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  • il y a 13 minutes
Pour la première fois depuis 1945, le niveau de vie des jeunes générations ne progresse plus par rapport à celui de leurs parents. Déclassement, travail qui ne paie plus, retard de la France face à ses voisins... Pourquoi la France décroche-t-elle ? Et comment redonner du pouvoir d'achat et de la valeur au travail ? Pour en parler, Antoine Foucher, ancien directeur de cabinet de la ministre du Travail et auteur de Pour que nos enfants vivent mieux que nous, il est l'invité d'Anne-Sophie Lapix.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 14 septembre 2026.

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Transcription
00:07La croissance est minuscule, le chômage augmente, la dette gonfle et le niveau de nos enfants s'effondre dans l
00:13'étude PISA.
00:14Le constat est sévère mais il n'y a pas de fatalité, on peut redresser le pays, redonner un idéal,
00:20que nos enfants vivent mieux que nous.
00:22C'est le titre de votre essai Antoine Fouché, bonsoir.
00:25Bonsoir.
00:25D'abord je disais que le constat est sévère et il y a quelques jours l'INSEE a confirmé que
00:29les perspectives étaient particulièrement sombres.
00:31Une croissance de 0,4% du PIB, très en dessous de celle de nos voisins, un chômage à 8
00:37,6% à la fin de l'année, au-dessus de celui de nos voisins.
00:41Un déficit qu'on n'arrive pas à réduire contrairement à nos voisins.
00:44On peut parler de déclassement national ?
00:46Oui je pense parce que malheureusement même si tous les chiffres que vous venez de décrire s'inversaient dans un
00:53an, on part de tellement loin, on décline depuis tellement longtemps qu'en fait ça ne servirait pas à invalider
01:02le diagnostic que vous avez posé.
01:03C'est-à-dire la situation dans laquelle on est sur le niveau scolaire des enfants, le niveau de compétence
01:10des actifs que nous sommes aussi, le niveau de technologie, le niveau de désindustrialisation, le niveau des salaires, le niveau
01:18de vie tout court.
01:19En fait ça c'est une tendance, alors ça s'accélère plus ou moins selon les périodes, mais c'est
01:26une tendance constante, pénible depuis une cinquantaine d'années.
01:30C'est-à-dire qu'on a aujourd'hui, le chiffre le plus parlant me semble-t-il là-dessus,
01:34parce qu'il regroupe en fait tous les indicateurs, l'éducation, l'économie, la technologie, etc.
01:39C'est le niveau de vie.
01:40Nous Français aujourd'hui, on a un niveau de vie en moyenne inférieur à celui des Européens.
01:45Ça fait 4 ans et depuis que Eurostat mesure ça, ça ne nous est jamais arrivé.
01:51Et depuis une cinquantaine d'années en fait, on perdait un peu notre avance, décennie après décennie.
01:55Puis là depuis 4 ans, on a fini par passer sous la moyenne.
01:58On vit moins bien que la moyenne des Européens et les Européens à 27, pas à 6.
02:01Vous dites même qu'on doit se considérer comme un pays émergent.
02:04Oui alors ça, mais c'est plus largement l'Europe parce que ça c'est un constat sur notre déclassement
02:11technologique.
02:12Alors surtout en France parce qu'on est très désindustrialisé, plus que la moyenne européenne.
02:16Mais c'est valable pour toute l'Europe.
02:18C'est-à-dire qu'on entendait dans le journal à l'instant l'IA et les déclarations de Donald
02:22Trump.
02:22En fait, l'IA elle ne se fait pas chez nous.
02:26Malgré le petit poussé qu'est Mistral, ça ne se fait pas chez nous.
02:29Et ça fait 20 ans que ça dure.
02:31C'est-à-dire qu'on n'a pas inventé ni l'ordinateur, ni les microprocesseurs, ni le smartphone, ni
02:37Internet, ni l'IA.
02:38Donc en fait, à chaque couche technologique, on prend du retard et on pourrait se dire que ce n'est
02:43pas grave.
02:44Nous aussi on a des iPhones, nous aussi on a des smartphones, etc.
02:47Oui, sauf que ce qu'on sait peu, c'est que la productivité que ça nous permet, l'IA nous
02:53fait gagner du temps.
02:54Mais au lieu que ce gain de temps fasse que nos salaires augmentent parce qu'on va plus vite,
02:59et donc on peut faire plus de choses dans le même temps, ça va en fise, en rémunération aux Etats
03:04-Unis.
03:05Et il y a 300 milliards déjà par an qui partent.
