00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Toujours avec Catherine Ney et Antonin André pour parler de la politique notamment et de cette éviction express de Philippe
00:11Brun.
00:12Il était candidat à la primaire socialiste dans l'espoir peut-être de devenir président de la République un jour.
00:18En tout cas, il était déjà candidat à la primaire.
00:21Qu'est-ce qui s'est passé ? Il a été écarté de cette primaire.
00:25On l'informe qu'une militante, ancienne collaboratrice, l'accuse de violences sur elle.
00:32Il n'y a aucun dossier nulle part, ni en justice, ni de plainte.
00:37Mais en tout cas, il y a ces dires de cette femme.
00:39Et écoutez ce qu'en dit Olivier Faure, c'était ce matin.
00:42Il n'y a aucune volonté de ma part, en tout cas, d'éliminer Philippe Brun.
00:46Aucun intérêt politique.
00:48Philippe Brun, j'ai travaillé avec lui pendant des années.
00:51J'ai de l'estime pour ce qu'il a apporté au Parti Socialiste.
00:54Je trouvais que c'était intéressant de l'avoir dans la primaire.
00:57Maintenant, je n'y suis pour rien.
00:59Et j'espère que la justice agira promptement.
01:03Et que s'il est blanchi, il pourra réintégrer la primaire du Parti Socialiste et le Parti.
01:07Bien sûr. Malheureusement, on connaît aussi le temps judiciaire.
01:10Et c'est vrai que c'est une décision difficile.
01:13Mais vous comprendrez aussi qu'il n'est pas imaginable non plus
01:17de laisser penser qu'au Parti Socialiste,
01:19on pourrait accepter que l'un de ceux qui pourraient emprunter cette primaire
01:23soit soupçonné d'être un homme violent avec une femme.
01:27Catherine Ney.
01:28Écoutez, je crois que la Commission nationale des conflits s'est réunie.
01:32Et je crois que M. Brun s'est expliqué qu'il a eu un conflit avec une dame.
01:36Mais il n'y a pas de violence sexuelle.
01:39Il n'y a pas de...
01:42Pour l'instant, on ne comprend pas très bien.
01:44Je crois qu'il y a un différent sur la façon de travailler.
01:46Enfin, je ne sais pas.
01:47Et elle a aussi saisi la haute autorité contre les harcèlements,
01:52les violences faites aux femmes,
01:54qui est une nouvelle...
01:56Enfin, qui est une instance qui est composée que de femmes,
01:59où elle a porté plainte.
02:01Personne ne sait ce qui s'est dit dans ces instances.
02:03Mais cette seule plainte justifie, en fait,
02:08que M. Brun soit écarté.
02:10Et ce n'est pas du tout la justice.
02:11Ah ben non.
02:11C'est de... Voilà.
02:13Et donc...
02:13Il n'y a aucune plainte qui a été déposée en justice.
02:15Et donc, moi, je trouve que la...
02:17Alors, et M. Fort parle de décision judiciaire,
02:21mais puisqu'il n'y a pas de plainte.
02:22Moi, je pense que ça a tout du procès de Moscou.
02:24Parce qu'il pouvait lui prendre des voix.
02:27Il n'avait aucune chance d'être M. Brun,
02:29qui est un jeune homme que l'on voit de plus en plus,
02:31qui est un proche de François Hollande,
02:33qui commence à exister, d'avoir un nom, se faire un nom.
02:37Moi, je pense qu'il gênait Olivier Fort.
02:39Oui, c'est une tartufferie de plus de Olivier Fort,
02:43qui, avec des petites magouilles,
02:45parce que tout ça, c'est fait à dix minutes,
02:47si vous voulez,
02:49du fait qu'on enterrine les candidats à la présidence.
02:51Une extrémiste comme ça,
02:52tout d'un coup, il a sorti du chapeau cette histoire.
02:55Moi, j'ai souvenir, je peux vous dire,
02:57de colère et de cris
02:58dans les couloirs de Solferino,
03:01au PS,
03:02du temps de Martine Aubry,
03:03qui n'était pas réputée pour être une manageuse facile,
03:07avec, autour d'elle, des poètes tels François Lamy,
03:10Jean-Christophe Cambadélis et Claude Bartholone.
