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Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres Leclerc, était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Michel-Edouard Leclerc.
00:04Bonjour à vous, bienvenue.
00:06Bonjour Laurence, vous avez l'air bien réveillé là.
00:08Oui, très bien réveillé, on va parler de pouvoir d'achat parce que c'est ce qui intéresse nos téléspectateurs,
00:12nos auditeurs.
00:13Et vous dites quelque chose de très intéressant, vous dites c'est trop absent de la campagne électorale.
00:17Vous dites qu'ils ne parlent pas assez de pouvoir d'achat, de logement, de carburant, on va parler des
00:20carburants, ça continue de grimper en flèche.
00:22Ils sont déconnectés nos politiques, Michel-Edouard Leclerc, ou pas ?
00:25À titre personnel, il y a des belles personnes, il y a des gens qui sont bien construits.
00:30Mais le problème, c'est que dans la flopée de consultants qui les conseillent, il y a un rapport au
00:35peuple, il y a un rapport aux usagers, il y a un rapport aux retraités, aux salariés, qui ne se
00:40fait pas.
00:41Et donc, rappelez-vous, depuis Barnier, Bayrou, Attal, on leur parle des retraites, on ne sait plus d'ailleurs ce
00:46que l'on dit.
00:47Parce que dans les chaînes en boucle, on reparle, on reparle.
00:50Mais en fait, tous ces sujets macroéconomiques passent par-dessus...
00:54Les déficits, tout ça, ça intéresse les Français, ils ont bien compris quand même.
00:57Oui, mais quand vous avez 2050 euros de salaire médian en France, et qu'on vous dit, il faut se
01:05serrer la ceinture, vous n'aurez peut-être pas vos retraites,
01:10et qu'en plus de ça, on vous dit, l'IA va venir et va venacer votre emploi, en tout
01:14cas celui de vos enfants, c'est inaudible.
01:16Vous voyez, les gens qui gagnent 2050 balles par mois, ils ne sont pas responsables de la dérive des comptes
01:23publics, il ne faut pas les responsabiliser, les culpabiliser.
01:27Et donc aujourd'hui, il y a une demande des Français sur le pouvoir d'achat, la sécurité de l
01:31'emploi, même pas la sécurité, le type d'emploi pour eux, pour leurs enfants.
01:36Et on ne cherche pas simplement des paroles réconfortantes, on a envie que quelqu'un leur dise, je prends le
01:42sujet et on va y travailler.
01:43Alors, sur les carburants, par exemple, les Français sont extrêmement inquiets, ils ont de quoi l'être.
01:48Le prix du gazole frôle désormais les 2 euros, 30, le sans-plomb a pris 7 centimes.
01:53On va monter jusqu'à où, Michel-Édouard-Lautaire ? De 40 ? 3 ?
01:56Je ne pense pas, je ne pense pas. Là, on arrive en haut d'un cycle. De toute façon, rappelez
02:03-vous, on vend des taxes. Leclerc vend des taxes, Carrefour vend des taxes.
02:07Donc, à un moment donné, ça va peser tellement dans la dépense sur l'agriculture française, qui a besoin de
02:13croissance et tout ça, que les pouvoirs publics vont être obligés de plafonner ces prix. C'est des taxes.
02:19Donc ça, c'est inéluctable. Il va falloir plafonner les prix.
02:21C'est inéluctable. Mais par contre, ce qu'il faut retenir comme leçon, c'est que, bon, ça y est,
02:25les carburants...
02:26Je ne sais pas si vous vous rappelez, vous êtes plus jeune que moi, mais le rapport Hermann-Kahn, dans
02:30les années 2000, disait que c'était la fin du pétrole dans l'an 2000.
02:33On voit bien que ça continue.
02:34Pas le cas.
02:34Moi, je pense, avec Leclerc, je peux vous dire, avec Système-U, avec Carrefour, on fonce sur l'électrique.
