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Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.
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00:00Chaque vendredi soir, c'est l'heure du façade de Hamel sur BFM Alain de Hamel.
00:03Vous allez débattre ce soir avec Sandrine Rousseau, que je salue.
00:06Soyez la bienvenue sur ce plateau, député écologiste de Paris.
00:10On va parler du budget, on va parler de la crise des carburants,
00:12on va parler de ce qui se passe à gauche, également chez les écologistes, chez les insoumis.
00:17Qui est la personne que vous avez devant vous ce soir, Alain ?
00:22Disons que ce n'est pas exactement ce que j'appellerais une conformiste.
00:26Et que ce qui est intéressant avec elle, c'est qu'elle est hétérodoxe,
00:29et qu'elle est en même temps, elle assume ce qu'elle est.
00:33Ce qui est quelquefois très agaçant, notamment pour les gens qui sont proches d'elle politiquement.
00:38Ce qui offusque aussi chez ses adversaires, bien entendu, mais qui est intéressant.
00:44Il est arrivé qu'elle vous agace ?
00:46Ah oui, bien sûr.
00:47Sur quoi ?
00:50On verra ce soir.
00:52Sur certaines formules qu'elle employait, que je trouvais inadaptées ou fausses.
00:58Mais bon, c'était mon point de vue.
01:00Ce n'était pas le sien.
01:03Et puis, sur certains comportements qui étaient délibérément provocateurs à certains moments.
01:09Alors, je ne suis pas contre les provocations qui permettent en plus des commentaires très intéressants en suite.
01:16Mais voilà, ce n'est pas une personnalité conformiste.
01:19Ça vous va comme portrait ?
01:20Ça me va, je prends, je prends.
01:22Bon, on verra ce que ça donne ce soir.
01:24L'actualité ce soir, l'actualité du jour, c'était donc cette réunion aujourd'hui à l'Élysée.
01:27Emmanuel Macron qui reçoit les candidats à l'élection présidentielle, les chefs de partis également,
01:33et qui les met en garde contre la menace russe qui plane, selon lui, sur la France et sur l
01:40'Europe.
01:40Elle va augmenter, dit Emmanuel Macron, cette menace.
01:43Il veut même lancer un plan pour protéger les sites les plus sensibles en France contre les attaques de drones
01:47et les cyberattaques venues de Moscou.
01:49Est-ce que l'heure est grave, Sandrine Rousseau ?
01:52La Russie provoque, c'est évident.
01:54Et Poutine est quand même dans un récit nationaliste qui, évidemment, doit nous inquiéter.
02:01Je pense que cette menace progresse au fur et à mesure aussi, que le conflit en Ukraine s'enlise, qu
02:08'il n'arrive pas à prendre le dessus.
02:10Mais je voudrais quand même poser juste un pas de côté par rapport à toute l'analyse que j'ai
02:15entendue jusqu'à présent.
02:17C'est que j'étais d'accord avec ce que vous disiez, notamment sur la mise en scène d'un
02:21risque, qui peut-être est nécessaire d'ailleurs.
02:23Mais en tous les cas, il faut aussi être conscient de cette dimension.
02:26Mais moi, le pas de côté que je voudrais faire, c'est de dire que l'économie russe est en
02:29très grande difficulté aujourd'hui.
02:31Elle est d'une fragilité inouïe.
02:32C'est une économie qui ne marche que sur la guerre.
02:34Et il n'a pas été question, dans toute l'allocution d'Emmanuel Macron, de sanctions supplémentaires en Russie.
02:42Et puis, je pense qu'il y a aussi des gestes politiques forts.
02:45Et par exemple, j'ai entendu que CNews refusait d'inviter sur son plateau l'influenceuse russe qui a été
02:54expulsée.
02:55Non, qu'il refusait d'inviter sur son plateau Laurent Nunez en raison de l'influenceuse russe qui a été
03:00expulsée.
03:00Zélia Sédérova.
03:01Oui, exactement. Et je me dis, à un moment, CNews bénéficie d'un canal de l'Arcom.
03:07On pourrait très bien aussi décider que ça n'est pas un cadeau qu'on leur fait.
03:10Enfin, je veux dire, si on veut monter la pression vis-à-vis de la Russie,
03:14puisque CNews assume de faire une forme d'ingérence russe avec cette influenceuse,
03:18eh bien, si vraiment il faut monter la pression, alors allons-y et fermons ce canal.
03:22Mais si on faisait ça avec CNews, on aurait un comportement poutinien.
03:28Non, parce qu'ils assument... Le fait de ne pas inviter Nunez fait qu'ils assument cette forme d'influence
03:34russe sur leur plateau.
03:36Et donc, je pense que dans un moment de conflit comme celui-ci, on doit pouvoir aller au bout du
03:40raisonnement là-dessus.
03:41Mais les gens ne sont pas idiots et les téléspectateurs qui écoutent...
03:44Oui, c'est pour ça que les audiences baissent, d'ailleurs.
03:47Je vous propose qu'on laisse CNews, là où elle est, et qu'on parle ce soir aux téléspectateurs qui
03:51sont face à BFN TV,
03:52qui ont bien raison, d'ailleurs, d'être là et de vous regarder.
03:56Non, tu sais, les sanctions économiques sont importantes.
03:58Je retire de ce que vous dites. Vous n'êtes pas de celles qui diront ce soir,
04:01Emmanuel Macron en fait trop, il agite une peur de la Russie...
04:06Artificielle.
04:06Vous avez lu l'Ukraine il y a cinq ans, au moment de la présidentielle ?
04:10Je ne dirais pas que c'est artificiel. Je pense que la Russie est une véritable menace.
04:12Je pense, par contre, que oui, il y a une mise en scène de cette menace,
04:16que la menace de l'ingérence russe, de la déstabilisation de l'Europe existe depuis des mois, voire des années.
04:23Il suffit d'avoir lu le mage du Kremlin pour savoir que c'est déjà en place depuis des années
04:31maintenant.
04:31Et donc, oui, il y a une mise en scène, c'est évident.
04:33Maintenant, sans doute que la menace russe augmente aussi d'un cran.
04:37Mais je pense que, dans ces cas-là, la réponse n'est pas juste budgétaire.
04:41Et je le pose aussi.
04:41Je pense que l'économie russe va très mal.
04:44Que ce qui la tire, et d'une certaine manière, ce qui la sauve provisoirement,
04:50c'est malheureusement les investissements militaires.
04:53Parce que l'industrie militaire, au sens le plus large, tourne à un régime formidable.
04:59C'est quand même quelque chose d'extrêmement dangereux pour les autres pays.
05:03De voir qu'un aussi grand pays que la Russie essayait de fonctionner un peu moins mal économiquement
05:11en se servant des investissements militaires.
05:15C'est quand même une source de déséquilibre potentiel.
