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  • il y a 4 minutes
Christine Kelly et ses invités débattent de l’actualité dans Face à l'Info Le 18H30.

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00:0018h30, quel plaisir de vous retrouver ce soir pour le 18h30, vous le savez.
00:05Face à l'info commence maintenant à 18h30 avec les mousquetaires.
00:09Comment allez-vous ce soir ?
00:10Mais d'une humeur constante et joyeuse !
00:15Régis Soutoumier, vous n'êtes pas mousquetaire.
00:16Je ne suis pas mousquetaire, je l'ai été occasionnellement il y a longtemps.
00:20Monsieur se vend ! Monsieur n'était qu'un intérimaire.
00:23Oui, un intérimaire, mais c'était quand même très agréable.
00:26C'était un très agréable.
00:28Je suis nostalgique de cette époque.
00:30Il continue dans la réserve.
00:32Nous allons vous interroger ce soir.
00:35D'ailleurs, voici le sommaire.
00:37À 40 reprises, les services de renseignement espagnol
00:41auraient averti le gouvernement qu'une invasion se préparait à Ciutat
00:46les 29 et 30 juillet.
00:4940 alertes avant la crise de Ciutat.
00:52Difficile désormais d'invoquer la surprise.
00:55Qui savait ? Qui pouvait agir ? Pourquoi rien n'a été fait ?
00:59Nous serons en direct avec Nicolas Salvador, notre correspondant à Barcelone.
01:05La CEDH valide le refus néerlandais d'un regroupement familial
01:09lié à une famille polygame, mais elle ne condamne pas la polygamie en soi.
01:14Elle autorise les États à l'interdire sous condition.
01:18Et c'est là tout le paradoxe.
01:20À force de protéger chaque droit individuel,
01:23l'Europe risque-t-elle de ne plus savoir défendre les principes collectifs
01:27qui la définissent ?
01:28Le dériptage de Charlotte Dornelas.
01:31Il a traversé l'Irak, l'Afghanistan, la Syrie, l'Ukraine,
01:37regardé la guerre des deux côtés du front et frôlé la mort.
01:40Dans « Jour de feu », Régis Le Saumier raconte surtout ce qui reste
01:45quand les armes se taisent.
01:47Mais peut-on revenir de la guerre quand la guerre, elle ne vous quitte jamais ?
01:52Régis Le Saumier est interrogé ce soir par Michel Fayad
01:57pour son livre qui sort aujourd'hui en exclusivité dans le 18h30.
02:02Quand un jeune homme meurt après un lynchage pour son téléphone,
02:07deux attaques au couteau surviennent le même jour.
02:11Pourtant, l'actualité s'emballe davantage pour les propos odieux,
02:15mais privés d'un policier filmé en 2025.
02:18Les mots doivent être condamnés évidemment,
02:22mais une société qui s'indigne davantage des paroles que des corps meurtris,
02:28est-ce que là, c'est la preuve de sa vigilance morale ?
02:31Est-ce que là, c'est la preuve de son accoutumance à la violence ?
02:34L'édito de Mathieu Bocoté dans un instant, dans le 18h30,
02:39ou encore le 19h, mystère !
02:41C'est parti pour Fasse à l'info.
02:56On apprend aujourd'hui que les autorités espagnoles possédaient des informations assez précises
03:05sur l'arrivée des migrants dans la tragédie de Ciutat.
03:11Pourtant, les autorités n'ont rien fait.
03:14Le Premier ministre Pedro Sanchez est resté immobile.
03:18Nous allons rejoindre tout de suite à Barcelone notre correspondant permanent Nicolas Salvador.
03:24Nicolas Salvador, pouvez-vous nous en dire plus ?
03:27Que se passe-t-il concrètement ?
03:29Oui, bonsoir Christine, bonsoir aux mousquetaires.
03:31Les services de renseignement, l'armée, la police, la gendarmerie, chacun à leur tour,
03:37ont prévenu par écrit le gouvernement et bien évidemment le Premier ministre Pedro Sanchez
03:41qu'une invasion allait avoir lieu à Ciutat les 28 et 29 juillet.
03:46Alors, les services de renseignement ont été très précis.
03:48Ils ont dit qu'il y a deux groupes sur les réseaux sociaux qui totalisent environ 180 000 abonnés
03:53qui annonçaient une opération frontière, une opération frontière la veille de l'invasion.
