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00:00...
00:17Bonsoir à toutes et à tous, ravie de vous retrouver sur Média TV
00:20pour votre rendez-vous d'informations.
00:21Voici les titres de votre journal.
00:25Nouvelle montée de tensions au Moyen-Orient.
00:27L'Arabie saoudite affirme avoir intercepté un missile tiré par les Houthis en direction de Riyad.
00:33Washington redoute désormais une escalade rapide des hostilités.
00:40À trois jours des législatives, les femmes gagnent du terrain.
00:44Dans plusieurs circonscriptions, elles conduisent directement des listes partisanes.
00:49Une présence qui dépasse la seule logique des quotas.
00:54Et puis, Flamengo, Swing, Boogie Wiggy, Afrobeat et musique cubaine ont rythmé samedi soir les différentes scènes du palais Moulai
01:02Hafeid,
01:03où le festival Tanjaz a débuté hier.
01:05Une soirée aux sonorités multiples à découvrir en fin de journal.
01:13En Arabie saoudite, samedi soir, un missile tiré par les Houthis en direction de Riyad a été intercepté.
01:19De fortes explosions ont retentit dans la capitale après des messages d'alerte envoyés aux habitants par les autorités.
01:25Les Houthis ont également tenté de cibler plusieurs villes de l'ouest du royaume,
01:29notamment le port de Yambou sur la mer Rouge, une zone d'exportation pétrolière saoudienne.
01:35La coalition dirigée par Riyad affirme que ces attaques contre des civils et des biens civils ont été déjouées.
01:46Et ce dimanche, les États-Unis mettent en garde contre une possible escalade rapide des hostilités au Moyen-Orient.
01:53Après les attaques des Houthis contre l'Arabie saoudite,
01:56Donald Trump, qui devait passer tout le week-end dans la résidence présidentielle de Camp David dans le Maryland,
02:02est rentré à Washington samedi soir.
02:05La Maison-Blanche n'a donné aucune explication à ce retour anticipé.
02:09Il intervient alors que Riyad a été visé pour la première fois depuis la reprise des hostilités avec les Houthis.
02:18Et ce dimanche, l'Iran affirme avoir transmis aux États-Unis ses conditions pour ouvrir le détroit d'Hormuz.
02:24Selon le négociateur en chef iranien, tant que ces conditions ne seront pas remplies
02:29et que les engagements américains ne seront pas respectés,
02:32il sera impossible de revenir à la situation antérieure et rouvrir le détroit.
02:38Téhéran affirme avoir transmis ses demandes à Washington par l'intermédiaire de médiateurs.
02:45Allez, on ouvre maintenant notre page consacrée aux élections législatives du 23 septembre.
02:50C'est dans trois jours.
02:52La campagne entre donc dans sa dernière ligne droite.
03:02À trois jours des élections législatives,
03:05de plus en plus de femmes conduisent des listes partisanes locales dans la région de Casablanca-Cétate.
03:10À Casablanca, enfin, elles sont six à être à la tête des 20 listes en compétition.
03:17Une présence qui montre leur progression dans la compétition électorale directe,
03:20au-delà des mécanismes de quota.
03:23Papa Al-Youn Sarr pour le récit.
03:27Les élections législatives du 23 septembre se conjuguent aussi aux féminins.
03:32Au-delà des mécanismes habituels de quota,
03:34plusieurs femmes s'imposent cette année directement en tête des listes partisanes
03:38dans plusieurs circonscriptions locales.
03:40C'est la circonscription de Casablanca-Anfa qui se distingue particulièrement avec six femmes
03:45d'être des listes sur les 20 candidatures en lise.
03:48Mais cette avancée nécessite une lecture prudente.
03:53Une femme placée en tête d'une liste locale n'est pas seulement bénéficiaire d'un quota.
03:58Elle entre directement dans la compétition électorale.
04:01Cependant, la prudence reste de mise parce qu'à l'échelle nationale,
04:05seulement 121 des 1515 listes locales sont conduites par une femme, soit environ 7,5%.
04:16Pour lui, l'implantation de ces candidats dans ces zones urbaines,
04:20clés comme Anfa ou El Jadida, révèle une vraie maturité politique.
04:24Ces femmes s'appuient sur un parcours déjà consolidé.
04:30Il faut observer lesquelles sont investies, avec quelles ressources politiques.
04:34Les femmes qui s'investissent disposent souvent des gens d'une expérience parlementaire ou locale,
04:40d'une notoriété professionnelle ou médiatique.
04:42La question n'est donc pas celle de la compétence des femmes,
04:45mais celle des conditions dans lesquelles cette compétence est reconnue par les formations politiques
04:50et transformée en investiture.
04:53Mais un décalage persiste.
04:55Les femmes représentent 46% du corps électoral marocain
04:59et leur place dans l'éducation, l'activité économique, les professions et la vie sociale
05:03a profondément évolué.
05:05L'enjeu est désormais de savoir si l'offre politique reflète suffisamment la société telle qu'elle est devenue.
05:13Les mécanismes instaurés ont permis de garantir un plancher de présence féminine,
05:18mais l'enjeu est désormais de rompre avec une sous-représentation historique.
05:22Le défi n'est donc plus seulement lié à l'entrée dans la compétition,
05:26mais au passage d'une parité de présence à une parité d'éligibilité.
05:30Le temps est donc donné avec l'objectif de faire de la candidature féminine
05:34une vraie composante du paysage électoral marocain.
05:44La rentrée scolaire est déjà bien entamée, mais dans plusieurs librairies,
05:49certains manuels se font toujours attendre.
05:52La pénurie touche notamment des ouvrages dessinés au collège, au lycée et aux écoles pionnières.
05:58Reportage de Marwan Hamidi avec un récit de Younes Benzineb.
06:05Dans certaines librairies, la rentrée ressemble encore à une course contre la montre.
06:10Parents et élèves cherchent leur manuel, mais certains ouvrages restent introuvables.
