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00:00La suite de votre émission, et il y a également la situation, en fait quand on parle de situation géopolitique
00:05internationale, c'est la situation de la France.
00:08Vous savez qu'il y a eu une polémique récemment sur l'aide qui peut être accordée à l'Ukraine,
00:13d'ailleurs par votre parti, Madame Lavalette, le rassemblement national.
00:18La question a été posée, c'est l'aide jusqu'à quand ?
00:21Ça on va en parler parce que vous allez voir que par exemple en Allemagne, l'AFD met ce débat,
00:27l'AFD qui a remporté une large victoire dans l'Est de l'Allemagne, met ce débat dans le centre
00:32justement de la question politique.
00:36Et puis nous parlerons également de Kiev qui a frappé deux installations gazières russes à plus de 3300 km de
00:42sa frontière dans l'Arctique.
00:44Je salue la présence du général Vincent Desportes.
00:47Merci d'être là général, bonsoir à vous, ancien directeur de l'école de guerre et professeur des universités associées
00:52à Sciences Po.
00:53Vous êtes l'auteur notamment de « Devenez leader » aux éditions Odile Jacob.
00:58Voilà une injonction importante dans ce monde de brutalité, effectivement on va en parler.
01:04Didier François, merci d'être là.
01:06Cher Didier François, éditaliste défense de BFM TV.
01:09Et je vais tout de suite rejoindre Ulysse Gosset, parce que quand on parle de l'aide à l'Ukraine,
01:15il faut être précis.
01:16Merci, cher Ulysse, parce qu'il y a eu beaucoup de choses qui ont été dites et qui vont continuer
01:20à être dites sur cette campagne.
01:22De quelle somme on parle quand on parle justement de cette aide à l'Ukraine ?
01:25Oui, bonsoir Sonia.
01:27Bien sûr c'est très important car le débat est très vif en France mais dans d'autres pays.
01:31En France, concrètement, quelle est l'aide directe apportée depuis le début de l'intervention russe en Ukraine,
01:37de l'invasion de l'Ukraine par Vladimir Poutine ?
01:39Eh bien concrètement, 7,9 milliards d'euros directs.
01:44Vous vous souvenez des fameux canons César, des mirages, des munitions, mais aussi de la formation.
01:51Et dans ces 7,9 milliards, il y a aussi de l'aide humanitaire proposée par la France directement à
01:56l'Ukraine, c'est important de le dire.
01:57Mais ce n'est pas seulement cette aide directe, c'est aussi de l'aide qui intervient à travers le
02:02canal de l'Union Européenne.
02:03Et là, la France contribue à hauteur de 17,7 milliards d'euros, ce qui fait un total depuis février
02:102022 de 25,6 milliards versés par la France en soutien à l'Ukraine.
02:16On parle beaucoup de milliards en ce moment, Ulysse, je sais qu'on est parfois assommé par les milliards, mais
02:19reconnaissons quand même que la somme est conséquente, ce n'est pas rien.
02:22Ah, c'est une somme très importante, mais regardez notre deuxième infographie, si on compare avec les autres pays européens,
02:30quelle est la part du PIB de chaque pays dans son soutien à l'Ukraine ?
02:34Regardez où est la France, numéro 15, ça relativise. Premier pays à consacrer le plus d'argent de son budget
02:42de l'État à l'aide à l'Ukraine, c'est le Danemark.
02:44Petit pays, mais 3%, c'est énorme. Regardez la Lettonie, 2,31%.
02:50Alors, évidemment, la Lituanie, les Pays-Bas sont proches, évidemment, sont frontaliers de la Russie, on comprend qu'ils fassent
02:55cet effort de soutien, évidemment.
02:57Mais regardez aussi la Pologne, 0,9%. Regardez la Belgique, 0,66%. L'Allemagne, 0,66%. La Bulgarie, 0,32%.
03:07Et la France se retrouve donc en 15e position.
03:09C'est dire que, oui, la France donne beaucoup d'argent et elle a aussi un soutien politique très important,
03:14mais à l'échelle de l'Europe, on voit que la part du PIB est finalement réduite.
03:19Mais en valeur absolue, qu'est-ce que ça donne, Ulysse ?
03:21Alors, c'est très important parce que ça, c'est du PIB, ça ne veut rien dire vraiment aux gens,
03:25mais pour que nos téléspectateurs comprennent, qu'est-ce qu'on donne et où est-on à ce moment-là
03:29?
03:29Et là, la France se trouve en deuxième position, derrière l'Allemagne. L'Allemagne qui est le grand contributeur, le
03:35grand soutien en matériel militaire à l'Ukraine.
03:3950 milliards par an depuis le début de l'intervention russe en Ukraine. La France arrive donc aux 26,2
03:46milliards dont on a parlé tout à l'heure, suivi par le Royaume-Uni.
03:49La Pologne, 14 milliards, deux fois moins que la France, ou les Pays-Bas, 13 milliards. Et donc là, on
03:54voit que vraiment, l'effort de la France est important.
03:57Et je rappelle qu'il ne s'agit pas simplement de matériel militaire, mais aussi d'un leadership politique au
04:03sein de l'Union européenne et d'un soutien et d'un engagement important du président de la République lui
04:08-même,
04:08qui a notamment participé, avec la Grande-Bretagne, à la coalition des volontaires. Et puis je rappelle que la France
04:13a promis aussi des rafales à l'Ukraine.
04:16Et puis qu'elle propose aussi des systèmes d'interception pour empêcher les missiles russes d'atteindre Kiev, des fameux
04:23systèmes de défense avec des missiles Aster.
04:25Tout cela est un effort politique, économique et militaire important.
04:31Et va-t-il perdurer avec cette campagne présidentielle ? On va en parler, c'est un thème majeur.
04:35Je vous propose qu'on retrouve nos invités en plateau, cher Ulysse, avec le général Desportes et avec, évidemment, Didier
04:44François.
04:45C'est important de poser les chiffres, Didier et général Vincent Desportes.