03:59Le Premier ministre a eu cette information et elle avait lieu à cette date 28 et 29 juillet
04:04parce que ça tombait en plein dans la fête du trône du Maroc
04:07qui nécessite beaucoup de policiers pour sécuriser tout ça.
04:10Et c'est pour ça que probablement les passeurs et ceux qui ont fait la traversée ont choisi cette date.
04:17Alors, dans les rapports des renseignements généraux et de la police, les termes sont éloquents.
04:22On parle d'entrée massive.
04:23Le 30 juillet, on parle également d'un effet d'appel d'air.
04:26Et on a appris également aujourd'hui que le renseignement a transmis le même jour une note
04:31au service d'espionnage marocain pour les informer de ces projets d'entrée à Ciutat.
04:37Donc, il y avait des liens aussi entre les services de renseignement espagnol et les services de renseignement marocain.
04:42C'est vraiment pour dire que tout le monde savait ce qui se passait.
04:44Est-ce que, politiquement, il va y avoir des conséquences ?
04:50Alors, la droite a eu des mots très forts.
04:53Elle a parlé de scandale d'État.
04:55Elle appelle bien évidemment à la démission du ministre de l'Intérieur
04:59parce que c'est lui qui a reçu ce rapport et qui a dû le transmettre au Premier ministre.
05:04Un ministre de l'Intérieur qui pourrait servir de fusible
05:07et qui pourrait être soit limogé de ses fonctions, soit démissionné de lui-même.
05:11On va voir ce qui se passe dans les prochaines heures, dans les prochains jours.
05:15Il faut savoir que le ministre de l'Intérieur est déjà affaibli
05:18puisqu'hier, on apprenait qu'une liste avait été créée par le ministère de l'Intérieur
05:22pour ficher 250 journalistes et les catégoriser selon leur supposée appartenance politique.
05:28Merci infiniment Nicolas Salvado pour ces informations ce soir, 21h sur CNews, documentaire spécial sur CIETA.
05:38Pour la première fois, la CEDH a dû se pencher sur une affaire de polygamie sans s'y attarder réellement.
05:49Charlotte Dornelas, de quoi parle-t-on exactement ? C'est un dossier crucial.
05:54Oui, parce que vous savez que la CEDH fait partie de ces cours qui, par ces décisions,
05:58font évoluer la jurisprudence petit à petit, qui arrivent rapidement jusqu'à nous.
06:03Alors, le problème dans cette affaire, c'est que la CEDH accepte que les Pays-Bas refusent la polygamie,
06:09mais ne condamne pas elle-même la polygamie.
06:11Ils ne règlent pas le problème en disant que la polygamie est interdite partout en Europe,
06:14ce qui est le cas aujourd'hui, et contraire aux valeurs de l'Union Européenne.
06:19Vous savez que la CEDH s'en fait le défenseur.
06:21Et elle n'en fait pas non plus une raison suffisante pour le refus de ce regroupement familial.
06:26Voilà pour la conclusion, on va dire.
06:27Maintenant, je vais vous expliquer.
06:29L'histoire, c'est qu'il s'agit d'un avocat yéménite
06:32qui a obtenu l'asile aux Pays-Bas après les printemps arabes.
06:35Alors, c'est un avocat, selon les papiers des différents journaux yéménites,
06:39qui est présenté comme défenseur des droits humains,
06:41mais également qui a été dans un parti proche des frères musulmans.
06:44Donc, vous allez voir que tout ça gravite à peu près en même temps chez ce monsieur.
06:49Il est venu avec sa première femme et leurs huit enfants.
06:52Il a obtenu l'asile, donc, aux Pays-Bas.
06:55Sachant que la polygamie était interdite dans son pays d'accueil,
06:58il a exigé le seul regroupement familial des cinq autres enfants,
07:02qu'il a eu des deux autres femmes avec qui il est marié.
07:06Donc, il a dit, ok, la polygamie est interdite, je laisse les femmes,
07:09mais je veux les enfants.
07:12Le gouvernement néerlandais a refusé.
07:15Ils ont expliqué que la polygamie était interdite
07:18et que faire venir les enfants, c'était reconnaître de fait la polygamie.
07:22Et ils ont établi par ailleurs que les enfants étaient en sécurité
07:25avec leur mère respective en Turquie,
07:28où ils ont le statut de réfugiés.
