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  • il y a 10 minutes
Emmanuel Macron a convié ce vendredi les chefs des partis politiques représentés au Parlement dans un contexte de tensions internationales ainsi que de crise économique engendrée par la flambée des prix du carburant et de l’énergie. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a de son côté dévoilé les contours de son plan de redressement budgétaire.

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00:00Bonsoir, bienvenue si vous nous rejoignez à l'instant sur BFM TV.
00:02Bonsoir François-Xavier Bellamy.
00:03Bonsoir.
00:04Merci d'être avec nous, numéro 2 des Républicains.
00:06Vous soutenez Bruno Retailleau dans la course à l'Elysée.
00:09Bruno Retailleau qui était aujourd'hui reçu comme la plupart des candidats à l'Elysée,
00:14à l'Elysée justement par Emmanuel Macron pour un briefing sur la situation internationale.
00:18Et à la sortie de ce rendez-vous, on a vu des mines assez sombres de la part des participants
00:23et du chef de l'État Emmanuel Macron qui a saudé l'alarme en quelque sorte
00:27sur la menace russe contre l'Europe et contre la France.
00:30Est-ce que vous savez, vous, est-ce que vous avez discuté avec Bruno Retailleau
00:32pour savoir ce qui s'est dit dans ce huis clos ?
00:35Mais je crois que ce qu'on peut savoir, c'est ce que tous les Français savent
00:38grâce au travail des journalistes qui nous informent de ce qui se passe aujourd'hui partout en Europe.
00:42Je reviens du Parlement européen à Strasbourg.
00:45J'ai échangé également à la suite de cette réunion avec Bruno Retailleau.
00:51Le fait est que ce que nous voyons partout en Europe aujourd'hui,
00:54c'est la montée d'une agressivité de plus en plus marquée de la part de la Russie, de Vladimir
00:59Poutine.
01:00Et nos voisins européens nous racontent ce qu'ils vivent presque tous les jours désormais.
01:06C'est ce train qui a été victime d'une attaque à deux kilomètres seulement de la frontière polonaise.
01:13C'est cet attentat manqué à Leipzig en Allemagne.
01:16Ce sont les pays baltes qui sont victimes presque tous les jours désormais,
01:20y compris d'ailleurs de menaces verbales de la part de l'entourage de Vladimir Poutine.
01:25C'est un hélicoptère danois qui a été visé par une frigatrice.
01:28Donc on voit bien à quel point la tension est réelle.
01:32Et je crois que notre devoir, c'est de faire en sorte que nos pays soient plus forts,
01:37y compris militairement, pas pour aller à la guerre, mais au contraire pour empêcher la guerre.
01:41Mais ce que vous nous dites, c'est qu'il ne faut pas s'habituer à ça.
01:44Parce que des provocations, il y en a quasiment tous les jours.
01:46Vous avez rappelé les dernières, depuis une semaine à peine, la piche c'était au mois d'août.
01:52On ne s'habitue pas, mais est-ce qu'on doit réagir à chaque fois ?
01:54Il faut garder son sang-froid.
01:56Encore une fois, le but, c'est bien sûr de préserver la paix.
02:00C'est la plus grande force de l'Europe qu'elle a su construire une paix dont nous héritons aujourd
02:06'hui.
02:06Et notre devoir, c'est de sauver cet héritage fondamental.
02:10Je vous écoute, je me dis, on est sur une ligne de crête.
02:12La décision est sans doute extrêmement difficile à prendre.
02:14C'est-à-dire, si on ne fait rien, Vladimir Poutine va avancer ses pions,
02:18continuer probablement à nous narguer, à nous provoquer.
02:22Mais si on réplique, on met le doigt dans l'engrenage.
02:24La première chose que nous devons faire, c'est de nous donner les moyens de garantir la sécurité de nos
02:30pays.
02:30Il y a désormais plusieurs mois, au Parlement européen,
02:33j'ai porté un grand programme de remontée en puissance de l'industrie de défense en Europe.
