00:00Notre invité culture, c'est un poids lourd du théâtre que nous recevons ce matin depuis 35 ans.
00:05Il a joué les plus beaux rôles et ça continue cette année avec le discours d'un roi,
00:10pièce dans laquelle il donne la réplique à Francis Huster.
00:13Il a commencé sa carrière à la comédie française.
00:15Il commence sa journée avec nous, Philippe Toretton et dans Télématin.
00:22Bonjour Philippe.
00:23Bonjour.
00:24Venez parmi nous, une entrée en musique.
00:26Oui, pour un poids lourd, c'est pas mal.
00:28Le vôtre.
00:30La Moldo, c'est ça ?
00:32Moldao, de Smetana.
00:34Grand compositeur tchèque.
00:35Oui, j'adore ça.
00:37Je trouve que pour le matin, c'est beau, c'est joli, ça éveille.
00:41Et puis la mélodie est tellement belle.
00:44J'ai l'impression de voir ce fleuve couler comme ça.
00:48Très agréable de se réveiller en musique comme ça.
00:51On est comme à chaque fois très heureux de recevoir Philippe Toretton pour parler théâtre
00:55de ce nouveau rôle très fort dans le discours d'un roi.
00:58Mais d'abord, c'est l'interview encore un matin.
01:03Un petit jingle, c'est toujours pas mal.
01:05Les habitudes matinales de Philippe Toretton au réveil.
01:07L'heure du réveil ce matin.
01:11L'heure du réveil, 6h47.
01:14Et l'humeur du jour.
01:15C'est précis.
01:18J'ai des horaires un peu royaux.
01:22L'humeur du jour ?
01:24L'humeur.
01:25Vous avez le droit d'être honnête.
01:27J'ai le droit d'être honnête.
01:30Non, bien.
01:31Moi, je suis content de venir vous voir.
01:34Et voilà, la tête avec le filage d'hier, ça se passe très bien.
01:42Mais ça m'occupe, oui.
01:43Certains parlent dans leur sommeil.
01:46Ça vous arrive de faire des grandes tirades dans vos rêves ?
01:49On ne me l'a jamais dit.
01:51C'était quoi votre premier geste ce matin au réveil ?
01:57Mon Dieu.
01:59En général, je me retourne et je m'étire un peu comme un chat.
02:04Sur une échelle de 1 à 10, votre niveau de sociabilité, généralement, au petit-déj ?
02:09Moi, j'adore les petits-déj.
02:12Je ne fais pas partie des têtes grognons.
02:14Des grognons du matin, grâce aux tartines beurrées.
02:17Merci, Philippe Toretton.
02:18Le réveil a sonné.
02:19On parle maintenant de cet événement, de la rentrée théâtrale.
02:22Regardez l'affiche.
02:23Elle donne le ton.
02:24Philippe Toretton face à Francis Huster dans le discours d'un roi.
02:27C'est à partir de jeudi prochain au Théâtre du Gymnaste.
02:30Pardon de le dire comme ça, mais cette affiche, elle a de la gueule.
02:33Merci.
02:35Elle a deux gueules, même.
02:36Elle a deux gueules, oui.
02:37C'est la première fois que vous jouez avec Francis Huster au 4, je crois.
02:41Comment ça s'est passé, les répétitions ?
02:43Est-ce que vous avez appris, je ne sais pas, des choses que vous ne soupçonniez pas sur Francis Huster
02:46?
02:47Ah, une...
02:50Oui, je peux révéler quelque chose.
02:52C'est une sorte d'insécurité.
02:57Alors que je trouve ça incroyable.
03:00Cet homme a un CV qu'envirait des millions d'acteurs dans le monde.
03:03Et il est toujours dans une fragilité.
03:07Et ça me le rend tellement touchant.
03:10Et là-dessus, on se rejoint un peu, quand même.
03:12Est-ce que j'allais vous demander ? Est-ce qu'il y a un petit point commun ?
03:15Oui, beaucoup.
03:16Vous êtes des gros travailleurs et éternels insatisfaits.
03:19Pas insatisfaits, mais anxieux.
03:21Anxieux.
03:22On a reçu Francis Huster avant l'été.
03:24Il nous a dit deux choses à votre sujet.
03:27Un, j'ai beaucoup d'admiration pour Philippe Toretton.
03:30Deux, on est comme Messi et Mbappé.
03:33Deux joueurs très différents, avec l'idée que vous vous complétez bien.
03:37Est-ce que la comparaison vous parle ?
03:38Je n'y connais pas assez en foot pour savoir quelle est la pertinence de cette image.
03:43Et du risque que vous prenez à répondre oui ou non.
03:45Qu'on soit différent.
03:47Oui, on l'est et on se complète très très bien.
