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  • il y a 6 semaines
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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00:00C'est un responsable qui va nous rejoindre. Alors il a été patron des patrons, lui-même est dirigeant d
00:05'entreprises.
00:05Et dans ce contexte où il y a une rhétorique anti-riches et parfois anti-patrons,
00:11eh bien c'est intéressant de l'entendre, c'est le grand invité.
00:18Bonsoir Pierre Gattaz.
00:19Bonsoir Céline.
00:20Merci d'être avec nous. Vous avez été le patron des patrons à la tête du MEDEF pendant un certain
00:25temps.
00:25Vous êtes vous-même chef d'entreprise. Votre boîte s'appelle Randall. C'est une entreprise de composants électroniques.
00:36Et vous êtes aussi l'auteur du livre « Gagnez plus, c'est maintenant ».
00:40Ça seigne comme un slogan de campagne. On va en parler.
00:43Il y a la situation budgétaire, M. Gattaz de la France, à laquelle s'ajoute d'ailleurs le grand flou
00:47géopolitique,
00:48puisqu'il y a une reprise des frappes sur l'Iran.
00:51Question très concrète. Comment un chef d'entreprise comme vous, comme peut-être des milliers qui nous regardent ce soir,
00:58d'une grande, d'une moyenne ou d'une toute petite structure,
01:01comment il arrive à anticiper quoi que ce soit dans une telle situation, dans un tel brouillard ? Comment faites
01:07-vous ?
01:07Alors c'est très compliqué. Il y a un gros stress, une grande dérimosité de tous les patrons, les plus
01:13petits, notamment les moyens, les grands.
01:15Il y a deux problèmes qui se cumulent. Il y a le problème économique général, la géopolitique.
01:19Bon, c'est stressant. On a l'habitude. Il y a des crises à gérer.
01:22Moi, j'ai vécu quatre crises à radiales majeures sur 30 ans. On le fait.
01:27Après, vous avez une incertitude politique énorme, avec, je dirais, les petites phrases depuis la dissolution qui sont insupportables pour
01:34nous
01:34et qui rajoutent une dose de stress, de nervosité énorme.
01:38Car vous savez, la confiance, d'abord, c'est 50% de la croissance.
01:42Ça, c'est le premier point. Et les entreprises, pour qu'une économie marche, on a besoin, je dirais, d
01:49'écouter les patrons, de les chouchouter,
01:50qui représentent des salariés, qui ont des usines, etc.
01:53C'est pas très chouchouté par certains.
01:54Et aujourd'hui, si vous voulez, depuis la dissolution, c'est l'horreur.
01:57On a des petites phrases dans tous les sens. Il y a ces trois tiers à la majorité.
02:00On nous insulte, entre guillemets, je dirais, toutes les semaines.
02:04Et si vous voulez, on se dit, mais ça va encore durer huit mois.
02:07– Allons-y, parlons de cette rhétorique, quand même, puisque vous en parlez.
02:10Alors, on parle de super-profits, parfois il y en a, de méga, alors là, plus largement, héritage,
02:15de grandes transmissions, d'ultra-riches, de nuisibles à l'économie.
02:18Qu'est-ce qu'il y a, selon vous, Pierre Gattaz, derrière cette rhétorique,
02:21qui imprime malgré tout, peut-être, une partie des Français, je ne sais pas, mais la campagne présidentielle ?
02:26– Écoutez, ce que je vois, c'est qu'il y a une énorme nervosité des Français, d'une part,
02:30parce que, c'est pour ça que j'ai écrit ce livre avec quelques amis de Roselyne Fontanet-IH,
02:35je gagnais plus, c'est maintenant. Il y a un problème de pouvoir d'achat.
02:37Les Français, en fait, il y a 40 ans, quand vous étiez au SMIC,
02:40vous pouviez doubler votre pouvoir d'achat en 10 ans, les 30 glorieuses.
02:43C'était formidable, l'économie marchait, on avait 2-3% de croissance, voire plus.
02:47L'industrie était à 20%, c'était extraordinaire.
02:49Et depuis 40 ans, on a voulu faire du social, du social, du social,
02:53sans tenir compte de l'économie. C'est-à-dire, on a bafoué l'économie, on l'a maîtrisée,
02:56on a dit, travaillez moins, François Mitterrand, on est passé de 65 à 60 ans sur la retraite,
03:00ça nous coûte 500 milliards sur les 3 000 milliards de dettes que nous avons.
03:06500 milliards. Ensuite, les 35 heures, c'est pas beau, c'est pas bien de travailler.