02:39Ceux qui nous écoutent le savent, pendant trop longtemps, les pays européens,
02:42la France faisait un peu exception, mais la plupart des pays européens,
02:46et nous en faisons aussi partie, ont choisi de faire reposer toute leur sécurité
02:51sur leur dépendance à leurs alliés américains.
02:54Et pourquoi est-ce que la situation d'aujourd'hui est si préoccupante ?
02:56Parce que personne ne peut avoir la certitude aujourd'hui
02:59que cet allié américain soit aussi fiable qu'on pouvait le croire pendant les décennies passées.
03:05Et donc, notre devoir, c'est, comme la France l'a longtemps incarné dans la discussion européenne,
03:09de regagner notre indépendance et de pouvoir faire en sorte de nous défendre par nous-mêmes.
03:14Et je le redis parce qu'on entend souvent, quand on parle de ces questions,
03:17beaucoup de commentateurs qui nous disent
03:19« Oh là là, mais vous êtes belliciste, vous voulez aller à la guerre ».
03:22J'ai vu aussi au Parlement européen des forces politiques, à gauche ou à l'extrême-gauche,
03:26qui disaient « Si vous voulez mettre tout cet argent dans des armes,
03:29c'est parce que vous voulez demain envoyer nos enfants se battre ».
03:32C'est l'inverse. Nous voulons préserver la paix.
03:34C'est le plus important. Mais pour préserver la paix, on le sait, en Europe, depuis Périclès,
03:39depuis l'Antiquité grecque et latine,
03:41si on veut sauver la paix, il faut se préparer à la guerre.
03:44On écoute les mots d'Emmanuel Macron dans la conférence de presse
03:47qui a suivi cette rencontre avec les chefs de parti.
03:50La menace en particulier, la menace hybride russe à l'égard des Européens et de la France s'est intensifiée.
03:58En Ukraine, vous le savez, la guerre est chaque mois très meurtrière
04:03avec des pertes de part et d'autre qui sont considérables
04:06et avec aucun équivalent contemporain.
04:10L'agressivité russe et de ces menaces en Europe changent.
04:13Est-ce que ça veut dire que malgré vos désaccords avec Emmanuel Macron,
04:16vous ne serez pas de ceux qu'il critiqueraient en disant « Il en fait trop »,
04:20voire « Il allume un contre-feu en ce moment »
04:22pour tenter de mettre les projecteurs ailleurs que sur les pompes à essence ?
04:26Se préoccuper de la sécurité de la France ne veut pas dire qu'il ne faut pas se préoccuper
04:30de la manière dont nos concitoyens aujourd'hui sont asphyxiés par l'explosion des prix des carburants.
04:35Je dirais même que c'est le contraire.
04:37Il faut faire les deux à la fois.
04:39Parce que si notre économie est en panne,
04:41si les Français ne peuvent plus aller travailler, gagner leur vie en travaillant,
04:46alors c'est un élément supplémentaire de vulnérabilité.
04:49Ministre Gosset ?
04:50Tout à l'heure, j'ai discuté avec un des conseillers d'Emmanuel Macron
04:53et je lui ai dit que quand on parle de guerre hybride,
04:55est-ce que ça veut dire qu'on est en guerre ?
04:56Et la réponse a été « Nous ne sommes pas en guerre contre la Russie,
05:00mais la Russie nous attaque ».
05:02Qu'est-ce que vous en pensez-vous ?
05:04Est-ce qu'on est en guerre avec la Russie ?
05:05Et est-ce qu'on est vraiment en danger ?
05:08Le président de la République a dit « Aujourd'hui, nul n'est à l'abri ».
05:12Donc effectivement, il y a une menace.
05:15Qu'est-ce que vous en pensez-vous ?
05:16Est-ce qu'on est en guerre ou pas ?
05:17Non, nous ne sommes pas en guerre contre la Russie.
05:20Et le plus important, c'est de rappeler que nous ne voulons pas la guerre avec la Russie.
05:24Nous ne voulons pas la guerre avec le peuple russe.
05:26Et nous voudrions construire avec la Russie,
05:29qui est un grand pays voisin de l'Europe,
05:31des relations pacifiques et constructives.
