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  • il y a 31 minutes
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.

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Transcription
00:00Si vous nous rejoignez à l'instant, c'est l'heure du grand débat du samedi soir.
00:03Quatre personnalités, quatre regards également pour débattre de l'actualité.
00:07Je salue dans l'ordre d'apparition à l'écran Nicolas Domenac.
00:10Bonsoir Nicolas, éditorialiste politique à Chalange.
00:12A vos côtés Jean-Claude Mailly. Bonsoir M. Mailly.
00:15Vous êtes ancien secrétaire général de Force Ouvrière.
00:18Laurence Saillet nous rejoint ce soir. Bonsoir.
00:20Ancienne députée européenne Les Républicains.
00:22Et à vos côtés Yves Tréhard, visage bien connu des téléspectateurs de BFM.
00:27Bonsoir Yves. L'ombre des gilets jaunes.
00:29Tout d'abord ce soir. Appel à manifester. Appel à bloquer les ronds-points.
00:33La colère monte sur les réseaux sociaux contre le prix des carburants notamment.
00:36On va en parler avec vous, Maxime Brunstetter, parce que vous vous êtes procuré une note des renseignements territoriaux
00:43qui surveille évidemment les réseaux sociaux pour savoir jusqu'où pourrait aller cette colère.
00:47Qui surveille les réseaux sociaux. Note qu'il y a une accélération des échanges sur d'éventuels rassemblements depuis quelques
00:55heures.
00:55Une note qui appelle à une vigilance particulière. Parce que s'il y a des rassemblements, il y aurait des
00:59risques de troubles d'ordre public.
01:02La note qui a observé un maximum d'internautes qui aimeraient participer à ce mouvement.
01:08Alors en gros, les revendications, on l'a évoqué, c'est la vie chère et le prix de l'essence.
01:13Les manifestations, elles se présenteraient essentiellement les samedis, comme les gilets jaunes.
01:18La volonté qui domine, c'est d'être pacifique, même s'il y a des appels un peu inquiétants à
01:23prendre l'Elysée, à bloquer toutes les stations d'essence.
01:26Les personnes, c'est d'anciens gilets jaunes, mais pas que aussi des citoyens.
01:29Et est-ce que ça va mobiliser ? La question qu'on se pose tous.
01:32Le renseignement dit que d'un côté, il voit beaucoup d'enthousiasme chez certains internautes à l'idée de se
01:37remobiliser.
01:37Mais aussi beaucoup de scepticisme chez d'autres qui semblent, notamment chez d'anciens gilets jaunes, qui n'ont pas
01:43envie de retourner dans la rue pour diverses raisons.
01:45La peur de la violence, c'est trop cher pour eux de se mobiliser.
01:47Et surtout, au nom de l'élection présidentielle, qui est en fait une échéance, qui démobilise parce que beaucoup disent,
01:53bon après tout, on va voter dans quelques mois, à quoi ça sert de se mettre dans la rue ?
01:56Jean-Claude Magui, est-ce que vous souhaitez ou est-ce que vous redoutez le retour des gilets jaunes ?
02:00Je ne le redoute pas, mais je ne le souhaite pas.
02:04Après, difficile de prévoir à un moment donné.
02:06Mais pour le moment, il n'y a pas de structure organisée, que ce soit un syndicat.
02:09Si, il y a un responsable politique qui appelle.
02:12C'est sa responsabilité, mais je ne pense pas...
02:13Parler de qui ?
02:14Roussel.
02:15Fabien Roussel, le con les ronds-points.
02:17Oui, quand il fait ça, je ne pense pas que ça amène beaucoup de gens à aller dans la rue
02:21non plus.
02:23Mais les problèmes sont réels, le pouvoir d'achat, le prix de l'essence, etc.
02:28Mais ce n'est pas évident.
02:31Il y a une constante dans l'histoire, c'est que ce n'est pas dans les périodes...
02:35Oui, c'est ce que j'allais dire.
02:36... où les gens ont du mal à boucler leur fin de mois qui vont dans la rue.
02:40Pourquoi ? Parce que se mettre en grève ou se mobiliser, faire des kilomètres pour aller au rond-point, ça
02:46coûte cher.
02:47Et prendre en otage une partie de la population, enfin en otage, pardon, bloquer la circulation, tout ça, ce n
02:54'est pas évident.
02:55Et quand vous avez du mal à boucler vos fins de mois, quand on vous dit, le 10 du mois,
03:00je n'ai plus rien pour manger, ça me paraît compliqué.
03:03Il ne faut pas oublier qu'en 2018, certes, il y avait eu cette augmentation de carburant, mais on était
03:09dans une période...
03:10Ce n'était pas le Pérou, mais il y avait quand même de la croissance.
03:14On était, après une année, plutôt assez bonne.
03:17Donc, ce n'est pas dans les moments les plus compliqués que les gens se mobilisent.
03:21Et les politiques, pour parler, pour continuer, les politiques appelées à dire...
