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Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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00:00Il est 20h, la suite de votre émission. Marine Le Pen a donc fait sa rentrée hier avec la proposition
00:05de la priorité nationale sur les logements sociaux
00:08qui fait débat et qui suscite la polémique. Alors cette proposition ferait, vous le savez, l'objet d'un référendum
00:13afin que la question soit tranchée.
00:16Si le RN évidemment arrivait au pouvoir, est-ce une conception citoyenne du logement et au fond de la nation
00:21?
00:22Ou alors, comme la gauche le dénonce, une loi de nature raciste ? Pour en parler, on accueille Yann Brossat.
00:27Bonsoir.
00:28Merci de votre présence. Sénateur communiste de Paris. On va parler aussi d'ailleurs à Paris, c'est intéressant, des
00:33critères d'attribution de ces logements.
00:35Par exemple, un couple, un jeune couple français, puisqu'il s'agit ici de citoyenneté, combien doit-il attendre pour
00:42avoir un logement social ?
00:44Franck Alizio avec nous également. Bonsoir à vous. Député Rassemblement National des Bouches-du-Rhône.
00:48Dylan Slama, bonsoir. Vous êtes avocat pénaliste. Et vos lumières vont nous être précieuses également,
00:54parce que parfois on parle d'anticonstitutionnalité sur ces sujets. Nous sommes avec Arthur Berda et Anne Soura Dubois.
01:01Récoutons ce qu'a dit Marine Le Pen. D'ailleurs, parle-t-elle de préférence ou de priorité ? La
01:06rhétorique quand même est assez importante.
01:09Et puis il nous faut exiger des bailleurs sociaux qu'ils respectent et fassent respecter la tranquillité des locataires.
01:17Nous ne fermerons pas les yeux sur les dégradations et les incivilités, les hauts d'immeubles transformés en points de
01:25deal,
01:25les intimidations et la violence qui rendent le quotidien invivable.
01:30Nous organiserons donc l'expulsion des familles délinquantes des HLM
01:38qui ne pourront plus bénéficier d'accès au parc social, donc à la solidarité nationale, pendant trois ans.
01:46Question concrète, Franck Alizot, pour qu'on comprenne bien.
01:50Par exemple, une aide soignante étrangère en situation régulière,
01:54est-ce qu'elle pourra toujours accéder à un logement social ?
01:57Oui, mais j'imagine qu'elle ne sera plus prioritaire si vous arrivez au pouvoir.
02:01C'est bien ça ?
02:02Exactement. Elle ne sera pas prioritaire.
02:04Il y aura une priorité à ceux qui, aux Françaises et aux Français,
02:09de nationalité par définition française, qui seront prioritaires.
02:13D'abord, je lui ai écrit, on revient aux fondamentaux.
02:16C'est quelque chose qui est affirmé et réaffirmé par Marine Le Pen,
02:20par le Rassemblement National, depuis pour le coup des dizaines d'années.
02:24C'est quelque chose qui existe également dans bien d'autres pays, évidemment.
02:29Je pense notamment pour ce qui est des allocations de logements,
02:33qui seront également sous priorité nationale réservées au Danemark.
02:39Donc, il y a beaucoup de pays qui le pratiquent déjà.
02:42Il n'y a rien d'extraordinaire là-dedans, vous savez.
02:43Par la définition, il y a des droits qui sont réservés aux nationaux.
02:47Mais on est d'accord que la priorité n'est pas élargie aux étrangers en situation régulière ?
02:52Non. Ce qui ne veut pas dire que nous allons expulser ceux qui sont déjà immigrés
02:59de manière, comment dire, régulièrement entrés sur le territoire
03:02et qui sont dans des logements sociaux.
03:03Mais en revanche, pour ceux qui prétendent à des logements sociaux,
03:07il y aura, par définition, une priorité nationale.
03:11Ah d'accord.
03:11Là, vous allez avoir un souci d'égalité, en effet.
03:15Parce que ça veut dire que ceux qui bénéficiaient d'un logement HLM
03:19avant l'entrée en vigueur de cette mesure, si vous arrivez au pouvoir,
03:24et les autres, il y aura une inégalité.
03:25C'est le principe de la non-rétroactivité d'une loi.
03:29Si une loi est décidée et votée, par définition,
03:33elle ne porte que sur l'avenir.
03:35Sinon, toutes les lois, aujourd'hui, seraient frappées d'inégalités,
03:38notamment en matière de fiscalité.
03:39On va interroger le cœur du sujet du débat.
03:42En quoi, pour vous, Yann Brossat, la citoyenneté,
03:45parce que ici, c'est une conception, finalement, de la citoyenneté,
03:49ce serait raciste ?
