- il y a 6 semaines
À l’aube d’une année marquée par la campagne présidentielle, quels sont les dossiers chauds de la rentrée pour les partenaires sociaux ? Des représentants de syndicats salariés nous répondent.
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00:02Générique
00:08...
00:12Le cercle est ratch pour parler dans notre débat,
00:15le débat de Smart Job, de cette rentrée sociale 2026.
00:18Alors, c'est vrai qu'elle a démarré déjà par l'AREF avec le MEDEF
00:22et les candidats à la présidentielle, c'est un grand oral,
00:25et on a déjà pu entendre un certain nombre de propositions
00:27et de mesures concrètes qui donnaient peut-être la couleur de l'année 2026-2027
00:32sur des annonces économiques qui vont faire réagir mon invité.
00:36On va en parler avec vous, chère Catherine Nave-Becti, ravie de vous accueillir.
00:39Bonjour, merci de votre invitation.
00:41Vous êtes secrétaire nationale à la CFDT, en charge de tous les sujets économiques
00:45et en particulier du projet de loi de finances, dont vous me disiez en préparant l'émission
00:49que pour l'instant vous n'aviez pas de son, pas d'image,
00:51donc on ne sait pas grand-chose de ce qui se prépare.
00:53C'est travaillé par Sébastien Lecornu, et puis évidemment,
00:56on va parler du budget, et de toutes les annonces qui ont été faites
00:59ou des propositions de candidats qui, pour certaines, vont vous faire réagir.
01:03On y reviendra dans quelques instants, puis avec moi, Caroline de Seineville.
01:06Bonjour Caroline.
01:07Bonjour Arnaud.
01:07Comment allez-vous ?
01:08Très bien.
01:08Je suis très heureux de vous revoir.
01:09C'est toujours un plaisir de partager cette émission avec vous,
01:12journaliste, décideur, RH.
01:15Comme le veut la tradition dans notre émission.
01:16Quelques mots comme ça, peut-être pour resituer les grands sujets économiques,
01:20le chômage, la croissance, la dette, tous ces sujets qui sont évidemment sur la table
01:25du gouvernement et qui sont aussi sur la table des syndicats.
01:28J'ai pris quelques chiffres.
01:30Le chômage, toujours au-dessus de 8%.
01:31Et un autre chiffre intéressant, l'INSEE vient de réviser les chiffres de la croissance
01:35suite aux épisodes de canicule et de sécheresse.
01:38Le PIB s'est replié de 0,2% au premier trimestre et il a stagné au deuxième trimestre,
01:43alors qu'il y avait une première estimation qui prévoyait une croissance de 0,2%.
01:48Autre chiffre intéressant, le cabinet Trendéo a publié un rapport fin août,
01:52le 27 août, qui fait état de la fermeture de 91 usines au premier trimestre pour 51 ouvertures.
01:59C'est ça. Un mot sur la croissance, il faudrait que pour qu'on atteigne les 5%,
02:03puisque c'est quand même cet enjeu, Sébastien Lecornu l'a dit,
02:06et évidemment vous venez de nous doucher Caroline,
02:08il faut que la croissance atteigne 0,5% et on n'y est pas évidemment.
02:12D'abord un petit mot à la syndicaliste que vous êtes, à la citoyenne aussi.
02:16Vous avez forcément écouté le discours de Patrick Martin,
02:20le grand oral des candidats.
02:22Dans quel état d'esprit les partenaires sociaux, la CFDT,
02:27abordent cette rentrée sociale ?
02:29Est-ce que vous êtes optimiste ou est-ce que vous êtes morose ?
02:32Alors à la CFDT, notre enjeu c'est de porter la parole des travailleuses et des travailleurs et leurs enjeux.
02:39Donc on n'est pas morose, on est résolument engagé pour essayer d'obtenir des progrès
02:45pour les travailleurs et les travailleuses et surtout pour que le débat public
02:47prenne en compte les réalités vécues par toutes et tous.
02:50Et l'été a été marqué par les canicules, par les conséquences des méga-feux et des incendies.
02:56Et on a œuvré tout l'été déjà pour que la parole des travailleurs soit entendue
03:00et qu'on aménage pour améliorer les conditions de travail, les conditions d'emploi de toutes et tous.
03:05D'ailleurs Caroline, Sébastien Lecornu a fait des annonces très récentes
03:08sur justement l'adaptation des entreprises au dérèglement climatique.