03:28Jean-Luc Mélenchon, en 2018, il n'y est jamais parvenu.
03:33Quand il y a vraiment une révolte populaire, il s'en bat les flancs, les politiques.
03:37Vous avez rappelé les mots de Fabien Roussel, le patron des communistes, qui a appelé aujourd'hui et hier, d
03:41'ailleurs, à bloquer les ronds-points.
03:43Il fera quoi, Bruno Retailleau, s'il y a les gilets jaunes ? On le verra sur les ronds-points.
03:46Alors, je ne parle pas, bien sûr, pour Bruno Retailleau.
03:50La tradition de la droite, c'est rarement d'appeler à manifester de manière générale.
03:56– On avait vu Laurent Wauquiez avec le gilet jaune, je vous rappelle.
03:59– On peut redéfinir cette scène.
04:00– Mais on ne l'a jamais vue, en fait. On s'était trompés.
04:03– Ah bon ? Ne sauf pas ! Il avait nié !
04:08– Ne riez pas, j'étais sa porte-parole à l'époque, donc je sais exactement comment s'est passée
04:12la chose.
04:14Non, ce n'est pas comme ça que ça s'est passé, mais je crois que ce n'est pas
04:16le sujet de ce soir.
04:17J'étais sa porte-parole, et je peux vous dire qu'il y a eu vraiment beaucoup de malentendus sur
04:21cette affaire.
04:22Peu importe, je sais aussi dans quelle philosophie on était,
04:25au début des gilets jaunes, puisque vous voulez y revenir,
04:28effectivement, il y a eu un élan global, il n'y avait pas encore de violence,
04:32il n'y avait pas de difficultés, où la droite a été à l'écoute de cette souffrance.
04:37– Il y avait Eric Ciotti alors.
04:38– À l'écoute de cette souffrance, si vous voulez, et heureusement des Français.
04:42Ensuite, quand les choses ont commencé à se durcir et qu'il y a eu de la violence,
04:45évidemment, il y a eu du recul.
04:47La différence avec les gilets jaunes, selon moi, c'est plusieurs choses.
04:51Je ne sais pas ce que ça va donner, mais les politiques jouent un peu avec ça.
04:54Monsieur Roussel essaie d'exister, il vient d'annoncer sa candidature.
04:58Je trouve que c'est quand même assez, comment dire, dangereux de sa part
05:01d'essayer de monter la pression à la population.
05:05La différence, c'est que premièrement, beaucoup quand même comprennent
05:07que la crise du carburant, ce n'est pas spécifiquement lié à l'action politique nationale.
05:13Ensuite, beaucoup ont compris que les caisses étaient vides.
05:15– Je ne suis pas d'accord.
05:16– Les caisses… Non mais attendez, laissez-moi expliquer, on me dira après.
05:19– Il y a eu un mécontentement…
05:21– Oui, non mais il n'y a pas que…
05:22– La crise de l'essence, laissez-moi dérouler.
05:25– La crise de l'essence, la crise de l'essence, sert de détonateur
05:28pour un mécontentement général et global vis-à-vis du gouvernement.
05:32– Néanmoins, il se trouve que la solution aujourd'hui
05:35n'est pas vraiment dans les mains du gouvernement.
05:37– Ensuite, on sait que les caisses sont vides.
05:40– Donc ils baissent les taxes.
05:41– Et ça, il y a eu…
05:42– On va venir aux solutions dans un rapport.
05:44– Non mais arrêtez de me couper tous les deux minutes.
05:45Baisser les taxes, vous allez prendre l'argent où ?
05:47Vous êtes de droite ?
05:48– Non mais je n'ai pas dit…
05:49– Vous avez une connaissance de l'économie ?
05:51– Je dis que c'est ce que les gens vont vous dire.
05:52– Oui, bien sûr.
05:52Mais en tout cas, les caisses sont vides et la dette est très très importante.
05:56Donc il y a aussi, si vous voulez, une prise de conscience,
06:00une forme de défaitisme, mais c'est encore pire, je vais vous dire.
06:02Parce que quand les gens n'ont même plus la force, quelque part,
06:05de manifester, c'est que le renoncement est tel
06:07et la souffrance est telle qu'on ne peut pas non plus s'en réjouir.
06:10– Nicolas Demela, il y a une France qui est à cran,
06:13mais qui est tellement épuisée qu'elle n'ira pas manifester.
06:16– L'herbe est sèche, les forêts aussi, je veux dire,
06:18il manque l'étincelle pour que ça prenne, je veux dire,
06:20parce qu'il y a un sentiment d'injustice en même temps que,
06:23au fond, la supportabilité, si j'ose dire, de la vie quotidienne,
06:27le fait que les prix ont augmenté, etc.
06:30Il manque juste, si j'ose dire, l'étincelle.
06:34On sait, il suffirait que, au hasard, Emmanuel Macron s'en mêle,
06:38par exemple, et fasse preuve, au fond, d'un certain méprise
06:42qui avait été ressenti par les Gilets jaunes précédemment.
