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Ce lundi 28 septembre, les objectifs de croissance de la production du groupe TotalEnergies et son projet d'augmenter les dividendes de plus de 5% par an jusqu'en 2030, ainsi que le modèle économique américain, ont été abordés par Patrick Artus, économiste et conseiller économique de la société de gestion Ossiam, Jean-Charles Simon, président de Propriété et Libertés, et Laurent Milchior, co-gérant du Groupe ETAM, dans l'émission Les Experts, présentée par Laure Closier sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00C'est un plateau inédit parce que Jean-Charles Simon et Patrick Arthus, ça doit faire 20 ans tous les
00:04deux que vous faites cette émission.
00:05Vous n'avez jamais été ensemble ?
00:06Je crois pas.
00:07C'est la première fois ce matin. Patrick Arthus, bonjour, économiste et conseiller économique de la société de gestion OCIAM.
00:12Face à vous, Jean-Charles Simon, président de Propriétés Libertés, et on accueille Laurent Milcoeur.
00:17C'est votre première temps, les experts, co-gérants du groupe Etam.
00:20On pourra regarder avec vous l'impact notamment de la taxe sur les petits colis.
00:24Je commence avec le dernier dossier, dossier Total Énergie, augmentation du dividende de plus de 5% par an jusqu
00:30'en 2030.
00:30Vous pouvez être à peu près sûr que ça va faire la journée en pleine hausse du prix du pétrole.
00:35C'est ce genre d'annonce qui est mal vue.
00:37Il faut rappeler, Patrick Arthus, que les dividendes, c'est la fin du dossier.
00:40C'est-à-dire que c'est une fois qu'on a payé les impôts, les salaires, et que ce
00:44n'est pas un scandale de verser des dividendes.
00:47Oui, non, mais ça pose deux questions.
00:49D'abord, verser des dividendes ou racheter des actions, c'est l'aveu qu'on n'a pas de projet
00:54en interne suffisamment rentable.
00:58Ça répond à une demande des actionnaires, clairement, et surtout des actionnaires anglo-saxons,
01:01qui veulent des dividendes élevés et qui veulent des rachats d'actions élevées.
01:06Mais ça, c'est quand même plutôt un mauvais signal sur la rentabilité des projets en interne.
01:11Et puis deuxièmement, il faut tuer une idée reçue, qui est que racheter des actions, ça fait monter le cours.
01:17C'est complètement neutre, parce que d'un côté, vous perdez des ressources, vous perdez de la trésorerie,
01:27et d'un autre côté, vous réduisez le nombre d'actions cotées, tout ça se neutralise, et donc ça n
01:31'a jamais fait monter le cours.
01:32Donc c'est juste pour satisfaire la demande croissante de rendement des actions, et surtout du fait des investisseurs américains.
01:43Donc c'est un sujet de compétition, il faut plaire, d'attractivité du titre total, Jean-Charles ?
01:48C'est donner de la liquidité, les dividendes et les rachats d'actions, ça n'enrichit pas l'actionnaire le
01:53jour J,
01:53c'est de la liquidité, et c'est en effet, comme vient de le dire Patrick Artus,
01:57c'est parce qu'on trouve qu'il n'y a rien de mieux à faire que de rendre cet
02:00argent aux actionnaires d'une façon ou d'une autre,
02:03plutôt que de l'employer, parce qu'on n'a pas trouvé de projet plus rentable en interne pour employer
02:08cette trésorerie.
02:08Donc on utilise cette trésorerie pour redonner de la liquidité, mais si vous regardez bien ce qui se passe le
02:13jour d'un détachement de dividendes,
02:15l'action, en théorie, toutes choses égales par ailleurs, elle baisse exactement du montant du dividende versé.
02:19Et d'ailleurs, il y a des arbitrages qui se font tous les jours pour voir si ça va être
02:22exactement ça ou pas.
02:23Donc en fait, c'est quelque chose que les gens ne comprennent pas, ce n'est pas de l'enrichissement.
02:27On rend de l'argent qui appartenait déjà à l'actionnaire, simplement on lui dit, voilà, je te le rends
02:32parce que je ne sais pas l'employer mieux.
02:34Et d'ailleurs, c'est super important dans l'économie parce que c'est ça qui permet de réallouer de
02:39l'argent à des entreprises qui, elles, ne versent pas de dividendes,
02:41parce qu'elles ont besoin d'énormément d'argent et donc on leur donne de l'argent, on investit dans
02:46ces entreprises-là,
02:47qui, elles, en général, pendant des phases notamment de forte croissance, sont des entreprises qui ne versent pas ou peu
02:53de dividendes.
02:54Donc ça, c'est un gros malentendu.
02:56Le deuxième malentendu, c'est d'où viennent les profits de Total ?
02:59Les profits de Total, ils ne viennent pas de France.
03:01Quand vous regardez la situation globale agrégée des entreprises françaises,
03:06la distribution en comptabilité nationale, les dividendes reçus, les dividendes versés,
03:11le niveau de dividendes versés, il est assez faible.
03:13Quand on en parle, il y a quelques semaines, de 61 milliards de dividendes versés par les entreprises françaises,
03:19c'est quelque chose qui correspond à des profits, pour l'essentiel, étrangers.
03:23Donc en fait, comparer, et ça c'est quelque chose de plus en plus important que les gens doivent avoir
03:27en tête,
03:28comparer les grandes entreprises françaises aujourd'hui,
03:30qui font plus des trois quarts de leur chiffre d'affaires à l'étranger,
03:32ce que disait encore la FEP la semaine dernière,
03:35avec l'économie française, ça n'a pas de sens.
