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  • il y a 3 jours
Invité du Grand Rendez-vous Europe 1/CNews/Les Echos ce dimanche 13 septembre, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, est revenu sur la proposition de François Hollande d'augmenter les salaires nets de tous les Français en diminuant les cotisations salariales qui pèsent sur les salaires bruts.

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Transcription
00:00Un autre sujet, Jean-Pierre Farandou, c'est la TVA sociale que met sur la table François Hollande,
00:03après avoir été défavorable en 2012 lorsqu'il a accédé au pouvoir.
00:07Qu'est-ce que vous pensez de cette idée ?
00:09Moi, je me méfie beaucoup des baguettes magiques.
00:11C'est-à-dire que tout à coup, il y a des gens qui disent
00:14« c'est simple, on n'a qu'à baisser les cotisations ».
00:16C'est la différence entre le salaire brut et le salaire net.
00:18Génial, ça y est, on a trouvé la martingale.
00:20D'abord, moi je dis avant de baisser les cotisations,
00:23la première chose à faire, c'est de rétablir les comptes de ces grands systèmes.
00:26parce que ces cotisations, elles financent les retraites, elles financent la santé,
00:29on en a déjà beaucoup parlé, faisons en sorte déjà que ça soit rétabli.
00:32Parce que c'est une drôle d'idée de baisser les recettes d'un système qui est déjà en déficit.
00:36Il n'y a qu'un petit problème là, économique.
00:38Ah, donc vous êtes pour plus d'impôts, vous ?
00:40Alors que les Français sont déjà ponctionnés au maximum ?
00:43Vous avez dit que c'est une idée bizarre de baisser les recettes.
00:48Vous avez la sécurité sociale qui est en déficit.
00:50Vous lui baisser les recettes, vous croyez que ça va arranger son déficit ?
00:53Et vous-même, vous m'avez dit que c'est quand même pas normal de baisser le reste à charge
00:56pour les dentistes.
00:57Vous êtes en contradiction là.
00:58Non, je ne suis pas en contradiction, c'est juste qu'au lieu de regarder dans la dépense et de
01:02mieux l'aiguiller,
01:03je me demande si on ne peut pas mieux aiguiller la dépense plutôt que de prendre encore vos Français.
01:06Mais c'est une différence de point de vue de Jean-Pierre Farrandeux.
01:08Quand on le fait sur les dentistes, vous m'avez dit que ce n'est pas normal, vous avez démarré
01:10comme ça.
01:11Là, vous reflétez une petite contradiction qui n'aide pas les Français.
01:13Vous savez bien que non, Jean-Pierre Farrandeux.
01:15Non, mais bon, pour vous dire que ce n'est pas si simple.
01:17Mais en revenant à la TVA sociale, voilà des gens qui, avant même de rétablir les comptes de la santé
01:21et des retraites,
01:22qui sont les deux éléments principaux de la protection sociale...
01:24Mais ça serait un truc à somme nulle, c'est qu'on augmenterait la TVA, on baissait les cotisations sociales,
01:28c'est ça l'idée.
01:30De combien on peut l'augmenter la TVA ? Deux points. Et encore...
01:33François Hollande dit 24%.
01:35Oui, de 20 à 24. C'est audacieux, parce que là, pour le coup, les économistes disent
01:38« Ouais, il y a peut-être une petite marge de manœuvre en France à les deux points par rapport
01:42aux autres pays européens. »
01:42Sauf les produits de première nécessité, et l'énergie.
01:45On affine. Deux points de TVA, ça vous fait deux points de cotisation en moins, à peu près.
01:49Bon, des salariés gagnent deux points.
01:51Deux points, est-ce que ça répond au problème ?
01:53Moi, je ne sais pas, les gens qui se prennent, c'est pas... Bon, c'est quelque chose.
01:56Mais est-ce que c'est à la hauteur des attentes ? Je ne le crois pas.
01:58Mais l'idée, c'est quand même de faire payer les importations, c'est de faire payer aussi,
02:03que toute la protection sociale ne repose pas seulement sur le travail, sur les entreprises, sur les salariés.
02:07Ah, mais ça, on peut en parler.
02:08C'est aussi ça, l'idée de la TVA sociale. Il y a des arguments en faveur.
02:11Oui, mais il y a la modalité, il y a la discussion.
02:14Je termine sur la TVA. Comme dirait l'autre, ça augmente les prix, quand même.
02:17Donc, vous reprenez un peu d'une main par l'inflation, par les prises que vous avez données,
02:21par la réduction des cotisations. Voilà. Donc, on peut en débattre.
02:24Alors, maintenant, sur le principe. Est-ce qu'on ne demande pas trop au travail ?
02:27Oui. Ayons le débat.
02:33Le financement à la sécurité sociale en 1945, tout était sur le travail.
02:36Parce qu'on pouvait. On pouvait, très bien.
02:38Je vous l'ai expliqué. Vous avez vu comment les cotisations sont déformées.
02:41On rajoute la CSG en 1991.
02:43Et ça ne suffit toujours pas, puisqu'on est en déficit.
02:45Est-ce qu'il est normal de demander au travail, les entreprises ou les salariés,
02:49de tout prendre sur leurs épaules ?
02:50En tout cas, le constat montre que c'est difficile.
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