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  • il y a 2 mois
Federico Martin Aramburu, 42 ans, international argentin de rugby, ancien joueur du Biarritz Olympique. Au dernier jour de l'hiver 2022, il est abattu en plein Paris. Fauché par six balles. Identifiés: deux jeunes tireurs connus pour violences. Ils évoluent dans la mouvance de l'ultra droite radicale et le culte des armes.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0114h15
00:01C'est l'heure du crime sur RTL
00:04Avec Jean-Alphonse Richard
00:07Ce sont deux individus fascinés par la thèse mortifère, les armes, l'ultra domination et la mort.
00:18Mais on est ici pour lutter contre ça, pour rendre hommage à Fede, la personne de grande valeur qu'il
00:24a été, et protéger son honneur.
00:27Bonjour, Federico Martina Rambourou, 42 ans, international argentin de rugby, ancien joueur du Biarritz Olympique.
00:36Au dernier jour de l'hiver 2022, il est abattu en plein Paris, fauché par 6 balles, identifié de jeunes
00:43tireurs connus pour violences.
00:45Ils évoluent dans la mouvance de l'ultra droite radicale et le culte des armes.
00:49Ont-ils tué de sang-froid Federico Martina Rambourou, le rugbyman assassiné ?
00:56L'heure du crime, votre rendez-vous 100% fait diverser tout de suite sur RTL.
01:06Samedi 19 mars 2022, 6h25 du matin, le commissariat central des 5e et 6e arrondissements de Paris est appelé pour
01:15un homme qui gît sur le trottoir face au 144 boulevard Saint-Germain.
01:20L'individu est blessé, il a reçu des balles, alerte un automobiliste.
01:25Juste après les coups de feu, un responsable d'un café voisin, le Mabillon, s'est précipité.
01:31Il a tenté un massage cardiaque.
01:34Les pompiers ne peuvent rien faire, les blessures par balles ont été fatales.
01:39La victime, Federico Martina Rambourou, 42 ans, argentin, joueur de rugby connu, international, il a été une figure du Biarritz
01:49Olympique.
01:49Il a pris sa retraite il y a une dizaine d'années.
01:52Il se trouvait à Paris avec un ex-joueur de Biarritz, le Néo-Zélandais Sean Egarty, pour assister le soir
02:00même à un match de rugby.
02:02Les policiers commencent à reconstituer le scénario tragique qui vient de se dérouler.
02:07Les deux amis rugbymen se sont installés à la terrasse du Mabillon, à 70 mètres du lieu du crime, vers
02:155h15.
02:16Un serveur explique qu'ils avaient fait la fête.
02:19Ils voulaient manger en morceaux.
02:21A une autre table, il y avait deux jeunes hommes déshabitués de l'établissement.
02:25L'un, crâne chauve et barbu.
02:27L'autre, petite moustache.
02:29Et puis aussi une jeune femme.
02:31Tout le monde était calme.
02:32Puis des mots ont été échangés.
02:34Une bagarre a éclaté.
02:35Federico Martina Rambourou a fini par jeter à terre le brun moustachu.
02:40Deux agents de sécurité sont intervenus.
02:43Les belligérants ont fini par se disperser.
02:46Les rugbymen sont partis à pied vers la place de l'Odéon.
02:49Le client moustachu leur aurait emboîté le pas.
02:53Le chauve et la jeune femme ont grimpé eux dans une jeep militaire dans la même direction.
03:02La police examine les images de vidéosurveillance aux abords du café Le Mabillon.
03:07A 4h48 avant la bagarre, on voit arriver le moustachu et le chauve.
03:12À bord d'une jeep Willis de collection, couleur vert clair, débâchée.
03:16Une jeune femme en Fiat 500 les rejoint.
03:19Les deux rugbymen s'installent en terrasse.
03:23À un moment, on voit Sean Egarty pointer du doigt le moustachu, lequel se lève et met quelques tapes sur
03:30la joue du sportif.
03:31Après un instant de calme, Federico Martina Rambourou se lève, il agrippe le moustachu par sa capuche et le fait
03:39basculer en arrière.
03:40L'échange de coups se poursuit dans une petite rue adjacente.
03:43Pas d'image en revanche des coups de feu mortels tirés plus tard sur le boulevard Saint-Germain.
03:48À 6h09, une caméra ne capte que le bruit de deux salves de tir à 45 secondes d'intervalle.
03:57Dix minutes avant la bagarre, la vidéosurveillance interne du Mabillon avait montré le client moustachu
04:03en train de manipuler ce qui ressemble à une arme à feu dans l'escalier des toilettes.
04:11Les trois protagonistes impliqués dans la bagarre sont rapidement identifiés.
04:16Le moustachu propriétaire de la Jeep est Loïc Lepriol, 27 ans, ancien militaire, résident dans le Var.
04:23Ancien sympathisant du GUD, groupe Union Défense, classé à l'extrême droite.
04:28Connu pour des affaires de violence, il doit alors être jugé pour avoir passé à tabac l'ancien patron du
04:35GUD,
04:35d'Edouard Klein, avec l'aide de cinq camarades. Klein avait été molesté, forcé de se dévêtir sous la menace
04:41d'une arme.
04:42Le chauve-barbu est un de ses meilleurs amis. Romain Bouvier, 31 ans, lui aussi, doit à comparaître dans l
04:48'affaire Klein.
04:49C'est un passionné d'armes.
04:51La jeune femme, Lison R, est la petite amie de Loïc Lepriol.
04:55Elle n'a pas pris part à la Rix.
04:56L'autopsie de Federico Martin à Rambourou montre qu'il a été touché par six balles,
05:03quatre tirés par la même arme de poing, calibre 22,
05:06et une deuxième arme a également été utilisée, toujours calibre 22.
05:11Et le travail de la brigade criminelle, c'était évidemment de retrouver au plus vite tous les protagonistes de cette
05:16bagarre mortelle,
05:18et de les entendre.
05:19Traque pas forcément facile, Lepriol et Bouvier ont eu maille à partir avec la justice,
05:24et ils sont peut-être armés, ils sont sans doute en cavale,
05:27au cul de trace, en tout cas d'eux, dans la capitale.
05:30Alors effectivement, il y a cette bagarre.
05:32Il y a beaucoup de caméras de vidéosurveillance qui ont fonctionné à ce moment-là,
05:36et c'est une bonne chose, parce qu'on voit plein de choses sur ces images,
05:39même si on ne voit pas très directement le tir mortel, ou les tirs mortels, ça va être discuté.
05:46Bonjour Thomas Proutot.
05:47Bonjour.
05:48Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans le studio Lors du Crime.
05:51Vous êtes journaliste, vous êtes notre chef du service police-justice sur RTL,
05:56vous avez enquêté, vous avez suivi cette affaire avec évidemment les autres journalistes du service police-justice.
06:03Alors au début, c'est un peu le chaos.
06:04Il y a une grande confusion sur ce boulevard Saint-Germain.
06:08Seule certitude, j'ai envie de dire, ça part d'une bagarre.
06:12Une bagarre entre personnes qui ont bu, manifestement.
06:14Alors, il y a deux groupes qui, effectivement, il est tard, les 6h du matin, enfin un peu avant 6h
06:18du matin,
06:19ils reconnaîtront tous avoir passé une soirée assez arrosée.
06:23Et ça, c'est très bien documenté, parce qu'il y a des images très précises, qui sont très nettes,
06:28en fait,
06:29de toute cette séquence dans ce café qui s'appelle le Mabillon,
06:33où on voit très bien, alors on ne va pas tout redécrire en détail,
06:37mais cet accrochage entre deux groupes, parce qu'un des deux groupes, celui des rugbymans,
06:43est accusé par, pardon, le groupe des, ceux qui deviendront les présumés assassins,
06:48ont mal parlé à un autre client.
06:50Les deux rugbymans le leur reprochent, et ça s'accroche.
06:53Ça s'accroche, il y en a un qui vient un petit peu montrer ses muscles près des rugbymans,
06:56qui tapote sur la joue, vous l'avez dit.
