00:00On revient d'abord sur le sujet du voile, c'est un bout de tissu.
00:05Florence Bergeau-Blaquer nous disait qu'il s'agit de la fondation des islamistes.
00:13Elle raconte aussi que c'est le problème de la ré-islamisation des frères musulmans.
00:18Je lui demanderai dans un instant, est-ce que c'est trop tard ?
00:20Parce que tenez-vous bien, pour des politiques comme Jean-François Copé, c'est trop tard.
00:25C'est trop tard, donc on va l'assumer, de dire on va interdire le voile dans l'espace public.
00:30On l'a à l'école, sinon les jeux à l'école, ça, on maintient bien sûr.
00:34Mais dans l'espace public, il aurait fallu peut-être le décider, et encore il y a 25 ans ou
00:3830 ans.
00:38Mais aujourd'hui, ce n'est pas réaliste.
00:41Et je note que le RN, qui n'en est plus à une contradiction près, est empêtré dans des contradictions
00:48gigantesques.
00:49Parce qu'au fond d'eux, les gens du RN, ils savent très bien que c'est impraticable.
00:54Donc on ne va pas envoyer les carabiniers pour arracher les voiles.
00:56Il y a un moment, c'est absurde.
00:58Et donc en réalité, et en plus c'est contraire à la Constitution,
01:01puisque ça va devenir une mesure sur les uns et pas sur les autres.
01:04Donc tout ça ne tient pas la route.
01:05Tout ça ne tient pas la route.
01:06Jean-François Copé qui était sur France 2, on est bien avec des politiques qui disent que c'est trop
01:11tard.
01:11Ça ne tient pas la route.
01:12Gavriel Cluzel ?
01:13Il faut se rendre compte de cette phrase et de l'effet délétère qu'elle peut faire sur les Français.
01:20C'est-à-dire que vous avez 60% de Français qui expriment le souhait de cette contradiction
01:24et lui dit mais c'est trop tard.
01:26Sauf qu'il fait partie de partis de gouvernement.
01:31Vous voyez ce que je veux dire ?
01:31Donc il est en train de dire qu'on n'a pas fait ce qu'il fallait faire au bon
01:35moment.
01:35Donc maintenant on ne peut plus le faire, c'est un constat d'impuissance absolue
01:40qui fait très mal à ces partis.
01:42Là je me place sur un plan purement politique.
01:44Et c'est pour ça qu'aujourd'hui les partis de gouvernement,
01:46c'est exactement pour ça que les partis de gouvernement sont boudés.
01:50Parce qu'il dit finalement, que comprend-on au filigrane ?
01:53Il faudrait le faire, mais on ne peut plus le faire.
01:56Voilà, point final.
01:58Donc nous sommes impuissants.
01:59Donc ça, il faut comprendre à quel point ces phrases,
02:02l'effet de ces phrases sur l'électorat.
02:05Moi j'ai entendu aussi M. Attal dire
02:09« Ah oui, non, quand les femmes sont voilées adultes et de leur propre chef,
02:14c'est-à-dire qu'avec leur consentement, ça ne pose pas de problème.
02:18Mais les femmes aussi, elles peuvent contribuer de leur propre chef
02:21à islamiser visuellement l'espace public.
02:25Quand bien même toutes les femmes seraient consentantes,
02:28ça ne changerait rien, si j'ose dire,
02:32aux problèmes posés par le voile islamique.
02:35Donc tout ça sont à mon avis des arguments qui ne tiennent pas la route.
02:39Par ailleurs, est-ce que je peux dire une toute petite chose à Florence Berger-Backer ?
02:42J'admire beaucoup, j'admire beaucoup son travail.
02:44Elle va me répondre tout à l'heure, elle a posé la question.
02:45Voilà, c'est simplement que j'ai lu avec intérêt son édito dans le Figaro,
02:51où elle dit « Mais finalement, ce n'est pas applicable,
02:54et ce sera même contre-productif.