05:34Le vrai grand problème aujourd'hui, c'est que manifestement,
05:37Vladimir Poutine, enlisé dans une guerre qu'il a seule provoquée en Ukraine,
05:43cherche à détourner l'attention de sa faillite militaire
05:47et peut-être à ouvrir un nouveau front.
05:48Et donc, il faut être lucide.
05:50Il faut sortir de la naïveté qui a longtemps prévalu dans les débats européens
05:54et faire en sorte que, je le redis, pour préserver la paix,
05:57nos pays soient capables de dissuader une agression.
06:00Le point de désaccord que j'aurai,
06:01ou en tous les cas la difficulté que je vois dans le diagnostic que porte Emmanuel Macron,
06:04c'est que si on veut dissuader l'adversaire,
06:07il faut montrer précisément que nous sommes capables de faire acte de puissance.
06:12Vous trouvez qu'il ne l'a pas fait jusqu'à présent ?
06:14Non, mais c'est que l'État, aujourd'hui, l'État se montre si souvent désarmé.
06:17Et dans la guerre hybride qu'on évoquait,
06:19et que, de toute évidence, des forces extérieures cherchent à utiliser contre nous,
06:24la question de l'information, la question du message que notre État envoie est primordiale.
06:29Je regardais ce matin sur votre antenne Apolline de Malherbe qui montrait ces images.
06:34Ça vous paraîtra peut-être éloigné, mais c'est le même combat, en fait.
06:36Ces images où l'on voit un youtubeur qui fait un reportage sur des points de deal
06:41dans le Rhône,
06:43et qui montre à quel point l'État, en réalité, a déserté des lieux entiers de notre pays.
06:49Un État qui n'est pas capable d'assurer l'ordre, la sécurité, la justice sur son propre sol
06:57envoie à ses adversaires le signal de sa faiblesse.
07:00Et donc, c'est le même message.
07:01Et moi, je pense que, malheureusement, un pouvoir qui, pendant dix ans, n'a pas été capable d'assurer sa
07:06responsabilité régalienne
07:08sur la sécurité, tous les jours, dans tous les lieux de notre pays,
07:11en réalité, a contribué à fragiliser la France face aux menaces hybrides qu'elle doit affronter aujourd'hui.
07:17Si Bruno Retailleau, que vous soutenez, arrive à l'Élysée, est-ce qu'il coupera dans les aides à l
07:21'Ukraine ?
07:21Est-ce qu'il les maintiendra ou est-ce qu'il les augmentera ?
07:24Le premier déplacement que Bruno Retailleau a fait comme candidat, c'était pour aller en Ukraine et pour aller en
07:30Pologne.
07:31Et pour montrer par là, encore une fois, que, naturellement, notre devoir, c'est de ne pas se désengager de
07:37ce conflit qui nous concerne
07:38parce que c'est notre responsabilité, mais c'est aussi notre sécurité qui est en jeu.
07:43Et je crois que tous les Français doivent le comprendre.
07:45L'Ukraine est sur le sol du continent européen.
07:49Si nous laissons un État faire la preuve que la guerre peut l'emporter sur le droit, sur le sol
07:55européen,
07:57alors c'est notre sécurité qui sera menacée partout demain.
07:59Et ce qu'il faut comprendre dans vos propos, François, vous avez vu l'ami, c'est que pour vous,
08:02le RN n'a pas compris ça.
08:04Louis Alliot, il y a quelques semaines, disait sur ce plateau, nous couperons le robinet des aides à l'Ukraine.
08:10Depuis, la position du RN est difficile à suivre.
08:13Honnêtement, la question leur a été posée à chaque interview et elle dépend un peu de celui qui y répond.
08:18Pour vous, le RN n'a pas pris conscience du fait que l'argent dépensé en Ukraine nous sert à
08:23nous aussi, c'est ça ?
08:24Mais vous l'avez dit, je ne suis pas sûr de connaître exactement la position du RN sur ce sujet,
08:30mais je crois que sur une question comme celle-là, on n'a pas droit en même temps, on n
08:35'a pas droit à l'ambiguïté.
