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Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique E. Leclerc et porte-parole du mouvement E.Leclerc, était l’invité du Face-à-Face de ce vendredi 10 avril sur BFMTV et RMC.
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00:02Il est 8h28 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Michel-Edouard Leclerc.
00:08Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le président du comité
00:10stratégique des centres Leclerc évidemment et ma première question c'est tout simplement de
00:14savoir si ça y est, ça va baisser ou pas les prix de l'essence ? Ça devrait baisser mais
00:17je vais
00:18pas faire la même erreur que j'ai fait il y a trois semaines où je l'ai annoncé un
00:20matin et
00:21l'après-midi se sont cognés dessus dans le détroit d'Hormouz et c'est reparti à la hausse et
00:25donc
00:25j'avais toutes les caméras de BFM qui faisaient le tour de France pour dire elle est où la baisse,
00:28elle est où la baisse donc je vais être beaucoup plus prudent que monsieur le Chypre.
00:32Qui dit ce matin sur BFM TV que ça devrait baisser dès aujourd'hui ?
00:37Moi je pense que ça va baisser un tout petit peu aujourd'hui mais ça va bien mettre trois à
00:41cinq
00:41jours à pétrole au prix du pétrole constant, trois à cinq jours pour arriver dans les cuves parce que
00:47les cuves elles sont pleines là, les gens achètent moins de carburant et donc il faut que ça se
00:52renouvelle, on n'a pas le droit devant la perte un carburant qui est déjà dans la cuve donc il
00:56faut
00:57renouveler le stock. Effectivement il y a un petit mouvement de baisse mais vous avez vu tous les
01:04jours ça montait sa baisse.
01:05Ça veut dire quoi ? Il y a plein de choses dans ce que vous nous dites sur la question
01:08de la vente à
01:09perte, je vous poserai la question dans un instant mais quand vous dites petite baisse, ça veut dire quoi
01:12petite baisse ?
01:14Hier matin on pouvait compter sur 12 centimes et puis hier soir le marché reprenait 9 centimes. Ce matin
01:19sur les marchés asiatiques au moment où vous leviez, moi j'étais pas encore levé mais c'était ça rebaissait.
01:26Au moment où on se parle me semble-t-il en tout cas le baril de Brent lui-même alors
01:30qu'il était à 70 dollars avant le
01:34début de la guerre. Il est monté jusqu'à 115 dollars et ce matin il est à 96.
01:37Moi je vends pas du Brent, je vends du gasoil. Alors les essences ordinaires ça grimpe pas autant que le
01:43gasoil mais en France on est déficitaire en gasoil et je sais pas si vous vous rappelez on en a
01:48parlé
01:48mais les deux dernières années 25% du marché du gasoil en France c'était des gasoils russes qui
01:53descendaient en barge depuis l'Europe du Nord jusqu'à Paris. Aujourd'hui avec les sanctions on n'a plus
01:58de
01:58gasoil russe donc faut aller chercher sur le marché international et jusqu'au golfe du Mexique des bateaux de
02:03100 000 tonnes de gasoil qu'on se partage à plusieurs. Faut mettre des assurances, faut acheter du dollar qui
02:08va bouger
02:08pendant que ça vient. Donc je vous dis tout de suite c'est pas pour vous emmêler le cerveau.
02:13Non mais maintenant on a tous en tête le chemin. Il y avait la route de la soie, maintenant il
02:17y a la route de l'essence.
02:18La route de l'essence elle va jusqu'aux Etats-Unis, ça arrange bien Trump et donc en fait dans
02:23la réalité aujourd'hui
02:26il y a tous les jours c'est volatile. J'ai jamais connu ça de ma vie. Je suis quelqu
02:29'un qui a créé la société pétrolière des centres Leclerc.
02:32Aujourd'hui on approvisionne, on achète avec système U, on approvisionne aussi la RATP, les gros porteurs, la SNCF, les
02:39cars et tout ça.
02:40Leclerc est très efficient en matière de... On a des cadres qui sont des acheteurs extraordinaires.
02:46Mais on n'a jamais vu une volatilité de 40 centimes en deux jours comme ça, voire 60 centimes, vous
02:53avez vu, en trois semaines sur le prix des carburants.
02:55Donc je suis prudent, je ne la ramène plus comme j'ai pu le faire.
02:58Donc contrairement à M. Lechypre, pour qui ce sera un commentaire, moi ça va être traité en annonce.
