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  • il y a 28 minutes
Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe, était l'invité de Sonia Mabrouk ce mardi 15 septembre: 

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Transcription
00:00— Bonsoir, Benjamin Haddad. — Bonsoir.
00:14— Merci d'être là. Vous êtes le ministre délégué en charge de l'Europe.
00:16Nous sommes toujours avec Arthur Berda, avec Paolo Levy, Anne-Saura Dubas et Ulysse Gosset nous rejoint.
00:22Bonsoir à vous. — Bonsoir, Sonia.
00:23— Il est à l'invitation international auprès de BFM TV.
00:26On a parlé d'une multiplication des incidents entre la Russie et l'OTAN.
00:30Je voudrais qu'on regarde cette image avec un drone qui a été intercepté cette fois-ci dans le ciel
00:34lituanien par l'OTAN.
00:36– Sous-titrage Société Radio-Canada
01:06est au plus haut. On rappelle aussi qu'un train civil à destination de Varsovie a été ciblé par un
01:11drone en Ukraine.
01:12Est-ce qu'on est à l'aube d'une confrontation directe ?
01:15– Vous avez cité effectivement toutes les provocations russes qu'on a vues ces derniers jours.
01:19Que ce soit le train qui se rendait à Varsovie depuis Kiev, puisqu'il faut prendre le train de nuit
01:23pour pouvoir passer la frontière pour se rendre en Ukraine, les provocations contre l'hélicoptère au Danemark,
01:29ce drone qui a été abattu par un avion de l'OTAN au-dessus du ciel lituanien.
01:32On voit ici une forme d'escalade de la part de la Russie, mais qui est en réalité vraiment le
01:37signe d'une fébrilité.
01:38La fébrilité de la Russie qui patine sur le terrain, qui voit aujourd'hui les Ukrainiens,
01:45grâce à leur capacité de frappe en profondeur, grâce à l'innovation qu'ils montrent dans l'utilisation des drones
01:51qui ont amené aussi cette guerre en Russie pour la première fois en quatre ans et demi,
01:55avec l'impact d'ailleurs que ça a sur la société russe, avec le mécontentement qui est en train de
01:59grandir en Russie
02:00et la pression sur le régime de Vladimir Poutine, des critiques qui fusent sur les réseaux sociaux, etc.
02:04Et fondamentalement, qu'est-ce que c'est ces incidents ?
02:07C'est une volonté d'intimider les Européens, d'intimider les opinions publiques dans notre soutien à l'Ukraine.
02:14C'est étonnant, monsieur le ministre, c'est-à-dire que vous jugez que ce sont autant d'actions
02:18qui sont liées à une fébrilité de la part des Russes, alors que c'est quand même des démonstrations de
02:23force assez puissantes.
02:24Non, ça montre au contraire, une fois de plus, l'échec de la Russie a intimidé les Européens.
02:32Ça fait quatre ans et demi que la Russie pense que le temps va jouer en sa faveur,
02:35pense que nous allons nous affaiblir, nous allons nous diviser, que les Ukrainiens vont reculer.
02:40Ça a été échec de calcul après échec de calcul de la part du régime de Vladimir Poutine.
02:45Je le rappelle quand même, au début de cette guerre, ils pensaient prendre Kiev en quelques jours.
02:49Ils pensaient ensuite que très rapidement, les Européens allaient se désunir,
02:53que les Américains et les Européens ne seraient plus là.
02:55Au contraire, depuis un an et demi, ce sont les Européens qui assurent le soutien à l'Ukraine.
03:01Le prêt de 90 milliards d'euros qui donne de la visibilité aux Ukrainiens sur le plan économique et militaire
03:05qui a été finalisé par les pays européens.
03:07Vous estimez qu'être à l'aube d'une confrontation directe, c'est une Russie affaiblie ?
03:12Non, mais moi, je n'irai pas dans cette surenchère rhétorique.