06:13Pour les libraires, la pression est d'autant plus forte qu'ils accueillent entre 100 et 150 clients par jour
06:18avec des stocks limités pour certains titres.
06:20Une situation qui complique l'acquisition des livres scolaires
06:23et place les professionnels en première ligne face aux familles.
06:31Quand je ne trouve pas un livre dans les librairies,
06:34je suis obligé de mettre mon travail entre parenthèses
06:36et de chercher dans plusieurs quartiers, parfois même dans différentes zones.
06:40Ça me prend beaucoup de temps et ce n'est pas toujours facile de trouver ce qu'on cherche.
06:44Avec cette pénurie, il devient vraiment difficile de faire face aux besoins des enfants.
06:50Une difficulté qui concerne plusieurs régions du royaume,
06:54la Ligue des libraires cite notamment Ouarzazate et Rachidiatine Rirwajda et Taurirt,
06:58où la pénurie serait particulièrement aiguë.
07:01A Rabassale et aussi certains libraires se rendent quotidiennement à Casablanca
07:04pour tenter de trouver les ouvrages manquants.
07:07Selon les professionnels, les commandes ont pourtant été répétées auprès des distributeurs
07:11sans permettre de répondre à la demande.
07:19Cela fait maintenant plus de deux semaines que la rentrée a commencé et la pénurie continue.
07:23Plusieurs manuels scolaires sont toujours difficiles à trouver dans les librairies,
07:27notamment ceux destinés aux écoles pionnières.
07:31C'est particulièrement le cas des livres de mathématiques, d'arabes et de français.
07:38Pour certains titres, la rupture est même devenue nationale.
07:49Cette pénurie s'explique par plusieurs facteurs.
07:52Il y a d'abord des ruptures de stock chez les maisons d'édition
07:54alors que la demande est très forte et que l'offre a baissé.
08:00Les éditeurs n'avaient pas toujours suffisamment anticipé les besoins.
08:04C'est particulièrement visible au niveau du primaire dans les écoles pionnières
08:08où la demande a été importante.
08:13La Ligue des libraires du Maroc dénonce ainsi des perturbations
08:17qui pénalisent à la fois les familles et les professionnels.
08:19Elle affirme que les libraires se retrouvent confrontés aux clients
08:22alors qu'ils ne seraient pas responsables de ces ruptures.
08:24L'organisation demande une intervention urgente pour identifier les causes de la pénurie
08:29et assurer une distribution régulière et équitable des manuels.
08:34Et dans la bande de Gaza, cette rentrée des classes se déroule dans des conditions particulièrement difficiles.
08:41À Nusayrat, des centaines d'élèves ont repris le chemin de l'école
08:45malgré des bâtiments en ruine et un important manque de matériel pédagogique.
08:49Un récit de papa Al-Younsar.
08:53Au cœur de la bande de Gaza, la rentrée des classes n'a plus rien d'ordinaire.
08:58Après des années de guerre, des centaines d'enfants ont repris le chemin de l'école.
09:02L'enthousiasme des apprenants bute sur la dure réalité.
09:08Je suis venue chercher un environnement scolaire normal autant que possible,
09:12avec un rassemblement matinal et un accueil chaleureux de la part de l'administration.
09:17Mon enfant est content. Il attendait depuis l'eau pour aller à l'école.
09:21J'ai aussi une fille en quatrième année qui a passé trois ans de guerre à souhaiter pouvoir visiter une
09:26école.
09:28C'est parce qu'étudier dans la bande de Gaza reste un immense défi.
09:33Dans des bâtiments endommagés, le matériel de base manque cruellement.
09:37Faute de bureaux, de nombreux élèves doivent s'asseoir sur des couvertures posées au sol.
09:44Aujourd'hui, nous accueillons plus de 280 000 élèves dans nos écoles et tentes éducatives.
09:49Il y a trois ans, l'UNROA disposait de 182 écoles entièrement équipées.
09:55Cependant, nous en avons malheureusement perdu plus de 95 %
09:58et celles qui restent sont occupées par des personnes déplacées.
10:03Malgré les ruines et la précarité des infrastructures scolaires,
10:07cette rentrée offre à ces centaines d'élèves l'espoir d'un quotidien paisible
10:12et d'un avenir meilleur dans un environnement qui peine à penser les blessures de la guerre.
10:19Et en Somalie, l'accès à l'école reste aussi difficile pour de nombreuses jeunes filles.
10:25Mais grâce à un programme soutenu par le Partenariat mondial pour l'éducation,
10:29plus de 15 700 d'entre elles ont pu reprendre le chemin des classes.
10:33Donia Baruri pour le récit.
10:36En Somalie, aller à l'école reste un défi pour de nombreuses jeunes filles.
10:41Dans un pays qui connaît l'un des contextes éducatifs les plus difficiles au monde,
10:46à peine 40,4 % des enfants sont scolarisés.
10:50Et lorsque les ressources manquent en période de crise,
10:54les filles sont souvent les premières à être privées d'éducation.
10:57Jusque-là déscolarisées, plus de 15 700 somaliennes ont pu reprendre le chemin de l'école
11:03grâce à un programme financé par le Partenariat mondial pour l'éducation, le PME,
11:09et mis en œuvre par les autorités éducatives somaliennes avec l'organisation CARE Somalia.
11:16Bourse scolaire, financement des établissements et mobilisation des communautés,
11:21le programme répond aux principaux défis de scolarisation des filles.
11:25Il prévoit également la construction de 15 nouvelles écoles.
11:29Elles ouvriront leurs portes au début de cette nouvelle année scolaire.
11:35Le gouvernement et la société somalienne dans son ensemble accordent une priorité particulière
11:39à la scolarisation des filles, en effet dans la culture somalienne
11:43et dans les cultures du monde entier d'ailleurs,
11:45ainsi que dans l'islam et la société en général.
11:48Le principe est que lorsqu'une fille est éduquée, toute la communauté l'est.
11:52Et par conséquent, sa famille aussi.
11:54Parmi les bénéficiaires, Leïla, 12 ans.