03:37Pareil pour le patrimoine, la valeur des richesses des actionnaires de ces entreprises.
03:43Ce sont des entreprises mondiales, et c'est largement déconnecté de l'économie française.
03:47Donc ces comparaisons...
03:48Mais c'est ça qui est compliqué à appréhender, c'est-à-dire aller sur un plateau en face et
03:51expliquer ça ?
03:52Oui, mais cela étant, ce n'est pas bien compris par les investisseurs.
03:57Il y a une corrélation très forte entre la situation macroéconomique de la France et le CAC 40, par exemple,
04:02ce qui ne devrait pas exister en théorie.
04:03D'où une sous-évaluation, enfin d'où une décote française.
04:06Il y a une décote française qui est simplement parce que c'est la France,
04:09et qui n'est pas du tout basée sur la nature de ces entreprises.
04:12Laurent Milchior ?
04:13Enfin, pas basée sur la nature de ces entreprises,
04:14mais les entreprises du CAC 40 sont quand même de tous les gros indices,
04:18internationaux, c'est quand même les entreprises qui ont la plus de pondération avec la France.
04:21Si je compare une entreprise du CAC 40 qui est une entreprise américaine ou allemande,
04:23elle a quand même une pondération française.
04:25En moyenne, le CAC 40 a une pondération française plus importante
04:28que l'indice allemand ou l'indice américain.
04:32Pourquoi vous dit tiens ?
04:32Parce que la part du chiffre d'affaires en France de ces entreprises
04:35reste plus importante que la part du chiffre d'affaires d'une entreprise allemande en France.
04:39Donc ce n'est pas la majorité du chiffre d'affaires qui est en France,
04:41mais en tout cas c'est une pondération française plus importante.
04:43Mais pour revenir sur le total et l'augmentation de dividendes,
04:47on a été coté en bourse 20 ans et on a racheté des titres pour sortir de bourse.
04:50Donc au fil des années, on s'est relué.
04:52Et puis derrière, on est sorti de bourse après 20 ans de 1997 à 2017.
04:58On faisait parce que les acteurs voulaient sortir, il n'y avait plus de liquidité
05:00et l'entreprise avait la liquidité pour le faire.
05:02Et probablement qu'à ce moment-là, on n'avait pas de projet
05:04nécessitant suffisamment de cash non plus.
05:06Ce qu'on peut verser en dividendes, en rachet d'action, c'est le free cash flow.
05:09Ça montre bien que pour une entreprise qui est spécialisée dans l'énergie,
05:13que l'énergie verte n'apporte pas du tout le niveau de rentabilité
05:16de l'énergie fossile aujourd'hui pour un groupe comme Total.
05:19Et donc du coup, surinvestir sur l'énergie verte,
05:21ce n'est pas forcément créer de la valeur.
05:24C'est quand même pas une très bonne nouvelle.
05:25C'est ça la réalité.
05:28Ce que ça veut dire, effectivement, les deux choses sont vraies.
05:32C'est-à-dire qu'encore une fois, ces entreprises, le cerveau pour l'SBF 120,
05:37sont très décorrélées aujourd'hui de l'économie française.
05:39Et heureusement pour elles, parce qu'effectivement, elles profitent de la croissance mondiale.
05:42Et c'est pour ça que leur valeur n'a plus grand-chose à voir avec, encore une fois,
05:45ce qui se passe uniquement dans le territoire national.
05:49La deuxième chose, c'est que c'est vrai que malgré tout, elles restent avec un risque français.
05:52D'abord, elles ont quand même cette part à peu près un quart de chiffre d'affaires France.
05:55Donc ça, vous avez raison.
05:56Et deuxièmement, les investisseurs ont le sentiment
06:00qu'elles ont un risque politique, environnement des taux,
06:05environnement de la situation de la dette française qui joue sur elles.
06:08Donc ça, ça pousse certains à réfléchir, ce que Total a dit il y a quelques années,
06:13est-ce qu'en fait, je ne serais pas mieux d'aller me coter ailleurs ?
06:15Parce que finalement, justement, j'ai...
06:17Alors dans le cas de Total, en plus, c'est très, très, très marqué.
06:19Ce n'est pas le cas de toutes les entreprises.
06:21Mais vraiment, mes profits ne se font pas en France.
06:23Mes activités françaises sont plutôt des activités déficitaires.
06:26Donc est-ce que je n'aurais pas plutôt intérêt,
06:28et ce que lui disent beaucoup de ses actionnaires,
06:30à aller me coter à l'étranger,
06:31et voire même un jour à déplacer mon siège social à l'étranger,
06:34ça m'éviterait beaucoup d'embêtements avec la classe politique française,
06:37et ça me permettrait de ne plus avoir cette décote que j'ai aujourd'hui,
06:40parce que, justement...
06:41D'où la double cotation à New York.
06:43D'où la double cotation à New York, mais c'est un premier pas.
06:46Il peut y en avoir d'autres.
06:47Patrick, ce n'est quand même pas une bonne nouvelle
06:49sur les projets d'investissement de Total.
06:53Oui, mais...
06:54Bon, d'abord, Total a des profits exceptionnellement élevés,
06:57et qui se sont arrivés brutalement, parce que c'est la suite de la guerre en Iran.
07:01Donc ils ne pouvaient pas avoir des projets immédiatement
07:04qui absorbent ces investissements.