07:30Et preuve de leur ahurissante, à mon avis, bonne volonté,
07:33les Pays-Bas ont même proposé à cet homme de divorcer civilement
07:38pour faciliter le regroupement familial,
07:40puisque le divorce étant établi,
07:41les enfants pourraient venir au titre du regroupement familial.
07:44Ce qu'il a refusé, jugeant que c'était contraire à ce qu'il voulait.
07:48Il a fait un recours gracieux, puis un recours en justice,
07:51puis il a fait appel de la décision.
07:53Le refus des autorités judiciaires, cette fois-ci, des Pays-Bas,
07:57a été constant.
07:58Donc, il a poursuivi les Pays-Bas devant la CEDH
08:01pour violation de son droit à une vie familiale normale,
08:05ignorant apparemment que la norme est un peu différente au Yémen et aux Pays-Bas.
08:10Bon, entre-temps, la deuxième épouse a obtenu l'asile aux Pays-Bas.
08:13Donc, la deuxième épouse est venue avec les enfants au titre de l'asile,
08:17mais c'est différent, on va dire, de notre procédure
08:20qui se poursuit sur la question du regroupement familial.
08:23Et la CEDH vient de se prononcer sur ce dossier
08:25dans un jugement, vous le disiez tout à l'heure,
08:28qui est un peu trouble sur le fond.
08:29A première vue, la CEDH reconnaît aux Pays-Bas
08:32le droit de refuser ce regroupement familial,
08:34notamment en raison de l'interdiction de la polygamie.
08:37Mais tout est dans le « notamment ».
08:39C'est-à-dire, est-ce que ce n'est pas un refus de la polygamie par la CEDH ?
08:45Eh bien non, malgré les apparences.
08:46Et d'ailleurs, les titres se sont faits plus sur le refus,
08:49enfin, sur l'acceptation, on va dire, de la CEDH
08:50de la décision néerlandaise.
08:54Mais la CEDH ne fait pas de cette interdiction de la polygamie
08:57un argument suffisant.
08:58Il est encore légitime de la part de l'État
09:01d'interdire la polygamie,
09:03à condition que ce soit mis en balance
09:05avec les droits et les intérêts de la famille
09:07et des individus qui la composent.
09:09Ce jugement, pourquoi il est important ?
09:11C'est le premier que la CEDH a à rendre
09:13sur une histoire de polygamie.
09:14Donc c'est assez décisif, notamment sur la jurisprudence.
09:17Et la Cour ne porte pas de jugement sur la pratique.
09:20Elle ne la déclare pas contraire à la Convention
09:22ou aux valeurs européennes,
09:23malgré une définition du mariage assez stricte
09:26dans la Convention européenne des droits de l'homme.
09:28Cette fois-ci, elle ne l'intègre pas, on va dire, à ses valeurs.
09:31Elle constate l'interdiction et le fort consensus européen.
09:35C'est un euphémisme, c'est interdit partout en Europe,
09:37dans tous les pays qui sont membres du Conseil.
09:40Les États membres, je cite la CEDH,
09:42disposent donc d'une grande latitude
09:44pour décider d'accorder ou non
09:45le bénéfice du regroupement familial
09:47à des pères et enfants issus de mariages polygames.
09:49Elle précise surtout, la CEDH,
09:52que les autorités néerlandaises ont mis en balance
09:54les intérêts de cet homme
09:56et les intérêts publics
09:58parce qu'elle s'attarde surtout, la CEDH,
10:00sur le risque de violence,
10:02l'accès aux soins, à la santé et à l'éducation des enfants
10:04en Turquie.
10:06Donc si, dans un autre dossier,
10:07ces questions-là se posent différemment,
10:09la question de la polygamie disparaîtrait.
10:12Bref, la CEDH considère qu'il y a une vie familiale
10:14dans le cas qui nous occupe,
10:16mais que les États peuvent encore l'interdire,
10:18mais peuvent seulement.
10:20Mais que retenir de ce jugement,
10:22Charlotte Dornela ?
10:23C'est des risques qu'il comporte
10:25malgré le soutien accordé,
10:27en l'occurrence justement aux Pays-Bas.
10:29Vous savez, c'est Grégoire Pupin,
10:31du Centre pour la liberté et la justice,
10:34qui travaille beaucoup auprès des instances européennes,
10:36qui a suivi ce jugement,
10:38qui l'a remarqué et qui l'a commenté
10:40et qui en a tiré trois enseignements
10:41qui, à mon avis, sont plus qu'intéressants
10:43au-delà de ce cas particulier
10:44et du cas particulier de la pratique de la polygamie.