11:57Sa famille a dû fuir son village pastoral de Canole
12:01après plusieurs années de sécheresse qui ont décimé leur bétail.
12:05Réfugiée à Kizmaïo, la famille de Leïla ne pouvait pas financer sa scolarité.
12:10Grâce à une bourse attribuée par le PME,
12:13elle a aujourd'hui trouvé le chemin de l'école.
12:17Certaines filles ont vu leur scolarité interrompue par des épreuves,
12:21ont été mariées avant l'âge approprié,
12:23ont dû faire face à d'autres circonstances familiales.
12:26Ce soutien a permis de les ramener vers l'éducation
12:28dont l'ensemble les filles figurent parmi les groupes
12:31ayant le plus largement bénéficié du programme du PME.
12:35Depuis 2012, le pays a reçu près de 260 millions de dollars de subventions
12:41pour renforcer son système éducatif et élargir l'accès à une éducation de qualité.
12:48Et au Nigeria, le gouvernement a mis en place une commission indépendante
12:53pour enquêter sur la mort de 37 personnes
12:55soupçonnées d'exploitation minière illégale.
12:58Les victimes faisaient partie de dizaines de personnes interpellées
13:01les 15 et 16 septembre derniers lors des opérations
13:05contre des sites miniers exploités illégalement
13:08avant d'être placés en détention.
13:10La commission dispose de deux semaines pour mener son enquête
13:13et remettre son rapport.
13:1520 agents du corps de sécurité et de défense civile
13:19impliqués dans les arrestations et la détention ont été suspendus
13:23ainsi que leurs responsables.
13:25Les causes exactes des décès n'ont toujours pas été établies.
13:32Au Nigeria, l'entrée en bourse de la méga raffinerie d'Angot
13:36continue de susciter un fort intérêt.
13:40Investisseurs, entrepreneurs, mais aussi de nombreux Nigérians
13:44cherchent à comprendre ce que cette opération pourrait représenter
13:47pour l'économie du pays.
13:48La raffinerie est la plus grande du continent africain.
13:51Reportage de Gilbert Tamba à Boudja.
13:56Pour dénombrer Nigérians, la raffinerie d'Angoti est devenue le symbole
14:00de l'ambition du pays de transformer son industrie pétrolière.
14:04Aujourd'hui, avec son introduction en bourse,
14:07l'attention se porte désormais sur la possibilité pour les Nigérians
14:10et les investisseurs de prendre part à la propriété de cette entreprise.
14:16Son introduction en bourse ajoute désormais une nouvelle dimension,
14:20celle de l'investissement, de l'actionnariat
14:22et de la création potentielle de valeurs pour les investisseurs.
14:28C'est la première fois que je vois une initiative de ce genre
14:30portée par un Nigérian qui veut vraiment aider.
14:33Il a fait des efforts et je pense que c'est une mesure
14:35qui peut contribuer à réduire la pauvreté dans le pays.
14:40Il faut dire que le pays traverse actuellement de nombreuses difficultés.
14:47Tout est une question de priorité.
14:49Certaines personnes sont plus au fait de ces sujets que d'autres,
14:52même si certains n'y accordent peut-être pas beaucoup d'importance.
14:56Je pense que c'est une très bonne chose.
15:02Depuis son lancement, elle nourrit de nombreux espoirs
15:05concernant l'approvisionnement local en carburant,
15:08la réduction des importations, les réserves d'échange
15:11et plus largement le développement de la chaîne de valeurs pétrolières.
15:15Pour certains Nigérians, l'enthousiasme s'accompagne toutefois
15:19de nombreuses interrogations.
15:21Quel est le prix de l'offre ?
15:23Qui peut y participer ?
15:24Quels sont les risques ?
15:25Et quel rendement peut-on raisonnablement espérer ?
15:33Investir en bourse, ce n'est pas simplement acheter des actions
15:36et les laisser dormir ?
15:39Il faut suivre leur évolution et savoir quand acheter ou vendre.
15:45Il faut donc bien comprendre le fonctionnement des actions et du marché.
15:54Plus de 40 canaux officiellement agréés,
15:57notamment les banques commerciales,
15:59les applications de vintage,
16:01les opérateurs de téléphonie mobile
16:02pour acheter des actions de l'introduction en bourse
16:05de la raffinerie d'Angoté.
16:07Pour les consommateurs, la principale question est peut-être de savoir
16:11ce que cette évolution changera sur le prix
16:14et la disponibilité des produits pétroliers sur le marché.
16:22A sa mise en service, cette raffinerie devait permettre
16:25de faire baisser le prix du carburant,
16:27mais pour l'instant, c'est l'inverse.
16:32Les prix continuent d'augmenter.
16:36Les nigérians ne voient donc pas encore les effets attendus.
16:42Pour d'autres, elles soulèvent des questions
16:45sur l'accessibilité de l'investissement,
16:47la transparence, les performances de l'entreprise
16:50et surtout sur la manière dont les bénéfices de la raffinerie
16:54pourraient être ressentis par l'ensemble de la population.
16:58De la salle des marchés aux stations-service,
17:01les nigérians suivront attentivement
17:03cette nouvelle étape de l'histoire de la raffinerie d'Angoté.
17:09Et à Tanger, le festival Tanjaz a fait briller,
17:13a fait vibrer samedi soir les différentes scènes du palais Moulaï Hafeïd.
17:17Entre flamenco, swing, boogie-woogie, afrobeat et musique cubaine,
17:22de swing shooters ont donné le ton avec un swing vif
17:25directement inspiré des grands orchestres des années 30 et 40.
17:30La pianiste suisse Lady Va a ensuite fait résonner son boogie-woogie
17:34avant de laisser place à une autre ambiance sur la scène jardin.
17:39La Diego El Sigala, grande voix du flamengo contemporain,
17:43a revisité son univers à l'occasion des 20 ans de Lagrimas Negras.
17:47L'album de référence s'enregistrait avec le pianiste cubain Bebo Valdez.