02:40Aujourd'hui, Leclerc a la recharge de moins cher, 0,19 du kilowatt-heure.
02:44On part sur l'électrique. Tant pis si les constructeurs automobiles hésitent.
02:48Mais aujourd'hui, les Chinois, ils n'hésitent pas. C'est la moteur électrique.
02:52Et donc, moi, je pense que la réponse, elle est concrète, elle est économique.
02:56Il faut quitter le pétrole. Ce sera toujours aléatoire. Il y aura toujours un conflit.
03:00Allez, on va sur l'électrique.
03:01Mais ça va prendre du temps. Là, les gens, ils doivent faire le plein.
03:03Là, aujourd'hui, ce matin, pour aller au boulot, Michel-Édouard Leclerc, chaque candidat a une solution miracle.
03:08Vous, c'est quoi, la solution ? Qu'est-ce que vous dites ?
03:10Non, la solution, là, il faut aider les gens à passer ce cap.
03:13Mais il faut arrêter d'hésiter à passer sur l'électrique.
03:15Il ne faut pas faire croire que ce sera les hybrides.
03:18Et les constructeurs automobiles, aujourd'hui, quand ils voient les bagnoles chinoises
03:21casser tout le modèle allemand de l'industrie automobile et remettre en cause nos propres hésitations,
03:26il faut y aller, il faut y aller.
03:28Et vous voyez, il n'y a même pas besoin de faire des grands discours écologiques.
03:31C'est juste dans le rapport de force géopolitique.
03:33Si les Chinois, et tout le sud-est asiatique, partent sur l'électrique,
03:37qu'est-ce qu'on a à faire à continuer à dépendre des états d'âme de Trump,
03:41des conflits iranaux américains ?
03:44Il faut se redonner de la souveraineté.
03:45La souveraineté, c'est maîtriser nos sources d'énergie, diversifier nos sources d'énergie.
03:49Et vous le dites dans ce livre, « Les grands enjeux de l'économie dans notre quotidien »,
03:53bouquin très pratique chez Erol.
03:55Oui, les carburants, c'est 60% de taxes de l'État.
03:5960% de taxes de l'État.
04:01Alors, j'ai fait ce petit bouquin à la demande des éditions Erol.
04:04Je ne sais pas si vous vous rappelez, quand vous étiez très très jeune,
04:07c'était donc des livres scolaires, c'était des livres des fiches.
04:11Et à l'heure de Tchad-DPT, à l'heure de Gemini,
04:15j'ai pensé que pour les étudiants, j'anime aussi une école de commerce qui s'appelle Neoma,
04:19avoir des fiches sur l'ensemble des domaines de consommation
04:22pour montrer que tous les consommateurs sont impactés par la révolution numérique,
04:26par la géopolitique, par, on l'a vu cet été, les incendies, le climat.
04:30La canicule, la sécheresse.
04:32J'ai essayé de faire, avec un collaborateur, des petites fiches très simples
04:35pour montrer qu'il y avait des solutions à chaque fois sur le logement.
04:41De quoi je me mêle ?
04:42Non, non, je suis très positif.
04:44Je pense qu'on a du jus en France.
04:46On a de la croissance en nous.
04:48Le compta va vous dire qu'on n'a plus beaucoup de fric.
04:51Non, mais l'absence de fric n'empêche pas d'avoir des idées.
04:54Et on peut encore remonter dans le leadership européen.
04:57Par secteur, par secteur.
04:59Juste un mot des consommateurs.
05:01Évidemment, dans les centrales de fer, vous les côtoyez, vous les voyez.
05:04Comment ils se comportent là actuellement ?
05:06Est-ce que vous notez une baisse de la consommation ?
05:08Elle a été claire les derniers mois.
05:09Et qu'est-ce que vous voyez pour l'avenir,
05:11en termes d'inflation et de hausse des prix de l'alimentaire ?
05:14Je pense que ce sont les consommateurs qui vont nous aider
05:16à basculer sur un autre modèle économique.