03:12Oui, il voudrait que ce soit inscrit dans le droit du travail, ces périodes de forte chaleur.
03:18Est-ce que c'est quelque chose que vous poussez ?
03:21Quelles mesures principales devraient être prises pour les salariés, pour les protégés ?
03:25À la CFDT, oui, on considère qu'il y a de la réglementation à construire
03:28pour protéger les travailleurs et les travailleuses des incidences, par exemple des vagues de chaleur.
03:33Mais on peut penser aussi aux conditions dans lesquelles on se rend au travail ou pas.
03:36Et comment on est protégé quand on ne peut pas se rendre au travail en cas d'inondation.
03:39On sait qu'il y a des moments où il y a des routes qui deviennent impraticables
03:43de manière brutale dans certains territoires.
03:45Donc ça, ce sont des questions qu'on souhaite traiter.
03:47Nous, on considère aussi qu'il faut que les employeurs, publics et privés d'ailleurs,
03:51dans les deux secteurs, exercent vraiment leur responsabilité
03:55pour protéger la santé et la sécurité au travail.
03:57Et que le risque lié au changement climatique s'invite autour de la table.
04:01C'est des risques nouveaux qu'il faut pouvoir intégrer, réguler.
04:05Parce qu'on voit bien qu'il y a des travailleurs et des travailleuses
04:07dont la santé a été mise en danger pendant les épisodes de canicule.
04:11Clairement. Venons sur le sujet, je dirais presque matriciel,
04:15de cette campagne présidentielle, puisque ça a suscité d'ailleurs une polémique
04:18avec Jean-Luc Mélenchon qui évoquait l'idée d'augmenter le SMIC
04:21et d'augmenter les salaires d'une manière générale avec,
04:23et on l'a vu à l'image, des ricanements, des sourires et des ricanements
04:27de certains patrons.
04:30Est-ce que d'abord sur le pouvoir d'achat, est-ce qu'il faut augmenter les salaires ?
04:33Alors pour la CFDT, le pouvoir d'achat, il est entre la main effectivement des employeurs aussi.
04:38C'est-à-dire que la dynamique des négociations salariales
04:41ne nous satisfait pas et est insatisfaisante dans beaucoup de secteurs.
04:44Or, sur les questions de pouvoir d'achat,
04:46tous les acteurs ne peuvent pas en permanence se retourner vers l'État
04:49et demander qui des subventions, qui des aides publiques.
04:52Il faut aussi que ce soit la rémunération du travail
04:55qui permette d'augmenter le pouvoir d'achat.
04:57Donc nous à la CFDT, on veut des NAO beaucoup plus dynamiques.
05:00On souhaite qu'il y ait beaucoup moins de grilles, de classifications
05:03qui soient sous le niveau du SMIC.
05:05Ça vaut aussi pour la fonction publique.
05:07Et que le travail, le gain en expertise et en compétence des salariés
05:11soient vraiment reconnus tout au long de leur carrière.
05:13L'éricadement était une anecdote mais disait quelque chose
05:16et renvoyé au débat qui a été posé sur la scène du MEDEF
05:20qui est de dire finalement si nous ne pouvons pas augmenter les salaires,
05:23c'est parce que, et on l'entend du côté du patronat du MEDEF
05:25et de certains candidats, c'est que les charges sont trop élevées.
05:28D'où le débat qui vous est posé d'ailleurs d'aligner,
05:31d'essayer de réconcilier le brut et le net.
05:33Est-ce que vous dites après tout syndicat, partenaires sociaux,
05:35Caroline, vous voulez rajouter quelque chose ?
05:36Oui, d'ailleurs Patrick Martin propose de réduire de 60 milliards d'euros
05:39les cotisations patronales allouées à l'assurance maladie
05:42et à la branche famille.
05:43Et ce manque à gagner serait compensé par d'autres ressources
05:46dont la fameuse TVA sociale.
05:48Alors pour nous, à la CFDT, c'est une bonne taux proposée par Patrick Martin,
05:53ça ne peut pas nous satisfaire.
05:55Parce que, d'une part, la protection sociale dans son ensemble,
05:58si le patronat continue à ne la lire que comme une charge
06:01qui n'aurait aucun intérêt, ni social ni économique,
06:04ça ne peut pas nous convenir.
06:05L'ensemble des entreprises ont besoin aussi d'avoir des travailleurs,
06:08des travailleuses qui ont de la sécurité dans leur vie
06:10et du coup de la disponibilité aussi au travail.
