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Christine Kelly et ses invités débattent de l’actualité dans Face à l'Info Le 18H30.
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00:00Le 19h30 au sommaire ce soir, bonsoir à tous.
00:03Les pompiers ont rejoint la grève des agents publics aujourd'hui
00:07contre le projet de budget et le gel des salaires.
00:09Après les grands incendies de l'été, ils réclament aussi davantage de moyens.
00:13On ne peut plus porter secours, ont-ils crié aujourd'hui dans les manifestations.
00:19Bernard Oudoul est notre invité ce soir.
00:21Il est pompier, il a manifesté à Paris et il est aussi chanteur et nous racontera sa carrière.
00:26Des accusations graves visent Jordan Bardella qui les conteste.
00:31Accusations d'antisémitisme, mais où sont les preuves ?
00:34À l'aube de la présidentielle, cette affaire risque d'imposer l'agenda médiatique au détriment du débat.
00:40L'édito de Mathieu Boccote.
00:42Près de 10% des agents de la fonction publique d'État étaient en grève aujourd'hui.
00:47Des lycéens se mobilisent partout en France.
00:49400 lycées bloquées selon l'union syndicale qui veut continuer le mouvement.
00:53Les lycéens dénoncent le manque de professeurs ou encore l'état des bâtiments.
00:57Mais peut-on prétendre vouloir plus de moyens en cas sans tout ?
01:01Le regard de Marc Menon.
01:02Personne n'a oublié Thomas Acrypole.
01:0511 accusés sont renvoyés aux assises pour racisme contre la race blanche et la nation française.
01:13Contrairement au parquet, la juge retient la circonstance aggravante de racisme sur la foi de témoignage.
01:20Le procès devra trancher le décréptage de Charlotte Dornelas.
01:24Et puis Bali Bagayoko juge que la violence peut être légitime, même s'il préfère l'éviter.
01:30Dans les lycées, mobiliser cette formule entretienne une sorte d'ambiguïté politique.
01:35Sans doute lourde de conséquences, l'édito de Mathieu Boccote.
01:38Voilà pour tout ce dire et sans tabou pour les 18h30.
01:54Bonsoir à tous.
01:55D'abord, on commence avec l'actualité.
01:57Les pompiers.
01:58Bernard Audoul, vous êtes notre invité pour commencer cette émission.
02:02Vous êtes sapeur, pompier professionnel à Cannes, homme de terrain.
02:06Vous êtes aussi auteur, compositeur, interprète.
02:08Les deux casquettes nous intéressent ce soir.
02:10Mais d'abord, la casquette de pompier.
02:12Vos deux vocations sont complémentaires, indispensables.
02:15Vous dites à votre vie et vous êtes surnommé le pompier chanteur par Patrick Sébastien.
02:19Vous vous produisez sur de nombreuses scènes avec des chansons positives, vous dites.
02:24Originaire de Murat dans le Cantal, vous chantez votre région avec passion.
02:28On en parlera dans un instant avec votre nouvel album, l'écho des saisons, qui est porté par le single
02:32Oh là là.
02:33La vie est belle, un hymne solaire à la vie.
02:36Est-ce que la vie était belle aujourd'hui, lorsque vous étiez en train de manifester à Bastille, à Paris,
02:42pour avoir de meilleurs revenus, de meilleurs salaires en tant que pompier ?
02:46Aujourd'hui, la vie a été belle.
02:48Dans le sens où on s'est retrouvé avec les sapeurs-pompiers de France.
02:51Et je voudrais saluer les sapeurs-pompiers volontaires, les sapeurs-pompiers professionnels,
02:55les sapeurs-pompiers militaires aussi, avec lesquels on fait le même job.
02:58Mais aujourd'hui, c'était bon enfant dans le cortège où j'étais.
03:02Et on était là pour manifester notre mécontentement, oui.
03:06C'était bon enfant, mais l'instant était grave quand même,
03:08après tout ce qu'on a vécu cet été, ces pompiers qu'on a vus en première ligne.
03:12Comment vous vous êtes engagé, vous, en tant que pompier ?
03:14Vous étiez jeune, adolescent, on va dire.
03:17Oui, j'ai commencé pompier volontaire à l'âge de 16 ans, à la petite commune de Murat dans le
03:20Cantal.
03:21Et après, je suis rentré pompier professionnel à l'âge de 22 ans, en heure et loire.
