'est cela que l'on doit
13:58souhaiter pour l'avenir
13:59de la jeunesse.
14:00Moi, si vous j'entends bien,
14:00je comprends que Parcoursup,
14:02même s'il change,
14:03il va devenir Parcoursup transformé.
14:05Donc, en réalité...
14:06Parce que regarder
14:07les autres pays du monde,
14:08de toute façon,
14:08ce qui est intéressant
14:09dans ces cas-là,
14:09c'est de faire une comparaison
14:11internationale.
14:11Oui, du coup, il faut se contenter.
14:12Alors, vu que dans les autres pays,
14:13c'est moins bien,
14:14du coup, il faut se contenter
14:14de la médiocrité.
14:15En fait, moi, vous savez,
14:16c'est pas ma philosophie,
14:17c'est toujours aller dans le mieux.
14:18Non, non, non,
14:18mais moi aussi, c'est la mienne,
14:19c'est justement...
14:20Non, non, mais je suis conséquent
14:23et sérieux,
14:23c'est-à-dire, regardons...
14:25Moi, je plaide au fond
14:26pour qu'on passe des slogans
14:27aux arguments.
14:28Il y a des tables rondes
14:29qui durent autant d'heures
14:30et de jours que nécessaires
14:31et qu'on ne se paye pas de mots
14:32et qu'on ne se paye pas de mots
14:34et qu'on fasse, par exemple,
14:34de la...
14:34Oui, il y en a,
14:35il y en aura encore
14:35puisque il faut...
14:36Oui, mais ces discussions...
14:39Le gouvernement
14:39dans lequel vous êtes appartenu
14:40et dans lequel vous soutenez
14:41aujourd'hui
14:42à procéder à de l'enfumage
14:43sur tous les sujets,
14:45vous pourrez quand même l'admettre
14:46que quand ils annoncent
14:47de plafonner les classes
14:48à 28 élèves en seconde,
14:51vous pourrez admettre
14:52que quand même,
14:53ça s'en prouve déjà,
14:53ce n'est pas suffisant
14:54pour que ça soit garanti
14:56sur tout le territoire national
14:57et de plus,
14:58que s'il y a des classes à 28,
14:59ça veut dire qu'il y aura
15:00des ouvertures en seconde.
15:01On est d'accord ?
15:02Deux classes pour que ça soit à 28.
15:03Du coup, in fine,
15:04si on n'en ouvre pas,
15:05si on ne plafonne pas
15:06en première et en terminale,
15:07on reporte juste le problème
15:08et on se retrouvera
15:08avec des classes
15:09encore plus surchargées
15:10en première et terminale.
15:11Non, mais je ne sais pas.
15:12Pour le coup,
15:12c'est un objectif
15:13qui, je pense,
15:13peut faire consensus
15:14que d'arriver progressivement
15:15à baisser le nombre
15:16d'élèves par classe.
15:16C'est très souhaitable.
15:17Mais est-ce que c'est possible,
15:19là ?
15:19Très honnêtement.
15:20Il y a des choses
15:20qui sont possibles à court terme
15:21et puis d'autres à moyen terme.
15:23Donc que le gouvernement,
15:24dont je ne soutiens pas
15:25tout ce qu'il fait,
15:26ça ne vous a sans doute pas échappé.
15:28Mais par contre,
15:29je sais saluer
15:30quand je vois des bonnes choses.
15:31Vous êtes ministre
15:32de l'éducation nationale
15:32qui est resté le plus longtemps
15:33quand même.
15:34Justement.
15:34C'est vrai qu'il y en a d'autres
15:36qui sont partis très vite.
15:37Ça, je vous le...
15:38On va être d'accord
15:39sur ce point.
15:40Moi, celui qui est à ma place,
15:41c'est un candidat aujourd'hui
15:43à la présidentielle
15:43qui a été ministre,
15:44qui a fait le tri social
15:45avec le choc des savoirs
15:46et qui a, en plus,
15:48fait avec la circulaire de 2004
15:50en français...
15:50Il n'est pas là pour se défendre
15:52et surtout,
15:52il n'est pas resté assez longtemps
15:53pour qu'il y ait une conséquence
15:55dans un sens ou dans un autre.
