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  • il y a 25 minutes
Primé à la Mostra de Venise, le documentaire israélien « NAZA » donne la parole à 24 militaires et agents du renseignement qui racontent comment sont préparées certaines frappes à Gaza et calculées les victimes civiles potentielles.
Regardez Galibert raconte l'actu du 14 septembre 2026.

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Transcription
00:01Avant ça, on va écouter William Galibert. Galibert raconte l'actu.
00:05Et ce matin, William, vous nous racontez comment les deux réalisateurs israéliens d'un documentaire choc sur Gaza sont devenus
00:11les cibles de leur propre gouvernement.
00:13Oui, c'est l'histoire d'un film qui dérange. Il dérange tellement que le ministre israélien de la Culture
00:18demande la déchéance de nationalité pour les réalisateurs et parle de trahison envers l'État.
00:23Et un autre ministre du gouvernement, Netanyahou, hier soir, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, ajoute
00:30« Vous êtes une honte, une source d'embarras pour tout le peuple d'Israël. Allez-vous-en ! »
00:35Yuval Abraham et Rachel Zor sont des journalistes d'investigation. Ils ont pourtant obtenu le prix spécial du jury à
00:42la Mostra de Venise après 25 minutes de standing ovation du public.
00:46Applaudissements debout. Leur nouveau documentaire s'appelle Naza.
00:50N-A-Z-A. Il met en scène 24 membres des services de renseignement et de l'armée israélienne. Ils
00:56sont filmés de nuit, visage dissimulé, voix modifiée sur les toits de Tel Aviv.
01:01Et ce qu'il raconte, c'est la guerre à Gaza et la manière dont Tsaal, l'armée israélienne, choisit
01:08ses cibles. Comment on les localise ?
01:10Comment on calcule le nombre de civils qui risquent de mourir avec la cible ? C'est ça, Naza.
01:15Un acronyme militaire hébreu pour Nesek Agavi. Ça veut dire les dommages collatéraux.
01:21Et un soldat décrit leurs outils boostés à l'intelligence artificielle.
01:27Dans le documentaire, il prend même un crayon et une feuille pour dessiner, pour montrer à quoi ça ressemble.
01:35Alors là, j'ai accès à une carte complète. C'est bâtiment par bâtiment dans la bande de Gaza.
01:40Je peux vraiment cliquer sur chaque maison et voir combien de personnes risquent de mourir si on bombarde.
01:49Tout Gaza est cartographié ?
01:51Oui, oui. Par exemple, là, appartement 6, 5e étage.
01:59Ahmed et toute sa famille. On sait combien il a d'enfants, sa femme, etc.
02:04Est-ce qu'à l'intérieur du calcul de ces Naza, ces dommages collatéraux, il y a une différence entre
02:11les enfants, les hommes, les bébés ?
02:13Non, il n'y en a pas.
02:19Un bébé compte comme un dommage collatéral, oui.
02:25Quel est le chiffre le plus élevé dont tu te souviennes pour une seule frappe ?
02:33Je ne saurais pas dire combien ont été tués parce qu'on ne vérifie jamais.
02:37Mais une fois, on a eu une autorisation pour 500 victimes collatérales, explique ce soldat qui garde l'anonymat.
02:43Et le film va encore plus loin.
02:45Plusieurs militaires disent avoir eu le sentiment de travailler dans une sorte d'usine à tuer.
02:49D'autres parlent de jeux vidéo.
02:52On sélectionne, on valide, on frappe.
02:54L'armée israélienne, elle, William, rejette catégoriquement ces accusations.
02:58Oui, elle conteste d'abord ces témoignages anonymes.
03:01Elle explique qu'on ne peut vérifier ni l'identité, ni l'exactitude des renseignements fournis, ni les fonctions de
03:08ces soldats.
03:09Elle assure surtout que les décisions de frapper sont prises toujours par l'humain, jamais directement par l'intelligence artificielle.
03:16Elle affirme enfin qu'elle fait des efforts considérables pour réduire les pertes civiles.
03:20Et elle rappelle que ce sont les massacres du 7 octobre 2023 et les centaines d'Israéliens pris en otage
03:26qui ont déclenché cette opération militaire pour éliminer le Hamas.
03:29Mais désormais, ce sont les propres soldats de l'État hébreu qui décrivent le prix payé par les civils à
03:35Gaza.
03:35Le récit vient de l'intérieur, de ceux qui ont servi au cœur même de cette guerre.
03:40Et c'est pour ça que ce documentaire NASA dérange autant.
03:43Galibert raconte chaque matin avec William Galibert.
03:47Merci beaucoup William.
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