03:51D'abord, l'accès au logement social, ça n'a rien à voir avec la citoyenneté.
03:55En l'occurrence, le droit de vote est aujourd'hui réservé
03:57aux citoyens français qui ont la nationalité française.
04:00En matière de logement social, vous l'avez d'ailleurs dit,
04:02il y a des règles.
04:03La première chose qu'on vous demande,
04:05lorsque vous déposez une demande de logement social,
04:07vous savez ce que c'est ?
04:08Ce sont vos papiers.
04:09Vous devez montrer que vous êtes en situation régulière
04:11ou bien sûr, si vous êtes français.
04:14Il y a déjà un certain nombre de règles.
04:16Mais là, ce que vous proposez, c'est au fond,
04:18de classer des personnes qui sont toutes en situation régulière
04:22en mettant en haut de la pile les français
04:23et en mettant les autres en bas de la pile.
04:26Prenons un exemple très concret.
04:28Un atelier propreté où travaillent des éboueurs.
04:30Vous avez un éboueur qui est fonctionnaire,
04:32qui est donc français,
04:34qui lui aura droit à un logement social.
04:35Et vous avez un éboueur qui est contractuel,
04:37qui est de nationalité, d'une autre nationalité,
04:40qui n'est pas français, lui,
04:41n'aura pas droit à un logement social.
04:43Alors qu'il remplisse exactement la même fonction
04:45et qu'ils sont tous les deux utiles de la même manière
04:48à la collectivité à laquelle ils appartiennent.
04:51C'est absurde.
04:52Heureusement, je le dis aussi comme élu de la ville de Paris
04:55et donc employeur d'une certaine manière,
04:57que nous avons la possibilité de loger nos éboueurs,
05:00qu'ils soient français ou qu'ils ne le soient pas.
05:03Au fond, on voit là qu'il y a une obsession
05:05qui consiste à classer les gens qui vivent sur notre territoire,
05:09à les classer en fonction de leur religion.
05:11On a vu la polémique que vous avez lancée
05:12en cette rentrée sur le voile.
05:14À les classer en fonction de leur nationalité.
05:17Est-ce qu'ils sont français ou est-ce qu'ils ne le sont pas ?
05:19En fonction de leur couleur de peau.
05:20On a vu les propos scandaleux de ce policier municipal
05:23à Carcassonne.
05:23Tout ça, c'est une vision de la société qui me paraît très dangereuse.
05:27On rappelle un principe de citoyenneté.
05:29La citoyenneté, c'est quelque chose qui est quand même
05:31issu de la Révolution française,
05:33qui est fondamentale dans notre État de droit,
05:35dans notre République, dans notre Constitution.
05:37Et qu'est-ce que la citoyenneté ?
05:39Sinon, la nationalité, par définition.
05:41Ça fait partie de notre avéas corpus commun
05:46à ce qu'il fait la France.
05:48Quand il y a plusieurs demandes.
05:49Encore une fois, ce n'est pas partagé.
05:50En Autriche, aux Pays-Bas, ça se passe comme ça.
05:53Il y a une préférence nationale.
05:54Il y a une préférence nationale.
05:55À l'embauche, il y a même des emplois réservés aux Français.
05:59Aujourd'hui, si on n'est pas de nationalité française,
06:01on ne peut pas être commissaire de police.
06:02On ne peut pas être officier dans l'armée de terre,
06:05dans l'armée de mer, dans l'armée de l'air.
06:07On ne peut pas être magistrat, on ne peut pas être juge.
06:09Donc, il n'y a en rien une discrimination.
06:11Sinon, le droit de vote serait une discrimination.
06:13Écoutez, un ancien président et probable futur candidat,
06:16François Hollande, il dit, mis à part que c'est infaisable, injuste.
06:21On va donc écarter une partie de la population.
06:25On va la mettre de côté ou on va la loger ?
06:27On va la mettre dans la rue ?
06:28De quoi s'agit-il ?
06:29Qu'il faille plus de logements,
06:32qu'il y ait des critères pour l'accès dans ces logements sociaux ?
06:36Soit, mais on ne va pas, au nom de quelle distinction,
06:40faire qu'une partie de la population soit ou écartée de son logement
06:43ou soit interdite d'aller dans un logement.
06:45Je parle des personnes qui sont en situation régulière sur notre territoire
06:50et qui travaillent.
06:51Donc, c'est non seulement contraire à tous les droits,
06:55mais c'est surtout absurde sur le plan des moyens
06:58et des formes de vie en commun.
07:02Maître, dit Lensama, quand il y a plusieurs demandes en concurrence,
07:06privilégiez l'appartenance à la communauté nationale.
07:09Est-ce que pour l'arabocat que vous êtes, c'est totalement délirant ?