06:45Bon, mais le syndrome, si j'ose dire, de la personne raide,
06:49le gouvernement, il est plus soumis que Céline Dion, hélas.
06:54Donc, on n'est pas à l'abri, je veux dire, d'une manifestation de ce type-là
06:58dans les jours qui viennent.
06:59Et qui, à ce moment-là, mettent le feu à la plaine et à la forêt.
07:02Je rappelle que, en 2018, les Gilets jaunes refusaient la présence des politiques,
07:08refusaient la présence des syndicats également, d'ailleurs.
07:10C'était un mouvement qui était s'auto-alimenté, d'une certaine manière, et autonome.
07:15Ils ne voulaient surtout pas les politiques.
07:16Et les politiques qui ont voulu s'y raccrocher ont échoué.
07:18Ah oui, ça s'est mal passé pour.
07:20Et qui, politiquement ? En 2018, c'était clair, c'était contre Macron.
07:23C'était clair.
07:24Rappelez-vous, là où Macron a eu très peur, d'ailleurs, en 2018, etc.
07:28Là, ce n'est plus contre Macron, il va se barrer.
07:30Donc, voilà, c'est plus compliqué en période présidente.
07:33Je voudrais vous lire, Yves Tréard, un extrait de ce rapport dévoilé aujourd'hui par BFMTV,
07:38un rapport des renseignements territoriaux.
07:40Certains Français disent, je vais mettre des guillemets,
07:43« Nous avons peur de descendre dans la rue, car nous risquons de nous faire casser la gueule par des
07:47CRS,
07:47ou, je continue avec les guillemets, par des « black blocs » que l'État va encore envoyer pour discréditer
07:52le mouvement. »
07:53Non, mais c'est grave, vous vous rendez compte ?
07:54Ça veut dire qu'aujourd'hui, les Français, enfin, une partie des Français, attention.
07:58Une partie.
07:59Il ne faut pas globaliser.
08:01Une partie des Français estime que l'État, au lieu de les protéger, est violent.
08:06Et ça, c'est entretenu depuis, effectivement, l'épisode des Gilets jaunes, quand même,
08:11où il y a eu, effectivement, des histoires de...
08:14Et Mélenchon, d'ailleurs, a sérieusement surfé sur ça.
08:17La police tue, c'est un peu...
08:20À ce moment-là.
08:21Mais c'est grave de se dire qu'une partie de la population
08:25pense que la police et les forces de l'ordre en France
08:28ne sont pas là pour les protéger, ce qui est leur rôle,
08:32mais pour les agresser.
08:34C'est terrible.
08:34Que dit l'ancien patron de force ouvrière là-dessus ?
08:36Non, mais moi, j'ai toujours...
08:38Enfin, il peut y avoir des dérapages, etc.,
08:40mais j'ai toujours condamné la formule de violence policière.
08:44C'est s'attaquer à la police, ça ne mène à rien,
08:46ils font leur boulot, c'est très compliqué pour eux.
08:49Ils n'arrêtent pas en ce moment.
08:51En plus, au moment des Gilets jaunes,
08:53il y a eu des moments de violence qui n'étaient pas encadrés, rappelez-vous.
08:56C'est des manifs qui n'étaient pas encadrés.
08:58Donc, ça a chauffé, c'est sûr.
09:01S'il y a des manifs spontanés qui ne sont pas déclarés, etc.,
09:04la police est appelée à essayer de contrôler.
09:06Donc, malheureusement, il y a des dérapages à un moment donné,
09:09d'un côté comme de l'autre, d'ailleurs.
09:11Bon, maintenant, les Black Blocs, ce n'est pas comme ça que ça marche.
09:13Ce n'est pas le gouvernement qui les envoie.
09:14C'est dingue de penser, c'est encore pire, je pense,
09:17déjà de penser que l'État ne protège pas et même agresse,
09:20mais de penser que l'État organise la venue des Black Blocs.
09:23Quelque chose qu'on a entendu pendant des mois, au moment des Gilets jaunes.
09:26Oui, bien sûr, il y a une forme de désinformation virale sur les réseaux sociaux.
09:30Vous savez, il y a quand même, au sein des gens qui animaient les Gilets jaunes,
09:35il y a quand même certains individus qui ont été, si vous voulez,
09:39d'une très grande manipulation et violence.
09:42Un complotisme.
09:42Un complotisme.
09:43On les a vus après contre le vaccin, c'est les mêmes.
09:46On les a vus dans un tas d'autres choses.
09:48Bien sûr.
09:48Donc, moi, je pense que je comprends totalement, si vous voulez,
09:52je suis en colère, je suis très en colère contre le gouvernement aujourd'hui.
09:56Leur mutisme, leur silence est insupportable.
09:59Je ne comprends pas, avec la souffrance des Français aujourd'hui, pour démarrer la...
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