06:58Et ça pourrait s'arrêter là, sauf qu'au moment de partir un des deux rugbymans,
07:05celui qui finira assassiné, Federico Aramburu,
07:08tire par la capuche un des deux autres protagonistes.
07:12Ça, c'est très bien documenté, c'est bien filmé,
07:14il va y avoir une bagarre de bar, et ça, on le voit,
07:17et ça pourrait rester une simple bagarre de fin de soirée sur fond d'alcool.
07:23En tout cas, le début de matinée, puisqu'on est au petit matin, effectivement, à Paris,
07:27et ces gens, ils ont fait la fête sûrement toute la nuit,
07:30ils se retrouvent dans ce bar dont certains le connaissent très bien, ce bar.
07:33Bonjour Marine Turquie.
07:35Bonjour.
07:35Merci beaucoup, vous aussi, d'être aujourd'hui avec nous en direct dans le studio de l'heure du crime.
07:40Vous êtes journaliste à Mediapart, et vous connaissez très bien cette affaire,
07:43parce que vous avez travaillé sur l'un des protagonistes, Loïc Lepriol,
07:47dès le début, pour une autre affaire, mais on va en parler.
07:49Alors, deux petites questions pour vous, Marine Turquie.
07:52La première, c'est que ça provoque un effroi immédiat, cette histoire,
07:56parce que boulevard Saint-Germain, cet endroit-là, en général, on ne se tire pas dessus,
08:00et pas de cette manière en tout cas.
08:02Et puis la victime, elle est inconnue.
08:04C'est un rugbyman célèbre.
08:05Oui, absolument.
08:06Alors déjà, c'est quand même un meurtre à minima en plein Paris.
08:10La justice dira si c'était un assassinat, mais c'est un meurtre en plein Paris.
08:12Il faut s'imaginer quand même ce que c'est en 2022.
08:15Et puis, effectivement, le rugbyman, c'est une personnalité importante du rugby.
08:19Il a quitté l'Argentine, Federico Arambrou, en 2004.
08:23Il avait 24 ans.
08:24Il est allé jouer au Biarritz Olympique.
08:26Il a fait une grande partie de sa carrière là-bas.
08:28Il était d'ailleurs aux côtés de Thomas Livremont,
08:31un pilier de l'équipe de France de rugby.
08:33Et c'est vrai qu'il est revenu vivre à Biarritz.
08:36Il s'est installé là-bas.
08:37Il avait une femme, trois enfants, pour sa retraite sportive.
08:41Et il a lancé une agence de tourisme avec Sean Egarty,
08:44qui est justement avec lui ce jour-là au Mabillon.
08:46Ils n'ont pas vraiment le profil de Jean-Violence et de rugbyman.
08:49Ils sont insérés dans la société.
08:51Ils ont fait une carrière après le rugby.
08:53Rugby, effectivement, est un peu rude.
08:55Ça pourrait exister.
08:56Mais là, ce n'est pas vraiment le cas.
08:58Il y a deux suspects qui se sont tout de suite identifiés,
09:00pas encore arrêtés.
09:01Loïc Lepriol, Romain Bouvier.
09:03Loïc Lepriol, vous le connaissez par cœur, Marine Turquie ?
09:06Oui, moi, en 2022, quand il y a cette affaire,
09:08je vois tout de suite que c'est Loïc Lepriol dans la presse.
09:12Et on le connaît bien à Mediapart.
09:14On a révélé beaucoup de choses dont, vous l'avez dit,
09:16l'affaire Klein.
09:17C'est quoi l'affaire Klein ?
09:17C'est le lynchage de l'ancien chef du GUD, Édouard Klein,
09:21par Loïc Lepriol et Romain Bouvier,
09:23qui est suspect dans cette affaire aussi.
09:24Une affaire d'une violence inouïe,
09:26dont on avait révélé, nous, les vidéos.
09:28Vidéos qui avaient été réquisitionnées par la justice.
09:30Loïc Lepriol et Romain Bouvier,
09:31ils ont été condamnés dans cette affaire, justement.
09:34Et puis, globalement, tous les deux ont déjà des condamnations
09:37à leur actif.
09:38Ça sera discuté au procès, d'ailleurs.
09:40Loïc Lepriol, lui, il a fait l'école des mousses
09:42dès ses 16 ans.
09:43Il a intégré les forces spéciales de la marine.
09:46Il a fait des opérations très délicates
09:48dans un commando prestigieux en Afrique,
09:50à Djibouti, au Mali.
09:51Dans un commando dont le but,
09:53c'est de finalement éliminer des cibles importantes.
09:57Donc, il a fait une carrière importante,
09:59mais, on va en parler,
10:00il a été radié de l'armée en 2017,
10:02suite notamment à son rapatriement de Djibouti en 2015,
10:05parce qu'il a été mis en cause
10:07dans des violences sur une prostituée.
10:10Cette prostituée a reçu de l'argent pour le retrait de sa plainte.
10:13Lui, il a contesté ces violences,
10:15mais en tout cas, il a été rapatrié pour raisons médicales,
10:18stress post-traumatique,
10:18et pour raisons disciplinaires,
10:20et radiés de l'armée en 2017.
10:21Thomas Proutot, juste un petit mot là-dessus.
10:23Derrière tout ça, derrière ces deux hommes,
10:24on sent bien qu'il y a de la violence.
10:25Il y a des armes,
10:26ils se baladent en plein Paris à 6h du matin
10:28avec des flingues sur eux,
10:30c'est pas rien.
10:30Tout à fait, ils ont chacun une arme,
10:31avec en plus une interdiction pour l'un d'emporter,
10:34justement due aux anciennes condamnations.
10:35Ils n'ont même pas le droit de se voir,
10:37ils sont sous contrôle judiciaire,
10:38justement pour une affaire de violences précédentes.
10:40Ils n'ont pas le droit de se voir,
10:41et le PRIM n'a pas le droit d'être à Paris.
10:43Et pourtant, sans aucune...
10:46En toute impunité, visiblement,
10:48ils se baladent à cette heure-là, armés.
10:51La confession des suspects.
10:54Federico Martina Rambourou,
10:56le rugbyman assassiné.
10:58Je n'étais plus moi-même,
10:59je n'étais pas là,
11:00j'étais face à une menace,
11:01je l'ai traité.
11:02L'enquête de l'heure du crime,
11:03on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:11Bonne journée sur RTL.
11:17Présenté par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:21Heure du crime consacrée à la mort
11:23de Federico Martina Rambourou
11:25en plein Paris, mars 2022.
11:27Cet ancien international argentin de rugby
11:29a été abattu de six balles
11:31après une dispute.
11:32Deux hommes au profil violent,
11:34déjà connus de la justice.
11:35Principaux suspects et une femme
11:37vont être rapidement arrêtés.
11:42Mardi 22 mars 2022,
11:44trois jours après la mort
11:45de Federico Martina Rambourou,
11:48Loïc Lepriol,
11:49visé par un avis de recherche international,
11:51est signalé par la Hongrie
11:53au poste frontière de Zaonin,
11:56passage pour l'Ukraine.
11:57Le français se déplace dans une Twingo.
11:59À bord, les douaniers trouvent un casque,
12:02un gilet pare-balles
12:03du matériel médical militaire.
12:05Lepriol dit vouloir se rendre en Ukraine,
12:08arrêté et remis aux autorités françaises.
12:11Devant le juge d'instruction,
12:13Loïc Lepriol reconnaît sa participation
12:16à la bagarre.
12:17Il ne se souvient plus de la clacounette,
12:19comme il dit,
12:20qui l'aurait mis au rugbyman
12:22Sean Egarty.
12:23À propos de Federico Martina Rambourou,
12:27il assure que le rugbyman
12:28l'a attaqué dans le dos.
12:30Il l'a fait tomber.
12:31Il raconte s'être retrouvé
12:32dans un effet tunnel
12:34à cause du stress et de l'alcool.