05:19Ah, on a tous fait la fête.
05:21Pendant l'été, on a fait des apéros.
05:23On a fait du snacking.
05:24Toutes choses qui, pour la santé, nécessitent un peu de salle de sport après.
05:28Mais vous voyez, par exemple, les consommateurs aujourd'hui
05:32retiennent leur consommation, regardent ce qu'ils mangent.
05:34Par exemple, on va arriver au foire au vin, là.
05:37Les jeunes et les femmes préconisatrices
05:40regardent s'il y a du sulfite dans le vin.
05:42C'est complètement nouveau.
05:43Même dans les grands crus de Bernard Arnault,
05:46de Bernard Magret, de Gérard Bertrand,
05:48ils regardent sans sulfite ajouté ou pas.
05:49Quand on regarde un produit avec du sucre,
05:53on regarde le taux de nutrition, le Nutri-Score.
05:55Le Nutri-Score.
05:56Le Nutri-Score.
05:57Eh bien, vous voyez, il y a plein de gens encore qui résistent.
05:59Nous, on a mis toutes nos marques de distributeurs au Nutri-Score.
06:02Ben oui, ça ne veut pas dire que je ne consomme pas du rouge ou du F.
06:05Mais bon, c'est pareil.
06:07Quelques kilomètres en plus, en marchant, ça fait du bien.
06:10Et ça, c'est une consommation qui devient plus intelligente.
06:13Elle se lâche.
06:14Elle se lâche.
06:14Mais c'est une consommation plus intelligente pour son corps,
06:17pour son bien-être et il faut que ça reste accessible.
06:21Bien sûr, mais le panier a réduit.
06:22Est-ce que le volume des achats d'alimentaires a réduit ?
06:25Est-ce qu'il faut s'attendre, Michel-Édouard Leclerc,
06:27à une hausse des prix de l'alimentaire en 2027 ?
06:30Alors là, en ce moment, il n'y avait pas de hausse des prix alimentaires.
06:33La hausse des prix qu'on a constaté dans les magasins,
06:35même sur les fruits et légumes,
06:36c'était beaucoup dû à la hausse de l'énergie.
06:39Et puis, les transporteurs qui avaient leur facture élevée,
06:43donc pour amener les fruits, les produits agricoles dans les magasins,
06:46il y avait une hausse de coût.
06:47Là, maintenant, il va y avoir deux phénomènes.
06:49Il va y avoir peut-être un phénomène de rareté de certains produits,
06:52parce que les pommes n'ont pas poussé, n'ont pas des rendements formidables.
06:56Elles sont peut-être un peu mouchetées et tout ça,
06:58mais elles seront bonnes.
06:59Mais par contre, à partir de novembre, décembre,
07:02quand les industriels vont acheter en masse la matière première agricole
07:06pour faire des plats transformés, pour faire de la bonne cuisine,
07:11ça va coûter plus cher.
07:12Et donc, il va y avoir, mais c'est normal,
07:15une hausse des prix à l'achat,
07:18ce qui ne veut pas dire qu'on va les répercuter aux consommateurs.
07:20Ça veut dire que vous allez renier sur les marges de la grande distribution ?
07:23Oui. Actuellement, c'est le cas.
07:24Aujourd'hui, on a à peu près 20 000 contrats avec des alliances locales,
07:29des producteurs plutôt petits, qui sont à 100 km autour d'un centre Leclerc.
07:34On regarde les trésoreries, on regarde les problèmes.
07:37On prend les mêmes trains pour aller à Paris, donc on se parle.
07:40Et là, on fait du sur-mesure.
07:42Après, là, quand je vois M. Rousseau dire le plan général de besoin
07:47pour M. Rousseau, le président de la FNSOA,
07:49et puis la surenchère des autres syndicats,
07:52il y a des choses qui nous échappent.
07:53Moi, je ne sais pas si les grandes cultures sont assurées ou pas.
