Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 17 minutes
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Alors, il faut vraiment peser les choses, parce qu'il y a eu des informations et même des contre-informations
00:05aujourd'hui.
00:06Essayons d'être le plus objectif possible grâce à vous, messieurs.
00:08La CIA a alerté, semble-t-il, sur l'envoi possible de drones sur l'Italie ou encore la France.
00:13Ce sont nos confrères espagnols qui ont publié cette alerte,
00:17avec un scénario d'une attaque par drone de plusieurs villes européennes.
00:20Semble-t-il, la source est lituanienne.
00:24Les Lituaniens, simplement pour donner un élément de contexte à ceux qui nous regardent,
00:28sont fortement menacés.
00:30Et pour eux, vraiment, la menace russe, elle prend corps.
00:35Alors, avant que vous nous détaillez tout cela, on va voir par quoi se concrétise avec vous,
00:40cher Julien Mugomuller, ce scénario, vraiment, ce scénario hypothétique d'attaque de drones.
00:47Alors, en fait, cette information, vous l'isiez, Sonia, à l'instant,
00:51elle a été dévoilée par nos confrères espagnols du quotidien El Mundo.
00:55Et que disent-ils ? Eh bien, c'est une information que la CIA aurait donnée au service lituanien.
01:01Et que disent-ils ? Eh bien, que la Russie disposerait d'une flotte fantôme au sein de la Méditerranée,
01:07donc pas sous le pavillon russe, évidemment.
01:09Et que des drones pourraient être potentiellement disposés dans des conteneurs dans ces navires-là.
01:15Et en fait, avec la mobilité de ces navires, eh bien,
01:17les drones pourraient frapper, regarder, à la fois l'Espagne, l'Italie, mais encore la France.
01:24200 kilomètres pour atteindre les côtes et 600 kilomètres à travers les terres.
01:28Ça veut dire quoi ? Eh bien, ça veut dire que la ville de Madrid, de Marseille ou encore de
01:32Rome pourrait être touchée.
01:33En tout cas, ça inquiète au plus haut point les services français,
01:37notamment le ministère des Affaires étrangères, est en train de réfléchir à cette question-là.
01:41Julien, de quel drone il s'agit ?
01:44Eh bien, regardez, ce sont des drones très particuliers parce que ce sont les drones Gerbera,
01:50des drones russes qu'on peut appeler des drones tout-terrains.
01:53Ils ne sont pas très lourds. Ils font 18 kilos, une amplitude de 2,5 mètres.
01:58Ils vont à 160 kilomètres heure. Je disais tout à l'heure, la portée est de 600 kilomètres.
02:03Et surtout, ils peuvent contenir une charge explosée.
02:05Alors, pas très très grosse, 4 à 5 kilos, pas suffisant pour faire de très gros dégâts,
02:10mais suffisant, en fait, pour permettre à des ports ou à des aéroports de fermer temporairement.
02:15Et puis, un autre argument à prendre en compte du côté russe, c'est que pour eux, ça ne coûte
02:19pas très cher,
02:208 500 euros par drone seulement.
02:23Merci, Julien. Écoutez, je vais vous poser directement la question, Didier François.
02:26Pardon, mais provoquer directement, directement, l'Italie ou la France, ce sera un basculement.
02:31Quel est même l'intérêt ici ? N'est-ce pas de la communication par la peur ?
02:35Non, alors déjà, avant de poser la question de savoir si c'est une communication ou pas une communication,
02:39il faut savoir d'où vient la source. La source, c'est une source journalistique, à ce stade.
02:43Alors, on peut agiter la CIA, on peut agiter ce qu'on veut.
02:45Pour l'instant, c'est le El Mundo.
02:48On sait que la flotte fantôme russe a utilisé, à bord de navires civils, des drones,
02:56possiblement d'ailleurs de ce type-là, parce que ce drone peut effectivement faire de la frappe,
03:00mais il fait aussi beaucoup d'observations.
