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  • il y a 12 minutes
L'ancien patron de M6 se livre dans un ouvrage co-écrit avec Alexandre Isnard, "La télé comme jamais, confidences du 'parrain du paf'", aux editions Allary. Il est l'invité d'Anne-Sophie Lapix dans RTL Soir.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 24 septembre 2026.

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Transcription
00:02Anne-Sophie Lapix, c'est RTL Soir.
00:07Bonsoir Nicolas d'Etaverneau.
00:08Bonsoir.
00:09Vous signez ce livre, La télé comme jamais, dans lequel vous racontez une aventure de près de 40 ans,
00:14celle de M6, puis la vôtre aussi, puisque vous avez créé cette chaîne en 87,
00:20vous l'avez quittée en 2024, elle vous manque un peu ?
00:23Ah ben, elle ne me manque pas beaucoup parce que je la regarde.
00:25Oui, ça suffit, et ça suffit à votre bonheur.
00:27Alors, votre destin aurait pu être très différent, puisque vous avez failli être embauché par le groupe Bouygues,
00:32qui allait racheter TF1, et même par un certain Patrick Lelay, futur PDG de la première chaîne,
00:38qui allait devenir votre pire ou votre meilleur ennemi ?
00:42Ah ben, on a toujours eu un peu un destin croisé, d'ailleurs, il a été président du club de
00:45Rennes,
00:46dont je ne suis pas actuellement président.
00:47De foot ?
00:49C'est un destin qui se croise, c'était un adversaire coriace, mais qui était tout à fait respectable,
00:54et dans lequel il obligeait quand même à sortir le meilleur de soi-même pour exister.
01:01Il vous obsédait un petit peu ?
01:02Pardon ?
01:03Il vous obsédait un petit peu ?
01:04Obsédait, c'est beaucoup dire, mais enfin, TF1 était à 40%, nous on démarrait, puisqu'on est parti de rien,
01:10donc il a fallu se tailler la route, et on est dans un marché qui est très particulier,
01:16puisque la télévision, c'est un marché qui est relativement fermé,
01:19il n'y a pas tellement ce qu'on appelle l'élasticité à l'offre, c'est-à-dire que
01:22ce n'est pas fonction des programmes,
01:24c'est plus fonction de la météo, de l'âge, etc.
01:27Donc ce que vous prenez, vous le prenez aux autres.
01:29Donc ça donne un sentiment, c'est vrai d'ailleurs aussi en matière de radio,
01:35et du coup les gens sont quand même assez concentrés sur leur part de marché.
01:40Alors vous racontez le parcours difficile pour imposer M6, la petite chaîne qui a mis un certain temps à monter,
01:46elle a longtemps été considérée comme la chaîne de trop, dites-vous,
01:49parce qu'il y avait une autre chaîne concurrente qui était la 5 à l'époque ?
01:52Absolument, il y avait la 5 à l'époque, donc dans cette histoire,
01:57pourquoi j'ai voulu écrire ce livre ?
01:59Pour plusieurs raisons.
02:01La première raison, c'est qu'on est vraiment arrivé avec des vents contraires.
02:06La ministre avait dit une chaîne de trop, etc.
02:08Donc ces vents contraires a soudé une équipe,
02:11et donc la première des choses, c'est qu'un, on peut réussir avec des vents contraires,
02:15le groupe a réussi, s'est développé, il a repris des radios, etc.
02:18Et deux, le collectif est indispensable.
02:20Je pense qu'il y a un esprit M6, un esprit groupe,
02:23et cet esprit qui perdure d'ailleurs aujourd'hui,
02:26autour de toutes les chaînes et radios du groupe M6,
02:29et ça, c'est quelque chose, c'est pour ça que je dédie ce livre aux collaborateurs passés et présents
02:33du groupe,
02:34c'est grâce à ce collectif qu'on a réussi.
02:37J'ai vraiment encore l'impression d'entendre le patron M6 quand je vous entends.
02:41Vous avez un peu le patron aujourd'hui.
02:42Je parlais de l'A5 pendant que l'A5 dépensait son argent en programme et a recruté des stars.
02:46Vous, M6, vous achetiez des émetteurs,
02:49ce qui était finalement plus intelligent pour être reçu dans tout le pays.
02:55Mais vous savez, c'est la même chose aujourd'hui.
02:57Aujourd'hui, la distribution, il ne suffit pas de faire des programmes.
03:01Par exemple, je vais prendre l'exemple de RTL.
03:03Aujourd'hui, vous avez des programmes, vous investissez dans les programmes.
03:07Quand le service public vous prend des fréquences pour France Info,
03:10et que vous n'êtes pas distribué dans les endroits où France Info préempte des fréquences...
03:15C'est ce qui s'est passé cet été.
03:17Vous êtes dans un désavantage.
03:18Et RTL est dans un désavantage.
03:20Et ces problèmes de distribution sont absolument essentiels.
03:24Donc, c'était vrai en 87,
03:25puisque quand on a pris la station,
03:27il n'y avait qu'un tiers des Français qui pouvaient la recevoir.
03:30Et c'est toujours la même chose.