03:27Qu'est-ce qui vous a poussé à devenir pompier ?
03:28Moi, j'ai habité la petite commune où j'avais la caserne de pompiers volontaires juste à côté de chez
03:32moi.
03:33Et quand la sirène sonnait, parce qu'avant, c'était la sirène, donc ça date un petit peu,
03:38je prenais le vélo, je montais à la caserne et je suivais les pompiers.
03:41Après, je n'arrivais plus à les suivre, j'étais en vélo.
03:43Mais c'était génial, ça a commencé comme ça.
03:47Et j'ai commencé, j'étais déjà dans le bâtiment, parce que j'étais couvreur.
03:53Donc, mon patron était pompier volontaire, son fils était pompier volontaire,
03:57son frère était pompier volontaire, et dans l'entreprise, on était tous pompiers volontaires.
04:01Donc, moi, je suis rentré pompier volontaire, et ça s'est suivi.
04:03Pompier volontaire, couvreur, pompier volontaire, et pompier professionnel par la suite.
04:08Bernard Audoul, quand vous voyez ce qui s'est passé cet été,
04:11vous n'étiez pas en ligne, en première ligne, avec les incendies graves
04:15qui ont atteint les pompiers physiquement, psychologiquement.
04:19Comment vous réagissez ?
04:20En fait, moi, déjà, pour répondre à votre question, je ne suis pas intervenu,
04:24parce que moi, je suis au centre opérationnel actuellement,
04:26ou à la réception de tous les 18 du département.
04:29Donc, on est un petit peu moins sur le terrain, et j'y suis de temps en temps aussi.
04:33Là, ce qu'on peut dire, c'est que ça a été très, très, très compliqué
04:35au niveau des sapeurs-pompiers sur le terrain,
04:37parce qu'il faut savoir que les feux de forêt, ça reste compliqué par rapport au furbain,
04:42parce que ça évolue très, très vite avec le vent, avec les essences.
04:50Et en plus de ça, c'est qu'il y a des maisons qui brûlent,
04:53il y a des voitures qui sont confrontées au gaz, aux fumées toxiques,
04:56d'où aussi la manifestation aujourd'hui pour la sécurité et la santé au travail,
05:01avec parfois des moyens où, quand on intervient sur les feux de forêt avec des cagoules,
05:05ce n'est pas comme en feu urbain où on a un appareil respiratoire,
05:08vous savez, avec une bouteille, ce qu'on appelle l'aéri.
05:11Là, c'est vraiment juste une cagoule et qui ne protège pas forcément bien.
05:15Et là, on a entendu les pompiers dire, on ne peut plus porter secours,
05:18on n'a plus les moyens, vous êtes d'accord avec ça,
05:21qu'on n'a plus les moyens de porter secours à la population aujourd'hui ?
05:25Donc, comme je disais aussi, je ne suis pas représentant dans la matière,
05:27dans le sens où je ne suis pas porte-parole des pompiers ni représentant syndical.
05:31Porter secours, on porte secours comme on le peut,
05:35mais c'est vrai qu'il y a des fois une sollicitation qui est telle
05:38qu'on peut être amené à avoir des difficultés pour porter secours,
05:42je pense en zone urbaine, par rapport à la sollicitation.
05:45Alors, vous avez deux vies, vous avez commencé à être pompier à 16 ans,
05:49vous avez commencé à chanter à 18 ans.
05:51Comment vous conciliez ces deux vies et pourquoi vous chantez ?
05:54Comment c'est venu ?
05:56On vous appelle le pompier chanteur, je disais.
05:58Oui, le pompier chanteur Patrick Sébastien qui m'a surnommé comme ça.
06:01En fait, pour moi, c'est un parallèle.
06:03Parce qu'en fait, quand on intervient, en intervention, on va aider les gens,
06:07on leur apporte du bonheur, parce qu'on leur apporte du bonheur,
06:09sauf quand c'est bien grave, forcément, on ne va pas forcément leur apporter du bonheur.
06:14Mais on les soutient.
06:15Et le parallèle avec la chanson, c'est quand je suis sur scène,
06:17je leur amène du bonheur aussi.
06:19Et vous chantez pour des orphelins ?
06:22Vous chantez pour des associations ?
06:23Oui, je chante pour les orphelins, les orphelins des sapeurs-pompiers de France.
06:26J'ai commencé, c'est l'association par laquelle j'ai commencé,
06:29à faire les comosénites à Clermont-Ferrand, et ainsi de suite.
