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  • il y a 13 minutes
Tous les jours dans "Et si on en parlait", la psychologue clinicienne Marie-Estelle Dupont livre son édito. Pour envoyer votre témoignage ou contacter l’équipe de l’émission, n’hésitez pas à écrire à etsionenparlait@europe1.fr

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Transcription
00:01Oui, aujourd'hui, nous allons parler, chers auditeurs d'Europe 1, d'un non-lieu, de quelque chose qui n
00:05'est pas arrivé.
00:06Du traumatisme par omission, quand la rencontre fondatrice n'a pas lieu entre un enfant et l'un de ses
00:12parents ou les deux.
00:12Nous allons parler du fondement de l'humanité quand il fait défaut le lien d'attachement véritable, pas la cohabitation
00:18mécanique.
00:19L'essence même du sentiment d'identité qui naît des tout premiers liens, vivant, habité, imparfait, mais heureux d'être
00:25père ou mère et enfant.
00:26Ce traumatisme en creux ne peut être porté devant les tribunaux comme des coups ou des abus, pourtant il les
00:33accompagne toujours.
00:34Quand on dit traumatisme, cela évoque quelque chose de terrible qui est arrivé et a fait effraction dans l'équilibre
00:39de la personne qu'il subit.
00:41C'est le versant visible, factuel du traumatisme.
00:43Mais ce versant ne va pas sans son inverse, ce qui n'a pas eu lieu.
00:47Tout ce qui n'est pas arrivé de sécurité, d'attention, de tendresse à un enfant maltraité, violé, bousculé, abandonné,
00:53malade peut-être.
00:54Il y a ce qu'on doit surmonter, et souvent le plus difficile n'est pas de gravir la montagne
00:58du traumatisme,
00:59mais de ne pas sombrer dans le vide de ce qui n'est pas arrivé.
01:02Cette protection, cet amour, cette reconnaissance de notre existence comme valant la peine d'être vécu.
01:07Ce sont des traumatismes familiaux qui sont rarement nommés et qui pourtant déclenchent une souffrance qui se transmet de génération
01:13en génération.
01:13Alors aujourd'hui, il y a une bonne nouvelle, on sait les identifier, on sait parler de carences affectives,
01:18on sait parler de culpabilité d'exister, de difficultés à habiter la normalité de la vie, faute d'un socle
01:24intérieur suffisamment solide.
01:26Oui, je sais, chers auditeurs d'Europe 1, le sujet n'est pas drôle, et pour certains, je touche quelque
01:30chose d'un peu trop sensible,
01:32qui peut-être vous donne envie de ne pas écouter.
01:33Mais j'ai avec moi une invitée merveilleuse qui va m'aider à nommer, non pas la violence de ce
01:39qui est arrivé, mais le désastre.
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