04:51Il y a eu récemment une polémique. On a posé la question à un membre du Rassemblement National, d'ailleurs
04:55le vice-président du parti,
04:57et qui a affirmé ici même, même si ses propos ont été tempérés par le Rassemblement National et le parti
05:03lui-même,
05:03qu'il fallait couper le robinet. Et voilà qu'en Allemagne également, suite à la large victoire de l'AFD,
05:10le même débat est en train d'essaimer, de prendre la place chez nos voisins allemands.
05:16Qu'en pensez-vous ? Est-ce que vous estimez que ce débat est légitime aujourd'hui ou qu'il
05:20est dangereux ?
05:21Alors, en démocratie, tout débat est légitime. Mais l'issue de ce débat ne peut être que, oui, il faut
05:27continuer,
05:29et davantage encore, il faut renforcer cette aide. Il est absolument clair aujourd'hui que l'Ukraine est notre première
05:36ligne de défense
05:37vis-à-vis d'une Russie qui n'a aucune intention d'arrêter cette guerre et qui a l'intention
05:42d'aller plus loin.
05:43Si par un grand malheur, l'Ukraine venait à tomber, nous serions dans un grand danger.
05:49Parce que nous aurions, nous, armés de l'OTAN, qui n'avons pas été en guerre pendant 4 ans,
05:54les plus grandes difficultés à arrêter les armées russes, même si elles ont été évidemment abîmées par cette guerre.
06:01Il y a en France et ailleurs un déni de guerre. Ça fait 80 ans qu'on prend un déni
06:07de réalité.
06:08Nous pensons que la guerre ne nous concerne pas. Eh bien, oui, elle ne nous a pas concernés.
06:13Mais aujourd'hui, elle nous concerne. Et si nous voulons que cette guerre ne vienne pas chez nous,
06:19il y a deux choses à faire. La première chose, c'est effectivement aider l'Ukraine pour qu'elle tienne,
06:24en améliorant encore ce qu'on vient de voir et qui est déjà tout à fait important.
06:28Et la deuxième chose, augmenter nous-mêmes nos dépenses de défense.
06:32Et donc, il y a des efforts à faire, des efforts politiques, parce qu'il faudra faire des rééquilibrages
06:38entre le social et le régalien. Si nous voulons la paix chez nous,
06:43il faudra savoir défendre notre contrat social jusqu'à la frontière entre l'Ukraine et la Russie.
06:49Quand vous dites, général, il y a un déni de la guerre, il faut dire qu'elle en est l
06:53'origine.
06:54On nous a promis, pardonnez-moi l'exprimer, on nous a vendu une Europe de la paix.
06:59On pensait que nous étions en paix depuis des années.
07:02Donc, c'est peut-être que ce déni vient aussi de la promesse, justement, de cette paix,
07:07qu'on attendait les fruits de la paix.
07:08Elle vient exactement de ça. Nous sommes sentis, nous avons créé quelque chose d'extraordinaire
07:14qui n'a jamais existé dans le monde. C'est-à-dire une paix positive,
07:18une paix qui n'était pas un instant entre deux guerres et qui était justement
07:22un entrelacement des intérêts nationaux qui permettait de dépasser la guerre.
07:27Mais nous avons cru, l'ayant fait, que le monde nous imiterait.
07:30Et qu'ayant tué la guerre chez nous, nous la tuerions ailleurs.
07:33Eh bien non. Freud disait, on ne peut pas guérir l'homme de la guerre
07:37parce que ça n'est pas possible. La guerre appartient à l'espèce humaine.
07:40Et donc, Hittington a gagné sur Fukushima.
07:44Fukuyama, pardonnez-moi.
07:45C'est-à-dire ?
07:46Il ne faut pas caricaturer.
07:50Exactement. Mais vous avez raison.
07:53C'est-à-dire que Fukuyama a dit, l'histoire s'arrête, donc la guerre s'arrête.
07:56Et aujourd'hui, c'est le nouvel ordre mondial de Bush père qui dit, c'est fini.
08:00Maintenant, nous dominons le monde.
08:02Nous rentrons dans un multilatéralisme, unilatéral.
08:06Nous dominons. La guerre n'existera plus.
08:08Eh bien aujourd'hui, vous le savez, l'ancien shérif est devenu le brigand
08:12et laisse défaire l'ordre qui nous permettait de vivre en paix en Europe.
08:16C'est intéressant ce que vous dites, Didier François.
08:18L'ancien shérif, vous parlez de Donald Trump.
08:21Oui, on avait la réforme.
08:22Qui se veut toujours le shérif en Iran et ailleurs
08:24et qui veut imposer une négociation sur la guerre en Ukraine
08:27qu'il ne parvient pas à obtenir.
08:28Absolument.
08:29J'aimerais comprendre parce que, général, vous dites,
08:31il y a, pardonnez-moi, une légère contradiction,
08:33mais vous allez nous l'expliquer.
08:34Vous dites, c'est un débat légitime de savoir où on en est
08:38et d'interroger l'aide en Ukraine.
08:39Mais vous dites, à la fin de ce débat, il faut quand même y aller.
08:42Mais ça, c'est...
08:42Je donne mon avis.
08:43Je dis, vous savez, on ne peut pas.
08:45On est dans une démocratie.
08:46Il faut bien que le peuple français comprenne
08:48que c'est non son intérêt.
08:49Et le peuple français ne le comprendra que si on le explique.
08:52Et que si les politiques disent,
08:54oui, messieurs les Français, vous êtes en danger.
08:57Votre modèle social est en danger, vos libertés.
08:59L'Occident est en danger aujourd'hui.
09:01Mais il faut le dire clairement,
09:03de manière à ce que les Français comprennent
09:04qu'il est dans leurs intérêts.
09:06Généralement, quand on le dit, on dit que c'est le discours de la peur.
09:08Quand on le dit, on dit que c'est un discours démobilisateur.
