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Suspendu provisoirement du PS et écarté de la primaire de la gauche après des accusations de violences de son ancienne collaboratrice, Philippe Brun entend bien rester dans la course à l'Élysée. Le PS l'a-t-il condamné trop vite... ou a-t-il simplement pris ses responsabilités ? Philippe Brun répond aux questions de Marc-Olivier Fogiel.
Regardez Face à Fogiel du 22 septembre 2026.

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Transcription
00:00RTL Matin, 7h, 9h30, c'est avec Céline Landreau.
00:06Et avec Marc-Olivier Fogiel à 8h18, une semaine après avoir été suspendu du Parti Socialiste et écarté de la
00:12primaire,
00:13il réclame sa réintégration, accuse des membres du PS d'avoir voulu le tuer politiquement.
00:18Marc-Olivier, vous recevez ce matin le député Philippe Brun.
00:21Bonjour Philippe Brun.
00:22Bonjour Marc-Olivier Fogiel.
00:23On va aller au fond dans un instant, vous avez été écarté après le signalement d'une de vos anciennes
00:27assistantes parlementaires
00:28pour des faits qui relèveraient du pénal.
00:30Si vous êtes là ce matin, c'est pour sauver votre honneur, même si le combat politique est derrière vous,
00:37ou sincèrement vous y croyez encore ?
00:40J'y crois encore Marc-Olivier Fogiel.
00:42Je vous annonce ce matin qu'à 9h30, au tribunal judiciaire de Paris,
00:46sera examiné le référé que j'ai déposé contre le Parti Socialiste
00:49afin d'obtenir ma réintégration en ma qualité d'adhérent du Parti Socialiste
00:53et surtout ma participation à la primaire.
00:56Le premier débat a lieu demain et je demande à la justice de faire respecter les statuts de mon parti
01:01dont à peu près chaque article a été bafoué par cette décision inique du Bureau National.
01:05Donc à 9h30, en référé, vous demandez à être réintégré dès demain en fait ?
01:11Absolument. Le Parti Socialiste ne m'a pas entendu, je n'ai eu le droit à aucune défense,
01:14je ne sais toujours pas au moment où je vous parle de quoi je suis accusé.
01:18On parle de faits, ayant des qualifications pénales, quels sont-ils ?
01:21Il n'y a pas de plainte déposée aujourd'hui, ça fait maintenant une semaine que...
01:25Vous êtes sûr de ça ? Parce que selon les informations de RTL,
01:28apparemment votre ancienne assistante parlementaire aurait déposé plainte.
01:32Vous avez vérifié ?
01:33En tout cas, au moment où je vous parle, je ne suis pas au courant d'une plainte contre moi
01:36et aucun journaliste n'a aujourd'hui trace, aucun parquet n'a communiqué sur l'existence d'une plainte.
01:41Quand on parle au PS, donc qui vous a écarté de façon unique, dites-vous, vous allez pouvoir développer,
01:46eux ils disent que votre assistante parlementaire, ancienne, elle, elle parle carrément de coups et blessures.
01:52Vous savez bien qu'il y a une photo qu'elle a envoyée dans des rédactions
01:55où on la voit avec l'arcade sourcilière abîmée.
01:59Vous nous dites ce matin, quoi ? Je n'y suis pour rien, je n'ai jamais levé la main
02:04sur une femme ?
02:05Je n'ai jamais levé la main sur une femme, je n'ai jamais été violent avec personne
02:08et je prouverai, mes avocats ont absolument toutes les pièces pour prouver que tout cela est une vengeance personnelle
02:15et qu'il n'y a absolument en rien de coups et pas de violence de ma part et qu
02:19'il n'y en a jamais eu.
02:20Et je tiens à le dire ici très clairement.
02:22Une vengeance personnelle, il faut, je suis désolé que vous rentriez un minimum dans votre intimité,
02:26cette ancienne assistante parlementaire, vous avez reconnu avoir eu une liaison avec elle, extra-conjugale,
02:32et vous dites que c'est parce que vous y avez mis fin qu'elle se venge ?
02:36Écoutez, en tout cas j'ai mis fin au contrat de travail qui nous lie,
02:38et surtout puisqu'il y avait une faute grave de sa part, elle a été licenciée pour faute grave.
02:45Je ne m'appartiens pas ici de relater tout ce qui a amené à ces fautes graves,
02:49mais je tiens à dire ici que je n'ai jamais été violent avec personne,
02:52que je n'ai jamais frappé de femme, que je ne l'ai jamais frappé, elle en particulier.
