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  • il y a 8 minutes
Ce mercredi 16 septembre, retrouvez le replay de la tribune politique sur BFM Business

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Transcription
00:00Good morning business, la tribune politique.
00:04Sébastien, ce matin vous nous dites qu'Edouard Philippe la joue sérieux, peut-être un peu trop ?
00:09Oui, depuis le début de sa campagne, vous savez, il assume d'être celui qui dit la vérité,
00:13qui pose les constats et qui assume les solutions difficiles.
00:17Travailler plus, repousser l'âge de la retraite, ça n'est pas populaire mais c'est responsable.
00:22Voilà ce qu'il martèle, mais est-ce vraiment payant ?
00:25Sans doute chez une partie de l'électorat, mais suffisant ? Probablement pas.
00:29D'ailleurs, son équipe s'interroge parce que, de fait, dans les sondages,
00:31Edouard Philippe n'a pas plié le match dans le bloc central.
00:34Certes, il est le seul aujourd'hui qui paraît capable d'éviter un second tour Mélenchon-Le Pen,
00:39mais ça reste fragile et il n'est plus donné gagnant au second tour.
00:42La dynamique n'est pas là, constat glaçant d'une cadre au sein du bloc central.
00:46Rien ne m'empêche aujourd'hui de soutenir Edouard Philippe, mais rien ne m'en donne envie non plus.
00:51Je précise qu'elle ne soutient pas non plus Gabriel Attal.
00:53Qu'est-ce qui manque alors ?
00:55Un peu d'animation. Dans une campagne, il faut être à l'initiative,
00:58il faut dicter l'agenda médiatique.
01:01Quelle proposition d'Edouard Philippe, ces derniers mois, a fait la une
01:04et forcé ses concurrents à se positionner ?
01:07On a du mal à trouver. Dicter l'agenda, c'est exactement ce que font
01:10Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
01:13Sur le voile, sur la baïa, sur la préférence nationale dans les HLM,
01:17la campagne ne tourne qu'autour d'eux.
01:19Aucun candidat du bloc central ne parvient à imposer son tempo.
01:23Je peux vous dire que l'entourage d'Edouard Philippe
01:24a très bien identifié le problème. Que doit-il incarner ?
01:28À part le sérieux. Il faut encore trouver un récit
01:30qu'il fend de l'armure, qu'il casse un peu son image
01:32de l'aveu même d'un proche.
01:34Edouard Philippe aime parler à la raison.
01:37Il faut sans doute qu'il parle un peu plus au cœur des gens.
01:39C'est pour ça qu'on l'a vu faire des frites.
01:41Oui, on l'a vu faire des frites dans une baraque à frites dans le Nord.
01:44On l'a vu aussi cuisiner une flamme-cuche ce week-end
01:45sur une foire agricole.
01:47Il tente aussi de se dérider sur les réseaux sociaux
01:50avec des vidéos, des podcasts, des échanges
01:52à bâton rompu, en mode détendu.
01:54Mais attention, c'est à double tranchant.
01:56La preuve, ces derniers jours, lorsqu'il suggère
01:58un système où le président
02:00n'entrerait en fonction que plusieurs mois
02:02après l'élection, le voilà
02:03affublé d'un nouveau surnom sur les réseaux,
02:06Edouard Leflémar.
02:07Attention, une maladresse peut très vite devenir un sparadrap.
02:10Oui, bien relayée par le Rassemblement National.
02:12Reste le sujet des retraites
02:14et c'est sans doute ce qui
02:16le distingue le plus.
02:17Vous voulez dire, monsieur 67 ans,
02:20c'est une étiquette qui lui colle à la peau
02:22depuis 2021 qu'il a émis cette hypothèse.
02:25Même s'il n'en parle plus.
02:26Même s'il n'en parle plus, vraiment.
02:28Sauf qu'aujourd'hui, on ne connaît toujours pas
02:29son projet précis de réforme des retraites.
02:32Edouard Philippe a temporisé.
02:34Il a joué la prudence.
02:35Il va devoir, à un moment, se dévoiler.
02:37Ses proches, d'ailleurs, le poussent à purger
02:38ce sujet au plus vite.
02:40On nous dit que c'est imminent.
02:41D'ici quelques jours, une séquence
02:43qu'il sait extrêmement périlleuse,
02:45car forcément, la potion sera amère.
02:47Il faudra sans doute ajouter un peu de sucré,
02:50donner aussi de l'optimisme.
02:52Aujourd'hui, les Français le disent
02:53dans toutes les enquêtes d'opinion.
02:54Ils attendent du changement
02:55et des raisons d'espérer
02:57dans le bloc central.
02:58Edouard Philippe, comme ses concurrents,
02:59d'ailleurs, a bien du mal à leur en donner.
03:02Oui, le problème, c'est que s'il y a
03:03plusieurs candidats dans le bloc central,
03:04il n'y aura pas de bloc central au deuxième tour.
03:06C'est ce que disent en tout cas les sondages.
03:09Merci Sébastien Kreb,
03:10chef du service politique de RMC.
03:12C'est une chronique à retrouver
03:13en podcast et en replay
03:14sur l'application BFM Business.
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