06:32C'est vraiment une vocation.
06:36On a peut-être un extrait, on va vous écouter chanter ?
06:38Ah oui ?
06:40Oh là la vie est belle.
06:59Oh là la vie est belle.
07:13Alors on voit effectivement comment vous conciliez les deux carrières.
07:17Vous avez participé cet après-midi, on dit, à la manifestation.
07:20Mais vu votre carrière de chanteur, quel regard portent les collègues sur vous ?
07:24Est-ce qu'ils vous critiquent ?
07:26Ou au contraire, ils sont contents ?
07:28Ils profitent du fait que vous chantiez ?
07:30Vous leur apportez du bonheur à eux aussi, aux pompiers ?
07:33Dans la vie, tout ce qu'on fait, il y a toujours des critiques.
07:35On fait des belles choses.
07:36J'avoue.
07:39On est toujours critiqués, et puis il peut toujours y avoir des choses, genre de la jalousie.
07:44C'est comme ça.
07:45Bon, je le vis avec, mais essentiellement, c'est génial, parce que moi, je porte le métier
07:50de pompier à travers deux chansons que j'avais faites sur les sapeurs-pompiers aussi.
07:53Et là, c'est la bonne vibe avec la chanson « Oh là la vie est belle ».
07:57Et là, par contre, c'est le summum.
08:00Alors « Oh là la vie est belle », chanter pour nous, c'est quoi ? Ça donne quoi ?
08:02Ça fait tout simplement ça « Oh là la vie est belle », quand elle nous interpelle.
08:09On frappe dans les mains, et on ne pense à rien.
08:13Oh là la vie est belle, quand elle nous interpelle.
08:18On frappe dans les mains, et on ne pense à rien.
08:22Ça, c'est l'hymne de la liberté, en fait.
08:25Bernard Audoul, vous faites du bien dans ce monde brut, et dans ce monde, effectivement,
08:31où les pompiers alertent et demandent plus de moyens.
08:35Bernard Audoul, avec son album « L'écho des saisons », porté par le single « Oh là la vie
08:41est belle ».
08:41Merci infiniment.
08:43On termine avec ces images, où on vous voit, effectivement, sur votre clip.
08:46Merci pour ce sourire que vous portez, et merci pour ce souffle.
08:51Et merci d'avoir manifesté aussi avec les pompiers.
08:53Merci, merci infiniment.
08:56On continuera à parler de l'actualité avec les pompiers dans un instant.
09:00D'abord, Michel Fayad, les pompiers, les lycéens, puisqu'ils étaient nombreux à manifester aujourd'hui.
09:05Michel Fayad, d'abord, on va partir avec vous au Québec.
09:08Pas avec Mathieu Bocoté, cette fois.
09:13Le Québec est partout.
09:15Le Québec est partout.
09:15Voilà, un immigré.
09:18À six jours des élections, une candidate indépendantiste, Fatima Aboubakar, arrivée du Maroc, affirme, je cite,
09:26« que l'islam est incompatible avec les valeurs occidentales. Courage au dérapage, c'est ce que vous aviez envie
09:33d'analyser et de décrypter aujourd'hui ».
09:35Le problème commence par celle qui prononce la phrase, justement.
09:39Donc, Fatima Aboubakar est née au Maroc.
09:41Elle est musulmane.
09:42Elle arrive au Québec en 2005.
09:44Elle est mère célibataire.
09:46Elle a deux enfants.
09:47Et elle travaille tout d'abord dans la petite enfance.
09:50Ensuite, elle milite pour la laïcité.
09:53Et aujourd'hui, elle est candidate pour le parti québécois, le parti de Mathieu, le grand parti indépendantiste, à Laval.
09:59Et elle fait, en réalité, exposer toutes les cases, puisque les commentateurs ne savent même plus dans quel tiroir la
10:06placer, la ranger, pardon.
10:08Et l'année dernière, elle a fait un podcast, où elle racontait un peu son parcours, comment le Maroc, notamment,
10:16le Maroc qu'elle a quitté.
10:17Elle disait, notamment, qu'une femme ne peut pas marcher dans la rue sans être harcelée.
10:22Elle parle également du fait qu'il n'y a pas d'égalité entre hommes et femmes.
10:25Et puis, elle sort la phrase que vous avez dite, c'est-à-dire, l'islam est incompatible avec les
10:30valeurs occidentales.