05:19En plus, on devine, parce qu'en même temps, c'est très difficile de mesurer l'opinion en Russie,
05:26puisqu'il n'y a pas d'instrument libre pour le faire.
05:29Mais on devine qu'il est en difficulté, qu'il n'est pas populaire.
05:33Il y a des élections en plus en ce moment.
05:34Oui, absolument, qu'il y a de fortes résistances de ceux qui veulent embrigader de force et envoyer
05:43dans l'armée.
05:44Donc, il est en difficulté.
05:46Et comme il est en difficulté, évidemment, il répond comme toujours dans une logique despotique.
05:50Il répond en étant encore plus agressif.
05:53L'autre sujet du jour à l'Elysée, c'était bien sûr la crise des carburants.
05:56Record aujourd'hui à la pompe.
05:58Le gasoil est désormais à 2,40 euros en moyenne dans toute la France.
06:01Et pendant que je vous écoutais tomber une dépêche de l'agence France Presse,
06:05le gouvernement allemand prévoit de réduire les taxes sur l'essence de 17 centimes par litre.
06:10Annonce faite il y a quelques instants.
06:12Chez nous, ça va durer.
06:13C'est ce que dit Emmanuel Macron.
06:14La baisse des prix, ce n'est pas pour demain.
06:16J'entends beaucoup de gens qui nous disent faites ceci, faites cela.
06:20Bloquez les prix, dépensez plus.
06:21Ce sont les mêmes qui, il y a 15 jours, nous disaient
06:23vous avez beaucoup trop fait de manière irresponsable ces dernières années
06:26entre 2022 et 2024 ou pendant le Covid
06:29pour nous mettre dans ces situations de finances publiques.
06:32Et donc, il y a un moment donné, il faut juste être cohérent et honnête avec les Français.
06:36Moi, je vais être honnête avec eux.
06:38Alain Domaise, est-ce qu'il peut tenir comme ça sans lâcher,
06:42alors selon les parties, un plafonnement, un blocage des prix,
06:46une baisse de la TVA, une suppression des certificats d'énergie ?
06:49Est-ce qu'il peut tenir en disant les caisses sont vides ?
06:51Alors, les caisses sont vides.
06:53Ça, malheureusement, c'est la réalité.
06:56Est-ce qu'il peut ne pas y avoir de gestes ?
07:01Bon, c'est une situation qui est assez artificielle.
07:06On sait très bien ce que sont les profits qui existent,
07:09on sait très bien quelle est la part de l'État dans le prix des carburants.
07:13Donc, on sait qu'au moment où l'État est fauché,
07:18il n'a pas envie de se priver d'une source de financement.
07:23C'est évident que ça joue.
07:25Bon, pour le reste, est-ce qu'on peut tenir sur cette position-là ?
07:29Si, par exemple, de façon de plus en plus marquée,
07:33le reste de l'Europe prend la position inverse,
07:37ce qui est le cas en Allemagne, ce qui est le cas en Espagne,
07:39ce qui est un peu le cas en Italie, ça sera difficile.
07:43Inévitablement difficile.
07:45C'est quoi votre solution à vous, écologistes, là-dessus ?
07:48Je me mets dans la tête en ce moment d'un écologiste,
07:50Sandrine Rousseau, qui veut la fin des voitures à essence
07:56et qui, en même temps, entend la colère d'une partie des Français
07:59qui dit « j'arrive plus à aller travailler, j'arrive plus à sortir le week-end ».
08:02Est-ce que vous en êtes, vous aussi, à réclamer une baisse des taxes ?
08:04Alors, en fait, on n'en est même pas.
08:06Je ne peux pas sortir le week-end.
08:07Moi, j'étais en discussion avec des médecins
08:10dans le cadre des auditions que je fais à l'Assemblée nationale.
08:13Ils me disaient « là, pour des soins,
08:16les personnes ne viennent même plus en voiture
08:18parce que ça leur compte trop cher de remplir le plein ».
08:20Donc, on n'en est même pas au loisir.
08:22On en est sur la santé des personnes.
08:23Donc, ça va avoir des conséquences extrêmement graves.
08:26Et par ailleurs, le blocage des prix,
08:28ça n'est pas quelque chose qui coûte à l'État.
08:29C'est-à-dire que c'est un blocage des marges,
08:31des marges des raffineurs, des marges des distributeurs,
08:33même si une partie des distributeurs a déjà baissé ses marges.
08:35Mais un blocage des marges des raffineurs.
08:38Ça, c'est votre position aujourd'hui ?
08:41Réclamer le blocage des prix,
08:42c'est la position aujourd'hui des écologistes ?
08:44Alors, les écologistes sont sur des aides ciblées.
08:46Mais là, le ciblage,
08:49ça nécessite d'avoir toute une ingénierie administrative derrière
08:54qui fait que ça va être compliqué.
08:56Là, on est en urgence absolue.
08:57C'est pour ça que moi, je me décale un peu là-dessus.
08:58Mais il y a aussi un plan,
09:01et je le pose vraiment d'urgence à poser,
09:04sur des véhicules électriques pour les infirmiers,
09:07les infirmières, pour les aides à domicile,
09:09pour tous ces métiers-là qui ont absolument besoin de leur voiture.
09:13Et ça, quelque part, c'est une manière aussi
09:15d'entretenir la santé des gens.
09:17Parce que moi, je suis très inquiète sur les effets
09:19à moyen et long terme.
09:20C'est-à-dire, c'est pas juste,
09:21on n'arrive pas à faire le plan aujourd'hui.
09:23C'est quelles seront les conséquences dans 3 mois,
09:25dans 6 mois ou dans 2 mois ?
09:28Oui, un isolement, une distance des soins
09:31et du coup, des effets sur la santé.
09:33Sur le blocage des prix,
09:34qui est donc la solution mise en avant ce soir
09:36par Sandrine Rousseau.
09:36Vous êtes prêts à signer pour ça,
09:38à l'un de la mêle ou pas ?
09:40En règle générale, le blocage des prix,
09:42c'est pas tellement ma méthode.
09:45Mais, bon, on est devant un problème spécifique en ce moment,
09:49qui est, à un moment donné,
09:52c'est très compliqué.
09:54qu'il faille alors, en ce qui concerne les soignants
09:58ou tout simplement ceux qui sont chargés de transporter les malades
10:02depuis leur domicile jusqu'à l'hôpital
10:05où ils sont soignés régulièrement, etc.
10:07Qu'il y a un problème, c'est évident.
10:08Qu'il faille développer les véhicules électriques,
10:12c'est du bon sens.
10:12Ça doit s'encourager,
10:17y compris financièrement.
10:19Donc, ça doit s'encourager.
10:20Ça ne va pas se faire du jour au lendemain.
10:23Ça demandera un certain temps.
10:24Ce qui n'est pas une raison pour ne pas commencer maintenant.
10:26On pourrait déjà commencer très vite.
10:28Et donner un vrai coup de pouce à cette affaire-là.