09:11Le général que vous êtes, par votre expérience,
09:14votre éducation, votre parcours, vos valeurs, le comprend.
09:16Mais est-ce que nous, citoyens,
09:18qui ne sommes pas habitués à tout cela,
09:19nous le comprenons aujourd'hui ?
09:20Il faudrait s'y mettre.
09:21Il faut s'y mettre.
09:22Il faut s'y mettre.
09:23Il faut arrêter d'être...
09:25On a fumé la moquette.
09:26Il y a un moment...
09:27Enfin, je veux dire, croire que...
09:29On est riche, on est heureux, dans l'ensemble,
09:34même s'il y a des problèmes, d'accord ?
09:35On est face à un monde qui, lui, depuis 40 ans,
09:37se met sur la figure et va mal.
09:42Moi, enfin, le général et moi, on le voit...
09:45Enfin, ils le disent aussi.
09:46Nous, depuis 40 ans, on la voit, la guerre à l'extérieur.
09:48On a vu se lever les tempêtes.
09:49C'est parce que l'Europe était protégée
09:52par une parenthèse de paix exceptionnelle de 70 ans
09:55qui a été due, après les massacres,
09:58qui a été la Première Guerre mondiale,
09:59la Deuxième Guerre mondiale,
10:00parce que les Américains sont venus,
10:01à l'époque, défendre la démocratie
10:03et nous ont aidés à nous en sortir
10:04et qu'on a décidé de faire l'effort,
10:06je rappelle, dans les années 50,
10:08pour pouvoir avoir notre indépendance nationale
10:10et la dissuasion nucléaire.
10:12Le général de Gaulle, il a fait monter
10:14le budget de la défense à 5,1% du PIB
10:16pour qu'on soit autonome.
10:18Puis après, au fur et à mesure,
10:19on s'est dit, tout va bien maintenant.
10:21Comme nous, on est contents
10:21et qu'on est copains,
10:22plus personne ne nous en veut,
10:24le reste du monde va devenir comme nous
10:25et donc, on a commencé à baisser
10:284%, 3%, 1%,
10:29on était à 1,2% de PIB.
10:31Mais c'est...
10:32Qui paye une assurance vie
10:33sur la sécurité de son pays à ce prix-là ?
10:36On a arrêté le service national.
10:38Non, mais il y a un moment,
10:39il faut arrêter de croire
10:39que face à des gens
10:41ou à des régimes
10:42qui, eux, vivent du rapport de force,
10:44de la guerre, de la violence,
10:46avec des...
10:46Enfin, et qui vivent que de ça
10:48depuis longtemps,
10:49vont du jour...
10:50Cette phrase générale des...
10:52Pardonnez-moi.
10:52Non, non, je vous en prie.
10:53Non, non, au contraire.
10:54C'est vous qui menez l'affaire.
10:55C'est très intéressant.
10:56Quand vous dites
10:57l'Occident est en danger aujourd'hui,
10:59mais de quel Occident on parle ?
11:01Vous incluez les États-Unis ?
11:02Non.
11:03C'est quand même le fer de lance
11:05de l'Occident que vous ne le voyez pas.
11:07Attendez, mais c'est bien
11:08la grande difficulté qu'aujourd'hui,
11:09c'est qu'il y a un schisme occidental.
11:12C'est ça.
11:12Et que l'Occident a d'abord été européen,
11:15il a été américano-européen.
11:18Aujourd'hui, les schismes,
11:19il y en a toujours eu.
11:20La religion juive a essaimé le catholicisme,
11:23qui a essaimé l'orthodoxie.
11:25Là, l'islam a essaimé le sunnite,
11:27le schisme et dix autres religions.
11:28Donc, le schisme,
11:30c'est dans la nature des choses.
11:31Eh bien, aujourd'hui,
11:32nous sommes sur deux branches de l'Occident
11:34et nous ne pouvons plus accepter
11:36les valeurs qui sont...
11:37de ne pas défendre les valeurs
11:38qui sont aujourd'hui attaquées aux États-Unis.
11:41Évidemment, nous sommes dans le même camp
11:43parce que nous venons du même berceau
11:45qui s'appelle Rome,
11:46qui s'appelle Athènes
11:47et qui s'appelle Jérusalem.
11:48Nous venons du même berceau.
11:49Mais aujourd'hui, il y a un schisme.
11:51Aujourd'hui, nous sommes seuls.
11:52Nous sommes seuls.
11:54Les Américains ne viendront plus nous défendre.
11:56Nous avons cru qu'il était
11:57un acquis social des Français
11:59d'avoir des Américains
12:00qui, quoi qu'il arrive,
12:01nous aimer, viendront nous défendre.
12:03Et pourtant, ils nous ont dit
12:03le plus longtemps.
12:04Ils nous ont dit
12:05mais il faut partager le fardeau.
12:06On n'a pas écouté.
12:07On n'a pas entendu.
12:08Et maintenant, on nous dit
12:09on ne va pas partager.
12:10On va vous transférer le fardeau.
12:12Et là, on est surpris.
12:13Vous nous lâchez.
12:14Mais ça fait combien temps
12:15qu'ils nous disent ?
12:16Ça fait combien temps
12:16qu'on ne comprend pas
12:17que nous vivons dans un monde réel
12:19et que dans ce monde réel,
12:20la guerre et la brutalité, ça existe ?
12:22Mais qui n'a pas compris, Ulysse ?
12:23Moi, d'abord, je trouve que le débat
12:25est fondamental dans cette période
12:27de campagne présidentielle.
12:28Il faut effectivement
12:28que chaque candidat
12:29se prononce clairement.
12:31Vous avez cité tout à l'heure
12:34le porte-parole,
12:35le numéro 2 du Rassemblement national
12:37qui a dit
12:38il faut couper le robinet.
12:39Il faut arrêter là.
12:40Donc, il faut effectivement
12:41qu'il y ait un débat
12:42et que les Français
12:43puissent avoir les chiffres en main.