03:09Donc, si vous voulez, on a fait un peuple paupérisé, avec un modèle social très généreux,
03:13mais qui est en fait...
03:14Mais qui a soif d'une lutte des classes, c'est ma question.
03:16Est-ce que c'est spécifique ? Vous voyagez énormément, Pierre Gattaz.
03:18Est-ce que c'est spécifique à la France ? Est-ce que cette rhétorique,
03:21cette opposition véritablement est spécifique à notre pays ?
03:23En fait, oui et non, c'est que je pense que les Français ont moins l'espoir de devenir plus
03:29riches,
03:29d'augmenter leur pouvoir d'achat. L'ascenseur social est cassé.
03:32On a descendu l'industrie de 20% à 10%, ce qui est très spécifique de la France.
03:36Moi, j'ai vécu les 40 piteuses, comme je dis, si vous voulez,
03:38je suis le dernier des Mohicans de la collectique française.
03:40J'avais 20 concurrents. Et parce qu'on a durci le Code du Travail,
03:44parce qu'on a mis l'ISF en place avant les lois d'Utrecht qui ont fait chier...
03:48Mais M. Gattaz, où étiez-vous ? Pas vous personnellement, mais où étaient tous ces patrons
03:52quand il y a eu cette saignée des industries, quand il y a eu la désindustrialisation ?
03:56Mais bien sûr, il fallait se battre. On s'est battus.
03:58Beaucoup de patrons, mes prédécesseurs se sont battus.
04:01Moi, quand j'ai vu François Hollande arriver en 2013,
04:03je me suis présenté au MEDEF avec un MEDEF de combat pour la croissance et pour l'emploi.
04:07Et j'ai dit, si vous faites cette mesure, fiscale, sociale, on peut créer un million d'emplois.
04:11On s'est moqué de moi.
04:12Oh là là, avec le fameux PINCE, oui, je m'en souviens.
04:14Et figurez-vous que ça a marché. Figurez-vous que, statistique en clair, on a créé un million d'emplois.
04:19Oui, mais aujourd'hui, pardonnez-moi, vous parlez d'une période déjà que les moins de 20 ans ne connaissent
04:23plus.
04:23Oui, mais c'est pour dire que ça peut fonctionner, une politique de l'offre qui baisse les impôts.
04:26Mais est-ce que ça peut fonctionner dans ce contexte ?
04:27Là, je vous ai cité quand même quelques phrases.
04:29Est-ce que vous les considérez comme des déclarations de guerre ?
04:32C'est important comme la manière dont on perçoit les patrons.
04:34Quasiment, si vous voulez. Je trouve que ce sont des partis, toujours les mêmes d'ailleurs,
04:37qui n'ont aucune vision, qui ne connaissent pas l'entreprise,
04:40qui n'ont jamais travaillé dans le privé.
04:44Alors, beaucoup n'ont pas travaillé dans les entreprises, également.
04:47Mais en plus, ils jouent avec l'argent magique, si vous voulez, qu'ils n'ont jamais créé.
04:49Ils n'ont jamais créé d'argent.
04:50Nous, en tant qu'entrepreneurs, petits, moyens et grands, commerçants, artisans,
04:53et je pense beaucoup à eux actuellement, vous gagnez votre vie.
04:57Les architectes, les vétérinaires, on gagne sa vie.
05:00Les politiques, aujourd'hui, ceux qui nous insultent tous les jours, ne gagnent pas la vie,
05:03ne savent pas de quoi ils parlent.
05:04Il y a aussi des prédateurs, si je puis dire, entre guillemets, chez les patrons.
05:07Vous avez d'ailleurs dénoncé, moi je me souviens, dans votre livre.
05:10Et puis à travers différentes...
05:13Vous avez des mercenaires, des PDG qui enjolivent parfois leurs résultats pour toucher un pactole.
05:18Mais c'est une minorité.
05:19Oui, mais dans toutes les communautés, vous avez des patrons, je ne dirais pas voyous, mais presque, etc.
05:26Ça existe partout.
05:27Dans toutes les communautés, vous avez ça.
05:29Le problème, si vous voulez, c'est que l'immense majorité des patrons sont des héros de la nation.
05:34Parce que se le jette à l'eau, y compris nos salariés, moi j'ai salarié autre.
05:36Des héros de la nation ?
05:39Parce qu'ils créent la richesse, ils créent l'emploi, ils créent la croissance, ils se battent.