06:13Ça va de pair.
06:13Donc, il faut aussi que le patronat accepte de considérer
06:16que la protection sociale, que l'ensemble des services collectifs
06:19dans notre pays, ça constitue une externalité positive
06:22pour leur fonctionnement.
06:24Et puis, par ailleurs, là, ça procède de fait à un transfert de charges
06:28entre les cotisations sociales, y compris les cotisations sociales patronales,
06:32vers les consommateurs, les ménages.
06:35Donc, on redonne d'un côté du pouvoir d'achat en disant
06:37vous paierez moins de cotisations sociales,
06:39mais surtout, on perd à moins de cotisations patronales,
06:41mais ce sera repris d'une autre main par la TVA.
06:44Et pour nous, à la CFDT, elle n'a de social que le nom.
06:47On sait qu'il y a des ménages qui dépensent la totalité de leurs revenus,
06:50qui n'épargnent pas.
06:51Donc, eux, ça va peser sur la totalité de leurs revenus.
06:53On a vu cet été aussi, et vous citiez les derniers chiffres de l'INSEE,
06:57qui a eu une légère baisse du taux d'épargne des ménages.
07:00Légère, plus de 17%.
07:02Tout à fait, on reste à un taux très élevé,
07:03mais c'est peut-être le signe que dans ce contexte économique difficile
07:07que connaît notre pays et que connaissent beaucoup de ménages,
07:09certains ont dû ponctionner sur leur épargne.
07:12La question du pouvoir d'achat a été posée.
07:14La question de l'indemnisation chômage a été portée par Édouard Philippe,
07:19qui fait partie de ces candidats qui essaient de se démarquer.
07:22Alors, c'est une histoire de concours lépine des propositions,
07:24mais néanmoins, cette proposition est sur la table.
07:2612 mois d'indemnisation pour les salariés de moins de 50 ans,
07:30mettons à part les seniors,
07:31et on reparlera des jeunes qui connaissent aussi des difficultés
07:34pour accéder à l'emploi.
07:36Vous y souscrivez.
07:37Après tout, l'idée, ça part d'une idée que vous connaissez,
07:41fluidifier le marché du travail,
07:42faciliter les sorties pour accélérer les entrées.
07:46Ça recèle de cette logique-là.
07:48Qu'est-ce que vous en pensez ?
07:49Ça fait plusieurs années qu'on réduit les droits
07:52des chômeurs et des chômeuses,
07:55comme si certains se complaisaient dans le fait
07:57de rester dans le statut de demandeur d'emploi.
07:59Ce n'est pas le cas.
08:00Ce n'est pas ce que nous constatons, nous,
08:01en discutant avec des travailleurs et des travailleuses,
08:04des demandeurs et des demandeuses d'emploi.
08:06Donc, nous, cette logique-là punitive
08:07sur les chômeurs et les chômeuses,
08:09on n'en veut pas.
08:10Par ailleurs, on constate,
08:11y compris avec notre fédération de la protection sociale et de l'emploi,
08:15que l'accompagnement vers l'emploi de personnes
08:18qui sont éloignées de l'emploi depuis longtemps
08:21est de plus en plus difficile et de moins en moins financée.
08:24On le voit dans les comptes de la protection sociale,
08:25il y a une diminution des dépenses sur l'insertion.
08:28Peut-être qu'il faut s'attaquer à cette question-là.
08:30Comment on permet à des personnes qui sont éloignées de l'emploi
08:33d'en retrouver le chemin ?
08:34Ça suppose un accompagnement social, évidemment.
08:37Mais peut-être aussi qu'il faut faire de la place
08:39et rendre le travail plus inclusif
08:42pour permettre à des gens de reprendre pied dans la production.
08:45Ça, c'est une proposition qui venait d'Edouard Philippe.
08:48Caroline, peut-être pour compléter quelques éléments économiques ?
08:51Pour le financement, le gouvernement est prêt à reconduire
08:54une deuxième fois la taxe exceptionnelle sur les grandes entreprises
08:57pendant qu'à l'AREF, au MEDEF,
08:59tous les grands patrons se plaignaient
09:01et moins grands patrons de ces taxations.
09:05Faut-il demander davantage aux grandes entreprises
09:07plutôt que de faire porter l'effort sur les salariés ?
09:10C'est un petit peu ce qu'on a évoqué jusque-là.
09:11En tout cas, pour nous, à la CFDT,
09:13on voit bien qu'il y a un enjeu
09:15de redresser progressivement les finances publiques
09:18pour éviter une progression trop importante
09:21de l'endettement public.