10:30On pourrait déjà commencer
10:32et même accélérer relativement rapidement.
10:35Mais, bon, il faudra du temps.
10:38Pour le reste, on sait bien que
10:42ce qui est très compliqué pour les malades,
10:45c'est le fait qu'il y a beaucoup de malades
10:47qui doivent aller régulièrement à l'hôpital
10:50en venant de chez eux
10:52et quelquefois avec 30-50 kilomètres à parcourir.
10:57Que ça coûte horriblement cher à la sécurité sociale.
11:02Horriblement cher.
11:03Et qu'en même temps, il faut bien les aider
11:05à aller se faire soigner.
11:07Donc, c'est vraiment une question compliquée à régler.
11:11Non, mais sur le blocage des prix,
11:12je rappelle que l'intérêt, c'est que ça ne coûte pas à l'État.
11:14Donc, en fait, c'est une mesure qu'on peut mettre.
11:16Et quand vous dites, les voitures électriques,
11:18ça va mettre du temps,
11:18ça fait déjà un moment qu'on est dans cette guerre de l'Ukraine.
11:21Et ça fait déjà un moment qu'il y a une inflation de l'essence.
11:25Donc, en fait, on repousse, on repousse, on repousse.
11:29Et c'est jamais le bon moment.
11:30Mais là, on aurait déjà dû avoir un plan d'urgence là-dessus.
11:33Surtout que si le pétrole est en passe d'augmenter
11:37et sur les marchés aujourd'hui,
11:39il se négocie à des prix extrêmement élevés,
11:42ça veut dire que très rapidement vont se conjuguer
11:45la rentrée dont on sait que c'est un moment d'augmentation des dépenses.
11:49Plus ça, et ça va être intenable.
11:51Enfin, les gens n'arrivent plus à vivre, là, très concrètement.
11:53On met quand même sous clé des steaks hachés.
11:56Alors, évidemment, moi, je ne sais pas pourquoi on consomme de la viande,
11:58mais ça dit quand même quelque chose de notre...
12:00Non, mais ça dit quand même quelque chose de la détresse
12:04dans laquelle certaines familles et certaines personnes sont.
12:07Que ce soit une situation très compliquée,
12:09c'est une évidence.
12:10qu'il serait préférable,
12:13que notamment pour les trajets concernant la santé
12:17et qui sont souvent très longs,
12:19y compris pour les infirmières qui doivent aller d'un endroit à un autre,
12:23évidemment, il faudrait les aider à avoir des voitures électriques au maximum, bien sûr.
12:28Mais on ne va pas métamorphoser ça en une année.
12:33Mais on est à un moment où, effectivement,
12:36il faut apprendre à faire des efforts dans des domaines
12:38dans lesquels on ne les faisait pas assez.
12:42Je pense qu'en une année, déjà, on pourrait bouger beaucoup.
12:45Et moi, je note, Sandrine Donsou,
12:46que votre position sur les carburants n'est pas celle de votre parti,
12:49mais celle des insoumis.
12:51Le blocage des prix, on aura peut-être l'occasion.
12:52Vous pouvez dire que c'est celle des insoumis.
12:54Non, mais moi, j'ai toujours tenu cette position-là.
12:58J'ai toujours tenu cette position-là
13:00depuis la guerre en Ukraine et depuis cette inflation.
13:03J'ai toujours tenu cette position.
13:04Parce que c'est une manière d'aller chercher des marges, en fait.
13:07Et qu'on voit bien, avec les milliards d'euros de bénéfices
13:11qui sont réalisés, qu'il y a une forme de profit de la guerre.
13:15Et donc, pour moi, ça a toujours été une évidence.
13:18Donc, ce n'est pas juste là, maintenant.
13:20C'est une position que je tiens depuis un moment,
13:22que je maintiens.
13:23Il se trouve que les insoumis ont la même.
13:24Bon, ben voilà.
13:24Mais je veux dire, c'est quand même une...
13:26Vous dites total profiteur de crise ?
13:28Oui.
13:29Pourquoi ?
13:29Absolument.
13:30Oui, mais parce qu'ils ont fait en plus leur image marketing
13:33sur le fait de bloquer les prix à 2 euros.
13:35Donc, ils ont eu beaucoup plus de clients de ce fait-là pendant l'été.
13:39Mais regardez les profits absolument incroyables qu'ils ont eus.
13:44Ils ont eu 11 milliards d'euros là, sur le premier semestre.
13:48À l'étranger en grande partie.
13:50Oui, absolument.
13:51Dont en Russie.
13:53Ben oui.
13:53Et donc ?
13:55Et donc ?
13:56Et donc ?
13:56Vous demandez à Vladimir Poutine de les taxer à Moscou ?
13:58Non, mais à un moment, on ne peut pas avoir...
14:01L'entreprise Total est une des cinq majors de produits pétroliers.
14:06Elle influence aussi la demande de pétrole.
14:08C'est-à-dire que si vous lisez des livres,
14:11notamment je pense à celui de Michael Correra,
14:13qui montre que Total a influencé les politiques publiques
14:17pour éviter qu'on se passe du pétrole,
14:18à un moment donné, il faut que les profits issus de cette guerre
14:21puissent être limités d'une manière ou d'une autre
14:24et taxés si on ne bloque pas les prix.
14:26Alors, moi, je ne suis pas l'avocate Total,
14:29mais je trouve que c'est très bien qu'on ait un des cinq majeurs qui soient français
14:34et que tous ne soient pas anglo-saxons
14:37parce que ça donne dans les négociations,
14:38à propos du pétrole et de son prix,
14:41un poids qu'on n'aurait pas autrement.
14:44Ensuite, Total fait ses bénéfices hors de France.
14:46En France, ils n'en font pratiquement pas.
14:51Oui, mais il l'est fait, je rappelle,
14:54en traversant l'Ouganda, la Tanzanie,
14:55en ayant des projets qui détruisent massivement l'environnement
14:58et qui déplacent des populations sans respect des droits de l'homme.
15:01En fait, moi, je ne suis pas extrêmement fière de tout ça, vous voyez.
15:04Oui, mais j'ai déjà remarqué que c'était votre position
15:08et je ne vous dis pas que tout ce qui est fait en Afrique
15:11se passe dans des conditions acceptables.
15:15Bon, mais il n'empêche qu'on a avec Total
15:21un des, comme on dit, des majors.
15:23Des majors de l'équivalent de l'équivalent de l'équivalent.
15:25Et moi, j'aimerais bien qu'on ait des équivalents
15:28le plus possible dans le plus de domaines possibles.
15:31Parce que je pense que pour la France,
15:36d'avoir des entreprises puissantes,
15:40surtout par rapport aux concurrents, non seulement européens,
15:45mais occidentaux, je pense que c'est une nécessité d'avoir des...
15:48Non, mais on pourrait les avoir sur le médicament
15:50et sur d'autres trucs, là, et sur les énergies renouvelables.