05:43Et or, le pire de tout, c'est que vous avez un environnement économique compliqué, avec des droits de douane
05:48aux Etats-Unis, avec une consommation qui a baissé en France, un taux de croissance.
05:52Tous ces gens-là sont très nerveux parce qu'ils voient leur chiffre d'affaires, je dirais, stagner ou baisser.
05:57Et en face de ça, ils ont des salariés à payer, etc.
06:01Et on leur dit, on va vous mettre le SMIC à 15% de plus.
06:04Et si vous voulez, c'est complètement dingue, parce qu'on va nous imposer, on ne va pas vous autoriser
06:10de livrer des dividendes, d'après ce que j'ai compris, parce que vous ne faites pas d'écologie.
06:13On est en train de rajouter des contraintes, si vous voulez, à un environnement déjà hyper anxiogène, où on devrait
06:20nous protéger.
06:21Alors je ne dis pas...
06:21Mais alors, attendez, vous protégez, mais pas surprotéger.
06:24Mais bien sûr, on veut juste être comme les autres, comme les autres pays européens, c'est tout.
06:29Ni plus ni moins.
06:30Ni plus et moins.
06:31Des citoyens comme les autres.
06:32Mais juste qu'on ne nous méprise pas, qu'on ne nous maltraite pas, qu'on ne pense pas toutes
06:35les 5 secondes à taxer.
06:37Vous voyez, les parties dont vous parlez, leur programme, leur vision, c'est taxer, toujours, taxer, encore.
06:45Taxer, si vous voulez, on sait bien que les Français en ont marre d'être taxés, on est le pays
06:49le plus taxé au monde.
06:50Vous le savez, la redistribution, avant distribution, c'est 1 à 23 pour les 10% les plus riches et
06:5510% les plus faibles.
06:57Après redistribution, on est de 1 à 4 ou 1 à 5.
07:00Vous avez un indice de Gini qui mesure la richesse des Français par rapport aux autres.
07:03On est à 29 sur 100, c'est-à-dire dans la moyenne européenne.
07:06Oui, et en fait, on veut continuer.
07:07Donc là, vous avez un énorme problème, c'est que ces gens-là ne comprennent pas qu'il faut faire
07:10des économies.
07:12Donc, on ne peut pas régler un problème de déficit avec des taxes.
07:16Les taxes ramèneront quoi ? 5 milliards ? 10 milliards ? Démotiveront les gens ?
07:19Et on va arroser le sable de ces taxes supplémentaires.
07:22Le sable, c'est les dépenses publiques qui ne sont pas gérées, mal gérées.
07:25Donc, si vous voulez, tout ça est totalement ce qu'on va dire.
07:27Donc, j'exprime une colère sourde, maîtrisée, mais...
07:30Oui, enfin, on l'entend beaucoup quand même, ce soir.
07:32Mais je reste très enthousiaste.
07:33Mais j'entends bien.
07:34Je reste très enthousiaste.
07:35On va parler de cet enthousiaste.
07:36Mais bien sûr, parce qu'il a des pistes.
07:37Par exemple, je voudrais évoquer et parler du patron de Total, Patrick Pouyanné.
07:41Il a réaffirmé, M. Gattas, que Total Energy maintiendrait le plafonnement des prix du carburant.
07:47Donc, 1,99 euros pour l'essence et 2,25 euros pour le gazole.
07:52Tant que durera le conflit au Moyen-Orient.
07:54Mais le PDG du géant Petro-Gazier a lancé un avertissement sans équivoque.
07:58Je cite sa phrase.
07:59En cas de taxation des super-profits, ce dispositif, qui coûte déjà entre 250 et 300 millions d'euros au
08:04groupe,
08:04prendra fin définitivement.
08:06Et qu'est-ce qui s'est passé quelques jours plus tard ?
08:08Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a dit
08:10« Non mais attendez, c'est exceptionnel, parfois l'exceptionnel dure. »
08:14Et on le reconduit.
08:15On a l'impression parfois que le patron Total demande et que le gouvernement acquiesce.
08:20Non, je crois que M. Pouyanné a parfaitement raison de dire
08:23« Mais écoutez, il faut que l'État gère, gère son régalien.
08:27Sécurité, justice, police, affaires étrangères, une partie de l'éducation nationale, les bravos.
08:32Et l'hôpital public en Allemagne, il est privé.
08:35Mais bon, voilà le champ de responsabilité de l'État, si vous voulez.
08:40Aujourd'hui, l'État est présent partout, veut nous astreindre, veut nous taxer,
08:44veut nous dire comment on va faire nos prix, veut nous dire…
08:47Il y en a marre, on veut de la liberté, on est dans le pays de la liberté.