10:47D'abord, il note que les droits de l'homme,
10:49la protection des droits de l'homme,
10:50telle qu'elle est mise en place,
10:51le système de protection des droits de l'homme,
10:53est incapable de déjouer sa propre instrumentalisation.
10:57C'est flagrant dans ce cas-là.
10:58Pourquoi ?
10:59Parce que l'homme explique que ses enfants
11:01sont mal intégrés en Turquie.
11:04Les enfants yéménites sont mal intégrés en Turquie.
11:07Donc, de l'avis général est absolument évident,
11:10ils seraient bien mieux intégrés aux Pays-Bas.
11:12Ça paraît logique.
11:13Ils seraient potentiellement en danger au Yémen
11:15s'ils retournaient là-bas.
11:17Que leurs mères sont consentantes
11:18pour les envoyer aux Pays-Bas,
11:20mais qu'ils refusent donc,
11:21comme l'a proposé les autorités,
11:23de divorcer civilement
11:25pour que les enfants puissent venir.
11:27Donc, que se passerait-il
11:29si les enfants, au titre du regroupement familial,
11:32arrivaient effectivement aux Pays-Bas ?
11:34Eh bien, les enfants, étant mineurs,
11:36pourraient demander immédiatement
11:38et dans la seconde,
11:38le regroupement familial de leur propre mère,
11:41auquel cas,
11:42la question de la polygamie ne se pose plus
11:44puisqu'il s'agit de leur mère
11:45et non pas de l'épouse de leur père.
11:48Donc, l'interdiction de la polygamie
11:49est factuellement, dans ce cas-là,
11:51légalement contournée
11:52par le système de protection des droits de l'homme.
11:55Le deuxième enseignement,
11:56c'est qu'il n'y a aucune considération
11:58de l'indignité,
11:59c'est le mot qu'utilise Grégoire Pupin
12:01et je le trouve parfaitement choisi,
12:03l'indignité de l'attitude du requérant.
12:05Cet homme a été accueilli,
12:07secouru par les Pays-Bas au titre de l'asile
12:09alors qu'il fuyait le Yémen
12:10avec une femme et leurs huit enfants.
12:13Ils ont donc bénéficié de l'aide matérielle
12:16qui accompagne le statut de réfugié,
12:18des conditions de vie supérieures,
12:20évidemment,
12:20à celles qu'ils avaient fui.
12:22Et les droits de l'homme,
12:23concentrés uniquement sur l'individu,
12:25ne voient pas que l'injustice
12:27existe aussi dans ce comportement.
12:29Quelles dettes exactement ont les Pays-Bas
12:32envers cet homme qu'ils ont accueilli,
12:34lui, sa femme et leurs huit enfants ?
12:36Quelle est la dette des Pays-Bas à son égard ?
12:38Eh bien, qu'importe,
12:39il peut attaquer le pays devant la CEDH,
12:42réclamer son droit,
12:43qui est en l'occurrence de faire venir ses familles,
12:46en s'apprend au passage un interdit communément
12:48et culturellement admis
12:50absolument partout en Europe.
12:52C'est quand même une question
12:53que la CEDH n'examine absolument pas.
12:55Et la troisième chose,
12:56c'est que la Cour ne parvient pas
12:58à justifier l'interdit de la polygamie
13:00sur le fond.
13:01Je vous le disais,
13:02elle pourrait le faire
13:03en vertu de la définition du mariage
13:05qui n'a cessé de s'étendre
13:06au fil de ses jurisprudences,
13:08au regard, justement,
13:10des cas particuliers et individuels.
13:12Parce que,
13:13dans plusieurs autres jugements,
13:14la CEDH a décidé
13:16que la préservation de l'identité,
13:18de la culture ou de la civilisation,
13:19donc des principes communément admis,
13:21ne tenait pas face à la demande individuelle.