07:56Là, on verra bien.
07:57Mais la loi nous oblige, la loi EGalim,
08:00de ne pas renégocier les demandes du secteur agricole.
08:03Donc, on jouera français.
08:05Je regardais là, aujourd'hui, on est 100 % d'origine France
08:09pour le steak haché, les pommes, le porc, les oeufs,
08:13la volaille entière en découpe.
08:16Le breton que je suis, il est français.
08:18Il est le clair vendéen, il est le clair normand.
08:20On pourrait avoir des pénuries.
08:21Des ruptures.
08:22Des ruptures.
08:22Oui, pas des pénuries.
08:23Il faut faire attention.
08:24Un rayon vide, ce n'est pas une pénurie, c'est une rupture.
08:26Par exemple, cet été, il manquait d'eau de certaines marques
08:29parce qu'elles avaient épuisé leur quota de pompage dans les sources.
08:32Donc, il y a eu d'autres marques.
08:35Un peu dans les médias, ça s'est affolé.
08:37Des ruptures, ça ne veut pas dire des pénuries.
08:39D'accord.
08:40L'inflation.
08:40Vous avez souvent prédit que l'inflation allait monter.
08:43Là, vous la voyez à quel niveau, là, à la fin de l'année ?
08:46Je ne dis plus parce que si ça ne se vend pas, ce sera aussi peut-être de la déflation.
08:52Parce que vous voyez, un prix, si ça ne se trouve pas preneur, ça ne fait pas une vente, ça
08:57ne fait pas une rémunération.
08:59Et donc, c'est compliqué.
09:01Donc, je ne sais pas prédire d'abord les humeurs de M. Trump, les agressivités de M. Poutine ou de
09:07l'Iran.
09:07Donc, aujourd'hui, c'est très difficile.
09:10Moi, ce que je préconise aux consommateurs aujourd'hui, c'est d'aller chez tout le monde, de comparer.
09:14Et il faut que l'État nous laisse faire de la pub comparative.
09:17Ça, j'insiste là-dessus parce qu'il y a un projet pour interdire la publicité comparative.
09:21D'accord.
09:22Parlons de solutions, Michel-Édouard Leclerc.
09:24Vous, vous avez une idée pour permettre de gagner un peu plus sur la feuille de paye.
09:29Quand on voit la différence entre le brut et le net, chacun peut s'en rendre compte.
09:32Vous voulez transférer les charges sociales vers une autre masse financière.
09:38Expliquez-nous en quoi ça consiste et est-ce que ce n'est pas, au fond, la TVA sociale ?
09:41Alors, ce n'est pas que la TVA sociale.
09:43La TVA sociale, c'est une hypothèse.
09:44Il y en a d'autres.
09:45Mais d'abord, le constat.
09:48Vous payez des cotisations sociales et votre employeur, CNews, paye des cotisations sociales.
09:55Et vous allez voir arriver des IA qui vont vous préparer le travail en espérant ne pas vous dégager.
10:01Les punchlines, tout ça, ça va être automatique.
10:05Donc, ce numérique, ces IA, la robotique chez moi, ils vont vous piquer du travail.
10:11Ils ne paieront pas votre retraite à vous, Laurence.
10:14Donc, taxons l'IA.
10:15C'est quand même pas bien.
10:16Et donc, pour moi, il y a une sorte de mensonge.
10:19On dit à tous les Français, par exemple, à gauche, on dit qu'il ne faut pas toucher aux cotisations
10:25sociales.
10:26C'est du salaire différé.
10:27Ben non, si on vous le pique à la fin.
10:28Et donc, c'est une altération du contrat social.
10:32Donc, moi, je pense qu'il faut transférer les cotisations sur le travail et les mettre sur ceux qui concurrencent
10:37le travail.
10:38Votre appareil, votre iPhone ou votre appareil Samsung, il est photographe, il est secrétaire, il envoie des mails à la
10:45place de la Poste.