08:51Donc tout ce que nous faisons aujourd'hui, ce que nous entendons, c'est liberticide.
08:56Donc qu'est-ce qu'il faut faire ?
08:57Eh bien il faut faire ce qu'on écrit dans ce bouquin, « Gagner plus, c'est maintenant ».
09:00Je vais vous dire pourquoi.
09:01Mais avant les pistes de diagnostic, parce que tous les ministres et anciens ministres
09:07se succèdent pour dire que la situation est catastrophique, nous sommes d'accord que
09:11vous partagez ce diagnostic, et quel est le risque, si vous deviez le caractériser ?
09:15En fait, le risque, c'est qu'il ne se passe rien.
09:17Si vous voulez, aujourd'hui, chaque seconde qui passe entre nous, on a 5 000 euros de dette en plus.
09:225 000 euros de dette par seconde en plus.
09:24Chaque seconde, 5 000 euros de dette en plus.
09:26C'est très parlant pour ceux qui nous regardent.
09:28Le temps de notre interview, on aura dépensé, l'État aura dépensé 10, 15 ou 20 millions de plus d
09:33'euros.
09:33La dette, ça croit aujourd'hui.
09:35Donc moi, je ne dormirais pas à la place de M. Lecornu ou de M. Macron.
09:385 000 euros de dette, donc il y a une situation gravissime.
09:41La croissance est à tonne, la France est à l'arrêt.
09:44Donc c'est vrai qu'économiquement, si vous voulez, il faut faire quelque chose.
09:47Dans nos entreprises, on fait des choses, on décide.
09:50Qu'est-ce qu'on fait dans nos entreprises ?
09:51Les plus petites aux très grandes.
09:531. On motive les gens qui peuvent apporter de la croissance à fond.
09:57Les commerçants, etc.
09:58On y va, on va chercher du chiffre d'affaires, on va chercher du PIB.
10:01Et on réduit la structure, toujours.
10:04Et il est possible, il est possible de réduire la structure en France.
10:06La structure, ce sont les fonctionnaires.
10:08Ce sont les fonctionnaires, c'est dépenses publiques, c'est optimiser le modèle social.
10:11Vous avez 4 ans d'ordre.
10:12Optimiser, dites-vous.
10:13Optimiser le modèle social.
10:14Vous employez ce mot, à bon escient.
10:16Et il y a plein de pays, si vous voulez, qui ont fait ça.
10:18Vous avez les Suédois qui ont arrêté le statut de fonction publique.
10:21Vous avez des sociodémocrates, M. Schröder en Allemagne, socialiste.
10:25Qui n'a pas été réélu, d'ailleurs, après.
10:27Mais oui, mais ceux qui se présentent veulent être réélus, M. Gattaz.
10:30Ça ne vous a pas échappé.
10:31Est-ce qu'on peut accéder aux plus hautes responsabilités en disant la vérité aux Français ?
10:36Moi, je crois qu'il faut avoir une vision.
10:38Ça manque cruellement de vision.
10:40La vision des blogs que j'ai cités, c'est d'accès tout azimut.
10:43Moi, j'ai une vision pour mon pays.
10:45La vision, c'est 2040, on sera au plein emploi.
10:474%.
10:48C'est que le taux de chômage des jeunes ne sera pas à 21%.
10:51Ce sera comme celui des Allemands, 6%.
10:53C'est que la censure sociale remarchera.
10:55C'est que l'industrie sera reparsée de 10 à 15% du PIB.
10:59Comment ?
11:00Et je décris tout ça.
11:01Je décris tout ça dans mon bouquin.
11:02Je décris tout ça dans le cercle de réflexion que j'ai créé,
11:04qui s'appelle l'Institut des solutions.
11:06Et à partir de là, est-ce que vous voulez aller au plein emploi, M. le Français ?
11:09Est-ce que vous voulez que votre salaire net augmente ?
11:10On a estimé de l'ordre de 30% à 10 ans.
11:13Eh bien, il y a des solutions.
11:14La solution, ça passe par l'économie.
11:16Et ça passe aussi par ceux qui vont tenir le volant.
11:19Vous allez peut-être penser que c'est une question politicienne,
11:21mais est-ce que vous pensez que ceux qui ont tenu le volant
11:24et nous ont conduit vers cette situation peuvent remonter dans la voiture ?
11:28Si vous voulez, c'est une question politique à laquelle je vais essayer de répondre.
11:32Oui, sans langue de bois, non ?