02:56parce qu'on aura droit à des séquences instagrammables,
02:59où on va voir des jeunes femmes,
03:02surtout s'il y a une altercation avec des policiers,
03:05se victimiser. »
03:08Donc elle dit « Il faut simplement empêcher le voilement des mineurs. »
03:12Vous savez, à 17 ans, c'est aussi très instagrammable.
03:15À 16 ans, c'est très instagrammable.
03:17Donc je ne vois pas très bien ce que cela change.
03:19Ce que je veux dire simplement pour conclure, c'est sûr que ce ne sera pas simple,
03:22mais en réalité, c'est impossible de dire qu'on ne peut pas le faire,
03:25et en même temps, ça va être très difficile de le faire.
03:28Donc c'est vrai que c'est une sorte de tenaille
03:30qui s'est installée pour le Rassemblement National.
03:33– Gabriel Cluzel en direct sur Europe 1, c'est très intéressant.
03:37On va en revenir effectivement avec Laurence Bergeau-Baclair,
03:39lui poser cette question sur les militantes dont elle parlait,
03:42les militantes pour le voile,
03:43effectivement sur cette proposition d'interdire pour les mineurs.
03:47On aura Karine qui nous appelle d'Île-de-France,
03:50qui dit que tant qu'on n'aura pas inscrit
03:52les racines chrétiennes de la France et de l'Europe dans la Constitution,
03:55on ne s'en sortira pas, on la prend dans un instant.
03:57Mais d'abord Arthur de Vatrigan,
04:00comment vous réagissez par rapport à ce que disait
04:03notre éminente Florence Bergeau-Baclair,
04:05qui disait que ce n'est pas qu'un bout de tissu,
04:08c'est le programme de ré-islamisation des frères musulmans.
04:12– Moi j'écoute Madame Bergeau-Baclair avec intention,
04:14elle connaît le sujet, elle a enquêté,
04:16et donc si elle dit que c'est une institutionnalisation
04:20de la culture islamique dans l'espace français,
04:23je la crois.
04:24Alors pour revenir à Jean-François Copé,
04:26c'est vrai que c'est toujours agaçant d'entendre un responsable politique
04:28de dire qu'on ne peut pas faire ce que une majorité de français
04:32souhaite faire, surtout quand on a vécu le Covid
04:34et qu'on a eu des amendes pour des plages dynamiques,
04:36parce qu'on prenait un café assis et pas debout,
04:38et qu'on marchait dans une rue paire et pas un paire.
04:40Disons que je ne pense pas que ces mesures étaient constitutionnelles
04:43et je ne pensais pas qu'elles étaient applicables,
04:45elles l'ont été.
04:46– Des amendes pour prendre, parce qu'on prend un café debout ?
04:49– C'était les règles, parce qu'il y a eu l'auto-attestation,
04:51le chien c'était 1,5 km, les enfants c'était 500 mètres,
04:54on se rappelle, mais il faut se rappeler aussi
04:56qu'une majorité de français était d'accord.
04:58Et quand une majorité est d'accord, on peut appliquer.
05:00Or en France, il y a des territoires où des majorités de français…
05:02– Mais là, pardon, pardon, 60% sont d'accord ?
05:05– Oui, mais ça dépend des territoires.
05:05Je pense que si vous allez à Roubaix,
05:07la majorité des habitants ne seront pas d'accord.
05:09Si vous allez dans le Périgord,
05:11la majorité des habitants seront d'accord.
05:12Le problème, il est là.
05:13– Donc c'est trop tard.
05:13– Mais ensuite, c'est foutu dans certains endroits,
05:16mais il faut l'accepter.
05:16Ensuite, on entend « oui, mais ça dépend du choix,
05:19il faudrait savoir si la personne le souhaite ou le souhaite pas ».
05:22Mais ça, ça veut dire qu'en fait,
05:23que la France n'est plus une réalité historique.
05:25Ça veut dire que la France est devenue un territoire administratif.