07:08Mais je crois vraiment qu'il y a une dérive des actionnaires américains.
07:13Les actionnaires américains veulent une rentabilité extraordinairement rapide.
07:16Si vous regardez le Nasdaq, les bénéfices par action sur le Nasdaq ont augmenté 35% cette année.
07:24Et donc les actionnaires américains demandent finalement aux entreprises,
07:29quel que soit leur lieu géographique d'activité,
07:33de générer les mêmes profits qu'ils obtiennent de leurs investissements aux États-Unis.
07:40Et donc il y a une référence mondiale qui est le marché actions américain
07:44qui commence à polluer les marchés actions des autres pays,
07:47avec cette exigence de rentabilité.
07:50Alors en Europe, on aura probablement 12-13% de hausse des bénéfices par action cette année,
07:56mais c'est 35% sur le Nasdaq.
07:59Et donc il y a un niveau de rentabilité aux États-Unis
08:01qui suscite en Europe des mouvements vers la distribution d'actions,
08:05les rachats d'actions,
08:06pour rester compétitifs par rapport à l'attractivité des entreprises américaines.
08:11Vous n'avez jamais regretté, Laurent Milker, d'avoir sorti Etame de Bourse ?
08:14Vous n'êtes plus tranquille ?
08:16Non ?
08:17Non, on n'a pas regretté parce qu'on n'a pas eu un bon parcours boursier non plus.
08:20Si on avait eu un parcours boursier exceptionnel
08:22et que la bourse nous avait permis d'accéder au capitaux pour se développer.
08:26Maintenant, on a passé 20 ans en bourse,
08:28ce qui était les années un peu difficiles du retail en France.
08:31Donc on est rentré un peu à notre pic.
08:33Et ensuite, il s'est passé plein de choses sur 20 ans.
08:37Donc aujourd'hui, ça nous donne une forme de liberté.
08:40On est très désendettés.
08:41Donc aujourd'hui, on regarde des projets de croissance externe.
08:44Et donc on est assez libre.
08:46C'est vrai que ça donne des contraintes quand même de ces corteurs, etc.
08:49pour une entreprise, une ETI, qui sont assez contriniants.
08:52Sauf, vous savez, une espèce de roadmap de croissance incroyable.
08:55Mais c'est vrai que ce que disait Patrick,
08:57c'est qu'il ne faut pas confondre les profits exceptionnels,
09:00un peu comme CGA, CGM qui est votre actionnaire,
09:01l'année du Covid, quand vous passez à 40 milliards de cash,
09:05tout d'un coup sur deux ans,
09:06quand vraiment votre EBITDA, il est autour de 200 millions
09:08sur les années précédentes,
09:10l'emploi de cet argent immédiat,
09:12il est quand même compliqué à trouver.
09:15Donc là, il y a un effet d'aubaine quand même sur le dividende.
09:19Mais c'est vrai qu'on voit la hausse des profits des entreprises américaines.
09:23C'est aussi parce que sur l'IA, ils arrivent à scaler aujourd'hui,
09:25ils arrivent à facturer ça à leurs clients,
09:27ce qui n'est pas le cas de l'Europe.
09:28Je vois les deux courbes.
09:30L'augmentation des revenus des entreprises autour de l'IA en Europe
09:33ne bouge quasiment pas quand aux États-Unis,
09:35il est en train d'exploser complètement.
09:38Patrick ?
09:40Ce qui explose aux États-Unis, c'est le taux de marge des entreprises.
09:43Grâce à l'IA ?
09:45Non, grâce au fait d'abord qu'elles ne payent pas leurs salariés.
09:48Les salaires réels baissent aux États-Unis,
09:51alors que l'économie va bien et que les profits augmentent.
09:55Donc il y a un partage des revenus aussi qui n'est pas le même qu'en Europe.
09:58Le partage des revenus, c'est le fait qu'en faveur des entreprises
10:02et de leurs actionnaires aux États-Unis,
10:03et pas du tout en faveur des salariés de ces entreprises.
10:06Et donc à nouveau, ça crée un biais.
10:09Pour les sociétés internationales,
10:11il y a un biais qu'elles se disent
10:14« si j'étais américaine,
10:16j'aurais cette profitabilité plus élevée,
10:19j'améliorerais mieux mes actionnaires ».
10:21Et donc elles doivent faire des efforts
10:23pour se rapprocher du modèle de leur concurrent américain.
10:26C'est un point très important, effectivement,
10:28parce que souvent, nous,
10:29on est un peu désespérés par l'évolution de nos salaires,
10:32on dit que le problème de pouvoir d'achat,
10:33les salaires ne augmentent pas assez vite.
10:34En fait, quand vous regardez sur 25 ans,
10:36entre la France et les États-Unis,
10:38toute la différence de PIB supplémentaire par habitant
10:40aux États-Unis,
10:41elle est allée au profit,
10:42elle n'est pas allée au salaire.
10:43Et donc, en fait,
10:44on se retrouve avec des évolutions comparables,
10:46c'est-à-dire faible,
10:47sur 25 ans des salaires réels,
10:49alors qu'en fait,
10:50les PIB par habitant, eux,
10:51sont allés à des vitesses très différentes,
10:53beaucoup plus rapides aux États-Unis qu'en France.
10:56Mais effectivement,
10:56il y a eu une déformation du partage de la valeur ajoutée.
10:59Ça, les gens ne sont pas assez conscients.
11:00J'entends beaucoup trop souvent...