03:12Je peux vous dire que, là,
03:14il y avait matière à se plaindre du management
03:17plus que délicat de la première secrétaire.
03:20Donc, évidemment, tout ça est une tartufferie.
03:22Évidemment, la ficelle est très grosse.
03:23Évidemment, Olivier Fort n'a aucune chance
03:25de gagner cette primaire.
03:27Mais, simplement, il veut essayer de s'emménager.
03:29Donc, il écarte Philippe Brunqui.
03:31Aujourd'hui, il a une petite aura, quand même, au sein du PS.
03:33C'est lui qui négociait les histoires de budget, aussi,
03:36avec les différents premiers ministres,
03:38avec les ministres de l'économie.
03:39Il est très respecté au Parti Socialiste.
03:41Mais on sent bien...
03:43Mais c'était un peu une étoile montante.
03:44Oui, c'est une étoile montante.
03:45Donc, c'est une énième tartufferie d'Olivier Fort,
03:47qui, malgré tout, continue de noircir son bilan
03:51avec conscience et application.
03:52Parce que, ça, c'est une primaire à gauche,
03:54mais qui se fait en circuit fermé.
03:56Donc, au pire, il y aura les 20 000 militants socialistes
04:00qui sont encartés.
04:01Il y a les 10 000 du parti de Glucksmann.
04:04D'autres qui viendront et qui paieront 15 euros.
04:06C'est un tout petit, petit...
04:07C'est un tout petit corps électoral.
04:08C'est un petit corps électoral,
04:10alors que François Hollande, à la primaire,
04:12il y avait 3 millions d'électeurs d'une primaire ouverte.
04:15Tandis que là...
04:15Et donc, c'est un petit bol
04:17où il y a des grenouilles ou des crocodiles
04:19qui se battent entre eux,
04:20des petits crocodiles.
04:22Et là, Brun pouvait enlever des voix.
04:26Olivier Faure, il veut arriver le premier.
04:29Il veut arriver le premier.
04:31Et en attendant, il y a peut-être un acte 2
04:34de Philippe Brun.
04:35Vous disiez que c'est un proche de François Hollande.
04:39On attendrait...
04:40Si on attend peut-être quelques mois,
04:42on aura peut-être une candidature
04:44de François Hollande.
04:46Et dans ce cas-là, peut-être qu'il y aurait un tandem
04:47avec Philippe Brun.
04:49C'est quand même fort peu probable.
04:50C'est vrai que François Hollande,
04:53il n'a pas la réponse du peuple français
04:55puisqu'il ne s'est pas représenté.
04:57Donc, il a cette espèce de regret
04:58qui le tenaille comme ça.
04:59Il doit en rêver la nuit.
05:01Et donc, il veut à nouveau se confronter aux Français.
05:03Il parie sur le fait que cette primaire
05:06soit une primaire de déconstruction
05:08plutôt qu'une primaire de consécration.
05:10et que le gagnant soit mal élu
05:14et que tout cela n'emporte pas de dynamique
05:16et que le moment venu,
05:17on fera appel au recours François Hollande.
05:20J'y crois assez peu.
05:21Et c'est vrai que c'est assez désespérant
05:23de voir qu'en gros,
05:24vous avez deux figures dans cette course
05:26entre Ségolène Royal et François Hollande
05:29qui, j'allais dire,
05:30ne sont pas exactement l'avenir de la gauche
05:33sans leur porter au vent.
05:34Il y a une petite musique en ce moment
05:35dans certains milieux
05:37et d'ailleurs, notamment aussi
05:39dans le milieu de la finance.
05:41Et il y a des personnes qui disent
05:43« Et pourquoi pas François Hollande ? »
05:46En fait, le portrait est assez vite fait.
05:48On vous explique que c'est un homme d'État
05:50qui connaît les sujets,
05:51qui a une crise financière qui se profile,
05:53qui est une crise grave.
05:54Et c'est le cas parce que,
05:56tout à l'heure,
05:56on n'en a pas discuté avec Mathieu Lefebvre,
05:58mais en réalité,
05:59ce qui se profile entre...