13:25Elle a pu dire, par exemple,
13:26dans un jugement,
13:26que les États devraient reconnaître
13:28les relations familiales atypiques
13:30et, dans sa jurisprudence,
13:32elle dénie aux autorités,
13:33je cite,
13:34« elle dénie toute autorité
13:35aux considérations d'ordre moral
13:37ou tenant à l'acceptabilité sociale,
13:40ainsi qu'aux traditions
13:41ou présupposés d'ordre général
13:43dans un pays particulier. »
13:45Considérez que tout ce qui est
13:46moralement admis dans un pays,
13:47tout ce qui relève de la tradition,
13:48de la civilisation,
13:49de la culture ou de l'identité,
13:50ne tient pas devant
13:51une revendication individuelle.
13:53Alors, on pourrait se poser la question
13:55sur la polygamie,
13:55comme sur d'autres sujets,
13:57de l'égalité des sexes.
13:58On pourrait le prendre
13:59par ce biais-là, on va dire.
14:01Eh bien, l'argument a déjà été écarté
14:02par la Cour
14:03au nom de la liberté individuelle,
14:05encore une fois.
14:06Elle était saisie
14:07de l'interdiction du voile intégral.
14:08Vous savez, c'était un argument
14:09posé par la France devant la CEDH.
14:11Et la Cour avait déclaré
14:13qu'un État parti
14:13ne saurait invoquer
14:15l'égalité des sexes
14:16pour interdire une pratique
14:17que des femmes revendiquent
14:19dans le cadre de l'exercice des droits
14:21que consacrent ces dispositions,
14:23sauf à admettre
14:24que l'on puisse à ce titre
14:26prétendre protéger des individus
14:27contre l'exercice
14:29de leurs propres droits
14:30et libertés fondamentaux.
14:32Résultat, et d'ailleurs,
14:33mieux encore,
14:34je vous cite quand même
14:34la petite phrase
14:35et après je finis,
14:35mais quelques lignes plus loin
14:36dans ce même jugement.
14:37La CEDH nous dit
14:38dans sa différence,
14:39le port du voile intégral donc,
14:41est l'expression
14:41d'une identité culturelle
14:43qui contribue au pluralisme
14:45dont la démocratie se nourrit.
14:47Fermez les guillemets.
14:48On comprend par ses décisions
14:49successives
14:50et par cette dernière en particulier
14:51que nous sommes désormais
14:53pieds et poings liés
14:54par la reconnaissance
14:54permanente de l'individu
14:56contre l'existence même
14:57d'un commun.
14:59Vous voulez réagir,
15:00Mathieu Bocoté ?
15:01J'ai réagi avec un cri
15:02exagérément expressif,
15:04mais Charlotte a tout à fait raison.
15:05Au Canada,
15:06on a connu ça
15:06lorsqu'on a présenté
15:08le voile intégral,
15:09le niqab,
15:09comme la manifestation
15:10du féminisme
15:11parce que c'était
15:12la possibilité pour les femmes
15:13de se dérober
15:13des exigences culturelles
15:15imposées par les hommes
15:16pour la manière dont on devrait
15:17se vêtir.
15:18Je suis cinéré chaque fois.
15:20Merci beaucoup,
15:21Charlotte Ornelas,
15:22pour cette analyse pointue
15:24sur la CEDH
15:26et la polygamie.
15:28Michel Fayad,
15:29votre invité ce soir,
15:30Régis Le Sommier,
15:31qui nous fait,
15:32qui nous accorde
15:33l'exclusivité
15:34de la sortie
15:35de son livre.
15:36Merci infiniment
15:37pour votre confiance.
15:39Jour de feu.
15:41Michel Fayad
15:42vous interroge.
15:44Donc,
15:45en janvier 2024,
15:47vous marchez dans la neige
15:49entre Bakhmout
15:49et Soledad.
15:51Devant vous,
15:52un soldat
15:52a un point jaune
15:53au-dessus de l'épaule.
15:54Soudain,
15:55vous entendez
15:56un bourdonnement.
15:57Que se passe-t-il
15:58dans les secondes
15:58qui suivent ?
16:00Alors,
16:00cet épisode,
16:01c'est un des épidotes
16:05les plus marquants,
16:06je dirais,
16:06qui m'est resté
16:07de la couverture
16:08que j'ai faite
16:09de la guerre en Ukraine.
16:10Alors,
16:11on va regarder
16:12puisque c'est un épisode
16:13les plus marquants.
16:14Qui a été filmé
16:15en partie.
16:1544 secondes,
16:17on plonge avec vous
16:18et on revient.
16:23Nous venons d'apercevoir
16:24un drone ukrainien
16:25juste au-dessus
16:26de nos têtes.
