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  • il y a 23 minutes
Blocus de lycées, mobilisation dans les universités, tensions dans plusieurs villes : le mouvement lycéen prend de l'ampleur. Alors que le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a rencontré aujourd'hui des représentants des lycéens et du monde éducatif, les revendications se multiplient. Que demandent les jeunes ? Et quelles suites à la mobilisation ? Marius Mesnil, co-secrétaire général de l'Union syndicale lycéenne, est l'invité de RTL Soir.

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Transcription
00:00Et l'invité d'RTL Soir est donc Marius Ménil. Bonsoir.
00:04Bonsoir.
00:05Co-secrétaire général de l'Union syndicale lycéenne.
00:08Merci d'être avec nous quelques heures après cette rencontre avec le ministre de l'éducation
00:11qui a donc reçu l'ensemble des organisations lycéennes dont la vôtre.
00:15Tout d'abord, avant de parler du fond et du contexte de violence,
00:19l'info, c'est est-ce que vous confirmez que vous appelez à la poursuite du mouvement ?
00:24Oui, bien sûr. On appelle à la poursuite le mardi 6 octobre
00:28et on appelle tous les lycéens, toutes les lycéennes à se mobiliser.
00:31Il ne faut pas lâcher, ce n'est pas le moment.
00:33Vu les violences, vous dites que ce n'est pas le moment,
00:35vu les violences qui ont émaillé ces deux dernières journées,
00:38est-ce qu'il n'était pas plus raisonnable de faire une pause,
00:41d'ailleurs d'en profiter peut-être pour poursuivre les discussions entamées avec le ministre ?
00:46Non, parce que si on arrête de se mobiliser,
00:49alors le gouvernement ne fera passer aucune mesure.
00:52Et en réalité, s'il y a autant de violence,
00:53c'est notamment parce que le gouvernement a mis plus de 10 jours à enfin nous écouter,
00:57et a enfin parlé des revendications.
00:59Donc aujourd'hui, nous, on est content d'avoir été reçus.
01:01Cependant, le ministre n'a annoncé aucune mesure concrète,
01:03on n'est pas satisfait.
01:04Il y a la plateforme de concertation.
01:07Cependant, on sait que quand il y a eu d'autres choses de ce style,
01:10donc la Convention sur le temps de l'enfance ou après les Gilets jaunes,
01:13finalement, ça n'a abouti sur rien.
01:14On reste mobilisés et on maintient la pression.
01:16Alors, avant d'évoquer ces violences quand même,
01:19parlons du fond, effectivement,
01:21et de cette rencontre avec le ministre de l'Éducation, Édouard Geffrey,
01:23vous avez quand même pu présenter vos revendications,
01:27une forme de cahier de doléances ?
01:29Bien sûr, on a présenté nos revendications.
01:32Elles étaient multiples.
01:33Elles étaient liées, par exemple, à la parcours sup,
01:35aux emplois du temps qu'il faut réduire,
01:36aux professeurs manquants.
01:37Il en manque dans 53% des établissements,
01:39ce n'est pas normal.
01:40On voudrait qu'il y ait un professeur devant chaque classe.
01:42Il y a des gens qui passent le bac de français
01:43qui pendant six mois n'ont pas de professeur de français.
01:45On avait des revendications par rapport aux classes surchargées.
01:48On avait des revendications par rapport aux établissements scolaires
01:50qui ne sont pas adaptés aux enjeux climatiques.
01:52Des gens qui ont très froid l'hiver et très chaud l'été,
01:54notamment dans les périodes caniculaires,
01:55qui vont se multiplier les prochaines années.
01:57Est-ce que vous avez eu des réponses ou des engagements ?
02:02Très peu, justement.
02:03On n'a aucun engagement précis sur un réel projet de loi.
02:08La seule chose qu'on a, c'est cette plateforme de concertation.
02:12Cependant, nous, on reste très prudent
02:14parce qu'on sait que ça peut être une stratégie
02:16pour faire taire le mouvement
02:18et finalement qu'il n'y ait aucune action concrète.
02:21Si on regarde de près,
02:24il y a des choses qui peuvent être programmées,
02:27notamment tout ce qui concerne le bâti, le matériel.
02:31Des choses qui peuvent être aussi évoquées à plus court terme.
02:34Vous parlez de la surcharge des emplois du temps, par exemple.