17:52Le public a ensuite retrouvé Buena Vista All Stars,
17:55réunissant plusieurs figures historiques du Buena Vista Social Club.
18:01Une plongée dans les sonorités du son cubain
18:03et dans l'âge d'or musical de la Havane.
18:06Une soirée aux influences multiples, à l'image de Tanjaz,
18:10qui continue de faire dialoguer les cultures, mais aussi les générations.
18:19Place maintenant à l'invité de la rédaction.
18:31Le Maroc s'apprête à franchir une nouvelle étape
18:34dans son intégration aux marchés financiers internationaux.
18:37JP Morgan doit lancer d'ici la fin septembre son nouvel indice GBI-EM,
18:42EDGE consacré aux obligations souveraines en monnaie locale des marchés frontières.
18:47Un indice qui suivra quelques 330 milliards de dollars de dettes,
18:50répartis entre 26 économies avec une pondération plafonnée à 8% par pays.
18:55Et le Maroc figurera justement parmi les marchés bénéficiant de cette pondération maximale de 8%
19:02aux côtés notamment de l'Egypte, du Vietnam, du Kazakhstan, du Nigeria ou encore du Pakistan.
19:09Pour le Royaume, l'enjeu dépasse donc la simple création d'un nouvel indice.
19:13C'est une nouvelle vitrine pour la dette marocaine libellée en dirhams auprès des grands investisseurs internationaux.
19:21Mais cette visibilité peut-elle réellement se traduire par davantage de capitaux,
19:25une meilleure liquidité et à terme un coût de financement plus favorable pour le Maroc ?
19:31Pour en parler, nous recevons Jamal Elbakouchi,
19:34expert du marché financier et directeur de Moachir.ma.
19:38Bonsoir.
19:40Bonsoir.
19:41Alors, commençons d'abord par le symbole.
19:44Que signifie concrètement pour le Maroc d'obtenir la pondération maximale de 8%
19:50dans ce nouvel indice de JP Morgan ?
19:52Si vous deviez expliquer ça à des personnes qui ne comprennent pas aussi bien que vous
19:57toutes ces subtilités, comment vous pourriez l'expliquer ?
20:02C'est simple, il faut dire que pour tout investisseur dans le monde,
20:07donc tout investisseur est tenu par des objectifs en termes de performance.
20:14Et si cet investisseur adopte un indice quelque part,
20:19il est plus ou moins obligé de réaliser la même performance de cet indice comparable.
20:27Donc, pour atteindre cet objectif et réaliser la même performance de cet indice,
20:34il est obligé de connaître la composition de cet indice.
20:37dans le cas du Global Bank Index Edge de JP Morgan, le nouveau indice.
20:45Donc, il est composé de 26 pays, dont le Maroc.
20:50Et le Maroc, il est pondéré, la République marocaine est pondérée à 8% de cet indice.
20:56Donc, normalement, un investisseur qui souhaite répliquer ou réaliser la même performance
21:04de l'indice de JP Morgan, le nouvel indice,
21:09il doit plus ou moins être proche de 8% dans ses investissements,
21:13dans la composition de son portefeuille de 8% de la dette,
21:19déteniré, 8% de la dette marocaine.
21:22D'accord.
21:23Maintenant, c'est un peu spécifique, c'est que c'est une double exposition.
21:29C'est une exposition à la dette marocaine en termes de rendement et en termes de monnaie.
21:34C'est la nouveauté, plus ou moins.
21:36Et pourquoi est-ce que le Maroc se retrouve justement
21:38parmi les principales composantes de ce nouvel indice ?
21:44Tout à fait.
21:45Oui, comme les chiffres que nous avons jusqu'à maintenant,
21:49qui sont, bon, en attendant la validation et la confirmation.
21:54Donc, le Maroc, il est pondéré jusqu'à 8% dans la composition de l'indice JBI Edge.
22:02Et comme on a dit, il figure parmi 26 pays, 26 économies, frontières, frontières émergentes.
22:10Et parmi ces 26 pays, il n'y en a que 6 qui détiennent, qui sont pondérés jusqu'à 8%.
22:17On retrouve, par exemple, l'Égypte, des économies frontières, mais qui sont solides.
22:27On est devant, par exemple, le Nigeria, qui pondère à 7,6.
22:31On est devant pas mal d'autres économies.
22:33Donc, la pondération du Maroc reste parmi les meilleures.
22:38Il n'y en a que 6 qui détiennent, 8%.
22:40Et ces 6 pays économiques dominent 48% de l'indice.
22:49Puis, ceci a été, donc, c'est un résultat, il faut dire, c'est normal,
22:55c'est compte tenu de l'économie, des réalisations de l'économie marocaine.
23:01Mais aussi, il y avait des critères sur la base.
23:05J.P. Morgan se sont basés pour donner cette pondération,
23:11à savoir la profondeur du marché, le marché de la dette,
23:14le marché obligataire marocain, avoir un marché primaire qui est structuré,
23:20avoir des opérateurs solides, voilà.
23:27Donc, c'était aussi en réponse à pas mal de critères de sélection.
23:31Et est-ce que, selon vous, ça peut vraiment, réellement,
23:34faire venir davantage de capitaux étrangers vers les bons du trésor marocain ?
23:42Cela dépendra, en fait,
23:47ça dépendra des investisseurs,
23:50des quantités des investisseurs qui vont adopter cet indice
23:55comme indice de référence pour la gestion de leurs actifs.
24:01Alors, à titre d'exemple, il y a le J.P.,
24:06un autre indice de J.P. Morgan qui est le J.P. I. Diversified,
24:12qui est réservé aux pays émergents.
24:17Cet indice, plus ou moins,
24:19et les actifs qui ont été indexés sur ce benchmark,
24:26vers, en 2025, c'était aux alentours de 233 milliards de dollars.
24:30Donc, si on est...
24:37Alors, on a un petit souci,
24:38mais notre invité ne va pas tarder à revenir.
24:41C'est un petit problème technique, ça arrive.
24:47Alors, est-ce qu'il revient ?