03:02On sait qu'ils ont déjà utilisé par le passé, en France, au-dessus de certaines installations,
03:06en où vous en avez parlé, sur le plateau.
03:10Par exemple, on s'est posé la question autour de l'île Longue, autour d'un certain nombre de pays
03:16nordiques,
03:17où on avait retracé, rappelez-vous, le cheminement de certains pétroliers,
03:22qui par ailleurs pouvaient avoir des drones à bord.
03:24Et avec ce type de drones qui ont une portée de 300 km, on peut faire de l'observation.
03:29Jusqu'à ce stade, on sait que les Russes l'ont fait.
03:31Ils ont fait du survol, d'observation, et donc à partir du moment où ils ont un drone d'observation
03:37qui pourrait être militarisé, évidemment que les services de renseignement
03:41et les services de protection du territoire national, à commencer par les préfets,
03:45sur les sites d'intérêts vitaux, sont obligés de prendre en compte
03:49le risque de militarisation d'un drone d'observation qui pourrait éventuellement servir à de la frappe.
03:56Vous voyez bien que je mets les formes.
03:58Pourquoi ? Parce que oui, après, la question de l'intention à ce stade,
04:02aucun service de renseignement ne connaît l'intention russe sur sa capacité
04:08ou sa volonté à frapper directement un pays membre de l'OTAN.
04:13La seule chose que l'on sait, c'est qu'ils en ont les capacités
04:16et qu'en revanche, il y a eu une attaque de drone sur l'aéroport de Liebzyk le 5 août,
04:23que donc ça a déjà été fait une fois, pas dans cette configuration-là,
04:27puisque là, on avait trois drones différentes utilisées par deux agents du service de renseignement
04:31militaire russe qui sont allés attaquer un aéroport qui servait à faire du transport d'armes
04:36en direction de l'Ukraine.
04:37Donc, on voit bien qu'on est...
04:39Alors, c'est pour ça qu'il faut faire toujours attention quand on donne ce genre d'informations
04:43dans la presse.
04:44C'est qu'après, on a tendance un peu à s'emballer.
04:46Donc, oui, le risque potentiel existe.
04:49Oui, la menace est prise en compte.
04:52C'est l'un des éléments qui a été donné par les services de renseignement
04:55aux différents chefs de partis politiques pour leur expliquer
04:59pourquoi ce n'était pas simplement qu'on se faisait des films
05:02ou qu'il y avait une volonté politique de faire la communication.
05:04Il y en a peut-être, mais c'est parce qu'il y en a que ça ne veut pas
05:06dire
05:06qu'il y a une menace qui n'existe pas.
05:08La menace potentielle existe.
05:10Les capacités militaires existent.
05:13À ce stade, il n'y a pas eu d'attaque.
05:15Et on fait tout pour qu'il n'y en ait pas.
05:16Le but du jeu dans ce genre de sport, si je puis dire,
05:22qui est la défense, mais c'est important.
05:24C'est de garder ses nerfs, de garder son enfant, de se préparer.
05:27Mais toute la question, c'est la manière à laquelle Emmanuel Macron va le dire ce soir.
05:31Parce que, pardon, il y a aussi la politique, Didier François.
05:34Vous avez des responsables politiques qui ont sorti d'une même réunion
05:37en écoutant le même discours, les mêmes alertes
05:39des différents chefs de renseignement n'ont pas compris la même chose.
05:42C'est ça qu'ils n'ont pas compris.
05:43Il y en a qui ne veulent pas comprendre, par ailleurs.
05:45Moi, je fais une grosse différence entre la communication politique
05:50et les services d'enseignement.
05:52Excusez-moi, je connais les trois patrons des trois services qui ont parlé.
05:56Ce n'est pas des politiques.
05:57Un est un militaire qui a fait une carrière.
06:00C'est les professionnels.