03:49Oui, ça aussi.
03:50Et puis, une des grandes qualités de Francis, c'est qu'on peut se parler.
03:55On peut lui dire, ce n'est pas l'artiste dans sa tour d'ivoire comme ça.
03:59Non, non, il est gentil, il est prévenant.
04:04On dialogue, on se dit des choses comme ça sur comment la scène devrait s'articuler.
04:10Donc, vraiment, on travaille tous les deux main dans la main et on est content.
04:16On se fait des petits signes en coulisses et tout.
04:18Ce n'est pas du tout le choc de deux acteurs sacrés et qui se reniflent derrière tout le temps.
04:27Pour ceux qui n'ont pas vu le film multi-oscarisé, le discours d'un roi, j'essaye de le
04:32pitcher.
04:33C'est l'histoire du duc d'York, futur roi d'Angleterre, George VI, que vous interprétez.
04:38Nous sommes dans l'Angleterre des années 30 et son arrivée contre son gré sur le trône est un problème
04:44parce qu'il est complètement paralysé par son bégaiement.
04:47Et c'est là qu'il fait la rencontre d'un orthophoniste australien joué par Francis Huster.
04:52La bande-annonce le résume encore mieux que moi.
05:14C'est une histoire vraie.
05:17Absolument.
05:18C'est une histoire vraie et passionnante avec de multiples tiroirs.
05:25C'est-à-dire qu'il y a l'intrigue personnelle d'un homme qui ne devait pas régner.
05:29Il était deuxième dans la fratrie.
05:30Donc, c'est son frère David qui sera Édouard VIII.
05:36David s'est amouraché d'une femme, Wallis Simpson, qui est jouée par Gretel Delattre dans le spectacle,
05:42et qui s'avère pro-nazi un peu quand même, voire même beaucoup.
05:49Et donc, ça pose deux problèmes évidents.
05:54Un problème politique, parce qu'on est quand même avec cette Allemagne nazie qui prend de l'ampleur,
06:00qui menace l'Europe.
06:03Et en plus, une femme déjà mariée, divorcée, c'est impossible qu'elle devienne reine d'Angleterre.
06:09Donc, on commence à se demander s'il ne devrait pas abdiquer.
06:12Et donc, ce frère qui ne devait pas régner, qui en plus a ce problème de bégaiement, d'élocution assez
06:18fort,
06:20doit se préparer.
06:21Pas banal de jouer pour le coup un acteur le rôle de quelqu'un qui a du mal à parler.
06:26C'est ce que je me disais au début.
06:29C'est qu'en fait, je n'ai joué que des beaux parleurs.
06:31Et c'est ce qui est souvent le cas au théâtre.
06:33Ce n'est pas un exploit de ma part.
06:34Et vous avez puiser chez vous aussi pour ce rôle ?
06:38Oui, parce que mon enfance n'était pas terrible au niveau de l'élocution.
06:43J'ai eu une période où j'ai bégayé, j'ai zozoté.
06:49J'étais extrêmement timoré.
06:52Et puis, c'est le théâtre qui m'a révélé un petit peu, qui m'a donné confiance.
06:58Et donc, je n'avais pas très loin à aller chercher.
07:02Magnifique pièce.
07:03On continue à en parler dans quelques instants.
07:05Avant cela, est-ce que vous aimez les surprises, Philippe Torreton ?
07:08J'aime bien les bonnes surprises.
07:09Oui, ben voilà.
07:10Vous êtes obligés de dire oui, parce que Julien en a préparé une pour vous.
07:13Regardez.
07:15Bonjour à tous.
07:16Bonjour, Philippe.
07:18Alors, mon cher Philippe, dans le discours d'un roi, ton personnage doit surmonter sa difficulté à prendre la parole.
07:23Et moi, j'aimerais savoir, après tant d'années de métier, qu'est-ce qui aujourd'hui encore te fait
07:28perdre tes moyens ?
07:29Bon, je vous embrasse tous.
07:30Et moi, je retourne en répétition.
07:33Delphine Depardieu, votre femme dans la pièce.
07:35Il joue Elisabeth, Lilibet, dans l'intimité du couple.
07:39Qu'est-ce qui vous fait perdre vos moyens encore aujourd'hui ?
07:41Qu'est-ce qui me fait perdre ?
07:47L'extrême mauvaise foi.
07:50Ça vous laisse quoi ?
07:51Oui, quand c'est tellement forcé comme ça, parce que la méchanceté, voilà, je peux répondre.
08:04Mais la mauvaise foi.
08:06Mais la mauvaise foi, quand c'est trop évident, ça me laisse.
08:10Eh bien, personne n'aie mauvaise foi autour de ce plateau.
08:12Ça tombe bien.
08:13Ça tombe bien.