09:22Pour nous, c'est un enjeu, c'est un vrai sujet.
09:24On ne le balaye pas d'un revers de la main.
09:26Donc pour vous, la dette, on ne la fait pas rouler ?
09:27Juste parce que ça revient à ce débat.
09:29On la fait rouler, après tout, elle est là, elle existe.
09:31La dette publique, on la fait toujours rouler.
09:33Après, faire rouler la dette
09:34n'interdit pas de s'interroger
09:36sur le niveau de l'endettement global.
09:37Trop élevé, selon vous ?
09:39En tout cas, il faut s'assurer
09:41qu'on sera capable de rembourser
09:43sans obéir la capacité à investir dans l'avenir.
09:46Donc c'est tous ces équilibres-là
09:47qu'il faut regarder.
09:48Mais on ne peut pas dire
09:50qu'on ne la fait jamais rouler.
09:50La dette de l'État, on la fait toujours rouler.
09:52Mais c'est des grands équilibres.
09:54Nous, ça fait des années
09:54qu'on demande une vraie conférence sociale
09:56des finances publiques
09:57pour poser les choses sur la table,
09:59globalement, parce que par le petit bout
10:00de la lorniette,
10:01on va avoir des effets de bord.
10:03Et là, précisément, nous,
10:04oui, on considère que les entreprises
10:06qui réalisent des excédents importants
10:07doivent contribuer un peu plus,
10:08mais parce que, globalement,
10:10notre vision de la fiscalité
10:11et de la contribution
10:12au redressement des finances publiques
10:15collectives, notre bien commun,
10:17ça doit passer par des efforts
10:18partagés et justes.
10:20C'est-à-dire que celles et ceux
10:21qui ont plus contribuent davantage.
10:23Et puis, par ailleurs,
10:24les entreprises ont bénéficié
10:26de soutiens importants de l'État
10:27pendant la crise Covid,
10:29précédemment, pendant la crise financière.
10:32Et on sait bien que, pour le coup,
10:34l'endettement de la France
10:35a beaucoup progressé en 2007-2008
10:38et en 2020.
10:39Donc, il faut aussi se souvenir
10:40des sources premières
10:43de cette élévation
10:44du niveau d'endettement du pays.
10:45Mais je m'adresse évidemment
10:47à la syndicaliste que vous êtes,
10:49éminente syndicaliste,
10:50mais je crois aussi professeur d'économie.
10:52Donc, l'économie, évidemment,
10:53c'est un sujet sur lequel
10:55vous avez travaillé,
10:56sur lequel vous vous penchez.
10:57On a le sentiment, aujourd'hui,
10:59au moment où on se parle,
10:59qu'on est dans la quadrature du cercle.
11:01C'est-à-dire qu'on ne sait pas
11:02par quel bout attraper le sujet
11:04pour essayer de sortir
11:06de la situation dans laquelle on est.
11:07En tout cas, c'est le sentiment que j'ai.
11:09Est-ce que vous avez, vous,
11:10en tant que syndicaliste aussi,
11:11ce sentiment de ne pas savoir
11:13comment attraper le sujet ?
11:15Ce qui est compliqué, à notre sens,
11:16à la CFDT, c'est qu'il y a
11:19des volontés d'entrer
11:20dans des sujets qui sont, on le voit,
11:21très complexes,
11:23en essayant d'aller vite,
11:25mais aussi parce que
11:26l'horizon politique, il est court.
11:27Et c'est peut-être ça
11:28qui rend les choses difficiles.
11:30Parce que, y compris des économistes
11:32qui ont remis des rapports
11:33récemment au gouvernement,
11:34je pense aux quatre experts
11:35qui ont remis un rapport
11:36précisément sur les questions
11:37de dette et de résorption de la dette
11:39au ministre de l'Économie
11:40et des Finances,
11:41montrent bien qu'on ne peut pas
11:44aller trop vite non plus
11:45dans la réduction du déficit
11:48ni de la dette
11:49au risque de déclencher
11:50une crise économique et sociale
11:53derrière qui serait pire
11:54que la tentative de remédier.
11:56Donc, vous dites à la CFDT,
11:57sans paraphraser,
11:58qu'il faut trouver le juste milieu
11:59entre la réforme
12:00et la douleur
12:02qui infligerait cette réforme.
12:03Oui, et puis surtout,
12:04il faut préparer l'avenir.