07:12Alors, ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui,
07:13avec les normes constitutionnelles et avec les normes européennes que l'on a,
07:17ce n'est pas faisable.
07:18Ça, si vous voulez, c'est assez clair.
07:19Constitutionnellement, il y aura, si vous voulez, des obstacles et des murs
07:22qui seront dressés.
07:23Mais l'outil du référendum permet bien évidemment de faire appeler
07:26la souveraineté nationale, la souveraineté populaire
07:27et de justement franchir ce mur constitutionnel.
07:31Et je ne crois pas qu'il soit forcément malsain,
07:33une fois tous les cinq ans, lorsqu'on a une élection citoyenne,
07:35qui plus est la plus importante, qu'on ait ce genre de débat.
07:38Moi, je suis satisfait de la réponse,
07:40et plus largement plus satisfait du débat qui a lieu,
07:41parce qu'on a deux visions de la société.
07:44Et c'est à ça que c'est une élection présidentielle qui plus est.
07:46Et je suis content aussi, parce que vous avez répondu
07:48sur votre opposition farouche, bien sûr,
07:50et je suis content qu'il n'y ait pas dans les arguments qu'on entende
07:54d'Anathème, vous avez posé la question du racisme,
07:56ça n'a pas été votre réponse.
07:56Alors, je ne sais pas ce que vous en pensez,
07:57mais en tout cas, vous allez sur le terrain des arguments,
07:59sur le terrain de la vision de la société,
08:00et je pense que c'est beaucoup plus pertinent
08:01et beaucoup plus opportun d'aller dire,
08:04voilà, on a deux visions de la société.
08:05Et ensuite, bien sûr, le peuple tranchera,
08:07dans le cadre de référendums éventuellement,
08:09et le cadre du référendum, bien évidemment,
08:10on a la jurisprudence constitutionnelle là-dessus,
08:12et on sait que lorsque le peuple décide,
08:14eh bien, ça va au-delà de ce qu'ont tranché
08:16les magistrats constitutionnels par le passé.
08:18Mais est-ce qu'on peut demander,
08:19quels sont les critères factuels d'attribution de ces logements ?
08:22Yann Brossat, vous connaissez parfaitement le dossier.
08:24Prenons un exemple.
08:25En Ile-de-France, un couple, un jeune couple
08:28qui a une trentaine d'années,
08:30Français, citoyen français,
08:32est-ce qu'il est vrai ?
08:33Alors, j'ai des cas, c'est des dossiers
08:34que je suis allée demander,
08:35ça peut être 10 ans d'attente,
08:37c'est-à-dire qu'ils n'obtiendraient
08:38leur logement social qu'à 40 ans.
08:40Ça dépend évidemment de leur situation personnelle,
08:44de leur difficulté sociale.
08:46Ce cas existe, par exemple.
08:46La moyenne, en tout cas, du temps d'attente,
08:48elle est de 7 ans.
08:49Mais je suis très heureux que vous me posiez la question,
08:50parce que c'est le cœur du problème.
08:52C'est le cœur du problème.
08:53La question qu'on devrait se poser,
08:55ce n'est pas comment on réorganise la pile,
08:58c'est comment on fait en sorte
08:59que la pile soit moins longue,
09:01comment on fait en sorte
09:01que la file d'attente soit moins longue.
09:03Et donc, il y a des maires
09:04qui ne veulent pas payer les amendes.
09:05Oui, je sais bien, ça je sais.
09:07Mais la question fondamentale,
09:09c'est comment on produit
09:09plus de logements sociaux.
09:10Or, j'ai eu la curiosité de lire
09:12le programme de Mme Le Pen.
09:14Elle propose,
09:14j'imagine que vous êtes d'accord avec elle,
09:16de supprimer totalement la loi SRU,
09:19d'abroger la loi SU.
09:19C'est quoi la loi SRU ?
09:20C'est une loi qui a été adoptée en 2000,
09:23lorsque Jean-Claude Guesso
09:24était ministre communiste
09:25en charge de l'équipement des transports
09:27et du logement.
09:27Cette loi, elle dit que
09:28chaque commune doit prendre sa part
09:30à la solidarité,
09:31que dans chaque commune,
09:31il doit y avoir 20% de logements sociaux.
09:34Et d'ailleurs,
09:34la loi SRU a permis,
09:36dans notre pays,
09:37de produire un million de logements sociaux.
09:39Le problème qu'on a aujourd'hui,
09:41en ce moment,
09:41et ce qui fait que la file s'allonge,
09:43c'est qu'Emmanuel Macron
09:44et ses ministres ont littéralement
09:46saccagé le secteur du logement social.