08:36Parce que je le redis, parler de cette question comme d'une économie qu'on pourrait faire pour pouvoir rendre
08:42de l'argent aux Français,
08:43c'est ne pas mesurer en fait que cette économie nous coûtera infiniment cher.
08:47Et je le redis, c'est le même logiciel que celui que j'entends à l'extrême gauche bien souvent,
08:53quand on m'explique que si on donne de l'argent pour renforcer notre industrie de défense,
08:57c'est de l'argent qu'on retire à notre modèle social.
09:00Mais en fait, il n'y a pas d'opposition entre le fait de protéger les Français
09:05et le fait de faire en sorte que nous donnions à notre pays les moyens de se défendre
09:09et d'honorer ces engagements internationaux pour garantir la sécurité sur le sol européen.
09:14Essayons d'être clair également sur la question des carburants qui aujourd'hui bouleversent le quotidien des Français.
09:19On rappelait il y a quelques instants le nouveau record battu pour le prix du gazole
09:24qui est désormais à 2,40 euros aujourd'hui en moyenne en France.
09:27Qu'est-ce que vous faites ?
09:28Mais d'abord, il faut agir d'urgence.
09:31C'est parce que la situation est très grave, et Bruno Retailleau le redisait tout à l'heure
09:34en sortant de cette réunion avec le Président de la République,
09:37c'est parce que la situation est très grave qu'il ne faut pas attendre.
09:40Je disais sur ce même plateau il y a déjà deux semaines qu'il fallait tout faire
09:45pour faire baisser le prix des carburants, tout faire de ce qui est économiquement raisonnable.
09:49La première des choses à faire, c'est de supprimer les certificats d'économie d'énergie.
09:53C'est plusieurs centimes, voire plusieurs dizaines de centimes d'euros par litre de carburant.
09:59Tout à fait, c'est 12, 15 centimes par litre.
10:00Ça dépend du type de carburant.
10:02Mais qui constitue en réalité une perte d'argent parce que...
10:06La solution préconisée par Alexandre Jardin il y a quelques minutes sur ce plateau,
10:10à qui on objectait le fait que ces certificats d'électricité,
10:14ils servent à une habitante du Poitou qui veut faire installer une pompe à chaleur
10:19et qui aura une subvention, à quelqu'un qui veut acheter une voiture électrique en leasing
10:23et qu'on déshabille Paul pour habiller Pierre.
10:25Ils servent aujourd'hui par exemple à permettre de faire baisser le prix
10:29des voitures électriques chinoises qui sont vendues aux Français
10:32et même le gouvernement s'en indigne que plutôt que de s'en indigner,
10:35il pourrait supprimer ces certificats d'économie d'énergie
10:38qui entretiennent en réalité une économie parallèle complètement artificielle
10:41qui sont une taxe déguisée et qui coûtent extrêmement cher en frais de gestion inutile.
10:45Ce n'est pas moi qui le dis, c'est la Cour des comptes.
10:46Donc 15 centimes environ en supprimant les certificats d'énergie.
10:53Est-ce que vous allez au-delà ?
10:54Est-ce que vous reprenez par exemple la proposition de Marine Le Pen
10:56qui dit moi je passe la TVA à 5,5 au lieu de 20%
10:59et avec ça c'est une baisse de 30 centimes par litre ?
11:02On peut supprimer les certificats d'économie d'énergie,
11:04on peut instituer une TICPE flottante pour faire en sorte
11:07qu'au moins l'État ne gagne pas plus d'argent.
11:09Ça n'est même pas le cas aujourd'hui parce que les Français consomment moins du coup de carburant.
11:13Mais du coup faire baisser la facture permettrait aussi de relancer l'activité économique.
11:16En revanche, faire baisser la TVA à 5,5% sur un produit qui est intégralement importé,
11:22ça veut dire faire un énorme chèque tous les mois à l'Arabie Saoudite.
11:26Je ne suis pas tout à fait sûr que ce soit par là qu'on peut relancer l'économie française.
11:30Donc non, nous ne croyons pas à cette promesse d'économie.