15:52Là, je rappelle, non, mais les cinq majors sont aujourd'hui
15:57un des facteurs qui nous met en risque sur le réchauffement climatique
16:01de manière majeure, majeure.
16:03Et en plus, ils influencent les politiques publiques
16:05pour qu'on puisse toujours être leur client.
16:07Pour moi, c'est l'industrie du tabac des années 80.
16:11Alors ça, la réponse est très simple.
16:13Mais la nationalisation, je suis d'accord.
16:15Non, ça n'est pas ça.
16:19Ou alors, j'ai raté quelque chose dans le parcours récent d'Alain Delors.
16:22Non, mais la réponse est très simple.
16:25C'est que le gouvernement, les gouvernements d'ailleurs,
16:29parce que ce n'est pas vrai spécialement de celui-ci,
16:31que les gouvernements doivent effectivement
16:34faire des efforts beaucoup plus importants
16:36en ce qui concerne l'électrification des véhicules.
16:39Et que ça, c'est une priorité.
16:41Et sur les transports en commun.
16:43C'est une priorité et ce n'est pas une chimère.
16:46C'est possible de le faire.
16:47D'ailleurs, ça réussit là où c'est fait.
16:50Donc, il faudrait évidemment le développer
16:52avec, comme toujours, en ce moment,
16:54on n'a pas beaucoup de moyens de financement, etc.
16:57Mais que ce soit une perspective intelligente,
17:01oui, enfin à mes yeux.
17:03Je reviens quand même à ce que vous venez de dire
17:04que c'était une boutade ou pas nationalisée totale ?
17:06Non, je pense que nous devrions entrer au capital de Total
17:09et nationaliser Total.
17:11Je pense que c'est une entreprise très dangereuse
17:14pour notre avenir, extrêmement dangereuse
17:15pour notre avenir.
17:16Que par ailleurs, elle génère des profits
17:19qui sont des profits issus de pays
17:23avec lesquels on peut être en conflit,
17:26particulièrement la Russie.
17:27Et qu'en fait, on a besoin d'avoir le contrôle
17:29sur cette entreprise.
17:30Enfin, pour moi, c'est une évidence.
17:31Donc non, non, ça n'est pas du tout une boutade.
17:33Évidemment, vous comprenez bien
17:35que je n'ai pas une majorité à l'Assemblée nationale
17:37pour pousser une loi de cette nature.
17:38Mais pour autant, ce serait quand même une manière de nous sauvegarder
17:44des dangers et du réchauffement climatique
17:46et de la géopolitique.
17:48Alors moi, je ne suis évidemment pas du tout
17:49pour une nationalisation.
17:51Je me doute.
17:51Et je ne vous dis pas que ce qui se passe...
17:54Mais êtes-vous écologistes ?
17:55Mais ce qui se passe en ce moment
17:58n'est pas un système qui fonctionne de façon idéale.
18:00On le voit très bien.
18:01Et en particulier avec la crise actuelle pétrolière.
18:04Donc ça, c'est une évidence.
18:07Mais je pense que la bonne solution,
18:10c'est de développer ce que parallèlement on peut développer.
18:15Donc ça veut dire de développer au maximum
18:17les capacités électriques.
18:18Oui, mais vous aurez toujours,
18:19dès lors que vous ne contrôlez pas cette entreprise,
18:22vous aurez toujours une logique de profit
18:24et de distribution de dividendes.
18:27Et donc la logique de profit,
18:28quand il s'agit de notre avenir sur la planète,
18:30c'est une logique dangereuse.
18:31Donc pour moi, il y a vraiment un truc d'encadrement à poser.
18:33Je suis d'accord sur le fait qu'il y aura toujours une logique de profit dans ce cas-là.
18:38Mais je suis extrêmement sceptique sur l'efficacité
18:43de changer complètement de méthode et de statut
18:49et de nationaliser d'une manière ou d'une autre.
18:51Je rappelle qu'elle l'a été.
18:52Elle a été publique.
18:53Je le sais bien.
18:54Mais si c'est passé au secteur privé,
18:57c'est aussi parce que ça ne marchait pas si bien.
18:59Parce qu'il y avait de la corruption.
19:01Parce qu'il y avait de la corruption.
19:02Oui, mais je me rappelle très bien.
19:04Oui, mais avec le pétrole, il y a aussi souvent la corruption.
19:09Oui, et avec d'autres choses.
19:11Alain Dauvel, je voudrais qu'on dise un mot du budget
19:13puisqu'on connaît désormais depuis hier
19:15pas le détail des mesures,
19:16mais les grandes lignes,
19:17Sébastien Lecornu les a données à nos confrères du Figaro
19:19avec notamment un chiffre bien plus important que prévu.
19:2254 milliards d'euros d'économie,
19:24dit le Premier ministre.
19:25La fourchette jusqu'à présent, c'était 30 milliards.
19:27Est-ce que vous partagez, Sandrine Rousseau,
19:31j'allais dire l'épanouissement,
19:33comment vous m'avez dit tout à l'heure,
19:34heureusement qu'il s'est décidé à faire autant d'économies,
19:37Sébastien Lecornu.
19:38Est-ce qu'on a enfin un Premier ministre
19:39qui s'attaque au fardeau des économies à trouver
19:44ou est-ce que vous nous dites ce soir
19:46que ça ne passera pas, c'est le musée des horreurs ?
19:48Les économies, elles sont sur l'environnement,
19:52sur la rénovation des écoles,
19:54sur l'agence de l'environnement,
19:57sur les retraites,
19:59sur le remboursement,
20:01alors ça c'est une mesure qui a déjà été prise,
20:03mais sur le remboursement des franchises médicales,
20:07enfin sur le non-remboursement des franchises.
20:09En fait, on tape toujours sur les mêmes
20:12et les mêmes qui ont besoin de leur voiture,
20:14les mêmes qui n'y arrivent pas,
20:16et on a une société que ces gouvernements successifs
20:20sont en train de transformer en une société du sablier,
20:23c'est-à-dire qu'il y a une grosse base de personnes
20:25qui ont des difficultés énormes au quotidien
20:28pour vivre, survivre,
20:29qui sont en mode survie, qui n'y arrivent pas,
20:31et puis de l'autre côté,
20:32on apprend aussi que nous sommes le pays
20:34dans lequel les entreprises ont versé le plus de dividendes,
20:38nous sommes le troisième pays au monde en termes de millionnaires,
20:40donc en fait, c'est une société en sablier
20:42qui ne peut pas tenir, elle va casser.
20:44C'est une société qui va casser.
20:46Alain Demel, on tape sur les mêmes.
20:48Non, non, mais je réponds quand même.
20:49Oui, on tape sur les mêmes, disait Sandrine Brousseau.
20:51C'est la lecture que vous faites aussi.
20:53Non, pas du tout.
20:54Bon, on tape.