16:275 mètres,
16:305 mètres,
16:315 mètres.
16:33Il s'agit d'un drone FPV.
16:35Il transmet en direct
16:37les images
16:37aux pilotes ukrainiens
16:38qui décident
16:39quand actionner la charge.
17:02Montrez où on est
17:03dans un...
17:07Régis Le Sommier.
17:08En fait,
17:09ce qui se passe,
17:10c'est qu'on a commencé
17:11cette patrouille
17:12vers 5 heures du matin.
17:15Il faisait nuit,
17:16il neigeait
17:17et les soldats
17:18nous expliquent
17:18que quand il neige,
17:19qu'il fait nuit,
17:20qu'il ne fait pas beau,
17:20il n'y a pas de drone.
17:21C'est plus difficile
17:22en tout cas
17:22de les faire voler.
17:24Donc,
17:24il n'y a pas de risque.
17:25Et au fur et à mesure
17:26que la patrouille continue,
17:27là,
17:27on avait fait
17:2817 ou 18 kilomètres
17:30dans la neige,
17:31le soleil s'est levé
17:32et en fait,
17:34tout à coup,
17:35les nuages sont...
17:36Et puis,
17:37je marchais
17:38et je vois ce point,
17:40je n'entends pas
17:40le bourdonnement,
17:41je vois d'abord
17:42ce point jaune
17:44juste sur l'épaule
17:45du soldat,
17:46exactement celui
17:47qu'on voit dans le film.
17:49Et le drone
17:50part immédiatement
17:52à la verticale.
17:53Là,
17:54on est complètement sidéré,
17:55on se précipite
17:56dans le fossé
17:57en se disant
17:58on va peut-être
17:59pouvoir se protéger
18:00dans la neige,
18:00mais en fait,
18:01rien ne nous protège
18:02du retour du drone
18:03qui est probablement
18:04en train de nous filmer.
18:05À l'époque,
18:07les drones
18:07ne ciblent pas encore
18:10les individus,
18:11ils ciblent prioritairement
18:14les blindés,
18:15les véhicules
18:16de transport de troupes
18:17et en l'occurrence,
18:18la détonation
18:19que vous entendez
18:19à la fin,
18:20c'est qu'il est allé
18:20percuter une camionnette
18:22dans la route
18:23juste à côté.
18:25Je ne sais pas pourquoi
18:26il aurait pu venir
18:27se faire exploser
18:28au milieu de nous,
18:29je dis encore
18:29une fois,
18:30à cette époque
18:31de la guerre,
18:32c'était janvier 2024,
18:34il y avait déjà
18:35énormément de drones,
18:37mais on n'était pas
18:39dans la configuration
18:39actuelle
18:40où c'est proprement
18:41infernal.
18:42Et ça vous montre,
18:43si vous voulez,
18:44comment,
18:45d'abord,
18:45nous,
18:46on a peu de protection
18:47par rapport à ça,
18:48on est exactement
18:49exposés comme les soldats,
18:51mais surtout,
18:51cette évolution
18:52de la guerre
18:53où vous avez
18:54le système de tranchées,
18:55moi,
18:55j'avais qualifié
18:57ce front ukrainien,
18:59j'avais dit,
18:59c'est Verdun
19:01avec les drones.
19:03C'est-à-dire que,
19:03déjà,
19:03Verdun,
19:04c'est des duels
19:05d'artillerie
19:06absolument infernaux
19:07et c'est le cas
19:08de la guerre
19:08en Ukraine,
19:09c'est-à-dire que vous avez
19:09des tirs d'un côté
19:10et des tirs de l'autre
19:11d'obus
19:12qui arrivent,
19:13qui déchiquettent tout,
19:15qui tout à coup
19:15s'abat autour de vous,
19:17des obus
19:18de plusieurs types
19:19de calibres,
19:20mais en plus,
19:21vous avez ces contraintes
19:22liées au drone
19:24qui,
19:24même si vous voulez
19:25aller aux toilettes,
19:26vous pouvez être
19:27percuté par un drone.
19:28C'est ça,
19:29la réalité.
19:31Et donc,
19:32nous,
19:32on vit ce moment-là
19:36et ça nous permet
19:38quelque part
19:38de raconter un peu
19:39comment les soldats
19:40vivent
19:40quand ils sont
19:41sur le front.