09:48Et permettez-moi de le dire quand même,
09:49je n'ai pas relevé cette contradiction
09:50tout à l'heure,
09:51mais quand même,
09:52M. Bardella,
09:53il a une maman.
09:55Mme Bardella,
09:56c'était une immigrée italienne.
09:58Elle était bien contente
09:59de profiter d'un logement social
10:00à Saint-Denis.
10:02À l'époque,
10:02c'était d'ailleurs
10:03une mairie communiste.
10:04Donc moi,
10:04je veux bien que vous nous disiez
10:05on ne veut pas de logement social
10:07pour les étrangers,
10:08on ne veut pas de logement social
10:09pour les immigrés.
10:10Mais voyez,
10:10il y a quand même
10:11une petite contradiction
10:12à le refuser pour les autres
10:13quand on en a bénéficié soi-même,
10:15sauf à considérer
10:16que les immigrés italiens
10:17valent mieux
10:18que les immigrés algériens
10:19ou marocains.
10:20C'est français.
10:21Oui, mais en l'occurrence,
10:22j'ai noté un tweet aujourd'hui
10:23de M. Bardella
10:24qui s'attaque
10:25aux immigrés algériens
10:27en disant
10:27qu'il n'est pas normal
10:28qu'autant d'immigrés algériens
10:30vérifiez son tweet,
10:31qu'autant d'immigrés algériens
10:33bénéficient d'un logement social.
10:34Je le redis,
10:35sa maman est tant mieux pour elle,
10:36je crois que c'est une femme
10:37tout à fait respectable,
10:38à bénéficier d'un logement social
10:40à Saint-Denis.
10:41Donc,
10:41si on rentre dans cette logique-là,
10:42vous voyez que c'est très dangereux
10:43et on ne peut pas être
10:44dans une sorte de duplicité.
10:46Je ne m'étonne pas
10:47que vous fassiez l'avocat
10:48de M. Bardella,
10:49mais je le redis.
10:51Si je me fais votre avocat,
10:52je ne suis pas certain
10:53que vous honoriez
10:53de la même façon
10:55que vos adversaires
10:55ne s'honore pas
10:56à vous attaquer
10:56sur vos ascendances
10:57et vous ne vous honorez pas
10:58à attaquer vos adversaires
10:59sur leurs ascendances.
11:00Tout cela traduit
11:01je n'ai pas besoin d'avocat
11:04et certainement pas vous.
11:05Tout cela traduit
11:06une grande duplicité
11:07qui consiste à dire
11:08qu'on va lutter
11:08contre la délinquance
11:09alors qu'on a soi-même
11:10été condamnée
11:11pour avoir détourné
11:123 millions d'euros
11:12d'argent public
11:13à dire qu'on veut
11:15la préférence nationale
11:16sur le logement social
11:17tout en en bénéficiant
11:19soi-même.
11:19Tout cela,
11:20tout cela,
11:20ça traduit une forme
11:21de duplicité
11:22qui à mon avis
11:23ne réconcilie pas
11:24les Français
11:25avec la politique.
11:26Je ne répondais pas
11:27sur l'attaque
11:27sur M. Bardella
11:29c'est extraordinaire
11:30que ce soit un communiste
11:31un sénateur communiste
11:32qui fasse la généalogie
11:33des uns et des autres
11:35sur ce plateau
11:35c'est quand même extraordinaire.
11:37Moi je vais vous rappeler
11:38un fait
11:38c'est que le parti communiste
11:39a beaucoup changé
11:40parce qu'il allait
11:41beaucoup plus loin que nous
11:42en 1981
11:43lorsque M. Marché
11:45soutenait le maire
11:46de Vitry-sur-Seine
11:47qui a envoyé
11:48les bulldozers
11:49contre un foyer
11:50de travailleurs maliens.
11:53Vous avez beaucoup changé
11:54M. Brossat
11:56c'est peut-être
11:56en fonction
11:56des intérêts
11:58électoraux.
11:58Nous n'avons pas changé.
12:00Il y a en effet
12:02des 900 000 dossiers
12:04qui attendent.
12:05900 000 dossiers
12:06qui attendent
12:07pour avoir
12:07un logement social
12:08à un moment donné
12:09oui pour réduire
12:11il y a 3 millions
12:12de dossiers
12:13de demandes
12:13de logement social
12:14non mais révisez vos chiffres
12:15vous parlez d'un sujet
12:16c'est un sujet sérieux
12:17c'est pas 900 000 demandes
12:18en France
12:18c'est 3 millions
12:19de demandes
12:20de logement social
12:20et 5 millions
12:21de personnes
12:21qui sont concernées.