10:45Il ne paye pas de cotisation sociale.
10:48Qu'il paye 5, 6 %, qu'il coûte 5 ou 6 % en plus pour vous libérer du salaire,
10:54pour vous donner de la possibilité d'augmenter le salaire.
10:56Moi, je trouve que c'est bien. Ce n'est pas être un gars.
10:58Et d'ailleurs, je regardais Bill Gates.
11:01Bill Gates propose ça.
11:02Bill Gates prône de taxer l'intelligence artificielle.
11:04Oui, c'est le moment.
11:05C'est au moment où ça arrive qu'on dit les conditions.
11:08Alors, on me dit...
11:09Mais cette hausse, elle sera répercutée sur le prix à l'achat, de toute façon.
11:12Non, non, non, oui, mais la masse sur laquelle elle est prélevée fait que cette hausse sera beaucoup plus faible
11:16que la part qu'on vous prendra sur le salaire.
11:20Quand vous ne prenez que sur le travail, dont la masse de travail réduit et que vous le reportez sur
11:26tous les services comptables, financiers, numériques, sur la robotique,
11:31la masse de prélèvement est beaucoup plus grande que si c'est le seul travail qui cotise.
11:35Et je suis pour qu'on donne des signaux aux salariés.
11:39Individuellement, les entreprises ne savent pas augmenter le salaire dans un système concurrentiel.
11:43C'est compliqué.
11:44Mais si c'est une loi, si c'est par branche, si c'est progressivement sur 5-6 ans, vous
11:50voyez, le salaire va sortir de la trappe à bas salaire.
11:53Les jeunes qui arrivent sur le marché de l'emploi pourront se dire, je pourrais faire plus de 30%
11:57en 5 ans.
11:58Et puis, je vous dis ça comme scénario.
12:00Ce que je ne trouve pas bien, c'est que Bercy ne nous scénarise pas ça.
12:04C'est un débat qu'on a dans...
12:05Il ne reste que des taxes.
12:06Ben oui.
12:07Et ben voilà, je demande à ce qu'on scénarise tous ces scénarios.
12:10D'ailleurs, Dominique Schoelcher, mon dynamique concurrent de système U, dit la même chose.
12:14Il dit la même chose.
12:15Il faut faire moins porter la protection sociale sur le travail.
12:18Il faut penser aux gens.
12:19Il faut penser aux gens.
12:21On va voter pour un président.
12:22Un président, ce n'est pas un comptable.
12:24Un président, ce n'est pas un type à Bercy.
12:26Un président, ce n'est même pas un Premier ministre.
12:28D'accord ?
12:29Un président, c'est celui qui va fédérer un maximum de Français, et pas simplement dans son parti,
12:34et qui va devoir tenir tête à Trump, à Poutine, refaire la relation Nord-Sud, etc.
12:41Et donc, ça est ras-le-bol de parler sans arrêt des choses qui fâchent.
12:46Les sujets sont légitimes.
12:48La dette, le coût de la dette et tout ça.
12:50Mais aller dire ça à des Français qui veulent travailler, ça les démobilise.
12:55Qui veulent travailler pour gagner plus, travailler plus, pour gagner plus.
12:58Pour gagner de l'argent.
12:58Mais même avant de gagner plus.
13:00Juste gagner.
13:00Dans ma génération, en 6-7 ans, un banquier prêtait à un salarié pour acheter un appartement.
13:05Aujourd'hui, il ne prête plus.
13:06Il demande l'hypothèque de la grand-mère.
13:08D'accord.
13:08Vous, vous ne serez pas candidat à l'élection présidentielle, finalement, Michel.
13:11Vous avez caressé l'idée à un moment.
13:14Puis finalement, vous avez dit non.
13:14Pourquoi ?
13:15Laurence, c'est d'abord...
13:17Dès fin août, vous vous êtes dit, voilà, c'est pas pour moi.