11:33Non, non, mais je vais vous dire, je n'ai aucune langue de bois.
11:36J'ai connu un parti socialiste, François Hollande,
11:38qui est devenu social-démocrate.
11:40Bon, et j'étais très heureux.
11:41Je suis arrivé en médève de combat, comme en 2013.
11:45Bon, et on a essayé de pousser un certain nombre de réformes,
11:48dont le pacte de responsabilité, le CICE qui a permis de baisser les charges,
11:51le taux d'impôt sur les sociétés qui est passé de 33 à 25, c'est possible.
11:55Il y a déjà une dizaine d'années.
11:55Etc.
11:56Oui, oui, oui.
11:56Mais ça veut dire qu'ils étaient socialaux, ils étaient sociodémocrates.
12:00À la façon allemande, j'étais rassuré.
12:02Je me suis dit, ça y est, le pays pourra faire des alternances gauche-droite, droite-gauche,
12:05et les patrons, les entreprises ne seront plus embêtées.
12:08Et Macron a continué cette politique pendant deux ans, avec le plafonnement,
12:12avec la suppression de l'ISF, avec les lois Pénicaud de simplification du Code d'un Travail,
12:16avec le barème des prud'hommes, le plafonnement...
12:18Et après, que s'est-il passé ?
12:19Et après, tout a volé en éclats.
12:20Tout a volé en éclats.
12:20Et c'est là où est le problème, je vais vous dire.
12:22C'est là où est le problème.
12:23C'est qu'en fait, cette politique de l'offre était formidable.
12:27Elle a donné des résultats.
12:28Deux millions d'emplois créés.
12:29Ça, c'est très important.
12:30La confiance revenue.
12:31Le seul problème, c'est qu'ils n'ont pas fait d'économie en face.
12:33Oui, c'est quand même...
12:34Mais c'est énorme.
12:35C'est pas rien.
12:35Mais bien sûr, ils n'ont pas fait d'économie.
12:37Donc, quand la croissance était là, vous arrivez à faire tout ça,
12:42augmenter le taux d'emploi.
12:43Et dès que, comme dans les entreprises, vous avez de la croissance,
12:46elle efface tous les défauts.
12:47Le problème de la France, c'est qu'on est mis dans un monde très, très chaotique.
12:50Et donc, il faut faire comme tous les pays du monde, restructurer, optimiser.
12:54Et il y a des solutions sans...
12:56Elles sont là sur la table, la question ?
12:57Elles sont sur la table.
12:58Je ne veux pas vous faire dire qui, aujourd'hui, comprend le mieux l'entreprise.
13:00À vous entendre, personne ne la comprend dans ce paysage politique.
13:04Non, non, si, il y en a qui en comprennent.
13:05Non, non, il y en a quelques-uns qui ne comprennent pas.
13:07Non, mais si vous voulez, je suis un peu très déçu par le bloc de gauche,
13:10aujourd'hui, que j'ai connu social-démocrate.
13:13Je reviens, je ne fais pas de politique.
13:14Je dis juste, j'ai vu des socialistes qui avaient le courage
13:17de faire des réformes vers l'entreprise, vers l'économie.
13:20Bon, puis après, patatras, ils se sont tous ramenés sur...
13:22Voilà, patatras, comme vous dites.
13:23Voilà, patatras.
13:24Et à droite, si vous voulez, ils sont assez nombreux.
13:26Le problème, c'est qu'ils n'ont pas de problème.
13:28Moi, j'entends les discours, si vous voulez, économiques, entreprises,
13:31et heureusement.
13:32Mais après, il ne faut pas qu'il y en ait 5 ou 10 ou 15, il en faut un.
13:35Et oui, donc une primaire de la droite.
13:38Et puis, il y a...
13:39Bon, la France insoumise, vous en avez parlé.
13:41Je crois que c'est assez clair ce que vous en pensez.
13:43Ah, mais la France insoumise, si vous voulez, pour moi, c'est le chaos,
13:46c'est la faillite avec le chaos et la violence.
13:47Mais pardonnez-moi, et là, ce n'est pas déjà le chaos et la faillite ?
13:50Mais non, parce que non, il faut rester très optimiste.
13:54Il faut rester optimiste.
13:55Il faut combattre.
13:56Il faut résister.
13:57Il faut que les patrons ne partent pas.
13:58M. Gattaz, la Bulgarie s'est financée moins chère sur les marchés que la France.
14:02J'aime beaucoup nos amis bulgares,
14:03mais reconnaissez quand même que c'est une situation assez inédite.