03:18Moi, je crois que dans ce genre de situation, vous savez, les Britanniques, ils ont cette expression
03:22« keep calm and carry on ».
03:24Il faut le dire aux Polonais, alors.
03:26Mais je crois que les Polonais, j'étais avec le ministre des Affaires étrangères en Pologne
03:29il y a deux jours à Kiev, et nous avons, une fois de plus, réaffirmé notre soutien à l'Ukraine.
03:35Là, c'est nos intérêts de sécurité qui sont en jeu.
03:37On voit aujourd'hui la menace que fait peser la Russie, non seulement à travers son agression contre l'Ukraine,
03:41mais, vous venez de le dire, les ingérences dans nos démocraties, les incursions dans l'espace aérien,
03:47les attaques cyber, la première ligne, pardon, la première, et c'est un sujet important,
03:52la première ligne de défense des intérêts de sécurité de l'Europe, ce sont les Ukrainiens.
03:57Et donc, nous continuerons et nous ne laisserons pas intimider notre soutien à l'Ukraine.
04:01Mais une fois de plus, la Russie est en difficulté.
04:04La Russie a montré, encore une fois, l'échec de sa stratégie qui consistait à diviser ou à affaiblir le
04:09soutien des Européens
04:10et à espérer que le temps jouerait en sa faveur.
04:12Nous serons résilients dans la durée, dans le soutien à l'Ukraine.
04:15Vous étiez avec ce ministre, on va l'écouter, ministre des Affaires étrangères.
04:19Moi, dans sa déclaration, alors on se trompe en l'écoutant, il dit l'inverse.
04:22Il dit que la réaction européenne est insuffisante.
04:24Lui, il est en train de présenter quasiment la force de guerre polonaise et de dire « Nous sommes prêts,
04:30écoutons-le ».
04:33Si la Russie nous attaquait et que nous décidions de ne plus nous retenir, je pense que nous la vaincrions
04:38assez rapidement.
04:39Nous disposons d'une supériorité écrasante sur la Russie en matière de puissance aérienne.
04:44Si les Ukrainiens ont mis hors service la moitié de la capacité de raffinage de la Russie en six mois,
04:49nous pourrions le faire en six semaines et neutraliser l'autre moitié.
04:56Ce qui est suggéré, c'est ni plus ni moins que la partie européenne de l'armée de l'OTAN
05:00aille détruire la moitié des raffineries de Russie.
05:02Non, pardon, ce n'est pas du tout ce qu'il a dit.
05:05Il a parlé du fait que les Ukrainiens ont réussi à détruire les capacités de raffinage de la part de
05:09la Russie.
05:10Exactement ce que je vous disais, c'est que les Ukrainiens mettent la Russie en difficulté.
05:13Et après, ce qu'il dit aussi, c'est que nous n'avons aucune raison, nous, Européens, de passer notre
05:18temps à nous autoflageller ou à parler de notre faiblesse.
05:21La vérité, c'est que depuis quelques années, un, les pays européens réarment.
05:26Notre pays, sur les deux mandats du président de la République, aura doublé son budget de défense.
05:29Il faudra continuer à accélérer le déploiement de la loi de programmation militaire et accélérer ce réarmement.
05:35Deuxièmement, nous sommes les premiers soutiens aujourd'hui à l'Ukraine.
05:38Je voudrais quand même le dire, parce que rappelez-vous, il y a un an et demi, quand on a
05:41eu la rencontre entre le président Trump, le vice-président Vance et le président Zelensky dans le bureau Oval,
05:45tout le monde nous a dit, ça y est, l'Ukraine va être forcée à la capitulation, les Américains et
05:49les Russes vont faire un deal sur un coin de table et les Européens seront nulle part.
05:52Aujourd'hui, nous avons pris en charge notre sécurité.
05:55Mais pardonnez-moi, la Pologne a commandé des dizaines d'avions F-35, elle monte en puissance dans ses effectifs,
06:00elle montre ses muscles.