03:07Vers les Etats-Unis.
03:08Et ça sera 1000 milliards d'ici quelques années.
03:11Et donc ça, cette dépendance-là, elle a un effet très concret sur notre niveau de vie.
03:15Il faut absolument qu'on ait notre IA ou notre technologie d'une manière générale
03:19pour que quand on progresse, ça aille dans nos salaires et pas dans la rémunération des boîtes américaines.
03:25Alors votre grand constat, c'est que nous avons fait un choix collectif depuis 50 ans.
03:29C'est de permettre à tous les Français de vivre 20, 25 ans à la retraite
03:34avec le même pouvoir d'achat que ceux qui travaillent.
03:37Ça c'est un choix qui est français.
03:40Oui, c'est notre idéal collectif et on a réussi.
03:43C'est-à-dire, qu'est-ce qui permet de dire ça ?
03:46C'est l'évolution de nos dépenses publiques depuis 50 ans.
03:49En fait, contrairement à ce qu'on entend,
03:51on n'a jamais autant mutualisé de richesses qu'aujourd'hui.
03:54C'est-à-dire, depuis 1975, nos dépenses publiques ont augmenté de 11 points de PIB.
03:59Ça fait un peu plus de 300 milliards d'euros.
04:01Nos impôts, prélèvement obligatoire, ont augmenté de 8 points de PIB.
04:05250 milliards d'euros à peu près.
04:07La question, c'est qu'est-ce qu'on a fait avec cet argent ?
04:09On n'a jamais autant payé d'impôts en France
04:11et on n'a jamais dépensé autant d'argent public.
04:13Qu'est-ce qu'on fait par rapport à 1975 ?
04:15Il va où l'argent ?
04:16Il ne va pas dans l'école, il ne va pas dans la recherche,
04:18il ne va pas dans l'industrie,
04:20il ne va pas dans les services publics en général,
04:23il ne va pas dans les transports,
04:24il va dans notre idéal collectif.
04:26Et c'est normal en fait, parce qu'on est une démocratie,
04:28donc on finance notre idéal démocratiquement majoritaire,
04:32qui est de partir le plus tôt possible à la retraite
04:34et d'avoir le meilleur niveau de vie à la retraite
04:36que quand on travaille.
04:38Qui va payer les retraites, la santé, tout ça.
04:41Exactement, et ça c'est une double,
04:42ça c'est 9 points sur les 11,
04:449 points de PIB sur les 11.
04:45Donc en fait, 90% de nos impôts supplémentaires
04:48ou de nos dépenses supplémentaires depuis 50 ans,
04:51ils vont sur notre idéal.
04:52Je dis volontairement idéal parce que ça a quelque chose de noble
04:55d'avoir le plus de temps possible à la retraite
04:57et d'avoir le même niveau de vie quand on ne travaillait pas
04:59que quand on travaillait.
05:01Mais, cet idéal-là, il a un coût,
05:03parce que non pas que ça ne soit pas bien,
05:05ce n'est pas une question de faute,
05:06mais il a détourné des ressources qu'on a mis là-dessus
05:09et du coup qu'on n'a pas mis ailleurs
05:10et que d'autres pays ont mis ailleurs.
05:12Justement, vous proposez un autre choix collectif,
05:14un autre idéal,
05:15faire en sorte que nos enfants vivent mieux que nous.
05:17Pour ça, il faut une meilleure éducation,
05:19la possibilité d'avoir un bon travail,
05:21un bon salaire,
05:22c'est assez simple en fait, comme idéal,
05:25mais ça réclame beaucoup de changements,
05:27beaucoup de moyens,
05:29pour l'école notamment.
05:30Oui, c'est-à-dire qu'en fait,
05:32j'essaye de lister dans le bouquin
05:34tout ce qu'il faudrait améliorer
05:36pour que la vie soit mieux en France
05:38dans 10 ou 20 ans
05:39ou que nos enfants vivent mieux que nous
05:40sans raconter de craques.
05:42Donc, si on va très vite,
05:43il faut redevenir l'une des meilleures écoles du monde,
05:45redevenir l'une des populations
05:46les plus compétentes du monde,
05:48l'une des meilleures recherches du monde,
05:50redevenir un pays industriel,
05:51ce qu'on n'est pas,
05:52vieillir en bonne santé,
05:54stabiliser notre dette,
05:55pas par idéologie,
05:56mais pour qu'elle arrête de manger
05:57nos marges de manœuvre budgétaire
05:58et qu'il y ait moins d'impôts
06:00sur les travailleurs,
06:01les 28 millions de gens qui bossent,
06:0220 millions de salariés,
06:035 millions de fonctionnaires,
06:043 millions d'indépendants
06:05pour qu'ils vivent mieux de leur travail.