11:01En plus, de France,
11:02on regarde les salaires américains
11:03en se disant qu'ils sont très élevés.
11:05J'entends beaucoup trop souvent dire
11:06« le travail ne paie plus en France ».
11:08C'est surtout dans un pays comme les États-Unis
11:11que le travail ne paie plus assez
11:12parce qu'en fait,
11:13l'appartage de la valeur ajoutée en France,
11:14il est resté remarquablement stable depuis 40 ans.
11:17Et donc, en fait,
11:18il n'y a pas eu,
11:18entre la rémunération du travail et du profit,
11:21il n'y a pas eu de déformation.
11:22Et donc, en fait,
11:24les salariés français,
11:25de ce point de vue-là,
11:25n'ont pas concédé une part de la création de richesses
11:29au taux de marge des entreprises.
11:31Et d'ailleurs,
11:31le taux de marge des entreprises en France,
11:33en termes de niveau,
11:35il est bas
11:36comparé à beaucoup d'autres pays.
11:38Et aux États-Unis, en revanche,
11:39il y a eu, depuis 25-30 ans,
11:40cette énorme évolution
11:42qui fait que les profits,
11:44les taux de marge ont vraiment explosé.
11:45Mais comment ça se fait
11:46qu'ils n'ont pas ce débat-là,
11:47alors, sur le travail qui ne paie plus ?
11:48C'est parce que, du coup,
11:49ils ont de la rentabilité par leurs actions
11:50et que ça irrigue d'une autre manière ?
11:53En réalité, la détention d'actions,
11:55elle est très inégalitaire aussi aux États-Unis.
11:58Il y a 10% des Américains
12:02ont plus de 50% de la richesse aux États-Unis
12:05et c'est encore plus pour la richesse en actions.
12:07Donc, ce n'est pas vrai que les Américains
12:09de la classe moyenne
12:10ou les Américains de revenu modeste
12:14se compensent par leur plus-value en actions,
12:16leur perte de...
12:17Non, c'est qu'il y a une relative indifférence
12:21vis-à-vis de ces questions.
12:22Alors, pas maintenant
12:23et particulièrement sur le prix de l'essence,
12:25mais sur le long terme,
12:27il n'y a pas beaucoup de débats
12:29sur le partage des revenus aux États-Unis.
12:31On n'a pas du tout les débats
12:33sur le pouvoir d'achat
12:34qu'on a en France ou en Europe.
12:37Et alors, il y a un autre facteur qui joue,
12:39c'est l'attitude des autorités de la concurrence.
12:41On sait bien que les autorités
12:43de la concurrence américaine
12:44ne luttent pas contre la constitution
12:45de position de monopole,
12:47de grands groupes, etc.
12:48Vidya a un taux de marge de 80%.
12:50C'est impensable en Europe.
12:52Vidya serait coupée en rondelles.
12:56Et donc, il y a aussi...
12:58Alors, il y a Thomas Philippon, par exemple,
13:00qui est...
13:00Nanou Ayouf,
13:01qui a fait plein de livres là-dessus
13:03sur le changement de philosophie
13:06des autorités de la concurrence américaine
13:08qui privilégient la constitution
13:10de groupes mondiaux très puissants
13:12au détriment de la concurrence.
13:13Concurrence qui fait toujours baisser les prix.
13:17Laurent Milchior.
13:18Pardon, je pense qu'il faut faire attention
13:19parce que nos frontières,
13:20elles ne sont plus imperméables.
13:23Donc, aujourd'hui,
13:26le concurrent américain,
13:27c'est la Chine.
13:28Le concurrent américain, c'est la Chine.
13:29Et si les États-Unis ne créent pas
13:30ces grands groupes,
13:31c'est les Chinois qui vont le faire.
13:33Et du coup, l'IA,
13:34elle sera chinoise pour tout le monde.
13:35Aujourd'hui, l'IA, elle est américaine.
13:37Et on voit même,
13:38Mistral aujourd'hui n'arrive plus à investir
13:40pour...
13:40C'est une superbe réussite française,
13:41évidemment,
13:42mais n'arrive plus à investir
13:43sur le LLM
13:44parce que les niveaux d'investissement
13:47américains sont tels
13:47que la course,
13:48elle est, sur ce sujet-là,
13:50elle est perdue.
13:52Et donc, le choix américain,
13:53c'est quand même de se dire
13:53comment est-ce qu'on fait
13:54de manière pragmatique.
13:55Et c'est là où les Européens
13:56manquent de pragmatisme,
13:57encore plus en France,
13:59pragmatiquement,
14:00de dire, OK,
14:00comment est-ce qu'on fait aujourd'hui
14:01pour ne pas perdre cette bataille
14:03qui est la nouvelle bataille
14:05économique, géopolitique,
14:07militaire,
14:08qui est l'IA
14:09avec tous les problèmes
14:10et on pourra faire un débat
14:11sur l'IA, évidemment.
14:13Et donc, c'est le choix
14:14qui est fait.
14:15Et quand on parle de Nvidia,
14:16Nvidia, ils ont ses 80% de marge,
14:18mais c'est 42 000 salariés.
14:20C'est 21 000 salariés d'Nvidia
14:21qui ont plus que 25 millions
14:23de patrimoines en actions Nvidia.
14:25Est-ce qu'il y a une entreprise
14:26européenne qui crée en 5 ans
14:2721 000 multimillionnaires
14:30en dizaines de millions de dollars ?
14:33Non, mais tout ça,
14:33ça crée quand même
14:34indirectement de la richesse.