14:06Mais il faut constater que ça ne va pas, ce que je vous ai dit,
14:10si vous voulez, un taux de chômage qui remonte à 8,3%, etc.
14:12Ça ne va pas.
14:14La situation économique est catastrophique, il faut le dire.
14:17Mais dans nos entreprises, on a vécu des situations comme ça.
14:20Donc le seul problème, c'est qu'il faut se remonter les manches
14:22et faire l'expliquer la vérité aux Français.
14:24Alors imaginons, il y a un scénario, il y a des sondages,
14:27on a parlé de la France insoumise,
14:28il y a le Rassemblement national, la candidate Marine Le Pen qui déroule un programme
14:31qui parfois peut avoir, il faut le voir, des accents libéraux,
14:35sauf sur la retraite.
14:36Évidemment, il y a quelques années, vous dénonciez le RN comme étant d'extrême-gauche.
14:40Et aujourd'hui ?
14:41Mais en fait, ils ont un programme économique qui est soit inexistant,
14:44soit très curieux, soit étatiste.
14:46Donc moi, j'ai encore un problème, je n'ai pas tout à fait compris ce qu'ils présentaient.
14:49Donc c'est vrai que je suis encore assez réservé sur ce programme,
14:53que je n'ai pas bien compris.
14:54Et encore une fois, je ne fais pas d'équipe.
14:56Moi, je veux juste un environnement, un gouvernement
14:58qui comprenne que pour redresser le pays,
15:00redonner du salaire net aux gens, et ça c'est fondamental,
15:03refaire marcher l'ascenseur social,
15:05c'est par l'économie, les entreprises, les moteurs de l'économie
15:08que sont les entrepreneurs.
15:09Et tant qu'ils n'ont pas compris ça,
15:11ce que Mme Méloni a compris parfaitement, si vous voulez, en Italie,
15:14eh bien, moi, c'est pour ça qu'on n'est ni à gauche ni à droite
15:16et que je ne veux pas faire de procès.
15:18Madame Méloni, Giorgia Méloni, serait un modèle pour M. Gattaz ?
15:21Non, alors, en tous les cas,
15:23sans pragmatisme économique que vous semblez louer,
15:26pourrait marcher en France.
15:27Tout n'est pas parfait,
15:28mais si jamais l'extrême-droite arrive au pouvoir, comme on dit,
15:31eh bien, je dirais,
15:33il faut que si l'économie refonctionne
15:34et qu'on veut passer de nos miséreux
15:360,5% de croissance à 1 ou 2,
15:39que, vous savez,
15:41c'est l'économie qui compte.
15:42Et moi, je suis prêt, même, à voter pour un social-démocrate
15:45si le type me dit, mais on va faire des réformes,
15:47on va faire des économies,
15:48on va revoir le modèle social, etc.
15:50Donc, tout ça n'est pas un problème politique,
15:52c'est un problème juste de faire comprendre que tous les pays au monde
15:54ont réussi avec l'économie d'entreprise,
15:56y compris les communistes chinois,
15:58le Deng Xiaoping.
16:00Ils étaient communistes.
16:01Qu'est-ce qu'ils ont fait ?
16:02Ils ont dit, on a marre avec 50 millions de morts.
16:04Qu'est-ce qui marche dans le monde en 1978 ?
16:06Deng Xiaoping.
16:08Eh bien, il a regardé l'entreprise, l'économie, le libéralisme,
16:10le capitalisme.
16:11Et ils ont dit, enrichissez-vous,
16:12créez vos boîtes, innovez, copiez, tout le machin.
16:14Et aujourd'hui, alors, ce n'est pas un modèle,
16:16la Chine non plus, comme l'Italie,
16:17pour moi, ce n'est pas un modèle,
16:18mais juste, il faut faire comprendre à tous les partis,
16:21d'extrême-gauche à d'extrême-droite,
16:22aujourd'hui, que sans les entrepreneurs,
16:24sans l'entreprise, sans l'économie,
16:26vous n'arriverez jamais à recréer de l'emploi,
16:29à financer les arts, la culture, etc.
16:31Mais ces mêmes parties vous posent aussi des questions
16:32et s'interrogent sur la relation,
16:34de manière globale, là, vous avez été patron du Medef,
16:37et puis on s'interroge sur la relation des patrons,
16:39en tous les cas, leur conviction sur l'immigration.
16:42Le président du Medef, Patrick Martin,
16:44soutient qu'il ne faut pas exclure le recours
16:46à une immigration de travail,
16:47régulée, ciblée, dit-il,
16:48pour faire face aux pénuries de compétences.