15:56Donc, de toute façon,
15:57le sujet,
15:57si vous voulez aborder ce sujet-là,
15:58depuis 2022,
16:00l'instabilité ministérielle
16:01a été un très grand problème.
16:03Bien sûr, je suis le premier à le dire.
16:04Moi, j'assume...
16:05Le premier quinquennat,
16:06je n'assume pas le deuxième.
16:07Oui, mais...
16:07Et j'assume qu'il y avait
16:09une très grande cohérence.
16:10tout ce qui se passe dans la rue
16:11aujourd'hui,
16:11cette colère lycéenne ?
16:12Moi, je pense que ce qu'il faut assumer
16:13maintenant,
16:13c'est ce qui se passe,
16:14non pas dans la rue,
16:14mais autour de la table.
16:15C'est-à-dire qu'il y a eu...
16:17Pour le coup,
16:17on peut saluer le fait que le...
16:18Il redescend dans la rue, hein ?
16:20Non, mais ça, par contre,
16:21je ne l'approuve pas.
16:21Je pense que c'est très mauvais
16:22pour les lycéens.
16:23Mais pourquoi ?
16:23Mais parce que les lycéens
16:25ont besoin d'étudier.
16:25Pourquoi ?
16:25Parce que moi,
16:26je vais vous expliquer pourquoi.
16:27Vous pensez que c'est avec plaisir
16:28que nous bloquons nos lycées
16:29aujourd'hui ?
16:30C'est parce que c'est devenu
16:31essentiel pour être écouté ?
16:32Parce que regardez
16:33la démocratie lycéenne
16:34que vous avez laissée en partant,
16:35qui est complètement délaissée
16:37par aujourd'hui le ministère,
16:38et en tout cas mal administrée
16:39par le ministère
16:40de l'Éducation nationale.
16:40Elle avait beaucoup de vitalité.
16:41Vous savez,
16:42quand j'ai rencontré la première fois
16:44M. Jeffrey,
16:51pour lesquels aujourd'hui
16:51on se bat,
16:52le temps scolaire,
16:53Parcoursup,
16:54et d'autres sujets,
16:55la santé mentale des jeunes,
16:57ma première question était
16:58M. Jeffrey,
16:59où étaient ses travaux ?
17:00Il m'a répondu
17:01qu'il n'en avait même pas conscience,
17:03qu'il n'avait même pas pris connaissance.
17:03Vous avez dit cela ?
17:04Il vous a dit cela comme ça ?
17:05Oui, oui.
17:06Alors vous imaginez ?
17:07Alors oui,
17:08je le dis,
17:08le seul moyen en fait
17:10aujourd'hui
17:10qu'on soit entendu
17:11et que les caméras soient sur nous
17:12et qu'on nous écoute,
17:13c'est de bloquer son lycée.
17:14Vous vous rendez compte ?
17:19Non, non, non.
17:20Ce que vous dites,
17:20je pense que justement,
17:21enfin de mon vécu,
17:22si vous voulez,
17:23le Conseil national de la vie lycéenne,
17:24je l'ai fait beaucoup vivre,
17:26notamment pendant la crise sanitaire.
17:27C'est comme ça
17:28qu'en consultant les lycéens
17:29et avec qui ça se passait très bien,
17:31on a pu être le pays
17:32qui a un des deux ou trois pays
17:33qui ont le moins fermé
17:34les écoles
17:35pendant la crise sanitaire,
17:36ce qui est un point là aussi
17:37que j'assume pleinement
17:38et dont je suis fier.
17:39C'est vrai que vous avez eu
17:39la meilleure gestion
17:40pendant le Covid.
17:42Faites de la comparaison internationale,
17:43vous verrez.
17:4412 semaines de fermeture en France.
17:45Il n'y a aucun ministre
17:45de l'éducation sociale
17:46qui est parti à Ibiza
17:46pendant la crise sanitaire.
17:49Vous devenez,
17:49alors là,
17:50vous chamez de registre,
17:52mais on a eu 12 semaines
17:54de fermeture de l'école
17:55pendant la crise sanitaire.