13:18Ce sont d'abord des groupes de presse qui m'ont mis dans les sondages.
13:21Oui.
13:21D'accord ?
13:22Vous avez laissé faire.
13:23J'ai laissé faire.
13:24Et j'ai vu, effectivement.
13:25Mais moi, vous savez, j'ai compris aussi que la cote de popularité dont on m'a crédité,
13:31c'est justement parce que je n'en étais pas.
13:33C'est justement parce qu'avec les centres Leclerc, on est présents sur les réponses au quotidien
13:39des problèmes de vie des Françaises, ce qu'on a décrit dans ce petit livre,
13:42les 50 fiches pour comprendre les enjeux économiques.
13:45Et il ne faut pas que j'ai...
13:46Melon, il faut que j'apporte cette pression populaire auprès de tous les candidats,
13:53auprès de tous les candidats, pour qu'ils arrêtent de faire de la macroéconomie
13:56et qu'ils répondent à l'attente des Français.
13:58Vous parlez à tout le monde, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, qui sera notre invité ce soir à une heure.
14:02Oui, oui, oui.
14:02J'aime bien Retailleau, je vois tout le monde.
14:04Vous savez ?
14:05Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon.
14:06Je parle à tout le monde.
14:07Vous les avez tous vu ?
14:07Il y a 700 centres Leclerc sur la France.
14:11Il y a des élus républicains de tous les partis politiques.
14:15Ils viennent aux inaugurations, on prend un café ensemble.
14:17Et j'essaie d'être un bon marchand d'idées.
14:21Et ils vous écoutent comment ?
14:22Et c'est gratuit.
14:23Avec un petit sourire en coin, en disant qu'ils causent toujours ?
14:26Ou est-ce qu'ils prennent vos propositions ?
14:27Non, je peux vous dire qu'aujourd'hui, tout candidat à l'élection se rend compte
14:32que ça peut déraper, que chaque personne ne fait plus de 15, 20 % dans sa sphère, dans sa paroisse.
14:38Et qu'à un moment donné, on fait référence toujours au général de Gaulle ou à Chirac et tout.
14:43Quand de Gaulle dit « je vous ai compris », il ne dit pas ça au LR, il ne dit
14:47pas ça au PS.
14:47Il dit à la France, quoi.
14:49Et c'est cette empathie qu'il faut secréter.
14:50Et vous pensez que les Français, ils sont obnubilés par la présidentielle ?
14:54Ils se disent « oh là là, si c'est RN, LFI, qu'est-ce qu'on va faire ?
14:56»
14:56Ou pas du tout ?
14:57Ils se disent « moi, je n'arrive pas à boucler mes fins de mois ».
14:59Moi, je pense que c'est ça.
15:01Le débat politique est anxiogène.
15:03Ça fait trois ans que dans les télévisions en boucle, les chaînes de l'info,
15:08on parle des retraites, on parle de déficit public.
15:10Est-ce que vous vous souvenez de ce qu'on disait il y a trois ans ?
15:12Sous Michel Barnier, sous Bayrou ?
15:14On disait qu'on n'arriverait pas à payer nos retraites.
15:16Je sais, oui.
15:17Et pendant ce temps-là, on trouve de l'argent pour le programme d'armement,
15:20pour le plan de l'État, pour le plan de railler au niveau européen,
15:22par milliards, on soutient l'Ukraine, etc.
15:25Toutes choses qui sont légitimes et bien.
15:26Mais vous voyez que ça ne concorde pas avec le discours
15:29« il n'y a pas d'argent pour ça » ou pour tout.
15:31Et puis tout d'un coup, on retrouve des masses d'argent.
15:33Mais les retraites, ce n'est pas un vrai sujet, Michel-Édouard Leclerc ?
15:35Parce que les jeunes générations, qu'est-ce qu'elles se disent aujourd'hui ?
15:38Gen Z, vous en parlez dans votre livre.
