00:00Comme vous l'avez dit, je suis buraliste et aussi cafetier. Je prends la profession où on prend le pouls
00:06des Français un peu tous les matins.
00:08Et de ce que j'entends et de ce que je vois, c'est qu'on a l'impression qu
00:13'on arrive à un point de blocage.
00:15Tout est cher, rien ne se dégage. On ne sait pas comment l'avenir va se passer.
00:20Mais je vous donne un exemple tout simple. Pour le café, je suis arrivé moi à 1,50€ le café
00:25au comptoir.
00:25Et je n'ai pas le choix pour maintenir ma marge initiale de quand le café était à 1,10€,
00:311,20€ que de le mettre à 1,50€ parce que le prix du café a augmenté.
00:35Sauf que là, je me pose la question. Je me dis s'il y a une nouvelle augmentation du prix
00:38du café, comment je vais faire en fait ?
00:40Parce que ça y est, les gens sont arrivés au bout à 1,50€. Ils vont le payer combien les
00:44gens le café au comptoir ?
00:46Sachant que c'est un produit d'appel qui est censé être pas cher. Et on a ces soucis-là
00:50sur plein de choses.
00:52Et pareil pour les buralistes, pareil pour les cigarettes. Cette semaine, on a eu une grande semaine de mobilisation de
00:57la Confédération des buralistes un peu partout en France.
01:00Demain, on a eu une dernière grande manifestation à Vernon. On est arrivé à 13,50€ le paquet.
01:07Tout ce qu'on voit, c'est la multiplication du marché illégal, les vendeurs à la sauvette.
01:11Il y a plus de tabac qui se vend illégalement dans la rue que chez les buralistes.
01:16Et les gens n'en peuvent plus. Ils n'arrivent pas. Ce n'est pas qu'ils ne veulent pas,
01:18ils n'arrivent pas.
01:19Donc, on se demande où est-ce que ça va aller. Et si ça augmente encore, qu'est-ce que
01:23ça va devenir ? Comment les gens vont faire ?
01:24Vous disiez que vous aviez un poste privilégié pour sentir le pouls, pour prendre le pouls de la population.
01:28Vous diriez quoi ? On parle de colère. Qu'est-ce que vous sentez, vous ?
01:33Franchement, c'est les trois. Il y a ceux qui sont exaspérés.
01:37Moi, par exemple, je me dirais plus exaspéré parce qu'un qui est exaspéré.
01:41Parce que même colère, en fait, à la fin, OK, on est en colère, mais on se demande même quand
01:48on va s'énerver, qu'est-ce qui va se passer ?
01:50Généralement, quand on s'énerve contre quelqu'un, c'est pour attendre une réaction.
01:54Mais là, on a l'impression, en fait, on a un État qui vit comme un surendetté qui a fait
01:58un Kofi 10, puis un CTLM, puis un Kofi Noga pour rembourser et qui jongle.
02:03Et en fait, dans son calcul, on nous dit que c'est des génies de la finance, sauf qu'en
02:07fait, pour faire une image, ils empruntaient 1 000 euros avec 50 euros d'intérêt.
02:13Et du jour au lendemain, ils se retrouvaient avec 300, 400 euros d'intérêt et ils n'en peuvent plus.
02:17Donc, quand on a confié la gestion de l'État pour avoir une gestion comme ça, comment on fait demain
02:23?
02:24Parce que là, la seule solution, malheureusement, en tant que commerçant, j'ai déjà connu le surendettement.
02:30Sauf que quand on se surendette pour investir, au bout d'un moment, à la fin, on voit le bout
02:35du tunnel.
02:36Mais quand on se surendette pour consommer, pour payer des besoins quotidiens, c'est comme quelqu'un qui va s
02:42'endetter pour payer son loyer ou pour faire ses courses.
02:44Sauf que le loyer, c'est tous les mois et les courses, c'est tous les jours.
02:47Ce n'est pas un investissement.
02:49Donc là, on a l'impression que ça dérape et on ne voit pas un avenir ou quelque chose se
02:54dégager pour l'avenir.
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