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Dans son édito du 14/09/2026, Thomas Bonnet revient sur la mobilisation de 300 personnalités contre la venue de Charles Sapin sur l'antenne de France Inter.

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Transcription
00:006h54, La Politique, Thomas Bonnet avec nous.
00:03300 personnalités ont signé une tribune pour s'opposer à l'arrivée sur France Inter
00:07du journaliste Charles Sapin qui est directeur adjoint du magazine Valeurs Actuelles.
00:11Thomas Bonnet, les signataires apportent leur soutien à la rédaction de la radio publique qui est en grève.
00:16Oui, dans le microcosme bien pensant parisien, l'heure est à la mobilisation.
00:20On parle du gratin, ce qui se fait de mieux en termes de donneurs de leçons déconnectés.
00:25Toujours disposés à mettre en scène cet entre-soi quand il s'agit de signer des tribunes ou des pétitions.
00:30Voilà 300 d'entre eux lancés dans une fronde contre Charles Sapin.
00:34Ils pensent ainsi se ranger du bon côté, de ceux qui luttent contre l'extrême droite.
00:37Terme qui englobe aujourd'hui tout ce qui ne participe pas au matraquage idéologique
00:41visant à faire élire un candidat du prétendu camp du bien.
00:45On y trouve les mêmes personnalités qui nous ont déjà habitués à leur étroitesse d'esprit,
00:49des vedettes déclinantes, des chanteurs sans public et des inconnus
00:52qui espèrent sûrement que cette initiative les placera dans les bonnes sphères du milieu.
00:56Ils se rêvent en compagnons de la libération.
00:58Ils sont en fait l'amical de la pleurniche.
01:01Qu'est-ce qu'ils reprochent à Charles Sapin, au journaliste Charles Sapin ?
01:05Ils n'en savent trop rien à vrai dire, mais la simple évocation du nom de son média
01:09Valeurs Actuelles suffit à leur donner des fourmis dans les plumes
01:12et à signer n'importe quelle pétition aux tribunes qui passent par là.
01:15Dans le texte, brûlot militant, boursouflé de l'ego cumulé de nos résistants de tapis rouge,
01:20on lit une définition très intéressante du pluralisme.
01:23Il doit se déployer, je cite, dans le cadre de l'arc républicain.
01:27Un peu plus loin, on comprend mieux le sens de leur prise de position.
01:30L'enjeu dépasse largement ce simple rendez-vous radiophonique
01:33et pose la question cruciale des limites admissibles du pluralisme dans le débat public.
01:38Alors, il serait intéressant qu'ils nous définissent précisément quelles sont ces limites,
01:42quelles voies sont autorisées, lesquelles sont interdites.
01:44Pour ma part, j'avoue que j'ignorais que les limites du débat public étaient fixées par des personnalités du
01:49showbiz.
01:50Je n'avais pas connaissance de ce tribunal moral dont Bruno Solo, Julie Gaillet ou encore Josiane Balasco sont les
01:55magistrats.
01:56La réalité, c'est qu'ils démontrent avec cette tribune que le pluralisme est impossible
02:00sur une radio de service public financée par nos impôts.
02:03Il aura suffi d'une voix, une seule, pour le dimanche matin, je précise,
02:07pour constater de manière évidente cette absence de pluralisme.
02:10Charles Sapin qui n'a donc pas pu réaliser sa chronique hier.
02:14Non, parce que la radio est en grève.
02:16Et donc, à la place de sa chronique hier matin sur l'antenne,
02:19les auditeurs ont eu le droit à un message et une chanson de Renaud,
02:23dont le titre était sûrement un message adressé à Charles Sapin.
02:26Écoutez.
02:27En raison d'un appel à la grève déposé par l'ensemble des organisations syndicales représentatives de Radio France,
02:34demandant le retrait de l'antenne de France Inter d'un édito politique
02:38assuré par le directeur adjoint de la rédaction de Valeurs Actuelles,
02:42nous ne sommes pas en mesure de diffuser l'intégralité de nos programmes habituels.
02:47Je parie que c'est des Santiago, viens faire un tour dans terrain vague,
02:50je vais t'apprendre un jeu rigolo, à grands coups de chaîne de vélo,
02:54je te fais tes bottes à la baston, moi j'y ai dit, laisse béton.
03:00Laisse béton, c'est donc sûrement un message à destination de l'éditorialiste Charles Sapin.
03:05Alors cette fronde syndicale à Radio France,
03:07elle est très révélatrice du climat qui entoure la campagne présidentielle.
03:10D'ailleurs, ça ne concerne pas que l'audiovisuel public,
03:11on voit que d'autres chaînes sont concernées par des faits similaires.
03:14En réalité, le petit milieu médiatique est en panique pour une raison très simple,
03:17il est en train de perdre le contrôle du récit.
03:20Malgré des décennies à déverser leur idéologie dans chaque colonne,
03:23chaque émission, chaque flash de radio,
03:25eh bien ça ne prend plus, ça ne marche plus.
03:27Les Français sont trop confrontés à la réalité, au réel,
03:30pour continuer d'acheter le récit que certains veulent continuer à leur vendre.
03:34Leur vrai problème, donc, ne devrait pas être Charles Sapin,
03:36mais plutôt les milliers, si ce n'est les millions de Français
03:39qui l'écoutent et qui partagent de plus en plus son point de vue.
03:41France Inter, ça appartient à tout le monde, ça ne leur appartient pas à eux, effectivement.
03:44Il faut que tout le spectre politique ait accès au micro de France Inter.
03:50C'est impossible, on voit bien que c'est impossible.
03:53Pour le moment.
03:55En l'état actuel des choses, c'est impossible.
03:57Les Français ont peut-être marre de payer les 4 milliards
04:01pour ne pas se voir tous représentés sur l'antenne de France Inter.
04:05C'est peut-être aussi une possibilité, on verra.
04:06Il y a des élections et on vit en démocratie, c'est formidable la démocratie pour ça.
04:10Absolument.
04:11Donc voilà, merci beaucoup Thomas Bonnet.
04:12Merci.
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