20:55Bien sûr qu'il y a des mesures qui sont prises, etc.
20:59Bien sûr que ça touche beaucoup de gens,
21:02y compris des gens vulnérables,
21:04donc il ne s'agit pas de prendre ça à la légère.
21:06Mais je pense qu'il ne faut pas non plus caricaturer
21:09qu'on est dans un moment qui est un moment économiquement
21:14et financièrement et budgétairement extrêmement périlleux
21:19et que dans ces cas-là,
21:22alors on voit très bien qu'il commence à y avoir maintenant
21:24de la spéculation sur la situation de la France, etc.,
21:29et que ça s'est beaucoup accéléré depuis quelques jours,
21:33je pense que dans ces cas-là,
21:35il faut être rigoureux et prendre des décisions
21:38qui ne sont pas des décisions agréables.
21:44Alors je ne suis pas en train de vous dire
21:45qu'il faut taper sur tout ce qui est social.
21:47Ce n'est pas du tout ce que je vous dis.
21:49C'est ce qu'il fait.
21:49Non, non, non.
21:50Pour l'instant, d'abord pour l'instant,
21:51on ne fait rien puisque c'est à venir dans le prochain budget,
21:53ce dont on parle.
21:54Mais le fait de se dire
21:57qu'il faut qu'il y ait plus de 50 milliards d'économies,
21:58ça me paraît non seulement le B à bas,
22:03mais quand on voit déjà la façon
22:05dont sur les marchés la France est traitée
22:09et a fortiori depuis quelques semaines,
22:12si on ne donne pas des preuves de rigueur financière,
22:16ça va s'accélérer.
22:17Non mais c'est pour ça que moi je milite
22:19pour qu'une partie de la dette soit détenue par les Français
22:21et non pas par des organismes étrangers
22:25qui nous mettent sous pression.
22:27Mais pour une rigueur budgétaire, je suis d'accord.
22:29D'ailleurs, en Espagne, Pedro Sanchez a réduit le déficit
22:34par des politiques de gauche.
22:35Par des politiques de gauche.
22:36C'est-à-dire que, oui, mais là aujourd'hui,
22:39taper sur les APL, sur le remboursement des médicaments,
22:42sur notre avenir en matière d'écologie,
22:45je trouve que c'est totalement à contre-courant
22:47des nécessités de la France.
22:48On a vécu un été...
22:49Ça n'est pas ce qu'on vous dit.
22:50On a vécu un été terrible en matière de sécheresse,
22:54de canicule, de méga-feu.
22:55Il n'y a pas une seule annonce budgétaire,
22:58il n'y a pas une seule annonce sur le réchauffement climatique.
23:01D'ailleurs, quand le Premier ministre a fait sa rentrée,
23:04il a fait une interview de cinq pages dans Le Parisien,
23:06il n'y avait pas le mot réchauffement climatique.
23:09Et donc, c'est incroyable.
23:10C'est-à-dire qu'on est dans un déni.
23:11Donc en fait, on aggrave la situation
23:13avec un budget de cette nature.
23:15Je suis d'accord avec vous que la politique de Sébastien Lecornu
23:18ne correspond pas exactement à vos convictions.
23:21Mais ce n'est pas une question de conviction,
23:22le réchauffement climatique, vous l'avez vu,
23:24ce n'est pas une question d'idéologie,
23:25c'est une question d'aspect très pratique,
23:28comment on rénove les écoles.
23:29Sur un plan pratique,
23:30il y a des politiques pour y répondre.
23:32Et je pense que ce que vous préconisez
23:36ne correspond pas à ce que préconise Sébastien Lecornu.
23:38Bon, pour l'instant, c'est lui qui a une presque majorité.
23:46Donc, il a tout à fait le droit d'avancer sur le chemin qu'il a fait.
23:49Mais enfin, il va quand même devoir expliquer
23:50qu'on ne rénove pas les écoles et qu'à l'an prochain.
23:53Et la réponse, elle n'est pas très compliquée.
23:56Vous la connaissez par cœur.
23:59Dans nettement moins d'un an,
24:01à peine plus de six mois,
24:02on va voter,
24:04les gens choisiront ce qu'ils voudront.
24:06Heureusement.
24:07Et si ce que fait Sébastien Lecornu ne leur plaît pas,
24:11ça sera une autre majorité.
24:13Oui, en attendant, on a un budget à voter.
24:17Mais malheureusement,
24:18si c'est une autre majorité,
24:19je crains que ce ne soit pas celle que vous souhaitez.
24:21Non mais là, on a un budget à voter.
24:23Donc, on peut se projeter l'année prochaine.
24:24Là, on a un budget à voter.
24:25Le budget à voter tape encore sur les plus faibles et les plus vulnérables.
24:29Je ne voterai jamais quelque chose
24:31qui diminue les crédits de l'environnement
24:33et qui, par ailleurs, va chercher sur les appels.
24:35Enfin, on se rend bien compte
24:36de la crise sociale dans laquelle on est.
24:40Personne ne peut imaginer que vous allez voter le budget.
24:42Non mais...
24:43Je veux dire, c'est...
24:44Mais encore, moi, la question de mon vote du budget, c'est une chose.
24:48Mais je voudrais qu'on pose...
24:49Non mais je voudrais qu'on pose la question...
24:50C'est votre responsabilité comme député.
24:53Absolument.
24:54Et je vous dis que je ne voterai pas un budget de cette nature.
24:56Mais la question que je pose, c'est aussi la compétence,
25:01et je le pose en ces termes, d'un gouvernement qui,
25:04alors qu'on a eu un été terrible,
25:06qu'on a un phénomène El Nino de réchauffement de l'océan Pacifique,
25:10que les chercheurs appellent Godzilla,
25:12qu'on n'ait aucune mesure là-dessus.
25:14C'est un vrai sujet en soi.
25:16C'est-à-dire qu'il peut être de droite, il peut être de gauche, il peut être machin.
25:18À la fin, on a une réalité.
25:20Ça n'est pas une position politique.
25:22C'est une réalité physique, scientifique.
25:25Et à cette réalité physique, il n'y a rien.
25:28Il n'y a que des lois d'urgence pour les agriculteurs.
25:30Mais il n'y a rien d'autre.
25:31Heureusement qu'il y a des lois d'urgence pour les agriculteurs.
25:33Oui, mais il n'y a rien d'autre.
25:33Il n'y a rien d'autre.
25:34Il n'y a pas d'adaptation de la société dans son ensemble
25:37à ce réchauffement climatique, ce qui est un sujet.
25:40Moi, je vais vous dire, j'habite dans des immeubles
25:42où il y a des gens qui sont morts cet été.
25:43Ce n'est pas possible, en fait.
25:44Non, mais vous avez vos convictions.
25:46Elles sont tout à fait...
25:47Non, encore une fois, ça n'est pas des convictions là-dessus.
25:49C'est une réalité physique.