06:01Qu'est-ce qui est en train de se préparer ? Là, nous ne sommes pas en train de parler
06:05de l'Ukraine, mais de la Pologne.
06:06Mais je vous l'ai dit, la Russie, parce que là, c'était en l'occurrence un propos qui se
06:11tenait en Ukraine et où on parlait justement du soutien à l'Ukraine.
06:14Mais je vous ai dit, la première ligne de défense, d'abord, nous avons réarmé, nous avons doublé le budget
06:20de défense de la France sur les deux mandats du président de la République.
06:22Nos voisins aussi augmentent leur budget de défense. Nous investissons aussi dans les coopérations industrielles au niveau européen.
06:30Vous avez un ministre des Affaires étrangères polonais qui est en train de dire, on réarme pour, pardonnez-moi, mais
06:36il est en train de dire, voilà nos effectifs, voilà ce dont on est capable.
06:39C'est un discours qui a l'attention et de sa population, on voit bien, pour la réarmer moralement, et
06:45de la Russie.
06:46Là, on parle d'un pays de mieux et de l'OTAN.
06:48Mais la seule façon de dissuader la menace, c'est d'être fort.
06:52Est-ce que vous croyez que si demain nous sommes faibles, désunis, est-ce que vous pensez que, quel message
06:58vous envoyez à celui qui aujourd'hui a une posture agressive ?
07:01La seule façon, encore une fois, pour les Européens, en particulier dans un contexte où, on le voit, les Américains
07:06ont d'autres priorités géopolitiques.
07:08Mais le sous-texte, il vous dit, vous n'en faites pas assez.
07:11Ça va d'ailleurs au-delà de Donald Trump.
07:12Avec les questions qui se posent sur l'avenir de la garantie de sécurité américaine et la relation transatlantique,
07:17les Européens doivent investir massivement dans leur réarmement, dans leur autonomie stratégique.
07:22Vous ne répondez pas.
07:24Mais je vous dis, la meilleure façon d'assurer la sécurité de l'Europe, c'est précisément de continuer à
07:29investir dans le réarmement et de dissuader la menace.
07:31L'OTAN est en train quasiment de faire une déclaration en disant, voilà nos effectifs, voilà de quoi nous sommes
07:36capables.
07:36Il parle en notre nom.
07:39Il parle.
07:40La Pologne, moi je ne suis pas le porte-parole du ministre des Affaires étrangères polonais.
07:43Ça nous engage quand même.
07:44Mais ce que je constate, c'est qu'il dit effectivement, nous avons les moyens de nous défendre, nous sommes
07:49forts.
07:49Donc c'est une présentation directe.
07:51Et arrêtons.
07:52Attendez.
07:52Nous avons les moyens de nous défendre par rapport à qui ?
07:54Là, il y a quand même une inversion accusatoire.
07:56Vous commencez en montrant toutes les provocations de la part de la Russie.
08:02les drones, les provocations contre un hélicoptère danois.
08:08Évidemment, les attaques qui se multiplient contre les Ukrainiens, en particulier contre les civils et les infrastructures.
08:14Et de dire après que ce sont les Européens qui ont une posture agressive.
08:17Non.
08:18Nous, les Européens soutiennent l'Ukraine, qui est notre première ligne de défense,
08:22se réarment pour dissuader la menace et pour se donner les moyens d'être autonomes
08:27Et de pouvoir défendre nos intérêts, ce qui est vrai, c'est que les pays européens qui sont en première
08:32ligne,
08:33comme la Pologne ou les pays baltes, se préparent à la guerre.
08:36Et qu'ils ont un langage, dont on vient d'entendre, qui laisse à penser qu'il y a une
08:41confrontation possible.
08:42Ce n'est pas votre analyse.