15:40Ils se disent « mais en fait, ce système est complètement délirant. »
15:44Si on ne lâche pas du salaire,
15:46les hommes politiques qui ont proposé de faire de la retraite
15:48par capitalisation, il n'y aura pas de capitalisation.
15:51Si vous restez sur des petits salaires,
15:52vous ne pouvez pas épargner.
15:54D'ailleurs, le taux d'épargne français est très fort,
15:56mais c'est les classes moyennes.
15:57Ce sont des gens qui ne savent pas l'investir ou le dépenser
15:59parce qu'ils n'ont pas confiance dans le système.
16:02Moi, je suis à la tête d'un observatoire
16:03où les gens pour lesquels un sou est un sou,
16:06et c'est très important de comprendre
16:09que ça, c'est la noblesse de nos métiers.
16:12Notre métier, notre mission, c'est de s'occuper des gens.
16:15La politique, c'est pareil.
16:17On est au service des gens,
16:18on n'est pas au service de ses propres idées.
16:20Pardon pour la morale et un peu la condescendance,
16:22mais moi, je sors de chez les curés.
16:24C'est comme ça que le service aux autres,
16:26même dans l'économie capitaliste,
16:28c'est ça qui fait marcher l'économie.
16:29Parlons de nos agriculteurs,
16:31parce qu'ils ont été très impactés cet été aussi.
16:34Les récoltes ne vont pas être fantastiques.
16:36Là encore, qu'est-ce qu'ils veulent ?
16:38La colère agricole est en vue.
16:40Est-ce qu'il y a une solution
16:41pour nos agriculteurs français,
16:43Michel-Edouard Leclerc ?
16:44Alors, à court terme, à moyen terme et après.
16:47À court terme, aujourd'hui,
16:49on est en relation avec tous les agriculteurs
16:51de nos territoires.
16:52On a 20 000 contrats avec les alliances locales.
16:57Ça représente peut-être 30 000, 40 000 agriculteurs.
17:01On ne discute plus trop du prix.
17:03On est contents qu'ils nous approvisionnent
17:04en œufs, en tomates et tout ça.
17:06Donc, on est un peu une place de marché.
17:08Ils viennent chez nous.
17:08On ne discute pas trop du prix.
17:09Ils ont leur débouché chez nous
17:11et ça se passe plutôt bien.
17:12Ils sont très impactés par la concurrence étrangère.
17:14Non, non.
17:14Là, dans notre environnement,
17:17en Bretagne,
17:17nous, on prend produits en Bretagne,
17:18en Vendée.
17:20Après, la question,
17:21c'est plutôt l'agriculture industrielle
17:23où là, par exemple,
17:25s'agissant des viandes,
17:26il y a eu beaucoup d'enfouissages
17:27de bêtes qui n'ont pas tenu la chaleur
17:29et tout ça.
17:30Donc, je ne sais pas.
17:31Je n'ai pas l'état des lieux.
17:32Je crois aujourd'hui que M. Rousseau,
17:34le président de la FNSEA,
17:35est reçu par la Première Ministre.
17:37Il va y avoir un plan d'aide,
17:39déjà, de secours.
17:41Je ne sais pas comment il va se passer.
17:43Et puis après,
17:44il va falloir changer de culture.
17:45Je ne sais pas,
17:46le maïs en Bretagne
17:47qui consomme beaucoup d'eau,
17:48s'il n'y a plus d'eau,
17:49il va falloir accompagner aussi
17:51ces reconversions.
17:52Tout le monde en parle.
17:53Les écologistes en parlent et tout.
17:55Il faut que tout le monde
17:56s'en empare en réalité.
17:57Mais un agriculteur
17:58qui vient de s'endetter pour 12 ans,
17:59il ne va pas repartir
18:01si on ne l'aide pas.
18:02Vous voyez, il y a trois temps
18:04de la relation à l'agriculture.