12:36Il était dans tous ses états.
12:38Il ignore pourquoi
12:39il n'est pas parti dans la Jeep
12:41avec sa petite amie Lison R
12:42et son pote Romain Bouvier.
12:45Il s'est mis à courir,
12:47puis il a entendu des coups de feu.
12:48Il ignorait que Romain était armé
12:50et avait déjà tiré sur la victime.
12:52Il a couru sur place.
12:53Il dit avoir été acculé
12:56par les deux rugbymans.
12:57J'ai agi par pur réflexe
12:59face à une menace,
13:01comme je l'ai appris à l'armée.
13:02J'ai tiré jusqu'à ce que la menace cesse.
13:04Je n'étais plus moi-même.
13:06Je n'étais pas là.
13:07J'avais une menace.
13:08Je l'ai traité.
13:09Loïc le Briole
13:10est mis en examen pour assassinat.
13:12Il était croué.
13:16Mercredi 23 mars 2022,
13:18les policiers apprennent
13:20que Romain Bouvier,
13:21l'autre suspect principal,
13:23a appelé sa mère
13:24pour dire qu'il avait besoin d'elle.
13:26La maman ne sait pas
13:26où est son fils.
13:27Il lui a dit
13:28qu'il n'était pour rien
13:29dans cette affaire.
13:30La mère le décrit
13:32comme un bargareur.
13:34Elle est au courant
13:35de ses mauvaises fréquentations
13:36au GUD.
13:37Elle ne voulait plus
13:38entendre parler
13:39de son copain Loïc le Briole.
13:41Bouvier est interpellé
13:42en douceur,
13:43assis sur un banc
13:44près de Solème,
13:45dans la Sarthe.
13:46Il dit être
13:48dans le désarroi
13:49depuis qu'il a appris
13:50la mort de Federico
13:51Martina Rambourou.
13:52Bouvier raconte la bagarre.
13:54Il explique que
13:54sans l'intervention des videurs,
13:56il se serait fait tailler
13:57en morceaux
13:58par les rugbymen.
14:00Après la bagarre,
14:01c'est Lison R
14:02qui est venu le chercher.
14:03Elle était affolée.
14:05Elle me dit
14:05« Viens, mec,
14:06vite, vite.
14:07Il y a Loïc
14:08qui est là-bas.
14:09Ils sont en train
14:10de le massacrer.
14:11Ils ont pris la Jeep.
14:12Ils sont tombés
14:13sur les rugbymen.
14:14Je ne savais pas
14:15ce qu'ils avaient
14:16dans la tête
14:16ni dans leur poche,
14:17dit-il.
14:18Il a sorti son arme,
14:19un Sharps
14:21calibre 22.
14:22Il a fait feu
14:22pour se dégager.
14:23Il était convaincu
14:24de ne pas avoir
14:25touché la victime.
14:26Il s'est enfui.
14:27Chez sa mère,
14:28il a appelé
14:28le Priol
14:29qui lui a répondu
14:30« Moi, ça va,
14:32mais c'est la merde.
14:33Je te rappelle.
14:34Le Priol
14:35n'a jamais rappelé. »
14:39Loïc le Priol,
14:40réentendu,
14:40affirme qu'il a voulu
14:41se rendre en Ukraine
14:42pour réparer le mal
14:43qu'il avait fait,
14:45contrebalancer
14:45la perte de la vie
14:46de cet homme
14:47en essayant
14:48d'en sauver d'autres
14:49et pourquoi pas
14:50sacrifier la sienne.
14:51Le revolver
14:52avec qui il avait tiré
14:53sur le rugbyman
14:54est retrouvé
14:55sous le pont
14:55du Carousel
14:56l'arme de collection
14:58utilisée par Romain Bouvier,
14:59réduite à l'état
15:00de carcasse
15:01et découverte
15:02dans le bassin
15:02de la Courance,
15:03Yveline.
15:04Il avait chargé
15:05un de ses amis,
15:06mis en examen,
15:07de la faire disparaître.
15:10Voilà donc pour les versions
15:11des deux tireurs,
15:13tous les deux mis en examen
15:14pour assassinat,
15:14deux autres personnes
15:15sont poursuivies
15:16pour des rôles
15:17a priori secondaires,
15:18la petite amie
15:19de Loïc le Priol
15:20et puis l'individu
15:22qui a détruit
15:22l'arme de Romain Bouvier,
15:24investigation
15:25qui sont loin
15:26d'être terminées.
15:29Dans tous les cas,
15:30l'enquête
15:30de la brigade criminelle
15:31a été assez rapide.
15:33Marine Turquie,
15:34vous êtes avec nous
15:35dans cette heure du crime
15:35et vous nous aidez
15:36à éclairer cette histoire.
15:38Je rappelle que
15:39le procès
15:40des deux suspects,
15:41Loïc le Priol
15:42et Romain Bouvier
15:43s'ouvrent aujourd'hui même
15:44devant les assises de Paris.
15:45Vous êtes journaliste
15:46à Mediapart.
15:48Le Priol,
15:50il reconnaît
15:51être impliqué
15:52dans la bagarre.
15:54Il minimise un petit peu
15:56quand même
15:56sa présence.
15:57Il dit qu'il n'était
15:59plus lui-même,
16:00qu'il y avait
16:00comme un écran
16:01devant lui.
16:02Alors on peut le croire
16:03parce qu'effectivement
16:04il a eu
16:04ce choc post-traumatique
16:06après avoir été militaire
16:07dans le Sahel.
16:09Depuis,
16:09ça n'irait plus très bien.
16:11Vrai ou faux
16:11ce qu'il raconte ?
16:13En tout cas,
16:13il ne donne pas
16:13beaucoup de détails.
16:14Il y a un changement
16:14de version de le Priol
16:15parce que dans un premier temps
16:16il dit,
16:16vous l'avez très bien dit,
16:17j'ai agi par réflexe,
16:18me ressenti
16:19comme si j'étais en mission
16:20spéciale en Afrique.
16:21Et puis ensuite,
16:22il va dire qu'en fait
16:23il était pris en étau
16:24et que les deux rugbymans
16:28auraient tenu
16:29en joue
16:29avec un objet
16:30puissant et lourd.
16:31Ce n'est pas du tout
16:32ce qu'il a dit
16:32dans un premier temps.
16:33Et puis surtout,
16:34effectivement,
16:35il va mettre en avant
16:36ce stress post-traumatique
16:38qui est au cœur
16:38des débats aujourd'hui
16:39puisqu'il y a eu
16:40des expertises psychiatriques
16:41contradictoires
16:42à ce sujet
16:43où d'un côté
16:44on reconnaît
16:45qu'effectivement
16:45il a été
16:46très clairement
16:48vraiment
16:50affaibli
16:50par ses missions marquées.
16:52Et puis de l'autre,
16:53il y en a qui disent
16:53que quand il s'en prend
16:55à l'ancien chef du GUD
16:56en 2015,
16:57il revient de mission
16:58et donc il ne peut pas déjà
16:59être en stress post-traumatique.
17:01En général,
17:01ça arrive au bout de six mois.
17:03Mais surtout,
17:04il a toujours refusé
17:06en rentrant
17:07d'assurer le suivi
17:08psychologique
17:09en disant
17:10qu'il n'y a pas de problème.
17:11Et puis,
17:11certains notent
17:12qu'il était déjà agressif avant,
17:13qu'il avait une impulsivité agressive,
17:16qu'il était en destruction,
17:17il avait déjà des problèmes
17:18avec l'alcool avant,
17:19c'était déjà quelqu'un
17:19qui était violent et dangereux
17:20avant cela.
17:22Ce que disent aussi
17:22les partis civils
17:23et le parquet,
17:24c'est qu'à chaque fois
17:24qu'il est mis en difficulté
17:26devant la justice,
17:26y compris dans l'affaire Klein,
17:28Loïc Lepriol sort du chapeau
17:29ce problème de stress post-traumatique
17:31alors même que dans le même temps,
17:32il ne se fait pas soigner.
