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  • il y a 7 minutes
Avec Joël Hocquelet, maire de Marmande
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##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE-2026-09-30##

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Transcription
00:02Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoz.
00:07Il est désormais officiellement et légalement interdit de tomber malade à Marmande dans le Lot-et-Garonne.
00:13C'est une décision du maire, alors qu'il peut faire sourire, mais en réalité elle cache un problème majeur.
00:20Dans cette ville, nous sommes avec Joël Auclay. Bonjour, vous êtes le maire de Marmande, soyez le bienvenu sur Sud
00:27Radio.
00:27Joël Auclay, évidemment cette mesure, qui est une mesure symbolique, vise à alerter sur les menaces qui pèsent sur l
00:36'hôpital de Marmande.
00:37Et en toile de fond, on imagine aussi le problème des déserts médicaux, même si Marmande est une ville importante.
00:46Oui, absolument, on peut bien sûr rien de s'être arrêté, mais par contre ce qu'on ne peut pas
00:50nier, c'est la réalité de ce qu'il dénonce.
00:54Les difficultés d'accès aux soins pour notre population et au-delà de la médecine de ville, où on a
01:00un problème comme dans toute la France, je dirais,
01:03aussi l'accès aux soins à l'hôpital avec des menaces de restriction de ce que peut offrir notre hôpital
01:09de Marmande sous préfecture de 18 000 habitants.
01:12Qu'est-ce qui se passe exactement aujourd'hui à Marmande ? On menace de fermer un certain nombre de
01:16services ?
01:20Nous sommes dans ce qu'on appelle un groupe hospitalier de territoire, les GHT, qui ont été mis en place
01:25il y a 10 ans.
01:25Notre préfecture, c'est à Jeun, avec un hôpital, bien sûr, à Jeun.
01:30Et si on est d'accord pour qu'il y ait des coopérations et des mutualisations,
01:34il faut que ce qui est offert par l'hôpital de Marmande aujourd'hui perdure.
01:37Or, une circulaire de la ministre, parue au milieu de l'été, annonce une accélération des regroupements avec, je cite
01:49la phrase,
01:49de renforcer l'efficience par une intégration territoriale.
01:52Et ce n'est pas possible pour notre hôpital.
01:54On a un territoire particulier.
01:56Notre hôpital draine 110 000 personnes, dont une partie du sud de la Gironde.
02:00Et on ne peut pas devenir un hôpital local, tout simplement.
02:03Joël Auclay, je vais peut-être vous choquer, mais c'est vrai que partout où on cherche des économies,
02:08ce n'est pas totalement absurde d'imaginer que certains services soient à Agen, en l'occurrence,
02:14et d'autres à Marmande, sur le papier.
02:16Mais quel problème ça pose concrètement ?
02:21On est d'accord pour certains services.
02:23La neurologie, les maladies des reins, tout ça, bien sûr, ça reste à Jeun, c'est une spécialité.
02:26Mais la cardiologie, le digestif, la pédiatrie, la gynéco-obsétrie, tout ça, la médecine,
02:31ça doit être accessible à Marmande, parce que sinon, c'est un énorme bassin que l'on prive de ses
02:36prestations.
02:37Et les gens, ils n'auront plus qu'entre Langon et Agen.
02:40Et ce que ça veut dire, la difficulté d'accès aux soins, ça entraîne ce qu'on appelle des pertes
02:45de chance.
02:46C'est-à-dire que suivant que vous êtes malade à 4 km de Marmande,
02:49vous aurez des séquelles d'une maladie que vous n'auriez pas eue si vous étiez à 4 km d
02:52'Agen.
02:53Et ça, ce n'est pas supportable.
02:55Bien sûr. En quoi Marmande est-il un désert médical, très exactement ?
03:01C'est justement l'éloignement dont vous me parlez à l'instant.
03:06Pour ceux qui ne sont pas familiers avec la région, ça représente combien de kilomètres ?
03:09Si on doit aller à Agen ou si on doit aller à Langon dont vous parliez ?
03:13Alors, à Agen, nous avons une heure de route et Langon, quasiment pareil.
03:18Mais entre nous, entre Langon et Agen, il y a donc Marmande et il y avait aussi l'aréole avec
03:23l'hôpital qui a été un peu dévitalisé au profit de Langon.
03:26Donc, je veux dire, c'est un maillage.
03:28Et nous, notre territoire, encore une fois, 110 000 personnes, ce n'est pas rien.
03:33Aujourd'hui, dans ce pays, pas que chez nous ici, c'est dans ce pays, on voit des maladies.
03:38Moi, j'étais médecin généraliste, on voit des maladies qu'on voyait quand j'étais étudiant, c'est-à-dire
03:42dans les années 80.
03:43Et qu'on ne voyait plus des stades de maladies, des stades de cancer, des stades de maladies qu'on
03:48ne voyait plus parce que les gens étaient mieux pris en charge,
03:51les soins étaient prodigués, ainsi de suite.
03:53Et tous les confrères pourront vous le dire.
03:55Donc, on a des dégradations des indicateurs de santé dans ce pays.
03:59Encore une fois, ce n'est pas que le Marmande, bien sûr.
04:02Et on n'en tient pas compte.
04:03Joël, qu'est-ce qu'il faudrait faire, alors, concrètement, et qu'est-ce que vous demandez ?
04:09Alors, pour nous, ce qu'on demande ici, c'est le maintien de l'hôpital dans l'offre de soins
04:13qu'il a aujourd'hui.
04:15Après, j'ai conscience des difficultés financières.
04:17Et c'est vrai que ça, c'est un souci.
04:19Mais le problème des hôpitaux, c'est qu'ils sont financés par...
04:22Les recettes sont liées à une mode de financement qu'on appelle la T2A, excusez-moi,
04:27de la chose qui ne sont absolument pas adaptées aux hôpitaux périphériques, en dehors des CHU encore.
04:34Et ça, ça fait des années que tout le monde le sait, et on ne fait rien là-dessus.
04:37Donc, c'est compliqué pour eux d'être à l'équilibre, parce qu'il faut qu'un hôpital soit à
04:42l'équilibre, je suis d'accord.
04:43Mais on ne peut pas sacrifier les conditions d'accès aux soins, et donc l'état de santé des Français,
04:50et particulièrement des marmandés, à cet homme-là.
04:52Ou alors, il faut leur dire.
04:53Au prétexte que cette réforme était censée, d'ailleurs, tout régler.
04:56La T2A, on s'en souvient, si je me souviens bien.
04:59C'était à l'époque où Roselyne Bachelot était ministre de la Santé.
05:03Il faudrait tout revoir.
05:03On vous réinvitera, Joël Auclay, en tous les cas, pour poursuivre cette discussion.
05:08Et merci de votre témoignage ce matin dans Sud Radio Vous Explique.
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