03:04Donc je vais vous dire, aujourd'hui, à pétrole brut constant, je pense qu'il y aura des baisses pendant
03:11la semaine
03:11et j'espère qu'ils ne vont pas se castagner quelque part ou que Trump ne va pas déblatérer quelque
03:16part pour que ça ne reparte pas à la hausse.
03:18Alors attendez, vous nous dites que ça va baisser pendant la semaine, donc ça va prendre quelques jours et ça
03:23va baisser de combien ?
03:24Je ne sais pas.
03:25Vous ne savez pas, vous ne savez plus. Vous aviez dit 30 centimes, effectivement, il y a trois semaines.
03:29Chaque heure, ça bouge.
03:31Alors je veux vous dire un truc aussi que j'en parlais avec le Chypre juste là après sa prestation.
03:37Il parlait du marché du Brent. En fait, le marché de cotation du gasoil, c'est Amsterdam. C'est Rotterdam.
03:47Le marché de Londres dont tout le monde parle, c'est du marché papier. 95% des cotations du pétrole
03:54dont vous entendez parler qui montent à 190.
03:56C'est de la spéculation.
03:57C'est de la spéculation.
03:58Ce que vous appelez du marché de papier, c'est ça. C'est qu'en vérité, ça n'est pas
04:01basé sur le produit lui-même, mais sur une spéculation financière.
04:04C'est pareil. Si vous invitez Philippe Chalmin, par exemple, vous savez, qui est un grand professeur que j'ai
04:10souvent reçu sur BFM TV et qui connaît bien le marché des matières premières.
04:14Le marché des matières premières est devenu un marché où des banquiers, des financiers placent leur argent, font des gains
04:21à court terme, à la vente, à la baisse.
04:23Et nous, utilisateurs, on est peanuts dans ce marché mondial.
04:27Alors il y a des gens qui se sont fait plein de fric pendant cette période.
04:31Il y a les États, les États producteurs, il y a les producteurs, il y a des raffineurs, il y
04:35a des transporteurs, il y a des traders, il y a des brokers.
04:38Il n'y en a pas beaucoup qui sont français là-dedans.
04:41Mais ce qui est certain, c'est que nous, quand ça arrive en France, la marge sur laquelle on peut
04:45jouer, c'est très faible.
04:46La marge des centres Leclerc, c'est 0,4% de tout ce qui est vendu.
04:50Les centres Leclerc, là, on est un des premiers.
04:51Sur le prix d'un litre, vous prenez 0,4%.
04:530,4%, ça fait un centime du litre.
04:54Alors, je voudrais quand même comprendre ce qui se joue derrière.
04:57Quand vous dites, il y a désormais cette spéculation, est-ce que ça veut dire qu'on ne retrouvera pas
05:02le prix d'avant-guerre ?
05:04Bah, je ne le sens pas, ça, oui.
05:05Vous pensez qu'on ne reviendra pas au prix d'avant-guerre ?
05:07Non, et puis je pense que l'intérêt de ceux qui ont fait cette guerre, c'est qu'on ne
05:10retrouve pas le niveau d'avant.
05:12Il y a un intérêt économique ?
05:13Oui, vous avez bien vu, ce n'est pas la libération du peuple iranien, là, aujourd'hui.
05:19Ça veut dire, Michel-Édard Leclerc, ce matin, vous dites, au fond, parmi les objectifs de guerre, il y avait
05:24peut-être cette question aussi de déstabiliser économiquement le système ?
05:30Oui, vous savez, il y a deux fronts, il y a plusieurs fronts, mais il y a le front iranien
05:36et Hormuz, donc vous voyez bien là que c'est un jeu de poker menteur.
05:41Mais quel serait l'intérêt de Donald Trump d'avoir la fermeture du détroit d'Hormuz et maintenant un éventuel
05:48péage, même iranien ?
05:50Je lis mes manuels de géopolitique édités par l'Iris, que j'anime.
05:55C'est l'intérêt de la guerre, aujourd'hui, pour beaucoup d'oligarques, là, c'est le pétrole.
06:02C'est pour ça que la famille Bush avait été faire la guerre en Irak.
06:05Tout le monde a oublié, les oligarques, ça ne date pas d'Elon Musk et de la nouvelle technologie.
06:09Vous réduisez cette guerre à un enjeu uniquement économique ?