19:42Régis Le Saumier,
19:43vous êtes ancien
19:43directeur adjoint
19:44de Paris Match,
19:45aujourd'hui directeur
19:46de la rédaction
19:46d'Omerta,
19:47l'un des plus grands
19:48reporters de guerre
19:49français.
19:50Ce livre qui sort
19:52Jour de feu,
19:53aujourd'hui raconte
19:54effectivement à quel point
19:55c'est un livre magnifique,
19:56bouleversant,
19:57c'est ce que Michel Fayad
19:58qui l'a lu en détail
20:00m'a raconté d'ailleurs.
20:02C'est un livre
20:02où vous racontez
20:03pour la première fois
20:03d'ailleurs non seulement
20:04ce que vous avez vu là-bas,
20:06mais ce qui reste
20:08lorsque vous revenez
20:10effectivement
20:10de ces jours de guerre,
20:12jours de feu.
20:13Michel Fayad.
20:14Oui,
20:14un matin à Manhattan,
20:16un pigeon heurte
20:17un camion de glace
20:18et tombe juste devant vous.
20:20Vous vous mettez
20:20à pleurer
20:21sans comprendre pourquoi.
20:23Pouvez-vous expliquer
20:24ce que cela relève
20:26sur le stress post-traumatique
20:27et en quoi cela diffère
20:29de ce que l'on voit
20:30au cinéma ?
20:30C'est lié
20:31à mon premier reportage
20:32en zone de guerre.
20:34À l'époque,
20:34Paris Match,
20:36le directeur de Paris Match,
20:38Alain Genestard,
20:38m'avait dit
20:39si tu veux aller en Irak,
20:40il faut que tu ailles
20:41avec un photographe
20:42qui a déjà de l'expérience,
20:43tu n'as pas d'expérience
20:44de combat.
20:45On est en mars 2006
20:48et je décide de couvrir
20:53les urgences d'un hôpital
20:55de campagne américain
20:56pendant une offensive.
20:58On me propose de faire ça,
21:00je dis OK,
21:01et on va passer deux semaines
21:02avec les chirurgiens
21:06et cet épisode
21:07qui va me revenir
21:09en pleine figure
21:11à Manhattan
21:12parce que j'étais correspondant
21:14de Paris Match
21:14aux Etats-Unis à l'époque
21:15a commencé
21:17quand dans le bloc opératoire
21:20sont arrivés
21:20deux soldats irakiens
21:24extrêmement amochés
21:25qui avaient pris
21:26des tirs de Kalashnikov.
21:27L'un d'entre eux
21:28avait la poitrine
21:29donc il avait été dénudé
21:31et son visage
21:33était complètement,
21:33il avait un visage
21:34un visage christique
21:35mais son visage
21:36était figé.
21:38En revanche,
21:38je voyais sa respiration
21:40et je voyais les infirmiers
21:42se mettre autour de lui.
21:44Le deuxième était derrière moi,
21:46je me mets entre les deux brancards
21:48et j'observe
21:49comment les infirmiers
21:50interviennent
21:51pour sauver ces deux malheureux.
21:54Et tout à coup,
21:55je sens derrière moi
21:56un mouvement,
21:57tout le personnel vient
21:59sur le type qui est devant moi
22:00et il n'y a plus personne
22:01qui s'occupe du mec
22:03qui est derrière.
22:03et sur le coup,
22:04ça me traverse l'esprit,
22:06je me rends compte
22:07qu'en fait,
22:07le type qui est derrière
22:08est mort.
22:09Et je me dis,
22:11c'est quand même gênant
22:12que quelqu'un soit mort
22:13et que je lui tournais le dos.
22:15Voilà la réflexion à l'époque.
22:17J'oublie complètement cet épisode.
22:21Ça dure deux semaines,
22:23on fait des trépanations,
22:25on fait des amputations,
22:26on assiste à ça,
22:27on voit un peu la chirurgie,
22:30les progrès de la chirurgie
22:31parce que l'Irak,
22:32comme la première guerre mondiale,
22:33a fait évoluer la chirurgie plastique
22:35et la reconstruction.
22:37La guerre d'Irak
22:38a fait beaucoup évoluer
22:40la chirurgie des prothèses
22:41et en raison des mines
22:43et en raison des IED.