11:31Sur l'Arabie Saoudite, un point important,
11:33la France aujourd'hui apporte son soutien à l'Arabie Saoudite
11:35pour réouvrir un pipeline qui permet d'approvisionner l'Europe
11:40sans passer par le fameux détroit de Barb el-Mandad.
11:43Donc vous voyez, c'est compliqué la situation.
11:45Qu'il faille soutenir l'Arabie Saoudite dans cette situation de déstabilisation
11:50qui lui est infligée par l'Iran, parce qu'en fait derrière les outils,
11:53c'est le régime iranien qui cherche en réalité à nous faire du mal.
11:56À nous, c'est l'Occident qui est visé à travers l'Arabie Saoudite.
11:59Et donc bien sûr qu'il faut soutenir l'Arabie Saoudite,
12:01mais je ne crois pas pour autant qu'il faille passer la TVA à 5,5%.
12:05Rendez-vous compte, la TVA à 5,5%, c'est ce qu'on fait sur des produits de première nécessité
12:09ou bien ce qu'on fait quand on veut soutenir la restauration française ?
12:12Si Bruno Retailleau était président aujourd'hui, le carburant serait 15 centimes moins cher,
12:16mais pas moins que ça.
12:17Non, non, si on fait la TICPE flottante, on peut aussi faire baisser encore un peu plus le prix du
12:21carburant.
12:22Le dernier élément que Bruno Retailleau a évoqué, c'est la revalorisation du barème kilométrique
12:25qui a été gelé depuis trois ans, ce qui permettrait immédiatement de soutenir
12:28tous les Français qui travaillent et qui aujourd'hui doivent payer de plus en plus cher
12:32pour aller travailler quand ils ont besoin de leur voiture.
12:35Et puis le dernier élément, c'est que moi je ne crois pas qu'il faille baisser la TVA sur
12:38les carburants.
12:38Il faut, si on veut baisser quelque chose, faire baisser les charges qui pèsent sur les salaires.
12:43Parce que ce qu'on voit dans une crise comme celle-là, c'est qu'il y a tellement de
12:45Français qui bossent
12:46et qui bossent dur et qui n'arrivent pas à s'en sortir.
12:49Pourquoi ? Parce qu'on a les salaires les plus chargés d'Europe aujourd'hui.
12:52Et que quand un patron essaye d'augmenter un peu un salarié, pour un euro qu'il veut lui donner
12:56en plus,
12:57il faut qu'il en débourse deux ou trois supplémentaires qui vont dans les caisses de l'État.
13:00C'est de cette folie qu'il faut sortir.
13:02Rendre du pouvoir d'achat à ceux qui bossent, rendre du revenu aux salariés.
13:07C'est l'urgence si on veut permettre en effet que les Français voient cet étau se desserrer qui pèse
13:12sur eux aujourd'hui.
13:13Alors justement, le budget, François-Xavier Bellamy, puisqu'on connaît depuis hier les grandes lignes du budget,
13:18en tout cas les propositions de Sébastien Lecornu, avec un chiffre qui a surpris beaucoup de monde,
13:2154 milliards d'économies.
13:23C'est ce que veut faire le Premier ministre, alors qu'on s'attendait quasiment à moitié moins.
13:27On était plutôt sur une fourchette de 30 milliards.
13:29Est-ce que c'est réaliste ou est-ce que Sébastien Lecornu est en train de se faire acquérir tout
13:32seul ?
13:33Mais ce qui serait réaliste, c'est de ne pas faire ces économies.
13:36Vous soutenez le montant de l'enveloppe. Pour vous, c'est la bonne.
13:40Je pense que quand l'élection présidentielle aura eu lieu et qu'un nouveau président ou une nouvelle présidente sera
13:45élue,
13:46quand Bruno Retailleau, j'espère, sera à l'Élysée et qu'il aura une majorité parlementaire forte,
13:50alors on pourra faire les réformes vraiment structurelles
13:52qui permettront de sortir durablement la France de l'ornière des déficits.
13:56Mais dans l'immédiat, dans l'urgence, on ne peut pas attendre.
14:00Parce que je pense que les Français l'ont compris.
14:03Le moment des conséquences est arrivé.