12:05C'est-à-dire que pour nous,
12:06à la CFDT,
12:07être sérieux sur les finances,
12:08ce n'est pas seulement
12:09décider où on coupe.
12:10C'est aussi éviter de couper
12:13à un endroit
12:13qui nous mettrait
12:14plus en difficulté.
12:15Demain encore,
12:15on a besoin de former notre jeunesse.
12:17On a besoin de s'adapter,
12:19vous le disiez tout à l'heure,
12:20au changement climatique
12:20et de continuer
12:21à renforcer l'atténuation
12:23de la contribution
12:24de l'activité humaine
12:24au réchauffement climatique.
12:25Ça, ça suppose des investissements.
12:27Caroline, il y a aussi l'IA.
12:28On a évoqué tout à l'heure
12:29l'adaptation au réchauffement climatique
12:31au dérèglement climatique.
12:32Ça s'est évoqué.
12:33Et le deuxième sujet, c'est l'IA.
12:34Et les arrêts maladies,
12:35Sébastien Lecornu,
12:36a déclaré vouloir saisir
12:37dans les semaines qui viennent
12:38les partenaires sociaux
12:39sur ces deux sujets
12:40dans une logique, je cite,
12:41de réflexion globale
12:43et de confiance
12:44accordée au dialogue social.
12:45Il avait affirmé en juin
12:47vouloir mettre au débat
12:48du Parlement
12:48le remboursement de médicaments,
12:50je cite à nouveau,
12:51qui ne servent plus à grand-chose
12:53ou le coût des arrêts maladies
12:54merde toutes les batailles.
12:56Que lui répondez-vous ?
12:57Qui est cher,
12:58les arrêts maladies.
12:59Qui a un coût, évidemment, lourd.
13:01Oui, ça, on le sait.
13:02On le voit bien
13:03dans les comptes
13:04de la sécurité sociale.
13:06Nous, on pense qu'il y a
13:07quand même eu aussi
13:08un exercice important
13:09pendant l'année
13:09qui est la conférence
13:10Travail-Emploi-Retraite
13:11qui a abordé ces questions-là
13:13de manière, je dirais,
13:15assez...
13:15Qui n'a pas totalement abouti.
13:16Non, on attend encore
13:17le rapport des garants.
13:18On attend l'atterrissage, là.
13:19Mais il y a eu
13:21des échanges intéressants
13:22pendant cette conférence
13:23Travail-Emploi-Retraite.
13:25Et, par exemple,
13:26sur les arrêts maladies,
13:27moi, j'ai participé
13:28aux ateliers
13:29Travail-Fonction Publique
13:30pendant la conférence,
13:31mais on avait aussi
13:32des échanges privés publics.
13:34On voit bien
13:35qu'il y a aussi
13:35une question
13:36sur le modèle managérial
13:37à la française
13:39qui génère aussi
13:40du mal-être au travail.
13:41Et donc,
13:42derrière l'augmentation
13:43des arrêts maladies,
13:44la question de la santé au travail,
13:46du bien-être au travail,
13:47des conditions de travail,
13:48de la reconnaissance
13:49des travailleurs,
13:50elle est clairement posée.
13:51Et d'ailleurs,
13:51pas que par les syndicalistes
13:52puisqu'il y a un rapport
13:53de l'IGA,
13:53ce qu'il souligne.
13:54On est très mauvais élèves
13:55en or.
13:55Voilà.
13:56Et donc, nous,
13:56on considère...
13:56Vous touchez à l'organisation.
13:58Oui.
13:58C'est ça le sujet.
13:59Mais il faut améliorer
13:59l'organisation du travail.
14:01Ce sera utile, en fait,
14:02pour la productivité française
14:03et sa compétitivité,
14:04vraisemblablement.
14:05Et ce sera avant tout utile
14:07pour que les salariés,
14:09les agents publics
14:10se sentent davantage reconnus
14:11au travail
14:11et se sentent mieux au travail.
14:14Et peut-être qu'on aura
14:15aussi une baisse
14:16des arrêts maladies
14:16de ce fait-là.
14:17Quand les employeurs publics,
14:19je le disais tout à l'heure,
14:19les employeurs publics
14:20et privés
14:21n'assument pas suffisamment
14:25leur responsabilité
14:25en termes de protection
14:26de la santé au travail,
14:28on sait aussi
14:28qu'il y a une progression
14:29des risques psychosociaux.