08:43Et ce qu'il y a de nouveau dans les derniers jours, c'est qu'on voit qu'il y
08:47a un retour à la négociation
08:48entre les Américains, les Russes et les Ukrainiens.
08:53Est-ce que vous croyez que cette négociation est possible ?
08:55Vous revenez à Kiev.
08:56Est-ce que les Ukrainiens sont prêts à négocier ?
08:58Et négocier quoi ?
08:59Puisqu'on sait que les Russes demandent l'abandon du territoire du Donbass.
09:03Est-ce que cette négociation a une chance ?
09:05Ou est-ce qu'elle est condamnée d'avance parce que Poutine n'en voudra pas ?
09:07Alors, d'abord, je voudrais dire, quand même, répondre.
09:09La Pologne et les États baltes, ils sont en première ligne face à la menace de la Russie.
09:13Donc, moi, je comprends leur effort à la fois de réarmement.
09:16Et nous sommes à leur côté.
09:18Ce sont nos alliés.
09:19Nous avons, je le rappelle, des troupes dans les pays baltes, par exemple, dans le cadre des opérations de l
09:23'OTAN.
09:23Nous sommes nation cadre en Roumanie et nous sommes aux côtés de nos partenaires,
09:27précisément pour dissuader la menace et assurer la sécurité du continent européen.
09:30C'est la sécurité des Français qu'on assure à travers ce soutien.
09:34Et si un pays balte est attaqué par la Russie, est-ce que la France va venir à l'aide
09:37des pays baltes et de la Pologne au nom de l'OTAN ?
09:39Est-ce que demain, si vraiment la Pologne est attaquée frontalement, la France est engagée ?
09:44Mais c'est le sens d'une alliance.
09:46La France honore ses engagements.
09:48Mais la meilleure façon, une fois de plus, sur des sujets aussi graves, je pense qu'on peut en parler
09:54calmement,
09:55avec toute l'humidité qui s'impose, c'est la meilleure façon de dissuader précisément la menace,
10:01c'est d'être fort, d'être unis, d'être aux côtés de nos partenaires.
10:06Mais le travail que nous faisons depuis des années, précisément, le travail de réarmement,
10:10le travail de présence sur le flanc Est, y compris, moi je suis allé voir nos troupes en Estonie
10:15qui sont présentes aux côtés de nos partenaires, et le travail de soutien à l'Ukraine à travers l'aide
10:19militaire économique
10:20vise précisément à dissuader la menace de la Russie.
10:24Et sur la négociation.
10:26Vous le savez, la France a toujours soutenu tous les efforts diplomatiques.
10:30Nous avions d'ailleurs, lorsque les négociateurs américains étaient à Kiev,
10:33nous avions une équipe française à leur côté.
10:35Je constate que le président Zelensky a toujours d'ailleurs dit sa disposition à faire des compromis,
10:42à parler avec le président russe et à engager un dialogue diplomatique.
10:46Le seul qui, depuis le début, tourne le dos à la diplomatie, c'est le président Poutine.
10:50Rappelez-vous d'ailleurs...
10:52Petite question sur l'aide à l'Ukraine.
10:54Vous avez entendu, comme nous, dans le débat politique, on est en pleine campagne présidentielle,
10:58certains candidats, certains partis qui disent, au nom de la sobriété et de l'austérité budgétaire,
11:02il faut revoir l'aide qu'on apporte à l'Ukraine, la réduire, voire, pour certains, carrément la supprimer.
11:08Qu'est-ce que vous leur répondez ?
11:09Mais moi, je leur réponds que ce serait aller contre les intérêts de la France.
11:12Ce serait aller contre les intérêts de sécurité des Français,
11:14contre l'engagement de notre pays aux côtés de nos partenaires et de nos alliés.
11:18Aujourd'hui, la plupart de ces mécanismes, d'ailleurs, sont des mécanismes...
11:22Oui, ce serait irresponsable, et ce serait surtout dangereux, dangereux pour la sécurité des Français.