17:33Et puis surtout,
17:34vous l'avez un petit peu dit,
17:35il est très lucide finalement
17:36après les faits.
17:37Il n'est pas du tout
17:38en état de dissociation,
17:39il est très terre-à-terre,
17:40il appelle son avocat,
17:41il se débarrasse de l'arme,
17:42il appelle Romain Bouvier,
17:43il appelle sa compagne,
17:44il se dit qu'il faut casser
17:45la puce de son téléphone.
17:46Donc,
17:46il organise sa fuite
17:48vers l'Ukraine
17:49tout en disant
17:49qu'il va combattre
17:50pour réparer le mal
17:51qu'il a fait
17:51et sauver des vies.
17:52Et ça,
17:53ça pèse lourd évidemment
17:53ce que vous nous dites
17:54Marine Turquie
17:55parce qu'effectivement,
17:56il y a cette dissociation
17:57lors des faits possibles,
17:59pourquoi pas,
17:59l'effet tunnel,
18:01aveuglé par ce qu'il fait
18:02et puis ensuite,
18:03il redevient
18:04les pieds sur terre.
18:05Donc ça,
18:05c'est vraiment très étonnant.
18:07Thomas Proutot,
18:08il y a beaucoup de témoins
18:09dans cette histoire.
18:10Vous avez dit tout à l'heure,
18:11il y a la vidéosurveillance,
18:12etc.
18:12C'est important,
18:13mais il y a beaucoup de témoins
18:14qui ont été recensés
18:15par les policiers
18:17avec beaucoup de témoignages
18:19intéressants.
18:20Beaucoup disent
18:21que c'est comme une chasse
18:22à l'homme dans Paris.
18:24Le départ,
18:24le départ,
18:25semble faire aucun doute.
18:26C'est-à-dire qu'il y a
18:27des propos rapportés
18:28notamment par le personnel
18:30du café
18:31ou la bagarre
18:35a éclaté.
18:35La bagarre a eu lieu
18:37d'ailleurs et puis après,
18:37ils ont séparé tout le monde
18:38et là,
18:39il y a des propos rapportés
18:40de Romain Bouvier
18:40qui dit
18:41mais pourquoi vous nous avez arrêtés ?
18:42On voulait les niquer.
18:43Je cite,
18:43ça a été dit plusieurs fois.
18:46Il y a aussi
18:48un serveur qui rapporte
18:49que Loïc Lopréole
18:49criant
18:50je vais les tuer,
18:51je vais les tuer
18:51et il part en courant
18:53dans la direction.
18:54ils sont partis
18:54à leur recherche.
18:55Donc là,
18:55il n'y a pas de doute.
18:57Il y a aussi la séquence
18:57qui suit juste après
18:59où Romain Bouvier
19:00va monter dans la Jeep
19:01dans laquelle
19:02Lison Rochemire
19:04arrive au volant.
19:05Il monte dans cette Jeep
19:06et à son tour,
19:07il va partir dans la direction
19:08pour les trouver.
19:09Donc là,
19:09il n'y a pas de doute.
19:09Là où c'est plus compliqué
19:10en termes de témoignages,
19:11c'est après.
19:12Il n'y a pas de témoignages
19:13au moment fatidique,
19:14c'est-à-dire au moment
19:15des tirs.
19:16Il n'y en a pas
19:17et les vidéosurveillances
19:18sont de très mauvaise qualité.
19:19En plus,
19:20les caméras tournent
19:20en fonction des feux rouges-verts.
19:23Donc il n'y a carrément
19:23pas d'image.
19:24Donc là,
19:25sur ce paquet
19:25qui se forme
19:26parce que
19:27Loïc Lopréole
19:28va revenir au contact,
19:30va re-rencontrer
19:31Federico Aramburu,
19:33il y a un moment
19:34où ils sont physiquement
19:35très proches
19:35et ce qui se passe précisément,
19:37là il y a deux versions
19:38contradictoires,
19:38là où tout le monde
19:39est d'accord,
19:39c'est qu'à un moment
19:40il sort son arme
19:40et il va tirer six fois,
19:42en tout cas pour la deuxième séquence.
19:43Donc en termes de témoignages,
19:45c'est un peu pauvre.
19:46Ça va être très discuté.
19:47Ça va être discuté évidemment,
19:48mais il tire tous les deux.
19:49C'est important de le souligner,
19:51il tire tous les deux.
19:52Ces deux jeunes hommes,
19:54le premier,
19:55c'est effectivement Bouvier
19:56qui tire quatre balles
19:58au moins sur...
19:59Six balles en quatre secondes,
20:00c'est énorme.
20:01Six balles
20:01et ensuite,
20:02c'est le Priol qui arrive.
20:04Le Priol,
20:05six balles en quatre secondes,
20:06le Bouvier auparavant tire.
20:07Oui, c'est ça.
20:08Il tire justement
20:10à bout portant,
20:11c'est les mots,
20:13je me souviens,
20:13de Sean Agarty
20:14qui dit qu'il a le bras tendu
20:15à l'horizontale,
20:16il descend de la Jeep,
20:17il a face à lui
20:18un homme qui n'est pas armé
20:20et c'est deux séquences
20:21bien distinctes d'avant,
20:22mais juste avant,
20:22il y a quand même
20:23une forme de concertation.
20:24C'est ce qui ressort
20:24du dossier judiciaire.
20:25Il y a les trois
20:26mis en cause aujourd'hui,
20:27le Priol Bouvier
20:28et la compagne de le Priol
20:29qui, juste après l'altercation,
20:31sont au niveau de la Jeep
20:32et discutent.
20:33Ça dure une minute
20:34et le Priol part en courant
20:36et les autres vont sur la Jeep
20:37et le boulevard est désigné.
20:39Cette séquence,
20:40elle va être au cœur des débats.
20:42Et bien sûr
20:42que le nombre de tirs
20:43face à un homme
20:44qui est désarmé,
20:45mais surtout à un moment donné,
20:46s'agissant de le Priol,
20:47il tire dans le dos d'Arambrou,
20:48ça s'est beaucoup mis en avant
20:49dans le dossier
20:50et par le ministère public.
20:53La version de l'autre rugbyman
20:56épargnée par les tirs.
20:58Federico Martina Rambourou,
20:59le rugbyman assassiné.
21:01J'ai entendu,
21:02ils sont là,
21:03j'ai compris
21:03qu'ils nous cherchaient.
21:04L'enquête de l'ordre du crime,
21:05que raconte le deuxième rugbyman
21:07qui a tout vu
21:07et s'il s'agissait
21:09d'une pure et simple
21:11exécution à suivre
21:12dans un court instant
21:13sur RTL.
21:14Bonne journée
21:15sur RTL.
21:30C'est pas une simple bagarre de bar
21:31qui a mal tourné.
21:32Est-ce que vous avez déjà vu
21:33dans ces circonstances-là
21:35des bagarres se terminer comme ça ?
21:36Généralement,
21:37c'est des bandes rivales,
21:38c'est des règlements de comptes,
21:39ce ne sont pas des personnes étrangères
21:41qui ne se connaissent pas
21:42un quart d'heure avant.
21:43Donc c'est pas une bagarre de bar
21:44qui tourne mal.
21:44C'est beaucoup plus que ça.
21:47Au programme de l'heure du crime,
21:49la mort du rugbyman argentin
21:50Federico Martina Rambourou,
21:52tué à Paris en mars 2022,
21:54deux jeunes hommes
21:55connus pour appartenir
21:56à un mouvement d'extrême droite
21:57violents sont interpellés.
21:59Une bagarre qui a dégénéré,
22:01selon eux.
22:02Un autre rugbyman
22:03a assisté au drame.
22:07Mardi 29 mars 2022,
22:09Sean Egarty,
22:11le rugbyman qui a accompagné
22:12Federico Martina Rambourou
22:14le matin du drame,
22:15raconte que tout est parti
22:17d'un banal incident
22:18à la table,
22:20juste à côté d'eux.