10:31Elle ajoute qu'à l'époque, elle voulait partir dans un pays sans musulmans.
10:35Cette phrase est énorme, elle est brutale.
10:38Mais la question est, pourquoi est-ce qu'elle est partie ?
10:40Donc, son parti affirme qu'elle et sa famille avaient subi des menaces et des intimidations de la part d
10:46'intégristes.
10:47Elle n'a pas quitté le Maroc pour le climat du Québec.
10:55Révoltez-vous, Mathieu !
10:58Il faut quand même avoir des raisons assez sérieuses.
11:02Et le Parti québécois, lui, répond que les propos qu'elle a tenus n'engagent pas tous les musulmans.
11:09Il y a quand même le fait que dès qu'elle a annoncé sa candidature, elle a reçu des menaces
11:13de mort.
11:14Donc, elle critique l'intolérance et derrière, elle reçoit des menaces de mort.
11:17Elle a saisi la police. Le chef du parti estime que ces menaces ont leur racine dans le fondamentalisme religieux.
11:25Et elle n'est pas la première voix venue du Maghreb qui a ce courage-là.
11:29Il y a eu, bien entendu, Kamel Daoud, dont un imam salafiste avait réclamé la mort en 2014.
11:37Il y a Boalem Sansal qui dénonce l'islamisme et qui a passé un an dans les prisons du régime
11:41algérien.
11:42Il y a aussi Mohamed Luizi qui était frère musulman quand il est venu en France.
11:46Et là, il a compris que le projet de la confrérie, il a compris leur projet.
11:50Puis, il les a quittés et il les a dénoncés.
11:54Il vient demain nous voir.
11:55Il y a Driss Ghali, il y a frère Rachid.
11:58Il y a également Tahar Ben Jeloun et d'autres que j'oublie et j'en suis désolé.
12:02Mais il y a notamment aussi Razika Adnani qui est une philosophe et islamologue franco-algérienne.
12:07Et je la cite parce que non seulement elle est auteure d'un très bon livre qui s'appelle Sortir
12:11de l'islamisme,
12:12mais elle est également une ancienne membre du Conseil d'orientation de la Fondation de l'Islam de France.
12:16Et dans le Figaro du 23 décembre 2024, elle dit
12:19« L'islamisme n'est pas l'islam est une expression qui n'a de fondement ni historique ni théologique.
12:26»
12:26Elle l'a répété au prix de la laïcité le 9 décembre 2025
12:29en disant « La distinction entre islam et islam politique n'a aucun fondement. »
12:34Et maintenant, il y a donc Fatima Aboubakr au Québec,
12:37qui est donc cette femme immigrée, maghrébine, musulmane,
12:40qui coche toutes les cases de la diversité,
12:41mais qui refuse de coucher la case des idées que la bien-pensance voudrait lui assigner.
12:46L'islam incompatible, je cite,
12:48« Ce n'est pas un amalgame des millions de musulmans vivent paisiblement pourtant en Occident, Michel. »
12:53Ce n'est pas un amalgame à condition d'une chose,
12:55c'est de ne pas confondre la personne et la doctrine.
12:58Donc des millions de musulmans vivent paisiblement en Occident,
13:02et ça, il faut quand même le dire.
13:04Mais ça peut être notre voisin, notre collègue, notre médecin, etc.
13:09Ou même Fatima Aboubakr, qui elle-même en est la preuve d'une musulmane intégrée
13:15ou qui ne pose aucun problème.
13:16Ce choix, par contre, qui est admirable, il est personnel.
13:20Il n'est pas doctrinal.
13:21Car l'islam n'est pas seulement une foi,
13:23c'est aussi une tradition juridique,
13:25la famille, l'héritage, le statut des femmes,
13:28les rapports avec les non-musulmans.
13:29Et l'islamisme ne tombe pas du ciel.
13:31C'est une lecture politique de textes qui existe réellement.
13:35Des millions de croyants la refusent dans leur vie.
13:38Des réformistes proposent d'autres lectures.
13:40Mais les textes, eux, sont toujours là.
13:42Et je vais vous citer un exemple.
13:43La Sourate 9, verset 29 du Coran, dit
13:46« Combattez ceux qui ne croient pas en Allah et au dernier jour
13:49et ne déclarent pas illicite ce qu'Allah et son apôtre,
13:52donc Mahomet, déclarent illicite. »
13:55Ça, il faut comprendre que c'est le vin, la viande de porc,
13:57la nourriture durant les journées du Ramadan, etc.