12:45Et la réalité de ce qui se passe
12:47en Ukraine,
12:47c'est-à-dire tous les jours,
12:49la mort de civils,
12:49un bombardement,
12:50une invasion
12:51qui s'est produite en 2022
12:53sur une décision
12:54de Vladimir Poutine
12:54qui était une folie.
12:56Et ça a montré
12:57que la guerre
12:58était de retour en Europe.
12:59On est passé donc
13:00d'un monde d'herbivores
13:01à un monde de carnivores
13:03pour reprendre
13:04la célèbre formule.
13:05Et ce qui a changé aussi,
13:06c'est l'Amérique.
13:07L'Amérique qui décide
13:08de se retirer d'Europe.
13:10Alors moi, je ne dirais pas
13:11nous sommes seuls,
13:12mais on est dans une situation
13:13où on est confronté
13:15à ce retour de la guerre.
13:17Et il faut qu'on prenne
13:18les décisions qui permettent
13:20d'assurer la sécurité
13:21de l'Europe
13:22et pas de l'Occident.
13:23La sécurité de l'Europe,
13:26de notre Europe,
13:26c'est-à-dire face à la Chine,
13:28face à l'Amérique
13:29et au reste du monde.
13:30Quel est le nerf de la guerre ?
13:32C'est l'argent ?
13:32Pas seulement.
13:33Et quand même,
13:34ça y contribue ?
13:35Les Français,
13:36par exemple,
13:37soutiennent les Ukrainiens
13:38dans leur résistance
13:40face à la Russie.
13:42Bien, mais à un moment,
13:42il va falloir mettre
13:43la main à la poche.
13:44Rien n'est dit
13:44sur ce qu'ils décideront,
13:47effectivement,
13:48par rapport à l'Ukraine.
13:49Il n'est pas dit
13:50que les Français
13:51sont contre la poursuite
13:52de l'aide à l'Ukraine.
13:53Ça, on le verra
13:53dans la campagne présidentielle.
13:55Et surtout,
13:55attention à une chose,
13:57on ne peut pas tout ramener
13:58à l'argent.
13:58Je suis désolé.
13:59La guerre,
14:00c'est d'abord
14:00un affrontement de volonté.
14:02Soit on est capable,
14:03aujourd'hui,
14:03c'est ça,
14:04dans cette campagne électorale
14:05qui est importante,
14:05pour tous les électeurs,
14:06quel que soit leur parti,
14:07parce que ces discussions
14:10dépassent l'appartenance
14:11partidaire
14:12et dépassent le vote.
14:13Largement.
14:14Je pense que chacun
14:14des Français
14:15peut se poser la question
14:16indépendamment.
14:17Et il va y avoir
14:18des votes croisés
14:19à l'extrême droite
14:20et à l'extrême gauche
14:21au centre
14:21sur ces questions-là.
14:22Pourquoi ?
14:23Est-ce qu'on est capable,
14:24est-ce qu'on pense
14:24que la société
14:25dans laquelle on vit,
14:27finalement,
14:27a plus de sens en commun ?
14:30Oui, mais l'idée de nation,
14:31elle est là.
14:32Est-ce qu'on a plus de choses
14:33à défendre ensemble ?
14:34Ou est-ce qu'on est prêt,
14:35finalement, à dire
14:36avec de l'argent,
14:37on va se payer des mercenaires,
14:38ce qu'on faisait
14:38avec les Américains,
14:38grosso modo,
14:39c'était eux qui se battaient pour nous,
14:40pour les Européens,
14:41pas pour la France.
14:42La France a gardé toujours
14:44cette idée de l'indépendance nationale
14:45et sa capacité,
14:47mais on l'a affaiblie.
14:48On l'a terriblement affaiblie.
14:49Le fait d'avoir perdu
14:50le service national,
14:51les capacités de mobilisation,
14:52on n'a plus,
14:53dans le pacte social,
14:54le fait que ce qu'on en apprenait
14:56dans les années,
14:57enfin, nos grands-parents,
14:59nos parents, etc.,
15:00font qu'à un moment,
15:02si on délègue
15:04notre sécurité à d'autres,
15:05mais comme tous les empires au monde,
15:06le jour où ils sont appuyés
15:07sur des mercenaires,
15:08il y a un moment,
15:08ils ont eu un problème.
15:09Donc, il y a un moment
15:10où la question,
15:11elle est de savoir
15:11si on pense que nous,
15:12Français,
15:13et moi, je le pense,
15:14fondamentalement,
15:14je pense que la majorité
15:15des Français le pensent,
15:17quel que soit leur vote.
15:18Et n'oublions pas
15:18que l'industrie,
15:19Didier, n'oublions pas
15:20que de choses qui les divisent.
15:22L'industrie de défense,
15:23l'industrie de défense
15:24est créatrice d'emplois,
15:25elle est bonne pour l'économie.
15:27Et le débat sur la droite
15:29et l'extrême droite,
15:30regardez ce qui se passe en Italie.
15:31Madame Mélanie,
15:32qui vient de l'extrême droite,
15:33elle poursuit son soutien à l'Ukraine.
15:35Et la deuxième chose,
15:36après, je finis,
15:37je m'excuse,
15:37j'ai été un peu long.
15:38Au contraire.
15:39Ça aussi, c'est important
15:41de le comprendre.
15:42Aujourd'hui,
15:44on donne un peu d'argent
15:45à l'Ukraine.
15:45D'accord ?
15:46À la hauteur de ce qu'on est capable
15:48de dépenser à ce SAD,
15:49ce qui n'est pas énorme
15:50par rapport à nos 441 milliards par an.
15:53Donc, on est à 6 sur le social et tout.
15:55Mais ce n'est pas un sujet.
15:57Les Ukrainiens,
15:57ils payent le prix du sang.
15:58C'est dégueulasse à dire.