11:26Aujourd'hui, ces mécanismes sont essentiellement des mécanismes de près, dans le cadre de l'Union européenne.
11:32Sur le plan militaire, il y a, après, beaucoup d'achats, d'ailleurs, de matériel qui viennent d'Europe.
11:37Moi, quand j'étais ces derniers jours en Ukraine, j'y suis allé avec des entreprises françaises,
11:42dans le secteur des drones, de l'espace, des satellites, de la robotique,
11:46pour voir la façon dont on peut aussi rapprocher notre base industrielle de défense de celle de l'Ukraine.
11:50On voit aussi l'innovation, l'ingéniosité qui est en cours.
11:54Donc, c'est aussi une opportunité en termes d'innovation pour nos industriels
11:58de pouvoir être présents et d'accroître leur coopération.
12:00Mais, encore une fois, nous défendons nos intérêts.
12:04Il y a une dimension nucléaire qui est nouvelle, c'est que la France propose d'élargir la dissuasion à
12:09certains pays européens.
12:10La Finlande vient de dire oui, la Suède a dit oui.
12:13On discute avec l'Allemagne, on discute avec la Pologne.
12:16Est-ce que ça, c'est quelque chose qui permet de dire clairement à Poutine,
12:21il y a des limites, il y a des lignes rouges ?
12:23Au Moscou, on parle comme d'un risque.
12:25Vous savez, notre pays, je crois qu'il a un rôle de leadership à jouer,
12:28et qu'il joue actuellement sur ces questions stratégiques.
12:31On est dans un contexte, encore une fois, de menaces...
12:32Nous sommes la seule puissance nucléaire de l'Union Européenne.
12:34Vous avez raison de le dire, dans un contexte de menaces,
12:36et dans un contexte, encore une fois, avec les questions qui se posent
12:39sur l'avenir de la relation transatlantique et de la garantie de sécurité,
12:41c'était un moment où tous les présidents américains, républicains comme démocrates, disent
12:44il faut que les Européens en fassent plus pour leur propre sécurité,
12:46notre priorité, ça va être la Chine.
12:47Nous devons en tirer les conclusions.
12:49Le discours du président de la République, à l'île longue sur la dissuasion avancée,
12:52qu'est-ce qu'il dit ?
12:53Il dit naturellement que la dissuasion française,
12:55elle restera toujours 100% française,
12:57dans ses composants, dans la décision finale
13:00qui sera toujours celle du chef de l'État,
13:01mais qu'en revanche, depuis le général de Gaulle,
13:03on a toujours reconnu qu'il y avait une dimension européenne
13:06à ce qu'on appelle les intérêts vitaux du pays.
13:08Et que, bien sûr, ce qui se passe à nos frontières,
13:10ce qui se passe chez nos alliés, nos partenaires,
13:11ça a un impact sur notre sécurité.
13:13Et donc, ce qu'on a proposé,
13:14c'était effectivement de lancer un dialogue stratégique,
13:17de lancer un dialogue stratégique avec nos voisins
13:20qui peut se concrétiser, par exemple,
13:23par du positionnement de forces de dissuasion françaises
13:26chez nos partenaires, par des exercices conjoints,
13:28par le fait que nos partenaires contribuent de façon conventionnelle,
13:31ce qu'on appelle l'épaulement conventionnel,
13:32par des forces conventionnelles comme...
13:34Est-ce que ça peut se traduire par un partage de la décision ?
13:36Non.
13:37Qu'on soit très clair ?
13:38Non, qu'on soit très clair.
13:39Le président, le chef de l'État a toujours été extrêmement clair là-dessus.
13:41La décision en ce qui concerne la dissuasion nucléaire,
13:44non seulement la décision, mais d'ailleurs tout ce qui vient avant,
13:46c'est-à-dire tous les composants,
13:48tout ce qui compose la dissuasion nucléaire,
13:50est 100% française.