14:00« Et ne suivent pas la religion de vérité,
14:02donc pour eux l'islam.
14:03Les gens du livre, c'est-à-dire les chrétiens et les juifs,
14:06qui ne pratiquent pas la vraie religion,
14:08donc l'islam pour le Coran,
14:10combattez-les jusqu'à ce qu'ils finissent par payer la jizya,
14:13c'est-à-dire une amende, dans l'humiliation. »
14:15Ça, c'est une Sourate du Coran.
14:17On est loin de notre principe d'égalité entre citoyens.
14:20Et il y a un deuxième élément.
14:22En 2003, la Cour européenne des droits de l'homme,
14:25qui a dû juger le cas d'un parti islamiste turc,
14:29qui notamment défendait l'instauration de la charia,
14:33et qu'a dit la Cour européenne des droits de l'homme ?
14:36Elle a dit qu'un régime fondé sur la charia
14:38est difficilement compatible avec les principes fondamentaux
14:41de la démocratie.
14:42Ça, c'est la CEDH.
14:43Donc on a connu plus réactionnaire que cette officine.
14:47Et sur les homosexuels, Fatima Abou Bakr
14:50se trompe légèrement de texte.
14:52Elle dit que le Coran veut tuer les homosexuels.
14:57Ce n'est pas tout à fait ça.
14:58Le Coran condamne les actes du peuple de Lot.
15:02Mais la mise à mort, elle, se trouve dans les Hadis,
15:05les paroles attribuées aux prophètes de l'islam.
15:07Pas le même texte, mais le texte existe.
15:09Et regardez le Maroc, mercredi dernier,
15:10le parti islamiste, le PJD,
15:12qui était tombé à 13 députés
15:14après 10 ans de gouvernement,
15:15et donc il est remonté.
15:18Désormais, il a 54 députés.
15:20Il arrive quatrième.
15:21Et donc l'islamisme n'est pas mort.
15:24Ce qui est important également de dire,
15:26c'est que sur les Perses...
15:27Donc Fatima Abou Bakr a, disons,
15:31a peut-être tort sur les personnes,
15:33sur les musulmans,
15:34mais pas sur la doctrine.
15:35La dimension juridique de la charia,
15:36la politique de l'islamisme
15:37est incompatible avec l'ordre occidental.
15:39Alors et nous en France, Michel,
15:41qu'est-ce que cette histoire
15:42devrait nous faire regarder précisément ?
15:46Déjà, le Québec, c'est notre miroir.
15:48Même langue, la même religion,
15:50à départ le catholicisme,
15:52le même débat.
15:53Mais eux ont la chance d'écrire
15:55donc que dans leurs lois,
15:57lorsqu'ils ont un problème.
15:58Nous, chez nous,
16:02lorsqu'on a un problème,
16:03on fait des rapports,
16:04on étudie,
16:05on imagine une loi,
16:06puis on ne fait rien.
16:07Au moins, les Québécois font des lois.
16:11Et il y a quelque chose aussi
16:12qui est assez important à dire,
16:14c'est qu'il y a une autre candidate
16:16au Parti québécois
16:17qui s'appelle Aïcha Issa,
16:18qui est née au Sénégal,
16:19et qui, elle, trouve triste
16:21qu'une éducatrice perde son métier
16:23pour un foulard.
16:24Alors immédiatement,
16:24le chef du parti a précisé,
16:26elle parlait des femmes déjà en poste,
16:28pas d'ouvrir la porte aux nouvelles.
16:30Deux femmes, un parti,
16:32deux lectures,
16:32ça s'appelle une démocratie.
16:34Juste pour conclure,
16:37je pense que le vrai enjeu
16:39n'est pas de demander
16:40à celui qui arrive
16:41d'où viens-tu,
16:42c'est d'être assez sûr
16:43de ce que nous sommes
16:44pour lui dire
16:45voilà où tu arrives.
16:47Défendre une société d'accueil,
16:48ce n'est pas rejeter celui qui vient,
16:50c'est lui garantir
16:51que ce qu'il est venu chercher
16:53ne disparaîtra pas
16:54après son arrivée.
16:55Et je pense que ce que je viens de dire,
16:56c'est également ce qu'a dit le pape
16:57ces derniers jours.
16:59Merci beaucoup, Michel Fayad.