25:51Non, mais l'idée selon laquelle ce qu'on pense
25:54est par principe la réalité...
25:56Non, le réchauffement climatique, ce n'est pas ce que je pense.
25:59C'est la réalité de ce qui se passe.
26:00Je ne suis pas en train de vous dire que la température baisse.
26:05Dites quand même qu'il y en a un.
26:07Parce que là, sinon, on n'a pas la même base de discussion.
26:10Un réchauffement climatique, gravissime.
26:12Dites-le bien.
26:13Vous ne trouverez pas un climat de sécurité en face de vous.
26:16D'abord, je ne suis pas un cacatoès.
26:18Ce n'est pas une question de cacatoès, c'est une situation...
26:20Je ne vais pas répéter ce que vous dites en disant...
26:24Non, mais on peut avoir une analyse différente
26:26sur la base d'un même constat.
26:27C'est-à-dire qu'aujourd'hui, nous sommes au-delà du 1,5 degré.
26:30Nous sommes dans une situation qui met en danger
26:34tous les piliers de notre société,
26:35que ce soit l'agriculture, le logement, l'assurance, etc.
26:38Donc, à un moment donné, il va falloir y répondre.
26:40C'est un défi politique.
26:41C'est un défi politique.
26:42Et ça tombe très bien, si j'ose dire,
26:45puisque on vote dans six mois
26:46et qu'à ce moment-là, il y aura...
26:47Non, mais on a un budget là.
26:48Il y aura, dans six mois, il y aura des projets
26:52qui seront évidemment contradictoires.
26:55Vous aurez le vôtre et il y en aura d'autres.
26:57Et puis, les Français décideront.
26:59Oui, en attendant, il y a un budget.
27:01Vous aurez le vôtre.
27:02J'ai une toute petite question à vous poser à tous les deux.
27:04C'est qui est le vôtre ?
27:05On a compris ces derniers mois que les écologistes
27:07sont un tout petit peu tiraillés entre ceux qui ont choisi
27:10Raphaël Glucksmann.
27:11C'est le cas de Yannick Jadot.
27:12Ceux qui soutiennent encore la candidate de votre parti
27:15qui est Marine Tondelier
27:16et ceux qui pourraient rejoindre Jean-Luc Mélenchon.
27:20Et vous faites souvent partie de celles
27:22et de ceux qui sont cités comme étant ceux
27:25qui pourraient rejoindre Jean-Luc Mélenchon.
27:26D'un mot, et je vous donne la parole juste après,
27:28comment ça va se finir chez les écologistes ?
27:30Comme toujours chez les écologistes.
27:32C'est-à-dire ?
27:32Là, vous allez faire chier Sandrine Rousseau,
27:33donc allez-y, répondez.
27:34Non, mais par des divisions.
27:35S'il y a une constante chez les écologistes,
27:39c'est les divisions.
27:40Depuis qu'ils existent, ils se divisent.
27:43Je veux dire, c'est vraiment l'anti-parti dominant
27:47de la Ve République,
27:48comme ont été les gaullistes
27:50ou comme auraient voulu l'être les communistes.
27:53Ils sont toujours divisés.
27:55C'est comme ça.
27:57Alors, je rappelle quand même qu'au PS,
27:59entre l'aile droite et l'aile gauche,
28:00il y a quand même des sacrées divisions.
28:02Et je rappelle quand même qu'à droite,
28:04on a eu cette espèce de scène historique
28:07où on avait Éric Ciotti, président des Républicains,
28:10qui était enfermé dans son bureau à siéger
28:11pendant qu'on cherchait la clé du siège.
28:13Donc, nous, on n'en est pas là.
28:14On n'en est pas là.
28:15On a des différences de lignes.
28:16Mais chez vous, ça va se passer comment ?
28:17Non, mais votre question révèle quelque chose.
28:20C'est qu'en fait, nous n'avons pas eu de vote des adhérents
28:23sur notre stratégie.
28:25Et pourquoi on ne l'a pas eu ?
28:27Parce qu'on refuse de prendre une décision.
28:30Et Marine Tonnelier retarde ce vote au maximum.
28:33Elle ne veut pas que nous votions rapidement,
28:36que les militants et militantes votent rapidement
28:39après la primaire du PS
28:40pour choisir une des trois options.
28:42Aller avec le PS, aller en candidature autonome
28:45ou rejoindre les...
28:46Et vous, vous êtes clairement pour la troisième option.
28:47Mais moi, je fais une campagne en interne
28:49pour la troisième option.
28:50Je ne cache pas ça.
28:51Mais ce qui est étonnant,
28:54c'est que si nous avions une décision du parti...
28:56Alors après, chacun...
28:57On sait où on va.
28:58Et chacun prend ses responsabilités sur la base de ça.
29:00Mais cette non-décision, ce flou,
29:03est aussi une manière de se maintenir
29:05dans une candidature qui n'est pas validée par les militants.
29:09Alors elle va le faire ce week-end par des cadres.
29:11Mais en fait, les militants aujourd'hui
29:13n'ont pas décidé de la stratégie,
29:14ce qui est inédit chez les écologistes.
29:16Ce serait une bonne nouvelle pour Jean-Luc Mélenchon,
29:17le ralliement d'une partie des écologistes ?
29:19Oui, forcément.
29:21D'abord parce qu'il a lancé quand même des filets
29:24dans cette direction depuis un certain temps.
29:25Ça fait quand même plusieurs années qu'il fait ça.
29:28Et évidemment, s'il donne l'impression
29:30qu'il y a un courant qui va vers lui,
29:33ça ne peut que le renforcer.
29:35Pour le reste, les écologistes en ce moment
29:36donnent le spectacle que je leur ai toujours connu.
29:40Enfin, il faut reconnaître qu'ils le font aujourd'hui
29:42avec une certaine vigueur et presque exubérance
29:45et qui est de se diviser et avec...
29:50Alors là, les questions...
29:52Encore une fois, on n'avait pas la secrétaire nationale
29:54dans un bureau enfermé à clé.
29:56Attendez, les questions de personnes
30:00qui prennent un côté un peu ridicule,
30:04les questions d'alliances
30:07qui divisent beaucoup les écologistes
30:10et le fait que, au bout du compte,
30:14les écologistes sont moins forts maintenant
30:16qu'ils l'étaient il y a dix ans.
30:17Je suis bien d'accord avec vous
30:18parce qu'on a loupé beaucoup des étapes
30:21sur lesquelles on a pris de très mauvaises décisions.
30:23Mais je vais vous dire,
30:24quand vous dites que c'est un conflit de personnes,
30:26c'est un conflit de ligne politique.
30:28Non, mais l'un n'en pêche pas l'autre !
30:30Moi, je pense, par exemple,
30:31que nous ne pouvons pas continuer
30:33dans un système de croissance productiviste
30:35comme nous le sommes actuellement.
30:37C'est une ligne de fond.