24:55Alors, je pense qu'on a perdu notre invité.
24:58On va encore lui laisser quelques petites secondes pour revenir.
25:06Alors, il est là.
25:07On me dit qu'il est là.
25:09Donc, il va revenir vers nous
25:10et on va continuer à parler des investissements internationaux.
25:14Ah, ben, vous voilà.
25:15Parfait.
25:16Je vous en prie, poursuivez.
25:18Alors, si, normalement,
25:22il y a l'effet de la taille des investissements
25:28ou des actifs qui vont être indexés
25:31sur le nouvel indice de JP Morgan,
25:34mais aussi, il y a l'objectif de rendement et de performance
25:38que fixera chaque investisseur.
25:42Mais on pense aussi que l'effet Maroc,
25:47l'effet qui aura en plus des objectifs de performance,
25:55il y a aussi un effet de diversification.
25:58Je pense que ça va être en faveur du Maroc
26:02puisque quand même, c'est un marché
26:04qui représente pas mal de fondamentaux solides,
26:07un marché profond de dette publique.
26:10Et puis, un pourcentage ramené au PIB
26:13qui ne dépasse pas 67%
26:15et qui reste très intéressant
26:18pour tout investisseur étranger.
26:22D'ailleurs, selon vous,
26:23est-ce que davantage de demandes
26:25peut, à terme, permettre au Maroc
26:26d'emprunter moins cher ?
26:32Il faut dire que ça dépendra par la suite
26:38de l'attractivité du marché obligataire marocain.
26:45Normalement, on démarre avec des niveaux,
26:47avec des pays voisins et d'autres économies
26:51qui représentent des niveaux de rendement plus intéressants.
26:56Mais des fondamentaux, au niveau fondamentaux,
26:58il faut dire que le Maroc,
27:00il présente des fondamentaux plus solides
27:05et plus intéressants.
27:07Et à terme, normalement,
27:10on devrait plus ou moins avoir un certain équilibre
27:14entre les différentes composantes de cet indice
27:19de sorte à ce que quelques rendements vont baisser
27:24et d'autres vont être élevés.
27:25Et finalement, on retrouvera un équilibre,
27:28certainement en faveur des niveaux de financement
27:32de la dette au Maroc.
27:35C'est-à-dire qu'il y aura des possibilités
27:39de financement plus intéressantes
27:41pour le trésor, pour le gouvernement marocain.
27:46Maintenant, il n'y a pas que l'aspect indice
27:49qui définit ce paramètre.
27:53Ça dépendra aussi, il faut quand même le citer,
27:56ça dépendra aussi des prévisions et des anticipations
27:59des investisseurs en termes d'inflation,
28:02en termes de croissance,
28:05en termes de comportement des finances publiques.
28:07C'est pour ça que...
28:08Et justement...
28:08Oui, allez-y, je vous en prie.
28:11C'est pour ça qu'on insiste un peu
28:14sur l'aspect solidité des fondamentaux
28:17de l'économie marocaine.
28:19Et justement, une arrivée accrue d'investisseurs étrangers
28:22pourrait-elle contribuer à faire baisser
28:24le coût de financement de l'État ?
28:28Et à l'inverse, quel facteur pourrait limiter cet effet ?
28:31On arrive à la fin.
28:33C'est l'entretien, donc assez rapidement.
28:37Quel facteur ?
28:39Normalement, nous sommes devant des perspectives
28:45très favorables de l'économie marocaine.
28:47Donc, on peut espérer que peut-être atteindre
28:50un niveau et un indice émergent.
28:54Mais quand même, il faudra se donner le temps
28:57d'une autocritique pour essayer de voir
29:00surtout les aspects d'accessibilité,
29:06de l'accessibilité des investisseurs
29:08à la dette, puis la liquidité,
29:14l'aspect de liquidité.
29:15Mais je pense qu'actuellement,
29:16on présente des signaux très positifs
29:20et très favorables.
29:22Mais ça n'empêche qu'on devra poursuivre
29:24peut-être notre autocritique, plus ou moins,
29:28essayer de voir les principes de valorisation,
29:31les principes de cotation de notre dette
29:33et essayer de s'ouvrir sur d'autres best practices.
29:37Et l'amélioration, ce sera une meilleure chose
29:41pour éviter ces effets peut-être
29:47qui peuvent être très favorables.
29:49Alors, dernière question très rapidement.
29:52Il nous reste une petite minute.
29:54Selon vous, est-ce que le Maroc doit désormais davantage
29:57se préoccuper de sa place
29:59dans les grands benchmarks internationaux ?
30:07Normalement, cette question,
30:08on est déjà conscients de ça.
30:11Et je pense, en termes,
30:12que ce soit les autorités ou le marché,
30:16parce que déjà, on a une bonne expérience
30:17de sortie à l'international.
30:18on sait bien que notre présence à l'international,
30:22que c'est quoi les réflexes qu'il faut développer.
30:26Donc, au contraire,
30:28on estime que cette consécration
30:31viendra encore plus,
30:33davantage renforcer l'image
30:35des émissions du Maroc à l'étranger
30:38et favorisera sa présence.
30:41Donc, au contraire, ça va en penser.
30:45Merci, merci Jamal El-Bakouchi.
30:48Je rappelle que vous êtes expert
30:49du marché financier
30:50et directeur de Moachir.ma.
30:52Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce soir.
30:55Merci.
30:56Et votre soir-info se poursuit
30:58avec l'invité culture de Meryem Khamlichi
31:01qui reçoit Hajar Murtaji,
31:04docteur en ETHEC
31:06et professeur universitaire.
31:19Mesdames et messieurs, bonsoir
31:20et bienvenue dans l'invité culture.
31:23Dans un monde où l'intelligence artificielle
31:25génère une symphonie en quelques secondes,
31:28copie à la perfection la toile d'un artiste
31:30et réécrit les scénarios du petit et grand écran.
31:34La technologie n'est plus seulement l'outil
31:37qui diffuse la culture,
31:39mais cette main invisible qui la fabrique.