14:30C'est très souvent connecté
14:31à l'organisation du travail.
14:32Ça génère des arrêts maladies
14:34derrière.
14:34Enfin, les médecins...
14:36Oui.
14:36Et les médecins ne prescrivent pas
14:38par plaisir des arrêts maladies
14:39et les salariés
14:40et les agents publics
14:41ne se mettent pas
14:41en arrêt maladie
14:42pour fuir le travail.
14:43Ou s'ils le fuient,
14:45c'est parce qu'ils le vivent
14:45trop mal et qu'il y a un problème
14:46de sens et de conditions de travail.
14:48Vous avez évoqué
14:49cette conférence
14:50dont effectivement
14:51on aimerait faire une émission
14:52puisque pour en connaître
14:54les conclusions,
14:55en tout cas le fruit
14:56de vos travaux,
14:57la retraite.
14:58Alors, c'était un sujet
14:59qui a été posé évidemment
14:59par les candidats
15:00à la présidentielle
15:01face au patron.
15:03Là aussi,
15:03pas de concours l'épine
15:04mais il y avait quand même
15:05deux grandes familles,
15:06certains qui assumaient
15:07littéralement,
15:08je pense à Gabriel Attal
15:09qui disaient qu'il faut passer
15:10maintenant par la capitalisation.
15:13D'autres,
15:13je pense à François Hollande
15:15qui n'était pas sur scène
15:16évoquent une retraite
15:17à 63 ans.
15:19Édouard Philippe
15:20parle de capitalisation.
15:22Qu'est-ce que dit la CFDT ?
15:24Et d'un côté,
15:25le RN qui maintient
15:26une retraite à 60,
15:2762 ans
15:27tout en hésitant.
15:28Qu'est-ce qu'on fait ?
15:29Parce que le sujet,
15:30il est devant nous.
15:31C'est-à-dire qu'il y ait
15:31une élection présidentielle
15:33ou pas,
15:33il faut traiter ce sujet.
15:35Quelle est la position
15:36de la CFDT ?
15:36Alors, la position
15:37de la CFDT,
15:38c'est qu'il faut à tout prix
15:39préserver un système
15:40de retraite par répartition
15:41qu'en étant la base...
15:42Qui est malade.
15:44Oui, mais nous,
15:45on pense que c'est important
15:46de maintenir ce système
15:47par répartition
15:48et qu'on a aussi
15:50toujours cette clé
15:51de lecture
15:51sur la justice sociale.
15:52Donc, s'assurer
15:53que notre système
15:54collectif de retraite
15:55permet à chacun
15:56et chacune
15:57d'avoir un revenu
15:59pendant sa retraite.
16:00Il y a de la capitalisation
16:02qui s'ajoute de fait déjà,
16:03qui peut être régulée,
16:04qui peut être améliorée.
16:05Oui, elle existe déjà,
16:06on est d'accord.
16:06Mais le socle
16:07doit bien être celui
16:08de la répartition
16:10et avec aussi
16:11des éléments
16:12pour corriger
16:13des inégalités.
16:14Là, on voit
16:14qu'il y a des mesures
16:15qui entrent en vigueur
16:16là, ces jours-ci,
16:17qui étaient des revendications
16:18fortes de la CFDT
16:19sur une meilleure prise
16:20en compte des enfants
16:21pour les femmes
16:22dans le secteur privé
16:23comme dans le secteur public.
16:24On sait aussi
16:25que, par exemple,
16:25la retraite progressive,
16:26qu'on a beaucoup défendue,
16:28rencontre un franc succès
16:29auprès des travailleurs
16:30et des travailleuses.
16:31Et nous, on pense
16:32que si on rentre
16:33dans le sujet uniquement
16:35sur le prisme
16:36de l'âge légal
16:37de départ,
16:38ça ne dit pas tout
16:39parce qu'on voit
16:40qu'il y a des travailleurs
16:40et des travailleuses
16:42qui ont des conditions
16:43de travail tellement difficiles
16:45dans leur métier.
16:45Ça s'arrête avant.
16:46La pénibilité est ce qu'elle est
16:48et du coup,
16:49pour un certain nombre
16:49de travailleurs et de travailleuses,
16:50ce discours sur travailler
16:51plus longtemps,
16:52il ne tient pas.
16:53Parce qu'en fait,
16:54ce n'est pas réaliste.
16:55Donc, pour nous,
16:56c'est aussi pour ça
16:57qu'on a plaidé pour...