12:22Je comprends que
12:22si vous partez
12:23de chiffres
12:23qui sont faux
12:24vous arrivez
12:25à des conclusions
12:25et à des propositions
12:26qui n'ont pas de sens.
12:26vous n'avez pas de solution
12:31comme d'habitude
12:31vous voulez allonger
12:33encore cette file d'attente
12:34je propose de renforcer
12:35la loi SRU
12:36que vous voulez détruire.
12:36Nous avons une solution
12:38qui est portée
12:39depuis des années
12:39qui est une manière
12:40de hiérarchiser
12:42évidemment
12:43entre celui
12:43qui est la nationalité française
12:44et celui
12:45qui ne l'a pas
12:46et à partir de là
12:47celui qui est
12:47nationalité française
12:48peut accéder
12:49plus rapidement
12:50à un logement social
12:51qui a été payé
12:51par la France
12:52et par les Français
12:53pendant des décennies
12:55c'est l'effort des Français.
12:56Enlevons un instant
12:56le terme de préférence
12:57et de priorité.
12:58Est-ce que la communauté
13:00est-ce que la citoyenneté
13:02est un critère
13:03qui peut être considéré
13:03comme discriminatoire ?
13:05Est-ce qu'il peut être considéré
13:06dans notre pays
13:06comme discriminatoire ?
13:07Il est déjà ?
13:08Bien sûr
13:08la citoyenneté sert à discriminer
13:10si vous voulez
13:10la discrimination
13:11c'est de la discrimination
13:13et j'ai même envie de dire
13:14le fait de hiérarchiser
13:15les demandes
13:16ça s'appelle de la discrimination
13:17la discrimination
13:17c'est pas forcément un délit
13:18c'est un délit
13:19si jamais c'est interdit
13:20par la loi
13:21mais discriminer plusieurs dossiers
13:22pour savoir quel est le meilleur dossier
13:23ça s'appelle de la discrimination
13:24au sens propre
13:25et bien évidemment
13:26la citoyenneté peut servir
13:27à discriminer plusieurs choses
13:29dans les emplois
13:30notamment emplois sensibles
13:31je pense pas qu'on puisse confondre
13:32par contre la discrimination
13:33et le fait de n'avoir
13:34que des magistrats français
13:35avec le fait de donner
13:36des accès à des logements sociaux
13:38c'est quand même deux sujets
13:38qui sont très différents
13:39il y en a un à qui on donne
13:40des pouvoirs exorbitants
13:41du pouvoir public
13:42du pouvoir de sanctionner
13:43de représenter l'institution judiciaire
13:44et donc l'état français
13:45l'autre qui est un simple usager
13:47d'un service public
13:48c'est quand même deux choses différentes
13:48qui ne me paraissent pas
13:49notamment juridiquement
13:50pouvoir être mis sur le même plan
13:52et aujourd'hui
13:53la citoyenneté
13:54ne fait pas partie
13:55de ces critères
13:55qui permettent de discriminer
13:56s'agissant d'un logement social
13:57et encore une fois
13:58juridiquement
13:59ça ne pourra pas en faire partie
14:00sauf à passer au-dessus
14:01de la Constitution
14:02par le biais d'un référendum
14:03d'ailleurs il y a une interview
14:04j'abonde dans votre sens se mettre
14:06il y a une interview
14:06de Laurent Fabius
14:07qu'il a accordé
14:07dans un journal
14:08dans un grand quotidien national
14:09il va nous dire que c'est pas possible
14:10au mois de mai 2024
14:11non c'est pas ce qu'il dit
14:11au mois de mai 2024
14:12lorsqu'il était encore
14:13président du Conseil constitutionnel
14:14il dit une chose
14:15il dit la préférence nationale
14:17appliquée de façon systématique
14:18est contraire à la Constitution
14:19donc il faudra changer
14:20mais je suis allée sur le point
14:22nous assumons complètement
14:23en proposant un référendum
14:24mais il faut dire la vérité
14:25est-ce que vous êtes d'accord
14:26que la plupart des maires
14:28ils ne veulent pas
14:28pardon de la comparaison
14:29mais ils ne veulent pas
14:30de logement social
14:31ils ne veulent pas de prison
14:31dans leur territoire
14:33c'est ce qu'ils nous disent
14:34la plupart des maires
14:34nous disent une chose
14:35ils sont prêts
14:36et vous en connaissez beaucoup
14:37à payer les amendes
14:39les sanctions financières
14:40donc comment on fait
14:42pour qu'il y ait
14:42soit une répartition équitable
14:44c'est ça la vraie question
14:45quand des maires sont prêts
14:46il me dit moi je préfère payer
14:47écoutez par exemple
14:48le maire de Béziers-Robert Ménard
14:50écoutez ce qu'il dit
14:51vous vous dites
14:52vous recevez pas
14:53les bons maires
14:53madame Mabrouk
14:54excusez-moi
14:54les bons maires sont pas
14:55des maires communistes
14:56monsieur Brossard
14:58heureusement madame Mabrouk
14:59qu'il n'y a pas que
14:59des maires communistes
15:00pour faire du logement social
15:01la majorité des maires
15:03la majorité des maires
15:04respectent la loi SRU
15:06et d'ailleurs
15:07la loi SRU
15:08elle a été conçue
15:08pourquoi ?