14:36Et chez Nvidia,
14:38les 42 000 salariés
14:39qui sont tous millionnaires
14:41ne sont pas tous
14:43des gens issus
14:44de la classe moyenne plus
14:46au démarrage.
14:47Donc, je pense que
14:47c'est des philosophies
14:48en fait très différentes.
14:49C'est un marché très ouvert
14:50où il faut bosser
14:52pour gagner sa vie
14:52et si on ne bosse pas,
14:53on est en marge de la société.
14:56Et nous, on a créé
14:57un système d'ultra-protection
14:59où on n'a pas trop
15:00le droit de bouger
15:00et du coup,
15:01on ne peut plus trop bouger non plus.
15:03Et c'est pour ça
15:03que l'Europe et les Etats-Unis
15:04ont créé cet écart
15:05qui est absolument colossal.
15:07Socialement,
15:08c'est plus difficile,
15:09mais économiquement,
15:09c'est plus performant.
15:10Non, j'en voulais...
15:10Et avec, effectivement,
15:12aux Etats-Unis notamment,
15:14il n'y a pas du tout l'idée
15:15que l'État est responsable
15:17de la protection
15:17du pouvoir d'achat.
15:18Ça, c'est vraiment quelque chose
15:19qui est très européen
15:20et même très français
15:21sur cette idée
15:22qu'il faut absolument...
15:23Et d'ailleurs,
15:23vous voyez chaque politique
15:24qui se précipite
15:25pour dire voilà
15:26comment je vais préserver
15:27à chaque crise,
15:28d'où la situation
15:29de la dette publique.
15:30On fait ça comme une finalité,
15:31c'est-à-dire qu'on fait une chose
15:31par comment je vais faire
15:32alors que ça aurait
15:34une conséquence en fait.
15:35Alors qu'effectivement,
15:36l'idée que ce soit
15:37la responsabilité de l'État
15:39aux Etats-Unis
15:39est très absent du débat,
15:41y compris les démocrates.
15:42Ce n'est pas là
15:43le sujet sur lequel
15:44ils se positionnent.
15:45Ils vont se positionner
15:45sur un filet de sécurité
15:47que les républicains
15:48vont considérer comme
15:49là aussi
15:50pas la responsabilité de l'État.
15:51Donc, il va y avoir
15:51un débat sur éventuellement
15:53la redistribution.
15:54mais beaucoup moins
15:55sur l'idée qu'en soi,
15:57il faut que les gens
15:58se retrouvent avec des salaires
15:59qui progressent plus vite
16:00que l'inflation.
16:01Et ça, d'ailleurs,
16:03vous voyez avec le salaire minimum
16:03aux Etats-Unis nationales,
16:05qui est quelque chose
16:05qui est à un niveau
16:06extrêmement bas.
16:07Et les choses se décident
16:08d'ailleurs localement
16:09en fonction des pénuries
16:12et des salaires
16:14que vous allez retrouver
16:15dans des activités
16:16peu qualifiées
16:17qui vont être beaucoup plus élevées
16:17que le salaire minimum légal
16:19parce que celui-ci
16:20a très peu progressé
16:21par décision politique.
16:22Patrick Artus ?
16:23– Oui, mais il faut faire attention
16:25à l'évolution du Parti démocrate.
16:27– Oui, qui se radicalise un peu.
16:29– Le Parti démocrate
16:30ne veut pas intervenir
16:31dans la formation des salaires.
16:32Ça, c'est complètement
16:33en dehors de la culture américaine.
16:34Enfin, les démocrates
16:35veulent taxer les patrimoines,
16:38taxer les riches,
16:39veulent une couverture maladie
16:41pour tout le monde.
16:42Alors, il y avait l'Obamacare
16:43qui avait étendu beaucoup
16:44la couverture maladie,
16:45mais il y a encore plus
16:46de 20 millions d'Américains
16:47qui n'ont pas
16:47de protection santé.
16:48et donc, il y a quand même
16:50une orientation européenne,
16:53je dirais,
16:53du Parti démocrate
16:54sur la protection sociale,
16:57sur les politiques
16:58de redistribution, etc.
17:00Alors, pas d'intervention directe
17:03dans le marché du travail,
17:04mais une intervention directe
17:06sur la pauvreté,
17:07sur le logement.
17:11Laurent Milcoeur,
17:11juste racontez-nous,
17:13vous qui vivez ça au quotidien
17:14dans les boutiques,
17:15aujourd'hui,
17:15quand on parle d'entreprises
17:16qui vont faire leurs bénéfices
17:17en dehors de France
17:18parce que c'est atone,
17:19qu'est-ce que vous voyez là,
17:21vous, dans les boutiques étables,
17:22les boutiques undies
17:24sur l'année ?
17:25Le groupe fait une bonne année,
17:292026,
17:29puisque à fin août,
17:30on est au budget.
17:32Le mois de septembre,
17:33un mois délicat,
17:36principalement pour un effet météo
17:37dans notre métier,
17:39la semaine dernière,
17:40il faisait 26 degrés,
17:42il faisait 11 degrés l'année dernière.
17:43Donc, quand vous avez
17:44un écart entre 11 et 27
17:46et que vous vendez
17:46des produits automne,
17:47c'est certain que le trafic
17:48est en berne.
17:49On a un échantillon
17:49de 17 000 magasins
17:50avec des trafics en baisse
17:51de 25% de trafic.
17:53Donc, forcément,
17:54ça joue.