06:02Eux, quand ils disent quelque chose, ils ne s'amusent pas à ça.
06:04Après, le président de la République...
06:07Eux, ils disent, ils donnent l'effet.
06:09Après, les hommes politiques...
06:10C'est la réaction d'El Mundo, quand même.
06:12Par contre, le fait qu'il y ait des possibilités d'attaque de drones
06:15depuis des bateaux change la géométrie de la menace.
06:18On la connaissait, celle-là.
06:19Moi, c'est la première fois que je l'entends.
06:21Je dis que ça veut dire que la menace, elle ne vient pas simplement de la Russie,
06:23visant d'abord les pénibles, mais aussi en Méditerranée.
06:26Ça, c'est un fait nouveau.
06:27J'entends ce que vous dites.
06:29Il y a maintenant un président de la République.
06:30Quand il s'exprime sur ce sujet-là, il y a deux possibilités.
06:32Il y a soit vous essayez de mobiliser et de convoquer une forme d'esprit de résistance
06:38et vous faites très attention, c'est un chemin de crête.
06:40Soit vous êtes accusé, à tort ou à raison, d'instrumentaliser une peur,
06:44je le dis quand même, parce que le débat est vraiment là.
06:46Parce que ça dépend de sa légitimité.
06:47Vous fraisez plein de monde dans la rue, les gens vous disent la même chose.
06:50C'est pour ça que je fais la différence entre le président et les dirigeants des services.
06:53Le président, il fait bien ce qu'il veut.
06:55C'est un politique, comme les autres.
06:57Les directeurs des services de renseignement, honnêtement, c'est les gens sérieux.
07:00Ils ne s'amusent pas.
07:02Sur cette information que vous évoquiez à l'instant,
07:05je pense d'abord qu'il faut rappeler qu'aujourd'hui,
07:08c'est en effet une information publiée par un journal espagnol.
07:11Nos amis italiens, avec qui j'ai parlé aujourd'hui,
07:14m'ont dit qu'ils ne confirmaient pas que même ils démentaient avoir reçu une alerte de cette nature,
07:20ni de manière formelle, ni de manière informelle.
07:22Ils l'ont dit d'ailleurs publiquement.
07:23Et donc, il faut faire très attention aussi,
07:25parce qu'on vit dans un moment où les rumeurs peuvent vite prendre.
07:28La deuxième chose, je pense, qu'on peut dire,
07:30c'est qu'il faut que les Français sachent que cette menace,
07:32elle est connue par nos forces armées,
07:34qu'elle est déjà identifiée,
07:35et qu'elle est déjà l'objet d'un travail de fond pour prévenir toute agression.
07:40Vous le disiez, les militaires qui aujourd'hui, par exemple, sur l'île longue,
07:43ont la charge de veiller sur notre arsenal nucléaire,
07:46ils ont déjà observé les survols de drones,
07:49ils se sont déjà entraînés à les éviter, à les dissuader, à les empêcher.
07:52Et donc, le territoire national, il est protégé aujourd'hui.
07:55Les langues politiques, ce sont les sous-marins nucléaires français
07:59qui sont survolés par des drones russes.
08:01Vous vous rendez compte ?
08:02Vous savez ce qu'ils ont fait, les marins,
08:05et même les services de défense ?
08:06Ils ont mis des filets pour empêcher les drones avant qu'il n'y avait pas.
08:10Le monde a changé, complètement.
08:11C'est le grand enseignement de la guerre en Ukraine,
08:13c'est qu'effectivement, la conflictualité évolue très vite,
08:16et il faut que nos tactiques pour empêcher une agression évoluent à cette vitesse-là.
08:21La dernière chose, c'est que, sur la question de l'interprétation politique
08:23ou de l'utilisation politique,
08:25je pense qu'il faut parler franchement aux Français,
08:28il faut leur dire la réalité de cette menace,
08:30et je pense qu'ils en ont conscience.