05:28Mais le problème, c'est que, encore une fois,
05:30ça rajoute d'un choix politique.
05:31Parce que l'islam n'est pas né dans la creuse,
05:32vous me l'accorderez.
05:33L'islam a été importé dans les bagages d'une immigration.
05:36Et donc, quand cette immigration était arrivée,
05:38on leur a dit « vous n'allez pas vous assimiler à des mœurs,
05:41vous n'allez pas vous assimiler à des cultures,
05:43vous allez vous assimiler à des lois ».
05:44Voilà, c'est ça.
05:45À des lois et donc à des droits.
05:46Donc, on est devenu un territoire administratif,
05:49sauf qu'un territoire administratif,
05:50ça n'existe pas dans les faits.
05:51Donc, on a transformé la France en terrain vague.
05:53Et la culture islamique,
05:55ils ne sont pas plus bêtes qu'une autre.
05:57L'espace est disponible.
05:58En plus, les Français sont sympas,
05:59ils ont enlevé l'étoile des murs
06:00et tondu la plouce pour nous accueillir.
06:02On arrive avec notre culture,
06:03on l'impose.
06:04Et c'est ça, la réalité, aujourd'hui.
06:05On arrive avec notre culture,
06:07on l'impose, c'est ça, la réalité.
06:08Karine, vous nous appelez Paris,
06:09je vous donne la parole dans un instant.
06:10Je reviens vers Florence Bergeau-Blaclayer
06:12avant de marquer une petite pause
06:13sur deux questions.
06:14Vous parliez des militantes
06:16et vous parliez aussi de l'interdiction.
06:18Vous visiez l'interdiction du voile pour les mineurs.
06:22Dites-nous pourquoi sur ces deux questions.
06:24Florence Bergeau-Blaclayer en direction Europe.
06:27Christine Kelly, si vous me permettez
06:29une petite réaction personnelle,
06:30parce que quand j'entends M. Copé,
06:33comme les autres femmes et hommes politiques
06:37qu'on voit aujourd'hui,
06:38qui critiquent la mesure parce qu'elles viennent du RN,
06:41venir nous dire que c'est impossible,
06:43alors qu'ils ont été sourds pendant 30 ans,
06:46ça fait 30 ans qu'on leur dit ce qu'il faut faire,
06:48je trouve ça vraiment tout à fait désolant.
06:51Pour revenir à votre question,
06:53je pense en effet que la mesure
06:55n'est pas applicable en l'état
06:58compte tenu du climat.
06:59Il faut tenir compte du contexte,
07:01il faut être beaucoup plus pédagogue,
07:03beaucoup plus fin, beaucoup plus patient,
07:04parce qu'on a en face de nous des ennemis
07:07qui font preuve de patience,
07:08et qui ont pris une avance de quasiment un demi-siècle,
07:11ils font rendre compte de ça.
07:13Et aujourd'hui, nous avons des militantes islamistes
07:16qui sont vraiment aguerris,
07:19qui passent sur les plateaux télé,
07:20on les invite comme de pauvres sœurs musulmanes,
07:23brimées,
07:24ça c'est toute la stratégie victimaire,
07:26alors qu'elles font partie véritablement du problème.
07:29Elles sont, alors c'est un problème pas pour elles,
07:32elles veulent une théocratie à la limite,
07:35elles ont le droit en démocratie de vouloir une théocratie,
07:38mais la démocratie a le droit de se défendre,
07:40de ne pas être transformée.
07:44Donc on est véritablement dans une guerre de valeurs,
07:50de principes, de normes,
07:52et il faut prendre la mesure en fait de tout cela,
07:56et il faut insérer en fait cette question du voilement
07:59dans la problématique plus générale de la réislamisation,
08:03et de ce projet théocratique
08:07qui veut instaurer d'autres civilités,
08:10c'est pour ça qu'on parle de guerre de civilisation,
08:12et un autre ordre social.