30:38Ça veut dire quoi ?
30:39Ça veut dire que nous ne pouvons pas continuer
30:42en espérant que la croissance va nous sauver
30:45et que donc nous devons diminuer notre production
30:48pour en avoir une de meilleure qualité,
30:50nous devons diminuer notre consommation, etc.
30:52Donc vous vous exposez à la décroissance.
30:55Absolument, mais je revendique même ce terme
30:57dans le débat politique
30:58parce que la croissance qui nous met en danger
31:00de vie ou de mort,
31:01ça n'est pas quelque chose
31:02qui crée une véritable richesse.
31:04Édouard Philippe,
31:04qui faisait un déplacement hier
31:06sur le thème de l'écologie,
31:07vous a répondu...
31:08Ah bon ?
31:08En tout cas, a répondu
31:10à cette ligne des écologistes
31:12en disant qu'on ne réussira pas
31:13l'adaptation climatique
31:14sans l'économie de marché.
31:16Pour vous, il faut quoi ?
31:18Rayer l'économie de marché
31:20pour sauver la planète ?
31:21C'est quoi ?
31:22La sortie d'un capitalisme financiarisé
31:25comme on le connaît actuellement,
31:26ça n'est pas ne plus avoir...
31:28de marchands
31:29et d'activités économiques.
31:30Ça veut juste dire
31:31que le profit n'est pas supérieur
31:34à le fait d'être en bonne santé,
31:37l'école,
31:39avoir des biens communs,
31:40que l'eau, par exemple,
31:42est plus importante
31:42que un 0,1% de croissance
31:45parce qu'on a besoin d'eau
31:46pour vivre
31:47et que quand on boit
31:48une eau polluée,
31:49on est malade.
31:49En fait, c'est quand même la base.
31:51C'est revenir aux besoins essentiels,
31:52sortir les besoins essentiels
31:54du marché,
31:55sortir les besoins essentiels
31:56de marché.
31:56Et ça, je l'assume,
31:57il faut municipaliser,
31:59par exemple, l'eau.
31:59C'est important.
32:00Il y a des régimes municipales.
32:02Il faut garantir la santé,
32:04l'école, etc.
32:05Bon, voilà.
32:05Et puis, à partir de là,
32:07encadrer de manière
32:07extrêmement forte
32:08les activités économiques polluantes.
32:11C'est pour ça
32:11qu'on en revient à Total.
32:13On ne peut pas continuer
32:14dans un monde
32:15où on appelle richesse
32:1611 milliards de bénéfices
32:18de Total.
32:19Enfin, vraiment,
32:20c'est une incohérence sémantique.
32:21Je reviens à la phrase
32:22d'Edouard Philippe,
32:23Alain Dommel.
32:23Est-ce qu'il faut tuer
32:24l'économie de marché
32:25pour réussir l'adaptation climatique
32:26ou est-ce qu'on ne peut pas
32:27faire sans elle
32:28et au contraire,
32:28c'est même une aide
32:30pour y arriver ?
32:30Moi, je pense le contraire
32:34de ce que croit Mme Rousseau.
32:37C'est-à-dire que je pense
32:38que c'est par l'économie de marché
32:42qu'on peut arriver
32:44à améliorer les choses
32:45et pas par une économie administrée.
32:49Non, mais là,
32:49ne tombez pas dans la caricature,
32:50s'il vous plaît,
32:51de communisme.
32:53Ben non, c'est pas...
32:55Économie administrée.
32:56Je n'ai pas dit
32:57que vous étiez communiste.
32:58Non, mais une économie encastrée,
33:00une économie encadrée, évidemment.
33:03Et anticapitaliste.
33:04Non, évidemment.
33:05Évidemment, dans votre esprit.
33:06Mais pas évidemment en soi.
33:09Ben oui.
33:10Non, mais le capitalisme
33:13ne peut progresser.
33:14Ce qui est sympathique chez vous,
33:16c'est que vous avez des convictions,
33:19que vous vous enflammez, etc.
33:21Mais ce qui est plus gênant
33:23dans les débats,
33:24c'est que ces convictions-là,
33:26pour vous,
33:27ça doit être des évidences
33:29pour les autres.
33:29Ben non !
33:30Non, mais moi,
33:31je suis ravie
33:32de vous entendre
33:33parler d'écologie
33:34parce que, manifestement,
33:36nous ne sommes pas du tout
33:38en accord
33:38et je pense que vous ne mesurez pas
33:40l'ampleur de la crise.
33:41C'est-à-dire que là,
33:42si on se dit
33:43que la biodiversité,
33:47qui est absolument indispensable
33:48à notre vie,
33:49est en train d'être anéantie littéralement,
33:51je pense que la croissance
33:52est secondaire.
33:54Je pense que la croissance
33:55est profondément secondaire à ça.
33:56En tout cas,
33:57je peux vous dire
33:57que c'est un sujet
33:58qui, sur cette antenne,
33:59est traité très souvent.
34:00Non, mais vous voyez bien
34:01que tout à l'heure,
34:01vous n'avez même pas réussi
34:02à dire que le réchauffement climatique...
34:03Bref, je ne vais pas revenir là-dessus,
34:05mais à un moment,
34:06il y a aussi une prise de conscience
34:08de la gravité de la situation
34:09que nous vivons,
34:10que je ne ressens pas,
34:11que je ne ressens pas,
34:12dans les tenants
34:13d'une économie de marché
34:14qui disent
34:14qu'on va gérer
34:15grâce à de la technologie,
34:17grâce au progrès technique.
34:18Et par ailleurs,
34:19ça s'appelle
34:20le découplage économique
34:21entre les émissions de carbone
34:22et le PIB.
34:23Et la réalité,
34:24aujourd'hui,
34:24c'est que ce découplage
34:25n'existe
34:26dans aucun pays,
34:28dans aucun pays,
34:29dans la nécessité
34:30dans laquelle
34:30on devrait le faire.
34:31Donc, l'économie de marché,
34:32on a essayé,
34:33on n'y arrive pas.
34:34Vous savez ce que je vous propose ?
34:35C'est qu'on écoute,
34:36parce que je n'ai pas réussi
34:36à lancer le son d'Edouard Philippe,
34:38parce que je vous écoute
34:39depuis tout à l'heure,
34:39qui justifie hier
34:41pendant ce déplacement
34:41consacré à l'écologie,
34:43il explique comment
34:44il est venu
34:45à apporter aujourd'hui
34:46une écologie,
34:47avec laquelle vous n'êtes
34:47sans doute pas d'accord,
34:48Sandrine Nonsau,
34:49mais il explique son cheminement,
34:50c'est toujours intéressant,
34:51me semble-t-il.
34:52Absolument.
34:53Comme peut-être
34:54beaucoup d'entre vous,
34:55je ne suis pas né
34:56dans l'écologie politique.
34:59Je n'y suis pas venu
35:00spontanément.