06:11Je ne réduis pas. Je dis que parmi les moteurs de cette guerre...
06:14Parmi les moteurs de cette guerre ?
06:15Le Venezuela, c'était clair, aussi.
06:18Justement, Michel-Edouard Leclerc, quand vous dites, désormais, il va y avoir effectivement tous ces problèmes d'approvisionnement, ces problèmes
06:23de route, et cette spéculation, y a-t-il des profiteurs de guerre ?
06:27Oui, il y en a plein, mais ils ne sont pas sous nos juridictions.
06:33Alors, quand on écoute une partie de LFI, ils estiment d'ailleurs que Total a fait beaucoup de profits ces
06:40derniers temps.
06:41Ils en parlent comme d'un profiteur. Est-ce que Total, au fond, n'est pas un profiteur, quand même
06:44?
06:45Alors, Total, il a fait deux choses. Il a fait un coup, je dirais un coup de génie de Pouyanné,
06:53c'est un chef d'entreprise assez atypique, complètement allumé, mais qui fait des grandes choses.
06:59Il a acheté, il l'a senti, il a acheté toutes les cargaisons qui ne passaient pas par Hormuz, et
07:04il les a achetées pas chères.
07:05Il les a achetées au premier jour de la guerre.
07:07Et je crois que le Financial Times chiffre à un milliard le surprofit ou le profit.
07:11Donc là, il faut bien expliquer ce qui s'est passé. Il a acheté, dès que la guerre a commencé,
07:17il a acheté au prix du baril d'avant, c'est-à-dire au 70 dollars le baril, puisque ça
07:23n'avait pas encore monté.
07:24Et il s'est retrouvé avec ce stock de bruts.
07:29Il a acheté 70 bateaux.
07:3070 bateaux qui étaient pleins, et désormais, il peut les vendre au prix actuel.
07:34Et nous assurer aussi un approvisionnement.
07:37C'est pour ça que c'est plus complexe.
07:39Vous dites que ce n'est pas uniquement pour se faire du fric, pardon, de caricaturer.
07:42Oui, absolument. Je pense qu'il a bien joué, même stratégiquement, pour sa boîte, qui n'est pas que française.
07:47Ce n'est pas parce que c'est un PDG français.
07:49Son capital, c'est des fonds norvégiens, c'est des investisseurs.
07:53Mais il y a ça, OK ?
07:55Après, LFI posera la question des surprofits.
07:59Il y aura toujours ce genre de polémique.
08:01Je croyais que c'était le titre de l'UMA hier.
08:03Exactement.
08:04De l'humanité.
08:05Voilà. Je lis l'UMA aussi.
08:06Je vois.
08:06Et par contre, l'autre truc qui est plus près de moi, c'est que pendant trois ans, là, le
08:15réseau Total était...
08:16Alors, pour les meilleurs, Total Access, ils ne sont pas nombreux, ils ne sont pas chers.
08:20Pour les chauffeurs de taxi, ils étaient à 5 centimes plus chers que nous.
08:23Mais l'ensemble du réseau Total était 12 centimes plus cher que Leclerc System U ou Intermarché.
08:29Donc aujourd'hui, par contre, que le gouvernement obtienne de Total qui bloque ses prix et qu'ils arrivent même
08:36à vendre moins cher que nous, on peut discuter juridiquement.
08:39Mais au moins, ils se rachètent une virginité. Au moins, ça sert à ça.
08:43Donc, vous estimez qu'en tout cas...
08:44Je suis content de dire ça.
08:45Quand on comprend... Enfin, ce qu'on comprend quand même dans ce que vous dites, c'est qu'ils ont
08:48les moyens de le faire.
08:49Ils ont bien cagnotté, ouais.
08:50Parce qu'ils ont cagnotté derrière.
08:52Est-ce que l'État est un profiteur ?
08:54L'État est un... On ne peut pas moraliser ce que fait l'État.
08:58Parce que l'État est bon... Si être profiteur, c'est être bon gestionnaire.
09:02Vous voyez, c'est assez contradictoire.
09:03Mais ils ont, au début de cette crise, mis sur votre dos les distributeurs.
09:09Oui, ça, on n'a pas aimé.
09:10Et d'avoir en plus un ministre du Commerce qui vient de chez nous et qui sait qu'on ne
09:14prend pas de marge, on n'a pas aimé.
09:16D'accord ?