16:51Est-ce que le Medef veut plus d'immigration ?
16:53Parce que vous entendez une certaine partie
16:55de la scène politique qui dit,
16:57mais regardez, les patrons, ils sont immigrationnistes.
16:59Mais non, tout ça est dans le détail.
17:02On est toujours en France,
17:03dans une caricature.
17:04C'est un sujet assez important.
17:04Oui, c'est un sujet absolument extrêmement important,
17:07ce qui est important,
17:08c'est qu'on aura forcément besoin de travailleurs
17:11pour faire des tâches à l'hôpital,
17:12dans les entreprises, etc.,
17:13dans les restaurants à Paris.
17:14Donc c'est une immigration choisie
17:16et une immigration intégrée.
17:17Donc il en faut plus ?
17:18Surtout intégrée.
17:19Il n'en faut pas plus,
17:20parce qu'on a déjà un flot d'immigration
17:21qui est énorme aujourd'hui.
17:22Donc réglons le problème du stock et du flux.
17:26Et en effet, dans nos entreprises,
17:27on travaille avec tout le monde.
17:28On a plein de gens,
17:30on a plein de gens de confessions de différence,
17:32on a plein de gens qui viennent.
17:33Mais ce dont je m'aperçois,
17:35c'est que quelqu'un d'y travaille
17:37se stabilise
17:37et n'importe pas en France
17:40des folies furieuses.
17:42Donc je pense que c'est un problème
17:43qui fait que c'est de l'immigration
17:46choisie et intégrée,
17:47surtout comme le font les Suisses,
17:48les Canadiens.
17:49Il y a des tas de modèles de gens
17:50qui ont régulé l'immigration.
17:52Mais à zéro, c'est pas possible.
17:55Réduire l'immigration à zéro,
17:56pour moi, c'est pas possible.
17:57C'est un leurre, c'est un mythe,
17:58l'immigration à zéro ?
17:59Je n'ai pas bien réfléchi à votre question.
18:01Ce que je sais, c'est que
18:02ce qu'il faut, c'est que les gens travaillent,
18:04deviennent français,
18:05prennent nos règles.
18:06Nous sommes en France,
18:07il y a des lois républicaines
18:09et des gens qui viennent pour travailler,
18:12avoir une famille, etc.
18:13sont beaucoup plus,
18:15il faut espérer, intégrés.
18:16Ceux qui ne refusent,
18:17c'est cette règle du jeu-là,
18:19il faut qu'ils partent.
18:19En tous les cas,
18:20quand on arrive,
18:21certains viennent dans un pays abîmé,
18:23dit l'ancien Premier ministre François Fillon.
18:25C'est lui, on peut le reconnaître,
18:26d'avoir il y a très long an,
18:28plusieurs années,
18:29dit qu'il était à la tête d'un État en faillite.
18:32Oui, mais si vous voulez,
18:33on ne l'a pas dit assez.
18:34En fait, il faut dire la vérité aux Français,
18:35mais en montrant une vision.
18:36Parce que montrer que juste le précipice,
18:38c'est extrêmement oxygène.
18:39Et c'est ça qui me gêne,
18:40c'est qu'il faut absolument montrer une vision.
18:42C'est possible d'aller au plein emploi,
18:44c'est possible de réindustrier le pays.
18:45C'est possible d'aller en plein emploi ?
18:46Mais oui, c'est possible.
18:47On ne sait pas si on va boucler le budget.
18:48On a une dette,
18:49vous avez dit chaque seconde,
18:50je ne sais pas combien.
18:51Mais on a des usines qui partent.
18:53On a une forme de déclassement
18:54quand même dans différents domaines.
18:55Mais c'est possible ?
18:56C'est possible.
18:56Si je peux me permettre,
18:57et dans ce livre...
18:58Mais présentez-vous, M. Gattaz.
18:59Non, mais je ne vais pas me présenter du tout.
19:01Surtout pas,
19:01je serai très mauvais président de la République.
19:03Mais je suis plutôt en train d'expliquer.
19:05Je vous remercie de m'avoir invité.
19:05Est-ce qu'un bon chef d'entreprise
19:06peut être un bon président ?
19:08Oui, certainement.
19:09Sans doute,
19:10il y en a dû en avoir
19:10dans d'autres pays au monde, etc.
19:12Et puis peut-être parfois,
19:13c'est un fiasco.
19:13Je ne sais pas.
19:14Ce n'est pas mon propos.