06:02Il n'y a aucune fin de guerre
06:03entre la Russie et l'Ukraine
06:05qui est prévisible pour l'instant
06:06et le conflit au Moyen-Orient s'enlise.
06:09Donc, ça veut dire que
06:10sur toutes les hydrocarbures,
06:11on est quand même
06:12dans une situation très compliquée.
06:14Il y a une crise, évidemment,
06:16financière qui s'envole
06:17avec les taux d'intérêt.
06:19Bon, il y a des gens
06:21que moi, j'ai rencontrés
06:22qui me disent
06:22« Bon, pourquoi pas François Hollande ? »
06:24Et ce sont, historiquement,
06:26des électeurs de droite.
06:27Oui, mais parce que, d'abord,
06:28les Français sont en peuple sans mémoire
06:30et ils ont oublié
06:31ce qu'a été le quinquennat
06:33de François Hollande,
06:34qui, quand même,
06:36a été élu, d'ailleurs,
06:38par une primaire,
06:39ce qu'il a beaucoup handicapé
06:40parce qu'il devait tenir compte
06:43de ceux qui lui avaient permis
06:46de gagner,
06:47les Montebourg et autres
06:48qui ont fait que
06:50il n'a pas député
06:52en faisant une politique
06:54de l'offre
06:55du social-démocrate
06:56qu'il y a réussi
06:57au bout de deux ans,
06:59deux ans et demi.
06:59D'ailleurs,
07:00qui l'y a poussé
07:01et qui est intervenu,
07:02c'était le secrétaire général
07:03adjoint de l'Élysée
07:04qui était Emmanuel Macron.
07:05Mais après,
07:06on ne peut pas dire
07:07que c'est quelqu'un
07:08qui prenait la parole souvent,
07:11imprimait sa marque
07:13et a montré
07:14une faiblesse
07:15dans l'autorité.
07:16Moi, je pense, d'ailleurs,
07:17que c'est sa faiblesse
07:18qui a fait Macron.
07:19Donc, ça,
07:19on l'a oublié.
07:20Et quand même,
07:21les Français qui disent
07:23qu'il pourrait être le sauveur,
07:24mais à la fin
07:25de son quinquennat,
07:26il ne s'est pas représenté
07:27parce que 82% des Français
07:28ne voulaient pas
07:29qu'ils se représentent.
07:30Il est vrai que là
07:30où Pierre a touché
07:31un point sensible,
07:32c'est que l'expérience
07:34qu'il a de l'appareil d'État,
07:36le fait qu'il a quand même
07:37négocié avec Merkel,
07:39notamment pour les Grecs,
07:40enfin qu'il a...
07:40Mais même avec Poutine,
07:41ça, c'est vrai.
07:42Oui, oui, oui.
07:43Dans le climat actuel,
07:45vous avez raison, Pierre,
07:46je pense qu'il y a...
07:46Je ne me fais que l'écho
07:47de ce que j'ai.
07:48On se dit,
07:49si on a un président de gauche,
07:50il vaut mieux que ce soit
07:51peut-être Hollande
07:51que Glucksmann
07:52qui nous fait un peu peur
07:52quand il est fébrile
07:53sur ses estrades
07:54et qui veut son cap clair
07:56ou bien un Olivier Faure
07:58ou un Philippe Brun
07:59ou un Mélenchon
08:00qui fait peur à tout le monde.
08:01Donc, dans ce contexte-là,
08:03c'est sûr que les milieux
08:04d'affaires seraient plus rassurés
08:05d'avoir un François Hollande
08:06qu'un Olivier Faure.
08:07Et dans les milieux d'affaires
08:08qui ont essayé une fois
08:09un jeune homme,
08:11ils ont plutôt envie
08:12de quelqu'un de plus mûr.
08:13Et dans les milieux d'affaires,
08:14on parle d'un autre nom,
08:15c'est de Sarah Knafow.
08:16Et d'ailleurs,
08:17il y a un démarrage record
08:18pour le Casse du siècle
08:19qui est son dernier livre.
08:21Elle fait d'ailleurs
08:22la une du GD News ce matin.
08:23Beaucoup de gens également
08:24parlent de Sarah Knafow.
08:26Oui, ben oui.