09:16Là, vous parlez de Serge Papin qui a été l'ancien patron de...
09:18Oui, dans la distribution, nos collaborateurs, tout ça, on dit... Bon, ça va.
09:23On a l'habitude, on nous envoie les paysans souvent sur les parkings, quand il n'y a pas de
09:26politique agricole bien définie.
09:28Là, d'avoir un de chez nous qui est ministre du Commerce et qui vient se balader en bagnole avec
09:32des caméras pour dire
09:33« je viens contrôler dans les stations des grandes surfaces », c'est sûr que ce n'est pas notre
09:36truc.
09:36Michel-Édouard Leclerc, aujourd'hui, Sébastien Lecornu demande aux distributeurs, c'est-à-dire à vous,
09:41de faire un effort et que ce soit visible d'ici la fin du week-end.
09:44Voilà, mais il ne faut pas qu'il soit aussi imprudent que moi, je ne l'ai été il y
09:47a trois semaines.
09:48Il n'aura pas de grosse baisse et il va décevoir le public, donc il ne faut pas dire ça.
09:52Alors, voilà.
09:52Vous n'avez pas voulu vous engager sur un...
09:54Le Premier ministre ne devrait pas dire ça aussi vite.
09:57Je pense que si ça se calme, on aura des baisses pendant la semaine.
10:03Mais vous ne voulez pas vous engager sur la proportion de cette baisse ?
10:08Je vous repose quand même la question, lorsque, on a compris la règle maintenant mathématique,
10:12lorsque le baril de Brent baisse de cet ordre-là, c'est-à-dire de 15 dollars le baril environ,
10:19c'est normalement une répercussion de 15 centimes à la fin au prix à la pompe.
10:24Est-ce qu'on peut être dans cet ordre-là, entre 10 et 15 centimes ?
10:29Ce matin, on peut être dans cet ordre-là, si cet après-midi, ça ne reflombe pas.
10:33D'accord ? C'est ça le problème.
10:34Donc c'est à l'instant T, vous dites, oui, vraisemblablement, dans la semaine qui vient,
10:39il y aura une baisse de 10 à 15 centimes ?
10:40Des conditions de ce matin, on peut imaginer dans la semaine une baisse progressive
10:45qui s'installe en France de 10 à 15 centimes.
10:49Mais ça suppose que le marché repart, parce que les cuves sont pleines.
10:54Les ventes de carburant, c'est moins 0,5 aujourd'hui.
10:57Donc pour vider une cuve, ça ne fait plus longtemps que quand il y a de l'inflation,
11:01où tout le monde se précipite et fait la queue chez Total ou chez Leclerc, peu importe.
11:05Et là, il faut une semaine pour que ça se mette en place et qu'une caméra de BFM
11:10arrive et voit une baisse dans le massif central ou dans le lot.
11:15Une question sur les tensions sur les pompes.
11:20Vous disiez d'une part qu'il y avait effectivement moins de consommation,
11:23c'est-à-dire le volume de vente a baissé.
11:25Ceux qui pouvaient se passer d'un plein supplémentaire l'ont fait.
11:29Est-ce qu'il y a eu également des risques de pénurie ?
11:33Est-ce qu'il y a des risques de tension ?
11:35Alors, il pourrait y avoir des risques.
11:37Il y a des risques de tension, notamment avec les professions
11:40qui sont ceux qui transportent le carburant.
11:43C'est énorme pour beaucoup de transporteurs.
11:47Aujourd'hui, c'est des problèmes de trésorerie et c'est des problèmes de surcoût.
11:50Donc nous sommes très attentifs et très alignés sur les demandes de nos transporteurs
11:55pour répercuter leurs factures de transport.
11:58Aujourd'hui, on peut dire qu'on a 16 régions Leclerc d'approvisionnement.
12:05En trois semaines, on a 250 000 euros par région de surcoût de carburant.
12:11Donc vous voyez, si ça dure, ça va être par millions.
12:14Et donc aujourd'hui, nous sommes ouverts à discuter avec nos transporteurs.
12:17Ce sont d'ailleurs parmi les rares fournisseurs et prestataires avec lesquels on ouvre ces discussions.
12:22Nous avons besoin d'eux.
12:23On a super bien travaillé pendant le Covid.
12:25Rappelez-vous, c'était quand même le sujet numéro un des transports.