31:42Aujourd'hui, l'intelligence artificielle raconte,
31:45compose et façonne notre imaginaire collectif.
31:49Alors, sommes-nous face à une renaissance créative
31:53où glissons-nous vers une uniformisation
31:56de la pensée façonnée par des algorithmes ?
31:58Dans ce paysage en pleine mutation,
32:00la culture deep tech s'impose
32:02et redéfinie notre rapport au savoir et à la création.
32:05Parallèlement, l'essor de l'aide tech
32:07révolutionne nos manières, on va dire,
32:10d'apprendre et d'enseigner.
32:11De la personnalisation des parcours
32:13par l'intelligence artificielle,
32:15aux nouvelles salles de classe virtuelles,
32:17la technologie réinvente l'école de demain.
32:21Mais face aux résultats du classement PISA
32:23et aux défis éducatifs actuels,
32:26une question essentielle émerge.
32:28Comment ces outils numériques
32:30façonnent-ils l'esprit critique de nos enfants ?
32:34Quelle valeur allons-nous accorder demain
32:37à ce qui est fait par l'homme ?
32:39Cet homme qu'on ne peut plus aujourd'hui
32:41dissocier de la machine.
32:42Et nous allons discuter de ces questions
32:43avec vous, Hajar El Mourtezi.
32:46C'est un plaisir de vous avoir
32:47comme invité ce soir.
32:48Vous êtes docteur en technologie éducative,
32:51en sciences d'apprentissage
32:53et professeur, conférencière, artiste.
32:57Vous avez plusieurs casquettes.
32:58C'est un plaisir de vous avoir avec moi ce soir.
33:01Merci, Valérie.
33:02C'est gentil.
33:02Pour discuter d'un sujet aussi important.
33:05Et justement, quand on parle d'aide tech,
33:07donc de l'éducation par la technologie,
33:10de quoi parle-t-on exactement aujourd'hui ?
33:13C'est une très bonne question, justement,
33:14pour définir.
33:15Quand on définit, on comprend
33:17l'objectif de l'aide tech.
33:19C'est surtout, moi, je dirais,
33:21la technologie au service de l'éducation.
33:24Simplement, l'aide tech, c'est les études
33:25et les pratiques qui se retrouvent
33:27à l'intersection entre les sciences
33:28de l'éducation, la technologie
33:30et ce que l'on comprend des sciences
33:32d'apprentissage.
33:33Et justement, si on devait contextualiser
33:35tout ça au Maroc,
33:37quel état des lieux ?
33:39Oui, l'état des lieux, c'est important
33:41de faire l'état des lieux avant d'en parler,
33:42mais justement, à ma connaissance,
33:45il n'y a pas de cartographie dédiée
33:49au domaine ou à l'écosystème
33:52du aide tech au Maroc.
33:53Mais ce que je peux dire,
33:56d'après ma propre observation,
33:58parce que je travaille dans ce domaine,
34:00et ce que je peux dire,
34:03c'est qu'au Maroc,
34:05on se retrouve devant une fragmentation
34:07dans ce système.
34:08Pourquoi ?
34:09Parce que nous avons plusieurs acteurs
34:11qui travaillent en même temps,
34:12des incubateurs, des start-up,
34:14des plateformes,
34:16des initiatives publiques et privées,
34:18qui travaillent en même temps en parallèle,
34:20mais qui ne communiquent pas,
34:21ce qui impacte le passage à l'échelle
34:25et l'impact justement
34:26et les résultats sur notre société.
34:29Donc une fragmentation aujourd'hui
34:31en termes de politique mise en place
34:32et entreprise, c'est ça ?
34:34En termes de politique,
34:35en termes de communication,
34:36en termes de réponse aux besoins,
34:38parce que quand je dis fragmentation,
34:40prenons l'exemple d'un incubateur,
34:42d'une start-up edtech
34:44et de la réalité du système éducatif marocain,
34:48nous avons des résultats,
34:49nous avons des rapports qui se font,
34:51nous avons des jeunes
34:53qui travaillent sur des start-up edtech
34:56qui ne répondent pas forcément
34:57aux besoins du système éducatif marocain.
35:00– Et quel est le besoin aujourd'hui ?
35:02– Oui, justement, il y a plusieurs besoins.
35:04Nous avons vu les résultats PISA
35:06qui nous donnent des informations
35:07qui ne font pas,
35:09c'est-à-dire la description complète
35:11du contexte marocain,
35:13mais nous avons aussi nos propres rapports,
35:15nous avons des résultats,
35:16nous avons des informations,
35:19mais nous devons justement répondre.
35:21C'est ça, quand vous avez parlé
35:23de définition de l'étech,
35:25qu'est-ce qu'on veut de cette solution ?
35:29Lorsqu'on crée une solution,
35:30il ne suffit pas de numériser l'éducation,
35:32il ne suffit pas de créer une start-up
35:33ou une plateforme numérique,
35:35il faut se poser la question,
35:37je cherche à résoudre
35:38quel problème à travers cette solution ?
35:40Quel est le besoin ?
35:42Quel est l'impact que je veux avoir ?
35:44Est-ce que vraiment l'apprentissage
35:46se passe ou pas ?
35:47– Sachant qu'on ne peut vraiment
35:51contrôler les résultats
35:52que sur une décennie ou plus,
35:55une fois que des politiques sont mises en place.
35:56– Justement, toute réforme en éducation,
36:00on ne voit les résultats que plus tard,
36:02ça prend du temps,
36:03mais dans l'immédiat,
36:05quand je dis apprentissage,
36:06c'est-à-dire je suis en train d'évaluer,
36:08je suis en train de répandre à un besoin
36:10et je peux voir le résultat direct.
36:12Bien sûr, il y a des résultats
36:13sur le long terme et sur le court terme.
36:16Une start-up et tech
36:17qui propose une solution,
36:20elle doit se baser sur un besoin concret
36:23de sa propre solution,
36:24parce que les solutions sont différentes.