35:01Comme des millions
35:02de personnes
35:03de ma génération,
35:05cette conscience
35:06de la question écologique,
35:07elle m'est venue
35:07peu à peu,
35:09progressivement.
35:10Au gré de mes lectures,
35:12d'abord,
35:12nous mesurons tous
35:14l'inquiétude liée
35:15à l'état de la planète
35:16qui est la leur.
35:18Elle est réelle.
35:19Elle n'est pas feinte.
35:20Elle n'est pas exagérée.
35:21Et nous devons l'entendre.
35:23Et nous devons lui apporter
35:24des réponses.
35:24Pas simplement parce que
35:25c'est toujours précieux
35:26d'apporter des réponses
35:27à ses enfants,
35:27mais parce que c'est le monde
35:29dans lequel ils vont vivre
35:30et élever leurs propres enfants.
35:32Alain Dommel,
35:32est-ce qu'il peut y avoir
35:33une écologie de droite
35:34ou est-ce que la gauche
35:35a le monopole de l'écologie
35:37comme elle avait
35:38le monopole du cœur ?
35:39La gauche n'a pas
35:39le monopole de l'écologie.
35:44Il y a eu des théoriciens
35:45de gauche
35:46qui sont les plus nombreux,
35:47mais aussi des théoriciens
35:48de droite.
35:49Mais ce n'est pas la question.
35:50C'était un peu fascisant.
35:51Enfin, pas tous.
35:53Si, dans l'écologie de droite,
35:55il y a une écologie
35:55de la préservation.
35:56Non, mais ce n'est pas la peine
35:58de discréditer ceux
36:00avec qui vous n'êtes pas d'accord.
36:01Vous n'avez le droit
36:01de ne pas être d'accord du tout.
36:02Je parle des penseurs.
36:03C'est Malthus, par exemple.
36:04Oui, non, mais je connais
36:05un peu ça aussi.
36:06C'est bien, mais du coup,
36:08c'est des gens qui prônaient
36:10quand même le fait
36:10que les pauvres devaient mourir.
36:13Oui, enfin, écoutez,
36:14on ne va pas débattre
36:14sur Malthus.
36:16Ce qu'on peut dire,
36:17c'est que ce n'est pas exactement
36:19un penseur d'actualité aujourd'hui.
36:22Mais vous me parliez
36:22des penseurs historiques.
36:24Alain Dommel,
36:25est-ce que la gauche
36:25a le monopole de l'écologie
36:27pour vous ou pas ?
36:27Non, je reviens à la question.
36:29On a quitté Malthus, pardon.
36:30D'abord, je pense que
36:30ce serait une catastrophe
36:31pour l'écologie
36:32que la gauche en ait le monopole.
36:34Je pense que ce qui est souhaitable,
36:35c'est que toutes les sensibilités,
36:37toutes les formations
36:38s'intéressent à l'écologie.
36:39Ensuite,
36:40parmi ceux qui s'intéressent
36:42à l'écologie
36:42et qui sont
36:44en particulier nombreux
36:45chez les plus jeunes maintenant,
36:48il y aura des sensibilités
36:49politiques différentes.
36:50Mais ce qui est intéressant,
36:52c'est que ce soit
36:53les problèmes
36:55que pose
36:56la non-écologie
36:58qui soit examinée
36:59et qui soit traitée.
37:00Et ça met au fond
37:01un peu égal
37:02de savoir si c'est fait
37:03par les écologistes
37:04ou si c'est fait
37:05par la droite,
37:06si c'est fait par qui le veut.
37:08Ça ne met pas
37:09complètement égal,
37:10mais Édouard Philippe
37:11a dit qu'il était venu
37:11à l'écologie
37:12par des lectures
37:13et dans les lectures
37:13qu'il avait revendiquées,
37:15pas dans cette interview-là
37:16mais précédemment,
37:16il y avait
37:17Effondrement
37:18de Jared Diamond.
37:19Effondrement,
37:20c'est un livre
37:20où à la fin,
37:22il y a une question
37:22qui est posée
37:23qui est de dire
37:25parce qu'un des exemples
37:27c'est l'île de Pâques.
37:28Alors,
37:28je connais le débat
37:29sur l'île de Pâques
37:30et etc.
37:31mais la question
37:33c'est qu'a pensée
37:33la personne
37:34qui a coupé
37:35le dernier arbre
37:36de l'île de Pâques
37:37parce que le dernier arbre
37:38de cette île
37:39a condamné
37:40la civilisation
37:40qui a condamné
37:41l'écosystème
37:43de l'île de Pâques.
37:44Et en fait,
37:45là,
37:45je me pose la même question
37:47je vais vous dire
37:47tous les jours
37:48c'est-à-dire
37:48que va-t-on faire
37:51du dernier objet
37:52de consommation
37:53de masse
37:54et pourquoi
37:56préférer ça
37:57à nos conditions de vie ?
37:58Et en fait,
37:58c'est une question
37:59presque abyssale
38:00qui nous dépasse
38:03et je trouve
38:03que la réponse
38:04d'Edouard Philippe
38:05a quelque chose
38:06de...
38:07Il dit qu'il a bougé
38:08il dit qu'il a changé
38:09Non mais c'est bien
38:10il pourrait...
38:10Est-ce que vous pourriez
38:11être ministre de l'écologie
38:12d'un premier ministre de droite ?
38:13Mais je ne pense pas
38:14parce que je pense
38:14que par ailleurs
38:15il y a des enjeux sociaux
38:16dans l'écologie
38:17c'est-à-dire que si vous faites
38:18une écologie...
38:19Non mais pardon
38:20si on fait une écologie
38:22juste sur la base
38:23de qui a la capacité
38:24de changer de voiture
38:25qui a la capacité
38:27de rénover son logement
38:29C'est une écologie des riches
38:30C'est une écologie des riches
38:31et il nous faut
38:32une écologie des plus pauvres
38:33Là on vous retrouve
38:34c'est-à-dire que brusquement
38:35comme c'est la fin de l'émission
38:37vous parlez comme
38:38un torrent furieux
38:40et vous empêchez
38:41qu'on puisse vous répondre
38:42Bah répondez-moi !
38:43Bah non puisque
38:44vous le savez bien
38:45ça se termine
38:46En 10 secondes
38:46Alain Dommel
38:4710 secondes
38:48C'est trop facile
38:49Ah bah non
38:50Vous savez ce qu'on va faire
38:51Ça s'appelle
38:52une rétorite de débat
38:53Sandrine Rousseau
38:54Alain Dommel
38:55On vous réinvite
38:56très prochainement
38:56pour suivre ce débat
38:57C'était passionnant
38:58de vous écouter ce soir
38:59Le tome 2
39:00à suivre dans les semaines
39:01qui viennent sur BFM
39:02Merci beaucoup Alain Dommel
39:03Merci beaucoup Sandrine Rousseau
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