02:56Et je le dis extrêmement fermement Marc-Olivier Fogel, je n'ai jamais été violent avec personne.
03:00Et vous ne trouverez dans cette enquête aucun témoignage d'aucune femme
03:03qui ne viendra jamais dire que j'ai été violent avec elle.
03:05Même du harcèlement moral, elle, elle raconte, à l'époque il n'y avait pas votre nom à Mediapart et
03:10au Poulpe,
03:11qu'un homme avec lequel elle entretenait une relation a fait changer les serrures d'un logement
03:15auquel elle avait accès sans la prévenir.
03:17Pas de message, pas d'appel, pas d'explication, juste le silence.
03:20Elle ajoute, on fait ça aux squatteurs, aux gens à qui on veut faire peur,
03:23aux personnes qu'on veut humilier, pas à quelqu'un qu'on a aimé.
03:26Et puis quelques semaines après cet événement, vous l'auriez, selon elle, licencié.
03:30Ce n'est pas de la violence physique ça, ça peut être de la violence morale.
03:36Écoutez, je n'ai jamais partagé de domicile avec elle.
03:38Cette personne, elle est paxée, elle est en couple avec un autre homme.
03:41Mon domicile, c'est mon domicile.
03:43Elle n'a jamais habité dans ce domicile, ce n'est pas chez elle.
03:48Par ailleurs, je n'ai pas changé mes serrures de mon domicile à l'époque des faits.
03:52Je les ai changé seulement mes serrures il y a 15 jours,
03:54puisque mon domicile a été cambriolé.
03:56Donc je n'ai pas eu d'aucune manière, je n'ai d'aucune manière changé mes serrures.
04:01Donc je ne sais pas à quoi se réfère ce message.
04:03Il ne se réfère pas en tout cas à ma situation.
04:05Donc vous, vous vous dites ce matin, en gros, c'est une affaire qui aurait dû rester privée.
04:09Elle se venge, sauf que les instances du Parti Socialiste lui accordent beaucoup trop de place.
04:14des instances, je le précise, indépendantes.
04:17Alors ce n'est pas des instances indépendantes,
04:19puisqu'elle a saisi une commission qui ne s'est pas réunie,
04:22qui ne l'a pas auditionnée,
04:23tout simplement parce qu'elle ne s'est pas présentée aux convocations qu'ils lui ont adressées.
04:27Ensuite, le bureau national n'est pas indépendant.
04:30Il y a une réunion qui a duré une demi-heure.
04:31On a dit que Brun est accusé d'avoir tout un tas de choses, violenté, harcelé.
04:37On a même parlé de violences sexuelles.
04:39Ça veut dire quoi ? De viol ? J'aurais violé cette personne ?
04:41Et puis ensuite, on a dit qu'il y a un emploi familial.
04:44Et donc, on ne peut pas vous présenter les preuves.
04:45Mais c'est très, très, très grave.
04:46Il faut voter sa suspension.
04:48Tout le monde était ahuri.
04:49Et donc, évidemment, il ne s'est trouvé personne pour me défendre,
04:51puisqu'il n'y avait aucune manière de se défendre,
04:53parce que je ne sais même pas de quoi je suis accusé.
04:56Et on n'a, à ce stade, aucun contradictoire,
04:59aucune enquête sérieuse.
05:01En quoi le Parti Socialiste peut se substituer aujourd'hui à la justice ?
05:03Justice qui, à ma connaissance, n'est toujours pas saisie.
05:06Et pardon, mais cette affaire, on en parle depuis une semaine,
05:09il n'y a pas un parquet de France qui dit qu'une plainte a été déposée.
05:11Mais pourquoi le PS aurait voulu vous éliminer ?
05:12Parce que dans votre première prise de parole,
05:14vous dites, en gros, c'est un complot, je gênais,
05:16c'est un complot politique.
05:17Sans vous faire offense,
05:19c'est très bien que vous participiez à la primaire,
05:22un complot politique,
05:23ce n'est pas un peu démesuré par rapport au rôle politique ?
05:27Vous jouez au PS ?
05:28Écoutez, je ne sais pas dire que c'est un complot politique.
05:29Ça ressemble à ça.
05:30Vous dites, on veut m'accuser pour des raisons politiques.
05:31Écoutez, expliquez-moi.
05:33Vous avez quelqu'un.
05:33Expliquez-moi un candidat.
05:34J'ai tous mes parrainages pour être candidat à la primaire.
05:37D'accord ?