22:21Loïc Le Priol et Romain Bouvier
22:23s'en sont pris verbalement
22:24à un jeune homme
22:25qui traînait sur la terrasse.
22:26Les rugbymen
22:27leur ont alors demandé
22:28de rester corrects.
22:29« Nous n'étions pas dans une logique
22:31d'affrontement
22:32mais au contraire
22:33d'apaisement »
22:34explique Sean Egarty.
22:35Le ton est monté.
22:38Le Priol a alors demandé
22:39à Martin Rambourou
22:40d'où il tenait son accent.
22:42Bouvier s'est exclamé
22:43« Nous, on est d'ici ? »
22:45« On est chez nous ! »
22:46Le Priol s'est levé,
22:47il a giflé Egarty.
22:48Il lui a dit
22:49qu'il était un ancien
22:50des forces spéciales.
22:51Il voulait en découdre.
22:53La bagarre a éclaté.
22:54Le calme revenu,
22:55Egarty et Martin Rambourou
22:57sont partis à pied
22:58pour rejoindre leur hôtel.
23:00Egarty a alors vu
23:01la Jeep surgir.
23:02Romain Bouvier
23:03était à bord.
23:05Il criait
23:06« Ils sont là ! »
23:07« J'ai compris
23:08qu'ils nous cherchaient »
23:09dit Egarty.
23:10Bouvier a tiré
23:11sur Federico.
23:12Loïc le Priol
23:13est arrivé tout de suite.
23:14Il s'est jeté
23:15sur Federico.
23:16Il a tiré quatre balles.
23:17Federico lui a demandé
23:18d'appeler la police
23:20car il allait mourir.
23:21Egarty raconte
23:22« J'étais déconnecté
23:24quand j'ai vu
23:25du sang sortir
23:26de sa bouche.
23:27J'ai compris
23:28que c'était
23:29des vrais balles
23:30qui l'avaient touchées. »
23:34Le juge estime
23:35qu'il s'agit
23:35d'un assassinat.
23:36Selon lui,
23:37Loïc le Priol
23:37était nullement
23:38en état
23:39de légitime défense.
23:40Même s'il dit
23:41tardivement
23:41qu'il avait été
23:42pris en étau
23:43et frappé
23:44avec un objet lourd,
23:45dur et puissant
23:46par les rugbymen.
23:48Le Priol
23:48a tiré
23:49en seulement
23:50quatre secondes
23:51les six balles
23:52contenues
23:53dans le barillet
23:54de son colt.
23:55Quatre
23:55ont touché
23:56le rugbyman.
23:57Romain Bouvier
23:58est également
23:59accusé
23:59d'avoir délibérément
24:00ouvert le feu
24:01sur Federico
24:02Martin
24:02Arambourou.
24:03Un des nombreux
24:04témoins
24:05entendus
24:05par la crime
24:06évoque
24:07un climat
24:07de chasse à l'homme.
24:13Évidemment,
24:14la version
24:14de Sean Egarty
24:15donne un tout autre
24:16éclairage
24:17à la bagarre fatale.
24:18J'avoue que
24:19quand on lit
24:20ce que déclarent
24:20Sean Egarty
24:21dans le dossier
24:22d'enquête
24:23qui emmène
24:24ces deux jeunes gens
24:25devant les assises,
24:26on est assez glacé
24:28il faut bien le dire
24:28par ce qu'il raconte.
24:29Parce qu'il a vu
24:30son meilleur pote
24:31mourir dans ses bras
24:32et puis
24:33il était impuissant.
24:34Tout s'est passé
24:35tellement vite.
24:36C'est tout à fait effrayant.
24:37C'est d'une violence brute.
24:39Il n'y a pas
24:40d'autre terme.
24:41Et Egarty
24:41le raconte
24:42très très bien.
24:43Marine Turki
24:44journaliste à Mediapart
24:45et vous connaissez bien
24:46ce dossier.
24:47c'est vrai que la version
24:48de Sean Egarty
24:50on avance d'un pas
24:51dans ce dossier.
24:52Parce que lui
24:52très calmement
24:53il explique au juge
24:55ce qui s'est passé.
24:56Il n'y a pas
24:57d'effet de manche
24:58il n'y a pas
24:58d'émotion particulière
25:00dans ce qu'il raconte
25:01même s'il est encore
25:02sous le choc.
25:04Il a entendu
25:05quelques heures
25:06après les faits.
25:07Il ne cache pas
25:08que oui
25:08ils ont bu dans la nuit
25:09que oui
25:09il a été alcoolisé
25:10mais il est formel
25:10sur deux choses.
25:11Un, quand Romain Bouvier
25:13ouvre le feu
25:13il n'y a pas
25:14de contact physique
25:15à ce moment-là
25:16entre Bouvier
25:16et les rugbymans
25:17donc a priori
25:18pas de raison de tirer
25:19et deux
25:19il est formel
25:20sur le fait
25:20qu'ils ont été chassés.
25:22C'est un mot
25:22qui revient beaucoup
25:23dans le dossier
25:23de la part des témoins
25:24de la part de Sean Egarty
25:25la chasse.
25:27Alors même que les rugbymans
25:28étaient partis
25:28qu'ils étaient calmes
25:29d'après les vidéosurveillances
25:30et les témoignages
25:30qu'ils étaient en train
25:32de regagner leur hôtel
25:32plus loin
25:33les militants d'extrême droite
25:35les auraient pris en chasse
25:36c'est la thèse en tout cas
25:37des partis civils
25:38du ministère public
25:39aujourd'hui.
25:40Effectivement
25:40Bouvier descend de la Jeep
25:41et là il est
25:42d'après Sean Egarty
25:43bras tendus à l'horizontale
25:44sur la victime
25:45qui a 2-3 mètres
25:46et qui encore une fois
25:46il faut le redire
25:47n'est pas armé
25:48et n'a pas proféré
25:49à ce moment-là
25:49de volonté
25:50de relancer la bagarre
25:52d'après Sean Egarty.
25:54Bien sûr
25:54Bouvier va dire
25:55moi j'ai été sous la pression
25:56j'ai eu peur
25:57de ces deux hommes
25:58bon c'est pas du tout
25:59ce que dit Sean Egarty
26:01c'est important
26:02Thomas Proutot
26:03important aussi
26:04dans ce dossier
26:04parce que ça va être discuté
26:05à ce procès
26:07des deux hommes
26:08pourquoi assassinat ?
26:09Pourquoi pas meurtre finalement ?
26:11Homicide ?
26:12Homicide volontaire ?