14:05Pendant des années, Emmanuel Macron nous a expliqué que ce n'était pas grave de s'endetter,
14:09que les taux étaient bas et que par conséquent, ce serait même...
14:12J'entendais ça, que ce serait absurde de ne pas endetter le pays
14:16dans un moment où les taux étaient bas, voire négatifs.
14:18La vérité, c'est que nous avons toujours alerté sur le fait qu'un jour viendrait le moment
14:22où remonterait les taux d'intérêt.
14:24Et à ce moment, il est arrivé.
14:26On a les taux d'intérêt qui sont comparables à ceux que la France connaissait
14:29pendant la crise de 2008.
14:30Il y a une grande différence pourtant.
14:32C'est qu'entre les deux, le montant de la dette française a quasiment triplé.
14:36Et le volume en part de PIB de la dette a quasiment doublé.
14:40Et donc, évidemment, l'explosion des taux d'intérêt
14:44va représenter une augmentation massive de la charge de la dette.
14:48C'est-à-dire que nous allons, pour la première fois cette année,
14:51payer le premier budget de l'État
14:54pour rembourser seulement les intérêts de la dette.
14:57C'est un scandale moral absolu, bien sûr.
14:59C'est de l'argent qu'on vole à nos enfants et à nos petits-enfants.
15:01Mais c'est aussi un danger évident pour la France.
15:04Sur les 54 milliards d'économies, il y en a 6 qui seront demandés aux retraités.
15:08On ne sait pas exactement quelle forme ça prendra.
15:11Est-ce que les pensions augmenteront moins vite que l'inflation ?
15:14Est-ce qu'ils vont perdre leur abattement ?
15:16Mais en tout cas, c'est le chiffre donné par le Premier ministre, 6 milliards.
15:19Est-ce que c'est juste de toucher aux retraités ?
15:21Mais là encore, quelle colère en voyant la situation dans laquelle on est aujourd'hui.
15:25On est le dos au mur.
15:26Et le Premier ministre n'a pas d'autre choix que d'aller chercher de l'argent là où il
15:29peut.
15:29Mais c'est juste ou pas ?
15:30Mais pardon, c'est le même gouvernement qui, il y a un an, a suspendu la réforme des retraites.
15:35J'ai dénoncé, comme Bruno Retailleau, on a dénoncé la suspension de cette réforme,
15:39qui en plus n'était même pas complexe.
15:41Qui coûte beaucoup moins que les 6 milliards.
15:43C'est de l'ordre qui coûtera l'an prochain.
15:452 milliards cette année, 6 milliards l'année suivante.
15:482 milliards l'an prochain.
15:49Donc ça veut dire que cet argent maintenant...
15:51Vous nous dites, j'entends ce que vous dites, François-Xavier Bellamy,
15:53les 54 milliards, vous nous dites banco.
15:56Mais ensuite, il faut les trouver, ces 54 milliards.
15:58Est-ce que les 6 milliards sur les retraités, les Républicains diront pas question ?
16:03Ou est-ce que vous êtes d'accord là aussi avec le Premier ministre ?
16:05Mais la première des choses à faire, c'est de rétablir cette réforme des retraites.
16:08Et nous, c'est ce qu'on demande au gouvernement, dans ce budget, il le peut.
16:11Rétablir cette réforme des retraites, qui n'a été que suspendue.
16:13La rétablir maintenant.
16:14Parce qu'on ne peut pas, ce n'est pas décent.
16:16Vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, oui, j'entends dire effectivement,
16:19et c'est vrai que les retraités français, d'abord...
16:23Vous ne répondez pas à ma question.
16:24Si, bien sûr.
16:25Sur les pensions des retraités.
16:26La première chose à faire avant d'aller chercher de l'argent dans les poches des retraités...
16:28Et ça, vous avez compris qu'il ne le ferait pas ?
16:30Mais pourquoi pas ?
16:31Le débat commence tout juste, et le Premier ministre l'a dit dans son entretien.
16:34Parce que sinon, il perd le soutien des socialistes,
16:37et il a encore moins de chances de passer l'hiver.