17:01Merci infiniment.
17:02Vous allez laisser votre place
17:03aux invités,
17:04mais vous revenez
17:05dans un instant.
17:06Bernard Rodoul,
17:07merci beaucoup d'avoir été avec nous,
17:08d'avoir enjolivé,
17:10éclairé.
17:10Merci bien.
17:11Merci ce plateau.
17:13On va accueillir à votre place
17:14avant, pour terminer ce 18h30,
17:17Emmanuel Bigaud,
17:18qui est ingénieur de formation,
17:19merci à vous,
17:20qui a été d'abord
17:22fait carrière dans l'armée,
17:24qui a été lieutenant,
17:25puis capitaine.
17:26Il travaille aujourd'hui
17:26chez Total Energy,
17:27mais peu importe.
17:28Il est installé en Bourgogne
17:29et il est président
17:31de l'association Avenir
17:32et à l'origine du projet
17:33EDP M58,
17:35une école de production
17:37dédiée au métier
17:38de la première transformation
17:39du bois.
17:40Bonsoir.
17:40Merci beaucoup d'être là.
17:41Lorsqu'on voit les manifestants,
17:43les jeunes,
17:44dans les lycées,
17:46qui brûlent,
17:47qui cassent,
17:47qui cassent tout,
17:49comment vous réagissez,
17:51vous qui avez créé
17:52cette école
17:53de transformation du bois ?
17:55On y revient avec votre élève.
17:57Déjà, bonsoir à tous.
17:58Effectivement,
17:59je me dis que c'est assez opportun
18:01parce que ces manifestations
18:04montrent peut-être
18:06que notre système éducatif,
18:09contrairement à nos voisins,
18:10les Suisses,
18:10les Allemands,
18:12qui proposent quasiment
18:13à l'intégralité de leurs élèves
18:15une formation technique
18:16dès la sixième.
18:17Et c'est la voie,
18:18presque la voie normale,
18:19la voie anormale,
18:20et celle de ceux
18:21qui continuent à faire des études.
18:22Et donc,
18:23cette école,
18:24justement,
18:25propose,
18:26dans la Nièvre,
18:27sur le bois,
18:29un CAP,
18:29Bac Pro,
18:31donc sur la première
18:32transformation du bois.
18:33Alors, c'est intéressant,
18:33c'est vous qui l'avez créé.
18:34Pourquoi ?
18:35Je l'ai créé
18:36parce que,
18:37comme vous le disiez,
18:39je travaille chez Total Energy,
18:40j'ai passé pas mal d'années
18:41en expatriation.
18:43On a la chance
18:44d'avoir dix enfants.
18:45Et quand je suis rentré
18:47en France,
18:47j'étais affecté à Paris.
18:50Se mettre à Paris à 12,
18:51c'est un peu dur,
18:51financièrement.
18:52Et donc,
18:53on a décidé
18:54de se mettre dans la Nièvre,
18:55près de chez mes beaux-parents.
18:57Et j'avais un peu
18:58une double vie,
18:59cette vie à Paris,
19:01citadine,
19:01et cette vie rurale.
19:03Et je dois dire
19:04que la rurale
19:05me plaît énormément
19:06et il y a un énorme gouffre,
19:08un énorme décalage
19:09dans ce qui se passe aujourd'hui.
19:10Et malheureusement,
19:11nos territoires ruraux
19:12sont en train de mourir,
19:14ne serait-ce que par la démographie.
19:15Tout est lié à la démographie.
19:17Et moins il y a de gens,
19:18moins il y a d'artisans,
19:19moins il y a de commerçants.
19:20Gabriel Clézel a envie
19:21de vous poser une question,
19:21je vois ça.
19:25Mais alors,
19:25comment vous est venue
19:26cette idée incroyable ?
19:28Pourquoi le bois ?
19:29Parce que vous étiez
19:29entouré de bois
19:30et quels ont été
19:31vos premiers élèves ?
19:32Comment avez-vous réussi
19:33à convaincre
19:33vos premiers élèves ?
19:35Alors pourquoi ?
19:35Déjà, je suis président de l'Avenir
19:36qui est une association
19:38qui se veut initier des projets
19:39pour essayer de faire revenir
19:40des gens
19:41ou au moins de les faire rester.
19:42Ah oui, c'est d'arrêter
19:43la diagonale du vide.
19:44Voilà.
