00:00Nicolas Maillard-Rossignol, là-dessus, là vous êtes prêt à faire des efforts ou pas ?
00:05Oui, bien sûr, en fait, mais évidemment, d'abord, si on essaie de trouver ce qui nous rassemble,
00:10même si, bien sûr, on peut avoir des opinions différentes, c'est la démocratie,
00:13et bien sûr qu'il y a des choix derrière à faire, mais il y a quand même des choses
00:15qui devraient nous rassembler.
00:16Un, la dette, elle est immense et elle est insoutenable.
00:19Moi, quand j'entends « on va la foutre au feu », moi, je suis maire de Rouen.
00:21Éric Coquerel, vous le disiez tout à l'heure, c'est parfaitement soutenable.
00:23Soyons sérieux, si moi, maire, je vais dire à mes concitoyens « la dette de Rouen, vous savez, on peut
00:27la foutre au feu »,
00:30et les plumes, donc bien sûr qu'elle est insoutenable.
00:32Ceci dit, je suis d'accord sur le fait qu'on peut avoir besoin d'une dette,
00:34et tout le monde a besoin d'une dette, à condition d'investir.
00:36Ce que vous n'avez pas dit, M. Coquerel, c'est dommage, c'est que le problème aujourd'hui de
00:40la dette,
00:40ce n'est pas forcément juste son niveau, c'est qu'elle finance du fonctionnement.
00:43Aujourd'hui, elle finance de l'investissement, et certains investissements sont très utiles,
00:46mais le problème, c'est qu'elle finance du fonctionnement.
00:48Et derrière les intérêts de la dette, ça a été dit tout à l'heure, nous coûte, à nous, Français,
00:53je ne parle pas des politiques, nous, Français, quelles que soient nos opinions,
00:56plus chères que tout ce qu'on met ensemble dans notre société pour nos enfants,
01:00dans l'éducation nationale.
01:02C'est quand même fou.
01:03Donc, ce n'est pas un système qui est soutenable.
01:05Et là, pour le coup, je rejoins, on a en plus des murs qui arrivent,
01:08parce qu'il n'y a pas que le mur de la dette, il y a effectivement le mur climatique.
01:11Vous avez vu les canicules, elles continuent notamment en Pyrénées-Orientales, etc.
01:14Ça va nous coûter cher.
01:14Donc, on peut faire l'autruche et donc look-up,
01:16mais la vérité, c'est qu'on a de toute façon à faire des choix.
01:19Mais ce qui manque...
01:19Attendez, Elie vous dit derrière, prenez le micro.
01:21Je veux juste terminer d'un mot.
01:24Vous êtes responsable du programme de Raphaël Lundsman.
01:26Je vais vous répondre.
01:28Si vous me laissez finir, je vais vous répondre.
01:30Et donc, le sujet qui est derrière,
01:32moi, je pense qu'on peut se retrouver, si on veut bien être honnête et pas démago,
01:35sur la dette.
01:36Donc, il faut arriver à mieux maîtriser le budget de l'État,
01:38ou plus exactement de la puissance publique.
01:40Parenthèse, la dette, c'est 90% l'État et 10% les collectivités locales quand même.
01:43Parce que, si on veut bien reprendre les chiffres...
01:45C'est le maire d'Euron qui parle.
01:46Non, mais c'est la vérité faible.
01:47Non, c'est juste des faits, ce n'est pas mon opinion.
01:49Je vous demande de vérifier.
01:50Corrigez-moi s'il dit une bêtise, mais c'est la réalité.
01:52Tous les maires, quel que soit leur bord politique, ce n'est pas la question.
01:55Donc, derrière, il faut faire des choix.
01:56Donc, un, s'il faut faire des choix, bien sûr qu'il faut faire des économies,
02:00ou plus exactement, dans l'efficience, dans l'utilisation de l'argent public.
02:04Mais tout le monde est prêt à faire des efforts, à condition qu'il y ait de la justice.
02:07Le problème, on a tout à l'heure, vous avez parlé de méritocratie.
02:10Moi, je veux que le travail paye, et c'est un socialiste qui dit ça.
02:12Le travail, c'est une valeur de gauche.
02:14Avec, vous parlez de Raphaël Glucksmann, nous, on veut que le travail paye.
02:16Le problème, c'est qu'aujourd'hui, par rapport à il y a 50 ans, on est passé de quoi
02:20?
02:20D'une méritocratie à une héritocratie.
02:23Parce que les deux tiers de la fortune que vous aviez, je finis madame,
02:26en 1970, ils venaient de votre travail, et seulement un tiers des héritages.
02:30Aujourd'hui, dans notre société, c'est l'inverse.
02:33Alors, tant mieux pour ceux qui bénéficient de cet héritage.
02:36Et je précise, la médiane d'un héritage, c'est-à-dire 50% des Français, c'est 70 000
02:40euros.
02:40Donc, je ne vous parle pas de cela.
02:41Moi, je vous parle des héritages de plusieurs millions d'euros.
02:44Et là, la fiscalité, sur ces héritages-là, elle est effectivement totalement inférieure
02:50à ce que nous, travailleurs, payons au quotidien.
02:53L'héritage, 6% en moyenne, la fiscalité.
02:56Le travail, 46%.
02:57Donc, un, il faut faire des économies, bien sûr, sur le fonctionnement public,
03:00en priorisant sur les investissements d'avenir.
03:03Deux, il faut revenir à une méritocratie.
03:05Et par exemple, la CSG aujourd'hui, c'est-à-dire le financement de notre assurance sociale,
03:08ce n'est pas une cotisation, la CSG, c'est un prélèvement pour financer l'assurance sociale.
03:13Aujourd'hui, qui la paye essentiellement ?
03:14Ce sont les travailleurs.
03:16Il y en a de moins en moins, et il y a beaucoup plus de rentiers.
03:18C'est juste factuel, ce que je dis.
03:21Et donc, beaucoup moins, parce qu'il n'est pas un prélèvement qui est dégressif.
03:24Oui, mais je ne me suis dit que le monsieur le met en a un vrai problème de crédibilité.
03:27C'est la première fois que je prends la parole.
03:28Je finis juste.
03:29Et troisième point, et là, je pense que là aussi, on devrait pouvoir se retrouver,
03:32et moi, je le comprends très bien, parce que les Français me le disent aussi au quotidien comme maire,
03:35c'est qu'effectivement, les gens veulent que le travail paye, mais ils veulent aussi savoir,
03:38quand on met un euro public, où ça va et à quoi ça sert.
03:41On sera tous d'accord pour dire qu'on veut une éducation de qualité, un hôpital public de qualité,
03:45à condition qu'il y ait une lisibilité.
03:47Et là, il y a des efforts à faire, c'est vrai.