17:54Donc, c'est très difficile
17:55quand vous avez cet effet exogène
17:57très puissant
17:57de voir si effectivement
17:59les dépenses des ménages
17:59sont sur cette rentrée.
18:02Mais d'isoler l'un
18:02par rapport à l'autre,
18:03en fait,
18:03je n'ai pas d'outil
18:04pour isoler un facteur
18:05par rapport à l'autre.
18:06C'est certain que là,
18:07sur les 12 prochains mois
18:09ou plus,
18:10le risque social en France
18:12est très important.
18:13C'est sûr que le pouvoir d'achat,
18:14le prix de l'essence
18:15grève le pouvoir d'achat,
18:16grève le trafic
18:17vers les centres commerciaux.
18:18Maintenant, cet été,
18:19il a fait très chaud
18:19avec cette canicule.
18:20Donc, il y a eu quand même
18:21un trafic qui a été maintenu
18:22en centre commercial
18:22parce qu'ils sont climatisés
18:23par rapport aux centres
18:24qui ont été désertés
18:25avec des températures
18:25à 40 degrés.
18:26Donc, en fait,
18:27on voit qu'on a toujours
18:28plein de facteurs différents.
18:29Je pense que
18:30quand on fait bien son travail,
18:32même dans ces périodes
18:33un peu plus délicates,
18:34en fait,
18:35on arrive à sortir son aiguille.
18:37Et sur la concurrence chinoise,
18:38vous avez vu un impact direct
18:40de la taxe européenne
18:41petit colis ou pas ?
18:42Nous, dans notre business,
18:44on n'a pas vu un impact direct.
18:46Maintenant,
18:47c'est bien que ce soit fait.
18:49Moi, ce que je regrette,
18:50enfin, c'est bien
18:51d'avoir instauré cette taxe,
18:52mais plutôt que d'instaurer
18:53des couches
18:54de mille fioles administratives,
18:55la réalité,
18:56c'est que Chine,
18:57aujourd'hui,
18:57ne respecte pas
18:58les lois européennes.
18:59Et donc,
19:00je ne comprends pas
19:00qu'un opérateur
19:01qui ne respecte pas
19:02les lois
19:03ne soit pas interdit
19:04d'activité.
19:05Tout court ?
19:05Tout court.
19:06Moi, si je ne respecte pas
19:07les règles de la DGCCRF,
19:08si mes produits
19:09ne sont pas aux normes CE,
19:10l'entreprise,
19:10elle est fermée
19:10parce qu'on sait
19:11où venir me trouver
19:12et l'entreprise,
19:13elle va fermer.
19:14Et 5500 personnes
19:15vont perdre leur emploi,
19:15mais l'entreprise,
19:16elle est fermée
19:16parce que je dois respecter
19:17les lois, en fait.
19:18Et ce n'est pas juste
19:18un rappel à l'ordre.
19:19Alors oui,
19:19il y a des taxes
19:20de 120 millions,
19:20etc.,
19:21qui sont des amendes,
19:23etc.,
19:23mais quand un business
19:24est dumpé.
19:25Le modèle de la Chine,
19:26c'est le BYD du textile,
19:28quelque part.
19:29Aujourd'hui,
19:29c'est super low cost,
19:30le produit va progresser
19:32en qualité dans la durée
19:34et au lieu de capter
19:35la valeur du marge
19:37sur le prix de revient
19:38des marchandises,
19:39le gouvernement chinois
19:40se dit,
19:40maintenant,
19:40on n'est plus l'usine du monde,
19:42on va capter une valeur
19:43sur le produit fini.
19:45Donc au début,
19:45on dump,
19:46on fait 45 milliards,
19:47on crée des parts de marché,
19:48ils annoncent 3-4%
19:50de rentabilité
19:50dans leur documentation
19:52de rentre en bourse.
19:53c'est quasi impossible
19:56quels que soient les volumes.
19:57Par contre,
19:58ils ont inventé
19:58un modèle amont
19:59autour de l'IA
20:00qui est extrêmement performant,
20:01dont tout le monde
20:02va s'inspirer,
20:02d'une manière ou d'une autre.
20:03Et eux,
20:03ils ont pris un avantage
20:04sur cette partie-là
20:05et sur la partie aval,
20:07c'est-à-dire la livraison,
20:08le pricing, etc.,
20:09évidemment qu'ils ne respectent
20:10pas les règles.
20:11Et c'est très étonnant
20:12en fait que les gouvernements
20:14nationaux ou européens,
20:16les instances européennes,
20:17ne soient pas capables
20:18juste d'interdire
20:19un opérateur.
20:21Et ça fait encore plus peur
20:22parce que ça,
20:22on voit,
20:22c'est les premiers travers
20:23de la technologie subventionnée.
20:26Et si on prend
20:26à l'échelle macro,
20:27c'est embêtant.
20:29Mais bon,
20:29c'est embêtant
20:30pour une industrie
20:31comme l'industrie du textile.
20:33Mais demain,
20:33on va voir l'émergence de l'IA.
20:34Comment est-ce qu'on va faire
20:35pour réguler ces sujets
20:37qui sont avec des entreprises
20:39bien plus puissantes
20:39que nos capacités de réaction
20:42de nos dirigeants ?
20:43C'est ça, je pense,
20:44le vrai problème
20:45que ça attire aujourd'hui.
20:47Patrick,
20:47et puis le modèle va évoluer.
20:49C'est-à-dire que Chine,
20:50ils ne vont pas se laisser faire.