18:05En tout cas,
18:06moi, je peux vous dire,
18:07Leclerc,
18:08on est bien que breton,
18:09bien que vendien,
18:09bien que normand,
18:10on est très préférence française.
18:12Un truc qui ne me plaît pas,
18:14c'est que pour autant,
18:15je suis prêt à acheter plus cher,
18:17nous sommes prêts à acheter plus cher
18:18des produits agricoles.
18:19Je voudrais quand même savoir
18:20si c'est des produits français.
18:21Je trouve inadmissible
18:23que dans la loi,
18:25des députés,
18:26de droite comme de gauche,
18:27n'ont pas exigé des industriels,
18:29de la restauration,
18:30des grossistes,
18:30des exportateurs en Europe
18:32de mettre l'origine des produits.
18:33C'était une idée d'Olivia Grégoire.
18:35Aujourd'hui,
18:36nous,
18:36nous mettons l'origine info
18:38des quatre principaux ingrédients
18:39de nos produits
18:40sur le paquet
18:42ou sur un QR code.
18:43Aujourd'hui,
18:44quand je négocie
18:45un sandwich
18:45où il y a un jambon...
18:47Vous ne savez pas
18:48d'où est le champion ?
18:48Non.
18:49Et donc,
18:49autant j'accepte
18:50de ne pas négocier
18:51le prix de la matière agricole,
18:53mais si c'est pour
18:53payer le cochon espagnol,
18:55je trouve ça assez con.
18:56Ou le poulet ukrainien.
18:58La souveraineté alimentaire,
18:59dernière question rapide,
19:00Michel,
19:00Édouard Leclerc,
19:01on est capable encore
19:01d'être autosuffisant
19:03en termes d'alimentation ?
19:03On a un pétrole vert.
19:04Il y a un gros accident là
19:06et il va y en avoir d'autres,
19:07mais le pétrole vert
19:09de la France,
19:10c'était une expression
19:10qu'on utilisait
19:11sous Raffarin,
19:12sous Chirac et tout.
19:13Moi, j'y crois.
19:14C'est peau de chagrin
19:15aujourd'hui,
19:15le pétrole vert.
19:17Non, c'est pas la peau de chagrin.
19:17Il y a de moins en moins
19:18d'exploitation agricole.
19:19Les agriculteurs sont
19:20au bout du rouleau.
19:21Arrêtons de nous l'armorer.
19:22On est bon.
19:23Il y a quand même
19:23moins d'exploitation agricole.
19:25Cette année,
19:25les Espagnols et les Italiens
19:27nous ont taillés
19:27des croupières
19:28sur l'Allemagne,
19:29sur ces pays-là,
19:30parce qu'ils ont fait
19:31aussi du marketing.
19:32Le raisin italien
19:32est bien présenté.
19:33Il y a eu un gros travail de fait.
19:35Nous, on se retranche
19:36derrière Top Chef
19:36et les Italiens,
19:37en vendant des pâtes,
19:39ils nous ont doublé
19:41sur la côte.
19:42Ils ont le maillot à poids.
19:43Ils sont malins les Pâtes.
19:44Oui, ils sont malins.
19:45Eh bien, nous,
19:45je sais que ça vous fait plaisir,
19:48Madame Ferrari.
19:49À nous, n'êtes plus malins.
19:50Non, mais on a un bon fond,
19:52on a des bonnes terres,
19:53on a des savoir-faire,
19:54on a des bonnes écoles agricoles.
19:55On est capable
19:56de faire cette conversion.
19:57Allez, le petit message optimiste.
19:58Merci, Michel-Édouard Leclerc.
19:59Les grands enjeux
20:00de l'économie
20:01dans notre quotidien,
20:02c'est chez Erol Pratique.
20:03Bonne journée à vous.
20:04Merci, merci, Laurence.
20:05Et rendez-vous ce soir
20:05à 21h sur CNews et Europe 1
20:08avec Bruno Rutaillot.
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