17:57C'est 38 chez les Allemands
17:58ou 38 chez les Italiens.
17:59Si sans doute,
18:00t'as été fait si bien,
18:01moi je me demande
18:02pourquoi il y a telle colère
18:03aujourd'hui dans le Covid.
18:04Non, mais je demande
18:04la politique de l'autruche.
18:07Je n'ai pas dit
18:07que tout se passe si bien.
18:08Je vous dis justement
18:09qu'il y a des grands...
18:11Non, parce que dès qu'on dit...
18:13Au fond, il faudrait toujours
18:14tout jeter par-dessus bord
18:15au nom du fait
18:17que faire l'inverse
18:18voudrait dire
18:18qu'on pense que tout va bien.
18:19Non, tout ne va pas bien.
18:20Il y a énormément de problèmes.
18:21Mais je pense que
18:22le temps est venu
18:22des arguments,
18:24le temps est venu
18:24des progrès
18:25qui sont permis
18:25par la discussion.
18:26Et ce n'est pas les blocages
18:27qui permettent la discussion,
18:29c'est tout simplement...
18:30Vous dites que le gouvernement
18:31a un rapport de force.
18:33Si aujourd'hui,
18:33les lycées n'étaient pas bloqués,
18:35est-ce qu'ils auraient
18:35ouvert des discussions ?
18:36Non.
18:37Et vous le savez
18:37autant que moi.
18:39Il suffirait de l'assumer
18:40un petit peu.
18:40Non, mais là,
18:41je ne suis pas là
18:41pour défendre le gouvernement.
18:43Vous le faites un petit peu
18:44quand même ?
18:44Non, non, pas du tout.
18:45Si vous le faites...
18:46Je défends des réformes
18:47qui ont pris naissance...
18:47Vous avez été ministre
18:48de l'Éducation nationale
18:49sous Emmanuel Macron.
18:49Non, non, mais je suis capable...
18:51Vous avez sans doute vu...
18:52La case des services publics,
18:52c'est vous.
18:53Vous avez sans doute vu...
18:54Alors, attendez,
18:54vous mélangez mille choses.
18:56Non, l'Éducation nationale
18:56est un service public.
18:57Si vous voulez que je résume
18:58ma position, c'est...
18:59Je pense que des réformes
19:01importantes ont été enclenchées
19:02pendant le premier quinquennat,
19:03qu'elles méritaient
19:04un sillon long,
19:05que certains points
19:05ont été perdus
19:06dans l'intervalle,
19:07qu'il y a nécessité
19:09de moyens supplémentaires
19:10au lycée
19:10et dans les premiers cycles
19:11universitaires
19:12pour améliorer la réussite
19:14des élèves et des étudiants.
19:16Après, je ne suis pas comptable
19:17d'un certain nombre
19:18de problèmes.
19:18J'ai moi-même été critique
19:19sur un certain nombre
19:20de choses qui ont été faites
19:20depuis 2022.
19:21Écoutez, vous êtes le seul
19:23qui a pu amener des projets
19:24parce qu'après,
19:25on a eu le défilé
19:25des ministres.
19:26Alors oui, bien évidemment que...
19:27Et moi, je vous le dis
19:28droit dans les yeux,
19:29M. Blanquer,
19:30vous avez la responsabilité
19:31aujourd'hui
19:32qu'il y ait 40 000 lycéens
19:33et lycéennes
19:34qui se sont retrouvés
19:34sans formation,
19:35sur le carreau.
19:36Qu'est-ce qu'on fait ?
19:36Qu'est-ce que la République
19:37propose à ces 40 000
19:38lycéens et lycéennes ?
19:39Il y a des commissions
19:40pour affecter
19:41chaque étudiant de France.
19:42Oui, moi je vais vous expliquer
19:43c'est quoi ces commissions.
19:44Il n'y a jamais eu
19:44autant de réorientation réussie
19:46grâce à Parcours Sud.
19:46Laissez-moi vous expliquer
19:47c'est quoi ces commissions.