13:51Elle sera toujours la décision seule du chef de l'État.
13:53Mais en revanche, la façon dont on peut travailler
13:55avec nos partenaires à des exercices,
13:58à l'épaulement conventionnel,
13:59sur les capacités de frappe en profondeur,
14:00sur les capacités d'alerte avancée,
14:02là, effectivement, ça contribue à notre sécurité,
14:05et bien sûr à celle de nos voisins.
14:07Et encore une fois, je crois qu'on peut s'en féliciter,
14:09c'est le rôle que joue notre pays.
14:10On peut aussi interroger.
14:13Je voudrais vous dire quelque chose,
14:14puisque vous me posez aussi la question sur le débat présidentiel.
14:17Je voyais beaucoup en Europe,
14:18et je vois que nos partenaires sont reconnaissants
14:20du rôle qui est joué par la France.
14:22Reconnaissants à la fois pour l'Ukraine,
14:24mais surtout pour la sécurité de tous les Européens.
14:25Le discours de Lilong sur la dissuasion avancée,
14:28il était attendu par nos voisins.
14:30Il a été accueilli avec énormément d'intérêt,
14:34énormément de gratitude pour le rôle qui est joué par notre pays.
14:40Donc nous avons une responsabilité particulière.
14:41Oui, mais la question sur la Pologne,
14:44les confrontations directes,
14:45vous refusez de répondre et de reprendre aujourd'hui
14:47cette rhétorique ou ce langage.
14:49Vous dites qu'il n'y a aucun risque.
14:51Mais je n'ai jamais dit ça.
14:52Mais ce que je vous dis,
14:54c'est que la Russie fait peser une menace sur les Européens.
14:57Elle est déjà agressive.
14:59Elle multiplie les provocations.
15:00Et que la meilleure façon de la dissuader,
15:01c'est d'être fort,
15:03c'est de rester calme, unie,
15:04aux côtés de nos partenaires
15:05et de continuer notre travail de réamement.
15:06Benjamin Haddad,
15:07vous êtes également ministre en charge de l'Europe
15:09et ministre évidemment en France
15:11avec les problématiques de nos concitoyens.
15:14Vous avez vu ces images ce matin
15:16de face à face entre des pêcheurs et des CRS.
15:19Situation qui devient intenable.
15:21On a eu beaucoup, beaucoup de réactions.
15:23Et on se demande, en voyant ces images,
15:26qui joue la carte du chaos ?
15:29Non mais moi, je vois beaucoup d'inquiétudes
15:33auxquelles le gouvernement répond.
15:34Le gouvernement est au travail.
15:35Vous avez entendu par exemple
15:36la ministre de la Pêche, Catherine Chabot.
15:38Il y a des dispositifs de soutien sur les carburants,
15:42notamment pour les pêcheurs qui ont été mis en place.
15:44Je crois que 90% des pêcheurs
15:46qui sont concernés en Méditerranée
15:48ont pu les toucher.
15:4875% au niveau national.
15:50Il y aura une rencontre entre la ministre
15:51et les représentants des pêcheurs
15:53dans deux jours précisément
15:54pour voir comment on peut adapter,
15:57comment on peut prolonger ce type de dispositif.
15:59Donc c'est très important, encore une fois,
16:01de trouver des solutions concrètes.
16:03Nous, on est un gouvernement...
16:04Je ne suis pas dans le commentaire.
16:06Je ne suis pas là pour mettre des mots.
16:07On est là, nous,
16:08pour trouver des solutions concrètes
16:09face à une situation...
16:11On vient de parler de questions géopolitiques
16:13face à une situation
16:13que connaissent aussi nos voisins
16:15qui est liée à un contexte géopolitique,
16:17en particulier dans le détroit d'Hormuz.
16:18Donc l'objectif là,
16:19c'est d'y répondre.
16:20Vous avez une double casquette.