36:25il y a des gens qui travaillent sur,
36:28je ne sais pas,
36:29juste un exemple,
36:33appui au cursus scolaire marocain
36:37ou bien d'autres personnes
36:38qui veulent travailler sur la cybersécurité,
36:40d'autres personnes qui veulent enseigner
36:42un software, etc.
36:43Il y a plusieurs solutions,
36:46il y a plusieurs apprentissages,
36:47mais tout dépend du besoin réel que nous avons
36:51et de l'impact qu'on veut créer.
36:53Et justement,
36:53on parlait tout à l'heure des indicateurs mondiaux
36:55comme le classement PISA,
36:57quelles réflexions faut-il mener aujourd'hui ?
37:00Dans ce sens ?
37:02Bon, je n'ai pas envie de dire des bêtises,
37:04je suis une personne qui a des observations
37:09assez particulières sur les résultats PISA,
37:12mais je pense que PISA nous fournit
37:14des informations très importantes,
37:16mais il ne faut pas faire dire PISA
37:18ce qu'il ne dit pas.
37:21PISA nous fournit un classement, bien sûr,
37:24mais je pense que ce classement
37:27et ces informations
37:27devraient être interprétées dans leur contexte.
37:32Ce que PISA ne peut pas nous dire,
37:34c'est nous donner une cartographie
37:37sur la réalité du système éducatif marocain,
37:39ni sur la réalité économique et sociale du Maroc.
37:43Un élève marocain de 15 ans,
37:45quand il est évalué sur un système d'évaluation QCM,
37:50prenons juste l'exemple de la lecture,
37:52n'est pas le cas pour un français
37:54ou pour un anglais.
37:57Même parlant de lecture,
37:59on parle de langue.
38:00Il y a la composante de la langue
38:02qui entre en jeu,
38:04et nous savons que nous lisant à l'école
38:06ou bien au secondaire au Maroc,
38:08un élève de 15 ans,
38:09il lit en arabe standard
38:10qui n'est pas forcément sa langue maternelle.
38:14Donc, le système déjà d'évaluation QCM,
38:17il se base sur le transfert d'idées,
38:19la distinction, la compréhension.
38:22Est-ce que l'élève marocain est préparé déjà ?
38:25Est-ce que le système marocain produit des élèves
38:27qui sont préparés pour passer
38:29ce genre d'évaluation ou ce genre de test ?
38:33Ça, c'est la première question.
38:35La deuxième, est-ce que lire en arabe standard
38:39est la même chose que lire en français
38:41quand on est français
38:42ou lire en anglais quand on est anglais
38:44et monolingue ?
38:46Donc, il y a plusieurs enjeux.
38:48C'est important en tant qu'information,
38:52mais ça ne me donne aucune information
38:57sur l'approche d'apprentissage
39:00que je suis en train d'adopter,
39:01si elle est bonne ou mauvaise.
39:02Et on parle aujourd'hui, justement,
39:04d'évaluation des élèves.
39:06Donc, avec cette abondance, aujourd'hui,
39:08d'outils technologiques
39:09qui sont là pour assister ces élèves,
39:12justement, comment peut-on encore
39:14évaluer les compétences ?
39:17Tu l'as bien dit, évaluer les compétences, justement.
39:19Je devrais évaluer la compétence
39:21et non pas les résultats,
39:22chose qu'on est en train de faire
39:23comme dans le système traditionnel.
39:26Une bonne réponse aujourd'hui
39:28avec l'émergence, je peux dire, de l'IA,
39:35une bonne réponse d'un apprenant ou d'un élève
39:37ne veut pas forcément dire
39:39que cet élève domine la structure,
39:42le système ou le processus
39:43qu'il a emmené vers cette réponse
39:46ou tout ce processus cognitif
39:50derrière la production de cette réponse,
39:52de cette bonne réponse.
39:53Donc, qu'est-ce que je dois évaluer ?
39:55Je dois évaluer le processus.
39:57Je dois évaluer, justement, la compétence
39:59et non pas les résultats.
40:01– Et justement, avec cette culture tech
40:04qui s'impose de plus en plus aujourd'hui,
40:06l'homme, je le disais tout à l'heure en introduction,
40:09semble devenir de plus en plus, on va dire,
40:13la machine devient de plus en plus indispensable
40:15pour l'homme ou de plus en plus dépendant,
40:17en tout cas de la machine.
40:20Est-ce que cette dépendance modifie aujourd'hui
40:22notre façon de penser ?
40:24Et qu'est-ce qu'on peut dire encore
40:26du développement d'esprit critique ?
40:28Est-ce qu'il a encore sa place dans l'éducation actuelle ?
40:32– C'est ce qu'on doit viser,
40:34c'est ce qu'on doit protéger, justement,
40:36parce que quand je dis machine,
40:39ça dépend de ce qu'on veut en faire.
40:41Et les deux sont possibles, d'ailleurs.
40:43Si on veut distinguer entre délégation cognitive
40:48et assistance cognitive,
40:51ce sont deux mondes différents.
40:53L'humain, l'histoire nous a montré
40:56que l'humain a toujours opté pour des outils
40:59qui augmentent ses capacités.
41:01Donc si on veut utiliser la machine
41:03comme assistant cognitive,
41:05ben oui, on peut justement interagir,
41:09on peut justement penser à d'autres compétences
41:12ou créer d'autres compétences
41:13qui vont, on ne va pas les créer,
41:15mais ils vont justement se créer
41:17de la réalité ou la nouvelle réalité.
41:20Par contre, si on délègue
41:22ce processus cognitive à la machine,
41:26si on adopte ce que la machine nous produit
41:30sans qu'on le questionne,
41:32sans qu'on s'approprie ce savoir,
41:35cette connaissance ou cette information,
41:38ben là, justement,
41:39on est en train de tuer la créativité
41:42et l'esprit critique.
41:44J'appellerais ça un suicide cognitif.
41:47Oui, puisque l'intelligence artificielle
41:48se base sur des données qui existent
41:50et qui ont été construites,
41:53en tout cas fabriquées,
41:54mises à disposition par l'homme.