16:58Donc, pénibilité,
16:58vous soulez ce débat-là.
16:59pénibilité, usurotravail
17:01et vraiment,
17:02c'est pour ça
17:03que dans la conférence
17:03Travail-Emploi-Retraite,
17:04on voulait que les trois sujets
17:05soient liés.
17:06Parce qu'y compris
17:08pour permettre
17:08à des travailleurs
17:09et des travailleuses
17:10de travailler plus tard
17:11dans leur vie
17:11et que les entreprises
17:13acceptent
17:14de recruter des seigneurs aussi,
17:16il y a des enjeux
17:16sur comment on travaille,
17:18comment on organise
17:19le travail.
17:19On revient quand même
17:20sur le débat
17:20que vous souleviez
17:21sur l'organisation du travail
17:22et la manière
17:23dont on est au travail
17:24en tant qu'être humain
17:25et en tant qu'individu.
17:26Avant de nous quitter,
17:27j'ai lu que les syndicats
17:30préparaient eux aussi
17:31quelque part
17:31leur contre-offensive,
17:32que vous alliez probablement
17:34la CFDT,
17:35je ne sais pas si c'est validé,
17:36recevoir les candidats
17:37hormis Marine Le Pen,
17:39si j'ai bien lu.
17:39Les candidats d'extrême droite.
17:41D'extrême droite.
17:42Vous allez le faire ?
17:43Vous allez recevoir les candidats ?
17:44C'est l'habitude de la CFDT
17:46de recevoir les candidats
17:48ou une partie des candidats
17:49à l'élection présidentielle
17:50hormis les candidats
17:52et candidates d'extrême droite
17:53parce que pour nous
17:53cette frange-là
17:55de l'échiquier politique
17:56est orthogonale
17:57à nos valeurs,
17:58nos principes
17:58et puis ont clairement
18:00des positions
18:00contre le monde du travail
18:01et contre le syndicalisme.
18:03Oui, j'ai lu un papier
18:03dans Le Monde
18:04qui expliquait
18:05que vous graignez,
18:06vous et d'autres syndicats,
18:07d'ailleurs,
18:08une baisse du droit syndical.
18:11si le RN
18:12arrivait au pouvoir.
18:13D'une part,
18:13ça fait partie
18:14de leur programme.
18:15D'autre part,
18:15on observe que
18:16dans des pays
18:16dans lesquels
18:17des responsables
18:18d'extrême droite
18:18sont arrivés au pouvoir,
18:19ça fait partie assez vite
18:20des mesures qui sont prises
18:22contre le monde du travail.
18:23On est à 8 mois,
18:249 mois
18:25de l'élection présidentielle.
18:27Quelle place vont prendre
18:28et va prendre la CFDT ?
18:29Des manifestations ?
18:30J'ai vu qu'il y avait
18:30une manif le 29 septembre prochain
18:32côté fonction publique.
18:34J'ai vu que vous commenciez
18:35à vous concerter.
18:36Comment ça se passe
18:37dans les semaines à venir ?
18:38Dans les semaines à venir
18:39à la CFDT,
18:40notre objectif,
18:41c'est vraiment de mettre
18:42les intérêts
18:43et les conditions de vie
18:44des travailleurs,
18:45des travailleuses
18:46au centre du débat.
18:47Et de rappeler que
18:48derrière des débats
18:49macroéconomiques,
18:50et je suis en charge
18:50des politiques économiques
18:51à la CFDT,
18:52il y a la vie
18:53de nos concitoyens,
18:54de nos concitoyennes,
18:56il y a la vie
18:56des travailleurs,
18:56des travailleuses,
18:57de tout le monde.
18:57Et que ces questions-là
18:58de conditions de vie,
18:59de conditions de vie au travail,
19:01elles doivent être centrales,
19:02y compris en termes démocratiques.
19:03Parce qu'il y a beaucoup
19:04d'études,
19:05et c'était notamment
19:05les travaux de Bruno Pallier,
19:10votent souvent,
19:12votent davantage
19:13à l'extrême droite
19:13ou s'abstiennent.
19:14Donc c'est une vraie
19:15question démocratique
19:16de prendre en charge
19:17dans les réflexions
19:17sur les évolutions économiques
19:19l'impact sur les conditions
19:20de vie de chacun et de chacune.
19:21Le prendre soin
19:22pour intégrer
19:23les collaborateurs
19:24dans leur bien-être.