19:48Alors vous, vous avez fait des choix,
19:49on vous appelle
19:50et on vous propose
19:52une formation professionnelle
19:54complètement éloignée
19:55de vos demandes
19:55et on vous dit
19:56vous l'acceptez
19:56ou vous ne l'acceptez pas ?
19:57Non, je ne l'accepte pas
19:58parce que ce n'est pas
19:58ce que je voulais faire
19:59et du coup on vous compte
20:00dans les chiffres
20:00qu'aujourd'hui vous avancez.
20:02Mais je ne sais pas
20:03si vous vous rendez compte
20:03il y a quand même
20:04des lycéens et lycéennes
20:05qui sont en train
20:05de nous écouter
20:06et pour certains
20:07moi je vous le dis
20:07vous avez brisé une génération.
20:09Je pense que
20:10encore une fois
20:10500 000 jeunes
20:11ça ne vous dérange pas ?
20:13Non, je pense que
20:14tous ceux qui se sont épanouis
20:15davantage
20:16grâce à la réforme du lycée
20:17grâce à des matières
20:18qui n'existaient pas auparavant
20:19qui se sont mieux préparées
20:21à leur avenir
20:21tous ceux qui n'ont pas eu
20:23un échec en fin de première année
20:24parce qu'ils ont été
20:25mieux orientés
20:25que précédemment
20:26tous ceux à qui on a évité
20:28de s'inscrire dans quelque chose
20:29où l'échec était prévisible
20:30puisque c'est quelque chose
20:31qu'on ne faisait pas avant
20:32et qui existe maintenant.
20:33Parce que maintenant
20:33l'échec est prévisible
20:34plus qu'avant.
20:34Ah bah oui
20:35vous pouvez dire
20:35en fonction du profil
20:36de quelqu'un
20:37sur Parcoursup d'ailleurs
20:38on vous dit
20:39Vous pensez que le système
20:40d'orientation est mieux aujourd'hui ?
20:41Oui, il peut être encore
20:42bien meilleur dans le futur
20:43mais il est bien meilleur
20:44Oui, c'est bien
20:45faire des stages en ce moment
20:46pour éviter d'aller au SNU
20:47et qu'on est six morts
20:48en un an et demi
20:49Vous trouvez ça bien ?
20:50Je vous mélangeais
20:51tellement de sujets
20:51Non, je ne mélange pas
20:52Vous êtes encore parlé
20:53du système d'orientation
20:54Les stages font partie
20:54du système d'orientation
20:55Moi, en vous écoutant
20:56je me demande
20:57qu'elle peut être
20:57parce que c'est tellement
20:58protéiforme
20:59qu'elle peut être
20:59la solution qui peut être
21:00rapportée alors qu'on a
21:01C'est possible
21:01Il suffit d'être calme
21:03et de regarder
21:03argument par argument
21:04Il suffit d'être rationnel
21:06sur ces sujets-là
21:06ne pas se lancer
21:07des slogans au visage
21:08mais de regarder
21:09comment on fait réellement
21:10progresser le pays
21:16Est-ce que vous le rencontrez
21:17de nouveau
21:18le Premier ministre ?
21:19Oui, on le rencontre
21:20dans les prochains jours
21:21et encore une fois
21:23on lui répétera
21:23parce que la répétition
21:25fixe la notion
21:25et on ne répète jamais assez
21:27du coup on répétera encore
21:28à ce gouvernement
21:28nos 10 revendications
21:29qui sont accessibles
21:30sur 10mesures.fr
21:31et j'invite celles et ceux
21:32qui nous écoutent
21:32à les signer
21:33Et les 10 milliards
21:33dont vous savez malheureusement
21:35que vous ne les aurez pas
21:36à moins que vous croyez
21:37Écoutez, Mme Mabrouk
21:38on a un gouvernement
21:38qui, mais vraiment
21:40il faut s'en rendre compte
21:41procède à de l'enfumage
21:42Il nous parle de 4 milliards
21:43pour le bâti scolaire
21:44Déjà c'est un prêt
21:45fait par la Caisse des dépôts
21:46avec un taux d'intérêt
21:47à prix préférentiel
21:48qui va démarrer
21:49à la rentrée prochaine
21:50jusqu'en 2031
21:51alors si vous divisez par année
21:53ça fait coquic
21:54et de plus
21:55excusez-moi
21:56mais on a eu une réunion
21:57avec Mme Gattel
21:57et M. Jeffrey
21:58où des présidents de région
21:59ont dit eux-mêmes
21:59qu'ils ne pourraient pas
22:01accéder à ce prêt
22:02parce qu'ils sont déjà pris
22:03à la gorge
22:04En fait ce gouvernement
22:05renvoie la balle
22:06à des régions
22:06sauf que ce n'est pas
22:07ce qu'on demande
22:07c'est au gouvernement
22:08aujourd'hui
22:08de prendre ces responsabilités
22:11Au contraire
22:12les régions
22:12sont dans cette responsabilité
22:14pour le bâti scolaire
22:14c'est leur responsabilité
22:16depuis deux décennies
22:17Vous allez leur demander
22:18de faire un prêt
22:18et de s'endetter ?