16:00Mais aujourd'hui,
16:01s'ils arrêtent de se battre
16:02et que l'armée russe
16:04qui aujourd'hui perd
16:051000 hommes par jour,
16:07presque 3000 par mois,
16:09d'accord,
16:10se reconstitue,
16:1030 000 par mois,
16:12se reconstitue en un an,
16:14qui c'est qui va les arrêter ?
16:15Alors, on va envoyer nos gamins
16:17pour le coup,
16:17sans les armes, machin,
16:18on va se retirer.
16:19Ou alors, qu'est-ce qu'on fait ?
16:20On se retire derrière.
16:21J'entends, Didier François.
16:21Vous parlez avec vos tribes,
16:23votre expérience
16:24et il y a un tableau rationnel
16:26en France.
16:27Malheureusement,
16:27et on est obligé
16:28de l'interroger
16:29parce que nous sommes
16:29dans une campagne présidentielle.
16:31Il y a la raison,
16:31il y a l'émotion.
16:32Moi, vous interrogez l'émotion,
16:35j'interroge aussi la raison.
16:36Ce n'est pas l'émotion.
16:37Non mais les deux se rejoignent.
16:38Vous dites,
16:39il faut qu'on récupère
16:41cette sécurité.
16:42Il faut qu'on récupère
16:43notre souveraineté.
16:44C'est ça, c'est la même chose.
16:45Comment, pardonnez-moi,
16:46on a transféré
16:47une partie de notre souveraineté.
16:49C'est-à-dire que vous allez dire
16:49aux Français aujourd'hui,
16:50faites des efforts.
16:51C'est normal.
16:52Il en va de votre sécurité
16:54de défendre les Ukrainiens.
16:55Mais les Français
16:56sont en droit de se dire,
16:57mais qu'avez-vous fait
16:58pendant des années ?
17:00Les Allemands ont compté
17:01sur le parapluie américain.
17:02Nous avons transféré
17:04notre souveraineté.
17:04Pourquoi est-ce qu'on vous
17:05ferait confiance aujourd'hui ?
17:07Je vais vous le dire, madame.
17:08Ce que nous avons fait
17:08depuis des années,
17:09c'est que nous étions endormis
17:11sous le parapluie rassurant
17:12des États-Unis
17:13en disant
17:14l'oncle Sam reviendra.
17:15Ce qui était évidemment
17:16une illusion.
17:17Ceux qui connaissent le monde
17:18savaient bien qu'ils partiraient
17:19et qu'ils ne reviendront pas.
17:21Et donc,
17:22voilà ce qu'on a fait.
17:23Aujourd'hui,
17:23on est au temps du réveil.
17:24Je crois qu'il faut se réveiller
17:26et on a quelques très petites années
17:27pour se réveiller.
17:29Je voudrais dire deux remarques
17:30sur ce que vous avez dit.
17:31La première,
17:32c'est qu'évidemment,
17:33ce qui compte le rempart des cités,
17:35ce ne sont pas ses canons.
17:36Ce sont ses hommes.
17:38Ce sont ses hommes.
17:39Ce sont les citoyens.
17:40Et que donc,
17:41le débat,
17:41il est important.
17:43Parce qu'on ne peut pas
17:44obliger les gens à se battre.
17:46Ils se battent,
17:46ils comprennent
17:47que c'est dans leur intérêt.
17:48Donc,
17:49il faut en débattre
17:50et avoir le courage,
17:51nos hommes politiques,
17:52de dire
17:53oui,
17:53vous êtes en danger.
17:54Je ne suis pas tout à fait d'accord
17:57avec ce que vous avez dit
17:58sur le point
17:58que ce que nous avons en défendre,
18:00c'est certes l'Europe.
18:01Mais c'est aussi l'Occident.
18:03C'est-à-dire que
18:04notre civilisation occidentale,
18:07aujourd'hui,
18:08est menacée.
18:09Et cette civilisation occidentale,
18:11elle est basée sur une chose.
18:12C'est l'humanisme.
18:14Nous sommes la seule civilisation
18:16à considérer que l'être humain
18:18est la valeur suprême.
18:19Aucune autre civilisation.
18:20Et nous ne pourrions pas vivre,
18:22ni vous,
18:23ni vous,
18:23dans une société
18:24où la liberté n'existerait pas
18:26parce qu'elle découle
18:27de cet humanisme,
18:28où l'égalité entre les femmes
18:29et les hommes
18:30n'existerait pas
18:30parce qu'il découle de ça.
18:32Une société
18:33où la pensée critique
18:34n'existerait pas.
18:34Et c'est donc tout ça
18:36qu'il faut défendre.
18:37Et c'est pour ça, madame,
18:38qu'on ne peut pas faire
18:39de la stratégie
18:40en disant
18:41le pire n'arrivera pas.
18:42Moi,
18:42j'étais professeur de stratégie,
18:44j'ai écrit beaucoup
18:44livres de stratégie.
18:45Le stratège pense
18:47d'abord le pire
18:48et part au pire
18:49pour qu'il n'arrive pas.
18:50Le pire
18:51peut encore ne pas arriver,
18:53mais pas si nous restons endormis.
18:54Mais c'est intéressant
18:55vous parler de valeurs
18:56et vous interrogez l'Occident.
18:57Moi, j'aimerais vous interroger
18:58sur les valeurs de l'Occident.
19:00Aujourd'hui,
19:01je vois
19:02et on voit
19:02et on a salué tous
19:03la résistance,
19:04il y a le mot résilient,
19:05si vous voulez,
19:05mais la résistance
19:06des Ukrainiens.
19:08Mais quelles valeurs
19:08nous partageons
19:09en Occident
19:10ou alors en Europe aujourd'hui ?
19:12Quand on a voulu
19:12exporter ces valeurs,
19:13on a eu un retour de bâton
19:15dans différents pays
19:16que l'on peut citer
19:17ou parfois
19:18on a exporté des guerres.
19:20Quelles valeurs
19:21nous partageons encore
19:22et qui pourraient
19:22nous amener demain
19:23à dire attention,
19:24si nous-mêmes
19:25nous sommes menacés,
19:27alors on y va également ?