26:13C'est l'enjeu central
26:14effectivement
26:15pour la défense
26:16notamment la défense
26:17de Loïc Lepriol
26:18c'est un enjeu central
26:20il y a deux choses
26:21on l'a décrite
26:22c'est-à-dire
26:23la concertation
26:23au départ
26:24devant le mabillon
26:25entre les trois protagonistes
26:28dont la femme
26:28dont la compagne de Lepriol
26:30d'une part
26:30d'autre part
26:31et c'est sous ces tirs
26:34de Loïc Lepriol
26:356 tirs en 4 secondes
26:376 tirs en 4 secondes
26:38dont 3 balles dans le dos
26:403 balles dans le dos
26:42de Federico Aramburu
26:43donc là
26:44même si au débarque
26:46on voit Rouge
26:46qui a comme ça
26:47un surgissement
26:48un réflexe militaire
26:49il a changé de version
26:50plusieurs fois
26:51ou cet objet massif
26:53qui le menace
26:54il tire 3 balles
26:56une l'atteint
26:56et il continue
26:57à tirer
26:58par derrière
26:59donc ça
27:00ça va aussi jouer
27:00dans cette qualification
27:01d'assassinat
27:02donc de tir
27:03prémédité
27:04réfléchi
27:05évidemment
27:05c'est très important
27:06pour la défense
27:07parce qu'assassinat
27:07c'est la perpétuité
27:09ah oui c'est la perpétuité
27:10j'aurai aussi
27:11le fait que Le Priol
27:13a manipulé son arme
27:14dans les toilettes
27:14dans le mabillon
27:15avant la scène
27:16de la Jeep
27:17et des tirs
27:17oui c'est exact
27:18c'est sur
27:19d'ailleurs des images
27:20de vidéos
27:21dans l'intérieur
27:23dans le café
27:23et ça c'est aussi important
27:25il y a beaucoup de choses
27:26qui pèsent
27:26contre ces deux hommes
27:27les parcours
27:29et les profils sensibles
27:30des deux assassins présumés
27:32Federico Martina Ramburu
27:34le rugbyman assassiné
27:35les juges
27:36n'ont reconnu aucune circonstance
27:38raciste ou politique
27:39l'enquête de l'heure du crime
27:40on se retrouve dans un instant
27:41sur RTL
27:42toute la journée
27:43RTL vous accompagne
27:50RTL
27:52votre radio
27:55l'heure du crime
27:56présenté par Jean-Alphonse Richard
27:57sur RTL
27:59retour dans l'heure du crime
28:01sur la mort de Federico Martina Ramburu
28:03un ex-rugbyman professionnel
28:05tué de 6 balles
28:06en plein Paris
28:06en mars 2022
28:074 personnes mises à l'examen
28:10mais 2 tireurs
28:11l'enquête
28:11et les psys
28:12se penchent sur 2 hommes
28:13au parcours
28:14sulfureux et violents
28:18mercredi 29 juin 2022
28:20alors écroués
28:21depuis 3 mois
28:22pour l'assassinat
28:22du rugbyman
28:23Martina Ramburu
28:24Loïc Le Priol
28:26Romain Bouvier
28:27sont condamnés
28:28à 2 et 3 ans
28:29de prison ferme
28:30pour le tabassage
28:31en 2015
28:31d'Edouard Klein
28:32l'ancien dirigeant du GUN
28:33l'enquête de personnalité
28:35de Le Priol
28:36décrit un jeune homme
28:37à la scolarité courte
28:38entré dans la marine nationale
28:40en 2010
28:40sélectionné à l'âge
28:42de 18 ans
28:43dans l'escouade de combat
28:44le plus jeune
28:45des commandos du moment
28:47rapatrié en France
28:48pour un stress
28:49post-traumatique
28:50après des opérations
28:52au Sahel
28:53radié des cadres
28:54de l'armée
28:54après l'affaire
28:55de l'agression
28:56du patron du GUD
28:57cela a mis un coup d'arrêt
28:58à ma chevauchée
29:00fantastique
29:01va déplorer
29:01Loïc Le Priol
29:02plus du tout le même
29:04selon sa famille
29:04après son éviction
29:05de l'armée
29:06renfermé
29:07nerveux
29:07il fait des cauchemars
29:08pour ses parents
29:09leur fils a été rendu
29:11abîmé
29:11amoché
29:12par l'armée
29:13qui s'en est débarrassé
29:14comme un mal propre
29:15l'expert psychiatre
29:17le présente
29:18comme un personnage
29:19psychopathique
29:20son discernement
29:22légèrement altéré
29:23à cause de son instabilité
29:29les avocats
29:30de Romain Bouvier
29:31et de Loïc Le Priol
29:32dénoncent la présentation
29:33fantasmée
29:34de cette affaire
29:35ils soulignent
29:36que les juges
29:36n'ont retenu
29:37aucune circonstance
29:38raciste
29:39ou politique
29:40dans le dossier
29:41Federico Martin
29:43Arambourou
29:46Marine Turquie
29:46vous êtes l'une
29:47de nos invitées
29:48aujourd'hui
29:48dans l'heure du crime
29:48journaliste à Mediapart
29:50encore une fois
29:50vous connaissez parfaitement
29:51ce dossier
29:52c'est intéressant
29:52les parcours
29:53de ces deux garçons
29:54j'ai envie de dire
29:55Loïc Le Priol
29:56et puis Romain Bouvier
29:58des fils de bonne famille
29:59oui ce sont deux hommes
30:02qui viennent de familles
30:03bourgeoises
30:03Romain Bouvier
30:04sa maman est une éminente
30:05avocate
30:05son père était au but
30:06dans les années 80
30:0870 pardon
30:09Loïc Le Priol
30:10son père
30:11il a une prestigieuse
30:12société de rénovation
30:13de jeep militaire
30:13ce sont des grandes familles
30:15bourgeoises
30:15l'autre élément
30:17qui les caractérise
30:18c'est un parcours
30:18à la orange mécanique
30:19si on peut dire
30:20il y a quatre condamnations
30:22pour Le Priol
30:23deux pour Bouvier
30:24et à chaque fois
30:25en compagnie
30:26de Le Priol
30:27des affaires de violences
30:28violences en réunion
30:29dans une boîte de nuit
30:30une affaire d'accident de voiture
30:31et puis surtout
30:32l'affaire Klein
30:33vous l'avez dit
30:33qui a un lynchage
30:34d'une violence inouïe
30:35ils ont une fascination
30:36pour les armes
30:37à Mediapart
30:37on a révélé beaucoup
30:38beaucoup de photos
30:39de publications
30:40sur les réseaux sociaux
30:41qu'ils ont fait
30:41dans les années 2010
30:42où on les voit constamment
30:43animés par l'idée
30:45de posséder des armes
30:46de s'en servir
30:46de se mettre en scène avec
30:47ça c'est très important
30:48et puis enfin
30:49l'ancrage à l'extrême droite
30:50qui est très très clair
30:51même s'ils essaient
30:52déjà au procès
30:53de l'affaire d'Edouard Klein
30:54mais qui est sans doute
30:55dans le procès
30:55qui va s'ouvrir là
30:56de se départir du GUD
30:57dont ils ont été membres
30:59et de l'idéologie
31:00d'extrême droite
31:00vous l'avez dit
31:01le mobile raciste
31:02n'est pas retenu
31:03mais en tout cas
31:03eux ont un ancrage
31:05clairement à l'extrême droite
31:06militant au GUD
31:08fasciné par la violence du GUD
31:09et puis des liens aussi
31:10avec le Rassemblement National
31:11ou en tout cas
31:12avec des membres
31:15et des gens
31:15qui ont eu affaire
31:16avec le Rassemblement National
31:17le prestataire phare
31:18communication de Marine Le Pen
31:19de toutes ses campagnes
31:20Paul-Alexandre Martin
31:21c'est un ami de premier plan
31:23de Bouvier et Lepriol
31:24dans les années 2010
31:25entre 2012 et 2019
31:27on trouve un tas de photos
31:28où ils partent en vacances ensemble
31:29ils font la fête ensemble
31:30c'est une petite bande
31:31qui mêle en fait
31:32des gens
31:32qui sont dans la branche jeunesse
31:34du Front National à l'époque
31:35des gens qui sont GUD
31:36et puis des proches
31:37de Marine Le Pen