08:27Antoine André.
08:28Sarah Knafow,
08:28elle colle à l'époque.
08:31C'est une femme qui est dynamique,
08:33qui est très agréable d'abord.
08:34Et c'est quand même pas négligeable
08:35parce que les politiques
08:36qui vous engueulent,
08:37c'est quand même un peu pénible.
08:38Elle, elle est beaucoup
08:39dans la discussion,
08:40dans le dialogue.
08:40Elle a une pensée économique libérale.
08:42Elle travaille.
08:43Elle a notamment prendu
08:44des rapports au Parlement européen,
08:45ce qui n'était pas exactement
08:46dans la tradition
08:47de son courant politique.
08:48et donc, elle produit des idées.
08:50Et de ce point de vue-là,
08:51le renouvellement,
08:53le côté, j'allais dire,
08:54un peu positif
08:55et enthousiasmant
08:56de sa candidature
08:57et son corpus idéologique,
08:58elle a fait l'ENA.
08:59C'est quand même une femme
09:00qui est très structurée.
09:02Oui, elle répond aussi
09:03à une demande
09:03et une attente
09:04qui peut trouver sa place,
09:06sauf à ce qu'Éric Zemmour,
09:08évidemment...
09:09Ah oui, mais ça,
09:11cela ne nous regarde pas.
09:13Bon, non.
09:14En tout cas,
09:16c'est ce qui se profile.
09:17Je vous propose
09:18d'écouter Jules Torres
09:19qui parlait justement
09:20de cette une du JD News
09:22à propos de Sarah Knafow.
09:23C'était sur notre antenne.
09:26Il faut mesurer ce chiffre
09:28à 120 000 exemplaires
09:29en seulement 15 jours
09:30pour un essai économique
09:31qui plus est écrit
09:32par un responsable politique.
09:34C'est exceptionnel.
09:35Chez Fayard,
09:36on a même osé ressortir
09:37les rotatives.
09:38Elles sont reparties.
09:39Un libraire nous raconte aussi
09:40quelque chose
09:41d'assez révélateur.
09:42Au début,
09:43les clients demandaient
09:44le livre de Sarah Knafow.
09:45Maintenant,
09:45il demande, je cite,
09:47le livre sur les impôts
09:48parce que Sarah Knafow,
09:49elle a transformé
09:50un sujet aride
09:51en véritable enquête policière.
09:53Le livre rencontre surtout
09:54un sentiment très installé
09:56dans le pays
09:56qui figure
09:57parmi ce mouvement
09:58des Nicolas,
09:59celui de payer toujours plus
10:00pour recevoir toujours moins.
10:02Voilà.
10:02Et là,
10:02elle touche évidemment
10:03chaque Français.
10:04Alors que François Hollande
10:05a vendu 1 500 exemplaires.
10:07Voilà.
10:07Donc,
10:07ce n'est pas exactement pareil.
10:09Bon,
10:09merci beaucoup Catherine Ney.
10:11Merci à vous Antonin André.
10:13Europe 1 Soir s'achève
10:14mais demain,
10:15vous avez rendez-vous
10:16avec Europe 1 Soir,
10:17bien sûr,
10:17dès 18h avec Hélène Rouet.
10:20Notez bien également
10:20le nouvel horaire
10:21de votre émission,
10:22le studio des légendes.
10:23Désormais 20h30,
10:2321h30,
10:24tous les vendredis.
10:25Et le service des sports
10:27de la rédaction d'Europe 1,
10:29le studio des légendes,
10:30ce sera donc
10:31tous les vendredis
10:32de 20h30
10:33à 21h30.
10:34Et demain,
10:35exceptionnellement,
10:36ce sera Rudi Saada
10:37qui sera aux commandes
10:38de Europe 1 Soir.
10:41Moi,
10:41je vous retrouve
10:43à 10h sur Europe 1.
10:45Dimanche,
10:45pour le grand rendez-vous
10:46Europe 1 C News,
10:47les échos,
10:47mon invité,
10:47Gilles Kepel
10:48pour son dernier livre.
10:50A tout de suite.
10:5118h, 20h,
10:52Europe 1 Soir,
10:54Pierre de Villeneau.
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