08:31Mais je crois que vous posiez la question,
08:33pourquoi ces tentatives d'attaque ou de déstabilisation ?
08:37Parce que le but, c'est de faire peur.
08:39Et donc, on ne doit pas avoir peur.
08:41Parce que c'est exactement ce que Vladimir Poutine,
08:44manifestement, cherche à inspirer,
08:46pas seulement aux Français, mais aux Européens,
08:47parce que ce qui se produit en France,
08:49se produit dans d'autres pays européens aujourd'hui.
08:51Et je pense qu'il faut quand même se rappeler aujourd'hui
08:53que Vladimir Poutine, avec toute la puissance de son armée,
08:56ça fait des années maintenant qu'il essaye d'avancer en Ukraine,
08:59il n'y parvient pas.
09:00Ça fait des années qu'il essaye d'obtenir un but de guerre
09:04qu'il pensait pouvoir atteindre en trois jours
09:06et qu'il en est empêché.
09:08Et donc, on n'a pas de raison d'avoir peur.
09:10Il faut se préparer, il faut se réarmer,
09:12il faut se renforcer, c'est certain.
09:13Mais il faut le faire, comme vous le disiez,
09:14en gardant la tête froide.
09:16Et je pense que c'est aussi la responsabilité des politiques.
09:17Vous ne pouvez pas ignorer l'opinion publique.
09:20Moi, il y a quelque chose qui m'a tout à fait frappé.
09:21C'est quand le chef d'état-major a parlé,
09:24il y a six mois à peu près,
09:27devant les maires,
09:28et qu'il a parlé du fait que les Français
09:31devaient se préparer,
09:32je suis désolé, il a parlé en conscience,
09:35il a parlé, je ne pense pas que ce soit quelqu'un
09:37qui soit complètement...
09:39C'est un vrai professionnel.
09:42Et tout de suite, qu'est-ce qui se passe derrière ?
09:43Vous avez un emballement politique...
09:45Rappelez ce qu'il a dit, il a dit que c'est d'envoyer nos enfants.
09:52C'est exactement ce que j'ai trouvé,
09:54je me permets de le dire,
09:56je respecte les fonctions du chef des agents armés,
09:58mais j'ai trouvé maladroit cette expression,
10:00parce que justement,
10:01elle avait pour effet de provoquer légitimement
10:04une énorme angoisse chez les Français.
10:06Je pense que le but d'un militaire et d'un chef de guerre,
10:09ce n'est pas de préparer les Français
10:10à ce que leurs enfants meurent.
10:12D'ailleurs, le but d'un soldat n'est pas de mourir pour son pays,
10:14c'est de faire en sorte que son pays soit...
10:15Oui, mais on a changé l'époque, c'est vrai que ce soit l'ennemi qui meurt.
10:17Mais bien sûr, et surtout que la guerre n'arrive pas.
10:20Avec des enfants français, ça ne m'a absolument pas fait peur.
10:23Bon, c'est comme ça.
10:24Mais vous, pardonnez-moi,
10:26vous ne pouvez pas faire abstraction d'une réelle peur et angoisse
10:29par rapport à la situation.
10:30On verra les mots qui seront utilisés par les présidents français.
10:33Moi, ce qui m'intéresse aussi,
10:34c'est que cette situation,
10:36vous êtes tous d'accord autour de la table,
10:37on va dire qu'elle va durer et perdurer.
10:39Mais elle dure depuis longtemps, déjà.
10:40Donc, son impact sur la flambée des carburants
10:43va être encore plus important.
10:45Donc, la question, c'est que...
10:46Là, on ne parle pas exactement de la même crise,
10:48mais ça contribue à l'instabilité géopolitique globale.
10:51Malgré tout, je ne vois pas Donald Trump
10:52s'occuper de toutes ces crises aujourd'hui
10:54et éteindre ce qui se passe ou débloquer un détroit.
Commentaires

Recommandations