19:26Un mot quand même
19:27sur certains
19:28des élus syndicaux
19:29ou d'adhérents
19:30sont quand même
19:32vote pour le RM.
19:33Enfin, on le sait
19:33dans tous les syndicats.
19:34Il y a cette question
19:35qui vous est posée.
19:35Oui, et nous,
19:36c'est des questions
19:37qu'on se pose beaucoup
19:38au sein de la CFDT.
19:39Donc pour nous,
19:40la clé,
19:40c'est de débattre.
19:41C'est-à-dire que si
19:42on a des militants
19:43ou des militantes
19:44dont on constate
19:45qu'ils sont candidats
19:46sur les listes RN,
19:47ils ont vocation
19:48à quitter l'organisation.
19:50Mais on sait bien
19:51qu'on a des habitants
19:53de notre pays
19:53qui sont tentés
19:54par le vote
19:55Rassemblement National.
19:56Pour nous,
19:56ces personnes,
19:56il faut dialoguer
19:57avec elles, évidemment.
19:59Essayer de comprendre
20:00ce qui les a amenés
20:02à considérer
20:03que ça pourrait être
20:03une solution
20:04et d'essayer
20:05de donner
20:06d'autres perspectives,
20:07de donner un horizon.
20:09à chacun et chacune
20:10pour pouvoir se projeter
20:11de manière plus positive
20:12dans l'avenir.
20:12Il nous reste quelques secondes.
20:14Ce modèle social
20:15dont on vante
20:17ce modèle à l'étranger,
20:18vous avez le sentiment
20:19qu'il peut encore perdurer
20:20tel qu'il est aujourd'hui ?
20:21J'ai le sentiment
20:22que la situation économique
20:24va faire qu'on va l'échancrer.
20:25Est-ce que vous avez
20:26cette crainte ?
20:27Alors,
20:28si on considère
20:29que c'est juste une charge
20:30et si trop de responsables politiques
20:31nous entraînent
20:32sur cette voie-là,
20:33c'est le risque.
20:34Nous, on considère
20:35qu'il faut
20:36à la fois refonder
20:38notre système social,
20:40notre modèle social,
20:41mais pas de l'abandonner
20:42parce que
20:43tout le monde
20:44était bien content.
20:45Alors,
20:45publiquement,
20:45en économie,
20:46on parle d'amortisseurs.
20:47Mais en fait,
20:48les amortisseurs
20:49pendant les crises,
20:49c'est quoi ?
20:50C'est notre système
20:50de protection sociale.
20:51C'est le fait
20:51qu'on a un haut niveau
20:52de services publics.
20:53Donc,
20:53il y a un enjeu
20:54de rétablir
20:55le consentement
20:56à l'impôt,
20:57à la contribution collective
20:58et de donner à voir
21:00aussi à chacun et chacune
21:01que même si
21:02telle année,
21:03on reçoit peu
21:04parce qu'on est en bonne santé,
21:05parce qu'on est jeune,
21:06parce qu'on n'a pas encore
21:07d'enfants,
21:07etc.
21:07En fait,
21:09collectivement,
21:09cette structure collective,
21:11elle nous permettra
21:12de faire face
21:13à des risques
21:13qu'on ne prévoit pas
21:14tout de suite.
21:14Mais un jour ou l'autre,
21:15ça nous sera utile.
21:16Et puis,
21:16c'est ce qui nous a permis
21:17d'être éduqués,
21:19d'être formés.
21:19C'est ce qui nous permet
21:20aussi d'avoir
21:21des infrastructures
21:23de bonne qualité
21:24dans notre pays.
21:26Merci Catherine Nave-Becty
21:27d'être venue nous rendre visite
21:28pour un grand entretien.
21:30Merci.
21:31Secrétaire nationale
21:31de la CFDT
21:32en charge des dossiers
21:33budget,
21:34projet de loi de finances
21:34et d'une manière générale
21:35sur les sujets économiques.
21:36Vous reviendrez nous voir,
21:38évidemment,
21:38lorsque vous recevrez
21:39des candidats
21:40hormis Marine Le Pen.
21:41Merci Caroline de Sennheil.
21:42C'est un vrai plaisir.
21:43Merci à toute l'équipe,
21:44évidemment,
21:45Nicolas Juchat
21:46à la programmation,
21:47Charles à la réalisation
21:48et Paul au son.
21:49Merci à vous.
21:50Je vous dis à très très bientôt.
21:51Bye bye.
22:00Sous-titrage Société Radio-Canada