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  • il y a 37 minutes
« Un pied dans l’action, un pied dans les institutions », répète souvent Jean-Luc Mélenchon. Cette devise, la France insoumise se l’est appliquée pour voler au secours des lycéens contestataires, qui ont encore bloqué plus de 350 établissements en France, mercredi 30 septembre.

Quand le mouvement de protestation est né la semaine dernière, avant de faire la une des médias, ce sont surtout le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko et le député du Val-de-Marne Louis Boyard, très actif auprès de la jeunesse et des mobilisations étudiantes, qui étaient impliqués sur le terrain, en soutien des lycéens.

Depuis, les accusations d’instrumentalisation ont fleuri de toutes parts. « Cette surenchère est irresponsable », a tancé le Premier ministre Sébastien Lecornu sur X lundi 28 septembre, accusant les élus LFI qui « appellent à étendre le mouvement » d’« instrumentaliser […] à des fins partisanes » la colère et les difficultés des lycéens, qui doivent par ailleurs « être entendues et traitées ».

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Transcription
00:00Qu'est-ce que vous dites aux gens qui disent que vous êtes instrumentalisés ?
00:02Non, on n'est pas comme ça. Nous, on s'en fout, nous, on veut vivre notre jeunesse.
00:05Nous, on veut juste aller au lycée dans de bonnes conditions.
00:08Qu'est-ce qu'on en a à foutre ?
00:09Le mouvement des lycéens ne s'estombe pas.
00:10Plus de 350 établissements ont été bloqués hier en France, mercredi 30 septembre.
00:14Aujourd'hui, je suis de retour en Saint-Denis,
00:16où il y a une manifestation sauvage avec des centaines de lycéens.
00:18Si on pleure pas, on revendique le droit !
00:22Ici, on pleure pas, on revendique le droit !
00:30Vous avez tout ce qu'ils vous font dans votre lycée pour bien...
00:32Il manque des chaises, des fois il manque des tables, des fois il manque des feutres,
00:36des fois il y a des ordinateurs qui marchent pas,
00:38ou il y a des absents, des profs, des fois ils sont pas là.
00:41On en a marre, on n'a même pas le temps pour manger, on a une heure pour manger,
00:45et après quand on arrive en une minute en retard, les profs ils sont pas contents.
00:49Ben c'est pas de notre foutre ! Les plafonds ils sont troués, on en a marre, monsieur !
00:53On a un manque de personnel, moi par exemple, dans ma classe en terminale,
00:57on a une prof d'enseignement professionnel, qui est pas là depuis le début de l'année,
01:00on l'a pas encore vue.
01:01Pourquoi c'est toujours nous 93 ? Pourquoi c'est toujours nous les jeunes de quartier ?
01:05On mérite pas la même chose que les autres, pourquoi ?
01:06L'une des critiques qui est faite à ce mouvement, c'est celle d'une éventuelle instrumentalisation
01:10par des partis politiques, notamment la France Insoumise.
01:13C'est vrai que de nombreux élus élétis sont sur le terrain pour soutenir les lycéens.
01:16Je leur ai posé cette question ici, est-ce qu'ils se sentent instrumentalisés ?
01:20Qu'est-ce que vous dites aux gens qui disent que vous êtes instrumentalisés ?
01:24Ils veulent dire quoi par là ?
01:25C'est des partis politiques, de gauche par exemple, qu'est-ce que vous leur répondez ?
01:28Non, non, on est pas comme ça, nous on s'en fout, nous on veut vivre notre jeunesse,
01:31nous on veut juste aller au lycée dans des bonnes conditions, qu'est-ce qu'on en a à foutre
01:35?
01:35Pas du tout, vraiment pas du tout, on est là que pour revendiquer nos droits.
01:40Franchement, peu importe le parti, n'importe quel lycéen trouverait ça pas ça normal
01:44d'avoir des emplois du temps aussi chargés.
01:46La majorité des élèves ici qui sont là pour manifester, c'est des élèves qui sont pratiquement de gauche.
01:51Déjà on connaît notre cause et on sait qu'on serait plus vers la gauche,
01:54donc la France Insoumise automatiquement.
01:55Donc pour moi, selon moi, c'est vrai mais c'est faux,
01:58enfin ils nous en voient pas, c'est nous-mêmes, on va vers eux.
02:01Ça n'a rien à voir avec un parti, en fait c'est juste,
02:03on a des lycées en banlieue où c'est dégradé,
02:05ils n'ont même pas de preuve pendant l'infirmerie,
02:07il n'y a rien à voir avec la politique, il faut arrêter de ramener un parti là-dedans.
02:10C'est juste qu'on demande la même chose, l'égalité,
02:12ce qui doit être normal en 2026.
02:13C'est pas vrai ça, ça c'est les médias qui parlent comme ça.
02:17C'est pas vrai parce que les enfants-ci, ils ont déclenché ça,
02:20ça veut dire qu'ils sont vraiment saturés.
02:22Les classes sont trop chargées, les cours jusqu'à 18h,
02:27alors les enfants sont épuisés, ça y est, ils ne peuvent plus.
02:51Ce qui m'inquiète aujourd'hui, c'est que potentiellement,
02:55cette mobilisation des jeunes pourrait prendre une autre tournure
02:57parce que je vois s'infiltrer effectivement beaucoup de têtes
03:01que je ne connais pas du tout, qui n'étaient pas là depuis lundi.
03:04J'ai entendu parler de Black Blocks, ça me fait peur.
03:07Ce ne sont pas nos jeunes et ça n'est pas non plus l'image
03:10de leur envendication et de leur mouvement.
03:12Ils pensent par eux-mêmes quoi.
03:14Ils sont capables de penser par eux-mêmes.
03:16Ma fille est parfaitement capable de penser en tout discernement par elle-même.
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