19:45Et un été,
19:46j'ai rencontré
19:47le frère d'un ami,
19:48amiral de son état,
19:50fraîchement à la retraite.
19:51Et je lui ai dit
19:52mais tu as 58 ans,
19:53qu'est-ce que tu vas faire ?
19:54Il m'a dit
19:54je vais monter une école de production,
19:56lui en chaudronnerie,
19:59dans le Saumuroi.
20:00Et je lui ai dit
20:01mais c'est quoi ton truc ?
20:01Et en fait,
20:02ça m'a emballé.
20:03Et comme je cherchais des idées,
20:05je me suis dit
20:05mais dans la Nièvre,
20:06on a du bois,
20:07le bois a toujours fait
20:08la grandeur du Morvan
20:09et continue de la faire.
20:10Et je lui ai dit
20:11c'est ça qu'il faut qu'on fasse.
20:12Alors, quel profil de jeunes
20:13vous accueillez
20:14avant de parler avec Augustin ?
20:16Il y a tout type de jeunes.
20:18Ça s'adresse vraiment
20:19à tout le monde.
20:20Même les lycéens
20:20qu'on va dans la rue ?
20:22Même eux.
20:23Et je dirais peut-être
20:24surtout eux
20:25parce que c'est peut-être
20:26des enfants ou des jeunes
20:28qui n'ont pas la chance
20:31de savoir
20:31ce qu'ils ont envie de faire.
20:33Et qui peut-être
20:33à l'âge de 40 ans
20:34se diront
20:35en fait,
20:35je veux changer de bois,
20:36je veux faire un CAP
20:38en menuiserie,
20:39en scierie
20:40et ainsi de suite.
20:41Et ces gens-là,
20:41à 40 ans,
20:42on les applaudit.
20:43Moi, j'ai envie
20:43qu'on applaudisse
20:45des gamins
20:45qui ont 15 ans
20:46et qui font ce choix-là.
20:47Comme Augustin
20:48qui a 16 ans.
20:49Augustin,
20:50comment avez-vous connu
20:51des PM58
20:53et pourquoi avez-vous choisi
20:54de venir dans cette école ?
20:56Augustin,
20:56merci d'être là.
20:57Moi, personnellement,
20:58comment je l'ai connu ?
20:59C'est surtout grâce
21:00au directeur maintenant
21:01de l'école
21:02qui était un de mes voisins
21:03qui a permis
21:05de me faire découvrir
21:06ce métier
21:07et intéressé par le bois
21:11et tout ce qui est machine.
21:13Qu'est-ce qui peut attirer
21:14un jeune comme vous
21:15de 16 ans ?
21:16Comment le bois
21:17peut attirer
21:18un jeune comme vous ?
21:19Le bois,
21:21je trouve,
21:21c'est une matière
21:22assez intéressante.
21:23On peut en faire
21:23presque n'importe quoi.
21:25Je trouve ça
21:26très intéressant.
21:27Au niveau du reste
21:29de la transformation,
21:30on peut aller très,
21:31très, très loin.
21:32Ça peut intéresser
21:33énormément de monde
21:35sur n'importe quel sujet.
21:37Et qu'est-ce que vous avez
21:37le plus surpris
21:38lorsque vous avez commencé
21:39dans cette école
21:43EDPM58 ?
21:44Qu'est-ce que vous avez
21:44le plus surpris ?
21:45Le plus surprenant,
21:46je pense,
21:46c'est que ce soit
21:47vraiment nous
21:48qui faisons tout
21:49de A à Z.
21:50L'autonomie,
21:51la responsabilité.
21:52Qu'on fasse les devis,
21:53qu'on accueille les clients.
21:55En gros,
21:55on fait de l'arrivée
21:57sur le parc des biens
21:57jusqu'au sillage
21:59et mise en colis.
22:00À quoi ressemble
22:01une journée type,
22:01par exemple ?
22:02Soit on arrive le matin,
22:04on change.
22:05Quelle heure ?
22:07Non, pas encore.
22:08À quelle heure,
22:09il dit ?
22:09À quelle heure ?
22:10On commence vers
22:128h30 à peu près.
22:13On commence par faire
22:16un coup de nettoyage,
22:17charger les six,
22:20ensuite on continue
22:21notre journée
22:22en sciant
22:24et après c'est ainsi de suite,
22:25c'est à peu près
22:26tout le temps la même chose.