02:41Ça veut dire concrètement que vous voulez travailler moins ?
02:46Il faudrait dire les emplois du temps, oui.
02:47Mais si vous voulez, si on a 8 heures par jour ou plus,
02:508 heures, 18 heures,
02:51mais que pendant toute la journée, on est épuisé,
02:53on n'assimile pas les connaissances, on n'apprend pas.
02:55Et surtout, on n'a pas le désir d'apprendre,
02:57qui est essentiel pour réellement assimiler des connaissances
02:59et prendre du plaisir à aller à l'école.
03:01Aujourd'hui, il y a assez peu de gens en réalité qui, le matin,
03:03quand ils se laissent pour aller au lycée,
03:04se disent, ah oui, je vais passer une bonne journée,
03:07je vais apprendre beaucoup de choses.
03:08Non, donc effectivement.
03:09Et il y a des études qui montrent que, par exemple,
03:11si on commence juste à 9 heures,
03:12les résultats scolaires s'améliorent
03:14et la santé mentale des jeunes aussi.
03:17Est-ce que les enseignants sont, j'allais dire,
03:19de votre côté, notamment par exemple,
03:21sur cette question des emplois du temps surchargés,
03:23des enseignants qui, je tiens à le dire,
03:25via leur intersyndical,
03:26appellent ce soir à participer à vos côtés,
03:30aux côtés des lycéens, à la journée de mardi.
03:32D'ailleurs, ces enseignants, vous les accueillez,
03:35vous les profs à bras ouverts, mardi ?
03:37Tout à fait, et on est très contents
03:39qu'il y ait cette convergence des luttes
03:40parce qu'en réalité, nos problématiques,
03:42elles sont assez liées.
03:43Elles sont notamment dues aux 9 années de macronisme
03:45où les dépenses publiques ont baissé,
03:47il y a eu de l'austérité
03:48et où les conditions de vie des lycéens
03:50et des professeurs se sont dégradées
03:52d'année en année.
03:53Donc effectivement, on a un combat commun
03:54et c'est bien de le mener ensemble.
03:58Est-ce que quand même,
03:59vous avez le sentiment
04:00d'être un peu dépossédé de votre lutte,
04:05de votre combat pour de meilleures conditions
04:07d'apprendre, d'étudier ?
04:09On l'entend, je vous dis, dépossédé
04:12par ceux qui font oeuvre de violence,
04:14qui s'en prennent aux policiers,
04:16aux forces de l'ordre,
04:17aux proviseurs,
04:18une quarantaine de proviseurs blessés
04:21et parfois aux enseignants,
04:23même si là, vous nous dites
04:24que vous les accueillez à bras ouverts
04:25dans la manifestation de mardi ?
04:28Alors déjà, nous, bien sûr,
04:29on ne pense pas que c'est par la violence
04:31que nos revendications vont aboutir à quelque chose.
04:34Donc, on est contre qu'il y ait des actes de violence
04:36tels que vous les décrivez.
04:38Ensuite, souvent, lorsqu'il y a de tels actes,
04:41ce ne sont pas par des lycéens
04:42mais par des éléments extérieurs.
04:43Et ensuite, il ne faut pas oublier
04:44qu'il y a aussi beaucoup de violences policières.
04:46C'est donc la responsabilité du gouvernement.
04:48Je pense à une jeune fille de 14 ans
04:50qui a été étranglée sur plusieurs mètres,
04:51un jeune homme qui a été éborgné,
04:54un autre qui a perdu toutes ses dents.
04:55Ce sont des actes qui se multiplient
04:56ces derniers jours
04:57et il faut absolument que ça cesse vite.
04:59Mais on comprend en même temps
05:01l'appel de certains
05:02et notamment du ministre de l'Éducation
05:05et d'autres ministres
05:06à ne pas envoyer leurs enfants
05:11sur les manifestations,
05:12à leur dire de ne pas aller manifester
05:14parce qu'ils ne sont pas en sécurité aujourd'hui.
05:18Mais en fait, s'il y a de la violence,
05:19c'est parce que le gouvernement
05:21s'obstine à ne pas reconnaître
05:22que nos revendications sont légitimes
05:24et qu'elles doivent être écoutées.
05:25Mais si, le gouvernement dit
05:27que les revendications sont...