19:28Eh bien, l'Occident
19:29est justement
19:30un monde des valeurs.
19:31Lisez la déclaration
19:34d'Union Européenne.
19:35Vous avez...
19:36Non, mais c'est très important
19:36qu'il vous dit
19:37nos valeurs,
19:38c'est la liberté,
19:38c'est l'égalité
19:39des femmes et des hommes,
19:40c'est la pensée critique,
19:41c'est ces choses-là.
19:42Et donc, on a des valeurs
19:43qui sont écrites
19:43et qui sont des valeurs
19:45profondément occidentales.
19:46Et vous avez raison
19:46parce que nous avons été
19:48beaucoup trop puissants.
19:49Nous avons été
19:50des universalistes.
19:51Nous avons pensé
19:52que comme nous étions puissants,
19:54nos valeurs valaient
19:54pour tout le monde.
19:55Et c'était évidemment
19:56une erreur.
19:57Aujourd'hui,
19:57nous sommes remis de la guerre.
19:59Nous sommes remis
19:59de l'époque coloniale.
20:00Et nous avons bien compris
20:01que nous ne pouvons pas
20:02les imposer
20:03et que le Sud global,
20:0580%, 70%
20:06de la richesse mondiale
20:07et 80%
20:07de la population mondiale,
20:09ne peut pas accepter
20:10nos valeurs
20:10comme étant
20:11les valeurs supérieures.
20:12Nous devons l'accepter.
20:13Mais ces valeurs-là...
20:14Mais c'est énorme
20:15ce que vous dites.
20:16Mais le Sud global,
20:17c'est le monde aujourd'hui,
20:18monsieur.
20:19C'est pour ça, madame.
20:21Est-ce que, pour moi,
20:22je peux vivre...
20:22C'est pour cela
20:23qu'on peut faire
20:23la différence
20:24entre la défense
20:25de l'Occident
20:25et la défense
20:26de la souveraineté européenne.
20:27C'est deux choses différentes.
20:28Oui, c'est deux choses différentes.
20:29Mais les valeurs européennes,
20:31on sait qu'elles existent.
20:32Les valeurs de l'Amérique
20:33d'aujourd'hui,
20:34de Donald Trump,
20:34ne sont pas les mêmes
20:35que les nôtres.
20:36C'est là où je fais la différence.
20:42L'Amérique
20:42est élu pour 4 ans.
20:43Il n'est pas élu
20:44ad vitam aeternam.
20:45Il y a peut-être
20:46un autre président
20:47qui n'aura pas
20:48la même politique
20:49à l'écrire de l'Europe.
20:49La dérive
20:50des États-Unis
20:51vers l'Ouest,
20:52ce n'est pas moi
20:52qui l'ai décrété,
20:53c'est M. Obama.
20:54Et ça fait un...
20:55Oui, mais les valeurs d'Obama
20:57ne sont pas différentes
20:58de celles de Donald Trump.
20:59Et elles sont plus proches
21:01des nôtres
21:01que celles de Donald Trump.
21:02Il n'est pas tombé
21:03comme ça du ciel.
21:04D'abord,
21:05il sort du petit parti
21:06que vous connaissez.
21:07Il a été élu
21:07pour une deuxième fois.
21:08Et moi, je connais bien,
21:10j'ai vécu 5 ans aux États-Unis.
21:11Je peux vous dire
21:12que quand vous vivez
21:13aux États-Unis,
21:14vous comprenez bien
21:15que nous partageons
21:16beaucoup de choses,
21:17mais que ce beaucoup de choses
21:18est en train de diminuer
21:19et qu'on est dans un pays
21:21où, par exemple,
21:21le président met des sanctions
21:23sur le président de la CPI,
21:26met des sanctions, etc.
21:27Toutes ces choses-là.
21:28On le voit bien.
21:28Que la démocratie est bafouée,
21:30que la sécurité est bafouée.
21:30Et donc, la priorité,
21:31c'est la souveraineté de l'Europe
21:33face à une Amérique
21:34qui se retire,
21:35une Chine qui grandit
21:36et le...
21:37Je peux poser une question.
21:38Pourquoi on ne dit pas
21:38la souveraineté de la France aussi ?
21:40Mais la souveraineté des nations
21:42dans la souveraineté européenne,
21:43la souveraineté industrielle de la France
21:45dans le cadre
21:45de la souveraineté industrielle de l'Europe.
21:47C'est pas antinomique,
21:47mais la souveraineté de la France,
21:48peut-être avant...
21:49Mais quel est notre adversaire économique
21:51aujourd'hui ?
21:51C'est la Chine.
21:52Est-ce que la France seule
21:53peut rivaliser face à la Chine ?
21:55Non, l'Europe,
21:56même l'Allemagne
21:57qui avait beaucoup
21:58d'activités commerciales,
21:59une Europe souveraine
22:01et commerciale,
22:02peut avoir un choix
22:03face à la Chine.
22:03Mais général,
22:04ça fait 15 ans
22:05que j'entends ce discours.
22:06C'est-à-dire que...
22:07Eh bien, madame,
22:08allons-nous continuer
22:09à l'entendre
22:09pour son réagir.
22:10On pose des questions
22:11pour faire avancer le débat.
22:13Acceptons le défaitisme.
22:14Rappelons-nous
22:15du message
22:16de Bloch
22:17qui nous dit
22:18non,
22:18je dois refuser
22:19de me soumettre.
22:20Ne nous soumettons pas.
22:22Nous avons été
22:23le grand Occident
22:23avec tous les torts
22:25que nous avons pu avoir.
22:26Mais nous représentons
22:27les valeurs suprêmes,
22:28des valeurs que nous pensons
22:29tout à fait importantes.
22:30Eh bien,
22:30ces valeurs-là,
22:31c'est pour ça que je reviens
22:32sur l'Occident.