15:09une fois de plus
15:09pourquoi ?
15:10pour éviter la concentration
15:12du logement social
15:13pour éviter
15:13qu'on ne fasse
15:14du logement social
15:15que dans les collectivités
15:17qui en étaient déjà
15:18très pourvues
15:18pour faire en sorte
15:19que cet effort soit
15:20mieux partagé
15:21qu'on n'ait pas par exemple
15:22à Neuilly
15:223% de logements sociaux
15:24comme c'est le cas aujourd'hui
15:25alors qu'on a 40%
15:26de logements sociaux
15:27dans le 19ème arrondissement
15:28de Paris par exemple
15:28c'est quand même
15:29très juste ça
15:30de considérer
15:31que l'effort de solidarité
15:32doit être partagé
15:33écoutez le maire
15:34qui n'est pas communiste
15:35de Béziers
15:36ah non ça je vous le confirme
15:36oui oui
15:37il vous le confirmera aussi
15:39mais c'est d'un compliqué
15:41mais vous n'imagine
15:42elle a la raison
15:43on me dit moi comme maire
15:45le type qui
15:46lui ou la famille
15:48en gros
15:49est mêlé
15:51à du trafic de drogue
15:52vous n'avez qu'à les virer
15:53mais une fois
15:55qu'on m'a dit ça
15:56madame
15:56pour le mettre en oeuvre
15:58mais attendez
15:59il a
16:00le délinquant en question
16:02il a
16:02mille raisons
16:04et son avocat
16:05mille moyens
16:06de s'opposer
16:07à ma mesure
16:07de temps en temps
16:08je suis épuisé
16:10tellement ça prend du temps
16:12et de l'énergie
16:12là-dessus
16:13elle a absolument raison
16:16est-ce que
16:16bon vous n'êtes pas d'accord
16:18Yann Brossard
16:18mais est-ce que c'est
16:19oui la vie quotidienne
16:20d'un maire aussi
16:22déjà Robert Ménard
16:23qui donne raison à Mme Le Pen
16:24il faut le souligner
16:25deuxièmement
16:26les maires
16:27demandent une autre chose
16:28à chaque élection municipale
16:30et ils me le demandent
16:31à chaque fois
16:31dans ma circonscription
16:32on fait des propositions
16:34là dans ce sens
16:34c'est de pouvoir avoir
16:37le choix
16:37de pouvoir mettre
16:38dans les logements sociaux
16:40des gens qui habitent
16:42dans leur ville
16:42de donner une priorité
16:44dans leur commune
16:45et ça aujourd'hui
16:46ce n'est pas
16:46non
16:47je pense qu'on peut être
16:48tous d'accord
16:48autour de cette table
16:49non ?
16:49ah non
16:51ce n'est pas le cas
16:52ce n'est pas le cas
16:54c'est le préfet
16:56qui décide
16:56ah non
16:56le maire décide
16:57à l'extrême marge
16:58vérifiez
16:59le maire
17:01peut décider
17:02à l'extrême marge
17:03pour 10%
17:04et les maires
17:05nous le demandent
17:05à chaque fois
17:06et oui
17:06les maires veulent donner
17:07la priorité
17:08aux enfants
17:09de leur commune
17:10aux familles
17:10de leur commune
17:11et au lieu de ça
17:12on a une logique
17:13qui est impulsée
17:15par l'état
17:16par le préfet
17:16qui applique
17:17les règles du gouvernement
17:19qui dit
17:19dernier arrivé
17:20sur le territoire
17:21premier servi
17:22ça je l'ai entendu
17:24de nombreuses fois
17:25de la part des maires
17:26alors oui
17:26évidemment
17:27vous à Paris
17:27depuis des dizaines d'années
17:28vous faites la chasse
17:29aux classes moyennes
17:30la chasse aux ouvriers
17:31vous avez sorti
17:35les classes moyennes
17:36et les ouvriers
17:37de Paris
17:37mais des maires
17:39préfèrent
17:40donner en priorité
17:41et cette liberté
17:41elle est très importante
17:43cette liberté
17:44elle est très importante
17:45moi je soutiens
17:45cette liberté
17:46pour les maires
17:47Arthur Berger
17:47simplement
17:47d'un mot
17:48je trouve que moi