03:32C'est-à-dire qu'aujourd'hui, que ce soit M6, que ce soit Gulli, que ce soit RTL,
03:36la distribution, c'est comment on a accès aux Français,
03:39par quel créneau on a accès aux Français,
03:41c'est absolument indispensable.
03:42C'est pour ça qu'il y a des accords avec les plateformes pour être distribuées.
03:45M6 a des accords avec les grandes plateformes pour se faire distribuer.
03:48Et donc, on avait mis l'accent là-dessus,
03:50ce que n'avait probablement pas assez fait la 5, notre concurrent.
03:53Et d'ailleurs, vous avez trinqué au Champagne quand la 5 a fermé, vous le dites.
03:56C'est un peu triste quand même.
03:57Oui, mais on n'était que deux.
03:58Oui, ça va.
03:59Vous l'avez dit là-dedans.
04:01Vous racontez que Jean Drucker, que vous aviez recruté pour diriger la chaîne,
04:05voulait une chaîne chic, mais qui se trompait de ligne,
04:08que c'est vous et votre directeur des programmes, Thomas Valentin,
04:11qui aviez raison, M6 devait être une chaîne familiale,
04:15s'adresser aux jeunes sans se prendre trop au sérieux.
04:17Oui, alors d'abord, je n'ai pas recruté Jean Drucker,
04:19ce sont les actionnaires qui ont choisi Jean Drucker,
04:21qui avait dirigé avec efficacité Antenne 2 à l'époque,
04:25donc il nous a rejoints.
04:26Et Jean Drucker, lui, il aimait une télévision du style Channel 4,
04:31c'est-à-dire plus ambitieuse.
04:32On a tenté des choses, par exemple avec Pollack,
04:36on a tenté des choses avec Pierre Bouteillier, etc.
04:38Et en fait, l'offre ne marchait pas,
04:40soit parce qu'il y avait la concurrence du secteur public,
04:42soit parce qu'on était plus jeunes.
04:44Et donc, assez rapidement, avec Thomas Valentin, avec les équipes,
04:47on a décidé de s'adresser plutôt, d'être une chaîne jeune,
04:50et d'une chaîne populaire, et grand public,
04:52ce qui n'empêchait pas des émissions qui sont toujours à l'antenne aujourd'hui,
04:55que je regarde avec plaisir,
04:56qui sont Zone Interdite, Capital ou Egal M6,
04:59ce sont des émissions intelligentes.
05:00Et des séries au départ.
05:02On vous a beaucoup parlé de la petite maison dans la prairie
05:04qui a été rediffusée.
05:06Voilà, alors, c'est probablement la chose la plus différente
05:09avec la télévision d'aujourd'hui.
05:11Les grands succès américains,
05:14qui étaient les Desperetta Housevoirie,
05:15les Prison Break, et tout ça,
05:17sont arrivés par notre intermédiaire,
05:19c'est-à-dire par l'intermédiaire des chaînes françaises.
05:21Ils ne pouvaient pas pénétrer le territoire français
05:23sans passer par nous.
05:24Si on ne les achetait pas,
05:25ils n'étaient pas diffusés.
05:26Aujourd'hui, ils ont un accès direct avec les plateformes.
05:29Et donc, c'est ça la grande différence.
05:30C'est pour ça qu'aujourd'hui,
05:31vous voyez beaucoup moins de séries US
05:34sur les grandes chaînes généralistes comme TF1 ou M6
05:39parce qu'elles transitent par les plateformes
05:41comme Disney+, comme Netflix.
05:43Donc, il faut réinventer un modèle de télévision
05:45qui soit assez différent de celui qu'on a, nous,
05:48connu dans les années 80.
05:49Mais pour l'instant, les plateformes sont en train de faire
05:51la peau des chaînes de télévision à cause de ces séries.
05:54Alors, je ne crois pas qu'elles fassent la peau des chaînes de télévision.
05:57Le principal concurrent des chaînes de télévision,
06:00ce n'est pas les plateformes,
06:01c'est pour moi les réseaux sociaux.
06:03C'est-à-dire, c'est le temps passé sur les réseaux sociaux
06:06qui est le plus embarrassant pour les médias audiovisuels en général,
06:09que ce soit la radio, que ce soit la télévision.
06:11Et ça, c'est un sujet.
06:14Après, sur les programmes concurrents avec les plateformes,
06:18un, les directs, le sport, les grands événements
06:21ne sont pas en concurrence avec les plateformes.
06:24Et puis, la deuxième chose, c'est que les chaînes
06:26comme M6, M6+,
06:27on a développé, dès les années 2008,
06:31on a développé assez tôt des plateformes elles-mêmes.
06:33Et donc, aujourd'hui, les émissions sont regardées par les plateformes.
06:36Ce qui manque, sans doute,
06:39c'est un esprit plus créatif.
06:40C'est-à-dire qu'aujourd'hui, nous vivons quand même sur des schémas
06:44qui sont,
06:45toutes les émissions que nous avons
06:47sur les grandes chaînes,
06:48ce sont des émissions qui ont 10, 15, 20 ans.