31:37et Jordan Bardella
31:38notamment la fille
31:39de Frédéric Chatillon
31:40et tout un tas de personnages
31:41ça c'est important
31:42pour comprendre
31:44le profil
31:45et l'environnement
31:45et l'idéologie aussi
31:46de Bouvier et Lepriol
31:47l'environnement
31:48Thomas Proutot
31:50journaliste
31:51chef du service
31:52police-justice
31:52chez nous
31:53à RTL
31:54question
31:56cette construction
31:57de la violence
31:58comme vient de le raconter
31:59Marine Turquie
32:00ses armes
32:02en permanence
32:03l'envie
32:03d'en découdre
32:05Loïc Lepriol
32:06il s'est beaucoup battu
32:08au Sahel
32:08etc
32:09c'était un des plus jeunes
32:10commandos français
32:11à l'époque
32:11commandos marines
32:12c'est une arme de prestige
32:14commandos marines
32:16donc ça va peser beaucoup
32:18sur les débats
32:19ce procès
32:20ça va peser
32:21beaucoup
32:21notamment
32:22sur justement
32:23la notion
32:24d'assassinat
32:26c'est-à-dire
32:27cette violence
32:29et cette connaissance
32:30des mécanismes
32:31de la violence
32:32cette connaissance
32:32des armes
32:33la connaissance
32:34des effets
32:34d'une arme
32:35c'est-à-dire
32:36et les antécédents
32:38c'est-à-dire
32:38c'est pas comme si
32:38c'était la première fois
32:39de leur vie
32:39qu'ils se trouvaient
32:40dans une bagarre
32:40de bars
32:41et que d'un coup
32:41ils pétaient un câble
32:42ils ont pété un câble
32:43plusieurs fois
32:44on parlait des violentes
32:46précédentes
32:46il y a une
32:46peut-être
32:47on peut la préciser
32:48parce qu'elle est
32:48assez significative
32:49de la façon
32:50dont ils fonctionnent
32:50c'est 2015
32:52en boîte de nuit
32:52à la sortie
32:53d'une boîte de nuit
32:53parisienne
32:54ils sont venus
32:55avec la Jeep
32:56une des Jeep
32:57de Le Priol
32:58ou du père
32:58de Loïc Le Priol
32:59ils sont garés devant
33:00ils sortent de la boîte
33:01et ils voient
33:01deux nos soeurs
33:03enfin deux clients
33:04de la boîte
33:05qui se sont
33:06légèrement posés
33:06sur la boîte
33:07pour faire un selfie
33:08avec la Jeep
33:09qu'ils trouvent sympa
33:11et Le Priol arrive
33:12et qu'est-ce que vous faites là
33:13ça part
33:14tout de suite
33:15et ils se retrouvent
33:16tabassés au sol
33:17ces deux clients
33:19qui vivent avec une photo
33:20comme ça
33:20à la sortie de la boîte
33:21et là encore
33:22il y aura cette version
33:23oui
33:23j'ai vu rouge
33:25etc
33:25voilà
33:26donc c'est vraiment
33:28quelque chose
33:28qui est central
33:29parce que
33:29ils se connaissent
33:30dans cette violence
33:31et donc
33:32ils ne peuvent pas jouer
33:33l'élément
33:34enfin comment dire
33:35le fait unique
33:36et
33:37jamais vu auparavant
33:38Le Priol est fiché S
33:40on ne l'a pas dit
33:40mais Le Priol est fiché S
33:41pour ses liens
33:41avec l'extrêmement radical
33:42depuis 2011
33:43il avait 17 ans
33:44donc ça ça existe évidemment
33:45est-ce qu'on sait Marine Turquie
33:47quelles sont les balles
33:48qui a tiré les balles
33:50qui ont tué
33:50le rugbyman
33:51parce que là aussi
33:52il a été touché par 6 balles
33:544
33:54qui proviennent de l'arme
33:56de Le Priol
33:562
33:57qui proviennent de l'arme
33:58de Romain Bouvier
34:00les balles mortelles
34:00sont celles de Le Priol
34:02et c'est l'une des raisons
34:03pour lesquelles d'ailleurs
34:05s'agissant de Romain Bouvier
34:06il a obtenu d'être poursuivi
34:07pour tentative d'assassinat
34:08et pas pour assassinat
34:09ça fait partie des éléments
34:10et on l'a dit
34:11dans les balles de Le Priol
34:12il y a des balles dans le dos
34:13et ce sont les balles mortelles
34:15il a été touché
34:16à Rambourou
34:16au poumon
34:17au rein
34:17au foie
34:18à des organes vitaux
34:19très clairement
34:19et puis il a pris d'autres balles
34:20au niveau de la cuisse
34:21etc
34:21mais les balles mortelles
34:22elles sont notamment
34:23de dos et dans le poumon
34:252 hommes
34:26et 2 complices
34:27jugés aux assises
34:29Federico Martina Rambourou
34:31le rugbyman assassiné
34:32la mort de mon fils
34:33aurait pu être
34:34certainement évité
34:35l'enquête de l'heure du crime
34:37je vous retrouve tout de suite
34:38sur RTL
34:40Gardez RTL
34:42toujours avec vous
34:43Le direct
34:44les replay
34:44les inédits
34:45Téléchargez l'appli RTL
34:48L'heure du crime
34:49présentée par Jean-Alphonse Richard
34:51sur RTL
34:52Dans l'heure du crime
34:54la mort de l'ancien rugbyman
34:56Federico Martina Rambourou
34:57à Paris
34:58en mars 2022
34:59a battu de 6 balles
35:01après une bagarre
35:022 hommes accusés
35:03d'être les tireurs
35:04jugés pour assassinat
35:054 ans et demi plus tard
35:09Lundi 7 septembre 2026
35:11la cour d'assises de Paris
35:12juge Loïc Lepriol
35:1332 ans
35:14Romain Bouvier
35:1535 ans
35:16pour la mort de l'ancien rugbyman
35:18argentin Federico Martina Rambourou
35:20ils sont accusés
35:21d'avoir délibérément
35:23tiré sur la victime
35:24avec l'intention
35:25de la tuer
35:262 autres personnes
35:27Lison R
35:28ex-petit ami de Lepriol
35:30et une connaissance
35:31de Romain Bouvier
35:32doivent comparaître
35:33pour complicité d'assassinat
35:35les accusés de nid
35:36toute préméditation
35:37le procès
35:38au regard du profil
35:39sensible des protagonistes
35:41doit se tenir
35:42sous haute surveillance
35:47Dans un entretien
35:48à Mediapart
35:49Cécilia Rambourou
35:50maire du rugbyman
35:51abattu boulevard Saint-Germain
35:52estimait que
35:53la mort de son fils
35:54aurait pu être
35:55certainement évité
35:56selon elle
35:57les deux suspects
35:58étaient connus de la justice
35:59sous contrôle judiciaire
36:01ils n'auraient jamais dû
36:03se retrouver armés
36:05en plein Paris
36:06Ils sont revenus nous chercher
36:09armés
36:09ils ont sorti les armes
36:11ils ont tiré
36:11ce sont des personnes
36:12qui sont dangereuses
36:13et qui doivent être
36:14enfermées
36:15On a la chance
36:17d'avoir ce procès
36:17qui va avoir lieu
36:18pendant trois semaines
36:19et j'espère que
36:20les jurés vont
36:22voir que ce sont
36:23des personnes dangereuses
36:24La voix de Sean Egarty
36:26l'ami fidèle
36:27de Federico Martina
36:28Rambourou
36:29la deuxième victime
36:30de l'attaque
36:31il était interrogé
36:33par Marc-Olivier Fogiel
36:34qui est tous les matins
36:35évidemment sur RTL
36:36Marco
36:37Sean Egarty
36:38effectivement sa voix
36:39elle va peser
36:40parce qu'encore une fois
36:41il a beaucoup souffert
36:42dans cette affaire
36:42il souffre toujours
36:43et il raconte les faits
36:45de manière très directe
36:46très calme
36:46très posée
36:49Thomas Proutot
36:50vous êtes avec nous
36:50dans cette heure du crime
36:52chef du service police-justice
36:53sur RTL
36:54pourquoi
36:55ce procès
36:56est-il sous
36:57si haute surveillance ?
36:59On a l'impression
37:00que c'est un procès
37:00entre guillemets
37:01terroriste
37:02Est-ce qu'il y a
37:03le profil ?