22:19Non mais
22:20si on veut être
22:20dans une démocratie saine
22:22il faut que les compétences
22:22soient respectées
22:23c'est les régions
22:24qui sont compétentes
22:25pour les lycées
22:25donc il est tout à fait normal
22:26de ne pas à chaque fois
22:27vouloir que tout remonte
22:28vers l'État
22:28c'est aux régions de le faire
22:29et éventuellement
22:30à l'État
22:31qui est dans une situation
22:33financière extrêmement difficile
22:34mais de les aider
22:34au travers de dispositifs
22:35comme celui-là
22:36et il faut souligner au passage
22:37que les régions ont fait
22:38un très grand travail
22:39depuis plusieurs années
22:40donc la situation
22:41c'est toujours pareil
22:41Allez dire ça aux élèves
22:43qui vivent en Internet
22:43qui ont de la moisissure
22:44dans leur...
22:45Je vais vous prendre
22:46l'exemple de la région Bretagne
22:48par exemple
22:48il y a environ 120 lycées
22:50en Bretagne
22:51le président de la région Bretagne
22:53me disait que pour une centaine
22:54d'entre eux
22:54les travaux avaient été faits
22:55les réhabilitations faites
22:56et pour 20 il n'est pas satisfait
22:57il y a encore des choses à faire
22:58donc vous pourrez effectivement
22:59prendre l'exemple
23:00dans ces 20 là
23:00et pour le lycéen concerné
23:02je suis d'accord avec vous
23:03c'est extrêmement pénible
23:04moi-même j'ai fait cours
23:05dans des salles surchauffées
23:06c'est insupportable
23:07donc ça on peut le comprendre
23:08l'expérience
23:10ceux qui vivent cette expérience
23:11Et des milliers d'élèves
23:12vont passer leur baccalauréat
23:13dans des salles chauffées
23:13à 42 degrés
23:14Une fois qu'on a dit ça
23:15c'est est-ce que la tendance
23:17est plutôt aller dans le bon sens
23:18depuis une vingtaine d'années
23:19je ne parle même pas
23:20du gouvernement actuel
23:21mais sur 20 ans
23:22est-ce que les régions
23:22ont fait du bon travail ?
23:23La réponse est non
23:24Est-ce que c'est suffisant ?
23:25Non
23:26Et comment peut-on arriver
23:28à des améliorations ?
23:29Vous dites cette démocratie
23:30il y a une chose
23:31que je ne comprends pas
23:32si on peut apporter
23:33des réponses aussi rationnelles
23:35pourquoi avoir attendu
23:37un mois
23:38des blessés
23:39chez les forces de l'ordre
23:40chez les pompiers
23:41chez les manifestants
23:42en particulier les lycéens
23:43pourquoi vous
23:44qui avez été à l'intérieur
23:45de la machine
23:45pourquoi tout ce temps
23:46avant de se mettre
23:47autour d'une table ?
23:48Alors là
23:49encore une fois
23:49je ne suis pas comptable
23:50de ce qu'a fait le gouvernement là
23:51Je pense que
23:52oui sans doute
23:52il aurait été possible
23:54il aurait été souhaitable
23:55que le gouvernement
23:56puisse déceler
23:57les premiers problèmes
23:58mentionnés à la rentrée
23:59et effectivement
24:00il y a sûrement eu
24:01des erreurs
24:02Comment vous expliquez
24:02qu'il n'est pas anticipé
24:04une telle crise ?