22:33Au fond,
22:35l'Europe,
22:36moi je pense
22:36qu'il faut aller
22:37vers une superposition
22:38de l'Occident et de l'Europe
22:39qui empêchera un jour
22:41l'Islande de venir,
22:42la Norvège de venir,
22:43la Grande-Bretagne de venir.
22:44Et au bout d'un moment,
22:46on aura bien
22:46une superposition des deux.
22:48Et pourquoi
22:48devons-nous défendre l'Occident ?
22:50Parce que l'Europe,
22:50elle porte ses valeurs occidentales.
22:52Et je crois
22:53que c'est en tant que civilisation
22:54que nous devons nous battre
22:55aujourd'hui
22:56si nous voulons toujours vivre
22:57avec les valeurs
22:58qui nous ont chères,
22:59encore une fois,
22:59et qui sont issues
23:00directement de l'humanisme
23:02dont nous sommes
23:03des sols.
23:03Aujourd'hui,
23:04la priorité,
23:05c'est d'aider l'Ukraine
23:06à se défendre
23:07pour que cette guerre
23:08se termine
23:08et que les Ukrainiens
23:10puissent vivre en paix.
23:12Et si on revient
23:13à ce débat
23:13qui est fondamental,
23:14effectivement,
23:15c'est d'expliquer
23:15qu'aujourd'hui,
23:16l'Ukraine est en première ligne
23:18face à la Russie.
23:20Et on ne peut pas laisser
23:21l'Ukraine
23:22se laisser dévorer,
23:24détruire
23:25par les bombardements de Poutine.
23:25J'entends.
23:26Moi, je vous pose
23:27des questions
23:27pour comprendre.
23:28C'est-à-dire,
23:29quel moteur ?
23:30Nous avons une campagne
23:31présidentielle.
23:32Et malgré tout,
23:33il y a des candidats
23:34qui vont avancer
23:35des arguments
23:36alors qu'on peut juger
23:37irrationnels,
23:38mais pour dire
23:38qu'on ne peut pas continuer.
23:40Et la France a intérêt
23:41à ne pas être un jour
23:42qu'aux belligérantes
23:44ou à davantage
23:45mettre un pied
23:46dans cette guerre.
23:47Qu'est-ce que,
23:47mis à part les valeurs,
23:49est-ce qu'on peut encore
23:50dire aujourd'hui
23:51que si demain,
23:52est-ce que vous le dites
23:53comme ça ?
23:53Aujourd'hui,
23:54c'est l'Ukraine,
23:55demain,
23:55c'est la France ?
23:56Bien sûr.
23:57Comme ça aussi directement ?
23:58Mais très sûrement.
23:59Sur la question
23:59de la souveraineté,
24:00je ne dis pas que demain,
24:01on va avoir un des boulets
24:01de char soviétique
24:03sur les Champs-Avisées,
24:04ça n'a pas de sens.
24:05Russe,
24:05c'est kiff-kiff dans leur tête.
24:07C'est les mêmes.
24:07Mais je vais dire,
24:08en fait,
24:08la vraie question,
24:09elle est celle-là.
24:10On a des gens
24:11qui pensent en empire
24:13et qui pensent
24:13de manière,
24:15enfin,
24:16qui pensent
24:16comme des,
24:18on appelle ça
24:18des illibéraux,
24:19moi,
24:20je vais poser la dictature
24:20parce qu'il faut appeler
24:21un chin-chat,
24:22d'accord ?
24:22Et qui veulent nous imposer
24:23un mode de vie
24:23qu'on ne veut pas.
24:24Moi,
24:24je ne veux pas vivre
24:24sous le parti communiste chinois,
24:27je ne veux pas vivre
24:27sous la théocratie iranienne
24:29et je ne veux pas vivre
24:30sous le régime de Poutine.
24:32Et je pense que
24:32ceux qui veulent très bien,
24:33ils peuvent y aller,
24:34je n'ai pas de sujet avec ça,
24:35mais en tout cas,
24:35chez moi,
24:36c'est niaître.
24:36Voilà,
24:36que les choses soient claires.
24:38Et que donc,
24:38aujourd'hui,
24:39on voit bien
24:39qu'il y a une volonté
24:40de la part de la Russie,
24:41en tout cas,
24:43qu'est-ce qu'ils veulent ?
24:44C'est enlever,
24:45justement,
24:45cette fameuse souveraineté
24:47à l'Ukraine,
24:48à l'Europe
24:48et à la France.
24:50C'est ça qu'ils visent.
24:51Ce n'est pas une occupation militaire,
24:53c'est de nous imposer...
24:54C'est une forme d'occupation.
24:55C'est une forme d'occupation
24:56idéologique
24:57et géopolitique,
24:59comme va vous l'expliquer
25:00le général,
25:00c'est la volonté de Poutine
25:01de reconstituer
25:02l'Empire soviétique
25:03avec la Russie.
25:04Et la zone d'influence,
25:05ça serait nous,
25:06dans laquelle nous ne serions
25:07plus lits de faire nos choix
25:08parce qu'ils voudraient
25:09nous imposer des choix
25:10qui sont les leurs.
25:10Mais cher Didier-François,
25:11c'est déjà le cas en Afrique
25:13où nous avions
25:14notre petite zone d'influence
25:16et qu'on a été là,
25:17on peut dire,
25:18on a été remplacés.
25:19Là, on a le droit
25:19d'utiliser le mot remplacé.
25:20Alors maintenant,
25:20on va se faire coloniser
25:21parce que comme on était
25:22colonisateur,
25:22c'est très bien,
25:23c'est bien fait pour nous,
25:23on n'a qu'à se rendre
25:24le retour de bâton.
25:25C'est vrai de quelques pays
25:27mais pas dans toute l'Afrique,
25:28Sonia.
25:30Pardonnez-moi,
25:30dans quelques pays majeurs
25:31où nous avions une assise,
25:32un enracinement
25:33et une influence
25:39le Nigeria.
25:40Je peux vous citer les autres
25:41mais vous avez raison.