05:37Il se trouve qu'ils ont cette information depuis le mois de juillet.
05:40Et ils ne font absolument rien pour que cette affaire soit traitée en interne du parti.
05:44Ils ne font pas d'article 40, pardon,
05:46mais si vous avez connaissance d'article 40,
05:47donc c'est saisir le procureur de la République ?
05:49Quand vous avez une photo, pardon,
05:51vous êtes Olivier Faure-Lavet,
05:53Johanna Roland-Lavet,
05:54quand vous êtes détenteur de cette autorité publique,
05:55vous êtes maire, vous êtes député,
05:57vous avez une photo d'une femme violentée,
05:58vous ne la transmettez pas à la justice,
06:00c'est votre devoir d'élu républicain de le faire.
06:01Ils n'ont rien transmis à la justice.
06:03D'accord ?
06:03Ils ont laissé ça tranquillement dans un dossier.
06:05J'imagine que depuis le mercredi dernier,
06:07vous y pensez et repensez votre analyse du fond.
06:11Là, vous posez des questions.
06:12À votre avis, pourquoi ?
06:13La réponse à cette question-là, c'est pourquoi ?
06:15Le parti que vous connaissez si bien,
06:17vous, le député de la quatrième circonscription de l'heure,
06:19pourquoi, selon vous, on voudrait vous éliminer ?
06:21Écoutez, moi je n'ai rien,
06:23je ne comprends même pas l'esprit de ces magouilleurs du Parti Socialiste.
06:25Je n'ai rien à voir avec eux,
06:27avec ces apparatchiks, ces professionnels de la politique
06:29qui ont tué le parti de Jean Jaurès.
06:30Donc moi, je les laisse à leur médiocrité.
06:32Je ne sais pas ce qui les a amenés à vouloir me tuer.
06:34Et ce que je constate seulement, c'est que je dérange beaucoup.
06:36Parce que moi, je n'ai pas le même discours déconnecté,
06:38que ces professionnels de la politique
06:39qui ont toujours été salariés du parti
06:40avant de devenir eux-mêmes des élus.
06:41Et vous les avez appelés depuis mercredi dernier ?
06:43Non, mais eux-mêmes ne m'ont pas appelé.
06:44Vous vous rendez compte quand même ?
06:45J'ai même pas eu un appel de Joana Roland ou d'Olivier Fort
06:47une demi-heure avant mon exécution.
06:49Ils ne m'ont pas prévenu.
06:50C'est-à-dire que je me suis connecté à la réunion,
06:51comme tous les membres du bureau national,
06:52qui était une réunion de routine.
06:53On validait des candidatures dont on savait qu'elles étaient validées.
06:55Eh bien, on m'a exécuté sans même me prévenir.
06:58Donc ces gens-là, je veux dire, je n'ai rien à voir avec eux.
07:01Même moralement, je n'ai rien à voir avec eux.
07:03Ils se sont déshonorés moralement.
07:05Et moi, ce que je souhaite, c'est que la justice,
07:06aujourd'hui, rétablisse mon honneur.
07:08Imaginez Marc-Olivier Fogiel.
07:09Mon nom est associé au mot violence.
07:11Moi, je pense à mes parents.
07:13Je pense à mon frère, à ma sœur qui nous écoute ce matin.
07:15Je pense à tous les gens qui voient le nom brun,
07:17aujourd'hui, diffamé comme cela.
07:18Alors que je n'ai jamais été violent avec personne.
07:20Que cette femme, je ne l'ai jamais violentée.
07:21Et je tiens à le dire ici, vraiment, formellement.
07:24Jamais, je n'ai jamais violenté cette femme.
07:27Si une plainte est réellement déposée,
07:29vous êtes l'esprit tranquille pour aller vous justifier auprès de la justice.
07:32J'ai l'esprit tranquille.
07:34Et moi, je souhaite qu'elle dépose plainte.
07:36Parce qu'à un moment, ça suffit, la calomnie.
07:37Et moi, je souhaite que nous soyons confrontés.
07:39Et moi, j'ai beaucoup de preuves à ma disposition.
07:41Quel type de preuves ?
07:42J'ai des preuves à ma disposition.
07:43Non, mais quel type de preuves ?
07:44Les SME, j'imagine ?
07:45J'ai plein de choses, évidemment, à ma disposition,
07:48qui prouvent mon innocence.
07:49Parce que peut-être aussi que si le PS a aussi vite emboîté le pas à la plaignante,
07:55c'est parce qu'en 2024, une autre de vos anciennes collaboratrices
07:57avait saisi le conseil de prud'homme.