17:49ce discours de Marine Le Pen
17:50il a eu d'abord le mérite
17:51de remettre la question du logement
17:52au milieu de cette campagne présidentielle
17:54et c'est un sujet de fond
17:55qui concerne tout un chacun
17:56qu'on soit communiste
17:57ou nationaliste
17:58ou qu'on soit communiste
17:59ou nationaliste
17:59et bien c'est le mérite
18:00qu'on en parle ce soir
18:00ensuite qui occupe aujourd'hui
18:02les HLM
18:03et c'est là où moi
18:04je m'étonne un petit peu
18:04de cette sortie de Marine Le Pen
18:05en tout cas de l'ampleur
18:06qu'elle prend
18:07parce qu'en réalité
18:08selon ce que disent
18:08les bailleurs sociaux
18:09aujourd'hui
18:10c'est environ 85%
18:12déjà occupés par des français
18:14et une quinzaine de pourcents
18:15occupés par des gens
18:16qui seraient nés à l'étranger
18:18je ne vous apprends rien
18:19en vous disant
18:19qu'on peut naître à l'étranger
18:20et devenir français par la suite
18:21donc je n'ai pas la statistique
18:22sur le nombre d'étrangers
18:24précisément
18:24mais c'est une quinzaine de pourcents
18:26de résidents nés à l'étranger
18:28donc voilà le débat
18:29simplement pour un petit peu
18:30le documenter
18:31sur lequel on se base aujourd'hui
18:32ensuite je voudrais simplement
18:33d'un mot
18:35mettre fin quand même
18:35à une idée
18:36ou en tout cas vous interrogez
18:36Yann Brossat
18:37sur la dimension raciste
18:38de cette proposition
18:39moi je ne la comprends pas
18:39le racisme
18:40ça a une définition
18:41c'est une hiérarchie
18:42entre les races
18:43cette proposition
18:44elle fait une hiérarchie
18:45entre la nationalité française
18:47et l'ensemble
18:47des autres nationalités
18:48donc elle est peut-être
18:50nationaliste
18:50mais en quoi est-elle raciste ?
18:52Non mais là aussi
18:53je vois que vous vous faites
18:54vraiment avec beaucoup d'énergie
18:55l'avocat de Marine Le Pen
18:56Vous expliquez le contraire
18:57tout le monde a compris
19:01sur quoi joue
19:03cette proposition
19:04cette proposition
19:05vise à faire croire
19:06à un mythe
19:07à savoir que
19:08les étrangers
19:10bénéficieraient
19:10d'une priorité
19:11aujourd'hui
19:12sur les attributions
19:13de logements sociaux
19:14vous voyez bien l'ambiance
19:15que ça crée
19:15je crois que je viens de dire
19:16or pourquoi
19:16oui mais je ne dis pas que c'est vous
19:17vous n'êtes pas l'avocat
19:18sur tous les sujets
19:19mais en l'occurrence
19:21c'est faux
19:22et surtout
19:22pourquoi est-ce qu'effectivement
19:24un certain nombre de gens
19:25peuvent penser ça
19:26précisément
19:27parce que la file d'attente
19:28est longue
19:28et que moi je l'ai vécu
19:30je crois que vous êtes élu local
19:31vous l'avez été en tout cas
19:33il y a tellement de souffrance
19:35en matière de logement
19:35quand je tiens ma permanence
19:36je le vois bien
19:37quelqu'un qui est en difficulté
19:38de logement
19:39pourrait toujours tout lui expliquer
19:41que les règles sont transparentes
19:42même l'invité
19:43je l'ai fait
19:43à assister à une commission
19:45d'attribution
19:45tant qu'il n'a pas de logement
19:46il considère que c'est injuste
19:48et donc il considère
19:49que d'autres
19:49passent injustement
19:51avant lui
19:51en matière d'attribution
19:52et donc évidemment
19:53c'est facile
19:55d'instiller le venin
19:56de la division
19:57il y a des avantages
19:59est-ce que c'est choquant
20:00qu'il y ait des avantages
20:00à être français en France ?