12:28Quand vous dites que c'est les seuls avec qui on est OK pour revoir en quelque sorte les prix,
12:32les tarifs auxquels ils vont vous vendre,
12:34j'imagine que là, ce que vous avez en tête quand vous dites les seuls,
12:36c'est qu'il y en a d'autres qui vont commencer à frapper à la porte
12:38et qui sont notamment ceux qui avaient prévu des prix
12:42lorsqu'il y a eu les fameuses négociations commerciales avec vous
12:44sur une base de l'énergie, du prix de l'énergie
12:47et donc de la fabrication des biens qu'ils vous vendent
12:50qui évidemment a changé.
12:51Est-ce que les négociations commerciales pourraient rouvrir ?
12:55Eh bien, nous ne voulons pas.
12:57Nous résisterons.
12:59Vous résisterez.
13:00Oui, d'abord, on nous a imposé...
13:01Si l'agriculteur au départ, il vous a vendu...
13:04Non, non, non, ce n'est pas l'agriculteur.
13:05Ce n'est pas l'agriculteur, c'est d'autres qui essaient d'en profiter.
13:06On trouvera toujours une solution avec plus petits que nous, avec les PME.
13:09C'est quoi ? C'est les industriels qui voudraient en profiter ?
13:11Oui, oui.
13:12Pour le moment, ça se passe au téléphone.
13:14Pour le moment, c'est la plainte, c'est le camp des pleureuses.
13:17Chaque ligne du compte d'exploitation, on nous explique que ça va augmenter.
13:20Mais ce qui est vrai, probablement.
13:21Mais par contre, ce qui est semé aujourd'hui, ce qui a été acheté en chocolat,
13:25ce qui a été acheté en Asie ou qui passait par le détroit d'Hormuz avant, est déjà là.
13:31Tout ce qui est dans nos magasins aujourd'hui n'a pas été affecté par cette augmentation à l'achat.
13:36Par contre, l'État français poursuit les distributeurs français qui ne clôturent pas les négociations commerciales à la fin février.
13:43Donc, qu'on viendrait nous dire qu'il faut renégocier maintenant, tintin, c'est non.
13:49Est-ce qu'il y aura une inflation ? Est-ce qu'il y aura un vrai retour d'inflation
13:52?
13:52Je vous dis d'où je parle.
13:53Moi, je ne gère pas les finances publiques.
13:55Pas encore.
13:55Je ne gère pas les finances publiques.
13:57Le pas encore sera commenté ?
13:58Je gère l'intérêt des consommateurs.
14:01Je vis de l'intérêt des consommateurs en tant que commerçant, en tant que distributeur.
14:05C'est votre intérêt aussi ?
14:05C'est mon camp.
14:06Oui, c'est mon camp.
14:07Donc, aujourd'hui, on a bien négocié.
14:09On est sorti des négociations nationales et internationales, européennes, avec un taux d'inflation minimum pour 2026.
14:17On laissera passer des hausses de transport, c'est évident.
14:20Monsieur Saadé va me téléphoner.
14:22Le propriétaire de RMC BFM TV qui est aussi transporteur.
14:26On comprend, mais on peut discuter.
14:28Par contre, tous les gens qui viendront nous dire nos engrais, le cours de ceci, le cours de cela, ce
14:33sera pour l'année prochaine.
14:34On s'est fait avoir, pendant la guerre de l'Ukraine, on s'est fait avoir avec des hausses de
14:39pâtes de 38%, du tournesol de 25%, de la graine de moutarde qui n'était pas faite à Dijon.
14:44Donc, on ne va pas recommencer une deuxième fois.
14:46Les consommateurs ont payé plus de 25% sur l'alimentation à cause de la guerre de l'Ukraine.
14:50Leur pouvoir d'achat, aujourd'hui, est fragile.
14:52Est-ce que vous le ressentez dans les rayons ?
14:54Oui. Et donc, pour revenir à l'attitude de l'État, je comprends qu'en tant que gestionnaire, le Premier
14:59ministre, le ministre de l'Énergie, le ministre de l'Économie disent qu'on ne repart pas sur le moulin
15:05à vent de la distribution à tout le monde d'aide par la TVA, des chèques et tout ça.
15:11Par contre, à un moment donné, si ça dure la guerre, et on ne la voit pas finir, j'écoute
15:17BFM, on ne la voit pas finir, et si ça dure, ça va coûter plus cher à l'État, si
15:23la croissance est molle, si la consommation est nulle, parce qu'il n'y aura pas de l'entrée de
15:26TVA.