24:04Parce qu'ils sont irresponsables
24:06En fait mon but
24:07n'est pas d'aller
24:08rajouter des reproches
24:09dans un monde
24:10qui est déjà assez conflictuel
24:11mais il y a sûrement eu
24:12des insuffisances
24:13de ce côté là
24:13Oui vous avez raison
24:14bien sûr
24:15Vous allez continuer
24:16de votre côté
24:16les blocus
24:17les blocages
24:18Demain vous serez également
24:19Demain nous serons derrière
24:20les travailleurs et travailleuses
24:22qui seront en grève
24:23parce qu'il y aura
24:24des enseignants et des enseignantes
24:25Vous parlez comme un futur député
24:26et vous avez d'ailleurs dit
24:29que vous étiez un ex-lycéen
24:30et s'asseoir
24:30Vous avez salué tout à l'heure
24:33une jeunesse qui s'engage
24:34Excusez-moi monsieur Blanquer
24:35En tout cas ce qui est sûr
24:36ce soir
24:36Oui j'observe que les leaders
24:37lycéens ne sont plus lycéens
24:39Excusez-moi mais vous savez
24:40normalement nos élections
24:41ont lieu en septembre et octobre
24:42Il n'y a jamais eu
24:43de mouvement social
24:44lancé par les lycéens
24:45aussitôt
24:45Or oui excusez-moi
24:46qu'en période de mobilisation
24:47nous ne changeons pas
24:48notre bureau
24:48Et vous savez au moins
24:49moi j'ai une légitimité
24:50Je suis élu par mes adhérents
24:52Contrairement à vous
24:52qui êtes ministre
24:53et nommé par je ne sais qui
24:54Par contre je tiens à dire
24:56Pour celles et ceux
24:56qui nous écoutent
24:57C'est la légitimité quand même
24:58Laissez-moi quand même conclure
25:00En tout cas les téléspectateurs
25:02ont bien vu que nous avons
25:03deux visions différentes
25:04de l'école publique
25:05Pendant que nous
25:05nous prenons la solidarité
25:06vous c'est la compétitivité
25:08Pendant que vous
25:08vous prenez l'algorithme
25:09nous nous prenons l'humanisme
25:11Voilà la différence
25:12qu'il y a entre vous
25:13et moi monsieur Blanquer
25:14Vous parlez déjà
25:14comme un futur député
25:15et comme quelqu'un
25:16qui va s'engager en politique
25:18C'est votre choix
25:19Pas du tout monsieur
25:19Moi ce qui m'intéresse
25:20c'est l'intérêt des enfants
25:21C'est la vraie bienveillance
25:22vis-à-vis des jeunes
25:23Oui mais moi aussi
25:24La bienveillance
25:24vis-à-vis des jeunes
25:25C'est de bien les préparer
25:27à leur avenir
25:28et pas de les alimenter
25:29en discours démagogique
25:30ni d'avoir des arrière-pensées
25:31politiques comme vous en avez
25:32Voilà c'est facile avec vous
25:34vos discours simplistes
25:35Et vous savez
25:36vous savez monsieur Blanquer
25:37La suite
25:38Vous avez un discours
25:39qui est horrible
25:40parce que vous êtes en train
25:41de justifier
25:42Oui parce que vous êtes en train
25:43de justifier tout ce que
25:44vous avez fait
25:45et pour vous c'est
25:46complètement normal
25:46Non mais là c'est un échange
25:47quand même sur le fond
25:49Oui mais pour lui
25:50il assume
25:51Ce qu'il a fait aujourd'hui
25:52Vous pensez qu'il allait venir
25:54vous dire
25:55je n'assume pas
25:56il a gouverné
25:56Non mais moi
25:57je m'attendais un peu plus
25:57d'intelligence
25:58de la part de monsieur Blanquer
26:00Fort bien
26:01Ainsi soit-il
26:03Vous avez vu
26:03comment ça se conclut
26:04ça se défile