00:00Je me suis fait insulter sur LinkedIn.
00:02On va créer Band of C*****.
00:04Nous penserons à vous pour un rôle d'ambassadrice,
00:06vous semblez avoir toutes les caractéristiques.
00:08J'ai dénoncé les propos et son notaire,
00:11et je me suis retrouvée condamnée en 72 heures.
00:15Tara Euse-Sarmini est une entrepreneuse et autrice
00:18qui se revendique féministe.
00:19Et en rentrant de vacances,
00:20elle reçoit un message de prospection
00:22sur le réseau social professionnel LinkedIn.
00:24Je ne m'étais pas très bien ciblée,
00:26parce qu'en l'occurrence, ce message me proposait
00:28de rejoindre un écosystème entrepreneurial
00:31avec un nom pas du tout inclusif.
00:34Et donc, j'ai poliment répondu à cet individu
00:37qu'il était peu probable que je rejoigne un club de bro.
00:41Résultat, seulement 6 minutes plus tard,
00:43l'individu lui répond par une insulte sexiste.
00:46Et là, j'ai été estomaquée de l'injure gratuite
00:49et de l'escalade de la violence.
00:51Ça dit quand même beaucoup de choses
00:52sur le non-respect du consentement des femmes.
00:55L'entrepreneuse aux 32 000 abonnés
00:56dévoile alors publiquement sur LinkedIn
00:58l'injure reçue dans sa messagerie privée.
01:00Et surtout, l'identité de son auteur.
01:03Je me suis dit que si cette personne
01:05l'avait fait avec moi,
01:07peut-être qu'il le faisait à d'autres,
01:08ou en tout cas que ses pratiques devaient cesser.
01:11Voilà, il fallait les dénoncer.
01:13Le droit d'exister pour des femmes,
01:15que ce soit dans l'espèce publique,
01:17physique ou numérique,
01:19est tout à fait loin d'être acquis.
01:21et qu'on est systématiquement muselés et insultés.
01:26Elle reçoit en retour une grande vague de soutien,
01:29notamment d'hommes,
01:30mais qui va être accompagnée, selon son agresseur,
01:33de nombreuses publications et messages
01:35l'insultant lui en retour.
01:36Ce dernier va ainsi saisir la justice civile en urgence
01:39et obtenir le retrait du poste litigieux.
01:42Le tribunal retenant qu'il s'agissait d'une forme
01:44de vengeance privée et d'utilisation disproportionnée
01:47de la liberté d'expression.
01:48Très concrètement, je suis condamnée à lui régler
01:511 700 euros pour couvrir les frais de sa défense à lui.
01:56Et environ 200 euros par jour,
01:58tant qu'elle ne retire pas son poste.
02:00Si moi, j'avais porté plainte pour injures
02:04ou outrage sexiste ou les deux,
02:06on sait que la justice pénale est extrêmement encombrée.
02:10Cela aurait pris des mois, voire des années,
02:13si ce n'avait pas été classé sans suite.
02:15Et pendant ce temps-là,
02:16cet individu pouvait continuer à insulter à tour de brun.
02:20J'ai lancé une cagnotte pour pouvoir payer mes frais de défense.
02:24Je pointais du doigt la masculinité toxique
02:27qui pollue le monde des affaires.
02:29Si ça contribue au débat public et à l'intérêt général
02:33et que ça empêche que d'autres femmes,
02:36d'autres personnes se fassent insulter,
02:38ça me paraît tout à fait légitime.
02:40Trois semaines plus tard,
02:41l'auteur du message sexiste s'est excusé publiquement sur LinkedIn.
02:45Nous avons contacté son avocat
02:46qui, pour le moment,
02:47n'envisage pas de retirer sa plainte devant le tribunal.
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