16:22Vous êtes à la fois ministre du gouvernement Lecornu
16:24et en même temps, si j'ose dire,
16:26soutien d'Edouard Philippe,
16:27candidat à l'élection présidentielle.
16:29Est-ce que selon vous,
16:29la réponse à cette crise,
16:30elle réside dans la marge
16:32dont le gouvernement va bénéficier
16:33dans la préparation du budget,
16:35c'est-à-dire là,
16:35dans les prochains jours,
16:36dans les prochaines semaines,
16:36ou est-ce que c'est au contraire
16:38dans la campagne présidentielle
16:39et donc c'est à Edouard Philippe
16:40que vous dites
16:40trouver les solutions plus structurelles.
16:43Comment est-ce que vous voyez les choses ?
16:44Mais au fond, il y a deux temporalités.
16:45Vous avez raison d'ailleurs
16:46de le poser d'une certaine façon
16:47dans ces termes.
16:48Il y a effectivement
16:49les mesures d'urgence
16:50que le gouvernement a prises
16:52depuis le début de cette crise
16:54pour répondre notamment
16:57par exemple aux 3 millions de Français
16:58qui sont des gros rouleurs
16:59pour pouvoir les aider.
17:01Vous estimez que c'est suffisant
17:02compte tenu de la colère ?
17:03Je pose de nouveau la question
17:04parce que là, je ne sais pas
17:05si on est quand même au bord,
17:07je ne veux pas aggraver les choses,
17:08mais tous les témoignages
17:10que nous avons
17:10vraiment parlent d'une désespérance.
17:13Avec des aides sectorielles
17:14qui certes sont ce qu'elles sont
17:15mais qui ne sont pas à la hauteur.
17:17Est-ce que vraiment
17:18vous pouvez tenir ?
17:19Mais vous savez,
17:20le gouvernement...
17:21Et surtout,
17:21est-ce que les Français le peuvent ?
17:22Mais le gouvernement
17:22l'a encore répété.
17:24On ne ferme aucune porte
17:25au fait de continuer
17:27d'avoir des nouvelles mesures,
17:28de le faire dans la durée...
17:29Y compris sur la baisse des prix ?
17:29Pardon de vous dire ça,
17:30mais j'ai l'impression
17:31d'entendre ça depuis 3 mois.
17:32On ne ferme aucune porte,
17:33j'ai l'impression
17:33que c'est une litanie qui revient.
17:35Ça, ce n'est pas spécifiquement vous.
17:37Mais sincèrement,
17:37dans la bouche de la parole
17:38du gouvernement,
17:39du ministre de l'économie,
17:40on ne ferme aucune porte,
17:41on est très attentif
17:41à l'évolution,
17:42on a l'impression d'entendre que ça.
17:43Mais on a rallongé ces mesures.
17:44On a rallongé ces mesures.
17:45On les a rallongées dans le temps.
17:46Mais dans le montant,
17:46elles ont été bues
17:47parce qu'elles sont liées
17:49à l'institut géopolitique
17:51autour de nous.
17:51Mais bien sûr,
17:52elles ont été bues.
17:53Elles sont liées à,
17:53par exemple,
17:54l'augmentation
17:56du baril de pétrole
17:57qui est liée
17:58au contexte géopolitique
17:59et qui affecte aussi
18:00d'ailleurs nos voisins.
18:01Et on le sait.
18:02Donc,
18:03on doit continuer
18:04les mesures qui ont été prises.
18:05Vous le savez,
18:06il y a des mesures
18:07à la fois pour les gros rouleurs,
18:08des mesures pour les pêcheurs,
18:09pour les agriculteurs.
18:10Et le gouvernement a dit
18:11que les sujets ne fermaient
18:12aucune porte pour aller continuer.
18:13Et le dialogue va se poursuivre.
18:14On va avoir une rencontre
18:15avec les pêcheurs.
18:15Et après,
18:16effectivement,
18:16il y a des mesures structurelles.