41:56Et du coup, si on ne travaille qu'avec
41:58ces mêmes données,
41:59il y a ce cercle vicieux
42:00où finalement, il n'y a pas de développement,
42:03il n'y a pas de créativité,
42:04il n'y a plus d'originalité
42:05et pire, une uniformisation de la pensée.
42:09OK.
42:10Moi, je nuancerais plutôt cette idée
42:12pour dire que l'IA maintenant
42:13ne produit pas,
42:15ne fait pas du copier-coller.
42:17L'IA maintenant apprend
42:19de bases de données immenses
42:21et produit un nouveau savoir.
42:23Elle se base sur ce qui a été déjà créé.
42:26Elle crée maintenant.
42:27L'IA maintenant crée déjà le savoir.
42:30Elle est en train de le créer.
42:31C'est pour ça qu'on dit
42:32de machine learning.
42:34La machine apprend.
42:36Elle apprend et produit.
42:37D'où ces appels, on va dire,
42:40à l'air.
42:41Au secours.
42:42On tire la sonnette d'alarme.
42:44On se dit,
42:44parce que c'est une réelle opportunité,
42:47mais il y a aussi des risques.
42:48Il faut en parler.
42:49Les risques sont toujours là.
42:50Toujours.
42:51L'humain, par nature,
42:53il résiste, il a peur,
42:55il se pose des questions,
42:55ce qui est bien,
42:56mais je pense que personne
42:58n'a la bonne réponse
42:59à ces questions.
43:00Et pour nous recentrer
43:02un petit peu au Maroc aujourd'hui,
43:04comment se préparer
43:05à ce monde de demain
43:07qui est déjà là, finalement ?
43:09Qui est déjà là ?
43:10Se préparer par plusieurs outils,
43:14par plusieurs choses.
43:15Je pense que le Maroc
43:16est déjà engagé.
43:16La politique publique
43:17est déjà engagée
43:18dans ce sens,
43:19mais qu'est-ce qu'on veut en faire ?
43:22Est-ce qu'on est en train,
43:23justement,
43:23de répondre aux besoins ?
43:25Est-ce qu'on est en train
43:26de se focaliser
43:27sur les apprentissages ?
43:28Est-ce qu'on est en train
43:30de viser les bonnes compétences ?
43:33Justement,
43:34parce qu'on parle de l'IA,
43:35qu'est-ce que l'humain
43:37va faire demain ?
43:38Quelles sont les marges
43:39de manœuvre ?
43:41Je pense que peut-être
43:43qu'il faut repenser
43:44les compétences
43:45qu'on veut développer.
43:46Et puis les formations.
43:47Et puis les formations,
43:48ça c'est sûr.
43:50Nous avons l'exemple,
43:51puisque vous avez évoqué PISA,
43:54nous avons en tête de liste
43:55deux pays
43:56qui ont des modèles
43:57aux antipodes.
43:59L'un fait exactement
44:00le contraire de l'autre,
44:01mais qui donne...
44:03Mais ça fonctionne.
44:03Et ça fonctionne.
44:04La Chine,
44:05qui a banni
44:06l'utilisation de l'IA
44:08ou même des écrans
44:09à l'école publique
44:11jusqu'au lycée,
44:12strictement interdit,
44:13et le couvre-feu
44:14à l'école
44:14de 22h jusqu'à 6h.
44:16Pourtant,
44:17deux choses.
44:18Elle était de liste,
44:19elle est classée première
44:21pour les compétences de base.
44:23On parle là
44:23de compétences de base,
44:25sciences,
44:25lecture et maths.
44:27Et aussi,
44:28ils sont leaders
44:29incontestés de l'IA.
44:30La Chine.
44:31Par contre,
44:32nous avons de l'autre côté
44:33la Singapour
44:33qui est un pays
44:35de,
44:35comme on l'appelle,
44:36de professeurs
44:37surformés.
44:38Alors eux,
44:39ils se sont focalisés
44:40sur la formation
44:41des enseignants
44:43pour l'intégration
44:45de l'IA
44:45et des nouvelles technologies.
44:47Eux,
44:47ils ont introduit l'IA
44:48dès le primaire
44:49et ça marche.
44:51Mais intégration
44:52veut dire intégration
44:53pédagogique,
44:54toujours cadrée
44:55par des méthodes
44:56pédagogiques
44:57et non pas
44:58interaction
44:59avec des écrans
45:00à regarder
45:00du n'importe quoi.
45:02Donc,
45:03il n'est pas forcément
45:04question de quelle approche
45:05choisir,
45:06mais en tout cas réussir
45:07quelle que soit la stratégie
45:08qu'on a décidé
45:09de mettre en place.
45:10Et être conscient
45:10de la réalité
45:11du pays,
45:12de la réalité
45:13socio-économique
45:14du pays,
45:15des enjeux,
45:16parce qu'il n'y a pas
45:16qu'un écran,
45:18une numérasie,
45:19comment dire ça,
45:20une digitalisation
45:21ou moyens numériques,
45:25infrastructures numériques.
45:26Pas que ça,
45:27il y a aussi la réalité
45:28socio-économique du pays
45:29qu'il faut prendre
45:29en considération.
45:30Et c'est sur ces derniers mots
45:32que se termine cet entretien
45:33avec vous,
45:33Ajar Murtiaji,
45:34c'était un plaisir
45:35de vous avoir avec moi
45:36ce soir.
45:37Merci beaucoup.
45:37Et de discuter
45:38d'un sujet aussi important.
45:39Aussi important
45:40qu'il y a besoin
45:40de plus de temps,
45:41mais peut-être plus tard.
45:42Merci à vous.
45:44C'est la fin de l'Invité Culture
45:45pour ce soir.
45:45Très bonne soirée.
45:51Voilà,
45:52c'est la fin de votre journal.
45:53Je vous dis à très vite
45:54sur Média TV
45:54pour un nouveau rendez-vous
45:55de l'information.
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