37:05Oui
37:05il y a potentiellement
37:06des soutiens
37:08des deux accusés
37:09qui pourraient surgir
37:11il y a une famille
37:13qui est complètement traumatisée
37:14l'épouse de Frédérico
37:16Arambrou
37:16les trois enfants
37:17sa mère
37:18qui va venir d'Argentine
37:19on va en dire un mot
37:21et donc on ne sait pas
37:22ce qui peut se produire
37:25vous savez que l'ultra droite
37:26là
37:27alors la défense évidemment
37:29on l'a dit
37:30on peut le redire
37:32affirme
37:32dit
37:32entend démontrer
37:33que ça n'était
37:34en quelque sorte
37:35qu'une bagarre
37:35de fin de soirée
37:36et rien de plus
37:37qu'il y a rien de politique
37:38en face
37:39on parle d'assassinat
37:40sur fond de violence
37:42d'ultra droite
37:42l'ultra droite
37:43a quelques procédures
37:45qui vont jusqu'au terrorisme
37:46justement
37:47et qui sont suivies
37:48pour les membres
37:49les plus actifs
37:50par la DGSI
37:51c'était le cas
37:52de Loïc Lepriol
37:52et de Romain Bouvier
37:54donc c'est cet ensemble-là
37:55qui fait que
37:56on est obligé
37:57de faire quand même
37:58assez attention
37:59autour du palais
38:00de justice
38:01de l'île de la Cité
38:02il y a un côté
38:02très sensible
38:03très explosif
38:05j'ai envie de dire
38:05autour de ce procès
38:06mais c'est important
38:07de le souligner
38:08c'est pas tous les jours
38:08qu'il y a des procès
38:09aux assises comme ça
38:10surtout pour une bagarre
38:11entre guillemets
38:12dans Paris
38:12comme on le présente
38:14les accusés
38:16donc c'est rare
38:17d'avoir ce genre
38:18de climat
38:18Marine Turki
38:20journaliste à Mediapart
38:21vous êtes avec nous
38:22depuis le début
38:23de cette émission
38:24vous connaissez bien
38:25Cécilia Rambourou
38:26vous l'aviez interviewée
38:28pour Mediapart
38:29elle est là
38:30elle va assister
38:33à ce procès
38:33elle doit normalement
38:34prendre la parole
38:35c'est une audition
38:36à la barre
38:37qui est très attendue
38:37au procès
38:38parce qu'elle a porté
38:39cette affaire
38:39il y a Sean Egarty
38:40bien sûr
38:40vous l'avez dit
38:41et puis la maman
38:42d'Aran Bourou
38:42qui après son assassinat
38:45après son meurtre
38:45en tout cas
38:46a fait un discours
38:47très politique à l'époque
38:47pour dire
38:48l'extrême-roi tue
38:49son idéologie tue
38:50et il ne faut pas gommer
38:51l'origine politique
38:52des deux suspects
38:53c'est ce qu'elle porte
38:54depuis le départ
38:54et puis elle estime
38:55qu'il y a une faute
38:56de l'état
38:56elle a interpellé
38:57le ministre de l'Intérieur
38:58l'année dernière
38:58sur BFM
38:59parce qu'elle estime
39:00qu'il y a une faute
39:00que le priol et Bouvier
39:02n'auraient pas dû
39:02on l'a dit
39:03être ensemble
39:04le contrôle judiciaire
39:05dans l'affaire Klein
39:05leur interdisait de se voir
39:06ils n'auraient pas dû
39:07être armés
39:07donc elle interpelle
39:09le pouvoir là-dessus
39:09en disant
39:10mais qu'est-ce qui s'est passé
39:11elle estime
39:12qu'il y a en France
39:14une trop grande complaisance
39:16à l'égard des violences
39:17quand elles émanent
39:18de l'extrême-droite
39:18et c'est le discours
39:19qu'elle porte
39:19c'est sans doute aussi
39:20ce qu'elle portera
39:21au procès
39:22de dire que
39:22pour elle
39:23ce sont des suprémacistes blancs
39:25qui ont assassiné son fils
39:26et donc
39:27elle ne veut pas
39:27qu'on dépolitise cette affaire
39:29alors c'est ce qu'elle dit
39:30mais c'est compliqué aussi
39:31pour elle
39:31la maman
39:32parce qu'elle est
39:33physiquement
39:34c'est compliqué
39:35c'est évident
39:37que non seulement
39:37elle a perdu son fils
39:38donc sa vie
39:39est évidemment ruinée
39:41mais que c'est difficile
39:42de s'en remettre
39:42quand vous avez l'impression
39:43qu'il y a une inaction
39:44des pouvoirs publics
39:45c'est son discours en tout cas
39:45de se dire
39:47que ça n'aurait pas dû arriver
39:48puisque ces deux hommes
39:49ne devaient être ni armés
39:49ni ensemble ce soir-là
39:51donc effectivement
39:52je pense que c'est très difficile
39:53d'avancer dans la vie
39:55quand il y a ces deux éléments-là
39:56en tout cas
39:56elle devra prendre
39:57normalement
39:58elle devrait prendre la parole
39:58à ce procès
39:59et c'est une parole
40:00très attendue évidemment
40:03On a avec nous
40:05dans l'heure du crime
40:06Maître Florian Lastel
40:08Bonjour Maître
40:09Bonjour
40:10Merci beaucoup d'être avec nous
40:12dans l'heure du crime
40:12vous êtes avocat
40:13dans cette affaire
40:15de Lison R
40:15alors Lison R
40:16c'était l'ancienne
40:18petite amie
40:19de l'un des
40:21des assassins présumés
40:23ex-petite amie
40:24de Loïc Lepriol
40:25deux petites questions
40:26pour vous
40:27parce que je sais
40:27que juste avant ce procès
40:28vous ne souhaitez pas
40:29trop vous exprimer
40:30comment votre cliente
40:31appréhende-t-elle
40:32ce procès ?
40:34Elle va évidemment mal
40:36et je vous remercie d'ailleurs
40:37de ne pas citer son nom
40:38puisque la divulgation
40:39par certains de vos confrères
40:40de son nom
40:40l'ont clairement mise en danger
40:42elle va mal
40:43mais ce que je peux vous dire
40:44c'est que du côté de sa défense
40:46nous sommes extrêmement confiants
40:47et si l'institution judiciaire
40:49fonctionne normalement
40:50elle sera acquittée
40:51sans le moindre doute
40:52Est-ce qu'elle a des regrets
40:53aujourd'hui votre cliente ?
40:55Ça vous verrez que
40:56elle est évidemment
40:58d'une tristesse infinie
40:59et sa compassion est immense
41:01pour la famille
41:02de monsieur Aramburu
41:03qui a perdu la vie
41:03ce soir-là
41:04ce n'est pas de son fait
41:06elle n'y est pour rien
41:07ce soir-là
41:08elle voudra rentrer chez elle
41:09et elle exprimera tout cela
41:11devant la cour d'assises
41:11de manière très claire
41:13Donc ça sera à suivre
41:14évidemment devant la cour d'assises
41:16je pose la question
41:17à tous les deux
41:17Thomas Proutot
41:18Marine Turquie
41:19qu'est-ce qu'il faut attendre
41:20de ce procès ?
41:21Thomas Proutot
41:21un mot là-dessus ?
41:22Oui il faut attendre
41:23des débats extrêmement disputés
41:25sur chaque point
41:27chaque minute
41:28chaque seconde
41:29de ce qui s'est passé
41:29cette nuit-là
41:30Marine Turquie ?
41:31D'abord ce sera la bataille
41:32des récits sur la préméditation
41:34il y a vraiment
41:35deux récits différents
41:36qui vont s'opposer
41:37et puis je crois
41:38que ce sera le procès
41:38du double discours
41:39il y a eu quand même
41:40un certain nombre
41:41de contradictions
41:41du côté des mis en cause
41:43et qui vont peut-être
41:44être discutées
41:46de fond en comble
41:46à ce procès
41:47Oui parce qu'effectivement
41:48les faits y sont établis
41:49mais il va falloir encore
41:50les éclaircir
41:51c'est le but d'un procès
41:52aux assises
41:53merci beaucoup
41:53Marine Turquie
41:54Thomas Proutot
41:55et Maître Florian Lastel
41:57d'avoir été les invités
41:58de l'heure du crime
41:58merci à l'équipe de l'émission
42:00rédactrice en chef
42:01Justine Vigneault
42:02préparation Marie Bossard
42:03Lille
42:03l'ABI
42:04réalisation en direct
42:05Jonathan Griveaux
42:06Merci d'avoir regardé cette vidéo

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