20:51Ils vont stocker.
20:51Après, ils vont avoir
20:52des entrepôts.
20:53Oui, mais comme il vient
20:55d'être dit,
20:55le modèle va évoluer.
20:56Le modèle chinois,
20:57on sait,
20:58les Chinois ne peuvent pas
20:59compter sur leurs demandes
21:00intérieures.
21:02Vieillissement démographique,
21:03appauvrissement,
21:04très chômage des jeunes
21:05très élevé.
21:06Donc,
21:06ils savent
21:07qu'il faut qu'ils exportent.
21:08D'abord,
21:09ça montre
21:09que toutes les demandes
21:10de localisation en Europe,
21:13de partage de la technologie,
21:15de co-investissement,
21:16ne sont pas très bien reçues
21:17par les Chinois
21:17parce qu'ils n'ont pas besoin
21:18de venir produire en Europe.
21:19En réalité,
21:20ils ont besoin
21:21de maintenir des emplois
21:22et de la production en Chine
21:23parce que leur demande
21:24intérieure est trop faible.
21:25La demande intérieure,
21:26elle est complètement stagnante.
21:28La seule chose
21:28qui augmente en Chine,
21:29c'est les exportations.
21:31Pour rajouter un...
21:32Parce que tout le monde
21:33ne sait pas,
21:33mais Chine ne vend pas en Chine.
21:35Oui,
21:35ils ne vendent rien en Chine.
21:36Ils ne vendent pas en Chine.
21:37ensuite pour...
21:38Bon,
21:38alors ensuite,
21:39il y a l'IA.
21:41Il y a des salaires
21:42à 8 euros l'heure,
21:45alors qu'en France,
21:46on est à 45 euros.
21:47Il y a des subventions publiques.
21:49Il y a des exigences
21:50de rentabilité
21:51du capital faible,
21:52etc.
21:53Et donc,
21:54il y avait un rapport
21:55du Haut-Commissariat
21:57à la stratégie
21:57qui était extrêmement intéressant
21:59sur l'inondation
21:59des produits chinois.
22:00Ils ont des produits
22:01à terme
22:02de qualité
22:03au moins égale
22:04aux produits européens
22:06et environ 30% moins chers.
22:11Et donc,
22:12on ne peut pas résister
22:13si on ne se protège pas.
22:14Si on ne se protège pas,
22:15on sera envahi
22:16et on aura une disparition
22:17encore plus forte
22:18de notre industrie.
22:19Pourquoi on n'arrive pas
22:20à interdire,
22:21Jean-Charles ?
22:21Parce qu'on a peur
22:22pour des questions
22:22de pouvoir d'achat
22:23en se disant
22:24que les gens
22:24sont bien contents
22:25d'acheter des t-shirts
22:25à 2 euros ?
22:26Moi,
22:27ce que j'ai trouvé
22:27dans cette crise politique
22:29qu'il y a eu avec Chine
22:30au moment de l'installation
22:32BHV
22:32et des décisions
22:34sur la taxe Petitcoli,
22:36c'est...
22:37En fait,
22:38on voit bien d'abord
22:38qu'il faut se coordonner
22:39au niveau européen.
22:40Première chose
22:41que sinon...
22:41On a fini par réussir
22:42à le faire.
22:43Sinon,
22:43le contournement
22:43est évident,
22:44il marche tout de suite
22:45et donc,
22:46c'est ce qui a été fait
22:47dans un premier temps.
22:47C'est l'aéroport de Liège.
22:49Donc,
22:49il faut se coordonner
22:50au niveau européen.
22:50Mais se coordonner
22:51au niveau européen,
22:52ça veut dire
22:52très très vite
22:53des problèmes
22:54parce qu'il y a
22:55beaucoup d'acteurs européens
22:56qui sont des gros exportateurs,
22:58qui sont des gens
22:59qui ont des gros
22:59excédents commerciaux
23:00et qui l'ont
23:01notamment avec la Chine.
23:03Donc,
23:03il y a des gens
23:04qui sont très très très
23:07embêtés
23:07par l'idée
23:08de condamner
23:10tel ou tel acteur chinois
23:11ou de mettre même
23:12des mesures protectrices.
23:14Donc,
23:14on se retrouve très vite
23:15politiquement
23:16à réaliser
23:17qu'en fait,
23:17en Europe,
23:18on n'a pas forcément
23:19des intérêts
23:19tous convergents
23:20sur tous les sujets,
23:22notamment de politique commerciale
23:23et c'est ce qui fait
23:24qu'on a une difficulté
23:25à être efficace
23:26en matière
23:27de mesures de protection.
23:29Et puis,
23:30le deuxième sujet,
23:30c'est qu'on pense aussi
23:31aux consommateurs.
23:32C'est-à-dire qu'on se rend compte
23:34quand il y a un engouement
23:34ou un intérêt
23:35pour des produits pas chers,
23:37on retombe sur notre fameux
23:38sujet de pouvoir d'achat
23:39avec les gens qui se disent
23:40que c'est pas mal quand même
23:41parce que finalement,
23:42ça fait des produits pas chers
23:43qui sont proposés aux Français.
23:45C'est quand même
23:45le modèle européen
23:46qu'on avait vendu
23:47en disant
23:47le revenu du consommateur.
23:48La voiture électrique
23:49à 15 000 euros,
23:50si les Chinois la proposent
23:52alors que les constructeurs européens
23:53ne sont pas capables
23:54de la proposer,
23:54on n'est pas mécontents
23:55parce que finalement,
23:57ça fait là aussi
23:58quelque chose qui est accessible
24:00aux consommateurs européens.