05:29En tout cas, ils vous écoutent
05:31puisque vous avez eu un entretien
05:32avec le ministre de l'Éducation.
05:34C'est une manière de dire
05:35que vos revendications sont légitimes tout de même.
05:37On a eu un entretien au bout de dix jours.
05:39Donc effectivement,
05:40ces dix derniers jours,
05:41il n'y avait rien eu.
05:42Donc forcément,
05:43quand des centaines de vies s'étaient bloquées
05:44et qu'il n'y a rien,
05:45ça fait de la colère chez les jeunes.
05:47Et ensuite, aujourd'hui,
05:48on a été entendus.
05:49Est-ce qu'on a vraiment été écoutés ?
05:51Est-ce qu'il y aura vraiment
05:51des changements de la part du gouvernement ?
05:53On a le temps de le voir
05:54et c'est pour ça
05:55qu'on continue de se mobiliser.
05:58Thème prioritaire,
05:58vous l'avez dit.
06:00Alors, vous avez parlé
06:01des emplois du temps,
06:03le bâti scolaire,
06:06les remplacements de profs.
06:09Qu'est-ce qu'il vous a dit, le ministre,
06:10sur le non-remplacement des enseignants ?
06:14Parce que là, peut-être,
06:16il y a possibilité d'agir
06:18relativement vite.
06:20Mais nous, on veut des choses maintenant.
06:21On ne veut pas attendre.
06:22Donc, effectivement,
06:23il y a moyen d'agir très vite.
06:24Malheureusement, on n'avait qu'une heure.
06:26Il y avait énormément de sujets
06:27à discuter.
06:29Et il n'a pas pu revenir
06:30sur le remplacement
06:32des enseignants absents.
06:33Vous le revoyez quand, le ministre ?
06:36Début de semaine prochaine,
06:37on aura une nouvelle réunion avec lui.
06:39Sûrement mardi ou mercredi.
06:41Et on espère que ça va évoluer.
06:42On espère qu'il y aura
06:43une grosse journée mardi
06:44pour pouvoir bien mettre la pression
06:45et aboutir à des actes concrets.
06:47Le risque, c'est que
06:48la violence déborde ?
06:51Mais si la violence déborde,
06:53d'une part, je vous l'ai déjà dit,
06:54c'est parce que le gouvernement
06:55ne fait rien.
06:57Ensuite, il faut faire
06:58trance de surveillance policière.
07:04Vous parlez de violence policière.
07:07Vous dites que les responsables
07:08de la violence,
07:09ce sont les forces de l'ordre
07:11et pas, par exemple,
07:13les casseurs qui peuvent déborder
07:14les lycéens ?
07:17Ça arrive, ça arrive.
07:18Mais je tiens aussi à dire
07:19aux personnes qui nous écoutent
07:20que les médias vous présentent
07:22les blocus comme tous violents,
07:24avec des poubelles en feu,
07:25des lycéens en feu,
07:26des lycéens violents.
07:28Ce n'est pas du tout le cas.
07:28J'ai été sur de nombreux blocus
07:30cette semaine.
07:31Et en réalité,
07:32dans la grande majorité de ceux-ci,
07:33c'est pacifique,
07:34c'est calme.
07:35Et c'est juste des gens
07:35qui demandent des meilleures conditions
07:36d'apprentissage.
07:37Juste de pouvoir apprendre
07:38dignement et correctement.
07:39C'est ce qu'on souligne d'ailleurs
07:41en donnant le nombre
07:42d'établissements perturbés.
07:43Par exemple, aujourd'hui,
07:45735 établissements perturbés
07:47et des incidents,
07:48parfois extrêmement violents,
07:50qui se sont produits
07:51devant une dizaine d'entre eux.
07:53Mais ce qui ne note rien
07:54à la violence,
07:56parfois extrême,
07:57sur des policiers,
07:58comme on en a parlé
07:58dans ce journal.
07:59Merci beaucoup, en tout cas,
08:01de nous avoir présenté
08:02le bilan de cette première rencontre,
08:04en sachant maintenant
08:05qu'il y en aura une autre
08:06en début de semaine prochaine
08:07avec le ministre.
08:08Merci, Marius Ménil,
08:10co-secrétaire général
08:11de l'Union syndicale lycéenne.
08:14Sous-titrage Société Radio-Canada

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