06:52Et il y a assez peu de nouvelles émissions.
06:54Et plus, vous parlez de Capital dans le livre,
06:56et la naissance de Capital.
06:57Elle a quel âge, l'émission Capital ?
06:59Oui, il y a 5 ans.
07:00Oui, bien.
07:01Il y a 30 ans, maintenant.
07:02C'était Emmanuel Chan avec son style.
07:05Probablement qu'on n'a pas fait assez de recherches,
07:07qu'on n'a pas assez développé le département recherche
07:09pour trouver des nouveaux formats.
07:11D'ailleurs, c'est assez...
07:12Prenez l'amour est dans le pré, par exemple,
07:14qui est un format qui fonctionne très bien sur M6.
07:16Ça a été développé au départ par une petite chaîne.
07:19Une petite chaîne qui a testé, etc.
07:21Et nous, enfin, je dis nous, vous voyez ?
07:24Et votre groupe qui a encore des chaînes un peu complémentaires
07:28doit tester des nouveaux formats
07:30pour voir un petit peu ce qui fonctionne.
07:31Ça, c'était vraiment une nécessité
07:34pour se développer dans un monde plus concurrentiel.
07:37Vous êtes parti après avoir décroché
07:39la Coupe du Monde de foot,
07:41et en laissant une grosse ardoise,
07:42ça coûte cher, la Coupe du Monde.
07:43Vous dites que l'avenir d'M6,
07:45ce sont les grands rendez-vous sportifs,
07:47notamment,
07:48et c'est vrai que ça rassemble du monde,
07:50mais ça ne remplit pas les caisses toute l'année.
07:53Oui, mais vous êtes obligé,
07:55l'information, par exemple, ne remplit pas les caisses.
07:57Je vous donne un exemple.
07:59Il y avait le 6 Minutes.
08:01On s'en souvient peut-être,
08:02le 6 Minutes, c'était un journal tout en images.
08:04Bon, ça ne coûtait pas très cher à faire.
08:06On l'a remplacé par un journal,
08:09le 19h45 et le 12h45.
08:11On s'en félicite aujourd'hui.
08:13Ce sont deux piliers de la grille d'M6.
08:16Si on avait gardé un 6 Minutes,
08:17c'est-à-dire pour faire des économies,
08:19on n'aurait pas, aujourd'hui, deux piliers d'un chaîne.
08:22Et l'info, souvent, ce n'est pas forcément rentable immédiatement.
08:25Donc, une chaîne, ce n'est pas simplement fait de programmes unitairement rentables.
08:29C'est pour ça qu'il nous faut des grands événements.
08:31Oui, mais enfin, il faut les payer quand même.
08:32Je veux dire, il y a la buquette qui disparaît.
08:34Oui, mais ça donne une dynamique.
08:36Ça donne une dynamique.
08:37Je vous garantis qu'en 2030, je vous garantis qu'M6 sera très content
08:40d'avoir en exclusivité les principaux matchs à la Coupe de Monde
08:43qui se fassent en Europe.
08:44Vous avez tenté de vendre M6 et TF1 l'avait emporté.
08:48Finalement, ça n'a pas pu se faire.
08:49Mais c'est vrai que la première condition à la vente d'M6,
08:51c'était que vous deviez diriger la nouvelle entité,
08:54quel que soit votre allié.
08:55Oui, ce n'était pas tellement le sujet.
08:57Le sujet, d'abord, ce n'était pas le ventre.
08:58Mais c'était vrai.
08:58C'était une fusion.
08:59C'était une fusion, c'est-à-dire que les deux groupes fusionnaient
09:03avec toutes leurs chaînes pour faire un grand groupe français.
09:06C'est un grand regret.
09:07Je pense que c'est une grande erreur de ne pas l'avoir autorisé.
09:10Tout ce qui a été dit par les équipes de TF1 et de M6 s'est produit,
09:14que YouTube était un concurrent,
09:15que les plateformes allaient faire également des magazines,
09:18de l'info, de la distraction,
09:20que finalement, et que nous, on allait faire du streaming.
09:22Donc les deux mondes se sont rapprochés.
09:25Les autorités de compétences notamment n'ont pas fonctionné.
09:28Ça n'a pas fonctionné.
09:29C'est un grand regret.
09:30C'est un grand regret.
09:31Parce qu'on aurait eu...
09:33Il faut quand même...
09:34Moi, je crois beaucoup à la consolidation.
09:36On a trop de petits groupes en France.
09:38Merci beaucoup Nicolas Taverneau.
09:40La télé comme jamais chez Alary Editions.
09:42C'est le nom de ce livre.
09:42Et vous restez avec nous ?
09:43Je reste avec vous.
09:44Dans un instant, on retrouve la petite bande d'RTL Soir.
09:47L'info qu'on a failli manquer avec Florian Gazan.
09:49C'est un record d'accordéon.
09:50Le petit phénomène des maguesselles,
09:52c'est le blush de Céline Dion.
09:54Et puis Tanguy Pastureau viendra défaire l'info.
09:56A tout de suite.
09:57Bonne soirée sur RTL.

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