16:39Mais très bien, qu'il aille devant les Français et qu'il leur dise,
16:42j'ai le choix entre faire plaisir à Olivier Faure,
16:46et foutre en l'air le budget du pays et aller piquer l'argent dans les poches des retraités,
16:50ou bien remettre un peu de sérieux dans les comptes de ce pays,
16:54rétablir cette réforme des retraites qui était très timide par rapport à ce qu'il faudrait faire,
16:57et faire en sorte qu'au moins on puisse trouver dans cette réforme des retraites
17:00l'occasion d'un peu d'oxygène pour les finances de l'État.
17:03C'est pas compliqué d'expliquer aux Français ce qui est en jeu,
17:07et de leur expliquer qu'on a deux options possibles devant nous.
17:10Et ce sera sans doute le grand choix de la présidentielle.
17:12Mais on peut aussi faire ce choix maintenant sans attendre l'élection présidentielle.
17:16Continuer de mentir aux Français, continuer de se mentir,
17:19et ensuite leur en faire payer la facture,
17:21ou bien choisir enfin de faire les réformes courageuses
17:24qui permettront d'éviter qu'on aille appauvrir encore plus les Français demain.
17:28Je note que j'ai pas tout à fait ma réponse sur est-ce que vous souhaitez
17:29les similières d'économie sur les pensions des retraités,
17:33oui mais la condition elle semble difficile à réaliser.
17:36Il n'y a pas Olivier Faure qui peut poser ces conditions, nous aussi,
17:38on essaye de défendre les Français, on va le faire juste pour vous.
17:40Il y a une surprise, une petite surprise dans les annonces faites par Sébastien Lecornu hier,
17:43ce délai de carence pour les étrangers avant qu'ils puissent toucher certaines allocations
17:48quand ils arrivent en France.
17:49C'était une revendication du Rassemblement national
17:53et de reconquête le parti d'Éric Zemmour,
17:55qui sont d'ailleurs félicités.
17:57C'est ce que défend aussi notre formation politique.
17:59J'allais vous demander, est-ce que c'est un clin d'œil aux Républicains ?
18:02Est-ce que c'est un clin d'œil à l'extrême droite ?
18:04Pourquoi cette mesure dans le budget ?
18:06Mais moi, c'est pas le clin d'œil qui compte,
18:08et je pense pas que les Français s'intéressent au clin d'œil.
18:11Ce qui compte pour les Français, c'est qu'on revienne à la justice,
18:15qui est tellement blessée dans ce pays.
18:17Quand vous pensez que des Français qui sont expatriés à l'étranger,
18:20et qui travaillent, et qui produisent de la valeur,
18:23et qui payent des impôts en France,
18:25que ces Français, quand ils reviennent en France,
18:27vont devoir attendre avant de percevoir les aides sociales,
18:30alors qu'une personne étrangère qui arrive en France,
18:34le premier jour, sans avoir jamais cotisé,
18:36sans avoir jamais contribué,
18:37va percevoir ces mêmes aides sociales dont eux sont privés.
18:40Mais c'est pas seulement ça qu'il faudrait faire,
18:41il faudrait aller beaucoup plus loin.
18:42On a parlé du logement,
18:43et Bruno Retailleau a défendu dans ses propositions sur le logement,
18:46ce que notre famille politique avait, elle aussi, porté au cours des dernières années.
18:50On avait défendu dans la loi immigration,
18:51vous vous en souvenez peut-être,
18:52qu'on ne devrait pas pouvoir accéder à un logement social
18:55avant d'avoir déjà passé plusieurs années
18:58à contribuer par son travail à financer le modèle social français.
19:02Et ça avait été cassé par le Conseil constitutionnel,
19:04vous vous en souvenez peut-être,
19:05d'où l'urgence de la réforme constitutionnelle proposée par Bruno Retailleau.
19:09Vous voyez, tout se tient.
19:10Retrouver un système juste,
19:12ça voudra dire faire en sorte qu'en effet,
19:14on ne puisse pas percevoir une aide
19:15quand on n'y a pas d'abord contribué.