15:27Vous dites que c'est tout à fait possible qu'on se retrouve avec une inflation qui remonte, une croissance
15:32qui baisse, une croissance au minimum molle, comme vous dites ?
15:35Oui, c'est pour ça que moi j'invite quand même le Premier ministre, que j'aime bien, j'invite
15:39le Premier ministre,
15:41qui a raison de faire de la rigueur budgétaire, quand même à ouvrir des guichets et des chantiers, peut-être
15:47ciblés, mais aussi pour les consommateurs les plus modestes,
15:50parce que le pouvoir d'achat va être atteint, c'est évident, avec des plaintes comme ça, à ce prix
15:58-là, et donc l'État va y perdre s'il ne le fait pas.
16:01S'il ne baisse pas les taxes ? Il a intérêt à baisser les taxes, il faut qu'il le
16:06fasse ?
16:06Par contre là où il a raison, oui, je pense qu'il faut qu'il s'y prépare.
16:09Et la deuxième chose, c'est qu'il faut qu'il se prépare à baisser les taxes.
16:13Je pense qu'il faut qu'il se prépare à élargir la manne de soutien à une population plus modeste,
16:19qui consomme, et qui consomme une grande partie de son budget.
16:23Et par contre, ce que je voudrais dire, c'est qu'il a raison quand il dit qu'il faut
16:29du coup, pour des raisons de souveraineté,
16:33sortir de la consommation exclusive de gros carburants.
16:36Et nous, on n'attend pas le mot d'ordre du gouvernement, on y va 4500 bornes électriques,
16:40aujourd'hui la bataille va se porter pas simplement sur le prix des carburants,
16:44elle va se porter sur le prix du kilowattheure.
16:46Michel-Édouard Leclerc, vous avez glissé cette idée que vous n'étiez pas encore en train de gérer les finances
16:50de l'État,
16:51il y a toujours cette idée de la question d'une éventuelle candidature un jour,
16:54mais Michel-Édouard Leclerc, est-ce que vous, vous avez déjà déjeuné ou dîné avec Marine Le Pen ?
16:58Non, je l'ai rencontré chez vous, ici.
17:00Vous l'avez croisé, mais vous n'avez jamais volontairement...
17:02Je vous pose cette question parce que mes confrères de l'Obs ont révélé que celui dont vous parliez à
17:09l'instant,
17:10Patrick Pouyannet, que le Bernard Arnault, avait déjeuné avec Marine Le Pen, ça vous surprend ?
17:17D'abord je déjeune pas, et ensuite je ne fréquente pas particulièrement les patrons, et je m'intéresse...
17:24Ça vous a surpris ?
17:27Non, non, non, plutôt qu'ils aillent dire des bêtises, autant qu'ils écoutent des chefs d'entreprise.
17:33Elle dit des bêtises, Marine Le Pen ?
17:36Ce ne sont pas des bêtises, mais ce sont des mots d'ordre qui ne sont pas très conséquents.
17:40Quand on vous dit qu'il faut lâcher tout, après avoir dit qu'il ne fallait rien lâcher,
17:44quand on a critiqué la gestion d'un gouvernement, et que maintenant on dit qu'il faut lâcher la TVA,
17:50etc.,
17:51il y a des contradictions, et c'est bien que les gens responsables viennent leur dire...
17:54Donc au fond, c'est bien qu'elle écoute les patrons ?
17:55Oui, oui, oui.
17:56Mais est-ce que c'est bien que les patrons aillent lui parler ?
17:58Oui, oui, parce qu'il va leur parler autrement.
18:00Donc il faut leur parler.
18:02Merci Michel-Edouard Leclerc d'avoir répondu à mes questions ce matin.
18:05On l'a bien compris, il y aura une baisse, mais pas énorme, et progressivement sur la semaine.
18:11Mais vous avez aussi dit qu'on ne reviendrait pas au prix d'abord.
18:13Et on lance la bataille du prix de rechargement électrique.
18:16Aujourd'hui, Leclerc, Lidl...
18:17Ça, c'est la bataille à long terme.
18:18Non, non, non, non, c'est dès maintenant.
18:19C'est dès maintenant.
18:20Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres Leclerc.
18:24Merci d'avoir répondu à mes questions.
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