20:03mais non
20:03il y a déjà
20:05des avantages
20:05en l'occurrence
20:07la possibilité de voter
20:08mais je reprends
20:09l'exemple de mon éboueur
20:10l'éboueur qui est étranger
20:11il participe à la collectivité
20:13il paye ses impôts locaux
20:14et donc à quel titre
20:16il n'aurait pas la possibilité
20:17d'accéder à un logement social
20:18alors même qu'il se lève
20:19à 4h du matin
20:20pour nettoyer les rues
20:21de Paris
20:21ou d'une autre ville
20:22puisque j'ai pris l'exemple
20:23de ma ville
20:24ça n'est pas juste
20:25c'est purement discriminatoire
20:26et ça me paraît
20:27effectivement scandaleux
20:28la difficulté c'est que
20:29si on commence à prendre
20:30tous les services publics
20:30qui fonctionnent mal
20:31et que sur tous les services publics
20:32on commence à dire
20:33que c'est les français d'abord
20:34il va y avoir un problème
20:35parce qu'aujourd'hui
20:35c'est le logement
20:37parce que le logement fonctionne mal
20:38mais il n'y a pas que le logement
20:39qui fonctionne mal
20:39l'éducation nationale fonctionne mal
20:41les hôpitaux fonctionnent mal
20:42et donc il faut voir ce principe-là
20:43de la préférence nationale
20:44est-ce qu'on l'applique
20:45qu'au logement
20:46est-ce que le Rassemblement National
20:46ne veut l'appliquer qu'au logement
20:47ou est-ce qu'il veut l'étendre
20:48à d'autres services publics
20:49l'étendre à d'autres sphères
20:52je parlais d'hôpitaux
20:53l'éducation
20:54le logement et les aides sociales
20:55où tout est très tendu aussi
20:56les aides sociales non contribuent
20:56tout est très tendu aussi
20:57non mais voyez
20:58l'hôpital
20:58on sait que c'est très tendu
20:59on sait que les urgences
21:00il y a une queue de malade
21:01excusez-moi de parler comme ça
21:02et que les gens attendent
21:03pendant des heures
21:04donc ce principe-là
21:05pourquoi si on suit votre logique
21:07on ne l'appliquerait pas
21:07aussi à l'hôpital
21:08vous voyez
21:09là aussi
21:09on pourrait dire
21:10vous pourriez répondre
21:11là aussi
21:12le Rennes contribue plus
21:13est-ce qu'à l'hôpital aussi
21:14vous êtes pour la préférence nationale
21:15le Rennes propose
21:16de le faire en partie
21:17en supprimant l'AMU
21:18mais pourquoi pas l'hôpital
21:18le logement et l'aide sociale
21:20par exemple l'AMU
21:22il le propose en supprimant l'AMU
21:23par exemple
21:23l'AMU
21:26c'est-à-dire l'aide médicale d'urgence
21:27et non
21:28l'aide médicale d'état
21:29qui ouvre strictement tout
21:31aux étrangers
21:32y compris en situation irrégulière
21:33d'ailleurs
21:34donc l'AMU permettrait
21:36de faire des économies
21:37de réserver les soins
21:40pourquoi vous n'êtes pas cohérent
21:41en fait
21:41il y a un manque de cohérence
21:42à dire
21:42nous sommes pour la préférence nationale
21:43pour les logements
21:44mais pas pour d'autres services publics
21:45qui sont également tendus
21:46je vous rappelle
21:47c'est le logement
21:48et les aides sociales
21:49oui j'ai compris
21:49votre réponse
21:49j'ai compris votre argumentation
21:51qui me parait inéditante
21:51je rappelle que par exemple
21:53un immigré algérien
21:54sur deux aujourd'hui en France
21:55est dans un logement social
21:56ça ce n'est pas normal
21:58vous parlez des étrangers
21:58vous voyez le glissement
21:59c'est-à-dire que vous commencez par dire
22:01non non non
22:01vous commencez par dire
22:02on réserve le logement social
22:04mais non
22:04mais non monsieur
22:05et maintenant vous dites
22:06on exclut les écrans
22:07vous avez bien parlé
22:09de l'immigré
22:09la mère de monsieur Bardella
22:11c'est-à-dire
22:11parce que j'avais dit
22:12le suite de monsieur Bardella
22:14et que je vois bien
22:15et que je vois bien
22:16comment on dérive
22:17qu'on commence à s'attaquer
22:19au sans-papier
22:20et puis ensuite
22:20on s'attaque aux étrangers
22:21et puis ensuite
22:22on s'attaque aux immigrés
22:23et puis ensuite
22:23on s'attaque aux gens
22:24qui n'ont pas la bonne couleur de peau
22:25merci d'avoir fait devant nous
22:27la démonstration
22:28de ce glissement
22:29c'était assez magique
22:30je suis sûr
22:31la campagne est bien lancée
22:32et heureusement
22:33que ce sujet sur le logement
22:34est au centre de la campagne
22:35ça c'est majeur
22:36voyons les critères d'attribution
22:37on a parlé des critères d'attribution
22:39de la tente
22:40etc
22:41de la construction
22:41de logements sociaux
22:42par exemple
22:42etc
22:43etc
22:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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