25:43Tout à l'heure,
25:44vous disiez,
25:44il y a des gens,
25:45il faut s'arranger avec Poutine
25:47et ça,
25:48ça nous rappelle
25:48inévitablement
25:49les grands auteurs
25:50dont le jeune Winston,
25:51Winston Churchill
25:51qui en 1938 disait
25:53les politiques d'apaisement
25:55c'est comme nourrir le crocodile
25:57en espérant qu'il mangera
25:58le dernier.
25:59Eh bien,
26:00c'est comme ça.
26:01Et notre problème aujourd'hui,
26:02c'est qu'il y a
26:02deux énormes crocodiles
26:04qui veulent nous manger.
26:05Il y a la Russie
26:06et les Etats-Unis
26:07qui tous les deux
26:08veulent casser l'Europe
26:09et on le fait.
26:10Et la Chine.
26:10Et la Chine.
26:12Autour de nous,
26:12très directement,
26:13bien sûr.
26:14La Chine veut nous détruire,
26:15soyons clairs.
26:15La Chine nous est.
26:18Ne disons pas le contraire,
26:19ils ne nous reprocheront
26:20infiniment
26:21le siècle
26:22dit des humiliations,
26:23le sac du palais d'été.
26:25Nous n'avons eu, nous,
26:26aucune pitié
26:27avec la Chine
26:28pendant un siècle.
26:29La Chine,
26:30c'était 33%
26:30du PIB mondial
26:31en 1830.
26:32Elle était à 2%
26:33du PIB en 1945.
26:35Elle le sait.
26:36C'est parce que
26:36pendant 100 ans,
26:37nous avons prédaté,
26:38ce n'est pas un bon terme,
26:39prédaté les Chines,
26:40etc.
26:41Ils nous mettront
26:42la tête dans le caniveau
26:44et donc il faut être forts.
26:46Ils n'auront aucune pitié
26:47pour nous
26:48parce que nous n'en avons eu
26:49aucune pour elles.
26:50Et donc la Chine,
26:51évidemment.
26:51Et à côté de ça,
26:52on a 2 pays
26:53qui veulent traiter
26:54de manière bilatérale
26:56avec les pays européens
26:57parce qu'ils seront
26:58beaucoup plus forts.
26:59Et ces 2 pays,
27:00c'est la Russie
27:00dont le but n'est pas
27:01de nous envahir
27:02mais de faire exploser
27:03l'OTAN,
27:03de faire exploser
27:04l'Union européenne
27:05pour qu'on soit
27:06à nous 70 millions
27:07contre 130,
27:08l'Allemagne 80
27:09contre 130
27:10et pas 450
27:11contre 130.
27:12Les Etats-Unis,
27:13c'est exactement
27:14la même chose
27:14qu'il n'y ait plus
27:15de commission européenne
27:17pour aller établir
27:17des lois.
27:18En général,
27:18il nous faut un Churchill.
27:19Je n'ose plus dire
27:20qu'il nous faut un De Gaulle.
27:22Mais il nous faut...
27:22Bien sûr,
27:23c'est ça qu'il nous faut.
27:24Je ne vais pas vous faire
27:24plonger dans le débat
27:25politique.
27:27Vous le voyez.
27:27Madame,
27:27c'est d'une grande tristesse.
27:29Bien sûr,
27:32de dire ne faut-il pas
27:32un général
27:33parce que vous ne voyez
27:33déjà jamais.
27:35Mais il faut
27:35quelqu'un de courageux
27:39qui dise les choses.
27:41Le général De Gaulle,
27:41puisque vous en parlez,
27:43il a dit les choses.
27:45Et il a dit aux Français
27:46on va faire des efforts.
27:47Et aujourd'hui,
27:48il faudrait avoir
27:49ce courage.
27:50Et je crois que moi,
27:50j'en cherche honnêtement
27:51aujourd'hui.
27:52Je n'en vois pas trop
27:53se présenter
27:54aux prochaines élections.
27:56Et rappelons qu'au départ,
27:57il n'y avait pas quand même
27:57beaucoup de monde
27:58qui l'écoutaient
27:58le général De Gaulle.
27:59Il n'y avait pas beaucoup
28:00qui le suivait.
28:01Il y en a plein qui trouvaient
28:01et que finalement,
28:02on avait perdu.
28:04C'est la solitude
28:05des très grands leaders
28:06qui se révèlent
28:06dans les grands moments
28:07de l'histoire.
28:07C'est aussi la faiblesse
28:08des peuples
28:08quand on ne leur dit pas
28:10qu'ils peuvent le faire.
28:12C'est-à-dire que
28:13le discours
28:15de défaite
28:16avant la guerre
28:16est quand même
28:17un des...
28:19Le défaitisme
28:19est quand même
28:20quelque chose de terrible.
28:21D'accord.
28:21Mais à vous écouter
28:22à vous trois,
28:23vous trois là,
28:23Didier François,
28:24parce que nous,
28:24on a l'habitude
28:25de ce genre de trucs.
28:26Général Desportes,
28:27mais ça veut dire
28:27que cette campagne
28:29est une campagne
28:30presque de choix
28:31de civilisation.
28:32Mais toute campagne,
28:33je pense véritablement...
28:35Ça n'a pas été dit
28:35jusque-là.
28:36Non, peut-être celle-ci
28:37plus qu'une autre.
28:37J'invite le téléspectateur
28:39à dire mon prochain livre
28:40qui s'appelle
28:40Occident, réveille-toi.
28:42Allez.
28:42D'ailleurs, c'est une injonction.
28:44On peut dire
28:44Occident, réveille-toi.
28:45Exactement.
28:46Merci, Général Desportes.
28:47Moi, je dirais
28:48que l'Europe s'est réveillée
28:49avec la guerre en Ukraine
28:50et la France aussi.
28:51Donc, on est sur la bonne voie.
28:52Merci, merci beaucoup à vous.
28:54Un Tchéti et loin de Gaulle,
28:55ça serait pas mal.
28:56À vous de nous avoir suivis.
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