07:59Elle vous reprochait notamment de harcèlement moral et un licenciement abusif.
08:04Non, mais c'est un contexte, vous comprenez bien.
08:05Forcément, est-ce que votre personnalité posait problème au PS ?
08:10Il y a eu en 2024 cette ancienne collaboratrice.
08:13Celle-là qui viendrait en dernière minute.
08:15D'abord, c'est faux.
08:16Il n'y avait pas de harcèlement moral.
08:17C'était une constitution de licenciement abusif.
08:19J'avais licencié une collaboratrice pour insuffisance professionnelle
08:24et elle avait saisi le conseil de prud'homme, ce qui est son droit.
08:26Je me rappelle que c'était une membre de LFI.
08:27J'avais une assistante qui était membre de LFI.
08:29Et quand le app-corps NUPES a été rompu,
08:32il y a eu effectivement ce désaccord et je l'ai licencié.
08:35Ensuite, on s'est mis d'accord devant le bureau de conciliation.
08:37Il n'y avait pas de harcèlement.
08:39Il n'y a jamais eu d'accusation de sa part de harcèlement.
08:41D'ailleurs, moi je tiens des pieds du dossier,
08:43je n'ai jamais harcelé personne.
08:45Vous avez l'esprit tranquille.
08:46Tout à fait tranquille.
08:47Là, à 9h30, pour conclure, il y a ce référé,
08:50donc en justice, en espérant réintégrer la primaire
08:53dès aujourd'hui pour pouvoir débattre demain.
08:55Dans le contexte que vous décrivez,
08:57en parlant comme ça d'Olivier Faure,
08:59de tous ces gens du PS, Carole Delga,
09:03est-ce que vous pensez réellement pouvoir,
09:05si vous êtes réintégré, faire une campagne ?
09:07Oui, je pense que je pourrais faire campagne,
09:09car mon honneur sera lavé.
09:10Et moi, je me demande aujourd'hui
09:11comment, dans un parti démocratique,
09:12vous pouvez suspendre quelqu'un,
09:14jeter son honneur au chien,
09:16l'empêcher de faire campagne.
09:18Aujourd'hui, je suis député non inscrit.
09:19J'étais vice-président de la Commission des Finances.
09:21Je ne suis même plus vice-président de la Commission des Finances.
09:22On va devoir me faire changer de bureau.
09:24Je vais devoir changer de place dans l'hémicycle.
09:26J'ai été dégradé de tout,
09:28sur la base d'une simple accusation,
09:29à 23h50, la veille de la validation des candidatures.
09:32Alors moi, vous me dites, théorie du complot.
09:33Je ne sais pas si c'est théorie du complot,
09:35mais il y a un moment.
09:36Cette manière de traiter les affaires par l'EPS,
09:38elle discrédite le Parti Socialiste.
09:40Elle discrédite même, pardon,
09:41la parole de la plaignante.
09:43Parce que, imaginons que celle-ci
09:44soit vraiment victime de violence.
09:46Regardez l'égard que lui donne le Parti Socialiste.
09:48En utilisant cette procédure,
09:50elle discrédite la parole de la plaignante.
09:52Et ça, je le regrette.
09:52Si vous n'êtes pas réintégré,
09:54vous soutenez un candidat ?
09:55Écoutez, je ferai savoir ma position,
09:57mais je pense être réintégré.
09:58Et je pense pouvoir prouver...
09:59Si vous n'êtes pas réintégré,
10:00vous soutenez un candidat ?
10:01Écoutez, je ne sais pas ce que je ferai.
10:02Je réfléchirai.
10:03Ce que je constate,
10:03c'est que beaucoup de gens me soutiennent aujourd'hui.
10:04Le président du groupe Socialiste au Sénat,
10:06Patrick Cannaire, que je remercie.
10:07Jérôme Gage, que je remercie,
10:09qui est candidat lui aussi à la primaire.
10:11Et beaucoup de maires socialistes,
10:13d'élus socialistes,
10:13de députés socialistes
10:14qui m'ont donné leur soutien.
10:15Car je crois que quand on est dans le Parti
10:16de Robert Badinter,
10:17on doit être attaché à l'état de droit
10:19et au droit de se défendre.
10:21Merci Philippe Brin d'avoir réservé à RTL
10:22votre première interview.
10:23Merci à vous.
10:239h30 le référé.
10:25Voilà, c'est la décision de justice.
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