00:00Thibaut Prébel, le budget sera présenté à la fin du mois, mais déjà, ça tangue à droite de toute.
00:06C'est un choix ou pas ?
00:07Oui, absolument. Il faut se rappeler que depuis cette sublime dissolution de l'Assemblée par Emmanuel Macron,
00:11la France est rentrée officiellement dans un régime de coalition.
00:13Alors nos voisins italiens, allemands, on a l'habitude, ils le connaissent,
00:16et il faut se faire que dans un régime de coalition, on a tendance à changer de partenaire.
00:20Pourquoi on change de partenaire ? Parce que, en fait, chaque parti a besoin d'être au gouvernement,
00:24montrer que c'est un vrai parti de gouvernement qui ne fait pas critiquer,
00:26mais de temps en temps, il faut quand même pouvoir taper un peu sur le gouvernement pour ne pas être
00:29comptable.
00:29Et donc, il faut varier. La dernière fois, c'est le Parti Socialiste qui a accepté de ne pas censurer
00:35contre une suspension de la réforme des retraites.
00:37Aujourd'hui, les partis de gauche ont besoin de se placer comme des oppositions,
00:40en particulier le Parti Socialiste, qui aimerait bien ne pas disparaître aux prochaines élections présidentielles.
00:44Et donc, le prochain allié restant serait le Rassemblement National.
00:48Et donc, voilà, un budget de rassemblement, oui, mais ça a l'air de ressembler à un Rassemblement National.
00:53C'est une coalition qui est quand même très bizarre. Qui gagne quoi dans cette affaire ?
00:57Alors, il faut d'abord, pour voir un peu comment ce budget est fait et qui veut appâter, regarder les
01:00mesures.
01:01On peut déjà se demander s'il n'aurait pas fallu tout simplement faire un gel du budget,
01:05parce qu'à force de gratter sur tout et tout le monde, on va fâcher un peu tout le monde,
01:08tout en ayant ciblé théoriquement personne.
01:10Alors, dans les petites lignes, évidemment, des niches fiscales qui sont un peu rabotées,
01:14donc un taux de prélèvement qui va encore augmenter, on n'est pas très surpris.
01:17Dans le même temps, des baisses de dépenses qui sont ciblées à gauche et à droite.
01:20Et puis, la part du lion, un, en termes, alors, la baisse de dépenses serait un peu forte,
01:24on va dire moindre augmentation des dépenses.
01:26On a un travail sur les retraités.
01:28Il est évoqué, soit ce fameux abattement pour frais professionnels des retraités,
01:33qui fait toujours sourire, soit une désindexation partielle,
01:35et le gel du point d'indice.
01:36Ça, c'est ce qui rapporte ou évite de payer beaucoup d'argent.
01:39Et enfin, c'est clin d'œil au RN, des abattements qui seraient gelés,
01:43ou des aides qui seraient repoussées,
01:46ou en tout cas des préférences faites sur les droits des immigrés.
01:48Donc, on a un vrai travail de rabot des droits des immigrés
01:50pour faire ce clin d'œil un peu grossier au Rassemblement national.
01:53Et enfin, l'idée de demander à l'Europe une contribution plus faible de l'Union européenne.
01:57Alors, qui gagne ?
01:58Pas tout le monde, facialement.
02:00Et à mon sens, c'est peut-être le RN qui va le plus s'y perdre.
02:02Pour la France, ça serait bien d'avoir un budget, on serait content.
02:04Pour Sébastien Lecornu, cette image de Merkel,
02:07qui est capable de faire des coalitions.
02:09Pour la gauche, un rôle d'opposition.
02:10Attention, pour le Rassemblement national,
02:12la critique dit qu'ils veulent faire des mesurettes,
02:15annoncent des centaines de milliards d'économies
02:16sur des trucs qui ne rapporteront rien.
02:17Il est possible qu'en mettant en place ces mesures,
02:19on se rende compte qu'elles ne rapportent absolument rien
02:21et que ça décrédibilise leur budget.
02:23Et donc, la réalité, c'est qu'ils sont sur une pente glissante.
02:25Ils se donnent l'idée qu'on infuse leurs idées dans le débat public,
02:28mais avec, à mon sens, un prix qui peut être important.
02:30Yadil, là, c'est joué ou pas ?
02:32Non, c'est pas joué parce qu'en fait, le plus dur,
02:34ça va être ce sujet des retraites.
02:35Le Parlement est habile, il dit, laissons ça.
02:37Enfin, le gouvernement dit, laissons ça au Parlement.
02:38Ce sera à eux de voir.
02:40Et donc, il va falloir accepter ce qui est très politiquement coûteux
02:42de taper un peu sur la retraite.
02:44Le gel d'un ziz, malheureusement, on y est habitué.
02:46On est dans cette schizophrénie française
02:47où le lundi, on pleure sur les classements PISA
02:49et le mardi, on dit, si on sous-payait les profs.
02:51C'est triste, mais c'est comme ça.
02:52Une grande opposition, ça va être un budget difficile.
02:55Ce qui est sûr, en tout cas,
02:56c'est que l'objectif final du gouvernement Lecornu,
02:58le dernier des gouvernements d'Emmanuel Macron,
03:00sera sans doute de prendre sa retraite
03:02en ayant commencé la réforme de ces dernières.
03:04Merci, Thibaut Prébet.
03:05Merci, Thibaut Prébet.
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