22:27Et Augustin,
22:28qu'est-ce que vous savez
22:28faire aujourd'hui,
22:29par exemple,
22:29que vous ne saviez pas faire
22:30avant cette école ?
22:32L'utilisation
22:32de toutes les machines,
22:34que ce soit la scie,
22:35la déigneuse,
22:36les raboteuses,
22:37les chouards,
22:38tout ce qui est engin aussi.
22:39Ce qu'on apprend,
22:40parce qu'on a le casset,
22:41ce qu'on passe,
22:42les choses comme ça.
22:42Et comment vous projetez demain ?
22:45Peut-être plus tard,
22:47me former encore plus loin
22:49dans le bac pro
22:51et après peut-être
22:53être embauché
22:54dans des grosses scieries
22:55ou être patron.
23:01Le mot de la fin peut-être.
23:03Vous qui avez créé cette école,
23:04c'est une fierté quand même.
23:06Il y a un paradoxe,
23:07comme disait peut-être Gabriel,
23:08c'est deux France,
23:09peut-être à la fois
23:10celle qui casse
23:11et puis celle qui a envie,
23:12qui construit,
23:13qui construit de ses mains,
23:14qui a envie d'avancer.
23:16Oui,
23:16et puis ça ne fait
23:17effectivement que deux ans.
23:19On a sorti
23:19notre première promotion
23:20cette année
23:21avec des résultats
23:22qui sont magnifiques,
23:23qui sont parmi les premiers
23:24de toutes filières confondues
23:26de France
23:26à 15,7% de moyenne générale.
23:28Le premier caracole
23:29en tête à 18,6%.
23:31Et on est d'autant plus fiers
23:33que ces jeunes
23:35n'avaient pas trouvé
23:35chaussures à leurs pieds
23:36dans tout ce que l'éducation nationale
23:38pouvait leur proposer aujourd'hui.
23:40Et là,
23:41ils s'épanouissent
23:41et c'est des jeunes
23:43qui sont fiers
23:43de ce qu'ils sont
23:44et de ce qu'ils font.
23:44Une dernière question,
23:45même si on a dépassé le temps.
23:46Gabriel Cusel.
23:47Je vais peut-être
23:48faire une confidence.
23:50C'est que vous avez une épouse
23:51qui est aussi une école hors contrat
23:52en plus de ses 10 enfants.
23:54Et c'est votre fils
23:55qui a eu la joie
23:56de poser une question au pape
23:58à la veillée des jeunes.
23:59Moi,
23:59j'entends Philippe Devilliers
24:01dire que c'est les minorités
24:01qui changeront le monde.
24:02Mais je me dis,
24:03il y a des familles,
24:03je ne sais pas,
24:03j'ai l'impression
24:04qu'elles ont 48 heures
24:05dans leur journée
24:05et qu'elles font tout à la fois.
24:07Donc,
24:07je me dis que oui,
24:08les minorités peuvent changer le monde.
24:10Vous faites comment ?
24:11Déjà,
24:11j'ai une épouse
24:12qui est exceptionnelle.
24:14Parce que,
24:15comme je vous le disais,
24:15moi,
24:15je passe une partie
24:16de ma journée,
24:17de ma semaine,
24:18pardon,
24:18à Paris.
24:18et c'est elle qui tient tout
24:20tout en ayant...
24:20Et puis des enfants
24:21exceptionnels aussi,
24:22j'imagine.
24:23En étant chef d'établissement
24:24de son école
24:25qui est sous contrat,
24:26pas hors contrat.
24:28Sainte-Marie
24:28à deux cises.
24:29Voilà,
24:30donc elle est exceptionnelle
24:31et c'est elle qui tient la baraque.
24:32En tout cas,
24:32Emmanuel Bigot,
24:33merci infiniment
24:34d'avoir apporté un regard nouveau,
24:36un regard pas nouveau
24:37mais différent,
24:38en tout cas,
24:39sur cette jeunesse.
24:39Merci Augustin.
24:41Vraiment plein d'énergie,
24:43plein d'élan
24:43et plein d'ondes positives
24:44pour votre avenir.
24:45Merci infiniment
24:46d'avoir témoigné en direct
24:48dans le 18h30.
24:49On marque une pause,
24:50on revient avec beaucoup
24:51de sujets d'actualité.
24:52Jordan Bardella,
24:53on se posera toutes les questions
24:54avec Mathieu Bocoté,
24:55notamment.
24:56Est-il antisémite ?
24:57A tout de suite.