22:46Donc, j'assiste à tout ça,
22:47j'ai complètement oublié
22:48et cet épisode du pigeon,
22:50je vois ce pigeon
22:51qui a heurté un camion,
22:54qui respire
22:55comme le type que j'avais en Irak
22:56et tout à coup,
22:57c'est comme si je me retrouvais là-bas,
22:59comme si je n'avais jamais quitté l'Irak
23:00et je me retrouve complètement sidéré.
23:03Voilà un exemple des choses
23:05qui peuvent vous rester dans le crâne
23:07et on imagine que pour les soldats aussi,
23:09c'est ce genre d'épisode-là.
23:11qu'ils ramènent chez eux.
23:12Justement, un autre épisode,
23:13vous trouvez une convocation
23:15du ministère de l'Intérieur cubain
23:16sous votre porte,
23:17l'objet contrôle de routine.
23:19Ils prennent votre passeport,
23:21votre argent, votre téléphone
23:22et vous enferment dans une cellule blanche.
23:24Comment en êtes-vous sorti ?
23:26Je suis sorti au bout de 4 heures.
23:29Je n'avais pas de visa
23:30pour travailler à Cuba.
23:31Je suis allé évidemment
23:32pour y faire un reportage
23:33sur l'étouffement de Cuba
23:35par le blocus imposé par Trump.
23:38Effectivement, on en est sorti,
23:40on a réussi à sauver notre matériel
23:42parce qu'ils voulaient saisir nos films.
23:45Interrogatoire à l'ancienne
23:46et là, on se rappelle
23:46que cette belle île tropicale
23:49qui a l'air gentille
23:51est quand même un paradis communiste.
23:53Très drôle d'ailleurs
23:54parce qu'on est allé dans l'hôtel
23:56où se rendait en vacances
23:57Arlette Laguillé
23:58pendant des années.
24:01à Santiago de Cuba
24:03qui est la ville révolutionnaire
24:05par excellence.
24:05Bref, petite anecdote au passage.
24:07Non, ça a été psychologiquement très dur.
24:10J'étais avec Jonathan Alperi
24:11qui est un photographe
24:12qui lui a été
24:15pris en otage en Syrie.
24:16Donc évidemment pour lui,
24:17ça a été
24:19cette perspective de se dire
24:20on peut rester des semaines bloqués.
24:22En plus, il avait un passeport américain.
24:24Donc imaginez,
24:25c'était tout bénef pour les Cubains
24:26de prendre un...
24:27Voilà, finalement
24:29on a été libérés
24:30au bout de 4 heures.
24:31Très pénible.
24:32Et l'autre chose pénible
24:33c'est que j'ai voulu
24:34aller voir mes enfants
24:35aux Etats-Unis cet été
24:36et j'ai eu deux refus de visa
24:39en raison en particulier
24:41du fait que j'ai admis
24:42être allé à Cuba.
24:43Vous voyez, la double peine.
24:45Voilà.
24:45Jour de feu,
24:47Régis Le Sommier.
24:49On aimerait vous entendre
24:50pendant des heures
24:51parce que derrière votre sourire
24:52on ne peut pas imaginer
24:53tout ce que vous avez vécu,
24:55subi, vu.
24:55Et pourquoi vous pleurez
24:57lorsque vous voyez
24:58un pigeon ?
24:59En tout cas,
25:00Jour de feu
25:01chez Aux Éditions
25:02Éric Boignet.
25:04Ça sort aujourd'hui.
25:05Merci infiniment
25:06pour l'exclusivité
25:08et ses premiers mots
25:09sur ce livre
25:10qui sort aujourd'hui
25:11en librairie.
25:12On marque une pause
25:13on revient pour le 19h.
25:14Beaucoup de sujets.
25:155 000 euros
25:16Donald Trump
25:17qui donne...
25:17Non, dollars.
25:185 000 dollars
25:19pour acheter ses électeurs.
25:20On en parlera
25:21avec Michel Fayad
25:21dans un instant.
25:22La maison de la Palestine
25:24qui ouvre en France.
25:25On en parle également.
25:27Et puis,
25:27le milliardaire
25:30Paolo Rotelli.
25:32Regardez sur Instagram
25:33c'est quand même
25:33assez intéressant
25:34pendant la pause.
25:36Il a dit
25:36qu'il vient chez nous.
25:37J'ai beaucoup de questions
25:38à lui poser.
25:39On marque une pause
25:39et on revient.
25:40On revient.
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