18:17Des mesures structurelles
18:18dont on peut parler
18:19au niveau national.
18:19Mais moi,
18:20je vais vous répondre aussi
18:20au niveau européen.
18:21Si vous voulez parler,
18:22par exemple,
18:22des pêcheurs.
18:24Mais moi,
18:24je trouve aujourd'hui,
18:25il y a trop de normes
18:25sur les pêcheurs.
18:26Trop de normes européennes.
18:28Dans la complexité,
18:29par exemple,
18:29et les injonctions contradictoires.
18:31Nous,
18:32on se bat au niveau européen,
18:33déjà,
18:34pour le revenu des pêcheurs.
18:35Puisqu'on est en ce moment
18:35dans la négociation
18:36de ce qu'on appelle
18:37le prochain budget européen,
18:38c'est-à-dire
18:38le cadre financier
18:39pluriannuel.
18:4010 ans au pouvoir
18:40pour aujourd'hui
18:41faire un constat
18:41que tout le monde partage
18:42sur les normes.
18:43Ce n'est pas vrai
18:43puisque là,
18:43je vous parle du budget
18:45à partir de 2028,
18:46la période 2028-2034.
18:47Le cadre financier pluriannuel,
18:49la négociation a lieu
18:49en ce moment.
18:50C'est ma responsabilité.
18:51Nous avons déjà
18:53doublé
18:54le fonds
18:55qui était prévu
18:55pour la pêche
18:56dans la copie initiale
18:57de la commission.
18:58Donc,
18:58c'est la politique commune
19:00de la pêche
19:00et l'équivalent de la PAC
19:01pour les pêcheurs.
19:02Nous continuons
19:03à nous battre
19:04pour pouvoir
19:05maintenir les enveloppes,
19:06maintenir le soutien
19:07aux pêcheurs
19:07dans ces enveloppes européennes.
19:09Et puis après,
19:09la vérité,
19:10c'est quand vous prenez
19:11aujourd'hui
19:11les normes
19:12qui pèsent
19:13sur les pêcheurs,
19:13quand vous leur demandez
19:14par exemple
19:15de verdir la flotte
19:15ou de préserver
19:17des ressources halieutiques,
19:18vous avez aujourd'hui
19:18des normes
19:19qui sont tellement complexes
19:20qu'elles rendent
19:20les investissements
19:21et notamment
19:21l'utilisation
19:22des financements européens
19:24dans les investissements
19:25de renouvellement de flotte
19:26beaucoup trop complexes.
19:27Et donc,
19:27on demande à Bruxelles
19:29de réouvrir ces textes
19:30comme on l'a fait
19:31d'ailleurs sur beaucoup de sujets.
19:32On demande à Bruxelles.
19:32Donc, si Bruxelles dit non,
19:33on ne peut pas le faire.
19:34Non, mais on va se battre
19:35précisément
19:35comme on a obtenu
19:37beaucoup de textes
19:37de simplification.
19:38C'est comme le prix
19:39sur l'électricité.
19:40On se bat
19:40et si on ne peut pas
19:42par rapport au marché européen ?
19:42Ce n'est pas vrai
19:42parce qu'on obtient
19:43des résultats.
19:44Moi, je vais vous dire
19:44sur énormément de textes
19:45qu'on a réouvert
19:46ces deux dernières années,
19:47que ce soit pour l'auto,
19:48que ce soit les textes
19:49qui pesaient sur les PME
19:51dans des secteurs
19:51comme la chimie
19:53et d'autres,
19:53nous avons obtenu
19:54des textes de simplification.
19:55Aujourd'hui,
19:56il faut simplifier
19:57au niveau européen
19:57la vie des pêcheurs,
19:59en particulier
19:59pour les renouvellements
20:00de flotte
20:00et en particulier
20:01d'ailleurs
20:01pour les jeunes pêcheurs
20:02qui veulent
20:02le sensuel d'un beau.
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