19:17Parce que le modèle social français,
19:19il est fait pour aider ceux qui sont prêts
19:21à s'engager pour le faire tenir debout,
19:23il n'est pas fait pour que n'importe qui du monde entier
19:26puisse, le jour où il arrive en France,
19:28tirer son droit de tirage, son droit de passage,
19:31sans avoir jamais apporté sa pierre à l'édifice commun.
19:35Avant de se quitter, François-Xavier Bellamy,
19:36je voudrais qu'on aborde cette vidéo,
19:38vidéo qui a été dévoilée par le Canard Enchaîné.
19:41Je mets quelques mots de contexte,
19:42elle date de 2025, elle sort,
19:44elle est publiée en tout cas aujourd'hui,
19:46elle est filmée à l'intérieur de la cathédrale de Carcassonne,
19:48c'est un aumônier militaire de Carcassonne
19:50qui s'adresse à ses soldats,
19:52aux soldats en tout cas pendant une messe.
19:55Écoutez ses propos.
20:19Je vous encourage mes chers amis à continuer à combattre,
20:21continuer à avoir le courage de vos convictions.
20:24Il critique ceux qui mangent de la graine
20:26ou qui font la morale à tout le monde
20:27et il poursuit, calmez-vous les gauchistes.
20:30Olivier Faure, que vous avez cité tout à l'heure,
20:32dit que c'est une vidéo complètement hallucinante
20:33avec un aumônier qui prêche le retour des croisades.
20:36Jean-Luc Mélenchon dit, je le cite,
20:38à supposer que ce discours ait sa place dans l'église catholique,
20:41il n'en a aucune dans l'armée française.
20:43Je précise que ce soir, la ministre des Armées
20:46lance une procédure contre lui.
20:48Est-ce que ça vous choque, vous ?
20:50Oui, bien sûr.
20:51C'est la première fois que je vois une homélie diffusée
20:54sur BFM TV, mais de fait, je n'ai jamais entendu...
20:56Le pap arrive.
20:57Je pense qu'il y a deux ruptures très graves.
21:03Celle de la neutralité qui doit s'imposer
21:06dans la distinction du spirituel et du temporel.
21:09Il me semble qu'un prêtre n'a pas à prendre
21:11une position politique partisane
21:14dans un moment comme celui-là en particulier.
21:17Et deuxièmement, de l'armée, bien sûr.
21:20Les forces armées françaises,
21:21elles sont au-dessus de toutes les querelles partisanes
21:24et elles servent le pays.
21:25Je ne doute pas un seul instant, d'ailleurs,
21:27que l'écrasante majorité des prêtres de ce pays
21:30et l'écrasante majorité des militaires de ce pays
21:34honorent cette responsabilité
21:36qui, respectivement, est la leur.
21:38Je ne confonds pas les deux, bien sûr,
21:39mais oui, bien sûr, il y a une confusion.
21:42Vous savez, on hérite de cette magnifique pensée
21:46de Blaise Pascal qui parle de la distinction des ordres.
21:49Il y a, et c'est au cœur vraiment
21:51de la tradition intellectuelle
21:52et de la vie culturelle de notre pays,
21:55il y a cette distinction, ce respect très profond
21:57d'une distinction du spirituel et du temporel.
22:00Et je pense que c'est aussi ce qu'on doit vivre
22:03dans un moment comme celui-là.
22:04Je pense que l'homélie qui comptera bien plus,
22:06c'est celle que les Français entendront du pape
22:08dans quelques jours à Paris.
22:11J'y serai bien sûr.
22:12À Notre-Dame ?
22:13Alors à Notre-Dame, c'est pour les religieux.
22:15Ah pardon, que vous n'êtes pas à ma connaissance encore.
22:17Vous serez le soir au Stade de France, vendredi prochain ?
22:19Je serai peut-être au Stade de France,
22:21mais surtout je serai le samedi
22:23à ce rendez-vous aussi important
22:26qui sera à place de la Concorde
22:27pour accueillir le pape à Paris.
22:29Merci beaucoup François-Xavier Bellamy.
22:31Il y aura une édition spéciale, plusieurs même,
22:32pour suivre la visite en France.
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