19:15Mon propos, c'est de dire
19:16qu'il y a quatre choses à faire pour la France.
19:17Vous avez travaillé plus,
19:18un peu plus par an,
19:19parce que nous travaillons moins.
19:20Alors, par semaine,
19:21on est sans doute autour de 37-39 heures.
19:23Mais par an,
19:24on a une vingtaine de RTT.
19:25Nous avons des déficits
19:26d'une centaine d'heures par an par salarié.
19:29Deuxième chose,
19:30sur une durée de vie,
19:31on travaille beaucoup moins
19:32que la moyenne européenne.
19:33Vous savez,
19:34la retraite est à 77 ans.
19:36Je sais bien,
19:36mais vous savez que ce discours
19:38ne passe pas le mur du son pour certains.
19:39Mais attendez,
19:40il faut le préciser.
19:41Moi, je suis pour augmenter
19:42les salaires nets des seniors
19:44et réduire le coût du travail des seniors.
19:46De telle façon,
19:47il faut réenchanter le travail.
19:49Il faut que le travail paye.
19:51C'est fondamental.
19:52Vous êtes un patron humaniste, en fait.
19:53Mais fondamentalement.
19:54Mais moi, j'ai gardé...
19:55Oui, un patron humaniste.
19:56Mais j'ai gardé mes quatre usines en France.
19:58Vous avez ouvert une usine au Mexique.
20:00Mais bien sûr.
20:01Mille ouvriers.
20:02D'ailleurs, ça vous a été beaucoup reproché.
20:04Mais bien sûr.
20:04Mais mille ouvriers
20:05m'ont permis de conquérir
20:06des comptes comme Boeing, etc.
20:07Et m'ont permis...
20:08Pour deux emplois créés au Mexique,
20:10j'en ai créé un en France.
20:11Moralité.
20:11En 30 ans,
20:12j'ai gardé mes quatre usines françaises.
20:14Elles ont doublé de taille.
20:15Grâce à ces usines délocalisées,
20:17je ne délocalisais pas.
20:19J'avais des coûts plus bas.
20:20Mais l'excellence française
20:21en innovation,
20:22en recherche,
20:23en production,
20:23est en France.
20:24Mais est-ce qu'on l'apprend, ça ?
20:25Mais on n'apprend pas, ça.
20:26On l'apprend pas, ça.
20:27Dans les grandes écoles ?
20:28Mais non, on l'apprend pas.
20:29Est-ce qu'on enseigne l'entreprise ?
20:31Est-ce qu'on prépare
20:31à tous les aspects de l'entreprise ?
20:33Mais pas du tout.
20:34Il y a un déficit, si vous voulez,
20:35et c'est pour ça que j'ai aussi créé
20:36cet institut des solutions,
20:37ce cercle,
20:38pour acculturer plus
20:39les Français
20:40à travers des médias,
20:41à travers un réseau
20:42de terrain qui se monte
20:44pour expliquer
20:45l'économie de terrain.
20:46L'économie de terrain,
20:48c'est un patron,
20:49il n'est pas là pour...
20:50Son obsession,
20:51ce n'est pas d'être le plus riche.
20:53Parfois, si,
20:54mais c'est de durer.
20:56C'est de durer
20:57avec ses équipes
20:58et de faire...
20:58Durer,
20:59demeurer,
21:00demeurer
21:00et réenchanter le travail.
21:02Réenchanter le travail,
21:03absolument.
21:04Si ce n'est pas un slogan de campagne,
21:07Travailler plus,
21:08c'est important.
21:08Deuxièmement,
21:09il faut optimiser le modèle social
21:10pour que le net
21:12et le brut se rapprochent
21:13et pour donner du pouvoir d'achat
21:14encore plus.
21:15Les propositions de Pierre Gattaz.
21:17Et réduire les dépenses publiques,
21:18on peut le faire,
21:19il y a plein d'idées,
21:19mais plein d'idées
21:20pour réduire les dépenses publiques.
21:21Merci Pierre Gattaz.
21:22Je terminerai par la vision.
21:23Il faut absolument
21:24réindustriser le pays,
21:25il faut donner une vision,
21:26un cap enchanteur.
21:27Sinon, ça ne marche pas,
21:28vous n'aurez pas...
21:28Messieurs les politiques,
21:29à bon entendeur,
21:30Pierre Gattaz.
21:31Franchement,
21:31si ce n'est pas un programme,
21:33je ne sais pas ce que c'est,
21:34mais au-delà de la campagne.
21:35Merci.

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