06:07Ça, ça fait 330 milliards d'euros.
06:09Oui, c'est ça.
06:10C'est colossal.
06:11C'est colossal.
06:11Et ça, c'est peur.
06:12Mais vous financez tout ça.
06:14En tout cas, il y a une proposition.
06:17Mais le pari du bouquin,
06:18c'est de se dire
06:19qu'il n'y a aucune fatalité
06:21à cette pente-là déclinante
06:23qui fait que 90% des Français
06:25considèrent, à juste titre,
06:26que leurs enfants vivront moins bien qu'eux.
06:28Il n'y a aucune fatalité à ça.
06:29Par contre, si on veut sortir de la pente,
06:32là, il ne faut pas raconter de craque
06:33sur le fait qu'on peut le faire
06:35sans d'efforts historiques
06:36ou faire financer tout ça
06:37soit que par les immigrés
06:38ou par les riches
06:39ou par les fonctionnaires.
06:40Ça, ce n'est pas vrai.
06:41Vos propositions, elles tapent
06:42de tous les côtés,
06:43à gauche, à droite.
06:44On retrouve la hausse de la TVA,
06:45la hausse des droits de succession
06:46pour les gros héritages,
06:48la hausse de la flat tax,
06:50l'impôt sur le capital,
06:51parce que donc,
06:52il faut trouver 326 milliards.
06:53Il y a un mécanisme
06:55qu'on peut appliquer tout de suite
06:56que je cite.
06:57Donc, pour Vivant Vieux,
06:58il faut à tout prix
06:59augmenter les salaires.
07:00C'est vraiment une priorité.
07:01D'ailleurs, on l'entend
07:01dans beaucoup de programmes.
07:03Les salaires qui progressent trop peu,
07:04vous avez un mécanisme
07:05applicable immédiatement.
07:06On arrête d'indexer
07:08les pensions des retraités
07:09chaque année
07:10et on affecte ces sommes-là
07:12économisées au salaire,
07:14donc à la baisse des charges
07:15sur les salaires
07:16et notamment à la baisse
07:16de la CSG.
07:18Et au bout de 10 ans,
07:19on a des salaires
07:20qui ont augmenté
07:20de plus de 20%.
07:21Oui, alors 10%
07:23parce qu'on a baissé
07:24les charges de 10%
07:25et 10% parce que
07:26c'est leur augmentation naturelle.
07:28Pour être très honnête
07:30intellectuellement.
07:31À quoi ça répond
07:32ce mécanisme
07:33que vous venez de décrire ?
07:34À l'objection,
07:35me semble-t-il,
07:36légitime
07:36de la part des personnes
07:38à la retraite
07:38qui disent
07:39« Mais pourquoi c'est moi
07:40qui ferais des efforts ? »
07:41Première objection
07:41et pas tout le monde.
07:42Donc là,
07:42j'essaye de répondre
07:43dans le bouquin
07:44en disant
07:44« En fait, si,
07:45ce sera tout le monde.
07:46Vos enfants travailleront
07:47plus que vous. »
07:48Donc ça,
07:49c'est l'effort des enfants
07:50de travailler plus
07:50que leurs parents.
07:51Et la deuxième objection,
07:53c'est
07:53« Mais si on fait des efforts,
07:55ça va se déverser
07:56dans la gabegie administrative.
07:57On fait déjà n'importe quoi
07:58avec l'argent public.
07:59Moi, je ne fais pas d'effort
08:00si c'est pour faire n'importe quoi. »
08:03Et donc, le mécanisme
08:03que je propose
08:04pour répondre
08:05à cette objection
08:05qui est légitime,
08:06qui n'est pas un truc
08:08hors-sol,
08:09qui est vraiment légitime
08:10et du vécu des gens,
08:11c'est de dire
08:12« On n'a pas... »
08:12d'instaurer un mécanisme
08:13de loi organique
08:14pour aller vite
08:15de valeur quasi-constitutionnelle
08:17où on n'aurait pas le droit
08:19de faire un seul euro
08:20d'économie
08:20sur les retraites
08:23si cette économie-là
08:24ne va pas en baisse de charge
08:26sur les salaires
08:27des gens qui travaillent.
