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  • il y a 4 minutes
Ce mercredi 16 septembre, la construction des datas center moins polluants et moins énergivores qui fonctionnent avec des neurones humains, a été abordé par Anthony Morel, dans Culture IA, dans l'émission Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Alors Anthony, c'est devenu un enjeu économique et politique au cœur de la révolution de l'IA.
00:04Comment construire des data centers moins polluants et moins énergivores ?
00:09Une solution complètement dingue est en train d'être testée à Singapour.
00:12Des data centers bio, il faut l'inventer, qui fonctionnent avec des neurones humains.
00:18Oui, j'ai même des data centers vivants.
00:20Alors je mets des gros guillemets à vivants évidemment, ou en tout cas organiques, on va le dire comme ça,
00:25qui fonctionnent grâce à de vraies cellules cérébrales humaines.
00:29Alors ça peut sembler complètement fou, pourtant ça fait des années que des laboratoires de recherche,
00:32des startups, je pense à Cortical Labs par exemple, travaillent sur la notion de bio-ordinateur,
00:37on appelle ça le bio-computation.
00:39Et donc le principe, c'est de greffer sur des puces électroniques classiques, sur des puces en silicium,
00:44des neurones humains qui sont, je vous le rassure, ils ne sont pas prélevés sur des personnes réelles,
00:50ils sont cultivés en laboratoire à partir de cellules souches.
00:54Et ces neurones, ils vont réagir à des impulsions électriques
00:57qui vont être traduites en informations numériques.
01:00On va s'en servir pour réaliser des tâches informatiques, notamment d'apprentissage.
01:04On a appris par exemple à ces puces, avec des neurones dessus, à jouer à Pong.
01:08Vous savez Pong, le jeu avec les deux raquettes et la balle.
01:10Et donc on voit ce système qui s'améliore au fil du temps, c'est absolument incroyable.
01:14Et donc en gros, l'idée, ça va être de créer des data centers à partir de ça.
01:18Alors on est au stade vraiment très expérimental.
01:20Pour l'instant, à Singapour, ils ont installé un premier rack de serveurs.
01:24Donc c'est un ensemble de serveurs qui contient 16 millions de neurones vivants.
01:28Sur les performances, il faut être très clair, on est très loin des performances des dernières puces.
01:32Nvidia, ce n'est pas du tout ça l'enjeu.
01:34L'idée, ce serait plutôt que le calcul biologique serve de complément aux infrastructures classiques,
01:38notamment pour des tâches d'apprentissage ou d'adaptation.
01:42Pour ça, le cerveau humain et les neurones sont très forts.
01:45Et c'est là que ça pourrait être très intéressant, notamment dans le domaine de l'intelligence artificielle.
01:48On est vraiment à la frontière entre l'informatique et les neurosciences.
01:51Alors surtout, le gros avantage de ces bio data centers, c'est qu'ils sont beaucoup plus sobres d'un
01:56point de vue énergétique.
01:58Alors c'est tout le pari en fait, parce que notre cerveau, il est capable de faire des choses incroyablement
02:02complexes
02:03avec l'équivalent énergétique d'une petite ampoule, d'une vingtaine de watts, le taux à température du corps humain.
02:09Et ça, c'est une performance en termes d'efficience.
02:11C'est l'évolution biologique, c'est le miracle de l'évolution biologique qui rend ça possible.
02:15Et ça, quand vous comparez ça à des data centers classiques qui consomment énormément d'énergie,
02:20qu'il faut refroidir en permanence, c'est extrêmement intéressant, sachant qu'aujourd'hui,
02:25je ne vous dis pas qu'on va remplacer tous les data centers avec ça, c'est vraiment une piste
02:28de recherche,
02:28mais toutes les solutions sont bonnes à prendre, parce que c'est devenu un enjeu économique et politique.
02:33On le voit aux Etats-Unis, vous savez que maintenant, quand on installe des data centers,
02:37les gens commencent à protester, à manifester, parce que ça fait augmenter, exploser,
02:41même la consommation énergétique et donc la facture énergétique dans certaines zones.
02:45Et donc, on essaye de trouver des solutions, ça peut être de créer des puces plus efficientes.
02:48Il y a certains géants de la tech qui commencent à installer des mini-centrales nucléaires à côté des data
02:53centers.
02:53Et l'une des autres solutions, c'est celle de la biocomputation, du calcul biologique,
02:58qui pourrait permettre de réduire assez drastiquement la consommation énergétique de ces data centers.
03:03Ça risque quand même de poser quelques questions éthiques, Anthony.
03:05On parle quand même de mélanger de l'électronique et du vivant.
03:09Oui, alors je n'ai pas toutes les réponses.
03:10Est-ce que les neurones peuvent ressentir quelque chose quand on leur envoie comme ça
03:14les petites impulsions électriques pour générer des informations numériques ?
03:18À partir de quand un ordinateur biologique n'est plus seulement une machine ?
03:22Alors évidemment, on parle d'un amas de cellules, on ne parle pas de quelque chose de sanction.
03:26C'est la science-fiction, là.
03:27Mais on est vraiment dans la science-fiction, sauf que c'est très réel.
03:30C'est-à-dire que réellement, ce sont des entreprises qui travaillent sur ce sujet-là.
03:33Il faut vraiment dire qu'on est au stade, pour l'instant, prototypal.
03:36Avant que monsieur et madame, tout le monde, n'aie des bio-ordinateurs à la maison,
03:40il va falloir attendre quelques années.
03:42Mais ça reste une piste de recherche intéressante.
03:44On pourrait aussi se servir de ces bio-ordinateurs pour mieux comprendre
03:47certaines maladies neurodégénératives comme Alzheimer
03:49et pour nous aider à trouver de nouveaux types de traitements médicaux.
03:52Donc vraiment, c'est une promesse technologique assez intéressante,
03:56même si elle est encore balbutiante, évidemment.
03:58Il faut s'inspirer des bons neurones.
03:59Il faut prendre les bons.
04:00Ils ont essayé avec certaines personnes, mais l'ordinateur ne tournait pas du tout.
04:04Donc voilà.
04:05Merci Anthony.
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