24:02Donc on a des contradictions
24:03et là-dedans,
24:04dans ces contradictions,
24:05effectivement,
24:06ça nous rend soit inefficaces,
24:09soit un peu paralysés
24:10par le fait d'aller plus loin
24:12dans les rétorsions
24:12avec la Chine.
24:14Après, on voit aux États-Unis
24:16les tentatives de politique
24:19très, comment dire,
24:21très restrictives,
24:22très protectionnistes.
24:23Est-ce que ça marche
24:25aussi bien à la fin
24:27pour l'économie
24:29que ceux qui les préconisent
24:31le prétendent ?
24:32Ce n'est pas souvent le cas.
24:33Donc ce n'est pas évident,
24:35je pense,
24:35de trouver le juste milieu.
24:37Je pense qu'il faut choisir
24:37quelques filières,
24:38quelques acteurs
24:39dans lesquels vraiment
24:40il y a des sujets
24:42évidents de dumping
24:44qui touchent à un modèle
24:46qui est fragile en Europe
24:49et regarder à ce moment-là
24:50qu'est-ce qu'on peut faire
24:50de manière coordonnée.
24:51Mais Patrick Artus,
24:52vous ne croyez pas,
24:53vous, au fait
24:54qu'ils vont venir stocker,
24:55faire des entrepôts ?
24:56Ce n'est pas le modèle ?
24:57Oui, ils vont le faire.
24:58D'abord, sur le cas
25:00des petits colis,
25:01ils ont commencé à le faire.
25:03Donc ils vont s'installer
25:05en Europe.
25:06Mais à nouveau,
25:06ce n'est pas leur intérêt
25:07de délocaliser la production.
25:10Puisque ce qu'il y a à nouveau,
25:11leur besoin,
25:12c'est de faire tourner
25:12les usines en Chine.
25:13Il y a un taux d'utilisation
25:14de l'industrie
25:15qui est très bas en Chine.
25:16C'est notre espoir
25:17de leur dire,
25:18notamment pour l'industrie
25:18automobile,
25:19venez produire ici.
25:20On va leur dire,
25:20venez produire ici,
25:21faites des transferts
25:22de technologies.
25:23Ils vont résister
25:24et ils vont résister
25:25tant qu'ils peuvent
25:26parce que ce n'est vraiment
25:27pas leur intérêt.
25:28Leur intérêt,
25:29c'est d'avoir un avantage
25:29technologique
25:30et de sauver l'industrie
25:32en Chine
25:32qui n'est pas à nouveau
25:34soutenue par la demande intérieure.
25:36Vous y croyez, Laurent,
25:37à la fin,
25:37à la responsabilisation
25:38du consommateur
25:39où, de toute manière,
25:40il n'y a que le prix
25:41qui compte ?
25:45Je pense que le prix
25:49est extrêmement important
25:51et les consommateurs
25:54qui peuvent se permettre
25:55la prise de conscience
25:55dans ces périodes
25:56de risque de pouvoir d'achat,
25:58elle est plus réduite.
26:00Sur un produit haut de gamme,
26:02il y a une prise de conscience.
26:02Sur un produit d'entrée-prix,
26:04il y a un peu moins
26:04de prise de conscience.
26:06Maintenant,
26:06Kiabi,
26:07qui est une ancienne
26:08la moins chère en France,
26:10reste une entreprise
26:11extrêmement performante.
26:12Même avec l'émergence
26:14de ces géants.
26:15Oui, mais vous,
26:15vous leur vendez
26:16quelques euros de plus
26:18pour une meilleure qualité
26:19et ça fonctionne.
26:20Parce qu'en fait,
26:20dans notre métier,
26:22mais ce n'est pas l'idée
26:22de ce matin,
26:24il y a tout un travail
26:25de storytelling de marque,
26:27de préférence de marque
26:28qui permet après
26:29de vendre 1, 2, 3 euros
26:31plus cher
26:31parce qu'on investit
26:32sur cette préférence de marque,
26:33parce que quand on porte
26:34le produit,
26:34on se sent mieux,
26:35parce qu'on est fier
26:35de porter ce produit-là.
26:36Donc ça,
26:37ça reste fondamental pour vous ?
26:38C'est le plus important.
26:40Si je prends la marque Etam
26:41à travers son rebranding
26:42avec la dirigeante
26:43qui a géré Undis
26:44pendant deux ans,
26:45et donc on a affiché
26:47sur le réseau JC Decaux
26:48il y a trois jours
26:49notre nouvelle campagne,
26:51on a pris 15 points de trafic.
26:52Ah oui.
26:53Par un meilleur storytelling,
26:55un nouveau logo,
26:56des photos bien léchées
26:57avec une dirigeante,
26:59Marie Delay,
26:59qui a passé énormément de temps
27:01avec ses équipes
27:01à avoir la photo parfaite
27:02et en fait,
27:03évidemment,
27:04c'est de l'immatériel,
27:05mais cette précision
27:06fait toute la différence.
27:09Des photos avec une vraie personne ?
27:10Des photos,
27:11on le lance là,
27:11avec une vraie personne.
27:12On va en reparler
27:12dans un instant.
27:13Photographie en argentique.
27:14L'IA, oui.
27:14Même pas un peu d'IA,
27:15en argentique carrément.
27:16En argentique.
27:16Ah oui,
27:17vous revenez au basique.
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