08:29Ou, pour le dire
08:30de façon intergénérationnelle,
08:31pas le droit
08:32de faire un seul euro
08:34d'économie
08:34si ça ne va pas
08:35en augmentation
08:36du pouvoir d'achat
08:37des enfants
08:37et des petits-enfants.
08:38C'est pour que
08:38les Français aient confiance
08:40en votre plan.
08:41C'est qu'il y a un engagement.
08:43Il y a une vraie objection,
08:44je trouve.
08:45Si on dialogue
08:47avec les personnes
08:48et qu'on écoute,
08:50ça,
08:51dans les multiples interventions
08:52que j'ai eu la chance
08:53de faire depuis quelques années
08:54maintenant,
08:55cette objection,
08:55elle revient tout le temps.
08:56Et donc, à un moment donné,
08:57il faut inventer
08:59ou proposer un mécanisme.
09:00Et avec ça,
09:01je pense qu'on répond
09:02parce que le moindre euro
09:03d'effort fait par les retraités,
09:05il va en augmentation
09:06des pouvoirs d'achat
09:07des gens qui bossent.
09:07Il ne va pas
09:08dans la gabegie administrative.
09:09Alors, 325 milliards,
09:11le plan,
09:11vous avez conscience
09:12qu'aucun candidat
09:13à la présidentielle
09:14ne proposera
09:14quelque chose
09:15d'aussi radical.
09:16Pour l'instant, en tout cas.
09:17Ça fait beaucoup de sacrifices
09:18et on peut se dire
09:19si jamais ça ne marche pas.
09:20Votre solution,
09:21c'est de demander
09:22aux Français
09:22par référendum.
09:23Oui, je pense
09:24parce qu'en fait,
09:25l'ampleur de l'effort
09:27est tellement énorme.
09:28C'est une telle réorientation
09:29de nos choix collectifs
09:30depuis 50 ans
09:31qu'aucun candidat,
09:33me semble-t-il,
09:35n'aura la légitimité,
09:37ou on peut le penser en tout cas,
09:39pour enclencher
09:40cette réorientation.
09:42Autant, il y a une cohérence.
09:43Tout est calculé.
09:46Mais par ailleurs,
09:47en fait,
09:47comme ce sont des choix,
09:49ce que j'essaie d'expliquer aussi,
09:50ce sont des choix
09:50gauche, droite,
09:52centre, confondus,
09:52et en fait,
09:53quand vous regardez
09:53le programme des deux parties
09:54LFI et RN
09:55qui n'ont pas gouverné
09:56depuis 50 ans,
09:56en fait,
09:57sur les retraites,
09:58ils sont dans la continuité complète,
09:59pas du tout dans la rupture.
10:01Et donc,
10:02c'est aussi ça qui explique
10:03qu'ils soient aussi hauts
10:04dans les sondages.
10:05Ça veut dire que le sujet,
10:06ce n'est pas la classe politique.
10:08Le sujet,
10:08c'est nos choix,
10:09nous, Français.
10:10Et donc,
10:11si on veut le changer,
10:12il faut que ça soit nous,
10:13de façon souveraine,
10:1449 millions d'électeurs,
10:16tous ceux qui auront voté,
10:18qui décideront ou pas
10:19de changer d'idéal collectif.
10:21Mais au moins qu'on ait le choix,
10:22parce que je trouve
10:23que ce qui est très frustrant
10:24depuis quelques décennies,
10:25c'est qu'on n'a pas le choix
10:26entre la possibilité
10:28d'améliorer la vie
10:29d'ici 10 ans,
10:30mais sans craque,
10:31c'est-à-dire en faisant
10:32beaucoup d'efforts,
10:33ou de continuer dans la vase.
10:34Merci beaucoup,
10:35Antoine Fouché,
10:37qui n'est pas candidat
10:38à la présidentielle,
10:38mais qui a un programme
10:39pour que nos enfants
10:41vivent mieux que nous,
10:42aux éditions de l'aube,
10:43merci encore.
10:44Dans un instant,
10:45on retrouve la petite bande
10:46d'RTL Soir.
10:47L'info qu'on a failli manquer
10:48de Florian Gazon,
10:48ce sont les préparatifs
10:49de Noël aux Philippines.
10:51Le petit phénomène
10:52des magues sels,
10:53c'est l'habitude
10:53de se déchausser
10:54quand on arrive chez quelqu'un,
10:55pour ou contre.
10:56Et puis on demandera
10:56à Tanguy Pastureau
10:57qui les fait l'info,
10:58comme chaque jour,
10:59s'il lui se déchausse.
10:59A tout de suite.
11:06Bonne soirée sur RTL.
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